Mots-clés associés : "union européenne"

Pour Fedor Loukianov, la Hongrie n’est pas un allié de Moscou

Pour Fedor Loukianov, la Hongrie n’est pas un allié de Moscou

11 avril 2014 à 12 h 01 min 0 commentaire

Si la Hongrie donne du fil à retordre à l’Union européenne, il ne faut pas s’attendre pour autant à ce que son Premier ministre s’allie avec la Russie, considère Fedor Loukianov, rédacteur en chef de la revue « Russia in Global Affairs ».

Les Hongrois, plus europhiles que la moyenne

Les Hongrois, plus europhiles que la moyenne

10 mars 2014 à 7 h 04 min 1 commentaire

Malgré la rhétorique souverainiste du gouvernement, l’Union Européenne et ses institutions jouissent d’une image plus positive en Hongrie que la moyenne européenne, selon le dernier rapport « Eurobaromètre ».

Travailleurs détachés : la Hongrie dans le camp de la « nouvelle Europe »

Travailleurs détachés : la Hongrie dans le camp de la « nouvelle Europe »

12 décembre 2013 à 7 h 40 min 5 commentaires

Les ministres du travail des États européens ont trouvé lundi un accord de régulation du « détachement » des travailleurs d’un pays à l’autre de l’Union européenne.

Sommet de Vilnius : Orban plaide pour l’élargissement de l’UE

Sommet de Vilnius : Orban plaide pour l’élargissement de l’UE

3 décembre 2013 à 8 h 00 min 1 commentaire

L’économie européenne ne sera pas compétitive sans la poursuite de la politique d’intégration et de libre-échange, a déclaré le Premier ministre Viktor Orban, lors du sommet du Partenariat oriental à Vilnius le week-end dernier.

Budget européen : le gouvernement hongrois très satisfait

21 novembre 2013 à 7 h 30 min 9 commentaires

La Hongrie sera l’un des grands gagnants du budget de l’Union Européenne 2014-20 approuvé par le Parlement européen mardi, s’est félicité le Ministère des Affaires étrangères. La Hongrie pourrait recevoir jusqu’à 35 milliards € de fonds de développement et de fonds agricoles au cours des sept années à venir. Sur une base par habitant, ce budget place la Hongrie en deuxième position la plus favorable parmi les 28 pays de l’UE.

La Hongrie prête à aider la Bosnie-Herzégovine sur la voie de l’intégration a l’UE

La Hongrie prête à aider la Bosnie-Herzégovine sur la voie de l’intégration a l’UE

11 novembre 2013 à 7 h 15 min 0 commentaire

La Hongrie fera tout son possible pour aider la Bosnie-Herzégovine à se rapprocher de l’adhésion à l’Union Européenne, a affirmé vendredi le Premier ministre Viktor Orbán à son homologue bosnien Vjekoslav Bevanda.

Non, la Hongrie n’est pas eurosceptique !

Non, la Hongrie n’est pas eurosceptique !

18 septembre 2013 à 8 h 00 min 2 commentaires

« La Hongrie n’est pas eurosceptique, mais euro-réaliste », c’est ce qu’a déclaré le Premier ministre Viktor Orban lors d’une conférence de consuls honoraires à Budapest ce mardi. En parallèle, une étude de l’institut Tarki montre une cote de popularité stable de l’UE depuis 2008.

Avec « panache », la Hongrie rejette le rapport Tavares

8 juillet 2013 à 10 h 20 min 9 commentaires

Le Parlement européen a adopté le rapport Tavares, dénonçant un risque grave d’atteinte aux principes fondamentaux de la démocratie en Hongrie. Immédiatement après cela, le Parlement hongrois a adopté une résolution qui vise à dénoncer la fois le contenu du rapport, l’ingérence de l’Union européenne, et l’inégalité de traitement dont souffrirait la Hongrie. Le début d’une escalade inédite ?

photo issue du site www.mno.hu

UE-Hongrie: « la bave du crapeau n’atteint pas la blanche colombe »

4 juillet 2013 à 11 h 21 min 3 commentaires

Mardi, le Parlement européen s’est penché sur le cas de la Hongrie. Les débats ont tourné autour des conclusions pessimistes du rapport Tavares sur la situation des droits fondamentaux dans le pays. Le rapport a été adopté lors du vote final, malgré la droite européenne, qui s’y est majoritairement opposée. Une gifle politique d’ampleur continentale pour le Fidesz, qui dénonce quant à lui un rapport partial, injuste, et incohérent.

Viktor Orbán : faire de l’austérité, sans en avoir l’air…

Viktor Orbán : faire de l’austérité, sans en avoir l’air…

21 mai 2013 à 7 h 27 min 1 commentaire

Le 1er ministre hongrois s’en est une nouvelle fois pris à l’Union européenne et à la politique d’austérité qu’elle veut imposer à la Hongrie. Le même jour, le ministre de l’économie annonçait un gel des dépenses de près de 100 milliards de forint.

Crédit : nol.hu

Pálinka : longue vie à la házi !

1 mars 2013 à 11 h 22 min 3 commentaires

La Commission européenne a décidé il y a quelques jours de traduire la Hongrie devant la Cour européenne de Justice en raison de la levée totale de la taxation de la production privée de Pálinka en 2010.

György Matolcsy, Viktor Orban et Mihaly Patai en mai 2011 - crédit : MTI

Banque centrale de Hongrie : une nomination sous haute tension

23 janvier 2013 à 18 h 25 min Comments are Disabled

Selon le site économique hongrois Portfolio.hu, le Premier ministre Viktor Orbán devrait nommer non pas une, mais deux personnes à la tête de la Banque centrale hongroise (Magyar Nemzeti Bank – MNB) début février. Malgré les nombreux avertissements des analystes de tous bords, l’actuel ministre de l’Economie György Matolcsy reste le grand favori pour remplacer András Simor au poste de gouverneur, dont le mandat prendra fin le 3 mars prochain.

UE : Conférence sur l’Education et les Energies Renouvelables à Vecsés

UE : Conférence sur l’Education et les Energies Renouvelables à Vecsés

7 juin 2012 à 8 h 21 min 0 commentaire

Le 13 avril 2012, la Municipalité de Vecsés (Hongrie) a accueilli dans le cadre du programme de l’Union européenne Interreg IV un grand nombre de spécialistes hongrois et étrangers pour une conférence intitulée « Education et Energies Renouvelables ».

Csaba Hende (crédit : www.kormany.hu)

Le patriotisme comme réponse à la crise économique

22 avril 2012 à 17 h 31 min 15 commentaires

Le rôle du patriotisme est particulièrement important dans une Europe frappée par la crise, a déclaré le ministre hongrois de la Défense, Csaba Hende, samedi au cours d’une réunion organisée par des universitaires allemands.

Retour sur le 15 mars : l’Europe, c’est pas encore ça

Retour sur le 15 mars : l’Europe, c’est pas encore ça

30 mars 2012 à 7 h 23 min 0 commentaire

C’était jour de fête nationale jeudi dernier à Budapest. Ponts, monuments et tramways, la ville entière s’était parée de petits drapeaux tricolores qui scintillaient au soleil de ce début de printemps. Cette année, au milieu des stands de friandises et de perec au fromage, les promeneurs ont eu l’honneur de pouvoir se familiariser avec la richesse culturelle européenne. Formidable élan de solidarité polonaise d’un côté, avec force de drapeaux, bannières et autres pancartes blanc et rouge évoquant non sans émotion les racines ancestrales de l’amitié hungaro-polonaise ; touchant témoignage de soutien français de l’autre, avec une poignée de militants accourus chevaleresquement porter secours à la démocratie en danger. Et bien sûr parallèlement, pour ne pas oublier la petite pointe de folklore indispensable, la Hongrie profonde telle qu’on aime à la médiatiser, la bonne vieille Hongrie des uniformes noirs et des drapeaux striés, qui n’a pas besoin d’appeler ses voisins à l’aide pour se « défendre » elle-même.

Ces Hongrois de Slovaquie déchus de leur citoyenneté

Ces Hongrois de Slovaquie déchus de leur citoyenneté

5 mars 2012 à 11 h 29 min 32 commentaires

Les relations slovaquo-hongroises, marquées par les rancœurs du passé, sont entrées dans une nouvelle phase. Tout Hongrois de Slovaquie qui se voit octroyer la citoyenneté hongroise par Budapest est immédiatement déchu de sa citoyenneté slovaque. Dans cette « guéguerre » nationaliste qui se joue de part et d’autre du Danube, l’Europe est impuissante.

La Hongrie, laboratoire du pire… mais pourquoi pas du meilleur ?

La Hongrie, laboratoire du pire… mais pourquoi pas du meilleur ?

14 février 2012 à 7 h 47 min 6 commentaires

Tribune libre de Vincze Szabo, doctorant à l’Université d’économie de Budapest
Depuis début janvier, on a assisté à une véritable déferlante médiatique anti-Orbán dans les médias occidentaux, en particulier en France. Avec beaucoup d’approximations, d’erreurs factuelles et d’analyses, tout y est passé : une nouvelle dictature en Europe, un énième « retour aux heures les plus sombres de l’histoire », des insinuations de fascisme, d’antisémitisme et même – à travers une caricature de Plantu dans le Monde – un parallèle entre Hitler et Orbán !

Le côté obscur de la « Marche de la Paix »

Le côté obscur de la « Marche de la Paix »

24 janvier 2012 à 9 h 30 min 60 commentaires

Sur la photo, la réussite de la manifestation pro-gouvernementale à Budapest samedi ne fait aucun doute. Plus de 100000 personnes étaient là, et certains passionnés parlent même d’un million. Mais bien au-delà des chiffres, la réalité « ubuesque » de la gouvernance de Viktor Orbán était elle aussi bien présente dans ce rassemblement, notamment à travers sa tonalité anti Union européenne (« UERSS »). En effet, c’est pourtant grâce à des procédés hérités de l’époque communiste que le gouvernement et les organisateurs ont réussi leur coup : des cars entiers ont été affrétés dans tout le pays et même dans certaines provinces de l’ancienne Grande Hongrie pour acheminer les manifestants à Budapest.

Crédit : hu-lala

Jobbik brûle le drapeau européen

16 janvier 2012 à 16 h 17 min 11 commentaires

Le parti d’extrême-droite a rassemblé plusieurs centaines de sympathisants samedi après-midi devant le siège de la Commission européenne à Budapest, pour réclamer la sortie de la Hongrie de l’UE.

UE – Elargissement : malgré le soutien de la Hongrie, la Serbie doit attendre le mois de mars

UE – Elargissement : malgré le soutien de la Hongrie, la Serbie doit attendre le mois de mars

12 décembre 2011 à 10 h 38 min 0 commentaire

Réuni vendredi à Bruxelles, le Conseil européen a décidé de repousser au prochain sommet l’octroi à la Serbie du statut officiel de candidat à l’intégration européenne. En marge du nouveau « pacte budgétaire à 26 », le Conseil a pris le temps de parapher le traité d’adhésion de la Croatie et de fixer à juin prochain l’ouverture des négociations d’intégration avec le Monténégro.

La Hongrie menace l’intégration européenne de la Serbie pour garantir les intérêts de sa minorité

La Hongrie menace l’intégration européenne de la Serbie pour garantir les intérêts de sa minorité

14 octobre 2011 à 16 h 17 min 6 commentaires

Jeudi, le ministre des Affaires étrangères hongrois János Martonyi a vivement réagi à l’avis favorable donné par la Commission européenne au statut de candidat à l’adhésion à l’UE de la Serbie. Ce « feu vert » de la Commission faisait suite à la loi adoptée le 26 septembre par le parlement serbe, qui vise à restituer les biens immobiliers confisqués aux familles sous la période titiste.

Au centre, le premier ministre polonais Donald Tusk, à sa droite la chancelière allemande Angela Merkel et à sa gauche le premier ministre hongrois Viktor Orban

Les vieux complexes de la Pologne face à l’Allemagne

5 septembre 2011 à 11 h 07 min 0 commentaire

La Pologne est à la tête de la présidence du Conseil européen depuis le début de l’été. Pour l’heure, tout se passe bien et il semble que cela ne devrait pas changer. La situation de Varsovie au sein de l’Union est plutôt assez confortable et faut-il le préciser, beaucoup plus que celle de nombreux autres membres, tant à l’ouest qu’à l’est.

Le désamour entre Viktor Orban et le Parlement européen n’en finit pas

Le désamour entre Viktor Orban et le Parlement européen n’en finit pas

11 juillet 2011 à 21 h 04 min 4 commentaires

Le billet de Cécile Vrain, journaliste et docteur en Histoire des Relations Internationales de l’Université de Paris 1, spécialiste de la Hongrie. Ecouter la version audio de la chronique Dans les médias occidentaux, Viktor Orban continue à avoir mauvaise presse. La présidence européenne hongroise terminée, on aurait pu croire que les projecteurs allaient se détourner de la Hongrie, mais pour l’instant, il n’en est encore rien. Le début de la présidence avait été mouvementé à cause de la loi sur les médias et la fin de la présidence l’est également avec la Constitution adoptée en avril. Viktor Orban a de nouveau croisé le fer avec les eurodéputés la semaine dernière à Strasbourg. Dans un des rôles que les Hongrois aiment le plus – seuls contre tous – le chef du gouvernement a répété un de ses discours préférés dans un de ses rôles favoris : « Je défendrai toujours la Hongrie contre les remarques et critiques, de Bruxelles ou d’ailleurs. Aucun gouvernement, aucun pays n’a le droit de dire quelle doit être la Constitution hongroise. C’est au peuple hongrois d’en décider. [...] Vous n’avez pas la possibilité de nous dire ce que nous devons dire. La Hongrie n’est pas subordonnée à Bruxelles, Bruxelles n’est pas le centre de commandement de la Hongrie« , etc, etc… Ce décalage calendaire s’explique par le fait que la Commission de Venise, organe du Conseil de l’Europe sollicitée pour donner son avis sur la nouvelle Constitution hongroise, n’a rendu son avis que fin juin. Cette dernière a relevé ce qu’elle estime être des problèmes juridiques à revoir. De son côté, Budapest a rejeté les recommandations de la Commission de Venise, entraînant l’approbation d’une résolution par les députés européens pour obliger Viktor Orban à changer de position, mais tout en ne remettant pas en cause directement la dite Constitution. Ceux-ci s’interrogent seulement sur le caractère démocratique et sa conformité avec les valeurs européennes. Tout cela tient pour le moment de la rhétorique car on ne voit pas très bien comment les eurodéputés auraient les moyens d’entraîner des modifications dans la rédaction d’une Constitution nationale. Les échanges ont été houleux et n’ont évidemment aboutis à rien, chacun campant sur ses positions. A contrario, l’un ne semblant pas empêcher l’autre, la même assemblée a reconnu un bilan de la présidence hongroise positif. Compliqué non ? Les députés européens savent-ils faire la part des choses ou se doivent-ils eux aussi, d’encourager l’action européenne inconditionnellement ? Bon départ pour la Pologne Laissons pour l’heure les polémiques entre la Hongrie et le parlement européen et intéressons-nous à la nouvelle présidence polonaise qui semble bien démarrer et pour laquelle, les médias occidentaux semblent très favorables, contrastant avec ce que l’on a pu lire sur la Hongrie. La Pologne qui ne pourra faire autrement que mieux pendant les six mois qui viennent, affichent de grandes ambitions et veut laisser son empreinte. Contrairement à Viktor Orban, Donald Tusk, son homologue polonais a la réputation d’être un euro-enthousiaste. Une première victoire : pouvoir participer aux discussions de l’eurogroupe présidé par le vétéran Jean-Claude Juncker qui a fait des difficultés à accepter la Pologne en son sein. En effet, celle-ci préside le Conseil de l’Union européenne et un des dossiers prioritaires est la crise de la dette et celle d’Athènes en priorité. Varsovie a donc estimé qu’elle ne pouvait pas aider à la résolution du problème sans participer aux débats, ce qui n’est pas faux. Quant à ses relations avec le parlement européen, elles semblent excellentes pour l’instant. Ne se sont-ils pas retrouvés sur leur refus d’augmenter le taux de réduction des émissions de CO 2 que certains envisageaient de faire passer de 20 à 30% ? Varsovie confirme ainsi que sa présidence ne s’intéressera pas aux questions environnementales. On attend donc du député européen écologiste Cohn-Bendit si virulent contre Viktor Orban, une réaction. Les précédentes chroniques de Cécile Vrain : Otto de Habsbourg, celui qui aurait pu être roi La Hongrie ouvre l’Europe centrale à la Chine Présidence de l’UE : un bilan controversé L’Union européenne ouvre ses portes à la Croatie Le dilemme politico-économique biélorusse et les enjeux électoraux en Lettonie et en Macédoine Conjoncture favorable pour les politiques de voisinage de l’UE Les conséquences de l’affaire DSK en Europe Présidence de l’UE : bientôt le tour de la Pologne

Laurent Wauquiez, le 2 décembre à Budapest (crédit : Hu-lala)

Pour Laurent Wauquiez, « La Hongrie peut être fière du travail accompli »

30 juin 2011 à 17 h 15 min 4 commentaires

Le secrétaire d’état chargé des affaires européennes sortant, récemment nommé ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, a publié une tribune dans les colonnes de l’hebdomadaire HVG. Laurent Wauquiez y dresse un bilan très positif de la présidence hongroise de l’Union européenne qui s’achève aujourd’hui même.

Viktor Orban et Wen Jiabao crédit : miniszterelnok.hu

La Hongrie ouvre l’Europe centrale à la Chine

27 juin 2011 à 17 h 53 min 12 commentaires

Le billet de Cécile Vrain, journaliste et docteur en Histoire des Relations Internationales de l’Université de Paris 1, spécialiste de la Hongrie. Ecouter la version audio de la chronique Les hasards de l’actualité sont ainsi faits qu’au moment où la Chine vient de subir un revers en Pologne avec l’affaire de l’autoroute A2 qui relie Berlin à Varsovie, la Hongrie, elle, accueille le Premier ministre chinois, la bouche pleine de belles promesses. Rappelons rapidement les faits. En 2009, un consortium chinois Covec (China Overseas Engineering Group) du BTP obtient deux contrats de constructions d’autoroute à des prix défiant toute concurrence et surtout celles des entrepreneurs polonais. Deux ans plus tard, les espoirs placés dans ce partenariat polono-chinois sont déçus, le géant du BTP chinois est écarté du projet pour non-respect des clauses du contrat. Les responsabilités de cet échec semblent communes aux deux parties : les Chinois ne payent pas assez cher les fournisseurs polonais, qui de toute façon, n’ont mis aucun enthousiasme à les livrer. Profitant de la crise économique mondiale, les Chinois ont commencé à pénétrer le marché européen, après les continents américain et africain principalement. En octobre dernier, lors d’un premier voyage officiel en Europe, le chef du gouvernement chinois s’était alors rendu en Grèce, autre pays soutenu par le FMI et l’Union européenne, pour proposer ses services financiers symbolisés par le rachat du Pirée. La Grèce est devenue la porte d’entrée de la Chine en Europe du Sud-est, la Hongrie deviendra-t-elle celle de l’Europe centrale ? C’est certainement ce qu’aimerait le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, qui a accueilli vendredi 24 juin, son homologue chinois pour une visite officielle de deux jours qui l’a mené de Budapest à Berlin en passant par Londres. A priori, c’est un nouveau succès de la politique étrangère de Viktor Orban qui s’était lui-même rendu en Chine en novembre 2010. C’est du moins ainsi qu’on l’interprétera dans les chancelleries européennes. Rappelons que les relations entre les deux pays ne datent pas d’hier. Alors que Wen Jiabao a évoqué le fait que la Hongrie a été un des premiers pays à établir des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine, ce qui ne semble pas une surprise vu le contexte politique de l’époque, il faut préciser que ces mêmes relations ont été réactivées sous le gouvernement de Peter Medgyessy entre 2002 et 2004. Puis en 2007, le Premier ministre Ferenc Gyurcsany s’était rendu à Pékin pour inaugurer l’année hongroise. En résumé, ces relations ne datent pas d’hier et les autorités hongroises savent déjà que celles-ci sont plus à l’avantage pour l’instant de Pékin que de Budapest et cela même si la Hongrie est présentée comme l’un des plus importants partenaires commerciaux de la Chine en Europe centrale et orientale. Mais cette fois-ci, il ne s’agit plus de coopération économique et commerciale, ou pas seulement. Aujourd’hui, il s’agit d’argent sonnant et trébuchant dont la Hongrie a grand besoin, proposé sous forme d’achat d’obligations d’Etat – dont le montant exact n’a pas été précisé mais qui néanmoins a été qualifié «d’aide historique» par Viktor Orban – et d’un crédit d’un milliard d’euros. Ce milliard d’euros est certainement une bouffée d’air pur pour le gouvernement hongrois qui en a bien besoin et de son côté ; la Chine ne prend pas de gros risques même si la Hongrie ne fait pas encore partie de la zone euro. Après l’achat d’obligations d’Etat espagnole, portugaise, grecque ou irlandaise, c’est donc au tour de la Hongrie. L’ambition de Viktor Orban est que son pays devienne une «plate-forme logistique» pour la Chine. Une douzaine de projets industriels sont déjà prévus et ils seront certainement supervisés par un Conseil bilatéral d’affaires qui devrait être mis sur pied parallèlement. La relation entre la Chine et la Hongrie semble sérieuse, il faut juste espérer qu’elle n’achoppe pas sur les mêmes problèmes qu’on rencontrées les amours polono-chinoises, c’est-à-dire une incompréhension culturelle doublée d’un vague sentiment nationaliste et protectionniste. En effet, en Pologne, les ouvriers employés sur les chantiers d’autoroute étaient Chinois, payés comme des Chinois en Chine. En son temps, la «directive Bolkestein» devait protéger le marché occidental de l’invasion du «plombier polonais» mais aujourd’hui, l’Union européenne ne semble guère pressée de réagir face au dumping salarial des ouvriers chinois en Europe. Il y a là pourtant matière à réflexion et le gouvernement hongrois, après avoir résolu pour un temps ses difficultés financières, pourrait être confronté à d’autres, plus sociales celles-ci. Articles liés : Dans quelles mains l’aéroport de Budapest va t-il aterrir ? Les Chinois au secours du vignoble hongrois ? Expo Shangaï : un million de visiteurs au pavillon hongrois La Hongrie, cible des jouets dangereux Descente surprise au marché chinois Les précédentes chroniques de Cécile Vrain : Présidence de l’UE : un bilan controversé L’Union européenne ouvre ses portes à la Croatie Le dilemme politico-économique biélorusse et les enjeux électoraux en Lettonie et en Macédoine Conjoncture favorable pour les politiques de voisinage de l’UE Les conséquences de l’affaire DSK en Europe Présidence de l’UE : bientôt le tour de la Pologne

source : eu2011.hu

Présidence de l’UE : un bilan controversé

22 juin 2011 à 12 h 06 min 24 commentaires

Le billet de Cécile Vrain, journaliste et docteur en Histoire des Relations Internationales de l’Université de Paris 1, spécialiste de la Hongrie. Ecouter la version audio de la chronique Il est difficile de croire que Viktor Orban soit si indifférent sur ce que l’on dit de lui et de la Hongrie à l’étranger. Pourtant, à l’heure des bilans, la présidence hongroise de l’Union européenne qui peut se prévaloir d’un bilan assez positif, ne restera dans les mémoires des uns et des autres que comme une présidence controversée. Ne croyez pas que je sois hostile à la controverse, bien au contraire, mais lorsque celle-ci occulte les résultats d’un travail, c’est ennuyeux. Un bilan assez positif, surtout si l’on regarde l’ultime succès de cette présidence avec sur la ligne d’arrivée, à l’arrachée, une date pour accueillir la Croatie au sein de l’Union. L’élargissement de l’Union était l’une des priorités de Viktor Orban. Faire jouer à nouveau à la Hongrie un rôle de premier plan dans la région est l’un des buts du Premier ministre. Désormais, il sera celui qui a travaillé à l’entrée de la Croatie dans l’Union, celui sur qui la Serbie, le Monténégro, la Macédoine et l’Albanie – pays qu’il a visité pendant son mandat européen – pourront compter, pour devenir membre de l’Union… un jour. En politique étrangère, la grande rivale de la Hongrie dans la région  est la Pologne qui va justement lui succéder à la tête de l’Union. Et si la Hongrie a réussi à se positionner comme un partenaire indispensable entre les pays des Balkans et Bruxelles, Varsovie de son côté lui a, quant à elle, ravi l’organisation d’une conférence pour mettre sur pied un partenariat  oriental privilégié avec l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine. La Biélorussie en a été exclue suite aux événements de décembre et ses conséquences. Jusqu’au XXe siècle, la Hongrie – qui a toujours joué un rôle important au cœur du bassin des Carpates, et dont les Balkans en sont considérés comme les marches, le limes au Sud – se verrait bien à nouveau jouer les premiers rôles. Tout dans l’attitude et les décisions prises par Viktor Orban tend dans cette direction. L’Union européenne lui offre ses possibilités, et le Premier ministre hongrois le sait et n’a pas l’intention de ne pas en profiter. C’est une vieille recette politicienne que de pratiquer une politique rigoureuse dans son pays et libérale à l’extérieur. Le problème c’est qu’aujourd’hui, avec la mondialisation, l’information se propage à une vitesse exponentielle. C’est l’erreur de Viktor Orban de ne pas avoir pris assez en compte les opinions publiques internationales qui ne garderont en mémoire que les différentes affaires qui ont éclatées pendant le mandat européen hongrois. Ainsi, alors que Budapest aura réussi à placer au cœur des débats européens, la question rom, l’opinion publique ne se souviendra que des milices d’extrême droite venues dans les villages des confins orientaux du pays, menacer et provoquer cette communauté. Et c’est sans parler de la loi sur les médias, de la mise en place d’une nouvelle Constitution dont la presse n’aura relevé que les aspects réactionnaires. Quel média a fait sa une sur l’interdiction des OGM, gravée dans cette même Constitution ? C’est une décision courageuse et moderne… mais dont on ne parle pas ou si peu. Et il faudra conclure cette présidence européenne sur une ultime affaire : le financement d’une campagne anti-IVG par des fonds européens détournés de leur vocation première. La Hongrie se dépeuple et ses dirigeants croient inverser la courbe en provoquant et culpabilisant les femmes. Quelle maladresse ! Et en plus, avec de l’argent qui n’était pas destiné à cela. Décidément, cela fait beaucoup d’erreurs de communication. Ces messieurs du gouvernement, où aucune femme n’a rang de ministre rappelons-le, feraient mieux de s’interroger sur les raisons d’une telle dénatalité et financer des aides – crèches et autres moyens de garde, par exemple – plutôt que de choquer les Hongroises. Dans une semaine, cette présidence européenne se clôturera. Il faut espérer qu’avec le recul, le travail effectué sous la mandature hongroise sera mieux reconnu. Les précédentes chroniques de Cécile Vrain : L’Union européenne ouvre ses portes à la Croatie Le dilemme politico-économique biélorusse et les enjeux électoraux en Lettonie et en Macédoine Conjoncture favorable pour les politiques de voisinage de l’UE Les conséquences de l’affaire DSK en Europe Présidence de l’UE : bientôt le tour de la Pologne

