Orban fait un bras d’honneur au FMI

En visite à Berlin mercredi dernier, où il a rencontré la chancelière allemande Angela Merkel, le premier ministre hongrois Viktor Orbán a refusé les dernières tranches du prêt de 25 milliards d’euros contracté en octobre 2008 auprès du Fond Monétaire International, de la Banque mondiale et de l’Union européenne.

« Nous sommes les champions du monde quand il s’agit de réduire les dépenses« , a justifié M. Orban à Berlin, en toute modestie. Sans doute habitué à ne plus devoir rendre de comptes à qui que ce soit sur le plan de la politique intérieure, c’est sur la scène internationale que le premier ministre de la Hongrie, en pleine confiance, s’est illustré en se permettant ce bras d’honneur, et de refuser abruptement l’argent du FMI. « Merci bien et bon vent », c’est en gros le message qu’il a adressé au Fond Monétaire International.

Rappelant que l’accord conclu avec le FMI doit expirer en octobre, le premier ministre a estimé que « Cela n’a pas de sens de discuter de questions de long terme avec le FMI. […] Une fois qu’il aura expiré, nous n’avons pas à négocier plus longtemps avec le FMI mais avec l’Union Européenne« , a dit M. Orban au cours d’une conférence de presse commune avec Angela Merkel.

Le retour d’un paria ?

De toute la presse internationale, qui n’a pas manqué de commenter les exploits de Viktor Orban, le Washington Post est l’un des plus virulents et tire à boulet rouge sur lui en dénonçant ses mesures nationalistes, sa politique économique et sa réforme des médias. Rappelant qu’Orban avait été persona non grata à la Maison Blanche lors de son premier mandat de 1998-2002, en raison de son flirt avec l’extrême-droite, le quotidien affirme que « Si Viktor  Orban  cherche à affaiblir les institutions démocratiques, il est sûr de redevenir un paria dans les capitales de l’Ouest. »

Mais qu’importe pour Orban, car ce ne sont pas les lecteurs américains qui voteront le 3 octobre prochain aux élections locales. Avant cette date, le gouvernement ne peut pas avoir l’air de revenir sur ses promesses électorales. C’est donc à l’aune de cette échéance qu’il faut interpréter le comportement scabreux du « chef ». Un comportement qui remporte d’ailleurs un franc-succès et qui doit plaire à la droite et à l’extrême-droite de l’électorat pour qui le FMI est assimilé à tout ce qu’ils détestent : la mondialisation, le libéral-capitalisme, les Etats-Unis, etc.

Le Magyar Hirlap se félicitait que « Le FMI plie bagages » alors que le Magyar Nemzet, inconditionnel de Viktor Orban s’enflammait : « Nous avons pris le chemin de l’indépendance économique« . Ce à quoi rétorquait le Népszabadsag de gauche que « l’indépendance économique n’est rien d’autre qu’une illusion », déplorant que Orban ait « coupé le filet de sécurité » que constituait ce prêt.

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2 Commentaire

  1. C’est un tres gros risque mais je me garderais d affirmer que ce sera perdant. La suite va etre serree mais tres interressante.
    J espere juste qu il sait ce qu il fait, et la rien n est moins sur…

  2. Bien d’accord. Beaucoup de pays aimeraient bien être financièrement autonome aussi, mais….

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