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La rue de la Constitution

Constitution (1/2): la Fidesz est prête à lâcher du lest

13 février 2011 à 22 h 01 min 0 commentaire

La prochaine Constitution devrait-elle vraiment inclure la protection de la vie fœtale, du mariage et de la famille, comme le prévoit son brouillon initial ? Refroidie par le tollé européen suscité par sa loi sur les médias, la Fidesz hésite. Au grand dam de ses alliés du parti chrétien-démocrate (KDNP).

Viktor Orbán au Conseil euopéen à Bruxelles, le 4 février 2011

La gauche libérale attaque Orbán à Bruxelles

10 février 2011 à 6 h 00 min 2 commentaires

Après presque un an dans l’ombre de la Fidesz de Viktor Orbán, l’opposition de gauche libérale hongroise ne se remet pas de sa défaite par K.O aux élections l’an dernier. Depuis quelques mois, elle a timidement tiré la sonnette d’alarme sur les réformes constitutionnelles importantes que la « supermajorité » au Parlement allait offrir à Orbán. Depuis le début de la présidence hongroise, elle en profite pour « débattre » sur le terrain européen, mais pas toujours de façon très glorieuse. Quant à l’ancien premier ministre démissionnaire Ferenc Gyurcsány, il refait surface en partie grâce à l’Europe, avec un premier jet d’attaques personnelles sur Orbán et sa présidence de l’UE cette semaine.

Orbán, un homme au discours « fort » et « résolu »

Orbán, un homme au discours « fort » et « résolu »

10 février 2011 à 0 h 34 min 1 commentaire

Dans son « discours à la nation » de lundi, le premier ministre Orbán a fait forte impression sur ses concitoyens, à en croire les résultats d’une enquête d’opinion réalisée par l’institut d’études Századvég.

Gyurcsany s’entête à vouloir réincarner l’opposition

Gyurcsany s’entête à vouloir réincarner l’opposition

9 février 2011 à 12 h 22 min 1 commentaire

Le traditionnel discours à la nation de début d’année du premier ministre, lundi, était bien fade. Un paquet d’annonces vagues, sans réelles propositions concrètes : « 2011 sera l’année du renouvellement, 2012 celle du décollage, 2013 celle de la reprise économique, et 2014, celle de l’enrichissement » a déclaré Viktor Orban en direct sur HirTV, à 15h. Le 18 février prochain, il recommencera à l’occasion du premier anniversaire de son gouvernement (même si ce dernier n’a pris ses fonctions qu’en avril 2010). Du côté de l’opposition aussi, on compte faire un discours ce jour-là. Et c’est la figure historique du MSzP, l’ancien premier ministre Ferenc Gyurcsany, qui s’est imposé le premier, en grillant la politesse à l’actuel président du parti, Attila Mesterhazy.

Chronique : Orbán a sa pub dans Paris Match

Chronique : Orbán a sa pub dans Paris Match

9 février 2011 à 6 h 46 min 1 commentaire

Le billet de Cécile Vrain, journaliste et docteur en Histoire des Relations Internationales de l’Université de Paris 1, spécialiste de la Hongrie. Ecoutez la version audio de la chronique La loi sur les médias en Hongrie aura eu au moins un mérite, celui de faire connaître Viktor Orbán. Aujourd’hui, il faut vraiment le vouloir pour ne pas savoir qui est le Premier ministre de Hongrie. La « Une » du dernier Paris-Match, bien que principalement consacrée aux événements en Egypte, offre un portrait-rencontre avec le chef du gouvernement hongrois. En effet, l’immortel Jean-Christophe Rufin, démissionnaire du pas si confortable fauteuil d’ambassadeur au Sénégal, «parcourra le monde pour raconter à Match [et on espère aussi aux lecteurs !] l’histoire au présent», nouvelle rubrique qui manifestement est inaugurée avec le portrait de Viktor Orbán. Quel honneur ! Car l’on peut être sûr que sans le couac de cette affaire des médias – le Premier ministre hongrois aurait bien aimé qu’elle reste «interne» au pays – nul ne se serait souvenu de la présidence magyare. L’actualité européenne n’intéresse en général que peu les médias nationaux de quelques pays que ce soit et ce n’est certainement pas les réalisations que la Hongrie pourra faire au sein du Conseil de l’Union européenne qui aurait modifié cet état de fait. Mais comme quoi, bonne ou mauvaise, toute publicité est bonne à prendre. Bien sûr, l’on ne croit absolument pas Viktor Orbán lorsqu’il confie à Rufin «qu’il pensait que ce serait pire» parlant de la session du 19 janvier dernier devant le parlement européen. Personne ne supposera que le vote et l’application de la loi sur les médias en Hongrie coïncidant avec le début de la présidence du Conseil de l’Union européenne fut programmé, calculé. Les risques étaient bien trop grands. Mais puisque l’affaire est faite, inutile de se lamenter. Au Premier ministre hongrois de savoir comment tourner la situation à son avantage. Et ma foi, il semble bien se débrouiller. Bien qu’intitulé «L’homme qui fait peur à l’Europe», Rufin conclut dans son article, qu’Orbán n’est pas un dictateur – quelle découverte ! – et qu’il ne faut pas perdre de temps à se poser la question. L’image donnée par l’article est loin d’être négative et c’est manifestement un bon coup de pub. Tout cela pour ça ! D’autant plus que tout semble rentrer dans l’ordre, du moins serions nous tentés de le croire. Alors que la commission européenne avait laissé deux semaines, une seule a suffit à la Hongrie pour répondre à Neelie Kroes, la commissaire chargée du dossier. Donc tout va bien ? Dans les faits, oui. Le scénario s’est déroulé normalement : critiques de la Commission et contestations des critiques par la Hongrie. Lundi 7 février, la Hongrie a donné de manifestes signes d’ouverture pour amender sa loi sur les médias et doit faire parvenir dans les jours qui viennent un projet de modification de la dite loi. L’affaire serait-elle enfin terminée ? Viktor Orbán, le «mâle dominant» aurait-il accepté sa défaite face à l’Union européenne ? Pas si sûr. Encore une fois, l’homme a su tirer son épingle du jeu, et surtout, si concessions il y a, elles ne seront que techniques et juridiques et pour l’heure en aucun cas politiques ni idéologiques. Viktor Orbán n’est ni européen ni eurosceptique. Il est le Premier ministre de la Hongrie et persuadé de savoir ce qui est bon pour elle. Lire le portrait d’Orban par Jean-christophe Rufin dans Paris-Match Articles lié : Orbán reçoit une volée de bois vert au Parlement européen Biographie : La revanche de Viktor Chroniques précédentes : Chronique du 4 février 2011 : VRP hongrois Chronique du 20 janvier 2011 : L’ethnocentrisme hongrois au Parlement européen Chronique du 14 janvier 2011 : Tel est pris qui croyait prendre Chronique du 6 janvier 2011 : Comedia dell’arte Chronique du 31 décembre 2010 : Le sacre de Viktor Orban

Jobbik en campagne le 15 mars 2010 (Hu-lala)

Jobbik repart en campagne

8 février 2011 à 1 h 24 min 2 commentaires

Le mouvement pour une meilleure Hongrie a manifesté jeudi soir à Lak, dans le Nord-est de la Hongrie, pour y exploiter un fait divers particulièrement sordide.

Viktor Oban et son porte-parole, le 28 décembre 2010 crédit : hirado.hu

Pour les toutous d’Orbán, « le fric c’est chic »

7 février 2011 à 12 h 13 min 4 commentaires

Les porte-paroles remplissent bien souvent une tâche ingrate, celle de défendre bec et ongles toutes les positions de leur chef, et par tous les moyens, y compris les moins scrupuleux. Dans le cas de Péter Szíjjártó, porte-parole personnel du premier ministre Orbán et non moins député de la majorité Fidesz, le blog Vastagbőr a récemment rapporté qu’il était assez bien payé pour effectuer le travail de sape de l’opposition. En s’amusant à faire un rapide calcul, on s’aperçoit néanmoins que ses salaires cumulés dépassent le plafond récemment fixé par le gouvernement dans le secteur public, et qu’il n’est pas le seul.

L’Euro c’est bien…chez les autres

7 février 2011 à 9 h 46 min 1 commentaire

Au cours d’une conférence de presse tenue vendredi, le premier ministre hongrois s’est félicité de la volonté des Européens de renforcer l’euro qui a « un avenir brillant« , mais a estimé que la Hongrie avait ses propres problèmes domestiques à régler avant de songer à adopter la monnaie unique. La Hongrie est de plus en plus pessimiste quant à sa date d’entrée dans la zone euro. L’adoption de l’euro est « inimaginable avant 2020« , a estimé Viktor Orban. Selon lui, les conditions d’adhésion seront modifiées d’ici cette date et exigeront une harmonisation fiscale entre les différents Etats membres, ce qui nuirait à la compétitivité de la Hongrie. Dans l’esprit du premier ministre hongrois, l’adoption de l’Euro avant 2020, qui était « peu probable » il y à encore quelques jours, est devenue aujourd’hui « inimaginable« . Au mois de janvier dans le Wall Street Journal, il avait été un peu moins catégorique, estimant qu’ « il est peu probable que l’Euro soit introduit en Hongrie avant 2020« . « La conjoncture nous montre qu’il n’est pas préférable de faire partie de la zone euro », avait-il ajouté. Articles liés : La rigueur de Viktor Orbán sur les retraites, le chômage et… l’Euro Nouvelle passe d’armes entre la Hongrie et le FMI

Nouvelle passe d’armes entre la Hongrie et le FMI

Nouvelle passe d’armes entre la Hongrie et le FMI

6 février 2011 à 23 h 22 min 4 commentaires

A peu près tout oppose le gouvernement hongrois au FMI : les réformes politiques, le diagnostic concernant les finances hongroises et les solutions à apporter pour les assainir. Après les critiques de la mission du Fonds à Budapest, la Hongrie n’a pas tardé à répliquer.

Le 1er février en Hongrie, c’est le « No Orbán Day »

Le 1er février en Hongrie, c’est le « No Orbán Day »

1 février 2011 à 11 h 10 min 0 commentaire

Dans un pays où le communisme inspire souvent la répulsion, les communistes hongrois (ou ce qu’il en reste) n’ont pas peur des mots et des effets d’annonce. Ainsi, le parti marxiste Zöld Baloldal (ZB) organise aujourd’hui à 17h, le « NO ORBAN DAY » devant le siège du parti Fidesz (au 18, Szentkirályi utca à Budapest). L’évènement trouve son origine dans un groupe Facebook autour de l’intellectuel Gáspár Miklós Tamás. Il est bien sûr largement inspiré du « No Berlusconi day » qui a eu lieu en Italie en décembre 2010 et en décembre 2009.

La Fidesz secoue la grande nation hongroise

La Fidesz secoue la grande nation hongroise

31 janvier 2011 à 13 h 55 min 3 commentaires

La Slovaquie a annoncé la semaine dernière son intention de lever les restrictions à la double-citoyenneté pour ses citoyens d’origine hongroise, quant à l’Union européenne, elle n’a pas les moyens juridiques de s’opposer ni à l’octroi par Budapest de la citoyenneté aux minorités hongroises, ni à leur éventuel droit de vote.

Chronique : Des médias aux retraites, à chacun ses priorités

Chronique : Des médias aux retraites, à chacun ses priorités

27 janvier 2011 à 23 h 46 min 1 commentaire

Le billet de Cécile Vrain, journaliste et docteur en Histoire des Relations Internationales de l’Université de Paris 1, spécialiste de la Hongrie. Ecoutez la version audio de la chronique C’est enfin arrivé ! Une semaine sans que les journaux ne nous parlent de la loi hongroise sur les médias. Enfin presque. Il y a quand même eu une petite dépêche AFP sur un ultimatum formulé par l’Union européenne. Rien que cela. En effet, vendredi 21 janvier se sont réunis à Gödöllö les ministres et autres secrétaires d’Etat à la Justice des pays membres et lors de la conférence de presse donnée par le représentant allemand, il a été précisé que la Commission européenne attendait de la Hongrie, sous un délai de deux semaines, qu’elle s’engage à changer sa loi sur les médias, sous peine d’une éventuelle procédure d’infraction au traité de l’Union européenne et à sa charte des droits fondamentaux. La commissaire européenne chargée du dossier, Neelie Kroes a des « doutes sérieux » quant à la conformité de la loi avec la législation européenne. Les choses commencent à devenir sérieuses car il s’agit clairement de menaces et il n’est pas si commun que Bruxelles en fassent. Mais menacer veut aussi dire qu’on a les moyens de le faire et l’intention d’aller jusqu’au bout. Est-ce bien le cas ? Le cas n’est pas banal. La Hongrie est pays membre de l’Union, et sauf erreur, il me semble que c’est la première fois que de telles menaces sont ainsi proférées. Jusqu’alors, nous avions principalement eu droit à des comparaisons parfois injurieuses, confère la France et les expulsions de Roms par exemple. Pour sa crédibilité, l’Union européenne a tout intérêt à bien maîtriser son dossier et avoir les moyens de ses ambitions. Bruxelles et les pays membres ne doivent pas oublier que même si une première manifestation hongroise pour la liberté de la presse a réuni 10 000 manifestants et qu’une nouvelle démonstration est prévue jeudi, la majorité des Hongrois ont voté Viktor Orban au printemps dernier et ce qui peut passer pour du harcèlement et de l’ingérence renforce le pouvoir de ce dernier. Aujourd’hui à Budapest, Victor Orban ne passe pas pour un autocrate voulant attenter aux libertés de la presse, mais pour un chef de gouvernement fort qui sait tenir tête aux pays qui auraient la prétention de donner des leçons à la Hongrie. Surtout que pour les Hongrois, cette question de la loi sur les médias n’est pas une priorité aujourd’hui. De la liberté de la presse à la liberté de choisir son système de retraites En effet, ceux-ci doivent décider dans les deux jours, quel statut ils désirent conserver par rapport à leur caisse de cotisations de retraite. Rester dans le privé ou suivre les prescriptions gouvernementales et cotiser à la caisse de retraite publique. La question est loin d’être anodine car le  formulaire à compléter ne restera pas dans le domaine privé. Vous avez bien lu ! Ainsi, des fonctionnaires qui cotiseraient à des caisses de retraite privées, en décidant d’y rester affiliés, manifesteraient officiellement leur désaccord avec la politique gouvernementale. Nul n’en connait les conséquences. Prennent-ils le risque de perdre leur emploi ? Promue mi-décembre, un peu avant la loi sur les médias, la nouvelle législation concernant les retraites stipule que les personnes qui choisiront de rester fidèles aux caisses privées perdront tous leurs droits à la retraite publique. Rappelons les déclarations de Viktor Orban à l’époque : « Celui qui est solidaire envers nous, nous sommes également solidaires envers lui. Mais celui qui n’est pas solidaire envers nous, celui là ne doit pas compter sur le soutien de la communauté« . Cela a le mérite d’être clair ! Beaucoup moins médiatique que la loi sur les médias justement, cette loi touche directement aux libertés individuelles. La Commission européenne n’ignore rien de l’affaire, espérons qu’elle réagisse rapidement et qu’elle n’attende pas encore une fois que la presse s’indigne pour réagir. Pendant ce temps, les grands de ce monde toujours atteints de réunionites aïgues se rencontrent à Gödöllö. Pour ceux qui ne connaissent pas, rappelons rapidement que Gödöllö abrite un magnifique petit château baroque renové qui a accueilli en son temps la légendaire reine Elisabeth, plus connue par certain sous le sobriquet de Sissi. Je ne manquerai pas dès la semaine prochaine de revenir sur certains thèmes confiés à la présidence hongroise et plus particulièrement sur le partenariat oriental et l’élargissement de l’Union. Chroniques liées : Chronique du 20 janvier 2011 : L’ethnocentrisme hongrois au Parlement européen Chronique du 14 janvier 2011 : Tel est pris qui croyait prendre Chronique du 6 janvier 2011 : Comedia dell’arte Chronique du 31 décembre 2010 : Le sacre de Viktor Orban Articles liés : Sur les retraites M. Orban : « Nous avons sauvé le système de retraite » Fonds de pension : la messe est dite ! Proposition d’une période de non-paiement de la taxe sur la retraite Budget 2011 : L’Etat hongrois prend l’argent où il est Sur les médias Médias : l’Europe adresse un ultimatum à Budapest Tribune libre : la France, la Hongrie, l’UE, deux poids deux mesures ? Orbán reçoit une volée de bois vert au Parlement européen L’Europe peut-elle faire plier Orban « le tout-puissant » ?

Viktor Orban et Iveta Radičová, le 14 décembre dernier à Bratislava

Double citoyenneté : Radičová revient sur la loi slovaque

27 janvier 2011 à 19 h 25 min 1 commentaire

Après une longue phase d’affrontements entre la Hongrie et la Slovaquie sur la question de la double citoyenneté, le gouvernement slovaque est sur le point d’assouplir sa position. Iveta Radičová (photo) s’est dite prête à autoriser l’accès à la double nationalité aux Hongrois de Slovaquie. Malgré les bisbilles sur la double nationalité de part et d’autre du Danube, Viktor Orbán se rendra à Bratislava demain pour signer un accord sur les connexions gazières transfrontalières. La semaine dernière nous rapportions que le président hongrois Pál Schmitt, alors en visite à Bratislava, avait regretté l’opposition de la Slovaquie à la loi hongroise sur la double citoyenneté. Il a également demandé aux Slovaques d’amender leur loi sur la déchéance de la nationalité slovaque en cas d’adoption d’une seconde citoyenneté. Il semblerait que ce soit chose faite, puisque le gouvernement slovaque a annoncé mercredi à Bratislava avoir approuvé un amendement qui dispose que les citoyens slovaques « ne pourront être privés de leur citoyenneté qu’à leur propre demande ». Seuls les fonctionnaires exerçant des fonctions régaliennes de l’Etat (policiers, militaires, douaniers et autres) devront avoir la seule citoyenneté slovaque. 3 des 4 partis du gouvernement de coalition slovaque souhaiteraient, en fait, rendre la loi hongroise invalide et inapplicable en Slovaquie. Le premier ministre slovaque Iveta Radičová considère en effet que la loi hongroise sur la double citoyenneté ne respecte pas les accords internationaux. Toutefois, comme l’indique Euractiv, depuis l’entrée en vigueur de la loi le 17 juillet 2010, seuls 25 personnes ont été concernées, dont 11 citoyens allemands, 10 Autrichiens, 1 Italien, 1 Néerlandais, 1 Britannique et… 1 seul Hongrois. Beaucoup de bruit pour rien Articles liés : Pál Schmitt encourage les Hongrois de Slovaquie à déposer une demande de double-citoyenneté Qui a peur de la Grande Hongrie? Gros succès en perspective pour la double-citoyenneté Un site web pour « décrocher » la citoyenneté hongroise Le droit de vote aux Hongrois des pays voisins ? Double citoyenneté : une loi plébiscitée dans le flou Elections en Slovaquie sous le signe du nationalisme La Slovaquie (contre) attaque !

La journée internationale de l’Holocauste et le contexte hongrois

La journée internationale de l’Holocauste et le contexte hongrois

27 janvier 2011 à 0 h 00 min 3 commentaires

En Hongrie où un parti antisémite dispose de 43 sièges au parlement, des campagnes de dénigrement teintées d’antisémitisme apparaissent ça et là dans des médias hongrois proches du pouvoir.

Médias : la France, la Hongrie, l’UE,  deux poids deux mesures ?

Médias : la France, la Hongrie, l’UE, deux poids deux mesures ?

26 janvier 2011 à 13 h 39 min 6 commentaires

La tribune libre de Vincze Ecoutez la version audio de cette tribune Alors que le roi Orban de Hongrie se faisait vilipendé par Dani le vert, leur leader au parlement européen, les deux députées européennes d’Europe-Ecologie signaient une tribune dans rue 89 où elles essayaient d’attirer l’attention sur la loi Loppsi 2 : « Alors que la Hongrie est montrée du doigt en raison d’une loi sur les médias que François Baroin, le porte-parole du gouvernement, a jugé incompatible avec les traités fondamentaux européens, la droite française s’apprête à voter cette semaine la Loi de programmation pour la performance de la sécurité intérieure, dite Loppsi 2. » En vain, puisqu’en même temps, le Sénat validait l’article 4 de la Loppsi 2, autorisant la censure d’un site Internet sans jugement… On ne peut que se féliciter du contre-pouvoir que joue l’Union Européenne dans les dérives démocratiques en cours en Hongrie (réforme de la Cour constitutionnelle, des médias…) depuis le printemps dernier et « la révolution dans les urnes » vantée dans la « Déclaration sur l’entente nationale », si chère à Orban. Par contre, on ne peut que regretter la mollesse de sa réaction face à des dérives démocratiques tout aussi inquiétantes, voire plus, dans beaucoup de pays européens, en particulier la France. Ces dernières semaines, la Hongrie a connu une campagne d’attaques des médias occidentaux, modèle de ce type de campagne où les journalistes, comme des moutons, font du buzz facile, non sans imprécisions, en allant dans le sens d’un imaginaire occidental regardant ces « pays de l’est » avec condescendance. De plus, cela permet aux médias dominants de l’ouest, de manière insidieuse, de laisser croire à leurs concitoyens qu’ils n’ont pas à s’inquiéter puisqu’ils veillent à ce qu’aucune dérive démocratique de ce genre ne soit possible. « Nous sommes sauvés » ! Malheureusement la réalité n’est pas si rose… en particulier en France… Ces dernières années, nous avons connu en France une dégradation inquiétante de notre belle démocratie, ce qui n’empêche pas nos leaders politiques de donner des leçons, en particulier à la Hongrie, avec une arrogance toute française. C’est ce que résume très bien le dernier rapport de Reporters Sans Frontière : « L’année 2010 a été marquée par plusieurs agressions contre des journalistes, des mises en examen, des violations ou tentatives de violations du secret des sources et surtout un climat lourd de défiance envers la presse. La majorité présidentielle a eu des mots très menaçants, parfois insultants, envers certains médias. » En effet, la France c’est ce pays, modèle des droits de l’homme, qui purge des chroniqueurs politiques trop subversifs envers son pouvoir (Stéphane Guillon, Didier Porte et Gérald Dahan). C’est ce pays où les ordinateurs de journalistes (Le Monde, Le Point, Médiapart, rue89…) ayant le toupet d’enquêter sur des affaires dérangeantes (Bettencourt, Karachi…) pour son roi, pardon son président, disparaissent. « Pure coïncidence ? » C’est aussi ce pays où le Syndicat National des Journalistes écrit une lettre ouverte demandant : « est-il exact que la DCRI (Direction centrale des renseignements intérieurs) est amenée à s’intéresser à tout journaliste qui « se livre à une enquête gênante » pour le président de la République ». Lundi, l’Europe adressait un ultimatum à Budapest concernant sa désormais trop fameuse réforme des médias, soit un peu plus d’un mois après la validation de celle-ci par le parlement hongrois. Est-ce que cela est lié aux décisions économiques peu orthodoxes de virer le FMI, de taxer les banques et les produits financiers ou encore de taxer les multinationales, ces dernières étant allées récemment pleurnicher à Bruxelles… En tous cas, on ne peut que constater que la commission a bien fait son travail concernant la Hongrie. A quand autant de pugnacité contre les grandes puissances européennes ? En particulier contre la France ! Le véritable risque, avec cette façon de faire selon « deux poids deux mesures », est celui de renforcer le roi Orban dans son pays et de renforcer une culture de victimisation du peuple hongrois (déjà bien trop présente dans l’imaginaire magyar), ainsi qu’une défiance toujours plus grande envers une Europe qui n’en finit plus de décevoir… le peuple le plus europhile de la région. Articles liés : Orbán reçoit une volée de bois vert au Parlement européen Le journalisme suisse et le blanchiment de l’info Sarko L’Europe peut-elle faire plier Orbán le «tout-puissant» ?

Un pont piéton pour les amis d’Orbán

Un pont piéton pour les amis d’Orbán

26 janvier 2011 à 12 h 32 min 0 commentaire

La nouvelle « folie » du bâtiment à Budapest ne serait qu’un caprice du magnat hongrois de l’investissement en tous genres, Sándor Demján. Fondée sur la conception d’un célèbre architecte proche du parti Fidesz, József Finta (récompensé par les prix Kossuth et Ybl Miklós), une nouvelle passerelle dédiée à la culture pourrait relier Pest et Buda dans les prochaines années.

