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Viktor Orban joue « la force tranquille »

Viktor Orban joue « la force tranquille »

11 février 2010 à 18 h 32 min 0 commentaire

Vendredi dernier lors d’un de ses habituels discours sur « l’état de la Nation », Viktor Orbán, leader conservateur de la FIDESz, a donné l’impression que son retour au pouvoir n’était plus qu’une simple formalité. Grâce à la situation dans laquelle se trouve son principal adversaire, le MSzP, c’est en en faisant le minimum qu’il gagne un maximum.  Face aux attaques timides d’Attila Mesterhazy, il lui restait le choix, à sa droite, de domestiquer ou de mépriser Jobbik. Il a finalement choisi de répondre sereinement aux critiques à la télévision lundi. Désormais, avec les sondages actuels à l’appui, il prétend jouer seul pour une victoire écrasante au Parlement, qui lui donnera peut-être les pleins pouvoirs. Comme le montre la photo redimensionnée de la version en ligne de Népszabadsag, le journal démocrate libéral n’a pas manqué de faire apparaître le tribun tant attendu au gouvernement en petit tyran capricieux. Cela rappellerait presque quelqu’un… quoique. Ce que les autres candidats reprochent à Orban, c’est justement qu’il n’a pas besoin « d’en raconter » pour être élu. Personnellement, il n’avait rien proposé de concret depuis des semaines, mais il n’a encore fait aucune grande promesse illusoire, telle qu’incarner le retour du pouvoir d’achat, du plein emploi, de la propriété pour tous… entre autres. « Parler pour ne rien dire »… mais au bon moment Orban a été cruellement prévisible lors de son discours d’une heure à Millenaris vendredi dernier. Il a déclaré qu’il était « prêt à assumer personnellement la responsabilité de gouverner la Hongrie« , et que son parti est « prêt pour former un gouvernement fort, responsable et laborieux« . Les poncifs d’actualité tels que le « changement » et « une honnêteté nouvelle dans la vie publique et privée » ont bien sûr été martelés. Toujours aucune trace du moindre programme donc, ni du moindre détail concret de ce que « sera » sa politique gouvernementale. « Cela fait 20 ans qu’un tel besoin profond de changement a été ressenti pour la dernière fois » a déclaré Viktor Orban, faisant référence à la fin du régime communiste, période à laquelle il s’était fait connaître par un discours exigeant le retrait total de l’armée soviétique du sol hongrois. « A l’époque, nous étions fiers. Aujourd’hui, nous sommes considérés comme faibles, et c’est la faiblesse du gouvernement actuel qui en est responsable » a t-il ajouté. Les « doléances » du candidat Mesterházy En face, le candidat du Parti socialiste (MSzP) au poste de Premier ministre, fait figure de sacrifice humain. Attila Mesterházy n’a pour seule stratégie de campagne que le bilan – pas si mauvais – de Bajnai, malgré les scandales qui s’accumulent dans le secteur public. Sur le plan de la communication, il souffre d’un gros manque de notoriété, de charisme et d’assurance. Ainsi, il a passé toute la semaine dernière à demander à Viktor Orban de s’exprimer sur son programme et sur ses intentions politiques concrètes. Dernier « fait d’arme » en date, une vidéo d’une minute postée sur YouTube, mercredi dernier, dans laquelle il invite Orbán à confirmer si la Fidesz laissera le déficit budgétaire s’agrandir jusqu’à 7 % du PIB, tel qu’elle l’a déja laissé entendre. Il questionne aussi Orbán sur la centralisation des médias d’Etat que la FIDESz a également envisagée. Aussi, et la réponse d’Orban devrait être dans le résultat final de l’élection, Mesterhazy veut savoir si la FIDESz réécrira la Constitution, dans le cas où elle l’emporte avec plus des deux tiers des voix. Il a enfin souhaité connaître la position d’Orban sur les extrémistes en Hongrie et sur le parti nationaliste Jobbik, sachant qu’il est fort probable que ce dernier fasse sa première entrée au Parlement avec un résultat de 10 à 15%. Les adversaires se débattent, Orban réserve ses surprises… A la suite de l’intervention d’Orban à Millenaris, Jobbik a déclaré qu’il avait entendu « un enlisement, un discours de campagne idéologique qui n’avait rien de concret. Cela pose la question, deux mois avant l’élection, de ce que sera la politique de la FIDESz ». Question concret, « l’autre parti de droite » dont l’extrémisme n’a d’égal que le populisme, a défini des points clés dans son programme électoral: «Oserait-il (Orban) dire la vérité sur le grand capital multinational, l’Union européenne, le Fonds monétaire international, l’expansionnisme israélien, ou la criminalité tzigane? » Mesterházy, a, quant à lui, fustigé le discours d’Orban, dépourvu de substance ou de tout autre élément politique réel à son goût. «C’était comme si Viktor Orbán avait peur d’être retiré de la liste électorale de son parti s’il rentrait un tant soit peu dans les détails de son programme » a déclaré Mesterházy. Une réaction candide de la part de l’agneau du MSzP. En ayant pour seule tactique de faire parler Orban sur ce qu’il ferait une fois au pouvoir, Mesterhazy hésiterait presque à employer le futur au lieu du conditionnel. Une chose est très probable: un Orban silencieux et sûr de gagner dans cette conjoncture-là réserve plus de mauvaises surprises que de miracles une fois élu. …et méprise Jobbik à la télé Lors d’un entretien télévisé lundi, Viktor Orban a finalement répondu à sa manière à Attila Mesterhazy. Il s’est tout d’abord prononcé sur le cas du Jobbik dans le cadre gouvernemental et parlementaire. Il a exprimé un mépris de façade à l’égard du parti d’extrême droite et a déclaré qu’un vote Jobbik était « une voix gaspillée ». Il a aussi été négatif sur la question d’une possible alliance de la FIDESz avec le Jobbik après les élections en cas de victoire, même dans le cas où une telle association l’aiderait à faire adopter une loi exigeant une majorité des deux tiers au Parlement. Aux critiques selon lesquelles le parti ne dispose pas d’un programme, il a répondu que la Fidesz avait déjà publié un manifeste… en 2007!  Il a aussi rappelé que son discours du Millenaris comportait des propositions de politiques spécifiques telles que la création d’un million d’emplois… sur dix ans! En effet, Viktor Orban voit très loin… en direction du passé ou vers le futur. Sans forcément proposer quoi que ce soit d’autre, il a réaffirmé la position de son parti sur le fait que leLire la suite