L’Union européenne ouvre ses portes à la Croatie

L’Union européenne ouvre ses portes à la Croatie

13 juin 2011 à 8 h 26 min 1 commentaire

Le billet de Cécile Vrain, journaliste et docteur en Histoire des Relations Internationales de l’Université de Paris 1, spécialiste de la Hongrie. Ecoutez la version audio de la chronique Je pourrais choisir de vous parler des ultimes affaires et autres scandales qui secouent encore l’actualité entre l’Union européenne et la Hongrie, entendez par là la nouvelle Constitution qui passe avec beaucoup de difficultés l’examen de passage au parlement ou encore la campagne anti-IGV lancée en Hongrie et qui aurait été financée par un fonds public européen à laquelle il n’était pas destiné. Mais une fois n’est pas coutume, penchons-nous plutôt sur un succès de la diplomatie hongroise. Je veux parler de la future adhésion de la Croatie à l’Union européenne. Le mérite de cette adhésion sera à l’avantage de la Hongrie qui bien sur ne fut pas la seule à y œuvrer, toutefois comme elle y a mis beaucoup de bonne volonté, elle aura le droit de s’en prévaloir. C’est officiel depuis vendredi dernier, le 10 juin, la Commission européenne à travers son commissaire à l’Élargissement Stefan Füle a déclaré que la Croatie serait bien le 28e pays membre en juillet 2013, cinq ans après avoir accueilli les derniers entrants, la Roumanie et la Bulgarie. L’affaire est faite, même si la décision devra encore être validée, côté Bruxelles, au dernier sommet de la présidence hongroise, les 23 et 24 juin prochain. Côté Zagreb, ce sera sous forme de référendum que les Croates approuveront ou non l’adhésion. A titre de rappel, les autorités françaises avaient choisi que ce soit les députés qui confirment en son temps cette décision. Mais en Croatie, les nombreux couacs entre l’Union européenne et les Croates sur le chemin de l’élargissement a fait que le gouvernement a dû leur concéder le principe d’un référendum. Vous imaginez le scénario si les Croates faisaient la fine bouche et repoussait la proposition d’adhésion ? Je plaisante bien sur, qui ne serait pas honoré d’intégrer l’Union. En attendant les Croates doivent beaucoup moins fantasmer sur cette intégration que les derniers pays entrants. Ils n’ont qu’à voir comment sont traités la Roumanie et la Bulgarie dans le cadre de l’élargissement de Schengen ou encore l’attitude de certains États avec d’autres face à la crise économique. Rappelons en effet, que les deux derniers pays entrants viennent à nouveau d’être recalé à l’examen de passage pour entrer dans l’espace Schengen par le Conseil des ministres de l’Intérieur, réuni le 9 juin, toujours pour cause – d’après la France et l’Allemagne, mais elles ne sont pas seules – de manque de bonne volonté à combattre la corruption et de leur capacité à assurer un réel contrôle de leurs frontières contre l’immigration illégale et les trafics. Aujourd’hui dans nos sociétés sur-informées, il est difficile de maintenir crédibles les principes idéalistes soi-disant fondateur de l’Union européenne. Le pragmatisme a toujours existé mais maintenant, il est revendiqué par les pays membres et on peut y voir comme un signe de maturité de l’Union. Aujourd’hui, il est interdit de rêver. Alors que l’Union européenne se penche de plus en plus sur les problèmes de corruption en son sein même, elle vient d’ailleurs de mettre en place un nouveau rapport anti-corruption  par l’intermédiaire de son commissaire aux Affaires intérieures Cécilia Malmström, la Croatie sait qu’elle reste encore sous le feux des projecteurs sur cette question particulièrement. Aujourd’hui, l’Union européenne ne se contentera plus de promesses, il va falloir les tenir. Et une des affaires, après celle de l’arrestation du général Ante Gotovina, qui tient justement en haleine les Croates, est l’extradition vers Zagreb de leur ancien Premier ministre Ivo Sanader, à la tête du gouvernement de 2003 à 2009 avant de démissionner subitement, arrêté et emprisonné en Autriche, soupçonné de détournement de fonds dans son pays. Mais les Croates ne sont pas les seuls passionnés par l’affaire, l’Union européenne la suit aussi de très près et celle-ci est perçue comme une occasion de montrer la réelle volonté du gouvernement croate de lutter contre la corruption. Pendant un temps, cette affaire a même été vécue comme un possible blocage au processus d’adhésion. Ainsi, 16 ans après la guerre, la Croatie sera le prochain pays membre de l’Union européenne, deuxième de la région après la Slovénie en 2004, Slovénie avec qui elle devra d’ailleurs régler quelques problèmes frontaliers, car cela ne fait pas sérieux au sein de l’Union. Elle symbolisera à n’en pas douter la porte ouverte aux futures adhésions serbe, monténégrine et macédonienne pour les mieux placées, même si le chemin semble encore long. Mais la vrai question est de savoir si elle le symbolisera aussi pour la Turquie, ultime pays des Balkans ? Aujourd’hui Ankara a le vent en poupe économiquement et sur la scène internationale. Le regard de certains Européens hostiles à son entrée dans l’Union va-t-il évoluer ou rester bloquer sur les problèmes chypriote et des exigences européennes en matière de droits fondamentaux ? Mais ceci est une autre histoire. Articles liés : Elargissement de l’espace Schengen : les velléités hongroises ne suffiront pas Elargissements de l’UE : les divergences franco-hongroises « L’autre » Orban parle d’Europe à Paris UE : l’opération séduction de Viktor Orban Les précédentes chroniques de Cécile Vrain : Le dilemme politico-économique biélorusse et les enjeux électoraux en Lettonie et en Macédoine Conjoncture favorable pour les politiques de voisinage de l’UE Les conséquences de l’affaire DSK en Europe Présidence de l’UE : bientôt le tour de la Pologne L’UE va à contre-courant dans les Balkans d’après Viktor Orban. Et la Hongrie ? Catherine Ashton : une « erreur de casting » ? Nouvelle constitution : le passé d’une illusion

Conjoncture favorable pour les politiques de voisinage de l’UE

Conjoncture favorable pour les politiques de voisinage de l’UE

27 mai 2011 à 13 h 47 min 0 commentaire

Le billet de Cécile Vrain, journaliste et docteur en Histoire des Relations Internationales de l’Université de Paris 1, spécialiste de la Hongrie. Ecoutez la version audio de la chronique Coup sur coup, cette semaine, l’Union européenne marque des points tant en Libye que dans les Balkans. Ce jeudi 26 mai est en effet une date historique à plus d’un titre. Le président serbe, Boris Tadic, vient d’annoncer que le général serbe de Bosnie Ratko Mladic a été arrêté. Recherché depuis 1995, c’est-à-dire depuis la fin de la guerre en Bosnie par les autorités serbes et internationales pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, celui-ci aurait bénéficié d’un soutien russe mais aussi de celui de l’ancien Premier ministre serbe Vojislav Kostunica  pendant ces nombreuses années de cavale. Arrêté en Voïvodine, Mladić devrait rapidement être extradé vers La Haye, siège du Tribunal pénal international pour l’ancienne Yougoslavie avec lequel le président serbe reconnaît une pleine coopération. Les autorités serbes qui continuent à balancer entre la Russie – second partenaire commercial – et l’Union européenne, reconnaissent aujourd’hui qu’elles auraient plus d’intérêts à intégrer cette dernière. Boris Tadic a déclaré clore un «chapitre de l’histoire de notre région qui nous mènera vers une pleine réconciliation régionale». Une arrestation de bon augure pour le processus d’intégration de la Serbie Il est clair que cette arrestation ouvre grandes les portes de l’Union européenne à la Serbie qui espère devenir officiellement candidat à l’Union en décembre prochain et pour qui Mladić représentait un obstacle majeur. De son côté, la Commission européenne à travers son représentant à l’Elargissement a évidemment salué l’arrestation du général Ratko Mladic et alors même que la Haute représentante de l’Union européenne, Catherine Ashton, est justement en visite dans les Balkans. Il semble que tout doucement la situation se débloque dans la région entre une Croatie dans l’attente impatiente d’une date d’entrée dans l’Union et une Serbie qui devrait rapidement désormais obtenir le statut de pays candidat. Qui a dit que l’Union européenne n’était pas représentée en Libye ? Succès dans les Balkans mais aussi au Maghreb. Il est désormais clair que les pays arabes sont intégrés dans la politique de voisinage de l’Union européenne. On en avait douté jusque là. Il était temps. L’ambassadeur de Hongrie en Libye est sous le feu des projecteurs après avoir réussi à faire libérer plusieurs journalistes de nationalités différentes, prisonniers de Kadhafi. Rappelons que Béla Marton représente à lui seul l’Union européenne à Tripoli depuis que les ambassadeurs occidentaux, mis à part Chypre et l’Espagne, ont été priés de faire leurs bagages début mars. Ne sont restés que les représentants de la Russie, de la Chine, de l’Ukraine ou encore, par exemple, de la Biélorussie. Une vingtaine de jours plus tard, les canons tonnaient à Tripoli. A l’époque, le geste avait déjà été salué comme un acte de courage, il l’est d’autant plus aujourd’hui, où tous les jours, les envoyés spéciaux des médias du monde entier nous racontent l’enfer libyen et que le dernier raid de l’Otan fait état de trois morts et de 150 blessés. Parallèlement, dans l’autre Libye, à Benghazi, un bureau de liaison de l’Union européenne a été mis en place et son chef vient d’être nommé. Jeremy Nagoda, belge d’origine polonaise devra représenter Bruxelles auprès des «rebelles».  Bruxelles a reconnu le Conseil National de Transition comme interlocuteur politique privilégié du peuple libyen alors que les Américains, en visite en début de semaine aussi à Benghazi exhortaient Kadhafi à cesser les combats. Décidément l’Europe centrale est bien représentée. En effet, il ne faut pas oublier la commissaire européenne bulgare en charge de l’Humanitaire, qui a de son côté, annoncé cette semaine que la Commission européenne avait décidé d’augmenter sa participation en Libye de plus de 20 millions d’euros, soit un total de 125 millions d’euros. Le Caucase, nouveau challenge de la diplomatie européenne Partant du principe évident qu’il faut sécuriser les frontières de l’Union européenne en assistant les pays limitrophes dans leur processus de démocratisation, Catherine Ashton, secondée par le commissaire européen Stefan Füle, s’intéresse aussi au Caucase. En effet, il semblerait que la contestation née dans le bassin méditerranéen s’étende jusqu’au sud Caucase, en Géorgie mais aussi à la frontière entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan au sujet du Haut-Karabakh. Vieux conflit qui puise ses racines à l’époque de l’empire soviétique, la région en quête d’indépendance est victime du nationalisme ambiant. Un sacré paquet de nœuds auquel se frotte l’Union européenne. Chroniques liées : Catherine Ashton : une « erreur de casting » ? L’UE va à contre-courant dans les Balkans d’après Viktor Orban. Et la Hongrie ? Mme Khadafi, née Farkash, se repose à Vienne pendant que la Libye flambe Chronique du 28 février 2011 : Défense européenne, de Tripoli à Gödöllö en passant par l’OTAN Articles liés : Serbie : la longue route vers l’UE Hongrie – Serbie : quand il n’est plus question de guerre, mais de coopération Le massacre de Srebrenica exposé à Budapest La Hongrie soutient l’adhésion serbe à l’UE

Source : www.prezydencjaue.gov.pl

Présidence de l’UE : bientôt le tour de la Pologne

12 mai 2011 à 17 h 45 min 4 commentaires

Le billet de Cécile Vrain, journaliste et docteur en Histoire des Relations Internationales de l’Université de Paris 1, spécialiste de la Hongrie. Ecoutez la version audio de la chronique Dans un mois et demi, la présidence hongroise du Conseil de l’Union Européenne se clôturera. S’il n’est pas encore temps de faire des bilans du travail effectué durant cette présidence, l’on commence toutefois à entendre la Pologne piaffer à la porte. La Pologne – plus grand pays d’Europe centrale – sera le quatrième de ces Etats à prendre la tête de cette présidence qui a perdu toutefois un peu de sa superbe depuis le traité de Lisbonne et l’apparition du président Von Rompuy. Pourtant en mars, il y a moins de deux mois, la presse polonaise dénonçait un certain retard dans l’organisation de la mise en place de la présidence. On nous rappelait que le ministère des Affaires étrangères avait changé l’année dernière près de 30% de ses fonctionnaires qui avaient en charge la préparation de l’événement. Evidemment, ce n’était peut-être pas le bon moment. Mais rappelons que l’année 2010 fut pour la Pologne, une époque de changements imposés, avec la disparition lors du crash de l’avion présidentiel polonais non seulement du président Lech Kaczynski lui-même mais aussi de nombreux hauts responsables politiques, administratifs, religieux, etc… De même et à la suite, des élections avaient eu lieu, permettant au centre-droit polonais de se hisser à la tête de l’Etat. Le ministre des Affaires étrangères Radosław Sikorski a certainement voulu comme c’est souvent le cas, imposer sa marque et renouveler les cadres. Mais cette semaine ce qui fait l’actualité européenne en Pologne, c’est surtout le logo choisi pour la présidence. Celui-ci a été conçu par le graphiste Jerzy Janiszewski, déjà en son temps auteur du logo du syndicat Solidarność, ce qui entre nous, n’est pas d’hier puisque c’était en 1980. Son leader de l’époque, Lech Wałęsa, lui-même ancien président de la république au début des années 90 est aujourd’hui un des plus fermes soutiens du chef de l’Etat actuel. Et évidemment le logo ne fait pas l’unanimité. Alors que le Premier ministre Donald Tusk y voit « la marche polonaise vers le succès » – on entendrait bientôt les accents de la marche de Radetzky – d’autres au contraire, trouvent que le dessin symbolise « des hommes infantilisés et insouciants marchant sous une bannière sentimentale … le style pourrait symboliser le génie polonais pour l’improvisation, tandis que les différentes tailles et couleurs des flèches semblent pour leur part évoquer l’insubordination et la propension à l’anarchie, ainsi que l’embonpoint et la naïveté infantile des Polonais. Le drapeau, qui se réfère au logo de Solidarność, ravive quant à lui les souvenirs larmoyants du temps irrévocablement perdu d’une unité d’idées et d’attitudes ». Le tableau est dur et n’est pas de moi mais de l’éditorialiste de  Rzeczpospolita. Il est évident qu’il y a derrière ce choix toute une symbolique, dont on se demande seulement si les éléments constitutifs de celle-ci concernent la politique européenne que doit mettre en place les Polonais. Il s’agirait de ne pas se tromper de combat et de ne pas non plus tomber dans une attitude passéiste comme on l’a vu dans le cas hongrois. Comme quoi, la présidence de l’Union reste un prétexte pour les Etats-nations qui y voient trop souvent l’occasion de se mettre en avant en négligeant les intérêts européens. Le 31 mai, le programme officiel de la présidence polonaise de l’Union européenne sera adopté par le gouvernement alors que tout doucement on commence à connaître le calendrier des grands rendez-vous européens. Varsovie a d’ores et déjà annoncé qu’elle mettrait l’accent sur les négociations concernant le prochain budget de l’Union européenne qui courra de 2014 à 2020. L’autre sujet est LE sujet qui permettra à la Pologne de renforcer sa position de grand Etat dans la région en repoussant les velléités ambitieuses de la Hongrie dans ses retranchements. N’oublions pas que Budapest s’est fait voler l’organisation de la conférence sur le « Partnership oriental » par la Pologne et que celle-ci aurait tort de ne pas en profiter. Toutefois, l’une et l’autre ne jouent pas sur le même terrain, alors que la Hongrie espère encore un miracle pour la Croatie, la Pologne espère en faire un avec l’Ukraine. Les dernières chroniques de Cécile Vrain : Catherine Ashton : une « erreur de casting » ? L’UE va à contre-courant dans les Balkans d’après Viktor Orban. Et la Hongrie ? Nouvelle constitution : le passé d’une illusion Comment l’Union européenne fête la journée internationale des Roms La Hongrie reste en dehors du «Pacte pour l’euro»

Mme Ashton et M. Martonyi à Gödöllö au conseil informel des ministres des Affaires Etrangèresinformel Gymnich, le 12 avril 2011, HUlala corentin léotard

Catherine Ashton : une « erreur de casting » ?

9 mai 2011 à 7 h 57 min 0 commentaire

Le billet de Cécile Vrain, journaliste et docteur en Histoire des Relations Internationales de l’Université de Paris 1, spécialiste de la Hongrie. Ecoutez la version audio de la chronique Cela n’arrive pas si souvent et nous nous devions de le souligner, l’Union européenne vient de remporter une victoire en convaincant les pays représentés à l’ONU de l’accepter en leur sein. L’occasion nous est rarement donnée de célèbrer une victoire surtout diplomatique de l’Union européenne, nous ne devions pas, par conséquent, manquer de la relever. Cette victoire est celle de la Haute représentante de l’Union, Cathy Ashton qui s’est d’ailleurs réjouie de la nouvelle. Déjà candidate malheureuse l’année dernière, l’Union cette fois-ci aurait su par un lobbying actif et efficace convaincre ceux qui s’étaient montrés inquiets de son arrivée à New York. Cette victoire diplomatique va surtout permettre à l’Union d’être plus encore présente sur la scène internationale à travers ce statut d’observateur – une première pour une organisation communautaire – qui certes n’accorde pas de droit de vote mais qui donnera l’occasion à celle-ci de parler d’une seule voix. Il s’agit clairement d’une victoire pour Bruxelles et d’une victoire pour Catherine Ashton qui siégera désormais parmi les ministres des Affaires étrangères à l’ONU pendant que Herman Van Rompuy prendra place quant à lui parmi les grands de ce monde. Ce sera à elle désormais que reviendra en tant que Haut représentant, le devoir d’exprimer les positions de la politique étrangère de l’Union à l’ONU. Rappelons que jusque-là, la place était occupée par l’ambassadeur du pays à la tête de la présidence du sommet des chefs d’Etat européens, c’est-à-dire en ce moment Janos Martonyi représentant de la Hongrie. Le moins que l’on puisse dire c’est que cette nouvelle tombe à pic à un moment où justement l’action de Catherine Ashton est encore et toujours critiquée et semble-t-il avec raison. L’on peut manifestement parler de victoire, puisque lutte il y a eut. L’affaire n’allait pas de soi pour certains représentants des petits Etats qui voient dans l’arrivée de l’Union européenne à New York, une 28e voix à un groupe qui en compte déjà 27. Parallèlement de l’autre côté de l’Atlantique, ce sont les représentants des Petits Etats européens qui se réjouissent. Pourtant, face à cette victoire diplomatique acquise grâce au travail discret, trop discret de Catherine Ashton qui quoi qu’elle fasse semble devoir faire les choses très silencieusement, les représentants de ce que l’on appelle souvent les petits pays de l’Union s’inquiètent. Ils s’inquiètent de la place de plus en plus importante que prennent les grands Etats dans le cadre de décisions internationales. Les petits Etats veulent une diplomatie européenne forte et claire alors que les grands Etats ne sont pas prêts à abandonner leurs fameuses prérogatives régaliennes en l’occurrence la diplomatie. D’où les critiques impatientes dont est l’objet la politique extérieure de l’Union européenne sous l’autorité de Catherine Ashton. Surtout que les sujets ne manquent pas. Entre la Tunisie, la Libye, la Syrie et j’en passe, les possibilités d’agir et de se faire entendre sont nombreuses pour le Service diplomatique européen et pourtant la Haute représentante de Bruxelles donnent plutôt l’impression de tout faire pour éviter les lieux de conflit où sa présence serait pourtant indispensable. La non intervention de Catherine Ashton ouvre une autoroute aux grands pays de l’Union qui s’y engouffrent pour parfois s’y empêtrer il est vrai, joyeusement. Leur diplomatie est séculaire alors que Catherine Ashton doit en créer une ex-nihilo mais pour cela, elle est censée être secondée par des diplomates chevronnés. Le président du PPE, Joseph Daul a-t-il raison de parler «d’erreur de casting» la concernant ? Catherine Ashton est-elle trop Britannique pour représenter la diplomatie européenne ? On se demande en effet si celle-ci est convaincue par sa mission, puisqu’elle choisit souvent la position la plus effacée parmi toutes celles proposées. N’aurait-il pas mieux fallu choisir un/une représentant d’un petit Etat ? Les grands Etats l’auraient-ils permis, eux qui manifestent bruyament leur mécontentement vis-à-vis de l’inactivité de Catherine Ashton ? Mais cela ne les satisfait-il pas au bout du compte ? Quant aux petits Etats critiques, sollicités par l’Union, auraient-ils les moyens de participer à une quelconque intervention ? Aujourd’hui, pour être intervenue en Libye, la France s’est engagée à participer à un fonds spécial temporaire en faveur des insurgés libyens. Sauf erreur, la porte n’est pas fermée à d’autres potentiels contributeurs. Les dernières chroniques de Cécile Vrain : L’UE va à contre-courant dans les Balkans d’après Viktor Orban. Et la Hongrie ? Nouvelle constitution : le passé d’une illusion Comment l’Union européenne fête la journée internationale des Roms La Hongrie reste en dehors du «Pacte pour l’euro» Mme Khadafi, née Farkash, se repose à Vienne pendant que la Libye flambe Chronique du 9 mars 2011 : « Ce n’est pas du féminisme, c’est de l’économie » Chronique du 28 février 2011 : Défense européenne, de Tripoli à Gödöllö en passant par l’OTAN Chronique du 23 février 2011 :  « pooling and sharing », ce n’est pas pour demain Chronique du 17 février 2011 : le groupe de Visegrad fête ses 20 ans Chronique du 9 février 2011 : Orbán a sa pub dans Paris Match Chronique du 4 février 2011 : VRP hongrois Chronique du 20 janvier 2011 : L’ethnocentrisme hongrois au Parlement européen Chronique du 14 janvier 2011 : Tel est pris qui croyait prendre Chronique du 6 janvier 2011 : Comedia dell’arte Chronique du 31 décembre 2010 : Le sacre de Viktor Orban