Orbán reçoit une volée de bois vert au Parlement européen

Orbán reçoit une volée de bois vert au Parlement européen

19 janvier 2011 à 23 h 37 min 18 commentaires

Pour son baptême du feu au Parlement européen dans le cadre de la présidence hongroise de l’UE, le premier ministre hongrois Viktor Orbán était venu présenter aux eurodéputés, mercredi, les grands objectifs de la Hongrie. Mais c’est à une déferlante de critiques en rapport avec la loi sur les médias qu’il a dû faire face. Ironie de la situation, ce pugilat parlementaire avait lieu à Strasbourg, dans l’hémicycle – symbole du simulacre de démocratie de l’Union Européenne. Il se savait attendu au tournant par les députés européens chauffés à blanc par les avalanches de critiques concernant la démocratie hongroise, publiées chaque jour dans la presse depuis le début de l’année. Mais peut-être ne s’attendait-il pas à une telle virulence. Tout a mal commencé. M. Orbán a été accueilli dans l’hémicycle par les députés écologistes bâillonnés et brandissant des « unes » blanches fictives des principaux journaux hongrois, barrées du mot « Censored ». Le ton était donné. Le premier ministre hongrois a dressé un parallèle entre les défis d’il y a vingt ans et ceux d’aujourd’hui, estimant que « La Hongrie est le pays ayant sacrifié le plus de sang pour la liberté et la démocratie. [...] Nous avons fait beaucoup d’efforts pour la réunification de l’Europe ». Il a tenté de déminer le terrain en rappelant que la Hongrie accepterait la décision de la Commission européenne – qui étudie en ce moment le texte – et amenderait sa loi s’il apparaît qu’elle n’est pas conforme à la législation européenne. « Si des objections peuvent être établies et vérifiées, nous serions que trop heureux de modifier la loi.[...] Ce n’est pas une affaire de prestige, ce n’est pas un bras de fer« , a-t-il fait savoir. « Ne mélangez pas les critiques de la politique intérieure hongroise avec les six mois de la présidence hongroise. Je vous demande de faire cette distinction autant que cela vous est possible. […] Si vous mélangez les deux, je suis évidemment prêt à me battre, mais vous devez réaliser que cela ne portera pas uniquement atteinte à la Hongrie, mais à l’UE dans son ensemble« , a-t-il plaidé. En vain. Selon Cohn-Bendit, Orbán est un Chávez en devenir Cela ne surprendra personne, c’est le chef de file des Verts européens, Daniel Cohn-Bendit, qui, dans un discours plein d’emphase [Voir la vidéo plus bas], a marqué les esprits en assénant une comparaison (déjà effectuée par des politologues en Hongrie même) entre Viktor Orbán et le président vénézuélien Hugo Chávez. « M. Orbán vous êtes sur le chemin de devenir un Chavez européen, un national-populiste qui ne comprend pas l’essence et la structure de la démocratie ». […] « L’information équilibrée n’existe pas. La presse doit déranger la politique, et c’est pour cela que votre loi n’est pas une loi qui correspond aux valeurs de l’Union européenne« , a critiqué M. Cohn-Bendit. Peu avant de tancer le premier ministre hongrois, « Dany le rouge » ignorait sans doute que le journal qu’il brandissait barré de la mention « Censored » n’était autre que le Magyar Nemzet, le grand quotidien conservateur hongrois, indéfectible soutien de Viktor Orban, dont il y a tout lieu de penser que ses journalistes ne seront pas les premiers visés par la censure. Sur la même ligne que les Verts, le chef du groupe socialiste, l’Allemand Martin Schulz, a exhorté le premier ministre hongrois à  retirer sa loi sur les médias. « En démocratie, les médias contrôlent le pouvoir. Avec cette loi, c’est le pouvoir qui contrôle les médias et cela ne va pas, dans une démocratie« , a-t-il déclaré. Pour le président belge de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe, Guy Verhofstadt, la loi hongroise sur les médias est « un éléphant dans un magasin de porcelaine ». Selon lui, conformément à loi slovaque sur la langue et à la loi hongroise sur les médias, l’écrivain Sándor Márai n’aurait jamais eu l’occasion d’écrire son œuvre, intitulée « Les confessions d’un bourgeois » ni d’exercer son métier de journaliste. C’est tout juste si Viktor Orbán a pu compter sur un soutien, un peu embarrassé, des conservateurs du PPE, à laquelle son parti est affilié. « Le parti de Viktor Orbán est celui de la liberté et de la démocratie. […] J’ai confiance en vous. Il y a longtemps que nous nous connaissons et je vous considère comme un très grand européen.« , a déclaré leur chef Joseph Daul. « C’est une offense au peuple hongrois »_ Viktor Orbán Le premier ministre hongrois s’est quelque peu laissé emporter par la virulence des critiques à son égard : « Je n’accepte pas que quiconque remette en question l’engagement démocratique du peuple hongrois simplement parce que nous avons vécu sous la dictature pendant 40 ans ! La loi sur les médias peut-être critiquée mais le peuple hongrois n’a pas à être insulté ! Dire que la Hongrie se dirige vers une dictature est une offense au peuple hongrois. » [Voir la vidéo ci-après] Plus tard dans cette matinée houleuse, Daniel Cohn-Bendit reprendra la parole en réponse au discours de M. Orbán : « Vous avez raison d’être fier du peuple hongrois ! Mais la vérité n’est pas toujours du côté de la majorité« . Si l’ensemble des formations politiques représentées au Parlement européen ont salué l’ambition et soutenu le programme de la présidence hongroise, il faut bien dire que la loi sur les médias a occulté tout le reste. A Bruxelles, on a encore manqué une occasion de travailler sur les objectifs de la Hongrie. L’intégration des Roms, la stratégie pour le développement de la région danubienne, l’approvisionnement énergétique de l’Europe, la gouvernance économique, etc., tout cela attendra. Articles liés : « La démocratie hongroise est affaiblie, mais pas en danger » (TASZ) L’Europe peut-elle faire plier Orban « le tout-puissant » ? Edito : Comedia dell’arte Médias : Orbán souffle le chaud et le froid Manifestation de soutien aux journalistes de la radio nationale hongroise La presse hongroise de gauche se rebelle Adoption de la loi sur les médias : « cause toujours… » Fini de rire pour les médias privés

Des médiateurs pour déminer les relations économiques franco-hongroises

18 janvier 2011 à 16 h 11 min 0 commentaire

En accord avec les négociations entre le président français Nicolas Sarkozy et le premier ministre hongrois Viktor Orban le 19 novembre dernier, Paris et Budapest se sont chacune dotée d’un agent de liaison chargé d’assurer le « suivi de la qualité des relations économiques » bilatérales, selon un communiqué du ministère français de l’économie en date du 17 janvier. Dans les faits, il s’agira bien sûr de négocier les fameuses « taxes de crise ».

Qui a peur de la Grande Hongrie?

Qui a peur de la Grande Hongrie?

17 janvier 2011 à 23 h 46 min 45 commentaires

Il n’y a pas que la loi sur les médias qui pourrait faire des vagues pendant la présidence hongroise de l’Union européenne. Déterrer les vieux démons de l’Europe centrale risque aussi de placer Budapest en porte-à-faux avec ses partenaires européens et de déplaire fortement à Bruxelles…

Médias : Orbán prêt à en découdre avec ses détracteurs

Médias : Orbán prêt à en découdre avec ses détracteurs

16 janvier 2011 à 21 h 49 min 1 commentaire

Ceux qui ont cru qu’il serait facile de faire reculer le gouvernement hongrois sur sa loi sur les médias se sont lourdement trompés ! Dans une interview à paraître lundi dans le quotidien allemand Bild, le premier ministre a clairement affirmé qu’il n était pas prêt à se laisser dicter sa politique intérieure.

La « dérive » autoritaire de la Hongrie traitée en direct sur RFI

La « dérive » autoritaire de la Hongrie traitée en direct sur RFI

15 janvier 2011 à 16 h 00 min 10 commentaires

Dimanche 16 janvier 2011, en direct de 11h33 à 11h59, puis rediffusée de 20h33 à 20h59, la seconde partie de l’émission Carrefour de l’Europe sur Radio France Internationale sera dédiée à la Hongrie et à sa « dérive autoritaire » actuelle. Animé par Daniel Desesquelle, le débat réunira Zita Gurmai, eurodéputée socialiste hongroise (du principal parti d’opposition, MSzP), en ligne depuis le Parlement européen à Bruxelles, Pocs Balazs, journaliste, responsable de la rubrique européenne du quotidien « Népszabadsag » , en ligne depuis Budapest, et Palko Karasz, étudiant en journalisme à Sciences Po Paris. L’accroche de Daniel Desesquelle, journaliste à RFI : « La Hongrie entame la présidence tournante de l’Union européenne, depuis le 1er janvier 2011 et pour six mois, dans un climat délétère. En cause, une nouvelle loi sur les médias qui prévoit des sanctions notamment en cas «d’informations non équilibrées». La liberté de la presse est un des fondements de l’Union européenne et, de toutes parts, des voix se sont élevées pour critiquer cette dérive. Au-delà, cette affaire met en lumière le mode de gouvernement autoritaire de Viktor Orban, accusé par ses opposants de populisme. La présidence hongroise de l’Union européenne est bien mal partie. » Flashback sur 2010, l’année du retour à l’Autorité A défaut de s’être précisément prononcé sur sa réforme des médias pendant sa campagne, le premier ministre conservateur Viktor Orbán a prévenu tout le monde dès son retour au pouvoir : n’en déplaise aux socialistes – libéraux et à l’extrême droite incarnée par Jobbik, il allait être l’homme fort du retour à la souveraineté de l’Etat et à l’autorité en Hongrie. Plébiscité avec la FIDESz en avril dernier, lui et son gouvernement ont très vite annoncé leur réforme des médias, dès le mois de juin. Articles liés : Janos Martonyi fait la leçon aux journalistes à Paris « La démocratie hongroise est affaiblie, mais pas en danger » (TASZ) L’Europe peut-elle faire plier Orban « le tout-puissant » ? Edito : Comedia dell’arte Médias : Orbán souffle le chaud et le froid Manifestation de soutien aux journalistes de la radio nationale hongroise La presse hongroise de gauche se rebelle La Castration du quatrième pouvoir en Hongrie Les débuts de la tsarine des médias hongrois dans la pornographie ! Adoption de la loi sur les médias : « cause toujours… » Fini de rire pour les médias privés

Chronique : Tel est pris qui croyait prendre

Chronique : Tel est pris qui croyait prendre

14 janvier 2011 à 0 h 19 min 0 commentaire

Le billet de Cécile Vrain, journaliste et docteur en Histoire des Relations Internationales de l’Université de Paris 1, spécialiste de la Hongrie. Ecoutez la version audio de l’éditorial En fin de semaine dernière, la passation de pouvoir entre les Premiers ministres belge et hongrois a eu lieu au parlement, à Budapest. Tous ont été unanimes pour confirmer que la cérémonie avait été grandiose et que de petits couacs anodins tels que l’oubli de faire jouer l’hymne européen après ou avant – c’est selon – les hymnes nationaux belge et hongrois ou encore d’avoir perdu le Premier ministre belge dans le labyrinthe du parlement n’avait rien enlevé à la solennité du moment. En effet, Yves Leterme aurait été abandonné après la cérémonie et n’aurait retrouvé son chemin que grâce à la sollicitude d’un député socialiste – évidemment – hongrois qui l’aurait guidé jusqu’au lieu du dîner. Propagande malhonnête, c’est certain. Quant à la loi sur les médias, elle a encore fait parler d’elle cette semaine. Pour la version officielle, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a confirmé qu’il avait “reçu l’assurance du Premier ministre hongrois que le texte sur la loi des médias avait été élaboré, et mis en place, dans le respect total des valeurs de l’Union européenne sur la liberté de la presse et des législations européennes concernées”. Nous voilà rassurés. Pourtant de son côté, la commissaire à l’agenda numérique Neelie Kroes a mercredi, lors d’une séance parlementaire, déclaré que «la Commission européenne ne ferait aucun compromis et s’assurerait que la loi européenne soit pleinement mise en œuvre dans le cas de la très controversée loi hongroise sur les médias». L’intérêt pour le sujet n’aurait pas diminué et la commissaire a reconnu subir de nombreuses pressions de différents groupes. La semaine dernière déjà, nous vous informions sur des problèmes liés à la traduction de cette loi fournie par les autorités hongroises. Nous vous confirmons qu’une traduction sera bien effectuée par les services de la Commission, des doutes subsistant. Le ministre hongrois des Affaires étrangères Janos Martonyi – dans le cadre de sa tournée des capitales européennes – a dû lui aussi justifier cette loi au lieu de parler de l’Union européenne. Décidément, plus d’un au gouvernement doit commencer sérieusement à regretter cette loi. Surtout qu’elle pourrait bien se retourner contre le Fidesz – le parti du Premier ministre Viktor Orbán – et ses sympathisants. Ceux qui connaissent un peu les médias hongrois n’ignorent pas le ton parfois  employé dans certain programme. L’antisémitisme par exemple est récurrent dans des émissions connues et appréciées. De nombreux débats existent en Hongrie sur cette question et légiférer sur le sujet reste un point d’actualité. Il semble par conséquent évident qu’avec cette loi, l’on verra bientôt qui décide de ce qui est possible de dire ou d’écrire dans le pays. C’est à ce moment là seulement que l’on pourra juger ou non de la dangerosité de l’application de la loi, et si celle-ci ne va que dans un seul sens. Certains pourraient avoir des surprises. Tel est pris qui croyait prendre. Chroniques précédentes : Chronique du 6 janvier 2011 : Comedia dell’arte Chronique du 31 décembre 2010 : Le sacre de Viktor Orban

Le gouvernement aura-t-il la peau du gouverneur de la banque centrale ?

Le gouvernement aura-t-il la peau du gouverneur de la banque centrale ?

11 janvier 2011 à 16 h 30 min 0 commentaire

Ce n’est un secret pour personne, les relations sont exécrables entre le gouvernement hongrois et le gouverneur de la Magyar Nemzeti Bank (MNB), Andras Simor. En toile de fond, l’atteinte portée à l’indépendance de cette institution.

L’Europe peut-elle faire plier Orbán le «tout-puissant» ?

L’Europe peut-elle faire plier Orbán le «tout-puissant» ?

7 janvier 2011 à 0 h 00 min 5 commentaires

Aujourd’hui vendredi, le Président de la Commission européenne José-Manuel Barroso rencontrera à Budapest un premier ministre hongrois quasi-omnipotent dans son pays pour tenter de lui faire faire machine-arrière sur sa réforme des médias et sur ses taxes de crise. Jeudi, le premier ministre hongrois a fait preuve de défiance vis-à-vis des autres Etats membres de l’Union, au premier rang desquels la France, en retournant contre eux les critiques qui lui étaient adressées sur la question de la liberté de la presse. Et pour cause. Viktor Orbán est un premier ministre tout-puissant dans son pays qui n’a pas l’habitude que l’on s’oppose à lui. Selon sa propre terminologie, une « révolution des urnes » l’a porté au pouvoir au mois d’avril de l’année dernière et il se sent comme investi d’une mission historique envers la nation hongroise. Le rôle qu’il s’est donné « à la maison » est donc assez peu compatible avec les concessions qu’exigent les institutions de l’UE. On ignore encore si la Hongrie va accepter de modifier ses lois qui font polémique. Est-ce que Viktor Orbán, car il ne s’agit que de lui, peut être tenté de brader cette présidence européenne et envoyer paître l’UE pour rester le maître chez lui, tout comme il l’avait fait avec le FMI quelques mois plus tôt ? C’est peu probable mais ce n’est pas complètement impossible, d’autant que cette présidence est finalement surtout symbolique et a été vidée d’une partie de ses objectifs initiaux (gestion de l’eau, élargissement de Schengen, etc.) par les impératifs de Bruxelles. « Mieux vaut régner en enfer qu’être esclave au paradis », comme le veut l’adage. Mais bien sûr il ne s’agit que d’une formule, car la Hongrie n’a rien d’un enfer et l’UE n’a rien d’un paradis. Des Hongrois apathiques, ou consentants ? Pour Viktor Orbán, la menace ne vient pas de l’intérieur car, si après quelques jours de flottement, le tollé est maintenant général en Europe, le moins que l’on puisse dire, c’est que cette fameuse loi est passée comme une lettre à la poste en Hongrie. Certes, la presse de gauche, qui se sent directement visée, et les syndicats de journalistes hongrois se sont indignés ; Les quotidiens Népszabadsag et Népszava ont consacré des « Unes » entières à protester contre cette loi ; Quelques grands hebdomadaires -HVG et Magyar Narancs- ont publié page blanche en « Une » en signe de protestation : Et quelques journalistes, de façon individuelle, se sont risqué à protester et l’ont payé par une mise au pas. Mais jamais l’opinion publique ne s’est réellement émue de se voir priver d’une presse digne de ce nom. Et elle s’est encore moins mobilisée au-delà d’une élite de gauche déchue de son pouvoir et de quelques étudiants. La manifestation qui s’est tenue au moment même de l’adoption de la loi par le parlement, lundi soir 20 décembre, n’a compté guère plus d’un millier de personnes. Et quelque soit l’ampleur du grand rassemblement fixé au 14 janvier devant le parlement, il ne sera pas de nature à contrecarrer les plans du gouvernement. En Hongrie -où l’on suspecte d’ailleurs que la campagne de dénigrement qui s’abat sur le pays, soit orchestrée en représailles aux mesures peu orthodoxes du gouvernement en matière économique (notamment l’instauration de taxes temporaires « de crise »)- les critiques internationales trouvent peu d’échos dans l’opinion publique. Dans ce pays durement frappé par la crise économique, la liberté de la presse se situe très bas dans l’ordre des priorités de la population. L’emploi et l’amélioration de conditions de vie -qui restent intolérables pour plusieurs centaines de milliers de Hongrois- sont les premières préoccupations. D’autre part, l’arrivée au pouvoir (pour la seconde fois) de Viktor Orbán a répondu à une demande du peuple hongrois en faveur d’un pouvoir fort, capable de restaurer la stabilité politique et la paix sociale, qui ont tellement fait défaut ces dernières années. Rogner un peu sur des libertés individuelles, est considéré comme le prix à payer pour cette stabilité. Enfin, une autre explication, complémentaire, tient au fait qu’une partie de la population refuse de céder au catastrophisme et reste confiante dans la démocratie hongroise, malgré tout. Articles liés : Edito : Comedia dell’arte Médias : Orbán souffle le chaud et le froid Manifestation de soutien aux journalistes de la radio nationale hongroise La presse hongroise de gauche se rebelle Adoption de la loi sur les médias : « cause toujours… » Fini de rire pour les médias privés Biographie : La revanche de Viktor

Chronique : Comedia dell’arte

Chronique : Comedia dell’arte

6 janvier 2011 à 20 h 08 min 2 commentaires

Le billet de Cécile Vrain, journaliste et docteur en Histoire des Relations Internationales de l’Université de Paris 1, spécialiste de la Hongrie. Ecoutez la version audio de la chronique J’aurai aimé éviter de vous parler de la loi sur les médias dont grouille la presse européenne. La dénonciation médiatique relayée tardivement par les politiciens va bon train, reste plus que l’action qui doit suivre, du moins peut-on l’espérer et qui ne manquera certainement pas de nous décevoir. A-t-on jamais vu Bruxelles réagir sur une question médiatique ? Ce serait une première. Alors que peu avait été dit avant le 1er janvier, maintenant l’on découvre que l’Union européenne avait agit – très, trop discrètement – par l’intermédiaire de son commissaire à l’Agenda numérique Nelly Kroes, que les pays ont un avis sur la question, pas toujours le même d’ailleurs ou plus exactement évoluant (Cf. les déclarations du ministre français délégué aux Affaires européennes Laurent Wauquiez contredites par celles du ministre du Budget et porte-parole du gouvernement français François Baroin). Il est clair que le discours politique suit le médiatique. Notez qu’il est difficile d’échapper à cette loi sur les médias, et les journalistes spécialistes des questions européennes arrivés à Budapest mercredi n’ont pas manqué de se pencher sur le sujet, occultant ainsi les priorités de la présidence hongroise. Les journalistes sont ainsi faits qu’ils s’intéressent aux os qu’on leur tend à ronger sans essayer de prendre le recul nécessaire. Une étude du vocabulaire utilisé, des idées reçues exploitées dans les articles publiés sur cette loi hongroise des médias serait édifiante. Toujours la même chose, rien d’original, une injure quotidienne à notre intelligence. On dénonce mais on n’explique rien… de peur peut-être de justifier. Mais il ne s’agit absolument pas de cela. Je ne pense pas justifier cette loi en rappelant que le système de régulation des médias depuis la chute du communisme en Hongrie était d’une rare complexité, handicapant et limitant son efficacité. Le nouveau gouvernement s’est-il appuyé sur ces faiblesses pour élaborer cette loi ? Cela explique-t-il en partie l’indifférence et le manque de réaction d’une large partie de la population partant du principe qu’il faut voir par la pratique, les conséquences éventuelles. Toutefois, ces journalistes doivent s’estimer heureux d’être là, accréditation en poche car il n’est pas certain qu’en cette fin de semaine, les 400 qui l’ont demandé, reçoivent le fameux sésame. En fait, les autorités hongroises n’en accueilleront certainement pas plus de 150, pour une question de place soi-disant. Et oui, l’on veut nous faire croire que le parlement hongrois – copie de Westminster – n’est pas assez vaste pour accueillir plus de 150 journalistes. Interrogé sur la loi des médias, le ministre des Affaires étrangères Janos Martonyi a répété, je cite : «Peut-être allons-nous modifier quelques paragraphes à cette loi», contredisant encore une fois les propos du Premier ministre Viktor Orban qui se défendait, il y a encore peu, de vouloir céder aux pressions occidentales, rappelant ainsi de vieux discours sur la souveraineté nationale et le refus d’une quelconque influence. La situation semble pourtant évoluer un peu car ce dernier accepterait de revoir sa loi sur les médias si les autres – dont la loi hongroise se serait inspirée- en font autant, c’est-à-dire la France, l’Allemagne et les Pays-Bas. A mon avis, la liste est un peu courte et il faudrait certainement rajouter d’autres pays. Où comment Viktor Orban renvoie dans les cordes les prétentieux pays qui oseraient lui donner des leçons de démocratie et où la politique en est encore une fois réduite à des rivalités d’hommes et à des complexes d’infériorité pour les uns et de supériorité pour les autres. Toutefois, sans modifications, la loi traduite a été envoyée à Bruxelles…. oubliant néanmoins quelques paragraphes au passage estimant qu’ils n’étaient pas intéressants. Formidable, non ?! Comme si l’Union européenne n’allait pas vérifier, elle qui dépense des millions d’euros chaque année pour un service de traduction exponentiel. Décidément, tout le monde prend pour des imbéciles tout le monde. C’est plus qu’un problème de communication dénoncé par certains et sur lequel nul n’ignore que la Hongrie n’est pas très douée. Cette sorte de jeu où chacun avance ses pions de façon convenue, sans surprise, sans respect pour le partenaire est affligeante avant d’être désespérante. Retrouvez ici la précédente Chronique de Cécile Vrain

Des multinationales qui pleurent dans les jupons de Bruxelles

Des multinationales qui pleurent dans les jupons de Bruxelles

6 janvier 2011 à 13 h 06 min 5 commentaires

Le 15 décembre dernier, 15 multinationales installées en Hongrie – dont 13 groupes industriels d’origine allemande, autrichienne, néerlandaise et française – se sont plaintes dans une lettre adressée à la Commission Européenne, concernant la taxe exceptionnelle dite « de crise » qui leur est imposée par le gouvernement hongrois depuis cet automne.

Médias : Orbán souffle le chaud et le froid

6 janvier 2011 à 12 h 16 min 0 commentaire

Le chaud pour l’Union Européenne que la Hongrie préside… et un froid glacial pour la France. Au cours d’une conférence de presse tenue ce jeudi matin, le premier ministre hongrois Viktor Orbán s’est dit prêt à modifier la loi sur les médias s’il s’avère qu’elle n’est pas en conformité avec les règles de l’Union Européenne… et si d’autres États européens font de même ! La France et son système médiatique en ont pris pour leur grade au passage. Un jour avant l’arrivée du président de la Commission européenne José-Manuel Barroso à Budapest pour entendre les explications du gouvernement hongrois sur ses mesures controversées, il apparaît que l’imprévisible Viktor Orbán n’est pas prêt à se laisser dicter sa politique intérieure sans réagir. Car s’il s’est dit effectivement prêt à revoir sa copie en cas d’incompatibilité avec le Droit européen, cela ne se fera pas sous la pression des critiques des autres États membres de l’Union, a-t-il fait savoir. Au contraire, si la Hongrie était contrainte d’amender son texte, la Hollande, l’Allemagne et la France, devraient en faire autant, selon lui. « La Hongrie acceptera toute procédure entamée par l’UE. Mais si ce passage de la loi hongroise sur les médias est amendé, alors les lois sur les médias en France, en Allemagne et aux Pays-Bas devront également être modifiées, puisqu’il n’y a rien dans notre législation qui ne soit dans leurs lois sur les médias« , a déclaré Orban, rapporté par Reuters. Le chef du gouvernement hongrois a rejeté les critiques des gouvernements allemands et français qu’il a jugé « prématurées« . « Je ne me souviens pas que la Hongrie ait jamais critiqué la loi française sur les médias« , a dit le premier ministre, selon des propos rapportés par l’AFP. Il a pointé du doigt le fait que, contrairement à la France, la Hongrie ne dispose pas de législation donnant le pouvoir au gouvernement de nommer le président de la chaîne de télévision publique de son pays. « Je n’ai jamais dit qu’il s’agissait d’une loi anti-démocratique« , a-t-il ajouté. Voila qui a le mérite d’être clair. M.  Wauquiez, ministre français chargé des affaires européennes, qui avait mis en garde contre ce type de posture de défiance de la part du leader hongrois et refusé de « donner des leçons à la Hongrie » doit rager contre le porte-parole de l’UMP François Baroin, par qui sont tombées les critiques françaises…

Tilos Radio menacée par la loi sur les médias

Tilos Radio menacée par la loi sur les médias

2 janvier 2011 à 23 h 30 min 5 commentaires

La mythique radio indépendante Tilos pourrait bien être la première victime de la nouvelle législation sur les médias. La toute-puissante autorité de contrôle NMHH, récemment mise en place par le gouvernement hongrois, a ouvert une enquête sur la diffusion, avant 21h, de deux morceaux « Gangsta » du rappeur Ice-T. Le combat est inégal. D’un côté la Nemzeti Média es Hirközlesi Hatosag (NMHH), l’autorité de contrôle des médias à la solde du gouvernement de droite de Viktor Orban. De l’autre, la radio communautaire indépendante, à but non-lucratif, Tilos Radio. Dans une lettre signée de la NMHH et datée du 13 décembre mais rendue publique samedi 1er janvier par la radio, la nouvelle autorité des médias a adressé le message suivant a Tilos Radio : « La NMHH a ouvert une enquête contre la chaîne de radio, car celle-ci a diffusé le 2 septembre, à 17h53, les morceaux « Warning » et « It’s on », de Ice-T ». Deux morceaux dont les paroles « pouvant affecter le développement physique, mental et moral des jeunes » auraient nécessité, selon la NMHH, de les classer dans une catégorie de musique ne pouvant être diffusé qu’entre 21h et 5h. Or, selon la nouvelle loi sur les médias entrée en vigueur ce 1er janvier, toute station de radio ou chaîne de télévision portant atteinte à « l’intérêt, la morale ou l’ordre public » est passible d’une amende pouvant s’élever jusqu’à 730 000 Euros ! Quant à savoir ce que constituent exactement de telles atteintes, la loi ne le précise pas. Ce qui laisse à la NMHH le pouvoir de décider de manière arbitraire ce qui est légal ou illégal. Dans une lettre adressée à l’autorité des médias et consultable sur son site internet, Tilos Radio s’est défendu de ces accusations. Selon elle, la diffusion des deux morceaux mis en cause n’a pas été de nature à influencer le développement moral des individus mineurs de 16 ans, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, seulement 4% des auditeurs de la radio sont mineurs de 18 ans, la majorité d’entre eux étant âgés de 26 à 35 ans. Elle a aussi mis en avant le fait que l’accent du rappeur américain et le langage argotique élaboré qu’il emploie, rendent quasi-incompréhensible son message pour les oreilles de ses jeunes auditeurs. Tilos Radio serait donc néfaste et de nature à pervertir les bonne mœurs de l’innocente jeunesse hongroise… En tout cas les médias hongrois, attaqués de toutes parts par le gouvernement, ne se sont pas privés pour tourner en ridicule cette accusation en faisant une analogie entre la situation actuelle et les années 70, pendant lesquelles le régime communiste se préoccupait « des effets destructifs du mouvement punk » pour la jeunesse. Articles liés : Liberté de la presse en Hongrie : quelques critiques et beaucoup de silences… Adoption de la loi sur les médias : « cause toujours… » Castration du quatrième pouvoir en Hongrie Les débuts de la tsarine des médias hongrois dans la pornographie ! Médias : La Hongrie au centre des critiques Fini de rire pour les médias privés Le journalisme d’investigation menacé par la loi sur les médias Réforme des médias : acte II Médias : retours (non négociés) aux choses sérieuses La réforme des médias pointe son nez