Rencontre avec le parti LMP, Lehet Más A Politika

Rencontre avec le parti LMP, Lehet Más A Politika

9 février 2010 à 20 h 40 min 0 commentaire

« Une autre politique est possible », c’est la traduction de Lehet Más A Politika, le nom complet de ce parti et le message qu’il entend faire passer au peuple hongrois pour rallier à lui les mécontents du système actuel. C’est Maria Hajdú, membre de la direction du LMP qui a répondu aux questions de Hulala. Hulala : Pouvez-vous présenter votre parti ? Maria Hajdú : Après le désastre des élections de 2006, certaines personnes se sont dit que la situation était tellement mauvaise qu’il fallait faire quelque chose. Les Hongrois se plaignent en permanence, ils ne sont pas satisfaits du système politique et des différents partis existants. Ils ont donc commencé à réfléchir à l’idée de créer leur propre parti. Quelques mois avant les élections européennes, l’association est devenu un parti politique. (NDLR : LMP a obtenu 2,6% aux européennes en juin 2009). Hulala : Quel est votre objectif pour les élections législatives ? Maria Hajdú : 8% ! Nous pensons vraiment qu’il est possible de dépasser les 5% et d’entrer au parlement, sinon nous ne ferions pas tout cela. Cela va dépendre de beaucoup de choses, mais cela n’est pas impossible du tout. Cela dépend du taux de participation, de la mobilisation des personnes indécises, de l’atmosphère générale de l’élection et bien sûr…de notre campagne. Hulala : Quel est l’électorat que vous visez ? Maria Hajdú : Nous ne nous concentrons pas sur un type précis d’électeurs. Nous dites « Voilà ce que nous sommes et ce que nous proposons, à vous de nous choisir ou non ». Nous visons les mécontents, ceux qui ne sont pas satisfaits des partis politiques qui sont au parlement mais qui ne veulent pas voter pour les radicaux du Jobbik. Hulala : Des électeurs indécis sont susceptibles d’hésiter entre vous et le Jobbik ? Maria Hajdú : Absolument, beaucoup de gens sont encore indécis et j’ai personnellement rencontré des personnes affirmant qu’elles ne savaient pas encore qui choisir, malgré l’énorme différence entre nous et le Jobbik. Le désir de changement est le même pour ces deux partis, mais nos réponses ne sont pas les mêmes, et c’est nous qui avons les bonnes. Hulala : Vous ne fonctionnez pas comme les autres partis traditionnels, sans véritable hiérarchie et sans leader charismatique. Est-ce que cela n’est pas un désavantage ? Le peuple hongrois est-il prêt pour cela ? Maria Hajdú : Je ne sais pas si les électeurs sont prêts pour cela. C’est un problème pour beaucoup de gens qui veulent un leader fort, un visage pour le parti. Mais ce n’est pas ce que nous voulons faire. Hulala : Les médias montrent-ils suffisamment d’intérêt pour votre parti ? Maria Hajdú : Non. Les médias sont financés par des groupes financiers et les partis politiques aussi. Il n’est donc pas important pour eux, ni dans leur intérêt, d’informer leurs public sur l’existence et les activités du LMP. Mais maintenant que les élections approches et que nous sommes très actifs, nous bénéficions quand même d’une certaine couverture médiatique, mais elle est encore trop faible. Peut-être parce qu’il n’y a pas de scandales chez nous. Hulala : Vous semblez être sur un ligne proche du SzDSz [le parti libéral]. Quels sont vos rapports avec ce parti ? Maria Hajdú : Beaucoup de personnes nous assimilent à tord à ce parti et je suis à chaque fois étonnée et je ne comprends pas cette comparaison, car elle est infondée. Nous sommes libéraux, notre politique sociale est socialiste, mais nous avons aussi une dimension conservative en ce sens que nous croyons à l’importance des communautés, ce qui passe pour une idée conservative. Nous proposons donc à la fois des idées libérales, sociales mais aussi conservatives. Nos membres sont issus de la prétendue gauche ET de la prétendue droite. Nous ne sommes donc pas du tout sur la même ligne que le SzDSz. C’est le MDF [Magyar Demokrata Forum, de centre-droit] qui est sur leur ligne, pas le LMP. Hulala : A quelle coalition le LMP est-il prêt à participer si il entre au Parlement ? Maria Hajdú : Avec aucun parti ! Nous pourrons voter au coup par coup avec d’autres partis, sur des sujets précis, mais nous ne participerons pas à d’éventuelle coalition. De toute façon la composition du Parlement ne posera pas ce problème à mon avis. Hulala : Comment jugez-vous la politique économique du gouvernement Bajnai ainsi que les déclarations de Viktor Orban [le leader de la droite FIDESz] selon lesquelles il reviendra sur les réformes accomplies ? Maria Hajdú : Vous savez, ce ne sont que des mots parce que la campagne a commencée. Pour notre part, nous estimons qu’il est vrai que le gouvernement Bajnai a relativement bien géré la crise économique internationale. Mais d’un autre côté, Bajnai est soutenu par les socialistes qui ont été au pouvoir précédemment et qui sont donc responsables des « crises hongroises » car nous ne souffrons pas que de la crise globale mais aussi d’une crise hongroise. Le pays n’aura pas beaucoup de marge de manœuvre et je ne sais pas ce que proposent la FIDESz car elle parle beaucoup mais sans donner de faits concrets. Mais j’estime quand même qu’il est faux de dire que le prochain gouvernement n’aura pas le choix de ses actions. Si il n’avait pas de choix, alors pourquoi aller voter dans ce cas là ?  Il y a toujours le choix. C’est la stratégie de campagne du MSzP [le parti socialiste au pouvoir] de dire qu’il n’y a pas d’autre option que de poursuivre sa politique. Je ne pense pas que cela soit la vérité, nous avons des alternatives. Le LMP a un programme économique alternatif, le Green New Deal. Il met l’accent sur des solutions de développement durables pour les campagnes et l’emploie des personnes pauvres, les Roms par exemple, dans l’agriculture locale. Car l’agriculture hongroise a une longue tradition et est de très bonne qualité. Hulala : Cela signifie des conflits potentiels avec Bruxelles… Maria Hajdú : Si nous devons le faire, alors oui ! Pourquoi pas, si c’est bon pour les gens ici.Lire la suite

Législatives : la bataille peut commencer

Législatives : la bataille peut commencer

25 janvier 2010 à 0 h 01 min 2 commentaires

Le Président hongrois László Sólyom a annoncé vendredi les dates des élections législatives : les deux tours se dérouleront le 11 puis le 25 avril.  Cette annonce donne aussi le départ d’une campagne électorale volontairement écourtée. A trois mois exactement du « verdict », plus rien ne semble pouvoir empêcher la FIDESz de s’emparer du pouvoir. Cela ne laisse que peu de temps, 79 jours exactement, aux partis pour faire campagne, et c’est exactement ce que souhaitait le Président Sólyom. Si le premier weekend d’avril n’était pas tombé sur Pâques, nul doute que c’est une semaine plus tôt que les Hongrois auraient eu à voter, soit 72 jours après le lancement officiel de la campagne électorale, le minimum autorisé par la Constitution hongroise. Le Président qui avait déclaré en décembre dernier, donc un peu tard, que des élections anticipées auraient été dans l’intérêt du pays, espère ainsi trouver une porte de sortie à l’instabilité politique, aux querelles politiciennes et à la division nationale qui ont particulièrement marqué la vie politique hongroise de ces dernières années. Vers un Parlement tripartite L’issue de ce scrutin législatif laisse peu de place au doute. Tous les sondages sans exception effectués ces derniers mois prévoient une large victoire de la FIDESz, le parti de droite dans l’opposition, devant le parti socialiste MSzP actuellement au pouvoir et le Jobbik de la droite radicale. Si les sondages disent vrai et que l’état de l’opinion publique n’évolue que peu, seuls ces trois partis entreront au Parlement. Parmi les petits partis, seuls les centristes du Forum Démocratique Hongrois (MDF) peuvent espérer envoyer des députés au Parlement. Les libéraux du SzDSz, eux, n’atteindront vraisemblablement pas le seuil fixé à 5% des suffrages, quoi qu’en disent leurs dirigeants. Les derniers sondages en date, réalisés par l’institut Median ne viennent que confirmer des chiffres annoncés depuis plusieurs mois : deux-tiers des votes au second tour en faveur de la FIDESz, contre seulement 20% en faveur du MSzP. Sauf coup de théâtre, un scénario qu’aucun commentateur sérieux en Hongrie n’ose même envisager, les socialistes seront donc chassés du pouvoir après deux mandats successifs. Il faut dire que le second a été complètement plombé d’entrée de jeu par une « gaffe » de l’ancien premier ministre Ferenc Gyurcsany qui avait avoué, malgré lui, avoir menti délibérément sur la situation économique du pays pour assurer sa réélection. Les relativement bons résultats obtenus sur le plan de la macro-économie par le gouvernement de l’indépendant Gordon Bajnai, successeur de Gyurcsany contraint de démissionner en avril 2009, ne sont pas de nature à faire oublier ce dérapage, même deux ans après. Le mieux que pourra faire Attila Mesterhazy, le jeune économiste de 35 ans qui sert de candidat aux socialistes, c’est de « limiter la casse ». Le baptème parlementaire du Jobbik Finalement, la seule véritable inconnue, c’est l’ampleur de la percée de l’extrême-droite emmenée par le Jobbik. Il est crédité de 5% à 10% des intentions de vote, ce qui devrait lui assurer plusieurs sièges parlementaires, pour la première fois de sa jeune histoire des députés au Parlement hongrois. Il ne semble cependant pas qu’il puisse rééditer son exploit des élections européennes tenues en juin 2009, où il avait fait une percée triomphale obtenant près de 15% des voix. L’autre gagnante, aux côtés de la FIDESz, pourrait bien être l’abstention dont les analystes craignent qu’elle soit très élevée, autour de 50% si l’on en croit les différents instituts de sondage. L’impression que tout est déjà joué et les ressentiments d’une grande partie de la population hongroise vis-à-vis non pas du seul MSzP mais de l’ensemble de la classe politique. Rappelons-nous cependant que les sondeurs hongrois avaient beaucoup surévalué le taux d’abstention lors des législatives de 2006, de presque 15%. Articles liés : Solyom rencontre Imre Forgacs, l’intérimaire à la Justice Solyom avec 8 mois de retard Ensemble, tout devient possible ? Le SzDSz y croit encore Le MSzP a trouvé son martyr Orban déjà Premier Ministre ?