La presse européenne a également besoin d’un soutien public

La presse européenne a également besoin d’un soutien public

4 mai 2011 à 9 h 55 min 1 commentaire

Par Euractiv, le 27 avril 2011 Les entreprises traditionnelles de médias ont souffert de la crise financière ainsi que de l’émergence d’Internet. A Bruxelles, la presse européenne doit quant à elle rester vigilante et a « plus que jamais » besoin d’un soutien public, selon Aidan White, ancien responsable de la Fédération internationale des journalistes. Les entreprises de médias qui couvrent Bruxelles sont confrontées à un dilemme lorsqu’elles tentent de s’adapter aux réalités du XXIe siècle, affirme M. White (photo), militant de longue date pour la liberté journalistique et secrétaire-général de la Fédération internationale des journalistes de 1987 à avril 2011. Lors d’un entretien exclusif avec EurActiv, il a évoqué le fait qu’à l’heure où la révolution numérique engendrait des bénéfices énormes pour la liberté d’expression, elle mettait également les médias face à de sérieux défis. En particulier, la migration de la publicité sur Internet et la convergence des médias de diffusion et audiovisuels « écrasent l’industrie traditionnelle des médias », a-t-il ajouté. Par conséquent, la capacité des médias d’informations, notamment les journaux, à rester rentables a subi un coup dur, cela s’ajoutant au « déclin très constant » de la circulation des journaux dont les ventes sont en chute depuis de nombreuses années. « Nous sommes en période de transition, il n’y a pas de doute », a-t-il dit. M. White a souligné que cette « transition » avait annoncé la fin de « centaines voire de millions de titres » en Europe et en Amérique du nord, davantage de licenciements et un emploi en freelance précaire pour les journalistes, et avait réduit l’investissement dans la formation, le journalisme d’investigation et les correspondants étrangers. Cela, a-t-il affirmé, a résulté en une dégradation de la qualité du journalisme, davantage de sensationnalisme et une couverture superficielle des questions complexes. M. White a déclaré qu’il existait « une réelle interrogation quant à la capacité du secteur privé à assurer le pluralisme et la fiabilité de l’information nécessaires à la démocratie ». Le journalisme doit être reconnu comme «  d’intérêt général » L’ancien responsable de la Fédération internationale des journalistes affirme que de ce fait, le soutien public aux médias est plus nécessaire que jamais. L’Europe possède une longue tradition de diffuseurs publics et selon lui, même aux Etats-Unis, « où ils aiment à penser que le secteur privé règne en maître », 1 milliard de dollars de subventions allait être accordé aux médias cette année. La situation est particulièrement difficile pour les journaux qui couvrent Bruxelles, au vu des réductions qui affectent les bureaux étrangers et la fragmentation du marché européen des médias, a-t-il souligné. M. White pense que la couverture des médias à Bruxelles est « largement dominée par les institutions de l’Union européenne, qui prennent toute la place ». Il a prévenu que « le nombre de personnes apportant une pluralité des opinions et des perspectives diminuait à Bruxelles ». Par conséquent, a-t-il ajouté, les médias basés à Bruxelles ont besoin de « créer une distance entre eux et l’Union européenne ». Les organisations d’informations qui cherchent un soutien public sont face à un dilemme, a-t-il dit. Du côté positif, M. White a évoqué le succès de la chaîne de télévision paneuropéenne Euronews, qui est subventionnée par la Commission européenne depuis 2005 à hauteur de 5 millions d’euros par an, ce qui représente environ 10 % du budget de la chaîne. « Mais cela n’est pas habituel », a-t-il ajouté, affirmant que les journalistes et les médias étaient « très réticents » à la sensation d’être financés par le secteur public. Il a affirmé que cela devait changer et que la société devait reconnaître que le « journalisme était un bien d’intérêt général » et qu’en tant que tel, « il n’y avait rien de mal à ce qu’il reçoivent de l’argent public ». Il a reconnu les dangers que cela peut entraîner pour l’indépendance éditoriale des médias et a laissé quelques questions ouvertes. « Désormais, la question est : comment cela peut-il être réalisé de manière ouverte et démocratique ? Mais aussi, comment cela peut-il avoir lieu sans compromettre l’indépendance essentielle dont ont besoin les médias », a-t-il demandé. Retrouver l’article original sur Euractiv

Interview : « Cela dépendra aussi du courage des journalistes »

Interview : « Cela dépendra aussi du courage des journalistes »

3 mai 2011 à 9 h 00 min 2 commentaires

Péter Magyar, journaliste hongrois, correspondant de l’agence de presse italienne ANSA, nous a accordé un entretien dans lequel il revient sur la vaste réforme des médias entrée en vigueur le 1er janvier. M. Magyar a aussi travaillé comme journaliste à l’agence de presse hongroise MTI, de 1970 à 1993, puis à l’hebdomadaire HVG.

L’UE va à contre-courant dans les Balkans d’après Viktor Orban. Et la Hongrie ?

L’UE va à contre-courant dans les Balkans d’après Viktor Orban. Et la Hongrie ?

21 avril 2011 à 21 h 40 min 0 commentaire

Le billet de Cécile Vrain, journaliste et docteur en Histoire des Relations Internationales de l’Université de Paris 1, spécialiste de la Hongrie. Ecoutez la version audio de la chronique Les premiers temps de la présidence hongroise avait été entachés par les nombreuses réactions négatives liées à la nouvelle loi sur les médias, jugée par certains, liberticide. Il faut croire que Viktor Orban aime les dates et les symboles. Pour fêter l’anniversaire de la mi-temps de la présidence européenne, c’est aujourd’hui le vote d’une nouvelle Constitution qui fait encore parler de la Hongrie dans les cours européennes, et pas en bien. Comme en janvier, le Premier ministre hongrois semble ignorer les réactions inquiètes. Lui, ce dont il veut parler lorsqu’il est à Bruxelles, c’est de l’Union européenne et pas de politique intérieure. C’est ainsi que le 14 avril, il a présenté les réalisations de sa présidence dans la première partie de son mandat. Critique sur l’Europe, mais enthousiaste sur ses résultats, Viktor Orban est resté dans un registre très classique. Il a qualifié de succès, la rencontre concernant les questions posées par l’immigration suite aux révolutions arabes. Il semble qu’il soit le seul à y voir un succès car la France et l’Italie ne sont toujours pas d’accord sur une répartition équitable des immigrés. Les autres satisfactions du Premier ministre hongrois concernaient l’intégration des Roms et la Stratégie pour la région Danube. Par contre, l’actuel président de l’Union européenne est déçu des résultats sur l’élargissement. Lui qui aurait tant voulu jouer un rôle majeur dans le processus d’adhésion de la Croatie – dont l’euroscepticisme a été ravivé avec la condamnation de Gotovina à 24 ans de prison – a déclaré que l’Union «allait à contre-courant» et qu’il se «heurtait à un mur». Autant l’on peu qualifier la politique intérieure de la Hongrie actuelle de « rétrograde », autant Viktor Orban – tout en jouant sa partition comme tout à chacun – semble dans le vrai en ce qui concerne l’élargissement de l’Union à l’Europe du sud-est. Si l’élargissement n’est pas évident en tant qu’Occidental, cela l’est beaucoup plus en tant que Centre-européen. La sensibilité et la connaissance culturelle et historique de la région par ces derniers manquent aux pays fondateurs de l’Union. Tout en n’ignorant pas que ce ne sont pas des considérations politiques qui bloquent mais plutôt des raisons économiques. L’élargissement de l’Union aux Balkans serait pourtant un élément de stabilité fondamental dont certains des pays de la région ont grand besoin. Ainsi Viktor Orban estime, à juste titre, qu’il est ridicule de continuer d’appeler la Macédoine «Fyrom» afin de ne pas blesser la susceptibilité grecque. Il a qualifié la situation «d’incarnation de l’absurdité», précisant qu’il est obligé de se concentrer une seconde pour se souvenir du nom officiel de la Macédoine – et il n’est pas le seul dans ce cas. Et c’est sans parler du refus franco-allemand de laisser la Roumanie et la Bulgarie rejoindre l’espace Schengen. La situation doit être très frustrante pour Viktor Orban, libre de réorganiser la société dans son pays et les mains liés concernant ses ambitions politiques de voisinage. Lui qui n’est pas connu pour favoriser le dialogue avec l’opposition et la société civile de son pays se voit obliger de reconnaître qu’au sein de l’Union il y a des pays forts, opposés à sa volonté et avec lesquels, au minimum, il «faut garder les discussions ouvertes». On retrouve ainsi toutes les ambiguïtés et contradictions de la politique du chef du gouvernement hongrois. Soutien de la Roumanie dans sa volonté d’adhérer à l’espace Schengen dans le cadre de l’Union européenne, il indispose régulièrement ses voisins avec sa politique intérieure. Dernier exemple en date : la nouvelle constitution qui inquiète les pays voisins. Ces contradictions ne datent pas d’hier et ne semblent pas avoir de solutions en Europe centrale : entre vouloir jouer un rôle sur le plan international en tant que pays leader de la région et parallèlement être le protecteur de sa minorité nationale vivant au-delà des frontières. Articles liés : Elargissement de l’espace Schengen : les velléités hongroises ne suffiront pas Elargissements de l’UE : les divergences franco-hongroises « L’autre » Orban parle d’Europe à Paris UE : l’opération séduction de Viktor Orban Les dernières chroniques de Cécile Vrain : Nouvelle constitution : le passé d’une illusion Comment l’Union européenne fête la journée internationale des Roms La Hongrie reste en dehors du «Pacte pour l’euro» Mme Khadafi, née Farkash, se repose à Vienne pendant que la Libye flambe Chronique du 9 mars 2011 : « Ce n’est pas du féminisme, c’est de l’économie » Chronique du 28 février 2011 : Défense européenne, de Tripoli à Gödöllö en passant par l’OTAN

Viktor Orban "fraîchement" accueilli au parlement européen le 19 janvier

Vers un nouveau clash entre la Hongrie et l’UE ?

21 avril 2011 à 21 h 34 min 3 commentaires

L’adoption de la nouvelle Constitution pourrait-elle déclencher un scandale européen comme ce fut le cas avec la loi sur les médias ? C’est fort possible…mais cela n’aura sans doute pas d’effets.

Le nouveau programme du Jobbik : Béla IV au secours de la Hongrie

Le nouveau programme du Jobbik : Béla IV au secours de la Hongrie

18 avril 2011 à 8 h 06 min 7 commentaires

Gábor Vona, le président du groupe parlementaire Jobbik vient de présenter la nouvelle ligne directrice du parti : le plan Béla IV. Au programme, 30 points pour organiser le « sauvetage du pays », avec notamment la mise en place d’une Union centre-européenne, a rapporté Index.

La Szent-Korona, symbole dépositaire de l'identité chrétienne de la Hongrie

Nouvelle constitution : le passé d’une illusion

17 avril 2011 à 20 h 14 min 3 commentaires

Le billet de Cécile Vrain, journaliste et docteur en Histoire des Relations Internationales de l’Université de Paris 1, spécialiste de la Hongrie.

Photo : HU-lala

Effervescence sur la question des Roms en Europe

13 avril 2011 à 22 h 24 min 2 commentaires

L’agitation continue de parcourir l’Europe en ce qui concerne la question de l’intégration des Roms. Entre la commissaire à la justice Viviane Reding, le gouvernement Hongrois et les représentants d’associations Roms, les dynamiques sont vives. Avec en toile de fond une extrême-droite particulièrement remuante dans les campagnes.

Hejöszalonta, avril 2011 (Corentin Léotard/hu-lala)

Comment l’Union européenne fête la journée internationale des Roms

8 avril 2011 à 15 h 00 min 0 commentaire

Le billet de Cécile Vrain, journaliste et docteur en Histoire des Relations Internationales de l’Université de Paris 1, spécialiste de la Hongrie. Ecoutez la version audio de la chronique Que l’Union européenne qui consacre 172 millions d’euros au sort des Roms s’inquiète de la destination et de l’utilisation de ses fonds versés aux Etats membres, nul ne s’en plaindra. Ainsi certainement pour fêter la journée internationale consacrée aux Roms, Bruxelles a rappelé aux pays où résident des Roms que l’intégration de cette communauté, devient « l’un des objectifs assignés aux Etats dans le cadre de la stratégie de croissance de l’Union européenne pour 2020″. Sous la houlette du commissaire aux droits fondamentaux, la Luxembourgeoise Viviane Reding – bien connue en France pour s’être fait remarquer l’été dernier en attaquant celle-ci suite aux expulsions de Roms vers leurs pays d’origine – sous sa houlette donc, les Vingt-Sept sont vivement priés de « s’engager dans de vraies stratégies nationales d’intégration, avec des objectifs quantifiables et vérifiables, en matière d’accès à l’éducation, au travail, aux soins de santé et au logement », ce qui semble être un minimum. Le délai accordé pour présenter une stratégie globale pour l’amélioration des conditions d’existence des Roms est court puisqu’il faudra que les Etats membres soient en état de la présenter  pour la fin de l’année. Tout cela se fera sous l’étroite surveillance de l’Agence européenne des droits fondamentaux. En résumé, la Commission semble découvrir qu’elle a peut-être les moyens de contraindre les pays membres de s’intéresser à une – pour certains – des plus importantes minorités de leur pays et que désormais les politique nationale liées aux Roms seront applicables dans un cadre de stratégie européen. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Dans l’histoire de cette communauté, trois dates charnières sont importantes.1989 et la chute du communisme, 2004 et l’entrée de la majorité des pays d’Europe centrale dans l’Union européenne suivie en 2007 par deux pays balkaniques, la Roumanie et la Bulgarie. Ceux que l’on nomme les Roms en Europe occidentale et Tziganes en Europe centrale et orientale, bien que sédentaires à 95% depuis une soixantaine d’années, c’est-à-dire depuis que les Communistes les y ont obligés, ont pour certains d’entre eux quittés leur pays et migrés vers l’ouest. Je dis bien leur pays, car avant d’être Roms, n’oublions pas qu’ils sont avant tout nationaux des Etats où ils sont nés et que par conséquent ils bénéficient des droits et des devoirs desdits pays. Ceci rappelé, il semble judicieux de se poser la question de savoir exactement quelle est la situation des Roms en Europe ? Question complexe aux réponses multiples si l’on se réfère à la lecture des nombreux articles et témoignages sur la question, parus récemment dans la presse. Difficile de s’y retrouver. Pour certains et c’est le sentiment général, les Roms vivent dans des conditions épouvantables et sont considérés comme des citoyens de seconde zone. Pour d’autres, ils ne font aucun effort d’intégration et profitent largement des aides publiques octroyées. Sur la base de ces postulats, l’Union européenne décide d’intervenir. Comme toujours et peut-être parce qu’elle ne peut faire plus, son intervention sera d’ordre financier et technique. Pourtant, il semble bien que l’argent déjà versé n’ai pas tant que cela amélioré le sort des Roms et il est clair que Bruxelles ne pourra pas se battre contre le principal obstacle lié aux conditions de traitement des Roms, je veux parler du sentiment profond de rejet que certains éprouvent vis-à-vis de cette communauté. En Europe centrale et orientale, il y a ainsi des sentiments diffus qui viennent du fond des âges et qui n’ont pas toujours d’explications. Rassurons-nous les mêmes sentiments existent en Europe occidentale, mais de façon différente. Ainsi, l’antisémitisme n’est pas le même que vous soyez à Budapest ou à Paris même si au bout du compte, le résultat est identique. Il en est de même de l’anti-Roms qui ne s’explique guère et semble presque génétique pour certains. Rien de réfléchi la dedans, plutôt un sentiment que cela a toujours été comme cela. Lutter contre de telles réactions sera le plus grand défi de l’Union européenne qui n’ignore pas que la priorité absolue est l’éducation des enfants. C’est seulement par eux que la situation pourra évoluer et que les Roms auront une chance de trouver leur place dans la société tout en restant fidèles à ce qu’ils sont. Ils ne seront ni les premiers ni les derniers à y arriver. Chroniques précédentes: La Hongrie reste en dehors du «Pacte pour l’euro» Mme Khadafi, née Farkash, se repose à Vienne pendant que la Libye flambe Chronique du 9 mars 2011 : « Ce n’est pas du féminisme, c’est de l’économie » Chronique du 28 février 2011 : Défense européenne, de Tripoli à Gödöllö en passant par l’OTAN Chronique du 23 février 2011 :  « pooling and sharing », ce n’est pas pour demain Chronique du 17 février 2011 : le groupe de Visegrad fête ses 20 ans Chronique du 9 février 2011 : Orbán a sa pub dans Paris Match Chronique du 4 février 2011 : VRP hongrois Chronique du 20 janvier 2011 : L’ethnocentrisme hongrois au Parlement européen Chronique du 14 janvier 2011 : Tel est pris qui croyait prendre Chronique du 6 janvier 2011 : Comedia dell’arte Chronique du 31 décembre 2010 : Le sacre de Viktor Orban

Journée internationale des Roms: entretien avec l’activiste indépendant Béla Radics

Journée internationale des Roms: entretien avec l’activiste indépendant Béla Radics

8 avril 2011 à 5 h 41 min 0 commentaire

Béla Radics se définit lui-même comme un activiste indépendant pour les droits des Roms. Dans le blog qu’il développe, il rend compte de la situation des Roms en Hongrie, avec un œil très critique tant sur les autorités hongroises que sur les représentants Roms.

Pacte pour l’euro : Orbán persiste et signe

6 avril 2011 à 9 h 48 min 0 commentaire

Dans un bilan des trois premiers mois de la présidence hongroise de l’Union européenne, le premier ministre Viktor Orbán a justifié sa politique économique, au parlement lundi, a rapporté MTI.

La Hongrie reste en dehors du «Pacte pour l’euro»

La Hongrie reste en dehors du «Pacte pour l’euro»

31 mars 2011 à 6 h 31 min 0 commentaire

Le billet de Cécile Vrain, journaliste et docteur en Histoire des Relations Internationales de l’Université de Paris 1, spécialiste de la Hongrie. Ecoutez la version audio de la chronique Alors que certains comme Emmanuel Todd sont persuadés que « l’euro est foutu, [et que] tout le monde le sait« , d’autres à Bruxelles continuent à œuvrer pour garantir la monnaie unique. A Bruxelles justement, la semaine dernière, le Conseil européen a entériné le « Pacte pour l’euro ». Alors que l’Union européenne a encore montré son incapacité à œuvrer de concert sur le plan international et de la défense, le sommet des 24 et 25 mars a marqué un pas en avant sur les questions économico-financières sur fond de «solidarité». Comme quoi, il semblerait malgré tout que le couple franco-allemand fonctionne mieux que le couple franco-anglais ou tout du moins à chacun sa spécialité. Invisible et voulant le rester sur la scène internationale, l’Allemagne se maintient dans son rôle de grand ordonnateur des affaires économiques et financières en Europe. Avec la mise en place du Pacte de l’euro, les pays adhérents devront désormais limiter leur dette, mettre au diapason salaire et  productivité sur fond de recul d’âge de la retraite, harmoniser les politiques fiscales, etc. Avec en bon point un soutien financier garanti dans le cadre du mécanisme européen de stabilité (MES) qui sera mis en place à partir de 2013. Fin de la récréation, le maître d’école allemand ne veut voir qu’une seule tête sur un seul rang, ou presque. Car sans surprise, la Hongrie de Viktor Orban a décidé de ne pas adhérer au Pacte pour l’euro pour préserver son « indépendance fiscale » et aboutir au « système fiscal le plus compétitif » en Europe. Plus surprenant fut de lire dans la presse que celui-ci avait expliqué qu’il devait avant tout consulter l’opposition et « que le pays était uni sur la question« . Ce serait bien la première fois depuis la presque année que le Premier ministre hongrois est au pouvoir qu’il s’inquiète de l’invisible opposition politique dans son pays ! Mais ce n’est pas la question. En fait, la Hongrie semble d’accord avec les objectifs du Pacte puisque les uns comme les autres ont le désir de rationaliser leurs dépenses publiques et de limiter les impôts afin d’améliorer la compétitivité des entreprises. Seulement chacun veut y arriver par son propre chemin, ce qui semble néanmoins difficile en tant que pays membre de l’Union. De son côté, le président tchèque, l’eurosceptique Vaclav Klaus a quant à lui été critiqué par l’opposition – qui craint que Prague ne s’auto-exclue du processus d’intégration européenne – comme si ce n’était déjà pas le cas depuis que Klaus est au pouvoir, pour avoir fait le même choix que son homologue hongrois. Sourcilleux quant à leur souveraineté économique et financière, ces deux là, comme le Royaume-Uni et la Suède, qui il est vrai n’ont pas l’intention de rejoindre la zone euro, ont préféré décliner l’invitation. Au sein des Etats membres d’Europe centrale et orientale, d’autres se sont montrés meilleurs élèves. La Pologne, la Lituanie et la Lettonie qui s’impatientent aux portes de la zone euro ont été suivies dans leur choix par les dirigeants roumain et bulgare – qui ne savent plus quoi faire pour être pris au sérieux – d’adhérer au Pacte et ont justifié leur décision par leur volonté d’adhérer à la zone euro – ce qui n’est pas pour demain. Pourtant ils y travaillent. Ainsi la Bulgarie a annoncé juste avant le sommet des 24 et 25 mars, avoir mis en place un mécanisme d’alerte à la dette dans sa constitution et son charismatique Premier ministre a précisé que l’un impliquait l’autre, c’est-à-dire que l’un impliquant l’autre et qu’adhérer au Pacte euro-plus était lié à l’adhésion du pays à la zone euro. Pas faux. Rappelons en effet si cela est nécessaire que les douze pays de la vague d’élargissement de 2004 et de 2007 ont l’obligation d’adopter l’euro. Le beurre et l’argent du beurre En affichant ses divisions qui sont le propre à toute association, l’Union européenne ne prend pas le risque d’une Europe à deux vitesses, puisque celle-ci existe déjà. Là n’est donc pas la question. Viktor Orban ou Vaclav Klaus agissent sans aucun risque, et ils ne l’ignorent pas. Ils tentent de gagner sur les deux tableaux et de marquer des points tant dans leur pays qu’au sein de l’Union, puisque comme l’a souligné le président français Sarkozy, aucun pays européen ne sera abandonné à l’exemple de la Grèce, de l’Irlande ou encore du Portugal ou de l’Espagne. La Hongrie qui a déjà bénéficié de l’aide européenne veut croire et faire croire à son indépendance économique et financière. Cela fait longtemps que ce n’est plus vrai et elle n’est pas la seule dans ce cas. Toutefois pour encore quelques temps, Viktor Orban aime à croire que le politique peut encore primer sur l’économie. Le seul problème, c’est que le schéma est dépassé depuis la Seconde Guerre mondiale. Chroniques précédentes: Mme Khadafi, née Farkash, se repose à Vienne pendant que la Libye flambe Chronique du 9 mars 2011 : « Ce n’est pas du féminisme, c’est de l’économie » Chronique du 28 février 2011 : Défense européenne, de Tripoli à Gödöllö en passant par l’OTAN Chronique du 23 février 2011 :  « pooling and sharing », ce n’est pas pour demain Chronique du 17 février 2011 : le groupe de Visegrad fête ses 20 ans Chronique du 9 février 2011 : Orbán a sa pub dans Paris Match Chronique du 4 février 2011 : VRP hongrois Chronique du 20 janvier 2011 : L’ethnocentrisme hongrois au Parlement européen Chronique du 14 janvier 2011 : Tel est pris qui croyait prendre Chronique du 6 janvier 2011 : Comedia dell’arte Chronique du 31 décembre 2010 : Le sacre de Viktor Orban