Biographie : La revanche de Viktor

Biographie : La revanche de Viktor

2 janvier 2011 à 7 h 38 min 0 commentaire

Article publié le 26 avril 2010, au lendemain de la victoire de Viktor Orban aux élections législatives hongroises. La carrière d’un homme politique débute souvent par un acte fondateur, un symbole fort sur lequel il va pouvoir bâtir sa « légende ». Pour Viktor Orbán, c’est le 16 juin 1989 qu’il a lieu. (Photo). Ce jour-là les jeunes cadres de la FIDESz, qui est alors une association de jeunesse anticommuniste est invitée à participer à la commémoration du « réenterrement » des « martyrs » de l’insurrection de Budapest de 1956, contre l’avis d’une partie des organisateurs qui entendent ménager l’Union soviétique. La veille, les jeunes de la FIDESz ont manifesté devant l’ambassade soviétique aux cris de « Ruszkik haza! » (Les Russes, dehors !), le slogan des manifestants de 1956. Ils se font qualifier de « radicaux léninistes » et de « bolcheviks ». Le jeune Orbán profite de la cérémonie pour prendre la parole sur la Place des Héros pour revendiquer le départ des troupes soviétiques et la tenue d’élections libres. Au moment de cette déclaration, attaquer l’URSS revient à affronter un lion sans dents et sans griffes. En effet, Gorbatchev a déjà annoncé son intention de se retirer des pays satellites d’Europe centrale et de facto, l’armée rouge a déjà commencé à démobiliser et à rapatrier ses divisions basées en Hongrie. Qu’importe, ce geste restera dans les livres d’Histoire et Orbán assied avec, son statut de résistant anti-communiste. Pour une partie de la jeunesse hongroise, il représente alors une sorte de Che Guevara local. Pourtant, la famille Orbán ne compte pas parmi les perdants de ce régime. Ses deux parents, partis de nulle part, ont obtenu des diplômes universitaires et ont pu envoyer leur fils Viktor dans les meilleures écoles. Lui-même a suivi des études de droit à l’Université Loránd Eötvös, y obtenant son diplôme universitaire en 1987. En 1989, il a décroché une bourse de la Fondation Soros et d’un an à l’Université d’Oxford. La transformation du personnage Le parti socialiste ouvrier hongrois MSzMP se change en parti socialiste hongrois MSzP et ses cadres se convertissent au social-libéralisme. Tout l’échiquier politique hongrois se recentre et glisse vers la droite. Naturellement, la FIDESz occupe le centre-droit. La stratégie n’est pas payante. Orbán, député dès 1990, perd les élections législatives de 1994. De manière opportuniste, il change d’orientation stratégique, vers la droite. D’un parti libéral centriste, la FIDESz devient un parti conservateur. Orbán agite alors les sentiments nationalistes, en appelle à une histoire hongroise mythifiée, se pose en défenseur des Hongrois à l’extérieur des frontières et entretient un double discours vis-à-vis des minorités juives et roms. En cela, il est l’un des principaux instigateurs de la « droitisation » qui s’est opérée en Hongrie. Dès lors, pour les jeunes de la FIDESz, l‘avenir s’annonce prospère. Ils supplantent le grand parti de droite, le Magyar Demokrata Forum (MDF) et s’impose comme la principale force de droite. En 1998, ils prennent le pouvoir et Orbán devient à 35 ans le plus jeune premier ministre d’Europe. Défait aux élections suivantes de 2002 et 2006, il dénonce des fraudes électorales et refuse de reconnaitre sa défaite. Durant les huit ans dans l’opposition, son discours se fait de plus en plus radical, il agite la menace d’une révolution populaire. Les aveux involontaires de Ferenc Gyurcsány sur les mensonges socialistes pour remporter les élections de 2006 sont un cadeau inespéré pour la droite et jettent dans ses bras des masses d’électeurs qui se sentent floués. Cette popularité de la FIDESz va l’accompagner pendant tout le mandat socialiste. Elle la concrétise les dimanches 11 et 25 avril, en remportant les législatives avec une majorité écrasante au parlement. Ainsi, Viktor Orbán devient l’ « homme fort » de la Hongrie. Histoire à suivre… Fiche d’identité Nom : Viktor Orbán Naissance : 31 mai 1963, proche de Székesfehérvár, dans une famille calviniste protestante Situation familiale : Marié avec Anikó Lévai avec qui il a 5 enfants Articles liés : Les pleins pouvoirs pour Orbán? « L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor Résultat des législatives : le retour de la Droite Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (2/5) – La FIDESz Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (4/5) – MSzP Viktor Orban joue « la force tranquille »

Biographie : La revanche de Viktor

Biographie : La revanche de Viktor

31 décembre 2010 à 22 h 00 min 0 commentaire

Article publié le 26 avril 2010, au lendemain de la victoire de Viktor Orban aux élections législatives hongroises. La carrière d’un homme politique débute souvent par un acte fondateur, un symbole fort sur lequel il va pouvoir bâtir sa « légende ». Pour Viktor Orbán, c’est le 16 juin 1989 qu’il a lieu. (Photo). Ce jour-là les jeunes cadres de la FIDESz, qui est alors une association de jeunesse anticommuniste est invitée à participer à la commémoration du « réenterrement » des « martyrs » de l’insurrection de Budapest de 1956, contre l’avis d’une partie des organisateurs qui entendent ménager l’Union soviétique. La veille, les jeunes de la FIDESz ont manifesté devant l’ambassade soviétique aux cris de « Ruszkik haza! » (Les Russes, dehors !), le slogan des manifestants de 1956. Ils se font qualifier de « radicaux léninistes » et de « bolcheviks ». Le jeune Orbán profite de la cérémonie pour prendre la parole sur la Place des Héros pour revendiquer le départ des troupes soviétiques et la tenue d’élections libres. Au moment de cette déclaration, attaquer l’URSS revient à affronter un lion sans dents et sans griffes. En effet, Gorbatchev a déjà annoncé son intention de se retirer des pays satellites d’Europe centrale et de facto, l’armée rouge a déjà commencé à démobiliser et à rapatrier ses divisions basées en Hongrie. Qu’importe, ce geste restera dans les livres d’Histoire et Orbán assied avec, son statut de résistant anti-communiste. Pour une partie de la jeunesse hongroise, il représente alors une sorte de Che Guevara local. Pourtant, la famille Orbán ne compte pas parmi les perdants de ce régime. Ses deux parents, partis de nulle part, ont obtenu des diplômes universitaires et ont pu envoyer leur fils Viktor dans les meilleures écoles. Lui-même a suivi des études de droit à l’Université Loránd Eötvös, y obtenant son diplôme universitaire en 1987. En 1989, il a décroché une bourse de la Fondation Soros et d’un an à l’Université d’Oxford. La transformation du personnage Le parti socialiste ouvrier hongrois MSzMP se change en parti socialiste hongrois MSzP et ses cadres se convertissent au social-libéralisme. Tout l’échiquier politique hongrois se recentre et glisse vers la droite. Naturellement, la FIDESz occupe le centre-droit. La stratégie n’est pas payante. Orbán, député dès 1990, perd les élections législatives de 1994. De manière opportuniste, il change d’orientation stratégique, vers la droite. D’un parti libéral centriste, la FIDESz devient un parti conservateur. Orbán agite alors les sentiments nationalistes, en appelle à une histoire hongroise mythifiée, se pose en défenseur des Hongrois à l’extérieur des frontières et entretient un double discours vis-à-vis des minorités juives et roms. En cela, il est l’un des principaux instigateurs de la « droitisation » qui s’est opérée en Hongrie. Dès lors, pour les jeunes de la FIDESz, l‘avenir s’annonce prospère. Ils supplantent le grand parti de droite, le Magyar Demokrata Forum (MDF) et s’impose comme la principale force de droite. En 1998, ils prennent le pouvoir et Orbán devient à 35 ans le plus jeune premier ministre d’Europe. Défait aux élections suivantes de 2002 et 2006, il dénonce des fraudes électorales et refuse de reconnaitre sa défaite. Durant les huit ans dans l’opposition, son discours se fait de plus en plus radical, il agite la menace d’une révolution populaire. Les aveux involontaires de Ferenc Gyurcsány sur les mensonges socialistes pour remporter les élections de 2006 sont un cadeau inespéré pour la droite et jettent dans ses bras des masses d’électeurs qui se sentent floués. Cette popularité de la FIDESz va l’accompagner pendant tout le mandat socialiste. Elle la concrétise les dimanches 11 et 25 avril, en remportant les législatives avec une majorité écrasante au parlement. Ainsi, Viktor Orbán devient l’ « homme fort » de la Hongrie. Histoire à suivre… Fiche d’identité Nom : Viktor Orbán Naissance : 31 mai 1963, proche de Székesfehérvár, dans une famille calviniste protestante Situation familiale : Marié avec Anikó Lévai avec qui il a 5 enfants Articles liés : Les pleins pouvoirs pour Orbán? « L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor Résultat des législatives : le retour de la Droite Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (2/5) – La FIDESz Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (4/5) – MSzP Viktor Orban joue « la force tranquille »

Présidence européenne : le sacre de Viktor Orban

Présidence européenne : le sacre de Viktor Orban

31 décembre 2010 à 18 h 56 min 0 commentaire

Le billet de Cécile Vrain, journaliste et docteur en Histoire des Relations Internationales de l’Université de Paris 1, spécialiste de la Hongrie. Ecoutez la version audio de la chronique Il en a longtemps rêvé, c’est désormais chose faite. Viktor Orban, Premier ministre de Hongrie préside non seulement aux destinées de son pays depuis avril dernier mais prend aussi en main les rênes de l’Europe pour les six mois à venir. Ne nous y trompons pas la mégalomanie qui couve en lui comme en tout homme politique doit être à son comble. Bonheur total. Alors que les Belges ont été plus que discrets lors de leur présidence européenne qui se termine – problèmes de politique intérieure oblige – le gouvernement de Viktor Orban a tout sauf l’intention de l’être. Ainsi depuis quelques jours, l’on ne parle plus que de la Hongrie et de sa future présidence dans tous les médias européens. Mais alors que l’on aurait pu s’attendre à des analyses pertinentes comme il se doit sur le programme prévu par les Hongrois, c’est sur la loi sur les médias que l’on glose. A l’étranger, l’image de la Hongrie, au moment de son entrée en fonction à Bruxelles est catastrophique. Pourtant, il semble que tout cela soit bien calculé. La loi sur les médias en Hongrie a été adoptée par un parlement croupion en quelques jours sans réelle réaction de la part des citoyens hongrois qui estiment jusqu’à nouvel ordre que le retour à la stabilité économique, sociale et politique dans leur pays est plus importante que le respect de certains principes démocratiques. C’est leur droit. Quant aux réactions européennes et nationales, elles n’ont pas de quoi effrayer le grand ordonnateur de cette mise au pas. Il est manifeste qu’aujourd’hui, Bruxelles – malgré sa législation – n’a pas et ne se donne pas les moyens de réagir efficacement contre des lois nationales en contradiction avec les siennes. Tout cela est décidément bien calculé, une loie votée à la hussarde, quelques jours seulement avant la prise de fonction à Bruxelles, Viktor Orban a compté sur l’incapacité du « machin » à réagir énergiquement, et il n’a pas eu tort. Surtout, il n’en était pas à son coup d’essai et savait qu’aucun Etat ni l’Union européenne ne réagiraient vraiment. La France et l’Italie sont d’ailleurs mal placées pour donner des leçons de liberté de la presse aux autres pays. N’oublions pas que le gouvernement de Viktor Orban a mis à mal nombre d’entreprises étrangères, l’économie de marché avec par exemple le hold up sur les retraites privées, ses attaques contre la Cour consitutionnelle sans oublier ses conflits ouverts avec le FMI et la Banque mondiale suite au prêt accordé à l’automne 2008. Surtout, il n’est pas question de manquer l’occasion de se mettre en avant aux yeux de ses concitoyens, toujours nostalgiques d’une Hongrie recouvrant sa – vraie – place sur la scène internationale. C’est l’occasion de rappeler que l’Union européenne, ce n’est pas seulement les pays d’Europe occidentale mais aussi depuis 2004, les pays d’Europe centrale. Viktor Orban se veut l’empêcheur de tourner en rond et l’initiateur d’une présidence centre européenne qui sera prolongée en juillet avec la présidence polonaise. Ah ! Etre au centre de la photo des chefs d’Etat et de gouvernement. Il n’y a que le ministre des Affaires étrangères, Janos Martonyi pour croire que « Le prestige et la vanité ne seront pas un problème ». Mais revenons au programme qui est chargé : élargissement au sud-est de l’Europe, Turquie comprise, mise en place d’une commission sur le Danube, aide et solutions pour les Roms, les questions environnementales – la Hongrie est malheureusement bien placée après la catastrophe de cet automne – et la politique énergique où là aussi Budapest veut jouer un rôle important dans la guerre du gaz. Face à toutes ces ambitions, le budget accordé reste modeste – comme il se doit à un gouvernement qui a promis à ses concitoyens de faire des économies – mais qui par définition ne permettra justement pas de grandes réalisations. Mais ne soyons pas pessimistes et observons.

Laurent Wauquiez, le 2 décembre à Budapest (Corentin Léotard_Hulala)

La France refuse de faire la leçon à la Hongrie

31 décembre 2010 à 9 h 44 min 0 commentaire

Le ministre délégué aux affaires européennes, Laurent Wauquiez, estime que la France n’a pas à intervenir sur la question de la réforme des médias en Hongrie, rapporte Jean Quatremer, sur son blog d’actualité européenne. « [Paris] refuse d’aller dans le mur en donnant des leçons à la Hongrie », a déclaré le jeune  ministre, expliquant cette position par le fait qu’elle serait contre-productive et risquerait de « braquer les gens ». Depuis son adoption le 21 décembre, on attendait une réaction officielle de la France sur cette loi qui entrera en vigueur ce soir à minuit et dont les syndicats de journalistes hongrois et internationaux considèrent qu’elle porte atteinte à la liberté de la presse. Maintenant on sait, la France s’est rangée aux côtés des muets qui préfèrent ne pas se fâcher avec la très prochaine présidente de l’Union Européenne. M. Wauquiez, qui admet néanmoins que le texte de loi « dont je ne dis pas qu’il ne pose pas des problèmes » se veut optimiste et croit savoir que le gouvernement hongrois serait « prêt à faire des adaptations ». Viktor Orban en pleine confiance à domicile Le premier ministre hongrois a pourtant clairement exclu l’éventualité de faire machine-arrière. Encouragé par la mollesse des réactions suscitées au niveau européen, il a déclaré le jour même de Noël sur la chaîne privée Hir TV que « Rien n’est plus éloigné de nos intentions que de modifier la loi sur les médias. […] Nous n’allons pas avoir peur de quelques critiques, ou de nombreuses critiques venant de l’Europe de l’Ouest ou de plus loin encore, et modifier les lois, car cela serait caractéristique d’un pays qui souffre de manque de confiance en soi : nous ne sommes pas ce pays« , a-t-il prévenu. Pour le gouvernement hongrois, ce n’est pas de l’intérieur non plus que vient la menace. Sa loi y est passée comme une lettre à la poste. Bien sûr la profession s’est indignée via des communiqués de la part des syndicats de journalistes hongrois et quelques grands hebdomadaires ont publié page blanche en signe de protestation, mais c’est tout. En dehors d’une élite de gauche déchue de son pouvoir et de quelques étudiants, jamais l’opinion publique ne s’est émue de cette « reculade sociale » et encore moins mobilisée. Les manifestations organisées n’ont jamais atteint le millier de mécontents. Dans ces conditions, il est difficile d’imaginer que le premier ministre Orban se laisse attendrir par quelques jérémiades européennes, lui qui considère avoir été porté au pouvoir par une « révolution des urnes » et qui se sent investit d’une mission historique, et lui qui a tellement de comptes à régler avec ses anciens adversaires dans son pays. Retrouvez le blog de Jean Quatremer A propos de la présidence hongroise de l’UE : Le ministre français des affaires européennes en visite à Budapest Elargissements de l’UE : les divergences franco-hongroises « L’autre » Orban parle d’Europe à Paris UE : l’opération séduction de Viktor Orban Présidence de l’UE : la Hongrie est-elle prête ? A propose de la réforme des médias : Liberté de la presse en Hongrie : quelques critiques et beaucoup de silences… Adoption de la loi sur les médias : « cause toujours… » Castration du quatrième pouvoir en Hongrie Les débuts de la tsarine des médias hongrois dans la pornographie ! Médias : La Hongrie au centre des critiques Fini de rire pour les médias privés Le journalisme d’investigation menacé par la loi sur les médias Réforme des médias : acte II Médias : retours (non négociés) aux choses sérieuses La réforme des médias pointe son nez

Médias : les débuts d’Annamária Szalai dans la pornographie

Médias : les débuts d’Annamária Szalai dans la pornographie

16 décembre 2010 à 12 h 02 min 0 commentaire

Le 11 août dernier, le magazine hongrois 168 óra rapportait que Annamária Szalai, alors fraîchement nommée par le premier ministre Orbán à la tête du très controversé Conseil national des Médias pour 9 ans, avait un CV particulièrement « épicé » dans le domaine de l’édition. Selon le magazine, celle qui deviendrait la nouvelle « tsarine » des médias hongrois a fait ses débuts dans l’édition de magazines érotiques. Le libéralisme de 1991 laisse place au conservatisme de 2011 En 1991, du haut de ses trente ans et à l’aube du libéralisme en Hongrie, Szalai devient rédactrice en chef de Miami Press, un journal entièrement dédié aux corps féminins dénudés, publié dans le département de Zalaegerszeg. Cependant la publication du magazine tourne très court ; les mœurs sexuelles de la Hongrie post-communiste étant probablement encore trop timorées. Les premières mesures du gouvernement Orbán élu en avril dernier à la suite des législatives en Hongrie ont été particulièrement remarquées par leur orthodoxie dans le domaine de la morale. Pourtant, étrangement, le passé d’éditrice de Szalai, qui a aujourd’hui tous les pouvoirs dans la presse et l’info – communication hongroises ne semble pas l’avoir dérangé. De 1998 à 2002, elle occupe un siège de député Fidesz au Parlement. Ensuite, après les élections la même année, elle quitte son poste pour devenir l’émissaire de la Fidesz à l’ORTT, organe de contrôle qui supervise le fonctionnement des radios et des chaînes de télévision hongroises. Peut-être est-ce alors sa fidélité « inébranlable » à Viktor Orbán qui lui vaut toute la confiance du premier ministre actuel. Dans la plupart des pays libéraux et démocratiques, la carrière politique d’Annamária Szalai en aurait pris un coup. Pourtant, en Hongrie, elle est passée tranquillement à travers les mailles du filet médiatique, qui sont, il faut bien le dire, très peu resserrées lorsqu’il s’agit d’investigation sur les responsables politiques ou sur la mafia. L’information sur les activités de Mme Szalai en 1991 a bien été relayée çà et là depuis 2003 seulement, mais elle n’a jamais fait grand bruit. 20 ans après, quoi de mieux qu’une pornographe repentie pour surveiller les mœurs des médias ? Défense des valeurs religieuses et familiales Ces dernières années, Szalai a été rarement questionnée sur son expérience dans l’édition érotique, mais lorsque que cela a été le cas, elle a rétorqué que cela faisait maintenant partie du passé, et qu’heureusement, cela ne lui a jamais porté préjudice dans son parcours politique et médiatique. Et pour cause… Au-delà de son repentir, elle se pose depuis comme le plus fervent défenseur des valeurs familiales chrétiennes. Selon elle, les enfants hongrois doivent être protégés contre toutes sortes de programmes qui « peuvent influencer négativement leur développement physique, intellectuel ou moral, surtout en montrant la violence et la représentation directe et réaliste du sexe ». Sources : 168ora.hu Article lié : La castration du quatrième pouvoir

Les "cadors" de la Fidesz, au soir de leur victoire, le 25 avril (HULALA)

M. Orban : « Nous avons sauvé le système de retraite »

15 décembre 2010 à 22 h 13 min 1 commentaire

En déplacement à Vienne mardi, le premier ministre hongrois a défendu sa réforme votée lundi par le parlement, mettant fin au système mixte de retraite et conduisant à une « nationalisation » des fond de pensions privés, affirmant avoir « sauvé le système de retraite » de la Hongrie.

Médias : La Hongrie au centre des critiques

Médias : La Hongrie au centre des critiques

14 décembre 2010 à 22 h 50 min 2 commentaires

Deux associations internationales de journalistes ont adressé une lettre ouverte au premier ministre hongrois Viktor Orban, dans laquelle ils le pressent d’abandonner le projet de loi sur les médias, qui menace, selon eux, la liberté de la presse en Hongrie. La European Newspaper Publishers’Association (ENPA) et la World Association of Newspapers and News Publishers (WAN-IFRA) s’inquiètent dans cette lettre que la nouvelle législation exposerait les journalistes et les éditeurs à de lourdes amendes s’ils refusent de donner leurs sources ou si le contenu est jugé inapproprié et déséquilibré  par l’instance de contrôle étatique Nemzeti Média és Hírközlési Hatóság (NMHH). Dans cette lettre, le projet de réforme du gouvernement hongrois est qualifié de „grand retour en arrière et contraire aux principes démocratiques comme la liberté de la presse ainsi qu’aux droits humains universels”. La nouvelle législation nuira, selon ENPA et WAN-IFRA, à la qualité du journalisme et à l’indépendance de l’information en Hongrie. ”Nous craignons que cette loi puisse être détournée et puisse infliger des dommages financiers aux journaux, basés sur des approches subjectives à des fins personnelles”, préviennent les deux associations. L’opposition socialiste, avant elles, avait estimé que ces réformes „sur-mesure” n’étaient destinées qu’à assurer la réélection de la Fidesz en 2014. ENPA et WAN-IFRA déclarent aussi conjointement que la nouvelle législation „constituerait une menace sérieuse pour la liberté de la presse et aurait, en particulier, un fort impact négatif sur le journalisme d’investigation.” Cela chagrinera sans doute beaucoup Viktor Orban d’apprendre que cette nouvelle loi signerait l’arrêt de mort du journalisme d’investigation, déjà bien timide en Hongrie… Les auteurs du message jouent sur la fibre sensible et nationaliste de M. Orban, en appellant à la sauvegarde de la grande tradition de liberté du peuple hongrois, référant même aux révolutions de 1848 et 1956. L’association ENPA représente 5200 titres de presse locaux, régionaux et nationaux, dans 25 pays européens. WAN-IFRA est une organisation internationale avec un statut de représentant auprès de l’ONU, de l’UNESCO et du Conseil de l’Europe. Articles liés : Fini de rire pour les médias privés Le journalisme d’investigation menacé par la loi sur les médias Réforme des médias : acte II Médias : retours (non négociés) aux choses sérieuses La réforme des médias pointe son nez Orban, façon « Sarkozie » En Hongrie, la presse reste en liberté Les pleins pouvoirs pour Orbán?

Fonds de pension : la messe est dite !

Fonds de pension : la messe est dite !

14 décembre 2010 à 13 h 37 min 1 commentaire

Le parlement a voté lundi soir, à une large majorité, la loi qui va nationaliser les fonds des caisses de retraites privées en Hongrie, supprimant ainsi le système mixte de pension introduit en 1998.

Platini reçu par Orbán

Platini reçu par Orbán

9 décembre 2010 à 20 h 10 min 0 commentaire

Le président de l’UEFA Michel Platini était en visite en Hongrie, mardi et mercredi. Il a rencontré le premier ministre hongrois, Viktor Orbán, afin d’évoquer les « défis posés par le football européen ».

Proposition d’une période de non-paiement de la taxe sur la retraite

8 décembre 2010 à 13 h 47 min 0 commentaire

Tout ne serait pas complètement perdu pour les personnes ayant souscrit à des fonds de pension. Aujourd’hui, les médias hongrois rapportent que les souscripteurs des caisses de retraites privées auront le droit de toucher le rendement réel de leur investissement sans être taxés, à condition qu’ils rejoignent le système public d’ici au 31 janvier.

Religion : Orbán en rajoute une couche au Vatican

7 décembre 2010 à 9 h 09 min 2 commentaires

Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán s’est rendu en visite officielle au Vatican lundi. Ce n’est probablement qu’une coïncidence de calendrier. Difficile cependant de ne pas remarquer que ses courbettes devant le pape Benoît XVI hier matin sont en accord parfait avec l’actualité politique de son pays, tant le projet de révision de la Constitution mené par son gouvernement veut bouleverser les mœurs hongroises contemporaines. Voici la traduction des premiers commentaires du reportage de Romereports.com disponible ci-dessous : « Lors de la réunion, M. Orbán a souligné l’importance de la tradition chrétienne dans son pays, et le rôle que l’Église catholique a joué dans le renouveau de la Hongrie« . Sans blagues… Articles liés : Constitution : « Retour en force de l’ordre moral » La Hongrie voudrait concurrencer la dévotion polonaise !