Jobbik enfin au régime de la loi sur le financement des partis

Jobbik enfin au régime de la loi sur le financement des partis

20 janvier 2010 à 18 h 13 min 0 commentaire

Le Bureau du Procureur général (Legfőbb Ügyészség) étudie en ce moment les comptes de Jobbik Magyarországért Mozgalom. hvg.hu rapporte que le parti radical nationaliste , qui prospère comme jamais sur le plan électoral, n’a pas encore publié son bilan 2009, ni tous ses autres bilans depuis 6 ans. En Hongrie, les partis politiques sont pourtant tenus par la loi de préparer et de publier leur bilan chaque année. Jobbik ne l’a jamais fait depuis sa création en 2003. On se demande ce que la Justice attendait jusqu’à maintenant… Peut-être n’a t-elle tout simplement pas été mandatée car Jobbik n’était pas assez pris au sérieux, ou peut-être a t-on laissé faire pour réagir au moment propice.  Comment ce parti d’extrême droite, à l’assise populaire de plus en plus forte, finance t-il son ascension dans le paysage politique hongrois? Affaire à suivre, mais il semble désormais que pour certains, Jobbik représente une menace. Articles liés: Jobbik prêt à entrer au Parlement Un 24 octobre fondateur pour Jobbik Le sondage déconcertant de la semaine L’Europe au Jobbik! La popularité grandissante de la Magyar Garda

Ca sent la poudre chez les Roms

7 janvier 2010 à 18 h 56 min 7 commentaires

Le Conseil National Rom, l’organe représentatif de la minorité Rom en Hongrie a été menacé mercredi sous la forme d’une enveloppe contenant de la poudre blanche, a rapporté l’agence de presse hongroise MTI.

Jobbik prêt à entrer au Parlement

Jobbik prêt à entrer au Parlement

23 décembre 2009 à 18 h 24 min 0 commentaire

C’est le président de Jobbik, Gabor Vona, qui représentera le parti d’extrême droite aux prochaines élections législatives pour le poste de Premier Ministre. Ce dernier a déclaré jeudi dernier que son objectif minimum était de battre le parti actuellement au pouvoir, le MSzP, qu’il accuse au passage d’avoir floué les intérêts hongrois. Quant à la « nouvelle star » de Jobbik, l’eurodéputée Krisztina Morvai, elle devrait vraisemblablement prendre les commandes du parti au moment des élections. Avec Gabor Vona en tête et fort de son dernier succès électoral, Jobbik s’apprête à faire son entrée historique au Parlement hongrois. Selon la rhétorique du président Vona, le « changement » tant attendu par la population doit être marqué par la représentation la plus grande possible de son parti à l’assemblée, car les partis qui l’occupent depuis 20 ans ont largement déçu. Autre pilier de l’argumentation nationaliste, savoir si la Hongrie restera la nation des Hongrois, en protégeant ses ressources, ou si elle se laissera gérer par d’autres. Pour le reste, qui n’est pas moins prévisible, il faut attendre le 16 janvier et la publication de son programme électoral, dont le seul critère sera, sans aucun doute, de représenter les intérêts du peuple hongrois.

Wiesel: "La honte de votre nation"

Wiesel: "La honte de votre nation"

10 décembre 2009 à 23 h 45 min 3 commentaires

En visite en Hongrie mercredi, Elie Wiesel, survivant de l’holocauste devenu écrivain, et prix Nobel de la paix, a fustigé par des mots très durs l’extrémisme en Hongrie. Lors d’une conférence au Parlement dans le cadre du « Jewish Hungarian Solidarity Symposium » , il a aussi suggéré qu’une loi interdise le négationnisme. Cela faisait plus de soixante ans qu’Elie Wiesel, déporté au camp d’Auschwitz depuis un village roumain sous contrôle hongrois et dont le père était lui-même hongrois, n’était pas retourné en Hongrie. C’est dans un pays en récession économique, frappé de plein fouet par la crise et où l’extrême-droite antisémite est de plus en plus puissante, que cet homme âgé de 81 ans a débarqué. « Où que j’aille dans le monde et que la Hongrie est mentionnée, le mot qui suit est antisémitisme. », a-t-il lancé lors de cette conférence. S’adressant à son auditoire et symboliquement à l’ensemble de la nation hongroise, il a plaidé : « Je vous presse de faire plus que de dénoncer les éléments anti-sémites et les expressions racistes dans la vie politique et dans certaines publications hongroises. Je pense qu’ils font honte à votre nation et engendrent la peur de la communauté juive et des autres minorités, comme les Roms. [...] « Je vous demande, pourquoi ne suivez-vous pas l’exemple de la France et de l’Allemagne en déclarant que le négationnisme n’est pas seulement indécent, mais aussi illégal ? Dans ces deux pays, les négationnistes vont en prison. » Pointant du doigt la Magyar Garda affiliée au parti Jobbik, Elie Wiesel a aussi appelé les Hongrois à rejeter les mouvement extrémistes qui se sont développés ces dernières années, mettant en garde contre ce qu’il a nommé « les périls de l’indifférence. » Le parti d’extrême-droite Jobbik a remporté presque 15% des votes aux élections européennes en Juin dernier et, si les sondages se voyaient confirmés, il gagnera des sièges au Parlement hongrois aux élections de 2010. Encouragé par la crise économique et sociale que traverse le pays, sa réthorique agressive vis à vis des minorité juive et rom a ravivé des lignes de fractures profondes et anciennes dans la société hongroise. Elie Wiesel est un écrivain américain francophone, né en Roumanie le 30 septembre 1928. Pour son oeuvre consacré en bonne partie à l’étude de la Shoah, il a été récompensée par le prix Nobel de la paix en 1986. Articles liés : Des commémorations à l’avant goût électoral Le sondage déconcertant de la semaine La rébellion de la Magyar Garda Vers une criminalisation du négationnisme?

