Une décoration française pour le cinéaste Béla Tarr

Le célèbre cinéaste hongrois Béla Tarr (Sátántangó, Torinói ló, etc.) a reçu les insignes de chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres pour l’ensemble de son œuvre cinématographique, des mains de l’ambassadeur de France en Hongrie, M. Roland Galharague, le 6 février.

www.ambafrance-hu.org

« L’Ambassadeur a rendu hommage à un grand cinéaste dont l’œuvre s’inscrit pleinement dans le cinéma hongrois contemporain », peut-on lire sur le site internet de l’ambassade de France en Hongrie.

Le geste de la diplomatie française sera peut-être perçu comme inamical par le gouvernement hongrois, en délicatesse avec le réalisateur qui est aussi président de l’Association des réalisateurs hongrois, opposé à la réorganisation des aides publiques au cinéma menée par le producteur hungaro-américain Andrew Vajna (« Rambo », « Terminator »).

« Le gouvernement déteste les intellectuels parce qu’ils sont libéraux. Il nous considère comme des traîtres« , avait déclaré Béla Tarr au journal berlinois « Der Tagesspiegel », après avoir reçu l’Ours d’argent au Festival de Berlin 2011 pour son film Torinói ló.

Sources : Ambassade de France et Magyar Távirati Iroda (MTI)

2 Commentaire

  1. Si le gouvernement hongrois veut réorganiser le cinéma qui est mené par un personnage aussi infâme qui produit des filmes comme Rambo et Terminator, eh bien, on ne peut que se réjouir. Il faudrait purement et simplement considérer ce genre de « création » comme invitation à la barbarie la plus atroce que seulement un esprit détraqué peut promouvoir. Il ne faut pas s’étonner si notre jeunesse européenne perd le nord et à 12 ans se met à tuer son instituteur. C’e genre de création favorise la mort de l’éducation, de la culture et de l’art. La subtilité de l’esprit et de l’âme se transforme en machine à broyer toute inspiration noble en ne laissant sur son passage que l’horreur et la désolation.
    Louis

  2. Claudine Ghiczy a dit :

    Aujourd’hui presque tous les gouvernements détestent les intellectuels. Penser et avoir un esprit critique signifie simplement que vous refusez de vous soumettre à l’ordre imposé par des sots pour des sots, que vous refusez qu’une classe dirigeante simule ses compétences à apporter un quelconque changement ou à enrayer la pauvreté de la pensée qui dessine l’avenir de l’humanité.
    Je suis particulièrement heureuse que l’œuvre de Béla Tarr puisse être remarquée dans ce marasme. Il est vrai que chacun peut reconnaitre notre monde dans son adaptation de l’œuvre de Krasznahorkai, « la nostalgie de la résistance ».
    Merci pour cette distinction qui nous laisse espérer que l’esprit survivra à la destruction programmée de toute pensée non conforme.

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