Viktor Orban plaide en faveur de la Croatie

5 décembre 2010 à 15 h 59 min 0 commentaire

« Si Zagreb échoue à rejoindre l’UE, cela privera aussi les autres Etats des Balkans de perspectives européennes« , a déclaré le premier ministre, selon qui la région des Balkans est moins tranquille qu’il n’y paraît. Dans sa longue marche vers l’Union Européenne, Zagreb peu compter sur cet allié de poids, malgré le peu d’entrain d’autres pays de l’Union, la France en premier lieu. Budapest a maintes fois répété que l’adhésion de la Croatie, avec qui la Hongrie partage des liens historiques forts, était l’une des priorités de sa présidence de l’UE. Article lié : Elargissements de l’UE : les divergences franco-hongroises

Orbán, médiateur entre Belgrade et Bruxelles

Orbán, médiateur entre Belgrade et Bruxelles

28 novembre 2010 à 20 h 58 min 0 commentaire

Lors d’une visite officielle vendredi à Belgrade, le premier ministre hongrois a exprimé son soutien à une intégration rapide de la Serbie dans l’Union Européenne, dont la Hongrie assurera la présidence tournante à partir du 1er janvier prochain. Viktor Orban a fait du rapprochement de ses voisins balkaniques à l’UE, l’un des chevaux de bataille de sa future politique européenne. La semaine dernière, au cours  d’un déplacement à Bruxelles, il avait déclaré que l’adhésion de la Croatie à l’Europe des 27 serait l’une des priorités pour l’année 2011. Le président serbe « pro-européen » Boris Tadic voit d’un bon œil le soutien offert par la Hongrie à son pays. En Octobre dernier, après des mois de tractations, l’UE avait décidé de récompenser le gouvernement serbe de son rapprochement avec la Kosovo en acceptant de transmettre à la Commission la candidature de la Serbie. Avec l’aide d’Orban, la Serbie espère faire encore un pas de plus en direction de Bruxelles en obtenant, dès l’année prochaine, le statut officielle de candidat d’adhésion à l’UE. Articles liés : Serbie : la longue route vers l’UE Hongrie – Serbie : quand il n’est plus question de guerre, mais de coopération La Hongrie prépare le terrain pour présider l’UE en 2011 La Hongrie soutien l’adhésion serbe à l’UE

La Hongrie, vers une «démocratie dirigée» à la russe

La Hongrie, vers une «démocratie dirigée» à la russe

23 novembre 2010 à 20 h 54 min 3 commentaires

Dans un article paru mardi, The Guardian dénonce violemment la dérive autoritaire du pouvoir en Hongrie. Selon le quotidien britannique de centre-gauche, la Hongrie de Viktor Orban prend plus la voie de la Russie de Vladimir Poutine que celle des démocraties occidentales. Sans que l’Europe ne trouve rien à y redire… « Il est concevable que, d’ici pas très longtemps, la Hongrie ressemble plus à la « démocratie dirigée » russe qu’à toute autre démocratie pluraliste occidentale avec ses garde-fous et ses contre-pouvoirs. », écrit l’auteur de l’article, Jan-Werner Mueller, professeur de sciences-politiques à l’Université de Princeton. Puis de passer en revue les mesures controversées prises par le gouvernement depuis son arrivée au pouvoir en avril : Loi visant à augmenter le contrôle politique sur les medias, choix d’un président « sur-mesure » en la personne de Pal Schmitt, Projet de limitation des pouvoirs de la Cour constitutionnelle, etc. Le parallèle établit entre la Russie et la Hongrie est un peu scabreux, mais pas dénué de pertinence. Comme la Russie, la Hongrie garde dans sa mémoire collective un passé glorieux désormais révolu. Comme le peuple russe, le peuple hongrois s’est senti humilié par ses propres dirigeants post-1990. Comme les Russes, les Hongrois ont voulu porter au pouvoir un homme-fort capable de  remettre de l’ordre dans le grand méchant flou démocratique et d’apporter un peu de certitude dans le chaos de la mondialisation. Un homme à poigne tel que Vladimir Poutine…ou Viktor Orban. Quitte à rogner un peu sur les grands principes démocratiques. En cela, la politique « autoritaire » menée par l’actuel gouvernement hongrois n’est peut-être pas aussi illégitime que ne l’entend The Guardian, puisque le peuple, dans sa grande majorité, l’a appelé de ses vœux. Mais que fait l’Europe ? Selon J.W. Mueller, l’Europe a abandonné son ambition de bâtir un véritable espace politique démocratique et ne se préoccupe plus de protéger la démocratie mais seulement le marché. « L’UE semble fermer les yeux » sur ce qu’il se passe en Hongrie « où un parti au pouvoir avec une majorité écrasante au parlement est occupé à démanteler l’État de droit et à éroder sa fragile culture politique démocratique. » Avec la présidence hongroise de l’Union européenne qui va débuter le 1er janvier, « ne serait-il pas temps pour Bruxelles et pour les autres membres de l’Union de faire du bruit autour de la direction profondément antilibérale que prend la Hongrie ? », questionne l’auteur de l’article, pour qui c’est la crédibilité politique de l’Europe à long terme qui est en jeu. Et de conclure : « Les Hongrois ont toujours été favorables à l’UE. Ils se préoccupent de ce que pense l’Europe. Il est temps pour l’Europe de le leur dire. » Voudront-ils l’entendre sans le prendre comme une énième ingérence dans leurs affaires ? Articles liés : Orbán attendu comme le messie Biographie : La revanche de Viktor Selon Jobbik, il n’y a pas de démocratie en Hongrie actuellement La gauche se rebiffe en «Orbanie» ! Les Hongrois, ces grands fascistes ! Réforme des médias : acte II Médias : retours (non négociés) aux choses sérieuses Pal Schmitt, nouveau Président « sur-mesure »

UE : L’opération séduction de Viktor Orban

UE : L’opération séduction de Viktor Orban

21 novembre 2010 à 17 h 53 min 2 commentaires

Avant son séjour à Paris jeudi et vendredi derniers, le premier ministre hongrois Viktor Orban est passé mercredi par Bruxelles, où il a rencontré les commissaires européens, leur président, José Manuel Barroso, et le président permanent de l’UE, Herman Von Rompuy. Pendant trois jours, il a exposé ses priorités en vue de la présidence hongroise du Conseil de l’UE qui commence en janvier, dans un style (presque) pro-européen. L’eau et la diversité culturelle relayées au second plan La gouvernance économique, la révision du traité de Lisbonne et l’harmonisation des politiques budgétaires ont pris le dessus sur des dossiers comme la diversité culturelle ou la gestion de l’eau, indique le premier ministre hongrois dans une interview accordée au journal Le Figaro mercredi dernier. Ce changement de direction pourrait sembler regrettable au regard de la catastrophe environnementale causée par les boues rouges de l’usine d’aluminium d’Ajka, qui avait mis la question des conséquences internationales d’une pollution du Danube au coeur des préoccupations. Cependant les Hongrois, qui ont participé récemment au Sommet pour le Danube, devront formuler la stratégie européenne de développement et de protection pour la région du Danube pendant leur présidence du Conseil de l’UE. Quant à la question de la diversité culturelle, elle prendra une tournure particulière puisque la Hongrie devrait travailler à l’élaboration d’une stratégie pour l’intégration des Roms. Alors que le pays est régulièrement épinglé par le Conseil de l’Europe ou par l’ONU pour de nombreuses discriminations ou pour la stigmatisation de la minorité rom dans les médias, ce chantier sera l’un des plus délicats pour la Hongrie qui devra essayer, pour une fois, de donner l’exemple. La galère de la réforme institutionnelle Les questions économiques étaient depuis longtemps au programme de la présidence hongroise, mais elles prennent une tournure particulière car l’UE doit faire face aux situations délicates de la Grèce ou de l’Irlande. Comme priorité de la présidence hongroise de l’UE, l’opinion publique devra donc se satisfaire d’une révision du Traité de Lisbonne, si douloureusement adopté il n’y a pourtant pas si longtemps. La Hongrie devrait donner suite à la proposition de la chancelière allemande Angela Merkel d’introduire une modification du traité dont l’objectif sera de permettre la mise en place d’un filet de sécurité financier permanent pour les pays de la zone euro. Le futur mécanisme permanent de gestion des crises financières devrait contraindre les 27 à être beaucoup plus stricts en matière budgétaire. Le Tribunal constitutionnel fédéral allemand de Karlsruhe avait en effet indiqué que les mécanismes mis en place pour le plan de sauvetage de la Grèce étaient contraires au traité. Les articles 126-128 prévoient qu’une aide financière peut être apportée par les pays de la zone euro à un pays qui n’en fait pas partie, mais interdisent d’aider un pays de la zone euro. Faire aboutir les négociations sur ce point et trouver un mécanisme de ratification fera partie du travail délicat de la présidence hongroise. La Hongrie pourrait aussi avoir à résoudre les problèmes liés à au retard pris dans l’adoption du budget européen de 2011. L’énergie, l’espace Schengen et l’élargissement, sujets obligatoires La Hongrie participera par ailleurs au premier sommet européen sur l’énergie, le 4 février 2011. L’une des priorités du commissaire à l’énergie Günther Öttinger, est de connecter les réseaux de gaz et d’électricité des 27, afin d’éviter qu’un Etat puisse se trouver en situation de pénurie, comme ce fut le cas lorsque la Russie a suspendu ses exportations de gaz transitant par l’Ukraine en janvier 2009. Les Hongrois, comme les autres pays d’Europe centrale, seront attentifs à la question de la dépendance énergique, en particulier à la veille du sommet UE-Russie du 7 décembre 2010 où un accord stratégique historique pourrait être conclu. Un Conseil Justice et Affaires intérieures sur l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie à l’espace Schengen devrait se tenir les 24 et 25 février prochain. Au cours de l’entretien musclé avec le journaliste du Figaro, le premier ministre hongrois s’est déclaré tout à fait favorable à leur entrée au vu « des progrès énormes » qu’ont fait ces deux pays. Il devra cependant faire face aux objections de la France, de l’Italie, de l’Allemagne ou des Pays-Bas qui estiment que les conditions qui assurent l’intégrité et la sécurité de l’espace commun de libre circulation de Schengen ne sont pas encore réunies pour une adhésion en mars prochain. L’entrée de la Croatie dans l’UE sera l’une des autres grandes priorités de la Hongrie. Mais tandis que les négociations s’approchent de leur conclusion, l’euroscepticisme s’accroît dans les Balkans, et la majorité des citoyens croates voterait aujourd’hui contre l’adhésion de leur pays à l’UE. Viktor Orban semble en fin de compte avoir réussi la semaine dernière son exercice de présentation des priorités de sa présidence, et pour féliciter le bon élève européen le président Barroso a salué a l’issue de leur rencontre, la « cohérence évidente entre les priorités annoncées de la présidence hongroise et le programme de la Commission ». Le président permanent du Conseil Van Rompuy, a jugé pour sa part que sa rencontre avec Viktor Orban avait été « constructive » et que leurs discussions avaient été « productives ». Le temps où Viktor Orbán jouait le rebelle face au FMI et à l’UE paraît donc – pour l’instant – révolu. Sources : Interview de Viktor Orban par Stéphane Kovacs dans Le Figaro La Croatie en tête de l’euroscepticisme dans les Balkans Articles liés : Stratégie pour le Danube: « connecting pipole » ? Roms : L’ONU s’en mêle à son tour Les Roms sont encore discriminés en Hongrie, indique le Conseil de l’Europe Présidence de l’UE : la Hongrie est-elle prête ?

Réforme des institutions : Orbán sur les pas de Sarkozy

18 novembre 2010 à 0 h 10 min 1 commentaire

En visite officielle à Paris à partir de jeudi, le premier ministre Viktor Orbán rencontrera le président Nicolas Sarkozy vendredi matin. Au vu de l’actualité politique, l’occasion de comparer la stratégie politique du chef du gouvernement hongrois et celle du président français est trop belle, en particulier sur le thème de la Constitution. Au centre de toutes les autres orientations du gouvernement hongrois, la révision constitutionnelle prévue pour le printemps 2011 intervient quelques mois après l’élection de M. Orbán, en avril dernier. Pour Viktor Orbán, ce n’est pas faute d’avoir prévenu : en campagne déjà, il fustigeait le pluralisme – portant à confusion selon lui – en annonçant vouloir mener une gouvernance permanente et à sens unique avec le parti conservateur Fidesz. Outre le plébiscite électoral dont il bénéficie au parlement, l’omnipotence que cette ambition nécessite devait aller de pair avec un changement de Constitution. Achever les contre pouvoirs de la vie publique pour gouverner seul Depuis la rentrée, on apprend que l’économie hongroise va subir une thérapie de choc pour respecter les engagements du gouvernement envers l’Union européenne sur le déficit (3,8% en 2010 et 3% du PIB en 2011) en réduisant drastiquement les dépenses publiques. Toutes les mesures ont pour l’instant été validées par la Cour constitutionnelle, y compris le gel des aides aux fonds de pension (une économie de 60 milliards HUF pour l’Etat par an) qui toucherait près de 3 millions de souscripteurs. Un seul point a, en outre, été jugé anticonstitutionnel : l’impôt à 98% sur les indemnités de départ empochées par les cadres (à partir d’un seuil de 2 millions HUF) et les employés (à partir de 3,5 millions HUF) ayant travaillé plus de 60 jours au sein d’entreprises et d’institutions publiques. Si cet impôt semble porter le costume de « Robin des Bois » comme les dernières taxes spéciales anti-crise sur le secteur des banques, de l’énergie et de la distribution, c’est sa rétroactivité jusqu’à 2005 qui fait scandale. La Fidesz n’attend même pas de changer la Constitution en bonne et due forme et pratique le passage en force, surtout lorsqu’il s’agit de régler ses comptes avec l’ancien gouvernement. L’opposition socialiste (MSzP) a beau gémir, l’extrême droite Jobbik peut gesticuler, LMP (« l’alternative de gauche » à la hongroise) peut en profiter pour se faire entendre, Viktor Orbán, György Matolcsy (ministre des finances) et János Lázár (président de l’écrasant groupe Fidesz au parlement) ont donc déjà eu la peau de la Cour Constitutionnelle sur la seule mesure économique qui posait problème parmi les 29 proposées. Mardi au parlement, la Cour a même subi l’humiliation de voir ses compétences réduites officiellement, surtout en matière budgétaire. Mardi soir, alors que Viktor Orbán venait de faire passer son paquet de mesures fiscales au Parlement, Nicolas Sarkozy dressait, avec l’aide de trois « commentateurs », un bilan positif de son hyper action à la télévision. Cet entretien d’une heure et demi intervenait après avoir fait adopter la réforme des retraites devant « son » Conseil Constitutionnel et après avoir remanié « son » gouvernement pour la dernière ligne droite avant 2012. Elu en mai 2007, le président français est lui aussi passé par la révision de la Constitution (en juillet 2008) après l’examen mené par un comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions, présidé par son mentor politique, Edouard Balladur. En France, en plus de museler un peu plus l’opposition, la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 a donné plus de responsabilités et de contrôle à l’exécutif et a revalorisé le rôle d’un Parlement élu un mois seulement après l’élection du Président de la République, tous les cinq ans. Pas besoin d’être politologue pour prédire qu’avec le quinquennat, les possibilités d’une cohabitation sont quasi nulles. La « revalorisation » du Parlement au service du Président, en quelque sorte. Tout comme Viktor Orban, souvenons-nous également que la réforme des médias publics avait été pour lui un des tous premiers chantiers. Articles liés : Pour Jobbik, il n’y a pas de démocratie en Hongrie actuellement La gauche se rebiffe en «Orbanie» ! Une manif anti-gouvernementale à la Budapest Sportaréna La commission électorale rejète le référendum proposé par les socialistes Nouvelle Constitution : un site web pour un simulacre de démocratie M. Gyurcsany appelle à un référendum contre la future Constitution Pal Schmitt, nouveau président « sur-mesure » Réforme des médias, acte II Médias : retours (non négociés) aux choses sérieuses Education : c’est reparti comme en 40? La laïcité remise en question dans les écoles hongroises Orban, façon « Sarkozie » Biographie : la revanche de Viktor « L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor Les pleins pouvoirs pour Orbán? Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (2/5) – La Fidesz

Stratégie pour le Danube: « connecting pipole »?

Stratégie pour le Danube: « connecting pipole »?

10 novembre 2010 à 14 h 47 min 0 commentaire

A Bucarest lundi, le « sommet pour le Danube » a réuni 22 délégations venues des 14 pays (dont 8 membres de l’UE) traversés par le fleuve. L’événement s’inscrivait dans un projet européen : faire du Danube un moyen de cohésion régionale dans les domaines économiques, environnementaux et culturels. En présence du président de la Commission européenne, ce sommet avait surtout pour but de travailler à l’adoption d’une stratégie européenne par tous les Etats membres au premier semestre prochain. La présidence hongroise de l’Union devra jouer serré car elle est chargée de formuler la stratégie en détails pour la nouvelle période budgétaire (2014 – 2020).

Orbán écrit « le grand livre de la nation hongroise »

Orbán écrit « le grand livre de la nation hongroise »

8 novembre 2010 à 0 h 29 min 8 commentaires

Le premier ministre Viktor Orbán a profité de la « 9è conférence permanente hongroise » (Maert), vendredi au parlement, pour partager sa vision de ce que doit être la politique de Budapest envers les minorités hongroises du bassin des Carpates : volontariste et sans concessions envers les Etats voisins. Devant une assemblée constituée de membres du gouvernement, de députés des différents partis politiques et des représentants des minorités hongroises de Slovaquie, d’Ukraine, de Roumanie et de Serbie, l’homme fort de Hongrie a estimé qu’on ne devrait jamais oublier qu’ »il existe une nation hongroise unie« . Condamnant ceux qu’il a appelé les « faux réalistes » dont « la façon de penser n’a pas d’avenir« , il a insisté sur le fait que le destin de la nation hongroise se trouve dans les mains des Hongrois et ne doit en aucun cas être décidé depuis l’extérieur. De manière fort peu diplomatique, il a affirmé que la politique hongroise vis-à-vis des minorités magyares devait primer sur les relations avec les Etats dont elles relèvent. « Relations de bon voisinage » et « Soutien aux minorités », les deux piliers de la politique étrangère hongroise, ne seraient donc pas compatibles, ou tout au moins d’importance inégale. Prenant exemple sur la taxe du système bancaire mise en place à la rentrée, la stabilité politique conférée par la majorité des deux-tiers au parlement devrait encourager la Hongrie à prendre des mesures inédites en Europe, selon lui. Les Etats voisins ne sont donc peut-être pas au bout de leurs (mauvaises) surprises. Ce fut également l’occasion pour Viktor Orban de revenir sur  ce qui avait été pour lui une cuisante défaite : le referendum raté du 5 décembre 2004 sur l’octroi de la citoyenneté hongroise aux Magyars d’outre-frontière. Six années et deux élections législatives plus tard, il tient enfin sa revanche. Son retour au pouvoir étant, selon lui, une réponse des électeurs à ce referendum. « A cette époque, ceux au pouvoir voulaient persuader l’opinion publique que nous devrions écrire le grand livre de la nation hongroise séparément« . Articles liés : Un site web pour « décrocher » la citoyenneté hongroise Le droit de vote aux Hongrois des pays voisins ? Trianon: Budapest cherche à rassurer ses voisins Double citoyenneté : une loi plébiscitée dans le flou Minorités hongroises : le grand jour ? Vive le «Jour de l’unité nationale» ! Double citoyenneté : le projet avance

La gauche se rebiffe en «Orbanie» !

La gauche se rebiffe en «Orbanie» !

2 novembre 2010 à 23 h 57 min 9 commentaires

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées à l’appel de la gauche hongroise devant le parlement, mardi soir, pour dénoncer le pouvoir sans partage de leur premier ministre Viktor Orbán et les « menaces qui pèsent sur la démocratie », selon les mots tenus par l’ancien premier ministre Gyurcsany. Laminée à tous les échelons du pouvoir, depuis les municipalités jusqu’au parlement, et toujours honnie par une large majorité de l’opinion publique, la gauche hongroise tente de reprendre un peu de poil de la bête dans un autre domaine dans lequel elle était aussi balayée ces dernières années : la rue ! C’était en effet la première fois que l’opposition manifestait contre la coalition gouvernementale de droite Fidesz-Kdnp, portée au pouvoir en avril dernier. Dans son discours, Ferenc Gyurcsany, à la tête de la contestation, a accusé le gouvernement « d’affaiblir la Constitution et la démocratie hongroise« , et d’avoir « trompé » et « volé » le peuple. Si ces accusations se confirment, alors « Viktor Orban n’est plus politiquement légitime à la tête constitutionnelle de la patrie« , a-t-il déclaré. L’ancien premier ministre a une nouvelle fois appelé à un referendum pour s’opposer au projet de nouvelle Constitution prévue par la Fidesz pour l’an prochain. Cette manifestation n’intervenait pas au hasard du calendrier mais quelques heures seulement après que le parlement ait adopté l’intégralité de la réforme des médias voulue par la Fidesz. Une réforme critiquée par de nombreuses organisations internationales  et qui selon l’OSCE « limitera la liberté de la presse et placera les médias sous contrôle politique ». Faisant allusion aux « taxes de crise » votées par le gouvernement pour contenir le déficit public mais jugées inconstitutionnelles, Ferenc Gyurcsany a déclaré que la volonté du gouvernement d’empêcher la Cour constitutionnelle de se prononcer sur les questions de finances de l’Etat constituait une atteinte grave à la démocratie en Hongrie. Gyurcsany, de l’arrosé… à l’arroseur… Comme il était étrange de voir mardi soir l’ancien premier ministre socialiste Ferenc Gyurcsany haranguer la foule sur Kossuth tér, ce haut-lieu de la démocratie hongroise qu’il avait fait interdire d’accès au peuple quand il était au pouvoir. Lui qui  du 17 septembre 2006 au 14 avril 2009 – entre la diffusion de son fameux discours de Balatonőszöd  et sa démission au profit de Gordon Bajnai – a subi les plus violentes manifestations de l’ère démocratique en Hongrie, le désaveu de tout un peuple et les manifestations de haine quotidiennes. C’est d’ailleurs aux cris de « Orbán takarodj » (Dégage Orbán !), le slogan détourné de « Gyurcsany takarodj » qui a rythmé les manifestations de la droite pendant de longs mois, que la foule a donné de la voix. Articles liés : Nouvelle Constitution : un site web pour un simulacre de démocratie Taxes « anti-crise » : Finances, Energie et Services en première ligne M. Gyurcsany appelle à un référendum contre la future Constitution Réforme des médias, acte II Médias : retours (non négociés) aux choses sérieuses

Statue de Staline : les oreilles et la queue !

Statue de Staline : les oreilles et la queue !

26 octobre 2010 à 12 h 11 min 0 commentaire

La « Magyar Nemzeti Galéria » (La galerie nationale hongroise) vient de faire l’acquisition d’une précieuse pièce qui garnira dorénavant sa collection permanente : une oreille de la statue de Staline déboulonnée au cours du soulèvement de Budapest contre l’URSS, le 23 octobre 1956. Apparemment le musée a fait une bonne affaire car il a réussi à l’acquérir pour un demi-million HUF, contre un prix de départ fixé par son propriétaire privé à 2 millions HUF.

L’actu « mi-figue mi-raisin » de la BKV

L’actu « mi-figue mi-raisin » de la BKV

26 octobre 2010 à 11 h 21 min 1 commentaire

Cette semaine, il y a une « bonne » et une mauvaise nouvelle pour la compagnie des transports publics de Budapest. Pour István Tarlós, maire Fidesz de la ville et « confrère » politique de Viktor Orbán, sa rencontre avec le premier ministre la semaine dernière a été très fructueuse, voire salvatrice. Le maire de la capitale a obtenu, sans surprise, une subvention du gouvernement pour relever les finances désastreuses de la BKV. 12,5 milliards de forints (45 millions et demi d’euros) seront ainsi alloués à Budapest et ses transports le mois prochain. Du côté des rapports entre BKV et les subventions européennes, par contre, le climat devient un peu plus tendu. Après certaines irrégularités découvertes par l’UE dans la gestion de la construction de la ligne 4 du métro de Budapest, les instances européennes ont décidé de suspendre le paiement de la subvention prévue à cet effet. Cette décision ne veut pas dire pour autant que la subvention est définitivement perdue pour István Tarlós. Mais il devra tout du moins surveiller certaines mauvaises habitudes prises par ses fonctionnaires dans le domaine des transports publics. Articles liés : Entre BKV et Alstom, les relations déraillent définitivement La Fidesz à la rescousse de Budapest Débuts difficiles entre BKV et le gouvernement Escalade des responsabilités dans l’affaire BKV En Hongrie, la corruption est à la maison

Le23 octobre sur Kossuth tér (Hulala)

Une fête nationale tout en douceur

25 octobre 2010 à 14 h 14 min 0 commentaire

Qu’il paraît loin le temps où les fêtes nationales finissaient en émeutes à Budapest ! La Hongrie semble enfin en paix avec elle-même. Après le temps de l’instabilité politique, voici le temps de la sérénité (ou de l’apathie…). Au grand désespoir des Hongrois, le 23 octobre tombait cette année un samedi. Quelques trois mille personnes se sont tout de même regroupées sur Kossuth tér pour faire honneur à leur nouveau leader, Viktor Orban, qu’ils ont royalement élu en avril dernier. Celui-ci ne s’est pas privé de qualifier à nouveau sa victoire de « révolution ». Selon lui, son élection s’inscrit dans la continuité directe du soulèvement hongrois de 1956 puis de la chute du communisme. Le peuple hongrois réclamait un homme fort pour mettre fin au désordre, le voilà servi ! Depuis les fameuses émeutes de 2006 qui avaient suivi la fuite dans les médias d’un discours du premier ministre socialiste d’alors, Ferenc Gyurcsany, chaque fête nationale nous rappelait à quel point la nation hongroise était divisée. Rien de tel cette année pour les commémorations du soulèvement hongrois contre l’oppresseur russe en 1956. Pour quiconque a vécu les 23 octobre ces dernières années, l’ambiance était assez déroutante. Pas de barrières de sécurité pour repousser le public au-delà de la place du Parlement, pas de policiers anti-émeute mais seuls quelques petits groupes de policiers placés aux carrefours, l’air franchement détendu voire rigolard. Et du côté du public, ni insultes, ni crachats, ni vociférations ! Dans les rues de la capitale, presque personne ne portait de cocardes tricolores rouge-blanc-vert, fièrement portées au niveau du cœur par une grande partie des Hongrois ces dernières années. Même Jobbik devient zen… Même le meeting de Jobbik s’est déroulé dans une atmosphère sereine ! Visiblement, les jeunes skinheads – pour la plupart issus des groupes de supporters de football – sur lesquels le parti a toujours pu compter ces dernières années pour assurer le spectacle médiatique en troisième mi-temps, n’ont pas été conviés à la fête. A moins qu’ils n’aient décidés par eux-mêmes de rester à la maison estimant que cela ne vaut plus le coup de supporter un parti devenu quelconque… puisque parlementaire. Du coup, le rassemblement comptait moins de mille personnes, soit en moyenne environ trois fois moins de sympathisants que du temps où Jobbik n’avait pas la parole au parlement. Articles liés : Il y a un, renconte avec l’égérie de 1956 1956 : des commémorations à l’avant-goût électoral

Devecser, le 12 octobre (Corentin Léotard/Hulala)

Boue toxique : l’autre vérité

24 octobre 2010 à 22 h 46 min 6 commentaires

A Devecser et Kolontar, dans la zone touchée par la pire catastrophe industrielle qu’ait connue la Hongrie, la colère des habitants commence à monter. Ils contestent la gestion gouvernementale de la crise et les mesures de dédommagements proposées aux victimes. Pour faire entendre leur voix jusqu’à Budapest malgré une communication gouvernementale bien rôdée, ils s’organisent en association.

Taxes : pour Orbán, il n’y a plus de petites économies

Taxes : pour Orbán, il n’y a plus de petites économies

21 octobre 2010 à 0 h 10 min 4 commentaires

Dans les propositions annexes au deuxième grand volet de taxes proposées par Orbán au Parlement lundi, le Premier ministre et son ministre de l’Economie György Matolcsy ont émis le souhait de taxer de nombreux secteurs, plus petits que ceux déja abordés (la finance, l’énergie et les services). Le gouvernement conservateur a décidé de rester fidèle à sa réputation, en imposant plus le développement des nouvelles technologies et de la vie moderne en général. L’objectif de ces nouvelles mesures fiscales est d’économiser entre 400 et 500 milliards de forints (de 1,450 à 1,810 milliards d’euros).

Taxes « anti-crise » : Finances, Energie et Services en première ligne

20 octobre 2010 à 22 h 46 min 0 commentaire

Désormais, lorsqu’Orbán annonce quelque chose en Hongrie, cela se réalise aussi sec. Ainsi, il était facile de prévoir en fin de semaine dernière que le parlement hongrois allait adopter lundi, même tard dans la nuit, le second paquet d’impôts « anti-crise » visant les entreprises de télécommunications, d’énergie et de grande distribution. Selon le gouvernement, ces taxes temporaires sont introduites pour aider le pays à remplir ses engagements de réduction de déficit.