God Save the Jobbik

God Save the Jobbik

8 décembre 2009 à 22 h 11 min 0 commentaire

La Société Jobbik de Grande-Bretagne a récemment été créée et a tenu sa première réunion « fondatrice » dans un pub dimanche dernier à Londres. Suite a un article de l’édition online du Times, le correspondant londonien de MTI a demandé au porte-parole de la Société Jobbik de Grande-Bretagne, Tamas Feher, quel relation son organisation tient avec le parti politique hongrois. M. Feher a répondu qu’il n’y a aucun lien institutionel entre la Société dont il est porte-parole et le parti politique, mais que la Société partage les mêmes idées que le Jobbik et que le but de celle-ci est d’aider les hongrois qui habitent en Angleterre a « comprendre et soutenir les valeurs nationales et le programme du Jobbik. » Outre Tamas Feher, Zoltan Fuzessy (assistant de l’euro-député Jobbik Csanad Szegedi) a pris la parole lors de cette réunion. Etaient présents des membres du  British National Party, parti d’extrême droite anglais, proche du Jobbik. La Société Jobbik de Grande-Bretagne a récemment été créée et a tenu sa première réunion « fondatrice » dans un pub, dimanche dernier à Londres. Suite a un article de l’édition online du Times, le correspondant londonien de MTI a demandé au porte-parole de la Société Jobbik de Grande-Bretagne, Tamas Feher, quelles relations son organisation tient avec le parti politique hongrois. M. Feher a répondu qu’il n’y a aucun lien institutionnel entre la Société dont il est porte-parole et le parti politique, mais que la Société partage les mêmes idées que le Jobbik et que son but est d’aider les Hongrois résidant en Angleterre à « comprendre et soutenir les valeurs nationales et le programme du Jobbik. » Outre Tamas Feher, Zoltan Fuzessy (assistant de l’euro-député Jobbik Csanad Szegedi) a pris la parole lors de cette réunion. Etaient présents des membres du  British National Party, parti d’extrême droite anglais, allié euro-sceptique du Jobbik. Le BNP a d’ailleurs aidé à l’instauration de la Société. L’amitié entre les deux partis ne date pas d’hier. On se souvient de Nick Griffin, président du BNP, invité par le Jobbik l’année dernière, tenant un discours à l’occasion des commémorations de 56. L’année précédente c’était un autre citoyen polémique du Royaume-Uni qui fut invité par le Jobbik : David Irving, négationniste notoire et interdit de séjour dans de nombreux pays, tenait un discours lors des commémorations de la révolution de 1848, le 15 mars 2007. La Grande-Bretagne étant l’un des quelques signataires du Traité de Trianon, dont la révision est l’un des fer de lance de la politique du Jobbik, on pourrait s’étonner d’une telle amitié entre ces deux organisations, fussent-elles nationalistes. Pourtant, à chaque anniversaire du Traité, nous pouvons remarquer qu’à Budapest, les partisans du Jobbik, se souvenant plus volontiers de la signature française que de l’anglaise, manifestent leur mécontentement uniquement devant l’ambassade de France. Articles liés : Tensions communautaires en vue Un 24 octobre fondateur pour Jobbik

Tensions communautaires en vue

Tensions communautaires en vue

29 novembre 2009 à 20 h 44 min 0 commentaire

Un sondage de l’institut Szonda Ipsos, publié vendredi dernier sur le site fn.hu, révèle que la moitié de la population hongroise s’attend à une détérioration des relations entre Roms et non-Roms. Cette étude intervient quelques jours après une sérieuse altercation entre membres du groupe paramilitaire « Magyar Garda » et de la communauté Rom. 51% des 800 personnes sondées estiment que les relations communautaires entre la majorité hongroise et la minorité Rom vont empirer dans un futur proche. 30% d’entre elles ne  s’attendent pas à une évolution significative, tandis que 7% font preuve d’optimisme, estimant que les liens entre les deux communautés vont se resserrer. Un peu plus de la moitié des sympathisants du parti de droite FIDESz (52%) et 43% de ceux du parti socialiste MSzP s’attendent à une détérioration des relations communautaires. Sans surprise, ce sont les sympathisants du parti d’extrême-droite Jobbik qui sont les plus enclins à prévoir une escalade dans le conflit (76%) entre Roms et non-Roms. La stratégie de provocation du Jobbik, un parti anti-Roms qui alimente la peur et les ressentiments vis-à vis de cette communauté, fonctionne, semble-t-il, parfaitement. Ce sont les moins de trente ans, les étudiants et les chômeurs qui apparaissent les plus pessimistes. La moitié des répondants a déclaré ne pas savoir quel parti politique serait le plus à même de gérer les tensions actuelles. Parmi les partis cités, la FIDESz recueille la confiance de 20% des personnes interrogées, contre 8% pour le parti socialiste et le Jobbik. Un incident qui aurait pu « tourner à la tragédie » Quelques jours avant ce sondage, le 15 novembre, la tension est dangereusement montée entre Roms et sympathisants de l’extrême-droite, à Sajóbábony, un bourg de 3000 habitants situé dans le Nord-est de la Hongrie, près de Miskolc. Des membres de la communauté Rom locale ont tenté de perturber -sans succès en raison de l’intervention de la police locale- la tenue d’un meeting du  Jobbik, un parti qui prospère en attisant les sentiments anti-Roms qu’ils désignent comme des ennemis du peuple hongrois. Le lendemain, apprenant que des membres de la Magyar Garda -sorte de milice créé par le Jobbik dans le but de « protéger le peuple hongrois et ses valeurs » et par ailleurs jugée illégale par la justice hongroise- se dirigeait vers le village, des Roms se sont armés pour leur faire face. Seule une réaction rapide de la police a permis d’éviter un affrontement direct entre les deux groupes. Mais, comme l’a constaté le porte-parole de la police locale, Bertalan Gaskó, « L’incident aurait pu facilement tourner à la tragédie si nous étions arrivé un peu plus tard« . Le porte-parole du gouvernement hongrois, Domokos Szollár, a estimé que l’action de la Magyar Garda était « inacceptable » et constituait une provocation à l’encontre de la population Rom locale. Le leader de l’opposition de droite, Viktor Orban, s’est habilement démarqué des positions du gouvernement qui a, selon lui, échoué à protéger tous ses citoyens et de l’extrême-droite qui tente de se substituer à l’Etat. « Chacun devrait se sentir en sécurité, indépendemment de son origine et de sa condition, et c’est le devoir de l’Etat d’assurer cette sécurité.« , a-t-il réagit aux évènements de Sajóbábony. Le « péril démographique » en cause C’est par le facteur démographique que beaucoup de Hongrois justifient leurs craintes d’une évolution négative des relations avec la minorité Rom. Les cris d’alarme qui dénoncent régulièrement la vitalité de la natalité de la population Rom, en comparaison de la démographie déclinante du reste de la population, entretiennent le pessimisme quant à l’amélioration de la situation économique et sociale du pays, ainsi que la peur d’une dilution de l’identité hongroise dans une société multi-ethnique. Il est de ce point de vue surprenant de constater que, dans sa dépêche rapportant les résultats de ce sondage, l’agence de presse hongroise MTI avance le chiffre de « presque un million », concernant le nombre de Hongrois d’origine Rom. Ce chiffre marque une rupture avec les « usages » précédents qui faisaient généralement état soit de « 400.000 à 600.000″ soit d’ »un demi-million » d’individus. Au dernier recensement général de la population, en 2001, un peu plus de 200.000 personnes ont déclaré leur appartenance à cette minorité.