La Hongrie a légèrement amendé sa législation sur les médias

La Hongrie a légèrement amendé sa législation sur les médias

9 mars 2011 à 8 h 57 min 0 commentaire

Le Parlement hongrois a amendé, selon l’accord passé avec la Commission européenne, certains points de la loi sur les médias entrée en vigueur le 1er janvier, lundi soir en la présence de la commissaire Neelie Kroes.

catherine Ashton à Gödöllö vendredi 25 février 2010 crédit : eu2011.hu Andras Kovacs

La Défense européenne, de Tripoli à Gödöllö en passant par l’OTAN

28 février 2011 à 20 h 50 min 0 commentaire

Le billet de Cécile Vrain, journaliste et docteur en Histoire des Relations Internationales de l’Université de Paris 1, spécialiste de la Hongrie. Ecoutez la version audio de la chronique Dans mon dernier billet, j’ai pensé pendant quelques instants – pas longtemps rassurez-vous – que j’y étais peut-être allé un peu fort avec mon éternel scepticisme sur les possibilités qu’avaient l’Union européenne a être efficace. En effet, peu de temps après la publication du dit billet, l’on pouvait lire dans la presse officielle des comptes rendus assez positifs sur les décisions prises par les pays membres dans le cas spécifique de la crise libyenne lors du Conseil informel des ministres de la Défense de l’Union européenne réunis à Gödöllö vendredi dernier. Alors que cette question ne figurait pas, à l’origine, à l’ordre du jour de la réunion, elle en est devenue un élément dominant et on a pu lire des déclarations de Cathy Ashton (photo) concernant des sanctions prises à l’encontre de la Libye et de ses dirigeants actuels afin d’arrêter la violence, sanctions confirmées lundi par le conseil des ministres de l’Union européenne. La Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité a même déclaré être en contact avec Hillary Clinton afin de pouvoir synchroniser les actions de Bruxelles avec ce que fait le reste de la communauté internationale. Jusque là tout va bien et l’optimisme laisse place au scepticisme. Mais cela aurait été sans compter avec le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, qui, après avoir déclaré que la Libye n’était pas de son ressort la veille à Kiev a changé d’avis le lendemain à Budapest en déclarant que « l’OTAN peut agir comme un acteur et un coordinateur si ses Etats membres veulent entreprendre une action». Et de poursuivre, « court circuitant » ainsi magistralement le service de Madame Ashton : «Nous avons discuté avec les ministres de la Défense de l’Union européenne des moyens de contenir ce phénomène de façon pragmatique. C’est un exemple concret de la nécessité de coopération entre l’OTAN et l’UE (…)». La responsable de la diplomatie européenne doit justement rencontrer Rasmussen ce mardi afin d’essayer de trouver des points d’entente pour mettre en place cette fameuse politique du «pooling and sharing» entre l’OTAN et l’UE. Nous verrons bien si le secrétaire général de l’OTAN ne tire pas une énième fois la couverture à lui. En effet, ce n’est pas la première fois que l’ancien Premier ministre danois essaie d’écarter Cathy Ashton. Pour l’heure, il est manifeste que l’homme a un sens de la communication bien plus habile que sa collègue de l’Union européenne et qu’un accord de coopération n’est pas prêt d’être trouvé. Il faut dire aussi que les déclarations de la responsable de la diplomatie européenne sont creuses et vides à souhait. Et de reprendre l’éternel discours pour justifier le maintien de relations diplomatiques et commerciales mêmes avec les pays «dont le système de gouvernance ne nous plaisait pas» afin de les inciter à modifier leur comportement. J’aimerai bien que l’on nous cite un seul cas de la réussite d’une telle politique. Et je ne suis pas sûre qu’il soit très pertinent de s’appuyer sur les exemples de l’Iran et de la Corée du Nord pour rappeler qu’en son temps, l’Union et la communauté internationale ont su prendre des sanctions contre des régimes proscrits, prouvant ainsi indirectement qu’il y a au moins deux listes de pays hors la loi : ceux qui ne collaborent pas du tout et ceux qui sont prêts à le faire, pourvu qu’en échange on leur laisse la possibilité d’être seul maître à bord dans leur pays. Et d’oser préciser qu’elle (Catherine Ashton) «n’était pas convaincue que le monde serait un endroit plus sûr et que les Libyens vivraient mieux aujourd’hui si l’Occident avait refusé de négocier avec Kadhafi» – ce que nous ne saurons jamais – et de conclure, «nous devons adapter notre attitude aux circonstances qui changent. Le comportement scandaleux de Kadhafi ces derniers jours nous oblige de le renvoyer dans l’isolement». A bon dictateur salut, restez dans les limites d’une dictature acceptable, ne vous faites pas remarquez, que l’on ne vous retrouve pas à la une des journaux et soyez tranquilles, ce n’est pas l’Union européenne qui viendra vous déranger. Chronique liée : Chronique du 23 février 2011 :  « pooling and sharing », ce n’est pas pour demain Chroniques précédentes: Chronique du 17 février 2011 : le groupe de Visegrad fête ses 20 ans Chronique du 9 février 2011 : Orbán a sa pub dans Paris Match Chronique du 4 février 2011 : VRP hongrois Chronique du 20 janvier 2011 : L’ethnocentrisme hongrois au Parlement européen Chronique du 14 janvier 2011 : Tel est pris qui croyait prendre Chronique du 6 janvier 2011 : Comedia dell’arte Chronique du 31 décembre 2010 : Le sacre de Viktor Orban

Source : EU2011.hu

Les ministres des sports se sont rencontrés à Gödöllö

27 février 2011 à 22 h 44 min 0 commentaire

Le financement des sports européens et la lutte contre le dopage ont été les deux sujets au centre de la réunion informelle des ministres européens chargé des sports, la semaine précédente à Gödöllő, a rapporté la présidence hongroise de l’UE sur son site internet.

L’UE et la Défense :  « pooling and sharing », ce n’est pas pour demain

L’UE et la Défense : « pooling and sharing », ce n’est pas pour demain

23 février 2011 à 23 h 38 min 0 commentaire

Le billet de Cécile Vrain, journaliste et docteur en Histoire des Relations Internationales de l’Université de Paris 1, spécialiste de la Hongrie.

Chronique : le groupe de Visegrád fête ses vingt ans

Chronique : le groupe de Visegrád fête ses vingt ans

17 février 2011 à 14 h 43 min 0 commentaire

Le billet de Cécile Vrain, journaliste et docteur en Histoire des Relations Internationales de l’Université de Paris 1, spécialiste de la Hongrie. Ecoutez la version audio de la chronique Le groupe de Visegrád a 20 ans, 20 ans déjà. Mardi 15 février, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie et la Hongrie se sont réunies à Bratislava pour fêter l’événement. Saisissons l’occasion de rappeler brièvement ce qu’est le groupe de Visegrád : groupement d’intérêts géopolitiques d’Europe centrale, comme il en existe d’autres tels le triangle de Weimar – réunissant la Pologne, l’Allemagne et la France. A l’origine, le groupe de Visegrád a été fondé afin de mettre en place diverses coopérations mais principalement en vue d’accélérer le processus d’intégration européenne et  l’adhésion à l’Otan. Nous sommes en février 1991. La Tchécoslovaquie existe encore pour un peu moins de deux ans. Ces trois, puis quatre pays, se réunissent surtout pour décider et appliquer des conceptions politiques. Certains y ont vu une concurrence à l’Union européenne. C’est risible. Cela aurait été David contre Goliath, et en dehors de cela, n’aurait pas eu d’intérêt. D’autres ont estimé que le groupe n’avait plus lieu d’être puisque mission accomplie depuis 1999 avec l’adhésion à l’Otan et depuis avril 2004 [en fait le 1er mai, ndlr] avec l’entrée dans l’Union européenne. Par contre, cette organisation sub-régionale semble devoir rester pertinente pour plusieurs raisons. Tout d’abord faire entendre d’une seule voix à Bruxelles, les intérêts de ces pays d’Europe centrale, puis de rester les uns en contacts avec les autres. Ce qui dans le cas des relations hungaro-slovaques est loin d’être négligeable actuellement, comme tout le monde le sait. Enfin, jusqu’en juin, la Hongrie préside l’Union européenne, elle sera relayée en juillet par la Pologne, il y a là manifestement une occasion à ne manquer de mettre en place des politiques d’intérêts communs pour la région. Pour ses pays en partie frontaliers et par conséquence toujours plus ou moins rivaux, il est important de rester en contact par l’intermédiaire en l’occurrence de ce groupe, certains pouvant servir de conciliateurs dans le cas de conflits où ils n’auraient pas d’intérêts majeurs. Mais revenons à l’actualité. Mardi 15 février, les pays de Visegrád avaient invité la chancelière allemande, le chancelier autrichien Werner Faymann et le Premier ministre ukrainien Mykola Azarov. Angela Merkel était l’invitée d’honneur à Bratislava et lançait en sachant de quoi elle parlait – n’oublions pas que la chancelière allemande est une «Osti» -: « Vous nous rappelez la liberté ! » Il n’est pas inutile de se souvenir de temps en temps du chemin parcouru, même, ou surtout, lorsque le quotidien politique nous entraîne dans son tourbillon. A l’occasion de ce 20e anniversaire, les Polonais, les Tchèques, les Slovaques, les Hongrois, mais aussi les Allemands, les Autrichiens et les Ukrainiens étaient entre eux, communiant dans un même souvenir de leur passé qui n’est pas si lointain que cela. L’occasion était trop belle et Angela Merkel ne l’a pas manquée en rappelant que les pays du « V4″ ont réussi à vaincre la dictature et fonder des démocraties, ce qui pourrait inspirer d’autres pays aujourd’hui», allusion manifeste aux révolutions qui bouleversent en ce moment le monde arabe mais surtout appel du pied au dirigeant biélorusse, considéré comme le dernier dictateur européen. C’est d’ailleurs grâce à Alexandre Loukachenko que cet anniversaire peut se vanter d’un résultat concret. Un appel commun, ou presque, – le Premier ministre ukrainien s’étant défaussé sur la question -, a ainsi été lancé au régime de Minsk pour qu’il libère tous les prisonniers politiques emprisonnés suite aux élections de décembre. Dans le cadre de leur présidence, les Hongrois avaient déjà, il y a quelques semaines, par l’intermédiaire du ministre des Affaires étrangères Jànos Martonyi, déclaré que le Biélorusse ne serait pas le bienvenu lors de la prochaine réunion du « Eastern Partnership » prévu en mai et qui vient justement d’être reportée pour des raisons qui ne sont pas encore claires, mais qui peuvent être au minimum de deux ordres : soit c’est une façon de taper sur le nez du Premier ministre Viktor Orban qui a vraiment mal commencé sa présidence – avec la polémique sur la loi des médias votée en début d’année et malgré les concessions qu’il vient d’accorder -, soit ou en conséquence, les Polonais ont su saisir la balle au bond et se faire valoir pour l’organisation de l’événement dans la deuxième moitié de l’année. Enfin le Premier ministre slovaque, Iveta Radicova, avait annoncé que le sommet aborderait diverses questions relatives, entre autres, à la sécurité énergétique, à la gouvernance économique ou encore à la crise de la dette publique au sein de l’Union européenne, mais rien de concret encore une fois n’en est sorti. Comme quoi, les dictateurs sont bien utiles et permettent d’éviter, soit les sujets qui fâchent, soit l’incompétence ou la paralysie des gouvernements en place, incapables d’apporter des solutions concrètes. Article lié : Une « hotline » entre Budapest et Bratislava Les 4 Visegradi font craquer Sarkozy Une stratégie énergétique régionale pour en finir avec l’Ukraine Chroniques précédentes: Chronique : Orbán a sa pub dans Paris Match Chronique du 4 février 2011 : VRP hongrois Chronique du 20 janvier 2011 : L’ethnocentrisme hongrois au Parlement européen Chronique du 14 janvier 2011 : Tel est pris qui croyait prendre Chronique du 6 janvier 2011 : Comedia dell’arte Chronique du 31 décembre 2010 : Le sacre de Viktor Orban

La Hongrie amendera sa loi sur les médias

La Hongrie amendera sa loi sur les médias

17 février 2011 à 9 h 32 min 0 commentaire

Le gouvernement hongrois et la Commission européenne ont conclu un accord sur la modification de la loi hongroise sur les médias, ont annoncé mercredi, chacun de leur côté, Neelie Kroes et le secrétaire d’Etat hongrois aux communications Zoltan Kovacs.

Chronique : Orbán a sa pub dans Paris Match

Chronique : Orbán a sa pub dans Paris Match

9 février 2011 à 6 h 46 min 1 commentaire

Le billet de Cécile Vrain, journaliste et docteur en Histoire des Relations Internationales de l’Université de Paris 1, spécialiste de la Hongrie. Ecoutez la version audio de la chronique La loi sur les médias en Hongrie aura eu au moins un mérite, celui de faire connaître Viktor Orbán. Aujourd’hui, il faut vraiment le vouloir pour ne pas savoir qui est le Premier ministre de Hongrie. La « Une » du dernier Paris-Match, bien que principalement consacrée aux événements en Egypte, offre un portrait-rencontre avec le chef du gouvernement hongrois. En effet, l’immortel Jean-Christophe Rufin, démissionnaire du pas si confortable fauteuil d’ambassadeur au Sénégal, «parcourra le monde pour raconter à Match [et on espère aussi aux lecteurs !] l’histoire au présent», nouvelle rubrique qui manifestement est inaugurée avec le portrait de Viktor Orbán. Quel honneur ! Car l’on peut être sûr que sans le couac de cette affaire des médias – le Premier ministre hongrois aurait bien aimé qu’elle reste «interne» au pays – nul ne se serait souvenu de la présidence magyare. L’actualité européenne n’intéresse en général que peu les médias nationaux de quelques pays que ce soit et ce n’est certainement pas les réalisations que la Hongrie pourra faire au sein du Conseil de l’Union européenne qui aurait modifié cet état de fait. Mais comme quoi, bonne ou mauvaise, toute publicité est bonne à prendre. Bien sûr, l’on ne croit absolument pas Viktor Orbán lorsqu’il confie à Rufin «qu’il pensait que ce serait pire» parlant de la session du 19 janvier dernier devant le parlement européen. Personne ne supposera que le vote et l’application de la loi sur les médias en Hongrie coïncidant avec le début de la présidence du Conseil de l’Union européenne fut programmé, calculé. Les risques étaient bien trop grands. Mais puisque l’affaire est faite, inutile de se lamenter. Au Premier ministre hongrois de savoir comment tourner la situation à son avantage. Et ma foi, il semble bien se débrouiller. Bien qu’intitulé «L’homme qui fait peur à l’Europe», Rufin conclut dans son article, qu’Orbán n’est pas un dictateur – quelle découverte ! – et qu’il ne faut pas perdre de temps à se poser la question. L’image donnée par l’article est loin d’être négative et c’est manifestement un bon coup de pub. Tout cela pour ça ! D’autant plus que tout semble rentrer dans l’ordre, du moins serions nous tentés de le croire. Alors que la commission européenne avait laissé deux semaines, une seule a suffit à la Hongrie pour répondre à Neelie Kroes, la commissaire chargée du dossier. Donc tout va bien ? Dans les faits, oui. Le scénario s’est déroulé normalement : critiques de la Commission et contestations des critiques par la Hongrie. Lundi 7 février, la Hongrie a donné de manifestes signes d’ouverture pour amender sa loi sur les médias et doit faire parvenir dans les jours qui viennent un projet de modification de la dite loi. L’affaire serait-elle enfin terminée ? Viktor Orbán, le «mâle dominant» aurait-il accepté sa défaite face à l’Union européenne ? Pas si sûr. Encore une fois, l’homme a su tirer son épingle du jeu, et surtout, si concessions il y a, elles ne seront que techniques et juridiques et pour l’heure en aucun cas politiques ni idéologiques. Viktor Orbán n’est ni européen ni eurosceptique. Il est le Premier ministre de la Hongrie et persuadé de savoir ce qui est bon pour elle. Lire le portrait d’Orban par Jean-christophe Rufin dans Paris-Match Articles lié : Orbán reçoit une volée de bois vert au Parlement européen Biographie : La revanche de Viktor Chroniques précédentes : Chronique du 4 février 2011 : VRP hongrois Chronique du 20 janvier 2011 : L’ethnocentrisme hongrois au Parlement européen Chronique du 14 janvier 2011 : Tel est pris qui croyait prendre Chronique du 6 janvier 2011 : Comedia dell’arte Chronique du 31 décembre 2010 : Le sacre de Viktor Orban

Energie : la présidence hongroise esquive les polémiques

Energie : la présidence hongroise esquive les polémiques

7 février 2011 à 13 h 30 min 0 commentaire

Le Conseil de l’Union européenne du 4 février 2011 a consacré ses travaux à deux secteurs, l’énergie et l’innovation, considérés comme « essentiels pour la croissance et la prospérité de l’Europe. » Alors que le Conseil publie des conclusions en 15 points sur la question de l’énergie, la présidence hongroise en présente certaines sur son site, en omettant certaines questions polémiques, comme l’extraction des gaz de schistes. La Hongrie a mis l’énergie au coeur de sa présidence, mais elle traite le sujet comme s’il ne soulevait aucune controverse. « Nouvelle phase dans la politique énergétique européenne » Comme la doctrine européenne l’exige, c’est tout d’abord la création, prévue pour 2014, du marché intérieur de l’énergie qui permettra d’obtenir une énergie « sûre, durable, financièrement abordable et dont l’approvisionnement est garanti. » Le Conseil appelle donc les Etats membres à mettre en oeuvre rapidement et intégralement la législation relative au marché intérieur de l’énergie. La Hongrie est d’autre part au centre du développement de la connexion énergétique nord-sud en Europe, et elle rappelle l’inauguration en octobre 2010 d’un gazoduc reliant la Hongrie et la Roumanie, le projet de connexion avec la Croatie dont les travaux devraient débuter prochainement, et l’accord signé le 28 janvier dernier entre la Slovaquie et la Hongrie pour un nouveau gazoduc. La présidence hongroise rappelle ensuite les objectifs de réduction de la dépendance énergétique de l’Union européenne. Cela passe notamment par le respect des objectifs de la Stratégie énergie 2020, à savoir une baisse de 20% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 par rapport au niveau de 1990, une augmentation de 20% de la production d’énergies renouvelables, qui ne représentent aujourd’hui que 16% de l’énergie européenne, et une réduction de 20% de la consommation d’énergie grâce à l’amélioration de l’efficacité énergétique, en particulier des bâtiments et des transports. Enfin, la présidence évoque les « priorités pour 2020 et au delà » en matière d’infrastructures énergétiques. Il s’agit de l’amélioration et du développement des réseaux de transport et du stockage de l’électricité, du gaz et du pétrole. Calendrier de la présidence hongroise Quelques rendez-vous rythmeront le calendrier « Energie » de la présidence hongroise. Premièrement, les ministres de l’énergie européens devraient adopter le 28 février prochain la stratégie énergétique et les objectifs 2020 sur les infrastructures proposés par la Commission (voir «Priorités en matière d’infrastructures énergétiques pour 2020 et au-delà — Schéma directeur pour un réseau énergétique européen intégré» novembre 2010). En mars, la Commission européenne devrait publier la feuille de route Energie 2050 pour une transition vers une économie sobre en carbone, qui sera discutée lors d’un conseil ministériel informel au mois de mai. Dans le même temps, une conférence sur l’énergie sera organisée à Budapest. Puis, lors du Conseil de juin, les ministres de l’énergie pourraient approuver le nouveau plan d’efficacité énergétique européen. Pour la Hongrie, pas la peine d’évoquer les « palagaz » (gaz de schistes) Alors que la présidence hongroise indique qu’elle « fera tout afin d’accomplir les tâches définies au sommet. », elle n’évoque pas la question de l’exploitation des gaz de schistes, pourtant déjà présentée par les écologistes comme une catastrophe environnementale annoncée. Le point 7 des conclusions du Conseil, dispose en effet qu’ « afin de renforcer la sécurité de l’approvisionnement de l’UE, il conviendrait d’évaluer le potentiel dont dispose l’Europe en matière d’extraction et d’utilisation durables de ressources en combustibles fossiles conventionnels et non conventionnels (gaz de schistes et schiste bitumineux). La veille, mercredi 3 février, la ministre de l’environnement Nathalie Kosciusko-Morizet suspendait en France les nouvelles explorations de gisements de gaz et de pétrole contenus dans le schiste et lançait une mission sur les enjeux environnementaux de ce type d’exploitation. Les risques environnementaux sont en effet déjà bien connus, notamment en Amérique du Nord où ces gaz sont largement exploités. Les principales critiques formulées à l’encontre des gaz de schistes sont l’usage de quantités d’eau considérables pour procéder à l’extraction, l’injection de solvants chimiques en grande quantité dans le sol pour fractionner le schiste et les risques de contamination des sols et des nappes phréatiques, les risques d’émissions fugitives de méthane et de sulfure d’hydrogène, potentiellement très dangereux pour la santé humaine et animale, ainsi que les dommages causés à la surface des sols et des équipements routier et le bruit continu de l’exploitation. Face à ces conséquences environnementales importantes et désastreuses, la ville de New York a même interdit tout forage dans une région de 4000 km2 qui assure son approvisionnement en eau, tandis que, moins chanceux, les habitants d’autres Etats ont retouvé les substances chimiques de l’exploitation du schiste directement dans leur eau du robinet. Consulter le calendrier de la présidence hongroise Articles liés : Sur l’Union Européenne « L’autre » Orban parle d’Europe à Paris UE : L’opération séduction de Viktor Orban Le budget 2011 de l’UE reste inconnu Présidence de l’UE : la Hongrie est-elle prête ? La Hongrie prépare le terrain pour présider l’Europe en 2011 Sur les questions énergétiques UE – Nabucco : les infidélités des européens avec South Stream Nabucco, un consortium bien optimiste La Russie réaffirme son leadership de l’énergie en Hongrie A Budapest, le froid entre Kiev et Moscou impose un remede rapide Une stratégie énergétique régionale pour en finir avec l’Ukraine Nabucco passe le Parlement Nabucco, l’esquive du gaz russe

Un timbre de la Magyar Posta représentant la bataille de Mohacs (1526)

Turquie : L’incroyable confession de Pal Schmitt

3 février 2011 à 10 h 02 min 2 commentaires

Dans la longue liste des peuples qui ont envahi le territoire de l’actuelle Hongrie au cours de son histoire, les Turcs ne sont généralement pas ceux qui ont laissé le plus mauvais souvenir aux Hongrois. Pour le président de la République Pal Schmitt, c’est peu de le dire…

Cinéma : un film français, roumain et hongrois à l’affiche

Cinéma : un film français, roumain et hongrois à l’affiche

2 février 2011 à 4 h 00 min 0 commentaire

Ce n’est pas tous les jours qu’un film à la fois français, roumain et hongrois sort en salle en France. « Morgen », du réalisateur Marian Crisan, raconte l’histoire d’un immigrant clandestin turc qui échoue dans un petit village roumain adossé à la frontière hungaro-roumaine et rencontre Nelu, un quarantenaire, vigile de supermarché, qui promet de l’aider à la franchir pour rejoindre l’Allemagne. Vous l’aurez compris, le film s’attaque au thème – très en vogue depuis « Welcome » – de l’immigration vers Union européenne. Ce film est particulièrement d’actualité alors que la Hongrie qui préside l’Union européenne tente à tout prix de repousser plus à l’Est cette fameuse frontière de sécurité de Schengen que l’immigrant turc veut franchir. L’idée de ce film est apparue à son réalisateur roumain en 2007 alors qu’il lisait un fait divers relatant l’arrestation de deux Turcs qui tentaient de passer cette frontière. Espérons que des cinémas hongrois le programment prochainement. Date de sortie en France : 2 février 2011 Réalisé par Marian Crisan Long-métrage

Budapest Vs UE : l’heure est à la détente

Budapest Vs UE : l’heure est à la détente

1 février 2011 à 22 h 57 min 2 commentaires

La frénésie européenne provoquée par la loi hongroise sur les médias est retombée et un dialogue plus apaisé s’est instauré entre le gouvernement hongrois et la Commission européenne, pour étudier la conformité de la nouvelle législation avec les normes de l’Union.