Nouvelle Constitution : un site web pour un simulacre de démocratie

Nouvelle Constitution : un site web pour un simulacre de démocratie

19 octobre 2010 à 15 h 25 min 0 commentaire

Depuis dimanche dernier, un site web est mis à disposition des citoyens hongrois, qui sont ainsi invités à soumettre leurs commentaires sur le contenu de la nouvelle Constitution de la Hongrie, dont la validation est prévue au début du printemps 2011. Les quelques ONG hongroises qui traitent du respect des libertés en Hongrie telles que TASZ , soulignent avec l’appui de juristes constitutionnalistes que rien dans la Constitution actuelle ne permet de souhaiter une réforme constitutionnelle. Ainsi, le souhait ardent du nouveau gouvernement d’en changer soulève, sinon des suspicions claires, de lourdes inquiétudes. Sur le site web en question, tout citoyen hongrois peut présenter des observations sur la future Constitution. C’est bien, mais pourquoi cette réforme ? Officiellement, selon Jozsef Szajer, «le Parlement vise à adopter une Constitution définitive qui mettra fin à la nature transitoire du texte actuel, même symboliquement« . Il a également ajouté que cette nouvelle Constitution devra être fondée sur l’histoire hongroise vieille de mille ans, ainsi que sur les principes modernes de constitutions européennes. Jozsef Szajer, à la tête de la commission des affaires sociales, a été désigné par le Premier ministre Orbán pour superviser ce qui sera publié sur le site. Les législatives d’avril dernier ont donné la majorité des deux tiers du Parlement au parti conservateur FIDESz. Désormais, les détracteurs d’une telle prise de pouvoir en Hongrie n’hésitent plus à dénommer le pays « l’Orbanie », tant Viktor Orbán et ses accolytes y sont omnipotents. Ainsi, personne n’est dupe, ce nouveau site web n’existe qu’à titre consultatif. Les ONG boycottent « par principe » L’organisation TASZ (Union pour les Libertés Civiles), avec des experts constitutionnalistes en son sein, a reçu une invitation officielle début septembre de la part de László Salamon, président de la Commission parlementaire, pour s’exprimer sur la réforme de la Constitution… avant fin septembre ! Autant dire que l’invitation était purement formelle. Outre l’aspect formel un tantinet cynique pour les intellectuels de cette organisation, l’empressement du gouvernement à vouloir réformer la Constitution s’avère dangereux. L’échéance de cette réforme a été étrangement rapprochée dans le temps – et non reportée comme la logique le voudrait – trois fois : de 2012 à juin 2011, puis au début du printemps 2011. Pour TASZ, le processus de législature est indigne à l’égard d’une entreprise aussi importante. En réalité, les décisions sur les changements que subira la Constitution semblent plutôt avoir déjà été prises depuis belle lurette. Dans un communiqué de refus à participer à un processus qu’elle juge « non ouvert » et « non transparent », TASZ rappelle qu’il y a déjà eu une tentative de réforme de la Constitution en Hongrie entre 1994 et 1998. Elle avait échoué car son adoption n’avait pas atteint la majorité des 4/5 au Parlement. Mais elle prévoyait au moins des règles formelles qui obligeaient le parti au pouvoir à obtenir le consentement d’une partie de l’opposition. A l’inverse, la conjoncture politique aidant, le processus de législature actuel ne propose pas réellement, ni à l’opposition, ni aux citoyens, de participer à son élaboration, mais semble plutôt essayer de trouver une légitimité démocratique dans ce qui tient purement de la volonté du pouvoir exécutif. Une organisation telle que TASZ n’aurait su faire plaisir au gouvernement en participant à cette mascarade démocratique. Un symbolisme à la fois inutile et dérangeant Le manque de symbolisme dans la Constitution de 1989 est aujourd’hui avancé comme l’un de ses échecs par le parti au pouvoir. Certaines formes d’attachement symbolique aux origines chrétiennes et au passé glorieux (la Sainte-Couronne, ici à droite) de la Hongrie ont déja été largement évoquées par le premier ministre et par le président Schmitt. Au deuxième millénaire, de tels symboles ont-ils une incidence sur le bien-fondé d’un tel document juridique ? A ce propos, TASZ rappelle à juste titre que l’écrasante majorité des pays européens se sont abstenus de faire référence à Dieu ou à leur passé glorieux dans leurs Constitutions. Enfin, la référence à la religion pose un véritable problème de représentation dans une société pluraliste et supposée tolérante. Eriger la domination d’une religion dans la Constitution ne saurait satisfaire tous les administrés. Selon TASZ, la Constitution doit servir les Hongrois pour des raisons et des principes que tout le monde peut accepter volontairement. Or, le texte que la FIDESz est en train de concocter semble bien être celui de la division de la société hongroise, en partie et d’abord sur une base religieuse. Articles liés : M. Gyurcsany appelle à un référendum contre la future Constitution Pal Schmitt, nouveau président « sur-mesure » Réforme des médias, acte II Médias : retours (non négociés) aux choses sérieuses Education : c’est reparti comme en 40? La laïcité remise en question dans les écoles hongroises Orban, façon « Sarkozie » Biographie : la revanche de Viktor « L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor Les pleins pouvoirs pour Orbán?

La FIDESz à la rescousse de Budapest

La FIDESz à la rescousse de Budapest

18 octobre 2010 à 19 h 30 min 0 commentaire

István Tarlós, maire de Budapest depuis le début du mois, a déclaré mercredi dernier que la ville ne pourrait combler son déficit que si le gouvernement hongrois acceptait de lui venir en aide. En attendant l’audit qu’il a commandé à l’Etat sur les finances de la capitale, il doit rencontrer le premier ministre Viktor Orbán cette semaine pour discuter de la situation. Mais il ne faut pas rêver : une aide du gouvernement ne se fera pas sans une contre-partie politique. Depuis que Budapest et la Hongrie sont de nouveau gérées par des hommes politiques appartenant au même parti, les aides de l’Etat devraient débloquer bon nombre de situations budgétaires difficiles dans la capitale. Ainsi, Istvan Tarlós, le nouveau maire FIDESz de Budapest compte bien sur sa famille politique pour pouvoir gérer son budget cette année et en 2011. Il y a quelques mois, il était encore impossible pour l’ancien maire SzDSz Gabor Demszky d’imaginer pouvoir obtenir des fonds de l’Etat pour résoudre ses problèmes avec la BKV, pour ne citer que ceux-là. Les difficultés budgétaires « en détails » : Vendredi, à l’inauguration du nouveau conseil municipal, Janos Aktari, adjoint au maire chargé des finances, a annoncé que le déficit budgétaire de la ville serait d’au moins 55 à 60 milliards de forints cette année. A la question de savoir comment Budapest comptait réduire son déficit, il a confirmé les déclarations du maire selon lesquelles l’aide de l’Etat serait nécessaire, mais il a également ajouté que certaines économies seraient inévitables, par exemple l’abandon de certains projets municipaux. Il n’a cependant pas précisé de quels projets il pourrait s’agir, rappelant que ces décisions ne sont pas de son ressort. Quant aux projets déjà en cours, Aktari a répondu que seuls très peu de grands projets municipaux devraient être interrompus. La plupart des autres projets, comme la première section de la ligne 4 du métro, ne pourront pas être arrêtés pour des raisons légales et financières, en effet leur abandon coûterait plus cher que leur poursuite (notamment au regard des subventions européennes que la ville pourrait perdre). La main mise de « l’Etat FIDESz » sur Budapest la libérale « La situation est extrêmement préoccupante. Les projets entrepris à Budapest ne sont pas en danger sur le court terme, mais pourraient l’être avec le danger que court le budget 2011 » a déclaré Tarlós mercredi dernier. Le maire a également tenu à préciser que l’aide demandée ne concernerait pas exclusivement des questions de financement, mais aussi certaines responsabilités municipales offertes au gouvernement. Décryptage : si Orbán accepte de sécher les larmes de crocodile de son ami Tarlós, ce dernier le laissera volontiers mettre le nez dans certaines affaires de la ville. Si beaucoup de Budapestois de la jeune génération libérale ne sont pas vraiment « fans » de la FIDESz conservatrice d’Orbán, notamment sur le plan des libertés individuelles, ils pourront au moins espérer jouir bientôt d’une circulation plus fluide qu’aujourd’hui. Bien que nombre d’entre eux se soient convertis à la bicyclette depuis quelques années, les travaux publics et les transports restent les talons d’Achille de la gestion municipale depuis trop longtemps pour tout le monde. Articles liés : Municipales : la Fidesz plébiscitée István Tarlós, futur maire de Budapest Les adieux de Demszky au conseil de Budapest Municipales : LMP s’amuse de la défaite de l’opposition à Budapest Débuts difficiles entre BKV et le gouvernement Demszky tient le coup face au scandale BKV Escalade des responsabilités dans l’affaire BKV En Hongrie, la corruption est à la maison Nouvelles du Danube et de Margit hid Les nouvelles rames du M2 toujours au hangar Reprise des travaux de la nouvelle lligne de métro

Taxes spéciales : la deuxième offensive d’Orbán

Taxes spéciales : la deuxième offensive d’Orbán

17 octobre 2010 à 21 h 50 min 1 commentaire

Après les banques et les assurances en juin dernier, c’est au tour des télécoms, de l’énergie et de la grande distribution d’être concernés par le nouveau dispositif de taxes spéciales prévu sur trois ans par le gouvernement de Viktor Orbán. Ce dernier et son ministre de l’économie ont respectivement annoncé, mercredi et jeudi, que ces trois secteurs fondamentaux de l’économie magyare seront ponctionnés davantage pour endiguer la dette publique de la Hongrie. Le plan sera officiellement soumis au Parlement lundi et adopté logiquement.

Orbán fait le guide pour De Niro

Orbán fait le guide pour De Niro

13 octobre 2010 à 17 h 17 min 2 commentaires

L’acteur américain Robert De Niro, célèbre pour ses rôles de mafieux, s’est dit « impressionné » lors de sa visite guidée du Parlement hongrois, dimanche, avec le premier ministre Viktor Orbán. Outre l’architecture imposante du bâtiment de l’Assemblée, c’est peut-être bien le réalisme de son passage parmi les représentants politiques hongrois qui l’a tant ébloui. Il n’était cependant pas le seul à être émoustillé : après lui avoir fait visiter son bureau, et avoir pris une photo avec la star et ses filles, c’est le premier ministre en personne qui a posté les impressions de « Bob » sur sa page Facebook.

M. Gyurcsany appelle à un référendum contre la future Constitution

M. Gyurcsany appelle à un référendum contre la future Constitution

14 septembre 2010 à 18 h 48 min 9 commentaires

L’ancien premier ministre socialiste Ferenc Gyurcsany a repris du poil de la bête depuis sa démission, au printemps 2009. Lors d’un discours samedi, il a proposé la tenue d’un référendum pour faire barrage au projet de nouvelle Constitution du gouvernement, prévue pour début 2011. « Nous devons nous préparer à défendre la Constitution de 1989 et, pour cela, nous devons créer un mouvement démocratique, social et politique, basé sur 1989. En d’autres termes, nous devons nous organiser en un mouvement d’opposition fort et responsable.« , a déclaré celui qui entend bien devenir le principal opposant à l’omnipotence du premier ministre Viktor Orban, et faire du parti socialiste un adversaire de taille à la Fidesz au pouvoir. La nouvelle constitution voulue par la FIDESZ et remplaçant celle de 1989 constitue, selon Gyurcsany, l’enjeu le plus important pour le pays depuis le changement de régime opéré en 1989-90.  Pour ces raisons, le peuple doit avoir le droit d’y donner son accord et la coalition gouvernementale serait « lâche » de s’opposer à cette consultation populaire, a estimé l’ancien premier ministre. Le porte-parole de Viktor Orban, Peter Szijjarto a tenu une analyse quelque peu différente, c’est un euphémisme, lors d’une conférence de presse suivant le discours de Ferenc Gyurcsany. Il a estimé que les régulations en vigueur s’opposeront à tout référendum sur cette question. De toute façon, le peuple a, selon lui, déjà tranché cette question en octroyant la majorité des deux-tiers à son parti lors des dernières élections législatives. Il a affirmé qu’en revanche une large consultation précéderait le vote au parlement, sans en préciser la forme. Selon le souhait du président hongrois Pal Schmitt, exprimé devant le Pape Benoît XVI lui-même cet été, la nouvelle Constitution devrait inclure des références au passé chrétien et à la Sainte Couronne de Hongrie.

Présidence de l’UE  : la Hongrie est-elle prête ?

Présidence de l’UE : la Hongrie est-elle prête ?

9 septembre 2010 à 23 h 55 min 2 commentaires

Dans le cadre de sa préparation à la présidence hongroise de l’Union Européenne, la représentation permanente de la Hongrie à Bruxelles serait « prête ». C’est en tous cas ce qu’a déclaré jeudi Gábor Iván à l’Agence de presse hongroise (MTI). En est-il de même pour la Hongrie ? Le diplomate s’est voulu rassurant sur la capacité de son pays à exercer à partir du 1er janvier 2011 la présidence bicéphale du Conseil de l’UE.  Aux côtés du belge Herman Van Rompuy, premier président permanent du Conseil, en fonction depuis le 1er janvier 2010 (conformément au Traité de Lisbonne), la Hongrie de Viktor Orbán devra enfin montrer un vrai engagement européen. Selon Gábor Iván, l’équipe est pratiquement au complet et 180 personnes travaillent actuellement dans les bureaux de la représentation hongroise, agrandis pour l’occasion grâce à la location d’un nouveau bâtiment. Le calendrier des six mois de présidence hongroise devrait inclure un sommet sur l’énergie, un programme sur la coopération économique et la prévention des crises, un autre sur la croissance et l’emploi ainsi que la conclusion des négociations d’adhésion de la Croatie. Un « trio perdant » ? La présidence hongroise s’inscrit dans le nouveau schéma des présidences européennes en trio. L’Espagne, à la tête du Conseil européen au premier semestre 2010, et la Belgique, qui assure la présidence depuis le 1er juillet, ont préparé avec la Hongrie leurs missions pour les 18 mois de présidence. La présidence espagnole n’a pas été à la hauteur des espérances car la crise a entravé l’action du gouvernement Zapatero. La Belgique détient actuellement la présidence, mais le Premier ministre Yves Leterme a démissionné en avril et aucun gouvernement n’a été formé depuis les nouvelles élections du mois de juin. C’est une présidence belge « modeste » qui avait été annoncée, et elle le sera, puisque c’est toujours l’ancien gouvernement qui assure l’intérim en attendant une passation de pouvoir. La Hongrie devra donc prendre la succession de deux présidences peu encourageantes pour l’Europe. De plus, les agissements du Premier ministre hongrois Viktor Orbán à l’égard du Fonds monétaire international et de l’UE n’ont pas rassuré Bruxelles ces derniers temps. Le journal « Le Monde », souligne dans son édition de mercredi que la Hongrie dans l’UE soulève des « interrogations ». Un haut fonctionnaire européen y déclare que « Les Hongrois jouent avec le feu, et cela n’est pas bon pour la réputation de l’ensemble du continent ». Si le président permanent de l’Union européenne Van Rompuy est souvent jugé trop discret, la Hongrie pourrait, elle, entamer sa crédibilité si Orbán persiste à se faire connaître par son attitude « rebelle ». Articles liés : La Hongrie prépare le terrain pour présider l’Europe en 2011 Un Hongrois représente Bruxelles à Budapest

Euro 2012 : une victoire pour faire plaisir à Orbán

Euro 2012 : une victoire pour faire plaisir à Orbán

8 septembre 2010 à 12 h 18 min 0 commentaire

Mardi soir à Budapest, la Hongrie devait s’imposer face à la Moldavie dans son deuxième match des éliminatoires de l’Euro 2012 de football (groupe E). C’est maintenant chose faite (2-1). Après sa déroute contre la Suède samedi (2-0), elle garde un contact tout relatif avec les deux premiers et grands favoris du groupe, la Suède et les Pays-Bas, à 3 points derrière.

Orban fait un bras d’honneur au FMI

Orban fait un bras d’honneur au FMI

26 juillet 2010 à 22 h 10 min 2 commentaires

En visite à Berlin mercredi dernier, où il a rencontré la chancelière allemande Angela Merkel, le premier ministre hongrois Viktor Orbán a refusé les dernières tranches du prêt de 25 milliards d’euros contracté en octobre 2008 auprès du Fond Monétaire International, de la Banque mondiale et de l’Union européenne.

Koeman viré, Egervari porte les espoirs du foot hongrois

Koeman viré, Egervari porte les espoirs du foot hongrois

25 juillet 2010 à 12 h 01 min 0 commentaire

Erwin Koeman a été démis, en milieu de semaine, de ses fonctions de sélectionneur de l’équipe nationale de Hongrie. Il n’aura donc tenu que deux ans à la tête des Rouges et Verts. Le Néerlandais avait vu son contrat prolongé, l’été dernier, jusqu’en octobre 2011, alors que la Hongrie était bien placée pour se qualifier pour le Mondial 2010. Depuis, son successeur a fait ses preuves avec les juniors en octobre et l’équipe nationale a regardé la Coupe du Monde de chez elle au mois de juin.

M. Orban (mal) vu par Le Monde

M. Orban (mal) vu par Le Monde

21 juillet 2010 à 16 h 43 min 4 commentaires

Dans son édition de mardi, le plus grand des quotidiens français, Le Monde, s’est « payé » le premier ministre hongrois Viktor Orban, dénonçant ses « curieuses manières », en édito qui plus est ! « M. Orban affiche ouvertement une insultante désinvolture à l’adresse de ses créanciers. » Ainsi débute l’éditorial qui argumente que, plutôt que recevoir les émissaires du FMI à Budapest, Viktor Orban a préféré s’envoler vers l’Afrique du Sud pour assister à plusieurs matches de la Coupe du monde. Une attitude jugée d’autant plus « désinvolte » par Le Monde que la Hongrie ne participait pas plus à ce Mondial qu’aux précédents et que, surtout, c’est la Fidesz elle-même qui a fait des pieds et des mains pour pouvoir renégocier les termes du prêt accordé par le FMI et l’Union européenne à la Hongrie. A la décharge du premier ministre, avouons qu’entre la Coupe du monde et la réception de sinistres fonctionnaires du FMI, un fan de foot comme l’est Orban n’avait guère le choix… Beaucoup plus grave, la dérive autocratique du régime hongrois et plus précisément « la volonté chez M. Orban d’imposer au pays l’ »Etat Fidesz » », qui se traduit, dénonce le quotidien français, par la mise en place des lieutenants du premier ministre à tous les postes clés de l’administration. « Dans toutes les administrations, le parti fait la chasse aux hauts fonctionnaires de l’ancien régime. », peut-on lire. Et Le Monde de rappeler que le gouvernement impose que soit affiché dans les bâtiments publics une « Déclaration sur l’entente nationale », éditée par la FIDESZ. Le Monde estime aussi qu’en plus de sa volonté de faire voter une « loi de contrôle des médias publics », « le premier ministre dispose d’une presse privée qui lui est acquise ». Autre grief, la position plus qu’ambigüe qu’entretient Viktor Orban vis-à-vis de l’extrême-droite : « Au nom de la lutte contre l’extrême droite, ce chrétien conservateur flatte sans vergogne le nationalisme hongrois. » Le Monde a semble-t-il enfin prit la mesure du personnage et ne le qualifie plus, selon l’expression très édulcorée reprise par l’ensemble de la presse française,  de « leader du centre-droit ». L’édito se termine par ces remarques cinglantes : « Tout cela est-il acceptable de la part d’un pays qui assurera en janvier la présidence de l’Union ? Il faut rappeler à M. Orban que la Hongrie est membre d’un club qui a ses exigences. » ! Si l’homme fort de la Hongrie n’a eu, jusqu’alors, que faire de son image internationale, obnubilé par ses adversaires à sa gauche et à sa droite, il y a fort à parier cependant, que la prise de présidence de l’Union européenne va lui offrir l’occasion de se forger une image plus en conformité avec « les exigences » du prétendu club européen, en assouplissant sa position, tant sur les questions économiques que sur la rhétorique nationaliste qui l’a porté triomphalement au pouvoir. Lire l’éditorial du Monde : En Hongrie, les curieuses manières de M. Orban

La MG en parade le 23 octobre 2009 (Hu-lala)

Orbán prend ses distances avec l’extrême-droite

17 juillet 2010 à 17 h 08 min 4 commentaires

Au terme d’une rencontre avec des députés de Jobbik la semaine dernière, le premier ministre Viktor Orbán s’est engagé à prendre des mesures sévères contre la Magyar Garda qui continue de défier la justice hongroise. « Tout comme les voleurs de poules ne resteront pas impunis, nous ne pouvons pas tolérer des groupes paramilitaires qui veulent faire justice en dehors de la loi, ou que des députés ignorent les tribunaux hongrois et leurs décisions. Quant à moi, je ne donnerai pas mon consentement pour que nous quittions la civilisation.« , a déclaré Viktor Orba n aux journalistes présents au sortir de la réunion, ajoutant qu’il « n’aurai pas de repos tant qu’une loi excluant catégoriquement la possibilité de « petites combines » auxquelles nous assistons maintenant ne sera pas votée. » De son côté, le leader de l’extrême-droite Gabor Vona s’est dit prêt à entrer en conflit dans les années à venir avec les autre partis parlementaires sur cette question de la Garda. Il avait d’ailleurs promis à plusieurs reprises au cours de sa campagne électorale au printemps dernier que Jobbik ne deviendrait jamais un parti comme les autres, même une fois au parlement, et qu’il ne transigerait pas sur ses idées. Sur cette question, le clash entre les droites « traditionnelle » et « extrême » est donc inévitable, à terme. Orban, dans le rôle du pompier pyromane « Ce n’est pas simplement la Garda en tant que groupe paramilitaire, qui est en soi un grave problème, qui est en jeu, mais de la mentalité qui est derrière tout cela», a estimé Viktor Orban au cours de  la rencontre. Effectivement… parmi les autres griefs exprimés par Jobbik le même jour: le fait que la FIDESz aligne sa politique étrangère vis-à-vis d’Israël sur la politique européenne, beaucoup trop amicale au goût de l’extrême-droite. Les deux partis de droite  se sont finalement accordés sur un point : la nécessité d’enrayer le déclin démographique de la Hongrie en encourageant la natalité. Mais dans ce domaine, des mesures symboliques pour exalter le patriotisme hongrois ne suffiront pas, il va falloir commencer par relancer toute l’économie hongroise. Après avoir attisé le nationalisme latent en Hongrie, il semble bien que le gouvernement ait la réelle volonté de s’attaquer au phénomène qu’il a contribué à créer par sa stratégie politique, et de venir à bout des trublions de l’extrême-droite (Viktor Orban ayant dénoncé les groupes paramilitaires devant l’Académie des officiers de police de Budapest à la fin du mois de juin). Articles liés : L’ordre et la sécurité, mais pas ceux de la Magyar Garda Les liaisons dangereuses de la police avec l’extrême droite « L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor Tensions communautaires en vue La Garde hongroise est morte, vive la Garda La rébellion de la Magyar Gárda Les liaisons dangereuses de la police avec l’extrême droite « L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor Tensions communautaires en vue La Garde hongroise est morte, vive la Garda La rébellion de la Magyar Gárda

Médias : retours (non négociés) aux choses sérieuses

Médias : retours (non négociés) aux choses sérieuses

28 juin 2010 à 14 h 12 min 1 commentaire

En milieu de semaine dernière, l’inquiétude des professionnels des médias hongrois a gagné Bruxelles : un des plus gros lobbies européens de journalistes s’est mobilisé contre la réforme des médias publics hongrois, récemment proposée par le gouvernement. Selon la fédération européenne des journalistes, les mesures y figurant feraient revenir la vie médiatique hongroise à l’ère communiste, au temps où un seul parti gérait les affaires de l’Etat et supervisait du même coup son appareil de propagande. Dans un futur proche et par soucis de comparaison, les conséquences de ce premier grand chantier de Viktor Orban en Hongrie pourraient bien nous rappeler les changements en profondeur dont fait l’objet l’audiovisuel public français depuis plus d’un an et demi. Cette semaine d’ailleurs, c’est encore Radio france qui a fait les frais de la politique médiatique de celui qu’il est désormais convenu d’appeler son « actionnaire ». « Cause toujours… » Maintenant que la FIDESz (par ses parlementaires Antal Rogan et Andras Cser-Palkovics) a décidé de s’y attaquer, les jours sont maintenant comptés pour la vieille loi de 1996, qui avait mis en place un système de régulation des médias communément jugé « trop politisé et inefficace » aujourd’hui. Il y a seulement deux semaines, le gouvernement a annoncé son projet au moment même où il lançait le débat au parlement. Lundi dernier, les premiers amendements y étaient votés. Du point de vue de l’opposition, des syndicats de journalistes nationaux, et d’ONGs, c’est donc la construction de la réforme, sans prendre le temps de la réflexion ni celui de la consultation, qui pose problème. Mercredi au Parlement, certains représentants de ces groupes étaient enfin invités à faire part de leur sentiment, et c’est bien ce point de vue qui a primé, suivi de la suspicion, à l’égard de la FIDESz, de vouloir mettre la main non seulement sur les médias publics, mais aussi sur le secteur tout entier. Qu’importe. Avec les deux tiers de la majorité au Parlement et en assurant Pal Schmitt, l’un de ses fidèles, à la Présidence de la République (le président de la Cour suprême et le procureur général seront nommés par ce dernier), la FIDESz n’aura sans doute aucun mal à rendre ce projet constitutionel et à le faire voter. Politique et médias : fini de rire! Pendant ce temps-là, en France, après que France télévisions n’ait vu son indépendance et sa qualité de programmes réduites par l’interdiction de diffuser des pubs après 20 heures, c’était Radio France qui perdait le sens de l’humour. On apprenait, jeudi matin, le départ forcé de ses deux humoristes politiques principaux, alors que la direction est elle-même fraïchement nommée par le président Sarkozy. Ainsi on peut, ci-dessous, apprécier respectivement la dernière chronique de Stéphane Guillon et celle de Didier Porte sur France Inter. Philippe Val, directeur des programmes d’Inter et ami personnel de Carla Bruni, s’est finalement défendu d’agir selon les souhaits de l’Elysée, après un long silence auquel il n’avait, autrefois, pas habitué ses lecteurs de Charlie Hebdo : « C’est du fantasme, On accuse sans preuve. Ni Jean-Luc Hes (directeur de la station) ni moi n’avons subi de pression ». « Cela fait un an qu’on dit qu’il y a des limites à ne pas dépasser, celles de la loi. L’injure et la diffamation sont sanctionnées. La non-reconduction de leurs contrats n’est pas politique mais fondée sur leur comportement », a-t-il afirmé. Rappelons cependant qu’aucune plainte à l’encontre de Porte ni de Guillon n’a jamais été déposée. Rappelons également que ces deux-là peuvent se targuer de rassembler plus de 2 millions d’auditeurs quatre matins par semaine en prime time. De plus, l’affaire Porte – Guillon n’est intervenue que quelques jours après que M. Sarkozy ne menace le rédacteur en chef du Monde – quotidien national de référence – de supprimer l’aide de l’Etat au journal si ce dernier s’apprêtait à être racheté par « un groupe d’hommes d’affaires de gauche »… Sans même avoir à parler de l’avalanche d’un certain nombre de scandales qui touchent plusieurs ministres et proches collaborateurs du gouvernement, on peut penser que pour la communication gouvernementale du mois de juin, la Coupe du monde de football et le fiasco qu’y ont vécu les Bleus de France tombent à pic. Bien qu’en Hongrie les médias s’expriment différemment en général, il est probable que la situation dégénère de la même façon qu’en France, toutes proportions gardées. Dans une Hongrie à nouveau dominée par des valeurs conservatrices, on peut s’imaginer que la satire, en particulier, n’a peut-être pas beaucoup de beaux jours devant elle. Dans un régime où l’exécutif et le législatif sont dominés par un chef et un parti, la contestation et la demande d’un débat public ne font de toute façon pas le poids face à la volonté de chefs d’ « Etats forts » de contrôler ce qu’ils peuvent encore dans leur pays. Articles liés : La réforme des médias pointe son nez Orban, façon « Sarkozie » En Hongrie, la presse reste en liberté Les pleins pouvoirs pour Orbán? Médias : merci MTI ! Le journalisme suisse et le blanchiment de l’info Sarko

La Magyar Garda, le 4 juillet 2009 sur Erzsébet tér (Hu-lala)