1956 : des commémorations à l’avant-goût électoral

1956 : des commémorations à l’avant-goût électoral

25 octobre 2009 à 23 h 34 min 0 commentaire

Vendredi, les commémorations de l’anniversaire du soulèvement populaire hongrois contre Moscou le 23 octobre 1956 se sont déroulées dans un climat marqué par les prochaines échéances électorales, loin des débordements de ces trois dernières années. Un diaporama en fin d’article, pour vivre le seul moment « fort » de la journée, où seule l’extrême droite, Jobbik et Magyar Garda en tête, ont tenu à se faire remarquer . Toute la semaine, le cœur de Budapest a été orné de véhicules militaires d’époque et de reliques de l’occupation russe évoquant à la fois l’insurrection du 23 octobre 1956, et la fin officielle de la République populaire de Hongrie, devenue République indépendante le même 23 octobre, mais de l’année 1989. Ce vendredi, les célébrations officielles habituelles ont eu lieu devant le Parlement, avec un hommage rendu aux victimes de la répression russe, qui a commencé le 4 novembre 1956. La journée a commencé avec des commémorations très sobres au cinéma Corvin (Corvin Mozi), haut lieu de l’insurrection budapestoise. Une affluence très faible, des nostalgiques septuagénaires pour la plupart, était à noter. La FIDESz se positionne en douceur pour 2010 Le grand parti d’opposition de droite, la FIDESz qui, ces trois dernières années, avait fait de cette date un grand rassemblement anti-gouvernemental, est restée relativement discrète en tenant un meeting dans la banlieue de Budapest.  Pour elle, l’enjeu était de taille : à quelques six mois d’élections législatives, dont tous les sondages annoncent qu’elle sortira très largement vainqueur, il s’agissait pour elle de rassurer son électorat en se distanciant du parti de l’extrême-droite Jobbik et d’éventuels troubles fomentés par des éléments radicaux en marge des célébrations. Après avoir flirté avec cette extrême-droite montante (le Jobbik a obtenu un peu moins de 15% des suffrages aux élections européennes de juin), il semblerait donc que la FIDESz soit en train de se recentrer en vue des élections. Pendant ce temps, à droite de la Droite Le « Mouvement pour une meilleure Hongrie » Jobbik s’est affranchi de la sobriété affichée par tous les candidats futurs au pouvoir, bien décidé à jouer son va-tout politique. Il a réuni plusieurs milliers de ses sympathisants en plein centre de la capitale, sur Erzsébet tér, à grands renforts d’hymne, de musique « metal », de poèmes de János Arany et du lyrisme dont elle est coutumière. Il a pu compté, comme on peut le constater sur le diaporama, sur le soutien indéfectible de son bras armé, la très photogénique et désormais très médiatique Magyar Garda. Celle-ci s’était rassemblée pour une messe au « temple du retour », qui jouxte Szabadsag tér et le bâtiment de la radio-télévision nationale cher aux insurgés. Les commémorations du 23 octobre 2006 s’étaient déroulées dans un climat quasi-insurrectionnel consécutif à la diffusion d’un enregistrement de propos prononcés par le Premier Ministre d’alors, Ferenc Gyurcsány, et de son fameux « Kurvaorszag ». Des incidents s’étaient reproduits, dans une moindre mesure, en 2007 et 2008. Cette année, les policiers ont pu se restaurer tranquillement. [slide] photos : Aron Mucsanyi, Corentin Léotard, Francois Gaillard Petit éclairage historique Le 23 octobre est une date symbolique pour la Hongrie. Le mouvement du 23 Octobre 1956 est dans tous les livres d’histoire. En ce jour d’automne des intellectuels hongrois – écrivains, journalistes et étudiants en tête – s’associèrent avec les ouvriers pour se soulever, avec la volonté d’améliorer la situation sociale du pays, en s’émancipant de la domination soviétique. En pleine Guerre froide, et afin d’éviter une « troisième guerre mondiale », les pays occidentaux, déjà engagés à Suez, se gardèrent bien de réagir face à la répression moscovite qui suivit les manifestations. Cette dernière fit plus de 3000 morts à Budapest. 33 ans plus tard, en 1989, alors que l’Union Soviétique se trouve secouée de toutes parts, le président hongrois Matyas Szuros profite du rassemblement populaire commémorant la révolution de 1956, pour proclamer la 4ème République de Hongrie. Plus de 80 000 Hongrois, rassemblés autour du Parlement, célèbrent l’indépendance de leur pays. Articles liés : Rencontre surprise avec l’égérie de 56 Orban, déja Premier Ministre? Le sondage déconcertant de la semaine

Un 24 octobre fondateur pour Jobbik

Un 24 octobre fondateur pour Jobbik

25 octobre 2009 à 19 h 00 min 0 commentaire

Samedi, un jour après les célébrations de 56, le parti d’extême droite hongrois en a profité pour réunir des personnalités de l’extrême droite européenne afin d’annoncer la formation en cours d’un parti européen d’extrême droite : « l’Alliance ». La tranquilité inhabituelle dans laquelle Jobbik a célébré le 23 octobre 1956 vendredi cachait bel et bien une véritable tempête politique, cette fois-ci allant de Budapest à Bruxelles. Dès le lendemain, Jobbik a frappé un grand coup sur sa cible la plus « légitime », l’Union Européenne. Quelque peu marginalisé par la stratégie électorale de la Fidesz pour 2010, mais fort de ses 14,7% des suffrages  aux dernières élections européennes en Hongrie, ainsi que de leurs trois sièges au Parlement à Bruxelles, le parti taxé d’anti-sémitisme et de velléités anti-Roms compte bien utiliser toutes ses cartouches pour élargir son influence. En la présence de Bruno Gollnisch à Budapest, « L’Alliance des mouvements nationaux européens », union politique des extrêmes droites de l’UE a annoncé son existence  prochaine en tant que parti politique européen officiel. Celui-ci fédère déjà Jobbik, le FN français, le Front national belge, le Fiamma Tricolore italien et le Parti démocrate national suédois. Selon Jobbik, « l’Alliance » est aujourd’hui en pourparlers avec le Parti national britannique, plusieurs formations autrichiennes, espagnoles et portugaises. Articles liés : 1956: des commémorations à l’avant-goût électoral Le sondage déconcertant de la semaine Le festival des Blancs sème la Terreur L’extrême droite fait son Sziget La rébellion de la Magyar Garda L’Europe au Jobbik! Européennes: l’absention remporte les élections