Médias : La Hongrie a répondu à la Commission européenne

31 janvier 2011 à 13 h 19 min 0 commentaire

Le gouvernement hongrois a envoyé lundi une réponse à la lettre de Neelie Kroes, commissaire européenne chargée des médias, dans laquelle elle demandait à Budapest de lever les « doutes sérieux » de la Commission concernant sa loi sur les médias, a déclaré le secrétaire d’Etat à la communication gouvernementale Zoltan Kovács, ce lundi matin sur la radio nationale MR1-Kossuth. Le gouvernement n’a pas encore officiellement révélé le contenu de sa lettre. La Commission européenne avait adressée une lettre vendredi 21 janvier au gouvernement hongrois, mentionnant que « La Commission européenne a des doutes sérieux quant à la conformité de la législation hongroise avec le Droit communautaire ». La Commission avait donné deux semaines à la Hongrie pour s’engager à clarifier son texte, menaçant, dans le cas contraire, d’ouvrir une procédure d’infraction au traité de l’UE ainsi qu’à sa charte des droits fondamentaux. Consultez ici la lettre de Neelie Kroes Articles liés : Médias : l’Europe adresse un ultimatum à Budapest Orbán reçoit une volée de bois vert au Parlement européen Edito : L’ethnocentrisme hongrois au Parlement européen L’Europe peut-elle faire plier Orban « le tout-puissant » ? Edito : Comedia dell’arte

Médias : la France, la Hongrie, l’UE,  deux poids deux mesures ?

Médias : la France, la Hongrie, l’UE, deux poids deux mesures ?

26 janvier 2011 à 13 h 39 min 6 commentaires

La tribune libre de Vincze Ecoutez la version audio de cette tribune Alors que le roi Orban de Hongrie se faisait vilipendé par Dani le vert, leur leader au parlement européen, les deux députées européennes d’Europe-Ecologie signaient une tribune dans rue 89 où elles essayaient d’attirer l’attention sur la loi Loppsi 2 : « Alors que la Hongrie est montrée du doigt en raison d’une loi sur les médias que François Baroin, le porte-parole du gouvernement, a jugé incompatible avec les traités fondamentaux européens, la droite française s’apprête à voter cette semaine la Loi de programmation pour la performance de la sécurité intérieure, dite Loppsi 2. » En vain, puisqu’en même temps, le Sénat validait l’article 4 de la Loppsi 2, autorisant la censure d’un site Internet sans jugement… On ne peut que se féliciter du contre-pouvoir que joue l’Union Européenne dans les dérives démocratiques en cours en Hongrie (réforme de la Cour constitutionnelle, des médias…) depuis le printemps dernier et « la révolution dans les urnes » vantée dans la « Déclaration sur l’entente nationale », si chère à Orban. Par contre, on ne peut que regretter la mollesse de sa réaction face à des dérives démocratiques tout aussi inquiétantes, voire plus, dans beaucoup de pays européens, en particulier la France. Ces dernières semaines, la Hongrie a connu une campagne d’attaques des médias occidentaux, modèle de ce type de campagne où les journalistes, comme des moutons, font du buzz facile, non sans imprécisions, en allant dans le sens d’un imaginaire occidental regardant ces « pays de l’est » avec condescendance. De plus, cela permet aux médias dominants de l’ouest, de manière insidieuse, de laisser croire à leurs concitoyens qu’ils n’ont pas à s’inquiéter puisqu’ils veillent à ce qu’aucune dérive démocratique de ce genre ne soit possible. « Nous sommes sauvés » ! Malheureusement la réalité n’est pas si rose… en particulier en France… Ces dernières années, nous avons connu en France une dégradation inquiétante de notre belle démocratie, ce qui n’empêche pas nos leaders politiques de donner des leçons, en particulier à la Hongrie, avec une arrogance toute française. C’est ce que résume très bien le dernier rapport de Reporters Sans Frontière : « L’année 2010 a été marquée par plusieurs agressions contre des journalistes, des mises en examen, des violations ou tentatives de violations du secret des sources et surtout un climat lourd de défiance envers la presse. La majorité présidentielle a eu des mots très menaçants, parfois insultants, envers certains médias. » En effet, la France c’est ce pays, modèle des droits de l’homme, qui purge des chroniqueurs politiques trop subversifs envers son pouvoir (Stéphane Guillon, Didier Porte et Gérald Dahan). C’est ce pays où les ordinateurs de journalistes (Le Monde, Le Point, Médiapart, rue89…) ayant le toupet d’enquêter sur des affaires dérangeantes (Bettencourt, Karachi…) pour son roi, pardon son président, disparaissent. « Pure coïncidence ? » C’est aussi ce pays où le Syndicat National des Journalistes écrit une lettre ouverte demandant : « est-il exact que la DCRI (Direction centrale des renseignements intérieurs) est amenée à s’intéresser à tout journaliste qui « se livre à une enquête gênante » pour le président de la République ». Lundi, l’Europe adressait un ultimatum à Budapest concernant sa désormais trop fameuse réforme des médias, soit un peu plus d’un mois après la validation de celle-ci par le parlement hongrois. Est-ce que cela est lié aux décisions économiques peu orthodoxes de virer le FMI, de taxer les banques et les produits financiers ou encore de taxer les multinationales, ces dernières étant allées récemment pleurnicher à Bruxelles… En tous cas, on ne peut que constater que la commission a bien fait son travail concernant la Hongrie. A quand autant de pugnacité contre les grandes puissances européennes ? En particulier contre la France ! Le véritable risque, avec cette façon de faire selon « deux poids deux mesures », est celui de renforcer le roi Orban dans son pays et de renforcer une culture de victimisation du peuple hongrois (déjà bien trop présente dans l’imaginaire magyar), ainsi qu’une défiance toujours plus grande envers une Europe qui n’en finit plus de décevoir… le peuple le plus europhile de la région. Articles liés : Orbán reçoit une volée de bois vert au Parlement européen Le journalisme suisse et le blanchiment de l’info Sarko L’Europe peut-elle faire plier Orbán le «tout-puissant» ?

Médias : l’Europe adresse un ultimatum à Budapest

Médias : l’Europe adresse un ultimatum à Budapest

25 janvier 2011 à 8 h 17 min 1 commentaire

La Commission européenne a adressée une lettre vendredi dernier au gouvernement hongrois, dans laquelle elle lui fait part de « doutes sérieux » quant à la conformité de sa loi sur les médias avec les normes européennes. Elle lui donne deux semaines pour s’engager à la modifier, sans quoi elle se réserve le droit d’ouvrir une procédure d’infraction au traité de l’UE ainsi qu’à sa charte des droits fondamentaux. « La Commission européenne a des doutes sérieux quant à la conformité de la législation hongroise avec le Droit communautaire », peut-on lire dans cette lettre, signée par la commissaire européenne en charge de la société numérique, Neelie Kroes, Outre les critiques essentiellement techniques adressées jusqu’alors, l’Union européenne va maintenant plus loin en émettant des « doutes » sur une éventuelle atteinte à la liberté d’expression inscrite dans la charte des droits fondamentaux en ce qui concerne l’obligation d’enregistrement de tous les médias, y compris numériques. La Commission estime que l’obligation d’enregistrement auprès de l’autorité des médias (NMHH) s’appliquant à tous les types de médias « pourrait constituer une restriction disproportionnée à la liberté d’établissement et de prestation de services », et créerait « une restriction injustifiée aux droits fondamentaux de liberté d’expression et d’information« . Dans cette lettre, la Commission émet aussi des doutes quant à l’obligation de fournir « une information équilibrée » pour les médias audiovisuels, y compris numériques. Selon elle, cette obligation définie en des « termes généraux laisse beaucoup de place à l’interprétation« . A ce jour, le gouvernement hongrois s’est bien gardé de divulguer les reproches exprimés dans cette lettre, sur laquelle a réussi à mettre la main l’AFP. Questionné sur ce point par MTI lundi, le secrétaire d’État à la communication, Zoltan Kovacs, a fait savoir que cette lettre serait rendue publique en même temps que la réponse du gouvernement hongrois. Consultez ici la lettre de Neelie Kroes Articles liés : Orbán reçoit une volée de bois vert au Parlement européen Edito : L’ethnocentrisme hongrois au Parlement européen L’Europe peut-elle faire plier Orban « le tout-puissant » ? Edito : Comedia dell’arte

Orbán reçoit une volée de bois vert au Parlement européen

Orbán reçoit une volée de bois vert au Parlement européen

19 janvier 2011 à 23 h 37 min 18 commentaires

Pour son baptême du feu au Parlement européen dans le cadre de la présidence hongroise de l’UE, le premier ministre hongrois Viktor Orbán était venu présenter aux eurodéputés, mercredi, les grands objectifs de la Hongrie. Mais c’est à une déferlante de critiques en rapport avec la loi sur les médias qu’il a dû faire face. Ironie de la situation, ce pugilat parlementaire avait lieu à Strasbourg, dans l’hémicycle – symbole du simulacre de démocratie de l’Union Européenne. Il se savait attendu au tournant par les députés européens chauffés à blanc par les avalanches de critiques concernant la démocratie hongroise, publiées chaque jour dans la presse depuis le début de l’année. Mais peut-être ne s’attendait-il pas à une telle virulence. Tout a mal commencé. M. Orbán a été accueilli dans l’hémicycle par les députés écologistes bâillonnés et brandissant des « unes » blanches fictives des principaux journaux hongrois, barrées du mot « Censored ». Le ton était donné. Le premier ministre hongrois a dressé un parallèle entre les défis d’il y a vingt ans et ceux d’aujourd’hui, estimant que « La Hongrie est le pays ayant sacrifié le plus de sang pour la liberté et la démocratie. [...] Nous avons fait beaucoup d’efforts pour la réunification de l’Europe ». Il a tenté de déminer le terrain en rappelant que la Hongrie accepterait la décision de la Commission européenne – qui étudie en ce moment le texte – et amenderait sa loi s’il apparaît qu’elle n’est pas conforme à la législation européenne. « Si des objections peuvent être établies et vérifiées, nous serions que trop heureux de modifier la loi.[...] Ce n’est pas une affaire de prestige, ce n’est pas un bras de fer« , a-t-il fait savoir. « Ne mélangez pas les critiques de la politique intérieure hongroise avec les six mois de la présidence hongroise. Je vous demande de faire cette distinction autant que cela vous est possible. […] Si vous mélangez les deux, je suis évidemment prêt à me battre, mais vous devez réaliser que cela ne portera pas uniquement atteinte à la Hongrie, mais à l’UE dans son ensemble« , a-t-il plaidé. En vain. Selon Cohn-Bendit, Orbán est un Chávez en devenir Cela ne surprendra personne, c’est le chef de file des Verts européens, Daniel Cohn-Bendit, qui, dans un discours plein d’emphase [Voir la vidéo plus bas], a marqué les esprits en assénant une comparaison (déjà effectuée par des politologues en Hongrie même) entre Viktor Orbán et le président vénézuélien Hugo Chávez. « M. Orbán vous êtes sur le chemin de devenir un Chavez européen, un national-populiste qui ne comprend pas l’essence et la structure de la démocratie ». […] « L’information équilibrée n’existe pas. La presse doit déranger la politique, et c’est pour cela que votre loi n’est pas une loi qui correspond aux valeurs de l’Union européenne« , a critiqué M. Cohn-Bendit. Peu avant de tancer le premier ministre hongrois, « Dany le rouge » ignorait sans doute que le journal qu’il brandissait barré de la mention « Censored » n’était autre que le Magyar Nemzet, le grand quotidien conservateur hongrois, indéfectible soutien de Viktor Orban, dont il y a tout lieu de penser que ses journalistes ne seront pas les premiers visés par la censure. Sur la même ligne que les Verts, le chef du groupe socialiste, l’Allemand Martin Schulz, a exhorté le premier ministre hongrois à  retirer sa loi sur les médias. « En démocratie, les médias contrôlent le pouvoir. Avec cette loi, c’est le pouvoir qui contrôle les médias et cela ne va pas, dans une démocratie« , a-t-il déclaré. Pour le président belge de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe, Guy Verhofstadt, la loi hongroise sur les médias est « un éléphant dans un magasin de porcelaine ». Selon lui, conformément à loi slovaque sur la langue et à la loi hongroise sur les médias, l’écrivain Sándor Márai n’aurait jamais eu l’occasion d’écrire son œuvre, intitulée « Les confessions d’un bourgeois » ni d’exercer son métier de journaliste. C’est tout juste si Viktor Orbán a pu compter sur un soutien, un peu embarrassé, des conservateurs du PPE, à laquelle son parti est affilié. « Le parti de Viktor Orbán est celui de la liberté et de la démocratie. […] J’ai confiance en vous. Il y a longtemps que nous nous connaissons et je vous considère comme un très grand européen.« , a déclaré leur chef Joseph Daul. « C’est une offense au peuple hongrois »_ Viktor Orbán Le premier ministre hongrois s’est quelque peu laissé emporter par la virulence des critiques à son égard : « Je n’accepte pas que quiconque remette en question l’engagement démocratique du peuple hongrois simplement parce que nous avons vécu sous la dictature pendant 40 ans ! La loi sur les médias peut-être critiquée mais le peuple hongrois n’a pas à être insulté ! Dire que la Hongrie se dirige vers une dictature est une offense au peuple hongrois. » [Voir la vidéo ci-après] Plus tard dans cette matinée houleuse, Daniel Cohn-Bendit reprendra la parole en réponse au discours de M. Orbán : « Vous avez raison d’être fier du peuple hongrois ! Mais la vérité n’est pas toujours du côté de la majorité« . Si l’ensemble des formations politiques représentées au Parlement européen ont salué l’ambition et soutenu le programme de la présidence hongroise, il faut bien dire que la loi sur les médias a occulté tout le reste. A Bruxelles, on a encore manqué une occasion de travailler sur les objectifs de la Hongrie. L’intégration des Roms, la stratégie pour le développement de la région danubienne, l’approvisionnement énergétique de l’Europe, la gouvernance économique, etc., tout cela attendra. Articles liés : « La démocratie hongroise est affaiblie, mais pas en danger » (TASZ) L’Europe peut-elle faire plier Orban « le tout-puissant » ? Edito : Comedia dell’arte Médias : Orbán souffle le chaud et le froid Manifestation de soutien aux journalistes de la radio nationale hongroise La presse hongroise de gauche se rebelle Adoption de la loi sur les médias : « cause toujours… » Fini de rire pour les médias privés

Qui a peur de la Grande Hongrie?

Qui a peur de la Grande Hongrie?

17 janvier 2011 à 23 h 46 min 45 commentaires

Il n’y a pas que la loi sur les médias qui pourrait faire des vagues pendant la présidence hongroise de l’Union européenne. Déterrer les vieux démons de l’Europe centrale risque aussi de placer Budapest en porte-à-faux avec ses partenaires européens et de déplaire fortement à Bruxelles…

Médias : Orbán prêt à en découdre avec ses détracteurs

Médias : Orbán prêt à en découdre avec ses détracteurs

16 janvier 2011 à 21 h 49 min 1 commentaire

Ceux qui ont cru qu’il serait facile de faire reculer le gouvernement hongrois sur sa loi sur les médias se sont lourdement trompés ! Dans une interview à paraître lundi dans le quotidien allemand Bild, le premier ministre a clairement affirmé qu’il n était pas prêt à se laisser dicter sa politique intérieure.

La « dérive » autoritaire de la Hongrie traitée en direct sur RFI

La « dérive » autoritaire de la Hongrie traitée en direct sur RFI

15 janvier 2011 à 16 h 00 min 10 commentaires

Dimanche 16 janvier 2011, en direct de 11h33 à 11h59, puis rediffusée de 20h33 à 20h59, la seconde partie de l’émission Carrefour de l’Europe sur Radio France Internationale sera dédiée à la Hongrie et à sa « dérive autoritaire » actuelle. Animé par Daniel Desesquelle, le débat réunira Zita Gurmai, eurodéputée socialiste hongroise (du principal parti d’opposition, MSzP), en ligne depuis le Parlement européen à Bruxelles, Pocs Balazs, journaliste, responsable de la rubrique européenne du quotidien « Népszabadsag » , en ligne depuis Budapest, et Palko Karasz, étudiant en journalisme à Sciences Po Paris. L’accroche de Daniel Desesquelle, journaliste à RFI : « La Hongrie entame la présidence tournante de l’Union européenne, depuis le 1er janvier 2011 et pour six mois, dans un climat délétère. En cause, une nouvelle loi sur les médias qui prévoit des sanctions notamment en cas «d’informations non équilibrées». La liberté de la presse est un des fondements de l’Union européenne et, de toutes parts, des voix se sont élevées pour critiquer cette dérive. Au-delà, cette affaire met en lumière le mode de gouvernement autoritaire de Viktor Orban, accusé par ses opposants de populisme. La présidence hongroise de l’Union européenne est bien mal partie. » Flashback sur 2010, l’année du retour à l’Autorité A défaut de s’être précisément prononcé sur sa réforme des médias pendant sa campagne, le premier ministre conservateur Viktor Orbán a prévenu tout le monde dès son retour au pouvoir : n’en déplaise aux socialistes – libéraux et à l’extrême droite incarnée par Jobbik, il allait être l’homme fort du retour à la souveraineté de l’Etat et à l’autorité en Hongrie. Plébiscité avec la FIDESz en avril dernier, lui et son gouvernement ont très vite annoncé leur réforme des médias, dès le mois de juin. Articles liés : Janos Martonyi fait la leçon aux journalistes à Paris « La démocratie hongroise est affaiblie, mais pas en danger » (TASZ) L’Europe peut-elle faire plier Orban « le tout-puissant » ? Edito : Comedia dell’arte Médias : Orbán souffle le chaud et le froid Manifestation de soutien aux journalistes de la radio nationale hongroise La presse hongroise de gauche se rebelle La Castration du quatrième pouvoir en Hongrie Les débuts de la tsarine des médias hongrois dans la pornographie ! Adoption de la loi sur les médias : « cause toujours… » Fini de rire pour les médias privés

Chronique : Tel est pris qui croyait prendre

Chronique : Tel est pris qui croyait prendre

14 janvier 2011 à 0 h 19 min 0 commentaire

Le billet de Cécile Vrain, journaliste et docteur en Histoire des Relations Internationales de l’Université de Paris 1, spécialiste de la Hongrie. Ecoutez la version audio de l’éditorial En fin de semaine dernière, la passation de pouvoir entre les Premiers ministres belge et hongrois a eu lieu au parlement, à Budapest. Tous ont été unanimes pour confirmer que la cérémonie avait été grandiose et que de petits couacs anodins tels que l’oubli de faire jouer l’hymne européen après ou avant – c’est selon – les hymnes nationaux belge et hongrois ou encore d’avoir perdu le Premier ministre belge dans le labyrinthe du parlement n’avait rien enlevé à la solennité du moment. En effet, Yves Leterme aurait été abandonné après la cérémonie et n’aurait retrouvé son chemin que grâce à la sollicitude d’un député socialiste – évidemment – hongrois qui l’aurait guidé jusqu’au lieu du dîner. Propagande malhonnête, c’est certain. Quant à la loi sur les médias, elle a encore fait parler d’elle cette semaine. Pour la version officielle, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a confirmé qu’il avait “reçu l’assurance du Premier ministre hongrois que le texte sur la loi des médias avait été élaboré, et mis en place, dans le respect total des valeurs de l’Union européenne sur la liberté de la presse et des législations européennes concernées”. Nous voilà rassurés. Pourtant de son côté, la commissaire à l’agenda numérique Neelie Kroes a mercredi, lors d’une séance parlementaire, déclaré que «la Commission européenne ne ferait aucun compromis et s’assurerait que la loi européenne soit pleinement mise en œuvre dans le cas de la très controversée loi hongroise sur les médias». L’intérêt pour le sujet n’aurait pas diminué et la commissaire a reconnu subir de nombreuses pressions de différents groupes. La semaine dernière déjà, nous vous informions sur des problèmes liés à la traduction de cette loi fournie par les autorités hongroises. Nous vous confirmons qu’une traduction sera bien effectuée par les services de la Commission, des doutes subsistant. Le ministre hongrois des Affaires étrangères Janos Martonyi – dans le cadre de sa tournée des capitales européennes – a dû lui aussi justifier cette loi au lieu de parler de l’Union européenne. Décidément, plus d’un au gouvernement doit commencer sérieusement à regretter cette loi. Surtout qu’elle pourrait bien se retourner contre le Fidesz – le parti du Premier ministre Viktor Orbán – et ses sympathisants. Ceux qui connaissent un peu les médias hongrois n’ignorent pas le ton parfois  employé dans certain programme. L’antisémitisme par exemple est récurrent dans des émissions connues et appréciées. De nombreux débats existent en Hongrie sur cette question et légiférer sur le sujet reste un point d’actualité. Il semble par conséquent évident qu’avec cette loi, l’on verra bientôt qui décide de ce qui est possible de dire ou d’écrire dans le pays. C’est à ce moment là seulement que l’on pourra juger ou non de la dangerosité de l’application de la loi, et si celle-ci ne va que dans un seul sens. Certains pourraient avoir des surprises. Tel est pris qui croyait prendre. Chroniques précédentes : Chronique du 6 janvier 2011 : Comedia dell’arte Chronique du 31 décembre 2010 : Le sacre de Viktor Orban

Première présentation de la présidence au Parlement européen

Première présentation de la présidence au Parlement européen

13 janvier 2011 à 6 h 15 min 0 commentaire

Selon un communiqué officiel émanant du Magyar Köztársaság Külügyminisztériuma (le ministère hongrois des affaires étrangères) : M. János Martonyi, ministre des affaires étrangères a mené des consultations sur les priorités législatives de la présidence hongroise à Bruxelles avec les chefs des groupes parlementaires et de commissions sectorielles. La Hongrie compte sur la collaboration du Parlement européen (PE) en ce qui concerne l’adoption dans les meilleurs délais du paquet législatif portant sur le renforcement de la gouvernance économique. Le 11 janvier M. János Martonyi, ministre des affaires étrangères et Mme Enikő Győri, ministre délégué aux affaires européennes ont rencontré les chefs du Parti Populaire Européen (PPE), les dirigeants du groupe parlementaire de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe ainsi que les eurodéputés du groupe des Verts / Alliance libre. Ils ont également rencontré le président de la commission économique et financière, le président de la commission des affaires constitutionnelles, le groupe de coordinateurs de la commission de l’Alliance progressiste des socialistes et des démocrates ainsi que le secrétaire général du PE. Leur visite avait pour objectif d’échanger leurs visions avec celles des hôtes sur les dossiers législatifs prioritaires du semestre. La loi hongroise sur les médias a également été évoquée  à l’occasion de la consultation menée avec les groupes politiques. M. Martonyi a aussi échangé son point de vue avec Mme Sharon Bowles, la présidente de la commission économique et financière du Parlement. Il a affirmé que le renforcement de la gouvernance économique dans la zone euro et dans toute l’Union européenne faisait partie des tâches prioritaires. Pour ce faire, la Hongrie fera tout pour faire avancer les négociations sur les six propositions de lois soumises par la Commission en septembre 2010. Les concertations sont déjà en cours au sein de la commission ad hoc créée en novembre et la commission compétente du Parlement devrait se prononcer sur le paquet de lois fin janvier. M. Martonyi a souligné que la présidence hongroise considérait le PE comme un partenaire clé et compte sur son soutien dans l’adoption officielle du paquet législatif visant la mise en place d’un système de coordination plus serré des politiques économiques d’ici le mois de juin. Le sujet de l’échange de points de vue entre M. Martonyi et M. Carlo Casinivel, président de la commission des affaires constitutionnelles du Parlement, portait avant tout sur les questions relatives à la modification du traité. Le ministre des affaires étrangères a estimé que la modification du traité permettant la mise en place d’un mécanisme permanent de gestion de crise, constituait un des événements majeurs de la présidence hongroise. Néanmoins, la Hongrie en tant que président du Conseil ne joue qu’un rôle complémentaire dans le processus. Les parties ont également évoqué le règlement portant sur l’initiative populaire européenne, dont l’adoption officielle par le Conseil, la signature, et l’entrée en vigueur, sont prévues pendant les six mois de la présidence hongroise. Ils ont également parlé de l’adhésion de l’UE à la Convention européenne des Droits de l’Homme. La présidence hongroise fera tout pour faciliter les négociations menées par la Commission européenne, a déclaré Martonyi. Le ministre hongrois des affaires étrangères et la ministre déléguée aux affaires européennes ont également rencontré au Parlement européen les chefs des groupes d’eurodéputés. A l’occasion de ces échanges, outre les projets législatifs de la présidence hongroise, l’accueil défavorable à l’étranger de la loi hongroise sur les médias a également été évoqué. M. Martonyi a attiré l’attention de ses partenaires aux nombreux malentendus qui restaient à clarifier en la matière. Il a souligné l’importance de faire la différence entre les critiques relatives à une loi et les insultes visant un Etat membre. D’autant plus que peu de pays européens ont fait plus pour la démocratie que la Hongrie. Selon le ministre hongrois des affaires étrangères, il est nécessaire de séparer la question intérieure hongroise de la réforme des médias et les affaires de la présidence. Cette position a été partagée par ses partenaires, Guy Verhofstadt, chef du groupe parlementaire des libéraux et ancien premier ministre belge.  La conclusion de la rencontre organisée séparément entre János Martonyi, Enikő Győri, et les eurodéputés hongrois a souligné que le succès de la présidence hongroise relève d’un intérêt commun. Source : Magyar Köztársaság Külügyminisztériuma Articles liés : János Martonyi à Paris : première partie « La démocratie hongroise est affaiblie, mais pas en danger » (TASZ) L’Europe peut-elle faire plier Orban « le tout-puissant » ? Edito : Comedia dell’arte Médias : Orbán souffle le chaud et le froid