L’ordre et la sécurité, mais pas ceux de la Magyar Garda

28 juin 2010 à 12 h 05 min 0 commentaire

Devant l’Académie des officiers de police de Budapest, le premier ministre Viktor Orban a développé un discours sécuritaire, tout en dénonçant les groupes non-officiels qui voudraient se substituer à l’Etat dans cette tâche. L’ordre public et la sécurité doivent relever de l’Etat et seulement de lui. Ils ne sauraient être apportés par des groupes non-officiels de « paramilitaires » ou de « parapoliciers« , a réaffirmé le premier ministre Orban. « Si certains d’entre vous se perdent sur ce chemin, vous serez considéré comme des déserteurs« , a-t-il mis en garde. Une véritable nébuleuse de groupuscules, plus ou moins crédibles, d’ « autodéfense » d’extrême-droite s’est développée en Hongrie ces dernières années. Il ne fait pas de doutes que la menace d’Orban est dirigée directement contre le plus célèbre d’entre eux, la Magyar Garda (qui depuis les élections a semblé quelque peu délaisser ses fans de la capitale au profit des sinistrés des inondations du Nord et du Nord-est du pays). Il y a un peu plus d’un an, peu avant les élections européennes où Jobbik a obtenu son premier grand succès électoral, un accord de « coopération professionnelle » assez flou avait été signé entre l’un des deux syndicats policiers existants (TMRSZ) et le parti d’extrême-droite, suscitant un tollé dans les mondes politiques et syndicaux dénonçant une mise en danger de la sécurité nationale. Réalité ou communication politique ? Difficile de mesurer l’ampleur du phénomène désigné par Orban autrement que par le comptage des membres de la Garda et par l’affluence de leur supporters à chacune de ses démonstrations. Mais ces déclarations du premier ministre laissent supposer que les mouvements d’extrême-droite qui recrutent dans les rangs des services de sécurité de l’Etat ont la côte en ce moment. A moins que cela ne soit que pure stratégie politique et qu’après avoir adopté des mesures destinées à flatter la fibre nationaliste de son électorat et de celui de Jobbik, Viktor Orban ait voulu, par ces déclarations, signifier les limites de ce qu’il est prêt à concéder à son rival de droite. Tout au long de la campagne électorale, le candidat de l’ordre et de la sécurité  ["Le peuple a voté pour l'unité, l'ordre et la sécurité", avait déclaré Orban au soir de son triomphe aux dernières législatives] s’était montré très sensible au sentiment d’insécurité qui s’est développé dans les campagnes reculées de la Hongrie, lié selon lui à un abandon de l’Etat sous les deux derniers gouvernements socialistes. Un phénomène que Jobbik avait désigné, selon sa sensibilité particulière, la « criminalité rom ». Le parti avait visé juste : dans la quasi-totalité de ces campagnes « où la police ne va plus », une large partie de la population a délaissée la droite traditionnelle, mais encore plus le parti socialiste, pour se jeter dans les bras de Jobbik. Articles liés : Les liaisons dangereuses de la police avec l’extrême droite « L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor Tensions communautaires en vue La Garde hongroise est morte, vive la Garda La rébellion de la Magyar Gárda

Gyurcsány prêt à riposter

Gyurcsány prêt à riposter

21 juin 2010 à 16 h 30 min 0 commentaire

La vengeance est un plat qui se mange froid. Fidèles à ce proverbe, les lieutenants de Viktor Orbán montent de plus en plus souvent au créneau pour régler leurs comptes avec l’ancien premier ministre socialiste hongrois, Ferenc Gyurcsány. Ce dernier l’a affirmé lundi, il va se défendre contre ces accusations « empoisonnées », en abandonnant son immunité parlementaire s’il le faut. La FIDESZ accuse Gyurcsány d’avoir délibérément menti sur l’état réel des finances de l’Etat afin de réassurer sa réélection en 2006. Il faut croire que la droite n’a toujours pas digéré cette élection perdue et qu’elle a bien l’intention de se venger froidement, quatre ans plus tard. Lászlo Köver, chef de campagne de la FIDESZ a récemment déclaré au quotidien Magyar Hirlap que « Ferenc Gyurcsány devrait être poursuivi en justice depuis longtemps ». C’est via son blog que l’homme le plus détesté de la politique hongroise a fait face à ces accusateurs de la FIDESZ : « Je ne me cacherai pas derrière mon immunité parlementaire », a écrit Gyurcsány qui promet que, si le gouvernement va jusqu’au bout de sa logique et met ses menaces à exécution en le poursuivant en justice, il ne se laissera pas faire et se dressera contre « le monde déformé et les intimidations violentes de la Fidesz ». »S’il doit y avoir une bataille, alors qu’il y ait une bataille. », a-t-il prévenu. Si Ferenc Gyurcsány a quitté le devant de la scène politique hongroise en laissant sa place à Gordon Bajnai au printemps 2009, il n’en a pas pour autant quitté les coulisses. Dans les couloirs du parlement, où il est aperçu de plus en plus souvent, il se murmure depuis plusieurs semaines que Gyurcsány travaillerait à son grand retour, peut être même en créant un nouveau parti politique. En cela, les accusations répétées de ses adversaires de la FIDESZ pourraient lui offrir une bonne tribune pour faire réentendre sa voix. En 2006, le parti socialiste MSZP avait été le premier à réussir l’exploit de se faire reconduire au pouvoir sous l’ère démocratique. Quelques semaines après sa victoire, le nouveau gouvernement dirigé par Ferenc Gyurcsány annonçait un train de mesures d’austérité, à l’opposé de ses promesses de campagne, encore plus généreuses et irréalistes que celles de la FIDESZ. Quelques mois plus tard, le 6 septembre, ce qui reste connu comme le « discours d’Öszöd [dans lequel Gyurcsány avouait "Nous avons menti jour et nuit", Ndlr]» fuitait et faisait de lui l’« homme à abattre ». Article lié : Gyurcsany contre-attaque Biographie : La revanche de Viktor les partis hongrois « pour les nuls » (4/5) – MSzP Législatives : la bataille peut commencer

Les banques vont devoir payer !

Les banques vont devoir payer !

8 juin 2010 à 23 h 21 min 4 commentaires

Le premier ministre hongrois Viktor Orbán a présenté mardi au parlement un train de mesures économiques susceptibles de réduire le déficit budgétaire de l’Etat et de retrouver la confiance des marchés, dont notamment une taxation temporaire du secteur bancaire. Le plan prévoit aussi de revenir sur des promesses électorales de la FIDESz en matière de réduction d’impôts.

Viktor Orban pris en étau

Viktor Orban pris en étau

8 juin 2010 à 12 h 06 min 6 commentaires

Satisfaire les marchés financiers, ou satisfaire son électorat ? Maintenir une rigueur budgétaire en conformité avec les engagements de la Hongrie, ou tenir ses promesses de baisse d’impôts en laissant filer les dépenses publiques ? Voici le dilemme auquel est confronté le gouvernement de Viktor Orbán.

« Le FMI doit changer de point de vue »

« Le FMI doit changer de point de vue »

2 juin 2010 à 20 h 56 min 0 commentaire

Le nouveau gouvernement hongrois continue de souffler le chaud et le froid quant à son déficit public. Même en son sein, la question n’est pas tranchée. Lors d’une intervention télévisée dimanche soir, le chef de cabinet du premier ministre Viktor Orban, Mihály Varga, le FMI va devoir revoir sa position vis-à-vis de la Hongrie car le déficit public devrait s’établir, pour l’année 2010, bien au-delà des 5-6% du PIB prévu par le ministre de l’économie György Matolcsy. Selon lui, les études réalisées par 29 économistes indépendants laissent présager un déficit de 7,0 à 7,5% du PIB.

Poutine félicite Orban

Poutine félicite Orban

1 juin 2010 à 17 h 44 min 0 commentaire

Dans un communiqué relayé par l’agence de presse russe RIA Novosti, le premier ministre russe Vladimir Poutine a réagit à l’investiture officielle du nouveau gouvernement hongrois, samedi dernier, et félicité son homologue, Viktor Orban : J’espère que le travail de votre gouvernement contribuera au renforcement ultérieur des relations d’amitié entre nos deux pays. Pour ma part, je me réaffirme disposé à un travail actif avec vous et votre nouveau gouvernement sur des questions concrètes de la coopération russo-hongroise dans les domaines politique, économique, commercial, d’investissement et autres« . Il n’est pas certain que dans le domaine énergétique à long terme par contre, Orban puisse faire plaisir à Poutine et retarder le projet Nabucco, cher à l’Union Européenne pour esquiver le gaz russe et multiplier les ressources gazières et pétrolières avec des pays du Moyen-Orient et d’Asie centrale. Articles liés : La Russie réaffirme son leadership de l’énergie en Hongrie Comparée à Malév, Easy Jet fait de l’hypocondrie A Budapest, le froid entre Kiev et Moscou impose un remede rapide Une stratégie énergétique régionale pour en finir avec l’Ukraine Nabucco passe le Parlement Nabucco, l’esquive du gaz russe

Moins de députés à partir de 2014

Moins de députés à partir de 2014

21 mai 2010 à 18 h 25 min 2 commentaires

Orban avait fait de la réduction du nombre de députés au Parlement l’une des promesses de sa campagne électorale. Quelques jours à peine après que le Fidesz ait annoncé officiellement son projet de diminution du nombre de sièges au Parlement, une modification de la Constitution a été validée hier par l’Assemblée, rendant effective cette réduction pour les prochaines législatives, en 2014. Dès les prochaines législatives, l’Assemblée ne sera constituée que de 200 députés, au lieu de 386 aujourd’hui. Il y aura également jusqu’à 13 députés supplémentaires qui représenteront les minorités vivant en Hongrie. Pour modifier la Constitution, il est nécessaire qu’au moins deux-tiers des députés soient en accord avec la modification. Le parti d’Orban ayant remporté plus de deux-tiers des sièges du Parlement lors des récentes élections, celui-ci n’a eu aucun problème a effectuer cette modification constitutionelle. Les effets de ce changement ne seront effectifs qu’en 2014, lors des prochaines législatives. Dès lors, pourquoi voter cette modification de la Constitution tout juste après l’inauguration de la nouvelle Assemblée, alors même que le nouveau gouvernement n’a toujours pas prêté serment ? Sans oublier que le MSzP avait proposé un projet similaire en février 2009, auquel le Fidesz s’était opposé. Officiellement, les mesures de réduction du nombre de députés et de ministères – ils sont passés de 13 à 8 – sont destinées à réduire les dépenses de l’Etat et à le rendre plus efficient. Elles traduisent surtout une volonté évidente de concentration du pouvoir. Articles liés : L’excédent commercial a atteint 664 millions d’euros en janvier-février Le déficit pourrait atteindre de 4.5 à 6.5% en 2010 Le nouveau gouvernement Orbán prend forme Viktor prépare son gouvernement La « Supermajorité » pour la FIDESz Les pleins pouvoirs pour Orbán? « L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor

L’adoption de l’euro en Hongrie, une question de diplomatie

L’adoption de l’euro en Hongrie, une question de diplomatie

10 mai 2010 à 8 h 00 min 1 commentaire

Le nouveau chef de la diplomatie hongroise n’est autre que Janos Martonyi, qui occupait déja ce poste de 98 à 2002. Si certaines têtes ne changent pas à la FIDESz et dans les différents gouvernements Orban, certains discours diplomatiques non plus. Surtout en ce moment, lorsqu’on leur parle d’adoption de l’euro… A peine désigné, Janos Martonyi (à droite de François Fillon sur la photo) en a profité pour faire une de ses premières sorties médiatiques la semaine dernière. Il a indiqué que son gouvernement ne remettrait pas en cause les efforts de la Hongrie pour adopter l’Euro, et ce, malgré les difficultés  rencontrées par la monnaie unique depuis l’éclatement de la crise en Grèce. Cependant, sans surprise, il s’est bien gardé d’avancer la moindre échéance à ce propos. « Nous désirons une intégration européenne plus forte et plus profonde, et une adhésion à la zone euro peut nous aider à atteindre cet objectif« , a déclaré le ministre des Affaires étrangères à Vilaggazdasag, magazine économique hongrois. A propos de la date d’adhésion, il n’a, par contre, pas failli à la discrétion de la FIDESz ces derniers mois, en précisant qu’il « ne faut fixer cette date que si le gouvernement est certain de pouvoir la tenir. » Si on veut, on peut? Le gouvernement Bajnai n’avait pas non plus fixé de date précise pour intégrer la zone euro, mais parlait tout de même de 2014, à condition que la Hongrie continue sa réforme budgétaire drastique commencée en novembre 2008, moment où la Hongrie a emprunté 20 milliards d’euros au FMI, à la Banque mondiale et à l’UE. Bien que les finances du pays soient donc surveillées de près par les créanciers internationaux, Martonyi et la FIDESz n’entendent pas montrer le moindre manque de confiance. Si l’Union européenne devait, à terme, se transformer en une communauté économique à deux vitesses, M. Martonyi a indiqué qu’il voulait que la Hongrie « fasse partie du noyau dur« . Espérons pour lui que le dicton selon lequel « si on veut on peut », se vérifie dès les prochains mois. Enfin, la présidence semestrielle hongroise de l’UE en janvier prochain, est, selon Martonyi, « une bonne occasion pour démontrer que la Hongrie est un pays européen très capable« . En attendant, Viktor Orban, toujours président de la Fidesz, doit prêter serment en tant que nouveau Premier ministre le 14 mai, jour où le nouveau Parlement tiendra sa première session. Fin mai ou début juin, ce sera au tour de l’ensemble de son nouveau gouvernement . Articles liés : L’excédent commercial a atteint 664 millions d’euros en janvier-février Le déficit pourrait atteindre de 4.5 à 6.5% en 2010 Le nouveau gouvernement Orbán prend forme Viktor prépare son gouvernement La « Supermajorité » pour la FIDESz Les pleins pouvoirs pour Orbán? « L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor Résultat des législatives : le retour de la Droite La Fidesz gouvernera seule : « Csak a Fidesz! » MSzP – FIDESz: le FMI, créancier mais pas arbitre

Orban, « façon Sarkozie »

Orban, « façon Sarkozie »

26 avril 2010 à 23 h 31 min 1 commentaire

Dans un courrier envoyé à Viktor Orban ce matin, le chef de l’Etat français a félicité « chaleureusement » le nouveau Premier ministre hongrois, pour sa large victoire dans les urnes. Il partage à cette occasion l’analyse de la Fidesz, selon laquelle ce résultat majoritaire est historique et relève d’une « révolution » éléctorale. Bien qu’un grand écart quant aux intérêts franco-hongrois existe entre les deux hommes, notamment à Pécs par exemple, ils pourraient bien s’entendre sur leur styles respectifs. Dans un langage diplomatique qui ne lui ressemble pas, il a souligné que le résultat de la Fidesz fait appel à  » une responsabilité particulière, au moment où, plus de six ans après son entrée dans l’Union européenne, la Hongrie va assumer la présidence du Conseil de l’Union européenne au premier semestre 2011″. On voit de quoi il parle, lui qui s’est si bien mis en avant lors de sa Présidence française de l’UE. Grâce au quinquénat présidentiel en France mis en place à partir de 2002, ses deux victoires consécutives aux élections présidentielles et législatives avec l’UMP lui ont donné, en l’espace de moins de deux mois, les pleins pouvoirs à la française depuis 2007. En cela, Nicolas Sarkozy, lui même d’origine hongroise, devrait trouver en Viktor Orban un homologue (en terme de chef d’Etat) taillé sur mesure pour lui et la Hongrie, tant dans la gestion du pouvoir, que dans le conservatisme et dans le style. Rappelons que ce dernier avait d’ailleurs pris les devants dans ses accointances de chefs d’Etat avant l’heure (fin mai dernier), en rendant une visite amicale mais néanmoins « cavalière » à Silvio Berlusconi juste après s’être plaint à Merkel de la corruption politique dans son pays. Dernière petite similitude de « style » enfin, avec son lointain concitoyen Sarkozy, Viktor Orban vient de prendre les rênes de ce qu’on appelle politiquement l’Orbanie depuis que Gabor Vona a lâché l’expression. Ca rappelle les débuts de Nicolas, à l’exception près qu’il serait très surprenant qu’Orban donne dans « l’ouverture à gauche » pour se faire apprécier du peuple, lui dont les services de Premier ministre sont déja bien connus en Hongrie. Articles liés : Le Président hongrois planifie la première session parlementaire pour le 14 mai La supermajorité pour la FIDESz Orban attendu comme le messie Démissionnera, démissionnera pas? « L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor Les pleins pouvoirs pour Orbán? Les vrais enjeux du scrutin Comment sont élus les parlementaires hongrois? « L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (2/5) – La FIDESz Résultat des législatives : le retour de la Droite Les résultats des élections en cartes La Fidesz gouvernera seule : « Csak a Fidesz! » Pécs VS Suez: le ring est à Budapest La boulette du père Orban

La « Supermajorité » pour la FIDESz

La « Supermajorité » pour la FIDESz

26 avril 2010 à 0 h 13 min 0 commentaire

Budapest, 21h00. L’hymne hongrois retentit sur Vörösmarty tér, où se sont rassemblés plusieurs milliers de sympathisants de la FIDESz, le parti grand vainqueur des élections parlementaires hongroises. Viktor Orban, son leader, a fait son entrée triomphale 15 mn plus tôt, pour annoncer un résultat historique : la majorité des deux-tiers au parlement. Au terme du second tour, son parti vient de décrocher 263 des 386 sièges que compte le parlement. Il lui en fallait 258 pour s’assurer de cette majorité. Depuis 19h, la foule s’est rassemblée pour suivre sur des écrans  géants l’évolution du dépouillement retransmis en direct par Hir TV. Les résultats sont accueillis circonscription après circonscription. Chaque siège décroché par la droite déchaîne les applaudissements. Une bronca accompagne la démission de Ildiko Lendvai, tête du parti socialiste, tout comme le discours de son candidat, Attila Mesterhazy. L’intervention télévisée de Gabor Vona, le leader de Jobbik n’a, elle, suscitée que peu de réactions. Vient l’arrivée de Orban, le nouvel « homme fort » du pays, qu’il va diriger pour les quatre années à venir. Entouré par tous les cadres de son parti, il commence : « Aujourd’hui, il y a eu une révolution dans les isoloirs. [...] Les Hongrois ont renversé le système, pour en créer un nouveau. L’ancien système de politiciens abusant de leur pouvoir a été remplacé par celui de l’unité nationale. C’est à l’aune de cette unité nationale que l’on mesurera les choses à l’avenir« . Son discours, précise-t-il, s’adresse aux « Hongrois à l’intérieur et hors des frontières ». Il ne durera pas longtemps, un petit quart d’heure. La cérémonie est ponctuée par l’hymne national, puis une partie du public entonne l’hymne des Sicules, rapidement repris par les hommes en costume (Voir photo). Après huit années consécutives au pouvoir, les socialistes sont rejetés dans ce qu’il reste de l’opposition, avec 59 sièges. A l’extrême-droite, Jobbik, fait son entrée au parlement et s’impose comme la troisième force politique, avec 47 sièges. Lehet Mas A Politika, le parti vert-libéral, nouveau venu lui aussi, disposera de 16 sièges pour se faire entendre. Crédit photo : HU-LALA Articles liés : Les pleins pouvoirs pour Orbán? Les vrais enjeux du scrutin Comment sont élus les parlementaires hongrois? « L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor Résultat des législatives : le retour de la Droite Les résultats des élections en cartes La Fidesz gouvernera seule : « Csak a Fidesz! » Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus

2è tour des législatives : les résultats en continu

2è tour des législatives : les résultats en continu

25 avril 2010 à 14 h 52 min 0 commentaire

Le grand parti de droite, la FIDESz a déjà remporté ces élections au premier tour, le 11 avril. Ce qui se joue aujourd’hui, c’est la majorité parlementaire des deux-tiers que ce parti et son leader, le futur premier ministre Viktor Orban, pourraient obtenir. Pour cela, il lui suffit de remporter encore 52 sièges. Les bureaux de vote ont ouvert a 6h ce matin et fermeront à 19h. Les premiers résultats partiels devraient être communiqués vers 22H, par la commisssion électorale du ministère de l’Intérieur, Országos Választási Bizottság (OVB). 17h30 : Le taux de participation au niveau national s’élève à 41,9%, contre 46,8% au premier tour. 15h : Le taux de participation au niveau national s’élève à 33,5%, contre 46,8% au premier tour. 13h : Le taux de participation au niveau national s’élève à 27,1%, contre 35,9% au premier tour. 11h : Le taux de participation au niveau national s’élève à 19,4%, contre 24,8% au premier tour. 9h : Le taux de participation au niveau national s’élève à 8,5%, contre 10,2% au premier tour. 7h : Le taux de participation au niveau national s’élève à 1,4%, contre 1,6% au premier tour. 6h : Ouverture des bureaux de votes Pour en savoir plus sur les enjeux de ce second tour : Les pleins pouvoirs pour Orbán? Articles liés Les vrais enjeux du scrutin Comment sont élus les parlementaires hongrois? « L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor Résultat des législatives : le retour de la Droite Les résultats des élections en cartes La Fidesz gouvernera seule : « Csak a Fidesz! » Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus

Orbán attendu comme le messie

Orbán attendu comme le messie

23 avril 2010 à 8 h 37 min 0 commentaire

Selon un récent sondage réalisé par l’Institut Nezöpont, presque ¾ des Hongrois (72%) sont satisfaits des résultats du 1er tour des élections parlementaires. Il ressort aussi et surtout de cette étude que la majorité des Hongrois ne sont pas inquiets quant à offrir une écrasante majorité à la FIDESz au parlement. Bien au contraire, ils y sont favorables. 57% d’entre eux estiment que donner la majorité parlementaire des deux-tiers à ce parti présente plus de bénéfices que de risques. Seulement un quart (27%) considère que cela serait « plus néfaste que positif » pour le pays. Pour 16%, cette question n’évoque rien et ne suscite aucune réponse. Ces résultats traduisent l’échec de la stratégie du parti socialiste MSzP qui dénonce depuis le 1er tour des  élections la menace que constitue le fait de donner un « pouvoir excessif » au chef de la droite, Viktor Orbán. Ils révèlent aussi la lassitude d’une majorité d’entre eux face aux querelles politiques et politiciennes qui ont agité le pays et divisé sa population depuis les dernières législatives de 2006. Articles liés: Les pleins pouvoirs pour Orbán? Les vrais enjeux du scrutin Comment sont élus les parlementaires hongrois? « L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor Résultat des législatives : le retour de la Droite Les résultats des élections en cartes La Fidesz gouvernera seule : « Csak a Fidesz! » Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus

Les pleins pouvoirs pour Orbán?

Les pleins pouvoirs pour Orbán?

22 avril 2010 à 8 h 32 min 4 commentaires

En obtenant 52,8% des votes, la FIDESz a acquis la majorité absolue au Parlement dès le premier tour des élections législatives. Celle que vise désormais le parti de droite au second tour, dimanche prochain 25 avril, c’est la majorité des deux-tiers. Celle qui lui offrirait… les pleins pouvoirs. Le parti d’Orbán a déjà assuré 206 des 386 sièges que compte le Parlement hongrois. Il reste 121 sièges à attribuer. Un deuxième tour n’est nécessaire que dans 57 circonscriptions. La FIDESz doit en remporter au moins 48, ce qui est loin d’être « mission impossible », car le parti est largement en tête dans la majorité d’entre elles. La majorité des deux-tiers lui permettrait de faire passer toutes ses propositions de lois sans faire alliance avec aucun autre groupe parlementaire, que ce soit les socialistes du MSzP, l’extrême droite Jobbik, ou LMP. Elle lui permettrait aussi et surtout de modifier la Constitution et ainsi d’entreprendre unilatéralement de modifier la loi dans des domaines aussi sensibles pour une démocratie que la liberté de la presse et le droit de grève. La Fidesz serait en mesure de « réécrire les règles de base du fonctionnement de la République », comme l’a prévenu Tamas Lörincz, éditorialiste du quotidien de gauche Nepszava. Laszlo Köver – pressenti aux côtés de Zoltan Pokorni pour remplacer Orbán à la direction du parti, si toutefois ce dernier laisse sa place – a annoncé lundi que la FIDESz ferait amender, de manière certaine, quatre lois qui requièrent la majorité des deux-tiers, si elle l’obtenait : la loi sur les élections, sur les collectivités locales, sur les médias et sur la double nationalité des Hongrois d’outre-frontière. En plus de ces quatre lois, son parti envisage aussi de s’attaquer à des lois régissant la police et les services de sécurité. Les socialistes mettent en garde Modifier la loi sur les élections et sur les médias !? Des lois « sur-mesure » faciliteraient grandement le travail de la FIDESz lorsqu’il s’agira de se faire réélire, dans quatre ans… Les socialistes ne disent pas autre chose. Attila Mesterhazy, leur candidat défait, a averti hier que la majorité des deux-tiers pour la FIDESz mettrait la démocratie hongroise en danger. Selon lui, les projets de modifications de la législation ne sont pas destinés à servir les intérêts du pays mais à servir ceux du parti lors des prochaines campagnes électorales. Les plans de la droite, « préfigurent l’avènement d’un parti unique« , craint-il. Le jeune Mesterhazy, lui qui n’avait 15 ans lorsque le système communiste s’est effondré en Hongrie, ne saisit peut être pas toute l’ironie de la situation : il est le candidat d’un parti fondé sur les braises encore chaudes du Parti socialiste ouvrier hongrois MSzMP (Magyar Szocialista Munkáspárt)… le parti unique de la République populaire de Hongrie. Orbán en a rêvé, le peuple hongrois l’a (PRESQUE) fait Pour Viktor Orbán, c’est le but de toute une vie qui est en passe de se réaliser. Au mois de février dernier, il avait partagé son rêve d’un système au parti unique, et dont il serait le chef bien entendu, avec les lecteurs de l’hebdomadaire conservateur Nagyítás.   »La dualité du système politique semble tendre vers sa fin et être remplacée par un champ de forces politique central. A la place s’inscrira dans la durée un grand parti gouvernemental, en mesure d’articuler les intérêts nationaux. … Je m’engage personnellement pour que, au lieu d’avoir une politique marquée par des luttes permanentes, on privilégie une politique dont l’objectif est la gouvernance permanente. », estimait-il alors. Articles liés : Les vrais enjeux du scrutin Comment sont élus les parlementaires hongrois? « L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor Résultat des législatives : le retour de la Droite Les résultats des élections en cartes La Fidesz gouvernera seule : « Csak a Fidesz! » Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus

Démissionnera, démissionnera pas ?

Démissionnera, démissionnera pas ?