Le sondage déconcertant de la semaine

Le sondage déconcertant de la semaine

27 septembre 2009 à 12 h 51 min 0 commentaire

Commandé par le quotidien de centre-gauche libéral Népszabadsag et publié lundi dernier, le sondage Progressive Intézet effectué parmi 3500 participants révèle une manière toute singulière et très magyare d’appréhender l’extrême droite locale. Dans cette étude, 7 personnes sur 10 pensent que l’extrémisme politique est dangereux. Un quart des interrogés, tout de même, pensent l’inverse. Plus déconcertant encore, la moitié des personnes qui trouvent l’extrémisme dangereux estime qu’aucun parti actuellement actif en Hongrie ne peut être jugé extrémiste… Cela explique indirectement le fait que le parti radical nationaliste Jobbik (dont les campagnes sont principalement pro-populaires, anti-roms, anti-gros sous et eurosceptiques) occupe depuis juin dernier 3 sièges parmi les 22 réservés à la Hongrie au Parlement Européen. Outre sa position « tape-à-l’oeil » sur l’échiquier politique européen, le Jobbik sait aussi manier l’art du buzz pour exister. Ainsi, Csanad Szégedi, eurodéputé Jobbik, a déja porté l’uniforme noir et blanc de la Magyar Garda dans l’hémicycle à Bruxelles, en signe de soutien à l’organisation paramilitaire du parti, aujourd’hui interdite en Hongrie. En 2010, Jobbik attendra la Fidesz au tournant 44% des participants au sondage ne souhaitent pas voir Jobbik siéger au Parlement hongrois à l’issu des législatives au printemps prochain. Cependant, un tiers des sondés saluerait la présence de députés Jobbik, ce tiers incluant certains qui ne voteront pas dans ce sens. Si Jobbik réussit la même performance qu’aux européennes cette année, on peut s’attendre à un nombre disproportionné de sièges accueillant les députés du parti nationaliste, en lui en assurant au moins 50 sur 386 au total. Sur la question, les sondés sympathisants de la Fidesz se prononcent à 50% contre une représentation légitime de Jobbik à l’Assemblée. On anticipe alors vite que le succès de la campagne Fidesz sera déterminant pour le type d’orientation à droite que la Hongrie prendra l’an prochain. Viktor Orban, qui devra râtisser large s’il veut être seul à droite, a déja officiellement rejeté la possibilité de gouverner avec Jobbik. Articles liés : Orban, déja Premier Ministre? l’Europe au Jobbik! Européennes : l’abstention remporte les élections La rébellion de la Garda La Garda est morte, vive la Garda! La popularité grandissante de la Magyar Garda

Le festival des Blancs sème la terreur

Le festival des Blancs sème la terreur

6 août 2009 à 13 h 49 min 0 commentaire

A peine commencé, le “Magyar Sziget” (lire L’extrême droite fait son Sziget) fait déjà tristement parler de lui. Hier, tard dans la soirée, une bande de jeunes skinheads ont passé à tabac un jeune garçon d’origine rom et s’en sont pris à une femme enceinte issue de la même communauté. La raison? Tous deux sont gitans et habitent Veroce, village actuellement sous haute tension qui accueille le festival du “White Power”.

La rébellion de la Magyar Gárda

La rébellion de la Magyar Gárda

6 juillet 2009 à 19 h 28 min 4 commentaires

Deux jours après la dissolution officielle de la Magyar Garda, l’organisation n’a pas manqué de faire parler d’elle. Victimisée par la décision de la Cour d’appel de Budapest, elle a réussi un gros “coup” – du moins médiatique – en arrivant à réunir autour d’elle quelques milliers de sympathisants, dans un espace surprise qui gêna particulièrement les opérations policières. La vie s’est arrêtée plus de 4 heures au centre de la capitale, tout autour de Déak tér, d’Andrassy ut à Astoria. Voir le diaporama. Samedi 17h, Erzsébet tér, sur la pelouse de l’espace privé du Gödör Klub. D’ordinaire c’est la jeunesse un peu bobo de Budapest qui s’y prélasse. Mais ce samedi, la population avait soudainement changée. Les “soldats” de la Magyar Garda ne sont d’ailleurs pas aussi jeunes que ce que les dirigeants de Jobbik affirmaient il y a deux ans, à sa création. Quelques 200 membres sont d’abord arrivés “en civils” pour ensuite se vêtir à la manière des Croix Fléchées (lire la Garde hongroise est morte, vive la Garda). Entourés d’un nombre important de supporters parés de toute la panoplie de l’extrême droite hongroise (masques à gaz sur crânes rasés, drapeaux Arpad, Grande Hongrie représentée partout) tout ce beau monde a commencé à se manifester de façon provocatrice envers la clientèle du bar (jets de divers objets, insultes homophobes et antisémites pour la plupart). Depuis la décision de justice de jeudi dernier, qui interdit les rassemblements de la Garda, cette manifestation du week-end était bien sûr anticipée par les forces de l’ordre… enfin presque. La police avait bien pensé à boucler les lieux habituels des échauffourées des ultra nationalistes, Szabadsag tér et la Basilique St Istvan par exemple, où le mariage de la semaine a dû se faire à huis clos. Ils n’avaient cependant pas prévu un rassemblement si gros et aussi organisé autour d’un espace privé. Cela dit, les lieux prévisibles n’étaient pas très éloignés du vrai rassemblement. La police anti émeute a donc réagi, mais un peu tardivement, pour voir à son arrivée un charmant sitting pacifique de bonshommes en blanc et noir, tous coudes soudés entonnant des hymnes pour réveiller la nation hongroise. Une demi-heure plus tard, les policiers ont reçu l’ordre d’éparpiller la foule, voire de la repousser, tout en devant extirper les hors-la-loi de la Magyar Garda. Cela a pris plus de 4 heures, avec au final 17 blessés légers (principalement par les gaz lacrymogènes), et 200 personnes interpelées, parmi lesquelles figurait le président du Jobbik Gabor Vona, remis en liberté dès le lendemain. Entre les touristes badauds interloqués par les saluts nazis et les provocations plus ou moins violentes à l’encontre de la police, on sentait tout de même une tension plus que palpable. L’organisation militante du Jobbik pour cet évènement s’est également montrée très efficace, avec son propre service de presse et ses propres médecins, qui n’ont cependant assurer qu’une petite partie des soins. Insolite enfin, l’endroit choisi par la Garde pour sa démonstration : Gödör Klub, haut lieu de la musique tsigane et balkanique, qui quelques heures plus tard fêtait la soirée Balkan Beat du mois… Articles liés : La Garde hongroise est morte, vive la Garda Les liaisons dangereuses de la police avec l’extrême droite Attentats anti-Roms: que  fait la police? Vers une criminalisation du négationnisme? Emeutes à la manif anti Bajnai L’Europe au Jobbik!

Diapo: Garde hongroise vs Police

6 juillet 2009 à 17 h 54 min 1 commentaire

Diaporama des évènements du samedi 4 juillet à Budapest, lorsque la Magyar Garda récemment interdite et l’extrème droite hongroise se sont rassemblées illégalement au centre ville de Budapest. Voir l’article relatant les évènements de la journée. [slide] Photos: Coriander, Francois

La Garde hongroise est morte, vive la Gárda

La Garde hongroise est morte, vive la Gárda

2 juillet 2009 à 16 h 45 min 1 commentaire

La Cour d’Appel de Budapest a confirmé aujourd’hui la dissolution de la Garde hongroise. La Gárda avait fait appel d’une décision de justice en décembre 2007 qui avait jugé l’organisation liberticide. C’est bel et bien terminé pour la Garde en tant qu’association officielle.

L'Europe au Jobbik!