L’atteinte aux symboles hongrois en Roumanie n’aurait rien à voir avec Schengen

L’atteinte aux symboles hongrois en Roumanie n’aurait rien à voir avec Schengen

12 janvier 2011 à 17 h 22 min 0 commentaire

Les Hongrois de Roumanie viennent d’apprendre trois mauvaises nouvelles, coup sur coup, en ce début de semaine. La première, dans l’ancienne province hongroise de Transylvanie, touche à un symbole historique, une des trois fêtes nationales hongroises ; la seconde provient d’un acte de vandalisme contre leur ambassade à Bucarest. Mais attention, ces deux nouvelles ne peuvent pas être liées à la troisième, qui n’est autre que le report récent de l’entrée de la Roumanie dans l’espace Schengen… Car s’il y a bien un partenaire des Roumains qui est pour leur entrée dans Schengen, et qui compte travailler dur à cet effet face aux vetos de la France et de l’Allemagne, c’est bien la Hongrie, qui vient tout juste de commencer à présider l’Union Européenne pour 6 mois. Le report de l’entrée dans l’espace Schengen de la Roumanie contrarie forcément la Hongrie Comme l’a déclaré le ministre des Affaires Etrangères Janos Martonyi lundi matin au Club Grande Europe à Paris, « les relations entre la Hongrie et la Roumanie (comme avec la Serbie d’ailleurs) n’ont jamais été aussi bonnes qu’en ce moment« . Et de poursuivre : « Cependant, les ministres de l’Intérieur français et allemand ont envoyé un message très clair : ils ne veulent pas des Roumains et des Bulgares dans Schengen. La souplesse de la part de notre présidence sur ce sujet sera donc très importante. Car il faudra bien trouver un compromis. Ceux qui remplissent les critères de l’entrée dans Schengen doivent rentrer un jour ou l’autre. Les Roumains les ont déjà remplis, les Bulgares, pas encore. » (Propos recueillis par François Gaillard – HU-lala). Ce n’est donc pas un secret, la Hongrie souhaite se débarrasser le plus vite possible de la responsabilité des frontières de l’espace Schengen sur sa partie orientale. Il convient cependant de rappeler, dans un premier temps, que l’entrée des Roumains dans Schengen ne peut se faire qu’avec celle des Bulgares. Aussi, selon plusieurs diplomates européens, l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à Schengen en mars 2011 ne serait pas possible à cause notamment du rapport d’évaluation négatif sur le contrôle de la frontière bulgare avec la Turquie. Quant au veto des Français, plus exactement celui de Nicolas Sarkozy et son ami Brice Hortefeux, il se base sur un point de vue contraire à celui des Hongrois. Il y a bien sûr le spectre populiste d’une « invasion barbare » de Roms venus de Roumanie et de Bulgarie qu’ils veulent retarder le plus possible (la liberté de circulation des Roumains et des Bulgares dans l’UE  restant étroitement contrôlée aux frontières, et l’obtention des Visas étant différente de celle des autres pays), mais pas  seulement. Diplomatie européenne oblige, on invoque plutôt les problèmes de systèmes judiciaires de corruption dans ces deux pays. Pas la peine de rappeler aux Roumains les affaires de corruption qui sortent régulièrement en France, donc, pour les faire rire jaune. Du côté des officiels roumains et du président Traian Basescu, on se dit très peiné et choqué, estimant que le problème n’était pas « le retard de quelques mois de l’entrée dans l’espace Schengen (…) mais l’acte en soi, qui est un abus » (propos rapportés par LPJ Bucarest). « Ou bien nous sommes des partenaires égaux ou bien nous ne le sommes pas ! Cette décision, qui est un précédent, institue un directorat qui décide au sein de l’UE, et ça, c’est inacceptable« , a ajouté le Président roumain. Le 15 mars hongrois ne se fête plus en Transylvanie En Transylvanie, plusieurs municipalités sont désormais obligées de revenir sur leur décision de proclamer le 15 mars, jour de commémoration de la guerre d’indépendance hongroise de 1848-49, comme jour de fête. Raison invoquée par les autorités roumaines : une telle décision relève de la compétence du Parlement roumain. Une chose est sûre cependant, cette brimade ne peut pas s’inscrire dans la déception de la Roumanie de ne pas entrer dans l’espace Schengen en mars prochain, comme c’était prévu. Des croix gammées sur l’ambassade de Hongrie à Bucarest « un acte isolé » selon l’ambassadeur A prendre plus dans le sens d’un simple fait divers, la police a saisi le procureur du tribunal de Bucarest en vertu des lois interdisant les organisations et les symboles à caractère fasciste, raciste ou xénophobe après avoir constaté un acte de vandalisme commis sur l’ambassade de Hongrie lundi matin. Inscrits sur le portail de l’ambassade de Hongrie à Bucarest, une croix gammée et des messages offensifs ont été découverts par le personnel. Selon l’ambassadeur Oszkár Füzes (photo), qui est resté prudent, « il s’agit d’un cas isolé, qui ne représente en aucun cas les relations entre nos deux pays et nous ne devons pas y prêter attention« . (LPJ Bucarest) Articles liés : Elargissement de l’espace Schengen : les velléités hongroises ne suffiront pas Elargissements de l’UE : les divergences franco-hongroises

L’Europe peut-elle faire plier Orbán le «tout-puissant» ?

L’Europe peut-elle faire plier Orbán le «tout-puissant» ?

7 janvier 2011 à 0 h 00 min 5 commentaires

Aujourd’hui vendredi, le Président de la Commission européenne José-Manuel Barroso rencontrera à Budapest un premier ministre hongrois quasi-omnipotent dans son pays pour tenter de lui faire faire machine-arrière sur sa réforme des médias et sur ses taxes de crise. Jeudi, le premier ministre hongrois a fait preuve de défiance vis-à-vis des autres Etats membres de l’Union, au premier rang desquels la France, en retournant contre eux les critiques qui lui étaient adressées sur la question de la liberté de la presse. Et pour cause. Viktor Orbán est un premier ministre tout-puissant dans son pays qui n’a pas l’habitude que l’on s’oppose à lui. Selon sa propre terminologie, une « révolution des urnes » l’a porté au pouvoir au mois d’avril de l’année dernière et il se sent comme investi d’une mission historique envers la nation hongroise. Le rôle qu’il s’est donné « à la maison » est donc assez peu compatible avec les concessions qu’exigent les institutions de l’UE. On ignore encore si la Hongrie va accepter de modifier ses lois qui font polémique. Est-ce que Viktor Orbán, car il ne s’agit que de lui, peut être tenté de brader cette présidence européenne et envoyer paître l’UE pour rester le maître chez lui, tout comme il l’avait fait avec le FMI quelques mois plus tôt ? C’est peu probable mais ce n’est pas complètement impossible, d’autant que cette présidence est finalement surtout symbolique et a été vidée d’une partie de ses objectifs initiaux (gestion de l’eau, élargissement de Schengen, etc.) par les impératifs de Bruxelles. « Mieux vaut régner en enfer qu’être esclave au paradis », comme le veut l’adage. Mais bien sûr il ne s’agit que d’une formule, car la Hongrie n’a rien d’un enfer et l’UE n’a rien d’un paradis. Des Hongrois apathiques, ou consentants ? Pour Viktor Orbán, la menace ne vient pas de l’intérieur car, si après quelques jours de flottement, le tollé est maintenant général en Europe, le moins que l’on puisse dire, c’est que cette fameuse loi est passée comme une lettre à la poste en Hongrie. Certes, la presse de gauche, qui se sent directement visée, et les syndicats de journalistes hongrois se sont indignés ; Les quotidiens Népszabadsag et Népszava ont consacré des « Unes » entières à protester contre cette loi ; Quelques grands hebdomadaires -HVG et Magyar Narancs- ont publié page blanche en « Une » en signe de protestation : Et quelques journalistes, de façon individuelle, se sont risqué à protester et l’ont payé par une mise au pas. Mais jamais l’opinion publique ne s’est réellement émue de se voir priver d’une presse digne de ce nom. Et elle s’est encore moins mobilisée au-delà d’une élite de gauche déchue de son pouvoir et de quelques étudiants. La manifestation qui s’est tenue au moment même de l’adoption de la loi par le parlement, lundi soir 20 décembre, n’a compté guère plus d’un millier de personnes. Et quelque soit l’ampleur du grand rassemblement fixé au 14 janvier devant le parlement, il ne sera pas de nature à contrecarrer les plans du gouvernement. En Hongrie -où l’on suspecte d’ailleurs que la campagne de dénigrement qui s’abat sur le pays, soit orchestrée en représailles aux mesures peu orthodoxes du gouvernement en matière économique (notamment l’instauration de taxes temporaires « de crise »)- les critiques internationales trouvent peu d’échos dans l’opinion publique. Dans ce pays durement frappé par la crise économique, la liberté de la presse se situe très bas dans l’ordre des priorités de la population. L’emploi et l’amélioration de conditions de vie -qui restent intolérables pour plusieurs centaines de milliers de Hongrois- sont les premières préoccupations. D’autre part, l’arrivée au pouvoir (pour la seconde fois) de Viktor Orbán a répondu à une demande du peuple hongrois en faveur d’un pouvoir fort, capable de restaurer la stabilité politique et la paix sociale, qui ont tellement fait défaut ces dernières années. Rogner un peu sur des libertés individuelles, est considéré comme le prix à payer pour cette stabilité. Enfin, une autre explication, complémentaire, tient au fait qu’une partie de la population refuse de céder au catastrophisme et reste confiante dans la démocratie hongroise, malgré tout. Articles liés : Edito : Comedia dell’arte Médias : Orbán souffle le chaud et le froid Manifestation de soutien aux journalistes de la radio nationale hongroise La presse hongroise de gauche se rebelle Adoption de la loi sur les médias : « cause toujours… » Fini de rire pour les médias privés Biographie : La revanche de Viktor

Chronique : Comedia dell’arte

Chronique : Comedia dell’arte

6 janvier 2011 à 20 h 08 min 2 commentaires

Le billet de Cécile Vrain, journaliste et docteur en Histoire des Relations Internationales de l’Université de Paris 1, spécialiste de la Hongrie. Ecoutez la version audio de la chronique J’aurai aimé éviter de vous parler de la loi sur les médias dont grouille la presse européenne. La dénonciation médiatique relayée tardivement par les politiciens va bon train, reste plus que l’action qui doit suivre, du moins peut-on l’espérer et qui ne manquera certainement pas de nous décevoir. A-t-on jamais vu Bruxelles réagir sur une question médiatique ? Ce serait une première. Alors que peu avait été dit avant le 1er janvier, maintenant l’on découvre que l’Union européenne avait agit – très, trop discrètement – par l’intermédiaire de son commissaire à l’Agenda numérique Nelly Kroes, que les pays ont un avis sur la question, pas toujours le même d’ailleurs ou plus exactement évoluant (Cf. les déclarations du ministre français délégué aux Affaires européennes Laurent Wauquiez contredites par celles du ministre du Budget et porte-parole du gouvernement français François Baroin). Il est clair que le discours politique suit le médiatique. Notez qu’il est difficile d’échapper à cette loi sur les médias, et les journalistes spécialistes des questions européennes arrivés à Budapest mercredi n’ont pas manqué de se pencher sur le sujet, occultant ainsi les priorités de la présidence hongroise. Les journalistes sont ainsi faits qu’ils s’intéressent aux os qu’on leur tend à ronger sans essayer de prendre le recul nécessaire. Une étude du vocabulaire utilisé, des idées reçues exploitées dans les articles publiés sur cette loi hongroise des médias serait édifiante. Toujours la même chose, rien d’original, une injure quotidienne à notre intelligence. On dénonce mais on n’explique rien… de peur peut-être de justifier. Mais il ne s’agit absolument pas de cela. Je ne pense pas justifier cette loi en rappelant que le système de régulation des médias depuis la chute du communisme en Hongrie était d’une rare complexité, handicapant et limitant son efficacité. Le nouveau gouvernement s’est-il appuyé sur ces faiblesses pour élaborer cette loi ? Cela explique-t-il en partie l’indifférence et le manque de réaction d’une large partie de la population partant du principe qu’il faut voir par la pratique, les conséquences éventuelles. Toutefois, ces journalistes doivent s’estimer heureux d’être là, accréditation en poche car il n’est pas certain qu’en cette fin de semaine, les 400 qui l’ont demandé, reçoivent le fameux sésame. En fait, les autorités hongroises n’en accueilleront certainement pas plus de 150, pour une question de place soi-disant. Et oui, l’on veut nous faire croire que le parlement hongrois – copie de Westminster – n’est pas assez vaste pour accueillir plus de 150 journalistes. Interrogé sur la loi des médias, le ministre des Affaires étrangères Janos Martonyi a répété, je cite : «Peut-être allons-nous modifier quelques paragraphes à cette loi», contredisant encore une fois les propos du Premier ministre Viktor Orban qui se défendait, il y a encore peu, de vouloir céder aux pressions occidentales, rappelant ainsi de vieux discours sur la souveraineté nationale et le refus d’une quelconque influence. La situation semble pourtant évoluer un peu car ce dernier accepterait de revoir sa loi sur les médias si les autres – dont la loi hongroise se serait inspirée- en font autant, c’est-à-dire la France, l’Allemagne et les Pays-Bas. A mon avis, la liste est un peu courte et il faudrait certainement rajouter d’autres pays. Où comment Viktor Orban renvoie dans les cordes les prétentieux pays qui oseraient lui donner des leçons de démocratie et où la politique en est encore une fois réduite à des rivalités d’hommes et à des complexes d’infériorité pour les uns et de supériorité pour les autres. Toutefois, sans modifications, la loi traduite a été envoyée à Bruxelles…. oubliant néanmoins quelques paragraphes au passage estimant qu’ils n’étaient pas intéressants. Formidable, non ?! Comme si l’Union européenne n’allait pas vérifier, elle qui dépense des millions d’euros chaque année pour un service de traduction exponentiel. Décidément, tout le monde prend pour des imbéciles tout le monde. C’est plus qu’un problème de communication dénoncé par certains et sur lequel nul n’ignore que la Hongrie n’est pas très douée. Cette sorte de jeu où chacun avance ses pions de façon convenue, sans surprise, sans respect pour le partenaire est affligeante avant d’être désespérante. Retrouvez ici la précédente Chronique de Cécile Vrain

En bleu foncé : l'espace Schengen à l'est - En bleu clair : la Roumanie et la Bulgarie

Elargissement de l’espace Schengen : les velléités hongroises ne suffiront pas

6 janvier 2011 à 16 h 28 min 0 commentaire

« Quand on veut, on peut. » Voilà un proverbe que les réalités de l’UE en Europe centrale contredisent souvent. Ce jeudi, les déclarations à la radio nationale bulgare du ministre hongrois de l’intérieur, Sandor Pinter, sur le report de l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’espace Schengen, ont provoqué une vive polémique. On le sait depuis longtemps, l’accession de la Roumanie et de la Bulgarie à l’espace Schengen figure dans l’agenda de la présidence hongroise de l’Union européenne. Les Etats membres devront en effet se prononcer au mois de mars sur cette question. La Hongrie a rappelé à plusieurs reprises qu’elle soutenait l’entrée dans Schengen des deux derniers entrants de l’UE. Mais ce jeudi, le ministre hongrois de l’intérieur, Sandor Pinter, a déclaré à la radio nationale bulgare que, malgré la volonté hongroise, l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’espace Schengen serait reportée au mois d’octobre, certaines conditions n’étant pas remplies. Le service de presse du ministère de l’intérieur hongrois a toutefois démenti par la suite cette information, invoquant une erreur d’interprétation. Cependant, après la déclaration commune de la France et de l’Allemagne qui jugent que Roumains et Bulgares ont encore des progrès à faire en matière de corruption, de justice et de sécurité avant d’accéder à Schengen, tout porte à croire que leur entrée ne pourra pas se concrétiser dès le mois de mars. Il n’est pas si étonnant alors, que la Hongrie tienne ce double discours sur le sujet. Articles liés : Elargissements de l’UE : les divergences franco-hongroises « L’autre » Orban parle d’Europe à Paris UE : l’opération séduction de Viktor Orban Elargissements de l’UE : les divergences franco-hongroises

Médias : Orbán souffle le chaud et le froid

6 janvier 2011 à 12 h 16 min 0 commentaire

Le chaud pour l’Union Européenne que la Hongrie préside… et un froid glacial pour la France. Au cours d’une conférence de presse tenue ce jeudi matin, le premier ministre hongrois Viktor Orbán s’est dit prêt à modifier la loi sur les médias s’il s’avère qu’elle n’est pas en conformité avec les règles de l’Union Européenne… et si d’autres États européens font de même ! La France et son système médiatique en ont pris pour leur grade au passage. Un jour avant l’arrivée du président de la Commission européenne José-Manuel Barroso à Budapest pour entendre les explications du gouvernement hongrois sur ses mesures controversées, il apparaît que l’imprévisible Viktor Orbán n’est pas prêt à se laisser dicter sa politique intérieure sans réagir. Car s’il s’est dit effectivement prêt à revoir sa copie en cas d’incompatibilité avec le Droit européen, cela ne se fera pas sous la pression des critiques des autres États membres de l’Union, a-t-il fait savoir. Au contraire, si la Hongrie était contrainte d’amender son texte, la Hollande, l’Allemagne et la France, devraient en faire autant, selon lui. « La Hongrie acceptera toute procédure entamée par l’UE. Mais si ce passage de la loi hongroise sur les médias est amendé, alors les lois sur les médias en France, en Allemagne et aux Pays-Bas devront également être modifiées, puisqu’il n’y a rien dans notre législation qui ne soit dans leurs lois sur les médias« , a déclaré Orban, rapporté par Reuters. Le chef du gouvernement hongrois a rejeté les critiques des gouvernements allemands et français qu’il a jugé « prématurées« . « Je ne me souviens pas que la Hongrie ait jamais critiqué la loi française sur les médias« , a dit le premier ministre, selon des propos rapportés par l’AFP. Il a pointé du doigt le fait que, contrairement à la France, la Hongrie ne dispose pas de législation donnant le pouvoir au gouvernement de nommer le président de la chaîne de télévision publique de son pays. « Je n’ai jamais dit qu’il s’agissait d’une loi anti-démocratique« , a-t-il ajouté. Voila qui a le mérite d’être clair. M.  Wauquiez, ministre français chargé des affaires européennes, qui avait mis en garde contre ce type de posture de défiance de la part du leader hongrois et refusé de « donner des leçons à la Hongrie » doit rager contre le porte-parole de l’UMP François Baroin, par qui sont tombées les critiques françaises…

Présidence européenne : le sacre de Viktor Orban

Présidence européenne : le sacre de Viktor Orban

31 décembre 2010 à 18 h 56 min 0 commentaire

Le billet de Cécile Vrain, journaliste et docteur en Histoire des Relations Internationales de l’Université de Paris 1, spécialiste de la Hongrie. Ecoutez la version audio de la chronique Il en a longtemps rêvé, c’est désormais chose faite. Viktor Orban, Premier ministre de Hongrie préside non seulement aux destinées de son pays depuis avril dernier mais prend aussi en main les rênes de l’Europe pour les six mois à venir. Ne nous y trompons pas la mégalomanie qui couve en lui comme en tout homme politique doit être à son comble. Bonheur total. Alors que les Belges ont été plus que discrets lors de leur présidence européenne qui se termine – problèmes de politique intérieure oblige – le gouvernement de Viktor Orban a tout sauf l’intention de l’être. Ainsi depuis quelques jours, l’on ne parle plus que de la Hongrie et de sa future présidence dans tous les médias européens. Mais alors que l’on aurait pu s’attendre à des analyses pertinentes comme il se doit sur le programme prévu par les Hongrois, c’est sur la loi sur les médias que l’on glose. A l’étranger, l’image de la Hongrie, au moment de son entrée en fonction à Bruxelles est catastrophique. Pourtant, il semble que tout cela soit bien calculé. La loi sur les médias en Hongrie a été adoptée par un parlement croupion en quelques jours sans réelle réaction de la part des citoyens hongrois qui estiment jusqu’à nouvel ordre que le retour à la stabilité économique, sociale et politique dans leur pays est plus importante que le respect de certains principes démocratiques. C’est leur droit. Quant aux réactions européennes et nationales, elles n’ont pas de quoi effrayer le grand ordonnateur de cette mise au pas. Il est manifeste qu’aujourd’hui, Bruxelles – malgré sa législation – n’a pas et ne se donne pas les moyens de réagir efficacement contre des lois nationales en contradiction avec les siennes. Tout cela est décidément bien calculé, une loie votée à la hussarde, quelques jours seulement avant la prise de fonction à Bruxelles, Viktor Orban a compté sur l’incapacité du « machin » à réagir énergiquement, et il n’a pas eu tort. Surtout, il n’en était pas à son coup d’essai et savait qu’aucun Etat ni l’Union européenne ne réagiraient vraiment. La France et l’Italie sont d’ailleurs mal placées pour donner des leçons de liberté de la presse aux autres pays. N’oublions pas que le gouvernement de Viktor Orban a mis à mal nombre d’entreprises étrangères, l’économie de marché avec par exemple le hold up sur les retraites privées, ses attaques contre la Cour consitutionnelle sans oublier ses conflits ouverts avec le FMI et la Banque mondiale suite au prêt accordé à l’automne 2008. Surtout, il n’est pas question de manquer l’occasion de se mettre en avant aux yeux de ses concitoyens, toujours nostalgiques d’une Hongrie recouvrant sa – vraie – place sur la scène internationale. C’est l’occasion de rappeler que l’Union européenne, ce n’est pas seulement les pays d’Europe occidentale mais aussi depuis 2004, les pays d’Europe centrale. Viktor Orban se veut l’empêcheur de tourner en rond et l’initiateur d’une présidence centre européenne qui sera prolongée en juillet avec la présidence polonaise. Ah ! Etre au centre de la photo des chefs d’Etat et de gouvernement. Il n’y a que le ministre des Affaires étrangères, Janos Martonyi pour croire que « Le prestige et la vanité ne seront pas un problème ». Mais revenons au programme qui est chargé : élargissement au sud-est de l’Europe, Turquie comprise, mise en place d’une commission sur le Danube, aide et solutions pour les Roms, les questions environnementales – la Hongrie est malheureusement bien placée après la catastrophe de cet automne – et la politique énergique où là aussi Budapest veut jouer un rôle important dans la guerre du gaz. Face à toutes ces ambitions, le budget accordé reste modeste – comme il se doit à un gouvernement qui a promis à ses concitoyens de faire des économies – mais qui par définition ne permettra justement pas de grandes réalisations. Mais ne soyons pas pessimistes et observons.