21 avril 2010 à 0 h 23 min 0 commentaire

Lundi, la chaîne de TV privée RTL Klub avait annoncé avec fracas la démission du futur premier ministre Viktor Orban, après le second tour des législatives, ce dimanche. Ce n’est pourtant pas le genre de la « maison Orban » d’abandonner un poste pour laisser sa place aux autres. Dès le lendemain, l’intéressé démentait cette information via Facebook

Les minorités resurgissent comme par magie

Les minorités resurgissent comme par magie

20 avril 2010 à 23 h 47 min 7 commentaires

Avec l’arrivée prochaine au pouvoir de la droite en Hongrie, la question des minorités hongroises du bassin des Carpates va immanquablement faire son grand retour. La FIDESz n’a pas encore officiellement pris le pouvoir que déjà on réentend parler d’elles, et que déjà, les premiers contrecoups se font ressentir dans les pays voisins « abritant » une importante minorité magyare. « Nous voulons mettre un terme à la discrimination dont sont victimes les Hongrois des pays voisins. » Par ces mots, János Martonyi, l’ancien et probable futur ministre des affaires étrangères de Viktor Orbán, dénonce le fait que ceux-ci n’ont pas accès à la citoyenneté hongroise, contrairement aux Magyars des Etats-Unis, d’Australie ou d’Europe de l’Ouest. Martonyi se défend pour autant de projeter un octroi massif de passeports hongrois.  »Je voudrais une nouvelle fois mettre l’accent sur le fait que la citoyenneté pourrait seulement être octroyée sur une base individuelle, au cas par cas. » Cela ne suffira certainement pas à rassurer les Etats voisins, surtout s’ils se souviennent du passage de Martonyi aux affaires étrangères de 1998 à 2002. Il avait fait de l’autonomie culturelle et territoriale des minorités hongroises une priorité de sa diplomatie. Il s’était notamment lancé dans une dangereuse surenchère lors de la guerre Otan-Serbie au printemps 1999, alimentant un parallèle entre les Albanais du Kosovo et les Hongrois de Voïvodine. Le levier d’Orbán Qu’il ait la majorité des deux-tiers au parlement ou pas, le futur premier ministre devra faire des concessions. Dès lors, il sera la cible perpétuelle des attaques de la droite radicale. Pour les contrer, il va devoir « donner dans » le nationalisme. Il dispose d’un levier très intéressant et qu’il a déjà exploité a plein lorsqu’il fut premier ministre, de 1998 à 2002 : les Hongrois d’outre-frontière. Rien de tel en effet pour un politicien hongrois que de s’ériger en défenseur du peuple et de l’identité hongroise – des thèmes chers aux droites traditionnelle et extrême – que de soulever la question des minorités hongroises. On peut donc s’attendre à ce que le nouveau gouvernement pousse des cris d’orfraie, à chaque fait divers impliquant un Hongrois de Slovaquie, de Serbie ou de Roumanie. Du côté des Slaves du Sud… Vendredi, les Présidents hongrois, serbe et croate se sont rencontrés dans le Sud de la Hongrie, à Pécs, pour discuter de cette question. Laszlo Solyom, Boris Tadic et Ivo Josipovic ont émis un communiqué commun dans lequel ils affirment l’utilité du concept de « nation culturelle » pour résoudre les problèmes liés aux minorités en Europe centrale et dans les Balkans. Les nations culturelles ont toutes un pays-mère responsable de leur famille ethnique a déclaré le président hongrois, précisant que cela ne pouvait en aucun cas s’accompagner de prétentions territoriales. S’il n’est rien ressorti de décisif de cette rencontre, elle a eu le mérite d’entretenir un dialogue constructif. Il n’en va pas de même avec les voisins Slovaques. Du côté slovaque… C’est avec la Slovaquie que cela risque de « coincer » le plus, notamment en raison de la loi linguistique slovaque de l’été dernier. Jan Slota, le leader de l’extrême-droite locale, qui participe à la coalition gouvernementale, a gratifié la presse d’une spectaculaire « sortie » samedi dernier via l’agence de presse TASR. Certainement en réaction à la victoire de la FIDESz et pour donner le change à la percée de Jobbik. Selon lui, « La nation slovaque est présente historiquement sur ce territoire depuis plus de 1500 ans. Les tribus hongroises mongoloïdes qui sont arrivées ici sur leurs chevaux poilus répugnants viennent seulement de fêter leurs mille ans d’existence. Ces vagabonds, ces restes de nomades, sont très peu nombreux  sur le territoire de la Hongrie actuelle. […] Saint Etienne [ndlr : Szent István, fondateur du royaume de Hongrie] s’est associé avec les princes slovaques et des chevaliers francs et a massacré ces mongols qui se trouvaient sur le territoire historique de la Hongrie. Il est possible que certain d’entre eux aient survécu en se cachant dans les marais de roseaux.« , a déclaré le président du parti national slovaque (SNS). Pas de quoi s’émouvoir franchement de cette nouvelle « sortie », quand l’on connaît le triste personnage et sa faculté à déblatérer des diatribes anti-hongroises et anti-roms, lui qui avait déjà préconisé de placer les Roms et les Hongrois dans des camps, et qui a déclaré très récemment posséder des informations sérieuses quant à des plans d’invasion de la Slovaquie par la Hongrie. Dans ce domaine, le seul qui soutient la comparaison avec lui est le serbe Tomislav Nikolic qui, au cours de la campagne qui avait bien failli le propulser à la présidence de la République en 2004, avait déclaré concernant les minorités de Voïvodine qu’après sa victoire, les Hongrois recevraient un sandwich et les Slovaques deux, car ils ont plus de route à faire… Articles liés concernant la Serbie : Hongrie-Serbie : Quand il n’est plus question de guerre, mais de coopération Voïvodine: une autonomie de façade? La Voïvodine un peu plus autonome Articles liés concernant la Slovaquie : Les fantasmes magyarophobes de Jan Slota atteignent des sommets Des étudiants hongrois revendiquent leurs droits en Slovaquie « Dialogue de sourds » sur la loi linguistique slovaque Bratislava redoute l’arrivée de la FIDESz au pouvoir Les Slovaques persistent et signent En Slovaquie, le feuilleton magyarophobe continue Bruxelles plutôt favorable aux Hongrois La Hongrie se plaint de la Slovaquie à Washington Le Président hongrois refoulé de Slovaquie La Slovaquie veut faire taire sa minorité hongroise

Le chômage toujours à la hausse

Le chômage toujours à la hausse

19 avril 2010 à 8 h 07 min 0 commentaire

La courbe du chômage a continué de grimper de décembre à février, pour atteindre 11,4% de la population active, selon KSH. Viktor Orban, le probable futur premier ministre, a largement fait campagne sur le thème du chômage, et promis la création d’un million d’emplois au cours de son mandat.

« L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor

« L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor

12 avril 2010 à 3 h 22 min 0 commentaire

Viktor Orban semble avoir réussi son pari. Huit ans après, il redevient, sans aucun doute, Premier ministre dès le premier tour des élections législatives. Il est également en passe d’avoir un Parlement acquis à sa cause aux deux tiers, synonyme des pleins pouvoirs. Son parti, la FIDESz, remporterait 206 sièges sur 386 (52.8% des voix). Les socialistes du MSzP, avec 19.3%, se sont vus infliger une défaite humiliante, en n’occupant plus que 28 sièges, tandis que l’extrême droite de Jobbik, fameuse pour sa Magyar Garda, les talonne à moins de trois points (16.7%). Le parti radical nationaliste partageait, dimanche, la vedette de la presse internationale avec la victoire écrasante d’Orban. Après 20 ans de représentation parlementaire au centre, tantôt plus à droite, tantôt plus à gauche, l’entrée à l’Assemblée  de 26 députés Jobbik, parti anti-capitaliste, anti-tziganes, anti-juifs, anti-gays… est très commentée (www.kuruc.info, le portail d’informations de Jobbik, est la preuve la plus criante de toutes ses phobies). Elle ferait presque oublier la performance du jeune parti pro-écolo et pro-intégration des minorités LMP (7.4%), qui lui aussi pourrait y faire entrer 5 députés après le deuxième tour le 25 avril. Ce jour-là, seulement 111 sièges seront disputés dans 57 circonscriptions (sur 176 au total) par des candidats qui n’ont pas reçu au moins la moitié des suffrages. Les réactions à chaud FIDESz La star du soir, Viktor Orban, n’a pas boudé son plaisir mais est apparu serein devant son QG sur Vörösmarty tér hier soir : « Je ressens la joie totale, mais en même temps, je sais au plus profond de mon cœur que je me tiens devant la plus importante tâche de ma vie. Nous savons que les attentes sont énormes et nous sommes prêt à y répondre […] Le peuple a voté pour l’unité, l’ordre et la sécurité« . Cela annonce la couleur, maintenant qu’Orban a presque tous les pouvoirs. Péter Szijjarto, « bras droit » de Viktor Orban de 32 ans (un des jeunes loups du parti connu pour avoir les dents si longues qu’il raye les parquets des salles de conférence de presse), ne manque pas de confiance en lui face aux bailleurs de fonds internationaux de la Hongrie. « Le gouvernement Fidesz fera de son mieux pour maintenir un budget aussi bas que possible … mais 3,8%, c’est ridicule« , a t-il affirmé, reconnaissant dans le même temps que cela serait très important pour l’image de la Hongrie sur les marchés financiers. Bien qu’Orban pensait déja à une formation gouvernementale sans lui aux premières loges en août dernier, Szijjarto est aujourd’hui pressenti à l’Economie. MSzP Le MSzP accuse le coup et la claque qu’il vient de prendre le laisse un peu K.O. Très peu de déclarations autres que celle de son « candidat-martyr », Attila Mesterhazy, qui a peut-être finalement apprécié la fin du calvaire. Jobbik Insatiable, le leader de l’extrême-droite Gabor Vona apprécie la « perf », mais ne s’en contente pas. « Contre vents et marées, Jobbik a réussi a doubler son nombre d’électeurs depuis un an.[…] Je ressens cependant que les deux-tiers des Hongrois supportent Jobbik, mais ils ne le savent pas encore« , a-t-il réagit à l’annonce des résultats. Selon lui, l’avenir de la Hongrie est au Jobbik. Chez Jobbik, on estime que sans les récents scandales qui ont éclaboussé certains de ses cadres, nottament Gabor Vona lui-même, le parti serait en mesure d’être la deuxième force politique du pays. LMP Lors de son dernier discours jeudi dernier, le chef de file du LMP, Andras Schiffer, avait prédit que « dimanche, un miracle allait se produire« . Il est très certainement aux anges à l’heure actuelle, ayant reçu la visite de la nouvelle Ambassadrice des Etats-Unis au siège de son parti. MDF Le candidat Lajos Bokros, n’a pas réussi à réanimer son parti, le MDF (2.6%). A tel point que sa présidente, Iboya David, a donné sa démission à l’annonce des résultats. Bonjour l’ambiance dans le parti… Articles liés : Comment sont élus les parlementaires hongrois? Les vrais enjeux du scrutin Un ancien du MSzP prend huit ans fermes A Paris, Morvai est « sympa » et Gyurcsany est Bill Gates Jobbik craint des fraudes électorales La Fidesz gouvernera seule : « Csak a Fidesz! » Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus Un 15 mars tout en douceur Viktor Orban joue « la force tranquille » Législatives : la bataille peut commencer MSzP – FIDESz: créancier mais pas arbitre Conjoncture difficile pour l’économie hongroise La Magyar Garda a sa pornstar L’antisémitisme et Jobbik à Szentendre Jobbik ne marche pas si droit Ce qu’il reste de la Budapest Pride Législatives: la bataille peut commencer « Ensemble, tout devient possible » ? Jobbik enfin au régime de la loi sur le financement des partis Jobbik prêt à entrer au Parlement 1956, des commémorations à l’avant-goût électoral Le sondage déconcertant de la semaine Orban, déja Premier ministre? L’Europe au Jobbik! Européennes: l’abstention et la droite Emeutes à la manif anti Bajnai

Résultat des législatives : le retour de la Droite

Résultat des législatives : le retour de la Droite

11 avril 2010 à 23 h 29 min 0 commentaire

Le premier tour a été décisif. La FIDESz de Viktor Orban, est, comme prévu, le grand parti vainqueur des élections législatives en Hongrie, avec 52.77% des suffrages exprimés. Les socialistes sortants sauvent tout juste les meubles en récoltant 19.29% des voix, devant la « menace » de l’extrême droite représentée par Jobbik (16.71%). Ce dernier confirme son bon résultat aux européennes de l’an dernier, et augmente, même, son nombre d’électeurs. Le MSzP reste donc le deuxième parti de Hongrie, alors que du côté de la « nouvelle gauche » du LMP, on signe un très bel exploit, celui d’entrer dans le carré des partis au Parlement grâce à 7.42% des électeurs qui se sont rendus aux urnes. La participation est officiellement communiquée (64.3% soit 5 104 174 ), mais le dépouillement des tous derniers bulletins de vote ayant encore lieu. Ces dernières heures ont d’ailleurs été le théâtre d’un petit imbroglio tragi-comique, dû à l’organisation du scrutin. Le orange n’est pas toujours une couleur de looser. La Hongrie le prouve aux élections législatives ce soir… Graphiques : www.hu-lala.org Articles liés : Comment sont élus les parlementaires hongrois? Les vrais enjeux du scrutin Chronique politique: les partis hongrois « pour les nuls » (5/5) – LMP Chronique politique: les partis hongrois « pour les nuls » (4/5) – MSzP Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (3/5) – MDF Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (2/5) – FIDESz Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (1/5) – Jobbik Pas facile de faire de la politique « autrement » en Hongrie? Un ancien du MSzP prend huit ans fermes Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus Rencontre avec le parti LMP, Lehet Más A Politika Jobbik, enfin au régime de la loi sur le financement des partis En Hongrie, la corruption est à la maison La Fidesz gouvernera seule : « Csak a Fidesz! » Comment sont élus les parlementaires hongrois? Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus Rencontre avec le parti LMP, Lehet Más A Politika

Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (2/5) – La FIDESz

Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (2/5) – La FIDESz

6 avril 2010 à 19 h 14 min 1 commentaire

Toujours à droite, mais plus modéré que Jobbik, la FIDESz  (Fiatal Demokraták Szövetsége, soit Alliance des jeunes démocrates), fondée en 1988 comme une association de jeunesse anti-communiste alors que le régime agonisait, est donnée largement en tête des suffrages pour le 11 avril prochain. Et si aujourd’hui son président Viktor Orban fustige les extrémistes de droite pour en récolter les votes, il n’en a pas toujours été de même. Petit-fils de paysans, ce libéral qui fut le plus jeune 1er ministre d’Europe, de 1998 à 2002, s’est peu à peu « droitisé » au cours de la décennie 90. Il est maintenant acquis au conservatisme et au nationalisme. Richesses nationales et investisseurs étrangers Au cœur des préoccupations du parti : la privatisation. La FIDESz entend « remettre la main » sur toutes les ressources stratégiques du pays, l’eau en premier lieu. De ce point de vue, l’affaire Suez à Pécs n’était pas anecdotique mais plutôt un aperçu de ce que pourrait être la politique du parti. Bien que le parti soit pro-européen – Il adhère au Parti Populaire Européen (PPE) -, il cultive la méfiance à l’égard de l’Union Européenne et de la mondialisation en général. Il prône au contraire un Etat fort et interventionniste, ainsi qu’un accès facilité aux services publics. Il est en cela assez proche de la gauche française (bien que sa composante nationaliste l’en démarque nettement). Les marchés d’hier ne semblant plus aussi fructueux aujourd’hui, il semblerait évident que la Fidesz veuille surveiller de plus près certains contrats de privatisation dans des secteurs stratégiques, aujourd’hui presqu’entièrement aux mains de capitaux étrangers. Un parti unique ? Orban confiait récemment à l’hebdomadaire conservateur « Nagyítás », son idée d’un parti unique gouvernemental qui mettrait fin au duel incessant entre socialistes et conservateurs et protègerait ainsi les intérêts nationaux. Le président de la Fidesz accuse fermement la pluralité politique de semer la confusion. Fier de ses propos anti-démocratiques, Orban rêve surtout d’omnipotence: « Je m’engage personnellement à ce que, au lieu d’avoir une politique marquée par des luttes incessantes, on privilégie une politique dont l’objectif est la gouvernance permanente. » Pour atteindre ce but, la Fidesz devrait changer la constitution, ce qu’elle serait en mesure de faire, si elle remportait une majorité de 2/3 au Parlement… Articles liés : Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (5/5) – LMP Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (4/5) – MSzP Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (3/5) – MDF Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (1/5) – Jobbik La Fidesz gouvernera seule : « Csak a Fidesz! » Comment sont élus les parlementaires hongrois? Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus Un 15 mars tout en douceur Viktor Orban joue « la force tranquille » Législatives : la bataille peut commencer MSzP – FIDESz: créancier mais pas arbitre Conjoncture difficile pour l’économie hongroise

La gestion économique hongroise saluée par le Sénat américain

La gestion économique hongroise saluée par le Sénat américain

5 avril 2010 à 0 h 50 min 0 commentaire

Samedi,une délégation du Sénat américain, de passage à Budapest, a vivement salué les efforts du gouvernement Bajnai et sa gestion exemplaire, en Hongrie, de la crise mondiale. De bon augure pour la possible rencontre du Premier ministre avec Barack Obama, à Prague dans la semaine.

A Paris, Morvai est « sympa » et Gyurcsány est Bill Gates

A Paris, Morvai est « sympa » et Gyurcsány est Bill Gates

2 avril 2010 à 18 h 58 min 0 commentaire

Les journalistes du plus grand site d’info-tainment hongrois, Index.hu, montrent toujours qu’ils aiment jouer sur tous les terrains. On se souvient de leur reportage mythique sur la réaction des gens d’Alattyán, village d’origine de la famille Sarkozy de Nagy-Bocsa, au moment de l’élection de Nicolas à la présidence de la République en 2007. Une bonne semaine avant le premier tour des législatives en Hongrie, ils ont dépêché une petite équipe dans les rues de Paris, des portraits de Viktor Orban, de Ferenc Gyurcsány (tous deux ici à gauche) et de Kristina Morvai à la main. La vidéo a été postée aujourd’hui sur index.hu Le journaliste a commencé par demander aux passants quel visage leur parle le plus en tant que représentant politique. Souvent, le sourire de Krisztina Morvai (ici à droite), euro-députée du parti d’extrême droite Jobbik, est jugé sympathique par les parisiens interrogés. L’air besogneux de l’ancien Premier ministre socialiste Gyurcsány respire, lui, le sérieux et les affaires (un des passants l’a même pris pour Bill Gates). Quant au regard fuyant d’Orban, leader du parti conservateur Fidesz et d’ores et déja assuré d’être le futur Premier ministre hongrois, il n’inspire « étrangement » personne. Peut-être plus intéressantes que le micro-trottoir lui-même, certaines réactions digressives des passants sur la politique hongroise et française en général sont à découvrir. Un indicateur non négligeable en marketing politique La leçon de morale faite aux jeunes « reporters » hongrois par une journaliste française qui passait par-là, selon laquelle « on ne juge pas un homme politique sur une photo » relève d’une naïveté très croustillante. Cette dame, manifestement très « vieille école » dans l’approche de son métier, semble également ignorer l’impact immense du visuel dans le marketing politique… Il serait judicieux qu’elle se souvienne de l’affiche de campagne de Jean-Marie Le Pen en 2002 (ici à gauche)… L’intérêt de ce type de reportage est certes assez limité politiquement, sinon pour se rendre compte à quel point la politique hongroise est ignorée à l’ouest de l’Europe, mais la rédaction ne pouvait s’empêcher de faire partager ce florilège de réactions étrangères et francophones sur les principaux visages politiques hongrois. On se demande alors comment auraient réagi les passants à la vue de celui de Lajos Bokros, qui ne peut laisser indifférent! Voir la vidéo d’index.hu à Paris

La Fidesz gouvernera seule : « Csak a Fidesz! »

La Fidesz gouvernera seule : « Csak a Fidesz! »

1 avril 2010 à 13 h 59 min 0 commentaire

La Fidesz ne souhaite aucune forme de coalition pour atteindre la majorité des deux-tiers, une fois sa victoire acquise, a déclaré Péter Szijjarto, chef de cabinet de Viktor Orban, devant un parterre de journalistes internationaux. C’est une annonce qui ne surprendra personne, car le parti martèle depuis déjà une quinzaine de jours sur les bus et les espaces publicitaires de la ville : Csak a Fidesz ! (Seulement la Fidesz). La Fidesz – qui, doit-on le rappeler, est le parti de droite promis à une large victoire aux élections législatives les 11 et 25 avril prochains – balaie ainsi toute idée de coalition avec le parti de la droite extrême Jobbik, une éventualité qui inquiétait au plus haut point la presse et les institutions européennes. « Nous ne formerons pas de coalition pour atteindre les deux-tiers [ndlr : la majorité au Parlement] avec qui que ce soit. Les autres partis voteront comme ils l’entendent et puis c’est tout« , a clarifié Szijjarto. « Nous ne voyons pas d’autre parti avec lequel nous pourrions coopérer de manière organisée. Nous n’aurons pas de coopération avec le Jobbik car c’est un parti extrémiste. Il n’est pas question de coopérer avec eux et je ne vois pas non plus comment coopérer avec les socialistes [ndlr : le MSzP actuellement au pouvoir] non plus », a-t-il ajouté. Après avoir tergiversé et laissé planer le doute un temps quant à son attitude vis-à-vis de l’extrême-droite, il semble donc que la Fidesz ait opté pour la stratégie du « cordon sanitaire ». Mais, devant rendre des comptes à Bruxelles et aux investisseurs étrangers si impliqués dans la vie économique du pays, a-t-elle vraiment le choix ? Articles liés : Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus Un 15 mars tout en douceur Viktor Orban joue « la force tranquille » Législatives : la bataille peut commencer

Un 15 mars tout en douceur

Un 15 mars tout en douceur

16 mars 2010 à 3 h 44 min 0 commentaire

Hier, lundi 15 mars, la journée ensoleillée de fête nationale hongroise s’est déroulée sans surprises, sans heurts, à un moment clé d’une campagne électorale particulièrement faible à tous les niveaux. Avant le premier tour des législatives, dans un peu moins d’un mois, le 11 avril prochain, la sagesse et la séduction étaient donc de mise pour les trois principaux partis politiques hongrois. Espérons pour le MSzP que les sondages actuels sont plus représentatifs du destin parlementaire de la Hongrie, que l’applaudimètre du jour… MSzP : service minimum Le MSzP, encore aux affaires, et son leader de campagne, Attila Mesterhazy, ont dû marquer le coup malgré celui qu’ils prennent en ce moment au moral. Ils se sont réunis à un petit carrefour aux abords du Pilvax café, haut lieu de la révolution de 1848 et de l’indépendance de la Hongrie qui était célébrée hier. Les socialistes, à 20% d’intentions de vote actuellement et talonnés par Jobbik (selon Szonda Ipsos le 11 mars), sont donc restés très discrets mais dignes, à l’heure du repas de midi, en comité restreint dans les petites rues du 5ème arrondissement. Quelques centaines de personnes étaient présentes au moment du discours de celui qui a accepté de donner son visage à la déroute annoncée du parti au pouvoir. Mesterhazy a prévenu des dangers du romantisme des promesses électorales de l’extrême droite, en passe de devenir la seconde force politique du pays, et s’est inquiété des possibles alliances que la FIDESz pourrait envisager avec Jobbik lorsque le gouvernement aura besoin des deux tiers du Parlement pour faire voter une loi. Pour l’anecdote, on a pu s’apercevoir qu’à l’image du pays aux yeux de certains Hongrois sortis dans les rues de Budapest hier, le « Pilvax » lui-même n’a pas gardé son symbolisme magyar historique, pusqu’il est devenu un Irish pub depuis, arborant fièrement les couleurs de la Guiness. FIDESz : attention à ne pas prendre la grosse tête Un peu plus tard dans l’après-midi, entre 8000 et 10000 Hongrois se sont déplacés derrière le château de Buda, à Dozsa Gyorgy tér, où la FIDESz et son leader charismatique, Viktor Orban, ont allié sobriété et grandeur, histoire d’avoir, par avance, le triomphe modeste. Orban a pu apparaître dans un bain de soleil devant une foule placée sur le flan de colline, et profiter ainsi d’un espace grandiose à moindres frais. Pas d’écrans géants, pas de grands concerts, juste la foule au rendez-vous et Orban savourant sa popularité devant le château. Nul doute donc que cette campagne ne soit que du plaisir pour l’ancien Premier ministre, qui n’a ni besoin de défendre un programme, ni besoin de confrontation médiatique pour gagner haut la main. L’invitation de Mesterhazy faite à Orban à la télévision a d’ailleurs été écartée d’un revers de main par le directeur de campagne de la FIDESz, Péter Szijjarto : « la date de péremption d’un débat stérile avec vous est déja largement dépassée », a t-il répondu. Même chose pour les débats à l’assemblée sur les politiques publiques sociales, agricoles et économiques : les représentants FIDESz ne sont jamais venus aux débats organisés par le gouvernement actuel toute la semaine dernière. Cet excès de confiance pourrait cependant empêcher la FIDESz d’atteindre à elle seule les pleins pouvoirs, c’est-à-dire plus de 65% des sièges. Entre janvier et mars, le principal parti conservateur d’opposition est passé de 63 à 57% d’intentions de vote parmi les électeurs déja décidés. Jobbik : de bonnes raisons d’y croire En organisant son meeting au même moment que la FIDESz hier, Jobbik aurait pu également lui piquer son slogan de campagne (« itt az idő »). La bande à Gabor Vona a mis le paquet, tout en rationalisant « radicalement » son rassemblement derrière la basilique Saint Etienne, en plein centre ville : des milliers de sympathisants (environ 8000) adeptes de la mode à couleur sombre, des écrans géants, une mise en scène et des spectacles sophistiqués. La loi sur le financement des partis politiques n’a donc manifestement pas encore affecté ce jeune parti à l’ascension fulgurante, puisque ses affiches sont parmi les plus présentes au centre de Budapest et son « show » d’hier était de loin le plus coûteux. A noter, les membres de la Magyar garda se sont distingués avec le port de la collection « printemps-été » de leur uniforme: pantalon camouflage et bombers noirs. Juste avant le moment historique de son entrée au Parlement, le parti nationaliste se devait de tenir un discours toujours aussi radical, mais avec beaucoup plus de tenue politicienne et surtout un comportement résolument moins belliqueux de ses supporters. La reconnaissance démocratique qui leur est promise prochainement à de quoi les apaiser. Jobbik est d’ailleurs le parti qui risque de tirer le mieux son épingle du jeu des électeurs indécis, qui sont estimés à 38% encore aujourd’hui. Entre janvier et mars, les nationalistes sont passés de 12 à 17% dans les sondages, pour le moment apparemment au détriment de la FIDESz, car le MSzP semble stabiliser ses mauvais résultats. Ce score de Jobbik correspondrait à plus de trois fois le nombre de voix nécessaires pour entrer au Parlement (5%). crédits photos : coriander Articles liés : 15 mars: Orban prend du recul Un 15 mars en campagne Orban joue « la force tranquille » La FIDESz est dans la rue L’étau se resserre sur la FIDESz Législatives: la bataille peut commencer « Ensemble, tout devient possible » ? Jobbik enfin au régime de la loi sur le financement des partis Jobbik prêt à entrer au Parlement 1956, des commémorations à l’avant-goût électoral Le sondage déconcertant de la semaine Orban, déja Premier ministre? L’Europe au Jobbik! Européennes: l’abstention et la droite Emeutes à la manif anti Bajnai

15 mars: Orbán prend du recul

15 mars: Orbán prend du recul

5 mars 2010 à 20 h 21 min 0 commentaire

Le kis körut de Budapest paraissait bien trop court pour que les trois principaux partis politiques y tiennent leurs meetings du 15 mars comme prévu. Cette fête nationale,  jour de révolution, est célébrée chaque année différemment selon les affinités politiques des Hongrois. A ce moment clé de la campagne des élections législatives, la FIDESz a décidé, mercredi, de déplacer son rassemblement de l’autre côté du Danube, à Dozsa György tér. Des dizaines de milliers de personnes y sont désormais attendues pour célébrer le plébiscite actuel de Viktor Orban dans les sondages. La raison avancée par le cabinet de campagne de l’ancien Premier Ministre est la promiscuité entre les rassemblements, tous concentrés entre Astoria et Déak tér. Avec sa popularité, Orban méritait bien plus d’espace, et de prestige. Son allocution en sera d’autant plus enjolivée qu’elle aura lieu avec le château de Buda en arrière-plan. Sans aucun doute, son image sera elle aussi bien plus télégénique de cette façon. Une autre raison officieuse pourrait s’ajouter à ce « déménagement » (FIDESz organisait ses meetings à Astoria depuis des années). A la droite de la FIDESz et des Démocrates-chrétiens, les nationalistes radicaux du Jobbik, toujours plus nombreux, auraient pu gêner. Articles liés: Un 15 mars en campagne Orban joue « la force tranquille » La FIDESz est dans la rue 1956, des commémorations à l’avant-goût électoral Emeutes à la manif anti Bajnai