11 juin 2009 à 18 h 36 min 0 commentaire

A peine leurs tout premiers mandats arrachés, le Jobbik a la folie des grandeurs européennes. Les trois nouveaux et heureux élus eurodéputés du parti d’extrême-droite veulent initier la création d’un groupe parlementaire « Euro-réaliste ». Selon Gabor Vona, président du Jobbik, celui-ci voudrait faire parti et créer un groupe opposé au Traité de Lisbonne (toutefois déjà ratifié par la Hongrie). Ce groupe éviterait les autres groupes et partis « ouvertement anti-hongrois », a expliqué Vona sans préciser. Le Jobbik a également fait savoir ses priorités européennes: représenter les travailleurs, fermiers, petites et moyennes entreprises hongroises, ainsi que « les communautés ethniques hongroises dans les pays avoisinant la Hongrie » informe Vona. Comme quoi, l’Europe semble plaire même aux plus antieuropéens des eurodéputés en herbe. Article lié : Européennes : l’abstention et la droite

Européennes: l'abstention et la droite

Européennes: l'abstention et la droite

8 juin 2009 à 21 h 08 min 0 commentaire

Avec 63,72% des votants s’étant abstenus, le grand vainqueur des élections européennes 2009 en Hongrie est bien l’abstention. Rappelons les autres scores; parmi les votants, ceux-ci ont voté à 56,37% pour le Fidesz (14 mandats), 17,37% pour le MSzP (4 mandats), 14,77% pour le Jobbik (3 mandats), 5,3% pour le MDF (1 mandat), 2,6% pour le LMP-HP (aucun mandat), 2,16% pour le SzDSz, 0,96% pour le MKMP, et 0,47% pour le MCF. Enorme défaite pour le MSzP, sans aucune surprise, qui ne récolte par contre qu’à peine plus de voix que le Jobbik. Même s’il était prévisible que le parti d’extrême droite remporte un ou deux sièges au Parlement Européen, avec 14,77% des suffrages en leur faveur, le Jobbik décroche une victoire surprenante. Le « succès » du Jobbik est à la mesure de son euro-scepticisme. Il est amusant de constater cela suite aux déclarations de son porte-parole qui, interrogé sur l’abstentionisme, explique que ce taux record en Hongrie depuis 15 ans, est dû au désintérêt des gens pour une Europe qui les déçoit. Pourtant c’est précisément l’abstention qui permet à un parti tel que le Jobbik d’atteindre de tels scores : si ce parti, fervent anti-européen, faisait justement campagne contre l’Europe, les « gens » , auraient dû, selon la logique du porte-parole, se ruer aux urnes avec un bulletin Jobbik à la main. Si le Jobbik remporte sa première bataille élective, le Fidesz, lui, triomphe. Le principal parti d’opposition a obtenu hier plus de 3 fois plus de votes que leur adversaire, le MSzP. Nul doute que cela a des allures de plébiscite pour Orbán, qui ne cesse de demander la démission du gouvernement. Même si les campagnes portaient sur des thèmes nationaux plus qu’européens, il s’agit bien d’élections européennes et en ce sens, Bajnai a toujours refusé et répété qu’il n’y aurait pas d’élections anticipées, quelques soient les résultats. Malgré les pressions du Fidesz, le gouvernement actuel restera sûrement en place, car selon de nombreux analystes économiques européens, Bajnai gère comme il le faut la crise. Le Fidesz a fait ses meilleurs scores à l’ouest de la Hongrie, et ses plus faibles, néanmoins importants,  à Budapest et les régions du nord-est. Cette partie nord-est du pays est d’ailleurs celle où le Jobbik a enregistré ses meilleurs scores; ce qui fait penser que l’électorat du Jobbik provient de celui du Fidesz. Le MSzP et le SzDSz ont fait leurs meilleurs scores dans la capitale.

Européennes: début des votes

7 juin 2009 à 10 h 06 min 0 commentaire

Depuis ce matin 6h, et jusqu’à ce soir 19h, les 8 millions de votant en Hongrie pourront choisir leurs bulletins dans les 11 000 bureaux de votes ouverts à travers le pays. Depuis 2004, date des premières élections européennes en Hongrie, 24 députés hongrois siégeaient à Strasbourg. A l’issue des élections d’aujourd’hui, la Hongrie va envoyer 22 fraîchement choisis euro-députés au Parlement, sur le total des 736 députés qui vont constituer le nouveau Parlement Européen. 10 partis se sont présentés, mais seulement 6 sur des listes indépendantes. Le Fidesz et le KDNP (Parti Chrétien-Démocrate) font liste commune, ainsi que le Parti Humaniste et le LMP. Les autres listes présentées sont celles des partis suivants: SzDSz, MKMP (Parti Communiste Hongrois), MDF (Forum Démocratique Hongrois), MSzP, MCF Roma Unity (parti « rom »), et le Jobbik. Les premiers résultats officiels seront annoncés à 22h ce soir. Les instituts de sondages auront le droit de se prononcer à partir de 19h, heure de fermeture des bureaux de votes. Pour qu’une liste soit représentée parmi les 24 députés qui iront au Parlement, celle-ci doit obtenir un score supérieur à 5% du total des votes. Une fois ces 5% acquis, les sièges seront repartis proportionnellement aux votes. Voir aussi: Européennes: les campagnes publicitaires Européennes: la gentille rixe des sondages

Européennes: les campagnes publicitaires

Européennes: les campagnes publicitaires

3 juin 2009 à 19 h 59 min 0 commentaire

Ce sont de véritables campagnes publicitaires qui décorent la Hongrie en cette période électorale. Faisons un tour de celles-ci, dont certaines, assez classiques, se limitent à quelques affiches, alors que d’autres, dotés d’une comm’ d’agence de pub prennent une autre envergure.

Européennes: ce que disent les sondages

31 mai 2009 à 16 h 22 min 0 commentaire

A l’approche des élections européennes, différents sondages prévoient certaines tendances d’intentions de votes assez nettes avec toutefois quelques différences.

Les liaisons dangereuses de la police avec l’extrême-droite

Les liaisons dangereuses de la police avec l’extrême-droite

22 mai 2009 à 16 h 38 min 0 commentaire

Ce lundi, un accord de coopération a été signé entre le Jobbik, le parti d’extrême-droite magyar et TMRSZ, l’un des deux syndicats policiers existants.

La popularité grandissante de la Magyar Gárda

18 mai 2009 à 22 h 50 min 7 commentaires

Selon une enquête réalisée par la Progressive Institute, environ 10% des hongrois se sentiraient proches des idées inhérentes à la « Magyar Gárda », un groupe paramilitaire d’extrême-droite. L’Etude révèle que si le mouvement devenait un parti politique, il recueillerait l’équivalent de 9% des suffrages. La « Garde Hongroise », dont les membres sont intimement liés avec Jobbik, un parti hongrois nationaliste et xénophobe, disposerait ainsi d’un support populaire suffisant (plus de 5%) pour détenir des sièges au parlement magyar. La Progressive Institute souligne que les Hongrois, actuellement, seraient particulièrement réceptifs aux mouvements extrémistes. Il faut dire que la conjoncture économique et sociale n’est guère reluisante. La crise a frappé de plein fouet la Hongrie : le chômage et la violence croissent, la population s’inquiète pour son avenir et demande au gouvernement une protection accrue. L’extrême-droite peut donc, à sa guise, ressortir ses sempiternels refrains aux combiens simplistes mais terriblement efficaces en période de récession : Protectionnisme, nationalisme affirmé, prédominance de l’ordre et de la sécurité, désignation de boucs émissaires… La « Magyar Garda », qui compte en son rang plus d’un millier de miliciens, a organisé ces derniers temps de nombreux rassemblements visant à intimider la communauté Rom. Ses activités sont vivement décriées en Hongrie mais également à l’étranger.

Attentats anti-Roms, que fait la police?