Les Hongrois restent europhiles

31 décembre 2010 à 12 h 39 min 5 commentaires

Près de sept années après l’accession de la Hongrie à l’Union Européenne (c’était le 1er mai 2004), une large majorité des Hongrois est encore favorable à l’UE, malgré une augmentation de l’euroscepticisme ces dernières années. Selon un sondage réalisé par l’institut Medián au mois de novembre dernier, plus des deux-tiers des Hongrois (69%) voteraient à nouveau en faveur de l’entrée dans l’Union, tandis qu’un quart d’entre eux voteraient contre. L’euroscepticisme a cependant gagné beaucoup de terrain depuis son adhésion. En avril 2003, un an avant l’entrée officielle de la Hongrie dans l’Union, 84% des sondés de l’institut Medián se prononçaient en faveur de l’UE et  seulement 16% contre. Si les trois-quarts de la population estiment que la présidence hongroise est un évènement important pour la Hongrie (76%), une majorité d’entre eux pense que cela n’améliorera pas l’image de leur pays à l’étranger ou la détériorera. Seule la moitié des électeurs Fidesz (51%) estime que l’image de la Hongrie en ressortira valorisée. Au moment du sondage, alors que le gouvernement n’avait pas encore lancé de campagne de communication, moins de la moitié de la population hongroise était au courant de la présidence hongroise de l’UE à partir du 1er janvier (45%). 7 personnes sur 10 ayant suivi des études supérieures étaient au courant contre seulement un tiers des personnes n’ayant pas suivi d’études secondaires.

Laurent Wauquiez, le 2 décembre à Budapest (Corentin Léotard_Hulala)

La France refuse de faire la leçon à la Hongrie

31 décembre 2010 à 9 h 44 min 0 commentaire

Le ministre délégué aux affaires européennes, Laurent Wauquiez, estime que la France n’a pas à intervenir sur la question de la réforme des médias en Hongrie, rapporte Jean Quatremer, sur son blog d’actualité européenne. « [Paris] refuse d’aller dans le mur en donnant des leçons à la Hongrie », a déclaré le jeune  ministre, expliquant cette position par le fait qu’elle serait contre-productive et risquerait de « braquer les gens ». Depuis son adoption le 21 décembre, on attendait une réaction officielle de la France sur cette loi qui entrera en vigueur ce soir à minuit et dont les syndicats de journalistes hongrois et internationaux considèrent qu’elle porte atteinte à la liberté de la presse. Maintenant on sait, la France s’est rangée aux côtés des muets qui préfèrent ne pas se fâcher avec la très prochaine présidente de l’Union Européenne. M. Wauquiez, qui admet néanmoins que le texte de loi « dont je ne dis pas qu’il ne pose pas des problèmes » se veut optimiste et croit savoir que le gouvernement hongrois serait « prêt à faire des adaptations ». Viktor Orban en pleine confiance à domicile Le premier ministre hongrois a pourtant clairement exclu l’éventualité de faire machine-arrière. Encouragé par la mollesse des réactions suscitées au niveau européen, il a déclaré le jour même de Noël sur la chaîne privée Hir TV que « Rien n’est plus éloigné de nos intentions que de modifier la loi sur les médias. […] Nous n’allons pas avoir peur de quelques critiques, ou de nombreuses critiques venant de l’Europe de l’Ouest ou de plus loin encore, et modifier les lois, car cela serait caractéristique d’un pays qui souffre de manque de confiance en soi : nous ne sommes pas ce pays« , a-t-il prévenu. Pour le gouvernement hongrois, ce n’est pas de l’intérieur non plus que vient la menace. Sa loi y est passée comme une lettre à la poste. Bien sûr la profession s’est indignée via des communiqués de la part des syndicats de journalistes hongrois et quelques grands hebdomadaires ont publié page blanche en signe de protestation, mais c’est tout. En dehors d’une élite de gauche déchue de son pouvoir et de quelques étudiants, jamais l’opinion publique ne s’est émue de cette « reculade sociale » et encore moins mobilisée. Les manifestations organisées n’ont jamais atteint le millier de mécontents. Dans ces conditions, il est difficile d’imaginer que le premier ministre Orban se laisse attendrir par quelques jérémiades européennes, lui qui considère avoir été porté au pouvoir par une « révolution des urnes » et qui se sent investit d’une mission historique, et lui qui a tellement de comptes à régler avec ses anciens adversaires dans son pays. Retrouvez le blog de Jean Quatremer A propos de la présidence hongroise de l’UE : Le ministre français des affaires européennes en visite à Budapest Elargissements de l’UE : les divergences franco-hongroises « L’autre » Orban parle d’Europe à Paris UE : l’opération séduction de Viktor Orban Présidence de l’UE : la Hongrie est-elle prête ? A propose de la réforme des médias : Liberté de la presse en Hongrie : quelques critiques et beaucoup de silences… Adoption de la loi sur les médias : « cause toujours… » Castration du quatrième pouvoir en Hongrie Les débuts de la tsarine des médias hongrois dans la pornographie ! Médias : La Hongrie au centre des critiques Fini de rire pour les médias privés Le journalisme d’investigation menacé par la loi sur les médias Réforme des médias : acte II Médias : retours (non négociés) aux choses sérieuses La réforme des médias pointe son nez

Un budget modeste pour la présidence hongroise

Un budget modeste pour la présidence hongroise

21 décembre 2010 à 11 h 52 min 0 commentaire

Cela reste une bonne nouvelle pour la présidence hongroise de l’UE. Le Parlement européen a enfin adopté, mercredi 15 décembre à Strasbourg, le budget de  l’Union européenne pour 2011. Un mois plus tôt, ce même Parlement avait rejeté ce budget et l’UE était alors menacée de fonctionner avec un régime de douzièmes provisoires, des fonds débloqués mois par mois sur la base du budget 2010, peu propice à de nouvelles politiques. Les parlementaires ont accepté une hausse budgétaire modérée, de 2,91%pour les crédits de paiement qui s’élèvent à 126,5 milliards d’euros,les crédits d’engagement (qui conditionnent les dépenses futures) s’élevant à 141,8 milliards. On est loin de l’augmentation de 5,9% préconisée par la Commission et le Parlement, mais les scandales récurrents sur des déficits publics des Etats membres sont passés par là. Les eurodéputés ont accepté cette hausse limitée en échange de leur participation aux futures négociations sur les perspectives financières pour la période 2014-2020 et d’un débat sur l’opportunité de créer des ressources propres à l’UE. L’Union européenne a par ailleurs a décidé jeudi 16 décembre de doter les pays de la zone euro d’un mécanisme d’entraide financière durable afin de mieux résister aux crises, ce qui nécessitera une modification du Traité de Lisbonne. Quant au budget de la présidence hongroise, estimé à 80 millions d’euros, il est plutôt modeste pour une présidence européenne. Article lié : Le budget de l’UE reste inconnu

La BEI veut doper la compétitivité de la Hongrie

La BEI veut doper la compétitivité de la Hongrie

20 décembre 2010 à 15 h 09 min 1 commentaire

La Banque européenne d’investissement a annoncé le 29 novembre avoir accordé trois prêts à la Hongrie, pour un montant total de 385 millions d’euros, destinés au développement régional, aux grandes universités de Budapest à à la compagnie pétrolière et gazière MOL. La BEI soutient également un projet qui facilite le financement des collectivités locales. A cela s’ajoute un prêt de 150 millions d’euros à Magyar Telekom pour l’extension des infrastructures de communication.

Viktor Orban plaide en faveur de la Croatie

5 décembre 2010 à 15 h 59 min 0 commentaire

« Si Zagreb échoue à rejoindre l’UE, cela privera aussi les autres Etats des Balkans de perspectives européennes« , a déclaré le premier ministre, selon qui la région des Balkans est moins tranquille qu’il n’y paraît. Dans sa longue marche vers l’Union Européenne, Zagreb peu compter sur cet allié de poids, malgré le peu d’entrain d’autres pays de l’Union, la France en premier lieu. Budapest a maintes fois répété que l’adhésion de la Croatie, avec qui la Hongrie partage des liens historiques forts, était l’une des priorités de sa présidence de l’UE. Article lié : Elargissements de l’UE : les divergences franco-hongroises

Laurent Wauquiez (Hulala)

Le ministre français des affaires européennes en visite à Budapest

3 décembre 2010 à 1 h 10 min 0 commentaire

Au cours d’une visite à Budapest jeudi pour harmoniser les positions de la France et de la Hongrie sur les grands enjeux de la présidence hongroise de l’UE, le Ministre français des affaires européennes, M. Laurent Wauquiez a rencontré son homologue, Mme Enikö Györi. C’était seulement le second déplacement de ce tout nouveau ministre des affaires européennes du gouvernement Fillon III, depuis sa nomination à ce poste il y a deux semaines. Un déplacement voulu comme un signal fort envers la Hongrie et l’Europe centrale. « J’ai confiance dans la présidence hongroise. Il y a une qualité de préparation et un très gros travail administratif qui a été accompli qui font que nous sommes très optimistes sur les résultats et les avancées qu’elle peut atteindre.« , s’est félicité M. Wauquiez après sa réunion de travail avec Mme Györi. La priorité absolue imposée à la Hongrie, « la préoccupation première de tous » comme l’a qualifié M. Wauquiez, c’est l’adoption du budget de l’Union Européenne pour 2011. « Nous espérons vraiment arriver à un accord sur le budget annuel, sans avoir l’air de se quereller pour des questions d’argent. La présidence hongroise fera tout ce qui est possible pour promouvoir un compromis. », a assuré Mme Györi. Les positions de la France et de la Hongrie sont très proches sur la révision du Traité de Lisbonne, la politique agricole (PAC) et le sommet du G20, selon les mots de M. Wauquiez et Mme Györi. Il reste cependant un désaccord profond sur la question de l’élargissement de l’Europe (Retrouvez notre article consacré à cette question) et des points à éclaircir concernant l’intégration européenne de la minorité Rom. Intégration des Roms : Fini les querelles ! Le ministre est revenu sur les polémiques entre la France, Bruxelles et les Etats d’Europe centrale, liées à l’expulsion cet été par la France de citoyens roumains et bulgares d’origine ethnique rom. « Tout le monde a envie de tourner la page des affrontements qui ont eu lieu, je crois que les positions de la France ont été mieux comprises. La France est tout à fait partante pour aller dans le sens d’une politique d’intégration européenne.« , a-t-il déclaré. « Il n’y a aucun débat pour nous sur les initiatives portées par la présidence hongroise. Elles sont très bonnes. Ca suffit les batailles rangées. Mettons une initiative européenne sur la table et veillons à ce qu’il y ait un vrai travail de fond d’intégration des Roms et que cela ne soit pas un sujet dont on se débarrasse. », a ajouté Laurent Wauquiez. Visiblement sceptique vis-à-vis de la gestion passée de cette question par les Etats émetteurs de flux migratoires à destination de l’Europe de l’Ouest, le Ministre français à tout de même rappelé l’importance de veiller à une meilleure utilisation des politiques et des fonds européens en la matière et que « l’argent arrive sur le terrain et pas pour des organismes qui se payent au passage. » Article lié : Elargissements de l’UE : les divergences franco-hongroises « L’autre » Orban parle d’Europe à Paris UE : l’opération séduction de Viktor Orban Roms : L’ONU s’en mêle à son tour Les Roms sont encore discriminés en Hongrie, indique le Conseil de l’Europe Présidence de l’UE : la Hongrie est-elle prête ?

Elargissements de l’UE : les divergences franco-hongroises

Elargissements de l’UE : les divergences franco-hongroises

2 décembre 2010 à 23 h 08 min 4 commentaires

En déplacement à Budapest jeudi en vue de préparer la présidence hongroise de l’Union Européenne, le Ministre français des affaires européennes, M. Laurent Wauquiez, a exprimé ses réserves quant à la volonté de la Hongrie d’élargir l’espace Schengen à la Roumanie et à la Bulgarie et a estimé que la place de la Turquie n’était pas dans l’UE. Malgré les nombreux points d’entente sur les sujets évoqués entre le ministre français et son homologue hongroise, Mme Györi, il subsiste tout de même un sujet de désaccord profond entre la France et la Hongrie : l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’espace Schengen et une future candidature turque. On le sait, la Hongrie a fait de l’adhésion à Schengen de ses deux voisins de l’Est l’un des principaux objectifs de sa présidence. Cette position diplomatique est une constante de la politique hongroise qui cherche avant tout à repousser la frontière contraignante de l’UE et de son espace Schengen, pour jouer au maximum son rôle de carrefour en Europe centrale et balkanique. Le ministre français des affaires européennes pointe du doigt deux problèmes qui rendent, selon lui, prématuré tout élargissement de cet espace de sécurité à ces deux pays: la corruption et les différents frontaliers entre la Roumanie et son voisin moldave. « Si la Roumanie et la Bulgarie entrent dans l’espace Schengen, leur frontière externe devient notre frontière. Si l’on confie notre frontière, nous avons besoin de toutes les garanties qu’il n’existe aucun problème de corruption. », a expliqué le Ministre, au sortir d’une réunion avec la secrétaire d’Etat hongroise aux affaires européennes. La France n’oppose pas cependant « un « NON » de principe », à cette initiative de la Hongrie, mais insiste sur le fait que « tous les critères doivent êtres remplis. » « La Turquie n’a pas vocation à entrer dans l’UE » _M. Wauquiez La France ne s’opposera pas à la candidature de la Croatie, mais en ce qui concerne une hypothétique adhésion turque, la France est en revanche beaucoup plus catégorique : sa place n’est pas en Europe. « Notre position n’est pas du tout la même [que la Hongrie, ndlr]. La Turquie n’a pas vocation à entrer dans l’UE. La France est d’accord pour poursuivre des négociations de rapprochement sur certains chapitres, mais sur les chapitres qui préparent une entrée dans l’UE, notre réponse est négative.« , a déclaré M. Wauquiez. La position hongroise est très pragmatique : « Un pays doit pouvoir adhérer dès lors qu’il remplit toutes les conditions fixées, peu importe qu’il s’agisse de la Croatie ou de la Turquie« , a fait valoir Mme Györi. « La Hongrie est en faveur de l’intégration, à long terme, de la Turquie. », mais a précisé que sur cette question « Nos sentiments sont mitigés car sur des points, la Turquie fait des progrès, tandis que sur d’autres…elle n’avance pas. » Ironie de la situation : c’est un ministre français en terre magyare qui a justifié par des raisons avant tout historiques et culturelles l’opposition de la France à l’adhésion turque, alors que c’est la Hongrie, pays souvent prompt à « ressasser » l’histoire, qui fut occupé pendant quelques 150 années par l’Empire ottoman. « S’il y a bien une zone dans laquelle l’Europe s’est construite et dans laquelle son identité s’est faite, dans un dialogue et dans un affrontement contre la civilisation turque, c’est içi. […] La civilisation ottomane est une grande civilisation, mais ce n’est pas la civilisation européenne. Je crois que la vocation de la Turquie est d’être une civilisation qui fait le lien entre les civilisations européenne et du Moyen-Orient.« , a affirmé Laurent Wauquiez. Il n’aura échappé à personne que l’homme politique français a suivi une formation d’historien à l’école normale supérieure, où il a soutenu un mémoire sur « Le Flambeau des « Mille et une nuits » et l’Orient des Lumières, 1704-1798 ». Ceci expliquant cela… Article lié : Le ministre français des affaires européennes en visite à Budapest « L’autre » Orban parle d’Europe à Paris UE : l’opération séduction de Viktor Orban Roms : L’ONU s’en mêle à son tour Les Roms sont encore discriminés en Hongrie, indique le Conseil de l’Europe Présidence de l’UE : la Hongrie est-elle prête ?

Orbán, médiateur entre Belgrade et Bruxelles

Orbán, médiateur entre Belgrade et Bruxelles

28 novembre 2010 à 20 h 58 min 0 commentaire

Lors d’une visite officielle vendredi à Belgrade, le premier ministre hongrois a exprimé son soutien à une intégration rapide de la Serbie dans l’Union Européenne, dont la Hongrie assurera la présidence tournante à partir du 1er janvier prochain. Viktor Orban a fait du rapprochement de ses voisins balkaniques à l’UE, l’un des chevaux de bataille de sa future politique européenne. La semaine dernière, au cours  d’un déplacement à Bruxelles, il avait déclaré que l’adhésion de la Croatie à l’Europe des 27 serait l’une des priorités pour l’année 2011. Le président serbe « pro-européen » Boris Tadic voit d’un bon œil le soutien offert par la Hongrie à son pays. En Octobre dernier, après des mois de tractations, l’UE avait décidé de récompenser le gouvernement serbe de son rapprochement avec la Kosovo en acceptant de transmettre à la Commission la candidature de la Serbie. Avec l’aide d’Orban, la Serbie espère faire encore un pas de plus en direction de Bruxelles en obtenant, dès l’année prochaine, le statut officielle de candidat d’adhésion à l’UE. Articles liés : Serbie : la longue route vers l’UE Hongrie – Serbie : quand il n’est plus question de guerre, mais de coopération La Hongrie prépare le terrain pour présider l’UE en 2011 La Hongrie soutien l’adhésion serbe à l’UE

Orbán a rencontré plus tard dans la journée son homologue français, François Fillon

« L’autre » Orbán parle d’Europe à Paris

24 novembre 2010 à 17 h 09 min 2 commentaires

A l’occasion de son passage à Paris la semaine dernière, le Premier Ministre Hongrois en a profité pour tenir une conférence à l’Institut Français des Relations Internationales, afin d’y parler de la situation de son pays, de la présidence tournante de l’Union Européenne qu’il dirigera pour 6 mois à partir de janvier prochain, et du rôle de l’Europe Centrale dans l’UE. C’est un Orbán très différent de celui auquel nous sommes habitués en Hongrie qu’a pu entendre la rédaction de Hulala lors de la conférence jeudi dernier. Très loin de l’image populiste qu’il se donne dans son pays d’origine, nous y avons découvert un Orbán pro-européen tenant un discours précis et clair sur les projets de la présidence hongroise de l’UE. C’est dans un anglais aisé qu’Orbán décide de s’adresser à l’auditoire avant de continuer en hongrois. Si l’on en croit le Premier Ministre dans son discours bien rôdé, la présidence hongroise de l’UE sera très active. Avec une volonté européenne sincère, Orbán voit grand avec un nombre important de projets, dont certains dépassent largement le cadre des 6 mois de la présidence. A ce titre il a expliqué avoir déjà rencontré des membres du gouvernement belge (à qui la Hongrie va succéder à la présidence), mais surtout des représentants polonais et danois (qui succéderont la Hongrie), afin qu’ils puissent s’accorder sur un programme commun à long terme. « Il faut compléter l’Union » Orbán a expliqué être en faveur de l’élargissement de l’espace Schengen et de l’UE, même si selon lui, il y a en ce moment un climat hostile a tout élargissement. La Hongrie est partisane de l’agrandissement de l’espace Schengen, a affirmé le Premier Ministre. Orbán est non seulement en faveur de l’entrée de la Croatie dans l’UE, mais ce serait déjà « une affaire terminée », selon ses propres mots. « Il faut compléter l’Union » a répété Orbán. Egalement favorable à l’entrée des pays balkaniques au sein de l’UE, la question est celle de savoir « comment » les intégrer, selon le PM, et pas celle de savoir s’il faut ou non les faire rentrer dans l’UE. « Sans ces pays, l’Union Européenne n’aurait pas de perspective » et les Balkans deviendraient une région de crise, a ajouté Orban, sans en dire plus, mais pensant probablement aux questions de sécurité énergétique européenne et au couloir géographique qu’ils représentent dans cette perspective. L’énergie au centre, les Roms en périphérie Au sujet de l’épineux problème de l’énergie, Orbán n’a pas manqué de rappeler que la Hongrie puise 80% de ses besoins en gaz de la Russie, et a regretté qu’aucun projet de diversification des sources énergétiques ne soit prévu, avant d’ajouter ne pas avoir beaucoup d’espoir à propos de Nabucco. Il a expliqué que le moment n’était pas loin où l’UE allait avoir un « arrangement » historique avec la Russie, et qu’à ce propos il devait bientôt rencontrer le Premier Ministre russe, Vladimir Poutine. Orbán, tout en restant vague car le projet n’est pas encore entièrement établi, a répété que si jamais il aboutissait l’Europe devrait exiger de nombreuses garanties. Sans jamais nommer directement le projet, nul doute qu’Orbán pensait à South Stream en disant cela, projet de gazoduc rival à Nabucco. Ainsi qu’il l’avait déjà dit lors d’une interview accordée au Figaro, Orbán a été bref et précis à propos de la question des roms : d’ici la fin de la présidence hongroise de l’Union Européenne (juin 2011), il faudra qu’une politique européenne concernant les roms soit établie. Tâche qui reviendra donc à l’équipe du Premier Ministre hongrois. L’économie hongroise et le FMI A propos de la situation actuelle en Hongrie, Orbán s’exprime avec beaucoup d’emphase. Il a qualifié la politique de ces dernières années en Hongrie de « cynique » et « sceptique », et parle même d’une « décadence que nous [les hongrois] avons vécus ». Il explique que face à cet « échec », une solution arrive avec « l’élection récente du Fidesz ». La Hongrie peut désormais « commencer à guérir les maladies civilisationnelles », grâce à la « révolution des 2/3″. Ce sera la seule partie de son discours qui ressemble à ceux qu’il peut tenir en Hongrie, même s’il concède toutefois que « nous sommes reconnaissants à l’égard du FMI ». Sur la plan intérieur, il a exprimé sa volonté de réduire l’endettement de la Hongrie de 80 à 70%. Il a expliqué ne pas être « idéologiquement » contre le FMI, mais préférer financer la Hongrie par le marché et ne pas vouloir baser l’économie de son pays sur une telle aide. Le Premier Ministre a même dit être globalement d’accord avec le discours du président du FMI, Dominique Strauss-Kahn, tenu lors de la dernière assemblée. A la question de savoir s’il accepterait l’aide du FMI si jamais la Hongrie en avait de nouveau besoin, Orbán a répondu par l’affirmative. Après les nombreuses critiques du Fidesz envers le précédent gouvernement pour avoir accepté l’aide du FMI, Orbán semble avoir retourné discrètement sa veste et fait preuve d’un peu plus de réalisme. Malgré tout cet enthousiasme du côté hongrois, il est encore difficile de s’informer sur cette présidence sur la toile, leur site n’étant toujours pas en ligne. Articles liés : Sur la Hongrie du Fidesz La Hongrie, vers une «démocratie dirigée» à la russe Orbán attendu comme le messie Biographie : La revanche de Viktor Selon Jobbik, il n’y a pas de démocratie en Hongrie actuellement La gauche se rebiffe en «Orbanie» ! Les Hongrois, ces grands fascistes ! Réforme des médias : acte II Médias : retours (non négociés) aux choses sérieuses Sur l’Union Européenne UE : L’opération séduction de Viktor Orban Le budget 2011 de l’UE reste inconnu Présidence de l’UE : la Hongrie est-elle prête ? La Hongrie prépare le terrain pour présider l’Europe en 2011 Sur les questions énergétiques UE – Nabucco : les infidélités des européens avec South Stream Nabucco, un consortium bien optimiste La Russie réaffirme son leadership de l’énergie en Hongrie A Budapest, le froid entre Kiev et Moscou impose un remede rapide Une stratégie énergétique régionale pour en finir avec l’Ukraine Nabucco passe le Parlement Nabucco, l’esquive du gaz russe