MSzP-FIDESz: le FMI, créancier mais pas arbitre

MSzP-FIDESz: le FMI, créancier mais pas arbitre

16 février 2010 à 20 h 22 min 0 commentaire

Les socialistes du MSzP, encore aux affaires en Hongrie pour 7 semaines, se félicitent des remarques élogieuses du FMI et des instances européennes formulées lundi, à propos des finances du pays. En bon opposant, la FIDESz reste de mauvaise foi sur le bilan économique du gouvernement Bajnai, et l’accuse d’avoir approfondi la crise. Au centre, le FMI constate, mais ne s’imisce pas dans les affaires internes du pays, surtout pas en période de campagne électorale. Il ignore de ce fait les sondages qui promettent à Orban une large majorité au Parlement en avril. Lajos Szabo, membre MSzP de la commission budgétaire au Parlement, a rapporté qu’à l’issue d’une réunion lundi, le FMI « apprécie les efforts de la Hongrie ». Nous nous en serions doutés… Mihaly Varga, bras droit de Viktor Orban à la FIDESz, a, lui, signalé qu’ « un changement est maintenant non seulement attendu en Hongrie, mais également  ailleurs. »  Varga est d’ailleurs prévu, en cas de victoire, aux ministère des Finances déja depuis l’été dernier. Prendre en compte le changement d’approche économique qu’occasionerait un retour d’Orban au pouvoir serait judicieux. Mais bien qu’on puisse anticiper son protectionnisme, la façon détaillée avec laquelle il compte opérer une fois au pouvoir dans la période critique actuelle, reste encore très vague. Un créancier ferme, impartial et confiant Fidèle à sa fonction, James Morsink, chef de la délégation du FMI lors de cette visite, est resté impartial dans son jugement sur le futur proche des affaires hongroises, mais il a vivement conseillé à la Hongrie d’augmenter ses efforts à moyen terme. C’est à dire: quelque soit le futur gouvernement, il devra redoubler d’efforts pour réduire sa dette publique. Selon Morsink, la FIDESz s’était engagée à poursuivre un plan budgétaire de rigueur. Il a également rappelé que le parti avait toujours dit que la coopération de la Hongrie avec le FMI était essentielle. Reste à savoir qu’elle sera la rhétorique d’Orban avant et après les élections lorsqu’il devra expliquer les choses. L’attitude du représentant du FMI peut laisser penser qu’il reviendra forcément, un jour ou l’autre, sur l’annonce qu’avait faite son parti, d’un déficit à hauteur de 7% du PIB. Orban sort les muselières Pour l’heure, sa cote lui permet de gérer un certain silence et, lorsqu’il s’exprime publiquement, une certaine langue de bois. En bon chef de meute, il distribue au passage des muselières aux autres « loups » de son parti. Car si la victoire avec une majorité simple est quasi gagnée d’avance, c’est maintenant une super majorité qui se joue pour Viktor Orban. Une récente déclaration de Mihály Varga sur d’éventuelles modifications du système des retraites a provoqué une avalanche d’enquêtes Szonda Ipsos, indiquant aujourd’hui la perte de près de 250.000 sympathisants FIDESz en un mois. De son côté, le ministre des Finances, Péter Oszko, joue une autre partition. Il a annoncé que le gouvernement gèlerait tous les fonds nécessaires à la stabilité du budget 2010, toujours afin d’assurer l’objectif, convenu avec le FMI, d’un déficit de 3,8% du PIB à la fin de l’année. A Washington par contre, le FMI ne tient pas à avoir la même réputation qu’a obtenu son Directeur général « DSK  » avec la stagiaire hongroise Piroska Nagy. Malheureusement pour le MSzP, qui aurait pu s’en faire un allié pour plaider un vote rationel, le fonds ne fourrera pas son nez plus loin en Hongrie. Peu importe comment, pourvu que la dette se comble. Ironie de la démocratie Le MSzP ne récoltera donc peut-être jamais le fruit de ses efforts. Aux dernières législatives de mai 2006, il avait réussi à se faire réélire dans des conditions déplorables, décrites comme telles juste avant les élections par le Premier ministre sortant de l’époque, Ferenc Gyurcsány lui-même. Son fameux discours à Balatonoszöd, enregistré à son insu et diffusé  en septembre 2006 sur la radio nationale, comportait certes des propos malheureux, mais honnêtes »: « Nous n’avons rien foutu (…) Nous sommes les seuls a avoir déconné comme çà (…) On a menti le matin, le midi et le soir…». Il avait présenté ses excuses publiques, mais n’avait pas démissionné. Plus de 2 ans et demi plus tard, en mars 2008, il a effectivement  quitté son poste, un peu à contre-temps, pour laisser sa place à son ministre des Finances, l’intérimaire Gordon Bajnai. Début janvier, les services secrets ont identifié le délateur du « discours d’Oszöd », un député socialiste qui avait manifestement choisi de trahir son Premier Ministre. Aujourd’hui, avec son bilan et sans échéance électorale personelle, Gordon Bajnai, Premier ministre jusqu’au 25 avril, fait figure de bon samaritain. Articles liés: Viktor Orban joue « la force tranquille » Rencontre avec le LMP SzDSz-MDF, l’alliance de circonstance Législatives: la bataille peut commencer Conjoncture difficile pour l’économie hongroise Jobbik, enfin au régime de la loi sur le financement des partis La Hongrie en a t-elle fini avec le FMI? « Ensemble, tout devient possible » Jobbik prêt à entrer au Parlement Solyom, avec 8 mois de retard Orban dénonce des trucages dans le budget 2010 Le Parlement valide le budget de crise Orban, déja Premier ministre? 1956, des commémorations à l’avant-goût électoral Européennes: l’abstention et la droite La boulette du père Orban

L’argument électoral du droit à la házi palinka

L’argument électoral du droit à la házi palinka

15 février 2010 à 22 h 57 min 0 commentaire

La FIDESz a enfin dévoilé l’essentiel de son programme… sur la házi palinka! Bien qu’elle soit sûre de gagner les élections, l’opposition fait la promesse électorale la plus grivoise de l’année. A l’heure où partout en Europe, sous prétexte de santé publique, on aseptise l’hygiène de vie des consommateurs à l’aide du droit sur l’alcool, la FIDESz promet le retour du bon vieux droit à produire son eau-de-vie de fruits à la maison. Si la mesure parle à beaucoup de monde en Hongrie, elle n’aura pas pour autant un impact fondamental sur le porte-monnaie, auquel cas il faudrait s’inquiéter. La Palinka dite « Hazi » (de la maison) est une version souvent bien plus forte en degrés d’alcool que la palinka commerciale, allant parfois jusqu’à 70°.  S’il remporte les élections législatives d’avril, Viktor Orban, a promis de lever la loi de 2004 concernant les bouilleurs de cru maison pour fêter ca. Les Hongrois ont distillé leur propre eau de vie de fruits depuis des générations, mais la loi avait mis en place un contrôle plus ou moins strict de cette pratique, afin de réduire les risques associés à la production libre d’alcool. Fidesz prévoit de rétablir l’ancien régime question tradition, mais cela se limitera à tolérer les bouilleurs maison qui produisent en petite quantité et pour leur propre usage. Actuellement, les producteurs de fruits doivent encore apporter leur récolte aux distilleries certifiées, ce qui leur coûte en moyenne 1.300 forints, soit 5 euros par litre. Mais, comme dans beaucoup de domaines en Hongrie, il y a un décalage entre la loi et les pratiques. Ce rétablissement du droit à distiller chez soi ne ferait donc qu’officialiser un phénomène familial qui n’a pas été tant bouleversé depuis 6 ans. On imagine que de nombreux producteurs locaux accueillent tout de même cette promesse avec un certain enthousiasme, au grand dam des professionnels de la santé qui trouvent la mesure irresponsable. Ainsi va la démocratie. Articles liés: Tokaj, un vin exclusivement hongrois Festival au pays de la gastronomie

Viktor Orban joue « la force tranquille »

Viktor Orban joue « la force tranquille »

11 février 2010 à 18 h 32 min 0 commentaire

Vendredi dernier lors d’un de ses habituels discours sur « l’état de la Nation », Viktor Orbán, leader conservateur de la FIDESz, a donné l’impression que son retour au pouvoir n’était plus qu’une simple formalité. Grâce à la situation dans laquelle se trouve son principal adversaire, le MSzP, c’est en en faisant le minimum qu’il gagne un maximum.  Face aux attaques timides d’Attila Mesterhazy, il lui restait le choix, à sa droite, de domestiquer ou de mépriser Jobbik. Il a finalement choisi de répondre sereinement aux critiques à la télévision lundi. Désormais, avec les sondages actuels à l’appui, il prétend jouer seul pour une victoire écrasante au Parlement, qui lui donnera peut-être les pleins pouvoirs. Comme le montre la photo redimensionnée de la version en ligne de Népszabadsag, le journal démocrate libéral n’a pas manqué de faire apparaître le tribun tant attendu au gouvernement en petit tyran capricieux. Cela rappellerait presque quelqu’un… quoique. Ce que les autres candidats reprochent à Orban, c’est justement qu’il n’a pas besoin « d’en raconter » pour être élu. Personnellement, il n’avait rien proposé de concret depuis des semaines, mais il n’a encore fait aucune grande promesse illusoire, telle qu’incarner le retour du pouvoir d’achat, du plein emploi, de la propriété pour tous… entre autres. « Parler pour ne rien dire »… mais au bon moment Orban a été cruellement prévisible lors de son discours d’une heure à Millenaris vendredi dernier. Il a déclaré qu’il était « prêt à assumer personnellement la responsabilité de gouverner la Hongrie« , et que son parti est « prêt pour former un gouvernement fort, responsable et laborieux« . Les poncifs d’actualité tels que le « changement » et « une honnêteté nouvelle dans la vie publique et privée » ont bien sûr été martelés. Toujours aucune trace du moindre programme donc, ni du moindre détail concret de ce que « sera » sa politique gouvernementale. « Cela fait 20 ans qu’un tel besoin profond de changement a été ressenti pour la dernière fois » a déclaré Viktor Orban, faisant référence à la fin du régime communiste, période à laquelle il s’était fait connaître par un discours exigeant le retrait total de l’armée soviétique du sol hongrois. « A l’époque, nous étions fiers. Aujourd’hui, nous sommes considérés comme faibles, et c’est la faiblesse du gouvernement actuel qui en est responsable » a t-il ajouté. Les « doléances » du candidat Mesterházy En face, le candidat du Parti socialiste (MSzP) au poste de Premier ministre, fait figure de sacrifice humain. Attila Mesterházy n’a pour seule stratégie de campagne que le bilan – pas si mauvais – de Bajnai, malgré les scandales qui s’accumulent dans le secteur public. Sur le plan de la communication, il souffre d’un gros manque de notoriété, de charisme et d’assurance. Ainsi, il a passé toute la semaine dernière à demander à Viktor Orban de s’exprimer sur son programme et sur ses intentions politiques concrètes. Dernier « fait d’arme » en date, une vidéo d’une minute postée sur YouTube, mercredi dernier, dans laquelle il invite Orbán à confirmer si la Fidesz laissera le déficit budgétaire s’agrandir jusqu’à 7 % du PIB, tel qu’elle l’a déja laissé entendre. Il questionne aussi Orbán sur la centralisation des médias d’Etat que la FIDESz a également envisagée. Aussi, et la réponse d’Orban devrait être dans le résultat final de l’élection, Mesterhazy veut savoir si la FIDESz réécrira la Constitution, dans le cas où elle l’emporte avec plus des deux tiers des voix. Il a enfin souhaité connaître la position d’Orban sur les extrémistes en Hongrie et sur le parti nationaliste Jobbik, sachant qu’il est fort probable que ce dernier fasse sa première entrée au Parlement avec un résultat de 10 à 15%. Les adversaires se débattent, Orban réserve ses surprises… A la suite de l’intervention d’Orban à Millenaris, Jobbik a déclaré qu’il avait entendu « un enlisement, un discours de campagne idéologique qui n’avait rien de concret. Cela pose la question, deux mois avant l’élection, de ce que sera la politique de la FIDESz ». Question concret, « l’autre parti de droite » dont l’extrémisme n’a d’égal que le populisme, a défini des points clés dans son programme électoral: «Oserait-il (Orban) dire la vérité sur le grand capital multinational, l’Union européenne, le Fonds monétaire international, l’expansionnisme israélien, ou la criminalité tzigane? » Mesterházy, a, quant à lui, fustigé le discours d’Orban, dépourvu de substance ou de tout autre élément politique réel à son goût. «C’était comme si Viktor Orbán avait peur d’être retiré de la liste électorale de son parti s’il rentrait un tant soit peu dans les détails de son programme » a déclaré Mesterházy. Une réaction candide de la part de l’agneau du MSzP. En ayant pour seule tactique de faire parler Orban sur ce qu’il ferait une fois au pouvoir, Mesterhazy hésiterait presque à employer le futur au lieu du conditionnel. Une chose est très probable: un Orban silencieux et sûr de gagner dans cette conjoncture-là réserve plus de mauvaises surprises que de miracles une fois élu. …et méprise Jobbik à la télé Lors d’un entretien télévisé lundi, Viktor Orban a finalement répondu à sa manière à Attila Mesterhazy. Il s’est tout d’abord prononcé sur le cas du Jobbik dans le cadre gouvernemental et parlementaire. Il a exprimé un mépris de façade à l’égard du parti d’extrême droite et a déclaré qu’un vote Jobbik était « une voix gaspillée ». Il a aussi été négatif sur la question d’une possible alliance de la FIDESz avec le Jobbik après les élections en cas de victoire, même dans le cas où une telle association l’aiderait à faire adopter une loi exigeant une majorité des deux tiers au Parlement. Aux critiques selon lesquelles le parti ne dispose pas d’un programme, il a répondu que la Fidesz avait déjà publié un manifeste… en 2007!  Il a aussi rappelé que son discours du Millenaris comportait des propositions de politiques spécifiques telles que la création d’un million d’emplois… sur dix ans! En effet, Viktor Orban voit très loin… en direction du passé ou vers le futur. Sans forcément proposer quoi que ce soit d’autre, il a réaffirmé la position de son parti sur le fait que leLire la suite

Escalade des responsabilités dans l’affaire BKV

Escalade des responsabilités dans l’affaire BKV

11 février 2010 à 7 h 03 min 0 commentaire

L’affaire BKV continue, c’est le moins que l’on puisse dire. A travers certains hauts fonctionnaires municipaux de Budapest, elle prend même une tournure exclusivement politique. Mises en examen, gardes à vue, assignations à résidence, démissions… avant les législatives, ce scandale de corruption au sein d’un service public est devenu le cheval de bataille populiste des politiques et des médias de l’opposition, qui profitent de cette aubaine pour s’assurer une victoire d’une facilité historique. Cette affaire symbolise aujourd’hui le décalage entre les salaires mirobolants des dirigeants et la gestion calamiteuse dans beaucoup d’entreprises du secteur public depuis déja un bon moment en Hongrie.

Conjoncture difficile pour l’économie hongroise

Conjoncture difficile pour l’économie hongroise

26 janvier 2010 à 20 h 51 min 0 commentaire

La Hongrie est toujours sous le coup de son exploit économique en fin d’année dernière, celui d’avoir atteint l’objectif de déficit budgétaire de 3,9% du PIB. Cependant, le changement annoncé de gouvernement dans 3 mois laisse les investisseurs encore frileux. Le parti au pouvoir n’a théoriquement pas de raisons de se priver dans ses dépenses de campagne d’une part, et la rhétorique de l’opposition n’augure rien de bon pour la dette publique et les finances budgétaires pour le moment.

« Ensemble, tout devient possible » ?

« Ensemble, tout devient possible » ?

4 janvier 2010 à 7 h 13 min 0 commentaire

Le 1er janvier a été l’occasion pour les principaux protagonistes de la vie politique hongroise de transmettre leurs vœux à leurs concitoyens pour l’année qui commence et de leur faire part de leurs (bonnes) résolutions. Un point commun, tous jouent l’apaisement et promettent le changement. Pour la Hongrie, l’année 2010 sera avant tout l’année des élections générales qui se tiendront au printemps prochain et dont tout le monde espèrent qu’elles marqueront la fin de l’instabilité politique et de la division nationale qui secouent le pays depuis plusieurs années. Dans une allocution à  la  télévision nationale  Vendredi 1er janvier, le Président hongrois Laszlo Solyom a souhaité que l’année 2010 soit celle du renouveau pour son pays. « L’année électorale 2010, offre une chance de prendre un nouveau départ dans la vie politique et les affaires publiques », a déclaré M. Solyom. Il a plaidé pour que le gouvernement et l’opposition adoptent un nouveau ton et modèrent leurs querelles. Selon lui, ce nouveau départ passe obligatoirement par une réconciliation sociale. Le Président a pris acte des désillusions de ses compatriotes vis-à-vis du changement de régime dans les années 1990 qui était censé leur apporter un niveau de vie égal à celui de l’Europe de l’Ouest. Concernant les élections à venir, il a préconisé que «chaque électeur décide en son âme et conscience quel gouvernement choisir « . Une sérénité pré électorale de circonstance Le même jour, le leader de la Fidesz, Viktor Orban, a déposé sur son site internet un message sur la même tonalité, arguant que la Hongrie devrait subir un renouvellement total. « Nous devons formuler ce qui a été mal fait et ce qui devrait être fait différemment à l’avenir”, a-t-il écrit. Ce « renouvellement total » tant espéré par Orban consisté évidemment en un changement de gouvernement en faveur de son parti, dont les derniers sondages créditent presque les deux-tiers des intentions de vote. Du côté de la majorité  socialiste, le candidat aux élections à qui revient la tâche titanesque d’éviter une déroute historique au Printemps prochain, Attila Mesterhazy, a botté en touche sur la chaîne de télévision privée RTL Klub. Il est temps, selon lui, que les politiciens hongrois travaillent ensemble pour le pays. « Nous devons arrêter la vendetta politique et découvrir les bases nationales », a- dit Attila Mesterhâzy. Un appel à la clémence qui a peu de chances d’être entendu par ses adversaires…aussi « bonnes » soient leurs résolutions. Articles liés : Solyom avec 8 mois de retard Le MSzP a trouvé son « martyr » Orbán déjà Premier Ministre?

Puskás, Bajnai et Orban saluent Ronaldo

Puskás, Bajnai et Orban saluent Ronaldo

23 décembre 2009 à 13 h 29 min 0 commentaire

Lundi soir à Zurich, lors du gala annuel de la FIFA, le premier Prix Ferenc Puskás de l’histoire a été décerné à Cristiano Ronaldo. Cette distinction a été créée pour récompenser le plus beau but de l’année.

Orban dénonce des trucages dans le budget 2010

Orban dénonce des trucages dans le budget 2010

7 décembre 2009 à 15 h 33 min 0 commentaire

Ce week-end, le leader du principal parti d’opposition hongrois Fidesz, a affirmé que le budget 2010, validé il y a une semaine au Parlement, est fondé sur la fabrication intentionnelle de données erronées. Le week end dernier, un groupe d’économistes s’est réuni, à la demande de Viktor Orban, pour reprendre les chiffres du fameux budget. A l’issue de cette réunion, la publication de chiffres véritables dénonçant les ruses utilisées par le gouvernement Bajnai pour « tromper les citoyens, les investisseurs étrangers et les organisations internationales » . Les « experts » de ce groupe ont signé une lettre ouverte, demandant au Parlement de rejeter le budget 2010. En ce qui concerne la grave crise financière que traverse la compagnie aérienne nationale hongroise Malev, Viktor Orban a d’ores et déja promis que ceux qui se sont rendus coupables de détournement de fonds iront « derrière les barreaux » , s’il est élu Premier ministre bien sûr. Articles liés : Biden passe la pommade à Bajnai Le Parlement valide le budget de crise Orban, déja Premier ministre?

Le MSzP a trouvé son "martyr"

Le MSzP a trouvé son "martyr"

2 décembre 2009 à 18 h 03 min 0 commentaire

Le parti socialiste hongrois a enfin trouvé son candidat pour les élections législatives du printemps 2010. Il s’agit du député socialiste Attila Mesterházy, que le comité exécutif du MSzP a choisi à l’unanimité, la semaine dernière. Le congrès du parti socialiste, qui se réunira le 12 décembre prochain, doit donner son assentiment à cette nomination. Cela devrait être une formalité tant cette candidature se présente, officieusement, comme un sacrifice. Un cataclysme politique annoncé? Les socialistes hongrois se devaient de trouver, au plus vite, un candidat pour les élections législatives de 2010. Ils ont lutté, pendant des mois, pour trouver la personne idoine pour les représenter, et dire que les candidats ne se sont pas bousculés au portillon relève de l’euphémisme. Aucune figure politique du MSzP n’était réellement motivée à porter comme un lourd fardeau, la défaite annoncée des socialistes au printemps prochain. Selon tous les sondages, le MSzP, qui a pourtant gagné 4 des 5 élections législatives depuis 1989, n’a quasiment aucune chance de l’emporter face à la Fidesz en avril prochain. Certains sondages prédisent même que les socialistes pourraient recueillir moins de voix que le Jobbik, le parti d’extrême droite. Ce serait une première, sans compter la charge symbolique que ce résultat porterait pour la Hongrie dans la conjoncture politico-économique actuelle. Après de nombreux refus, dont celui de l’actuel Premier Ministre d’intérim Gordon Bajnai, le MSZP n’a eu le « choix » qu’entre 2 candidats. L’expérimenté László Kovács, membre de la commission européenne depuis 5 ans, et le « jeune loup » Attila Mesterházy, 35 ans et vice-président du MSZP depuis avril dernier. Conscients de l’impopularité de l’UE en Hongrie ces temps-ci, les socialistes déclarent officiellement faire le pari du long terme, en misant sur la jeunesse de Mesterházy pour incarner un renouveau de façade dont ils ont réellement besoin. Ce dernier, mis au fait de la difficulté de sa tâche, semble déterminé comme jamais. Un vrai kamikaze… Il se décrit comme un « battant » et s’estime prêt à « 110% » pour relever ce défi « herculéen ». Orban joue « la force tranquille » De son côté, la Fidesz connaît son candidat depuis toujours. L’ancien premier ministre Viktor Orbán, qui prépare son grand retour, a immédiatement commenté le choix de son rival socialiste. Par l’intermédiaire de son porte-parole, Péter Szijjártó, le parti de centre-droit a déclaré que Mesterházy, malgré son jeune âge, représentait la politique d’une ère révolue, celle menée par l’ancien premier ministre Ferenc Gyurcsány et par Gordon Bajnai aujourd’hui, une politique que des millions de Hongrois ne veulent plus voir au goût du jour. L’inexpérimenté Attila Mesterházy aura du pain sur la planche ces prochains mois. Il devra, par sa jeunesse et sa prestance, prouver aux électeurs qu’il incarne le « nouveau » MSzP. Un parti moderne et intègre en qui les Hongrois peuvent avoir confiance. Il devra surtout essayer d’éviter, une déculotée électorale pour le MSzP, parti de gouvernement historique. On se souvient qu’il n’en fallu pas plus que des élections européennes pour envoyer un autre parti historique de gouvernement, le SzDSz, aux oubliettes en juin dernier. Articles liés : Bajnai garde le cap Bajnai partirait au casse-pipe? 1956 : des commémorations à l’avant-goût électoral

Tensions communautaires en vue

Tensions communautaires en vue

29 novembre 2009 à 20 h 44 min 0 commentaire

Un sondage de l’institut Szonda Ipsos, publié vendredi dernier sur le site fn.hu, révèle que la moitié de la population hongroise s’attend à une détérioration des relations entre Roms et non-Roms. Cette étude intervient quelques jours après une sérieuse altercation entre membres du groupe paramilitaire « Magyar Garda » et de la communauté Rom. 51% des 800 personnes sondées estiment que les relations communautaires entre la majorité hongroise et la minorité Rom vont empirer dans un futur proche. 30% d’entre elles ne  s’attendent pas à une évolution significative, tandis que 7% font preuve d’optimisme, estimant que les liens entre les deux communautés vont se resserrer. Un peu plus de la moitié des sympathisants du parti de droite FIDESz (52%) et 43% de ceux du parti socialiste MSzP s’attendent à une détérioration des relations communautaires. Sans surprise, ce sont les sympathisants du parti d’extrême-droite Jobbik qui sont les plus enclins à prévoir une escalade dans le conflit (76%) entre Roms et non-Roms. La stratégie de provocation du Jobbik, un parti anti-Roms qui alimente la peur et les ressentiments vis-à vis de cette communauté, fonctionne, semble-t-il, parfaitement. Ce sont les moins de trente ans, les étudiants et les chômeurs qui apparaissent les plus pessimistes. La moitié des répondants a déclaré ne pas savoir quel parti politique serait le plus à même de gérer les tensions actuelles. Parmi les partis cités, la FIDESz recueille la confiance de 20% des personnes interrogées, contre 8% pour le parti socialiste et le Jobbik. Un incident qui aurait pu « tourner à la tragédie » Quelques jours avant ce sondage, le 15 novembre, la tension est dangereusement montée entre Roms et sympathisants de l’extrême-droite, à Sajóbábony, un bourg de 3000 habitants situé dans le Nord-est de la Hongrie, près de Miskolc. Des membres de la communauté Rom locale ont tenté de perturber -sans succès en raison de l’intervention de la police locale- la tenue d’un meeting du  Jobbik, un parti qui prospère en attisant les sentiments anti-Roms qu’ils désignent comme des ennemis du peuple hongrois. Le lendemain, apprenant que des membres de la Magyar Garda -sorte de milice créé par le Jobbik dans le but de « protéger le peuple hongrois et ses valeurs » et par ailleurs jugée illégale par la justice hongroise- se dirigeait vers le village, des Roms se sont armés pour leur faire face. Seule une réaction rapide de la police a permis d’éviter un affrontement direct entre les deux groupes. Mais, comme l’a constaté le porte-parole de la police locale, Bertalan Gaskó, « L’incident aurait pu facilement tourner à la tragédie si nous étions arrivé un peu plus tard« . Le porte-parole du gouvernement hongrois, Domokos Szollár, a estimé que l’action de la Magyar Garda était « inacceptable » et constituait une provocation à l’encontre de la population Rom locale. Le leader de l’opposition de droite, Viktor Orban, s’est habilement démarqué des positions du gouvernement qui a, selon lui, échoué à protéger tous ses citoyens et de l’extrême-droite qui tente de se substituer à l’Etat. « Chacun devrait se sentir en sécurité, indépendemment de son origine et de sa condition, et c’est le devoir de l’Etat d’assurer cette sécurité.« , a-t-il réagit aux évènements de Sajóbábony. Le « péril démographique » en cause C’est par le facteur démographique que beaucoup de Hongrois justifient leurs craintes d’une évolution négative des relations avec la minorité Rom. Les cris d’alarme qui dénoncent régulièrement la vitalité de la natalité de la population Rom, en comparaison de la démographie déclinante du reste de la population, entretiennent le pessimisme quant à l’amélioration de la situation économique et sociale du pays, ainsi que la peur d’une dilution de l’identité hongroise dans une société multi-ethnique. Il est de ce point de vue surprenant de constater que, dans sa dépêche rapportant les résultats de ce sondage, l’agence de presse hongroise MTI avance le chiffre de « presque un million », concernant le nombre de Hongrois d’origine Rom. Ce chiffre marque une rupture avec les « usages » précédents qui faisaient généralement état soit de « 400.000 à 600.000″ soit d’ »un demi-million » d’individus. Au dernier recensement général de la population, en 2001, un peu plus de 200.000 personnes ont déclaré leur appartenance à cette minorité.

Le capital étranger pris en grippe?

Le capital étranger pris en grippe?

16 novembre 2009 à 11 h 57 min 2 commentaires

Les investissements étrangers ont beaucoup contribué à redynamiser la prospérité des pays d’Europe centrale au cours des 20 dernières années. Pour échapper à la récession actuelle, ils ont, en toute logique libérale, d’autant plus besoin de capitaux venus d’ailleurs. Mais les réponses politiques à la crise économique s’avèrent souvent protectionnistes, populistes, et tendent à inverser cette logique, comme l’illustrent plusieurs épisodes récents de la vie économique en Hongrie.