23 avril 2009 à 19 h 07 min 0 commentaire

Hier soir, un homme d’origine rom a été tué par des coups de fusil dans le Nord-Est de la Hongrie. La police enquête, mais n’a pas encore reconnu officiellement le meurtre. Le 9 avril, c’était l’immeuble d’une représentante de la communauté tzigane de Tatarszentgyörgy – village malheureusement connu pour ses nombreuses attaques contre les Roms – qui a été ravagé par un incendie. Aucune victime, mais l’acte a été cette fois jugé criminel par la police. Quelques semaines plus tôt, ce même village fût le théâtre morbide d’assassinats à l’encontre d’une famille tzigane, et personne n’a encore été inquiété. Les nombreuses violences impunies dont la communauté rom hongroise fait les frais depuis des mois choquent de plus en plus l’opinion publique et commencent, petit-à-petit, à concerner les autorités. Hier soir vers 21h30, un tzigane de 53 ans est abbattu lorsqu’il quitte son domicile du village de Tiszalok pour se rendre au travail. Selon les témoins, un individu blanc de grande taille l’attendait devant sa maison dans un véhicule noir à vitres teintées. Muni d’un fusil 9mm, il a touché sa victime en pleine tête et en plein coeur. Celle-ci décédait 20 minutes plus tard. Laszlo Bartha, porte-parole de la sécurité nationale, annoncait ce matin à l’agence MTI attendre que l’enquête révèle si cet “incident” est de la même nature que les récents crimes anti-Roms des semaines passées. Au regard de la violence inouïe envers les différentes communautés tziganes du pays ces derniers mois, la police est souvent accusée d’être trop prudente dans ses enquêtes, voire même de laisser faire… Depuis quelques semaines, un quartier à majorité Rom en marge du petit village de Tatarszentgyörgy, situé à une trentaine de kilomètres au Sud de Budapest, a été la cible de plusieurs incendies criminels à répétition, dont certains accompagnés d’assassinats. Le 23 février dernier, une attaque à la bombe artisanale, suivie d’un assaut armé qui a fait deux morts et deux blessés dans un foyer gitan de cette localité avait déjà suscité l’émotion dans tout le pays. Alors que la famille tentait d’échapper aux flammes qui dévastaient leur maison fraîchement construite, Robért Csorba et son fils de 5 ans ont été froidement abattus par balles et ses deux autres enfants, âgés de 3 et 6 ans ont été grièvement blessés. Malgré l’extrême cruauté de cet événement, les Roms ont beaucoup de mal à se faire entendre par les autorités. Les habitants du quartier accusent même la police d’avoir volontairement bâclé l’enquête qui n’a encore à ce jour rien donné, et sont néanmoins persuadés qu’il s’agit de l’oeuvre sinistre de la Magyar Garda. Ils sont aussi convaincus que l’enquête ne mènera à rien, sachant que cette milice armée se trouve sous l’aile protectrice du parti d’extrême droite Jobbik, dont l’importance est sans cesse croissante dans le paysage politique hongrois. Compte tenu de son caractère sensationnel, beaucoup de médias étrangers se sont emparés de l’affaire, comme l’équipe de télévision de Russia Today qui a recceuilli en début de semaine les propos d’Erzsébet Csorba, mère et voisine de Robért : “La police a prétendu ne pas voir les 18 blessures par balles dans le corps de mon petit-fils. Comment est-ce possible de ne pas constater celà? Le rapport dit aussi qu’un problème électrique est à l’origine de l’incendie alors qu’il y a des traces de la présence d’une bombe partout dans la maison”. Lidia Horvath, leader de la communauté Rom de Tartarszentgyörgy qui a elle aussi vu son domicile incendié début avril, a expliqué à MTI que depuis le drame de février, non seulement les tziganes de ce ghetto, mais aussi ceux du centre du village vivent dans un climat de réelle terreur. De son côté, Béla Kovacs, Président du Jobbik pour une Hongrie meilleure, a entretenu la polémique lors de son interview par la chaîne de TV anglophone russe en affirmant : “les crimes perpétrés par les gitans augmentent tous les jours et si rapidement dans le pays que les gens ont peur de sortir le soir”.Un discours sur l’insécurité sans réel fondement, mais qui séduit beaucoup les classes populaires hongroises depuis longtemps. Il a aussi habilement refusé d’admettre un lien quelconque entre son parti et la Magyar Garda, qui pourtant assiste à chacune des manifestations du Jobbik. A Budapest, Rob Kushen du Centre des droits des Roms Européens estime que l’action des autorités sur ces affaires n’a fait aucun progrès, et que tant que leur travail pour le maintien de la paix n’avancera pas, les conditions du désastre ne feront que s’amplifier. Rappelons enfin que dans la seule année qui précède le drame d’hier soir, presqu’une vingtaine d’attaques à l’aide d’armes à feu, de bombes à pétrole et d’armes blanches ont été fomentées à l’encontre de foyers tziganes. 7 personnes ont été tuées lors de ces attaques et il est difficile de dénombrer le nombre de blessés. En réponse à cela, pas un seul responsable n’a encore été appréhendé.

Vers une criminalisation du négationnisme?

23 avril 2009 à 18 h 58 min 0 commentaire

Samedi dernier plusieurs centaines de manifestants d’extrême droite, subtil melting-pot composé de la Magyar Garda, du Jobbik et de néo-nazis, manifestaient dans les rues de Budapest pour exprimer ouvertement leur négationnisme et critiquer l’hégémonie sioniste.

Émeutes à la manif anti-Bajnai

Émeutes à la manif anti-Bajnai

15 avril 2009 à 14 h 15 min 0 commentaire

Comme souvent en présence de la Magyar Garda, milice organisée du parti d’extrême-droite Jobbik, la manifestation qui s’opposait mardi à l’élection parlementaire de Gordon Bajnai Premier Ministre et qui revendiquait des élections nationales anticipées, a sombré dans la violence et les gaz lacrymogènes. La police avait, comme d’habitude, fermé tous les accès à la place Kossuth Lajos dès le matin, mais les plus décidés des manifestants se sont tout de même frayé un passage à travers les barrières de sécurité l’après-midi, pour finalement en découdre avec la brigade anti-émeutes aux portes du ministère de l’Agriculture. Celui-ci n’était pas visé par hasard, puisque la « Garde Magyare » y avait lâché des douzaines d’oies auparavant, pour rappeler la faillite du groupe volailler Hajdú-Bét en 2003, alors filiale du consortium Wallis dirigé à l’époque par le même Gordon Bajnai, aujourd’hui à la tête du gouvernement pour un an. Cette faillite avait entraîné celle de centaines d’éleveurs d’oies dans tout le pays. Récit classique d’une manif hongroise qui dégénère… Cependant, les hostilités ne se sont pas arrêtées à de purs actes symboliques. Équipés de lunettes de skis et de foulards aux couleurs du drapeau Arpad, les plus féroces des mécontents incluaient la bagatelle d’environ 300 membres de la Garda. Assaillant continuellement la police par des jets d’objets en tous genres, celle-ci n’a pu que les repousser timidement que jusqu’à Bajcsy-Zsilinszky út sans pour autant réussir à les disperser. Une ambulance a été attaquée très courageusement au passage. A l’issue de ce début de soirée mouvementé, on ne pouvait compter que 12 arrestations seulement, ainsi que 15 policiers et 10 civils blessés. L’action du Jobbik loin de faire l’unanimité. Lorsque Gábor Vona, leader du Jobbik, a souhaité s’adresser aux 7000 personnes présentes peu avant 17h00, fin de la manifestation, les organisateurs l’en ont tout simplement empêcher. Mais c’était sans compter sur la tenacité du « Gábor », qui a forcé le passage sur scène pour s’adresser, plus modestement, à sa Magyar Garda. Beaucoup de manifestants lui ont alors tourné le dos pour s’en aller du côté du château de Buda, afin de remettre au Président László Sólyom leur pétition réclamant des élections législatives anticipées. A noter, la Radio et la TV nationales Hongroises, souvent taxées par les manifestants de n’être que l’organe de communication des gouvernements, ont pris la peine, lors de leurs journaux du soir, d’énoncer point par point les revendications énumérées dans leur pétition. Les organisateurs de la manifestation ont eux, de leur côté, annoncé qu’ils continueraient de protester publiquement jusqu’à ce que le Parlement soit dissout.