UE : L’opération séduction de Viktor Orban

UE : L’opération séduction de Viktor Orban

21 novembre 2010 à 17 h 53 min 2 commentaires

Avant son séjour à Paris jeudi et vendredi derniers, le premier ministre hongrois Viktor Orban est passé mercredi par Bruxelles, où il a rencontré les commissaires européens, leur président, José Manuel Barroso, et le président permanent de l’UE, Herman Von Rompuy. Pendant trois jours, il a exposé ses priorités en vue de la présidence hongroise du Conseil de l’UE qui commence en janvier, dans un style (presque) pro-européen. L’eau et la diversité culturelle relayées au second plan La gouvernance économique, la révision du traité de Lisbonne et l’harmonisation des politiques budgétaires ont pris le dessus sur des dossiers comme la diversité culturelle ou la gestion de l’eau, indique le premier ministre hongrois dans une interview accordée au journal Le Figaro mercredi dernier. Ce changement de direction pourrait sembler regrettable au regard de la catastrophe environnementale causée par les boues rouges de l’usine d’aluminium d’Ajka, qui avait mis la question des conséquences internationales d’une pollution du Danube au coeur des préoccupations. Cependant les Hongrois, qui ont participé récemment au Sommet pour le Danube, devront formuler la stratégie européenne de développement et de protection pour la région du Danube pendant leur présidence du Conseil de l’UE. Quant à la question de la diversité culturelle, elle prendra une tournure particulière puisque la Hongrie devrait travailler à l’élaboration d’une stratégie pour l’intégration des Roms. Alors que le pays est régulièrement épinglé par le Conseil de l’Europe ou par l’ONU pour de nombreuses discriminations ou pour la stigmatisation de la minorité rom dans les médias, ce chantier sera l’un des plus délicats pour la Hongrie qui devra essayer, pour une fois, de donner l’exemple. La galère de la réforme institutionnelle Les questions économiques étaient depuis longtemps au programme de la présidence hongroise, mais elles prennent une tournure particulière car l’UE doit faire face aux situations délicates de la Grèce ou de l’Irlande. Comme priorité de la présidence hongroise de l’UE, l’opinion publique devra donc se satisfaire d’une révision du Traité de Lisbonne, si douloureusement adopté il n’y a pourtant pas si longtemps. La Hongrie devrait donner suite à la proposition de la chancelière allemande Angela Merkel d’introduire une modification du traité dont l’objectif sera de permettre la mise en place d’un filet de sécurité financier permanent pour les pays de la zone euro. Le futur mécanisme permanent de gestion des crises financières devrait contraindre les 27 à être beaucoup plus stricts en matière budgétaire. Le Tribunal constitutionnel fédéral allemand de Karlsruhe avait en effet indiqué que les mécanismes mis en place pour le plan de sauvetage de la Grèce étaient contraires au traité. Les articles 126-128 prévoient qu’une aide financière peut être apportée par les pays de la zone euro à un pays qui n’en fait pas partie, mais interdisent d’aider un pays de la zone euro. Faire aboutir les négociations sur ce point et trouver un mécanisme de ratification fera partie du travail délicat de la présidence hongroise. La Hongrie pourrait aussi avoir à résoudre les problèmes liés à au retard pris dans l’adoption du budget européen de 2011. L’énergie, l’espace Schengen et l’élargissement, sujets obligatoires La Hongrie participera par ailleurs au premier sommet européen sur l’énergie, le 4 février 2011. L’une des priorités du commissaire à l’énergie Günther Öttinger, est de connecter les réseaux de gaz et d’électricité des 27, afin d’éviter qu’un Etat puisse se trouver en situation de pénurie, comme ce fut le cas lorsque la Russie a suspendu ses exportations de gaz transitant par l’Ukraine en janvier 2009. Les Hongrois, comme les autres pays d’Europe centrale, seront attentifs à la question de la dépendance énergique, en particulier à la veille du sommet UE-Russie du 7 décembre 2010 où un accord stratégique historique pourrait être conclu. Un Conseil Justice et Affaires intérieures sur l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie à l’espace Schengen devrait se tenir les 24 et 25 février prochain. Au cours de l’entretien musclé avec le journaliste du Figaro, le premier ministre hongrois s’est déclaré tout à fait favorable à leur entrée au vu « des progrès énormes » qu’ont fait ces deux pays. Il devra cependant faire face aux objections de la France, de l’Italie, de l’Allemagne ou des Pays-Bas qui estiment que les conditions qui assurent l’intégrité et la sécurité de l’espace commun de libre circulation de Schengen ne sont pas encore réunies pour une adhésion en mars prochain. L’entrée de la Croatie dans l’UE sera l’une des autres grandes priorités de la Hongrie. Mais tandis que les négociations s’approchent de leur conclusion, l’euroscepticisme s’accroît dans les Balkans, et la majorité des citoyens croates voterait aujourd’hui contre l’adhésion de leur pays à l’UE. Viktor Orban semble en fin de compte avoir réussi la semaine dernière son exercice de présentation des priorités de sa présidence, et pour féliciter le bon élève européen le président Barroso a salué a l’issue de leur rencontre, la « cohérence évidente entre les priorités annoncées de la présidence hongroise et le programme de la Commission ». Le président permanent du Conseil Van Rompuy, a jugé pour sa part que sa rencontre avec Viktor Orban avait été « constructive » et que leurs discussions avaient été « productives ». Le temps où Viktor Orbán jouait le rebelle face au FMI et à l’UE paraît donc – pour l’instant – révolu. Sources : Interview de Viktor Orban par Stéphane Kovacs dans Le Figaro La Croatie en tête de l’euroscepticisme dans les Balkans Articles liés : Stratégie pour le Danube: « connecting pipole » ? Roms : L’ONU s’en mêle à son tour Les Roms sont encore discriminés en Hongrie, indique le Conseil de l’Europe Présidence de l’UE : la Hongrie est-elle prête ?

Le budget 2011 de l’UE reste inconnu

Le budget 2011 de l’UE reste inconnu

18 novembre 2010 à 0 h 21 min 3 commentaires

Une situation que l’on n’avait pas revue depuis 1988 : Le Conseil et Le Parlement européen, faute d’accord, ont dépassé la date butoir du vote du budget 2011, fixée au lundi 15 novembre. Une situation inconfortable pour la Hongrie, qui assurera, dans un peu plus d’un mois et pendant un semestre, la présidence tournante de l’UE. L’objet du conflit n’est pas tant le budget en soi que les conditions posées par le Parlement. En effet, les eurodéputés souhaitent voir le niveau de flexibilité du budget maintenu à 0,03% pour parer aux imprévus, comme le plan de relance. Une autre condition concerne la volonté d’ouvrir des négociations sur la création de nouvelles ressources propres de l’UE. Enfin, le Parlement veut connaitre son rôle dans l’élaboration du budget pour la période 2014-2020. Seulement trois des pays membres (la Suède, le Royaume-Uni et les Pays-Bas) refusent l’intrusion d’éléments exterieurs dans l’élaboration du budget 2011, d’où le blocage des accords. Cet évènement est une double défaite :  la Commission n’est pas parvenue à harmoniser les positions divergentes pour obtenir un accord. Le Parlement n’a pas su respecter l’agenda établi, sans oublier que ce contretemps ne sera pas sans conséquences financières pour les pays membres. Si aucun accord sur le budget 2011 n’est trouvé avant la fin de l’année, le système des douzièmes provisoires sera mis en place : le montant du budget 2010 sera appliqué et distribué de manière égale sur les douze mois de l’année 2011. Dans ce cas, bon nombre de nouveaux projets seront abandonnés, faute de moyens nécessaires, ce qui pourrait mettre en péril certaines politiques européennes, comme la PAC. En raison du retard que prendront les versements, les aides percues par les agriculteurs au mois de décembre pourraient être reportées de plusieurs mois, ce qui remet en cause un système et un calendrier bien définis. Au début du mois de décembre, la Commission fera une nouvelle proposition de budget qui sera discuté de nouveau. Il semblerait que le budget soit à l’ordre du jour du sommet des chefs d’Etats qui se tiendra les 16 et 17 décembre. Le minister belge des Finances, Didier Reynders, a annoncé que le Conseil Ecofin se réunirait en marge de ce sommet, afin de solutionner cette question du budget 2011 mais aussi de traiter le dossier de la gouvernance économique, dossier dont la Hongrie héritera dès janvier 2011. Source : www.euractiv.fr Articles liés : Présidence de l’UE : la Hongrie est-elle prête ? La Hongrie prépare le terrain pour présider l’Europe en 2011

Stratégie pour le Danube: « connecting pipole »?

Stratégie pour le Danube: « connecting pipole »?

10 novembre 2010 à 14 h 47 min 0 commentaire

A Bucarest lundi, le « sommet pour le Danube » a réuni 22 délégations venues des 14 pays (dont 8 membres de l’UE) traversés par le fleuve. L’événement s’inscrivait dans un projet européen : faire du Danube un moyen de cohésion régionale dans les domaines économiques, environnementaux et culturels. En présence du président de la Commission européenne, ce sommet avait surtout pour but de travailler à l’adoption d’une stratégie européenne par tous les Etats membres au premier semestre prochain. La présidence hongroise de l’Union devra jouer serré car elle est chargée de formuler la stratégie en détails pour la nouvelle période budgétaire (2014 – 2020).

Serbie : la longue route vers l’UE

Serbie : la longue route vers l’UE

9 novembre 2010 à 11 h 07 min 0 commentaire

Le 25 Octobre dernier, les 27 ministres des Affaires étrangères européens réunis au Luxembourg ont accepté de transmettre à la Commission Européenne la candidature de la Serbie à l’adhésion à l’UE. Il s’agit d’une étape importante dans la voie de l’intégration européenne pour la Serbie et son président, le pro-européen Boris Tadic (photo). Le processus risque cependant d’être long et semé d’embûches. Premier contre-temps, la Commission Européenne mettra environ un an avant d’accorder – ou non – le statut officiel de candidat à la Serbie. C’est un signe d’encouragement qu’a envoyé l’UE au gouvernement serbe. Les instances européennes ont souhaité récompenser Belgrade pour son « spectaculaire » rapprochement avec le Kosovo. En septembre dernier, le gouvernement du président Boris Tadic avait accepté, avec l’aide de l’ONU, d’organiser des pourparlers historiques très prochainement avec les autorités Kosovares. Une première depuis l’indépendance du Kosovo, le 17 février 2008. Les Pays-Bas n’oublient pas Srebrenica Les compromis faits par la Serbie avec le Kosovo n’ont pas suffi à convaincre tous les états membres de faire de Belgrade un candidat sérieux à l’intégration dans l’immédiat. Le nouveau gouvernement hollandais de Mark Rutte, soutenu par l’extrême droite batave, demeure farouchement opposé à un geste envers la Serbie et exige l’arrestation officielle de criminels de guerre : notamment le Général Ratko Mladic et l’ancien président de la République Serb-Krajina, Goran Hadžić (photo), toujours recherchés par la justice internationale. Les Pays-Bas sont très sensibles au massacre de plusieurs milliers de musulmans bosniaques à Srebrenica en juillet 1995, et ce pour deux raisons. D’une part, le fait qu’ils accueillent le tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie, et d’autre part, le fait qu’un petit contingent de casques bleus hollandais ait été en charge de la sécurité de l’enclave de Srebrenica au moment des faits. Ces deux raisons leur confèrent donc un certain degré de responsabilité. Soucieux d’oublier celle-ci au plus vite, ils ont obtenu de l’UE un texte en forme de mise en garde à l’égard des autorités serbes afin que ces dernières coopèrent de manière unanime avec le tribunal de la Haye. L’heure du repenti serbe Boris Tadic a, semble-t-il, bien compris le message. La semaine dernière, pour faire taire les mauvaises langues affirmant que les 2 criminels de guerre seraient cachés par les autorités serbes, le président a promis 10 millions d’euros pour toutes informations menant à l’arrestation du bourreau de Srebrenica Ratko Mladic (photo). Jeudi dernier, dans la même idée de redorer l’image du pays, Tadic s’est rendu à Ovcara en Croatie pour présenter les excuses de la Serbie pour le massacre de Vukovar. En novembre 1991, quelques 200 civils et militaires croates avaient été tués par les forces serbes à l’issue de la prise de la ville. Une opération qui, pour les Croates, ne pouvait pas passer inaperçu du côté de Bruxelles. Le problème des hooligans… Dans son entreprise d’intégrer l’UE, la Serbie pourrait voir s’inviter à la table des négociations des éléments aussi perturbateurs qu’inattendus: les hooligans. Déjà pointés du doigt dans l’affaire Brice Taton, les fanatiques serbes ont une nouvelle fois défrayé la chronique, le mois dernier, à Gênes lors du match de football Italie-Serbie. Organisés en bandes paramilitaires, ils ont multipliés les dégradations à l’intérieur et en dehors du stade poussant les autorités italiennes à stopper la rencontre après 6 minutes de jeu seulement ! Ces jeunes, pour la plupart nationalistes et contre l’intégration européenne ont réussi leur coup. Ils ont offert à l’Europe une vilaine image de la Serbie d’autant que la part de responsabilité des autorités serbes s’avère évidente dans ces graves incidents : 169 supporters serbes présents en Italie étaient connus des services de police de Belgrade. … et du Kosovo Les récents remous politiques à Pristina qui ont eu raison du président de la république, en septembre, puis du gouvernement, ces derniers jours, pourraient retarder les prémices de rapprochement entrepris par la Serbie avec le Kosovo. Or, l’UE a été claire à ce sujet : à terme, une adhésion de la Serbie à l’UE sera impossible si le conflit autour du Kosovo n’est pas définitivement réglé. Le nouveau gouvernement kosovar qui prendra place après les élections législatives anticipées le 12 décembre prochain, devrait avoir besoin d’une période d’adaptation avant que les tractations reprennent avec le voisin serbe. La partie avec le Kosovo est donc elle aussi loin d’être gagnée pour Tadic et son gouvernement. Articles liés : Nouvelle crise politique au Kosovo L’interminable procès Taton Les premiers pas de Pal Schmitt dans les Balkans Elections en Bosnie : interview avec « Dosta ! » L’indépendance du Kosovo jugée légale par la CIJ La Slovaquie en voie de reconnaître le Kosovo ? Le massacre de Srebrenica exposé à Budapest Hongrie – Serbie : quand il n’est plus question de guerre, mais de coopération La Hongrie prépare le terrain pour présider l’UE en 2011 La Hongrie soutien l’adhésion serbe à l’UE

UE – Nabucco : les infidélités des Européens avec South Stream

UE – Nabucco : les infidélités des Européens avec South Stream

26 octobre 2010 à 17 h 45 min 2 commentaires

La société russe Gazprom a signé ces dernières semaines de nouveaux accords avec la Bulgarie et la Roumanie sur leur participation au projet de gazoduc South Stream, qui doit relier la Russie à l’Europe occidentale via la Mer Noire, les Balkans et l’Europe centrale. Avec l’entrée prévue d’EDF dans le capital du projet et des négociations avec des investisseurs allemands, South Stream renforce ainsi les appuis russes en Europe face à son concurrent soutenu par l’UE, Nabucco. A l’heure où les décisions du Conseil européen se prennent à l’unanimité, les pays traversés par les deux projets jouent double jeu.

Expulsions de Roms : la France n’est toujours pas blanchie par l’UE

Expulsions de Roms : la France n’est toujours pas blanchie par l’UE

25 octobre 2010 à 21 h 08 min 2 commentaires

Les questions entourant la politique d’expulsion des Roms en France et ses répercutions européennes ne sont pas prêtes de se dissiper contrairement à ce qu’à pu affirmer, la semaine passée, Nicolas Sarkozy. Mardi dernier, le président français s’est félicité, en marge d’un sommet à Deauville en compagnie de la chancelière allemande Angela Merkel et du président russe Dmitri Medvedev, de l’annonce du retrait par la commission européenne de la procédure d’infraction envers la France « pour la simple raison, qu’il n’y avait de discrimination » à ce sujet. En réponse aux déclarations du président français, la commissaire européenne chargée de la Justice, Viviane Reding, a tenu à préciser que la procédure d’infraction contre la France concernant l’application de la directive de 2004 à propos de la liberté de circulation était juste temporaire. La procédure « restera ouverte jusqu’au moment où le gouvernement français adoptera sa législation ». Par ailleurs, Viviane Reding a ajouté que Bruxelles patientera quelques semaines pour se prononcer sur le caractère discriminatoire ou non de ces expulsions. Les propos de Nicolas Sarkozy ont également provoqué un tollé du coté de Budapest. Dans un texte transmis au Monde mercredi, Rob Kushen, le directeur du Centre Européen pour les Droits des Roms (CEDR), basé dans la capitale hongroise, s’est empressé mercredi de démentir l’idée selon laquelle la France se trouverait exonérée par la Commission Européenne. Il a même laissé entendre que la procédure devrait reprendre de plus belle car « les preuves de discrimination étaient évidentes ». Cette intervention de Rob Kushen fait suite à celle du financier américain d’origine hongroise Georges Soros, l’un des principaux soutiens du CEDR, qui, cet été, avait vivement critiqué la politique du gouvernement français à l’égard de la population Rom. Articles liés : Des Roms gagnent au jeu du chat et de la souris Dossier : Tous les chemins mènent aux Roms (1/4) Tous les chemins mènent aux Roms (2/4) : « le temps des gitans » … dans l’Union Européenne Tous les chemins mènent aux Roms (3/4) : « l’effet papillon » du fait divers de Saint-Aignan Tous les chemins mènent aux Roms (4/4) : le point de vue de la presse hongroise, Sarkozy et la stratégie Berlusconi Soros critique la France pour les expulsions de Roms La ségrégation pour éviter « la guerre civile » En France, tous les Hongrois ne sont pas les bienvenus

Les premiers pas de Pal Schmitt dans les Balkans

Les premiers pas de Pal Schmitt dans les Balkans

3 octobre 2010 à 22 h 48 min 0 commentaire

Le président hongrois Pal Schmitt, pour sa première visite officielle à Zagreb, a déclaré vendredi à l’occasion de sa rencontre avec son homologue croate Ivo Josipovic que toute l’Europe attendait l’adhésion de la Croatie à l’UE et que ce serait un exemple pour la région. La réputation diplomatique de la Hongrie au sein de l’Union Européenne se joue en grande partie dans le processus d’intégration des Balkans. Rien de bien nouveau, donc, sous le soleil croate pour le président hongrois, si ce n’est la continuation du soutien apporté par la Hongrie a son voisin du sud. Le chef de l’Etat croate a, quant à lui, rappelé l’amitié et la solidarité entre les deux pays. Il a souligné qu’il connaissait bien les domaines dans lesquels les progrès devaient être renforcés : la lutte contre la corruption à tous les niveaux de la société, la coopération avec la  justice internationale, et les réformes structurelles de l’économie. Articles liés : Croatie : un nouveau président, faute de mieux La Voïvodine un peu plus autonome

Une « hotline » entre Budapest et Bratislava

Une « hotline » entre Budapest et Bratislava

28 septembre 2010 à 16 h 28 min 2 commentaires

Le temps de la discorde entre la Hongrie et la Slovaquie semble révolu ! Les ministres des affaires étrangères, Mikuláš Dzurinda le Slovaque et Janos Martonyi, le Hongrois, se sont rencontrés, hier lundi, avec la volonté nouvelle d’en finir avec leurs querelles stériles de voisinage. Les deux ministres se sont accordés sur la nécessité de mettre en place une ligne directe entre les deux capitales destinée à désamorcer d’éventuels nouveaux conflits et à tuer dans l’œuf toute polémique inutile, comme il y en a trop eu ces derniers mois. Selon leurs propres mots, tenus au cours d’une conférence de presse conjointe, il s’agira d’un « système d’alerte précoce afin d’éviter toute futurs tsunamis politiques ». Le ministre slovaque, qui effectuait sa première visite en Hongrie depuis les élections en Slovaquie le 12 juin dernier, a fait savoir qu’il souhaitait entretenir « des relations bonnes et stables » avec la Hongrie. Il a aussi exprimé la nécessité commerciale et culturelle de jeter de nouveau ponts (au sens propre et figuré) sur le Danube qui sépare les deux pays dans leur partie Ouest. En échange de quoi Janos Martonyi a réitéré les demandes de Budapest de supprimer toute loi discriminante pour le demi-million de Hongrois vivant dans le Sud de la Slovaquie. Bien sûr, le réchauffement entre Hongrois et Slovaques est dû avant tout au changement de gouvernement à Bratislava. La nouvelle coalition de centre-droit au pouvoir est beaucoup moins hostile à la Hongrie et moins suspicieuse quant aux intentions de la minorité hongroise slovaque. Un parti hongrois, Most-Hid, participe d’ailleurs à cette coalition. Cette amélioration diplomatique tient sans doute aussi à la proximité de la Présidence européenne de la Hongrie, qui débutera le 1er janvier 2011, pour six mois. Les récents conflits entre les deux protagonistes ont terni l’image de l’Europe centrale et ont fait douter Bruxelles de sa faculté à surmonter les problèmes issus du passé. Avec cette présidence, la Hongrie tient une belle occasion pour porter les doléances de la « nouvelle Europe » et des pays du groupe de Visegrad notamment. Comme l’a bien dit Mikuláš Dzurinda, « Si la réputation de mon voisin progresse, alors la mienne aussi s’améliore. » Il est donc temps pour la Hongrie et la Slovaquie d’accorder leurs violons. Articles liés : Elections législatives slovaques Slovaquie : Une élection qui en dit long Elections en Slovaquie sous le signe du nationalisme Interview : « Les victimes sont les Hongrois de Slovaquie » – Most-Hid Double-citoyenneté La Slovaquie (contre) attaque ! Double citoyenneté : une loi plébiscitée dans le flou Double citoyenneté : le projet avance Minorités hongroises Minorités hongroises : le grand jour ? Vive le «Jour de l’unité nationale» ! Les minorités resurgissent comme par magie Divers Les fantasmes magyarophobes de Jan Slota atteignent des sommets Les Slovaques persistent et signent En Slovaquie, le feuilleton magyarophobe continue Le Président hongrois refoulé de Slovaquie La Slovaquie veut faire taire sa minorité hongroise

Présidence de l’UE  : la Hongrie est-elle prête ?

Présidence de l’UE : la Hongrie est-elle prête ?

9 septembre 2010 à 23 h 55 min 2 commentaires

Dans le cadre de sa préparation à la présidence hongroise de l’Union Européenne, la représentation permanente de la Hongrie à Bruxelles serait « prête ». C’est en tous cas ce qu’a déclaré jeudi Gábor Iván à l’Agence de presse hongroise (MTI). En est-il de même pour la Hongrie ? Le diplomate s’est voulu rassurant sur la capacité de son pays à exercer à partir du 1er janvier 2011 la présidence bicéphale du Conseil de l’UE.  Aux côtés du belge Herman Van Rompuy, premier président permanent du Conseil, en fonction depuis le 1er janvier 2010 (conformément au Traité de Lisbonne), la Hongrie de Viktor Orbán devra enfin montrer un vrai engagement européen. Selon Gábor Iván, l’équipe est pratiquement au complet et 180 personnes travaillent actuellement dans les bureaux de la représentation hongroise, agrandis pour l’occasion grâce à la location d’un nouveau bâtiment. Le calendrier des six mois de présidence hongroise devrait inclure un sommet sur l’énergie, un programme sur la coopération économique et la prévention des crises, un autre sur la croissance et l’emploi ainsi que la conclusion des négociations d’adhésion de la Croatie. Un « trio perdant » ? La présidence hongroise s’inscrit dans le nouveau schéma des présidences européennes en trio. L’Espagne, à la tête du Conseil européen au premier semestre 2010, et la Belgique, qui assure la présidence depuis le 1er juillet, ont préparé avec la Hongrie leurs missions pour les 18 mois de présidence. La présidence espagnole n’a pas été à la hauteur des espérances car la crise a entravé l’action du gouvernement Zapatero. La Belgique détient actuellement la présidence, mais le Premier ministre Yves Leterme a démissionné en avril et aucun gouvernement n’a été formé depuis les nouvelles élections du mois de juin. C’est une présidence belge « modeste » qui avait été annoncée, et elle le sera, puisque c’est toujours l’ancien gouvernement qui assure l’intérim en attendant une passation de pouvoir. La Hongrie devra donc prendre la succession de deux présidences peu encourageantes pour l’Europe. De plus, les agissements du Premier ministre hongrois Viktor Orbán à l’égard du Fonds monétaire international et de l’UE n’ont pas rassuré Bruxelles ces derniers temps. Le journal « Le Monde », souligne dans son édition de mercredi que la Hongrie dans l’UE soulève des « interrogations ». Un haut fonctionnaire européen y déclare que « Les Hongrois jouent avec le feu, et cela n’est pas bon pour la réputation de l’ensemble du continent ». Si le président permanent de l’Union européenne Van Rompuy est souvent jugé trop discret, la Hongrie pourrait, elle, entamer sa crédibilité si Orbán persiste à se faire connaître par son attitude « rebelle ». Articles liés : La Hongrie prépare le terrain pour présider l’Europe en 2011 Un Hongrois représente Bruxelles à Budapest

Dossier : Tous les chemins mènent aux Roms (1/4)

Dossier : Tous les chemins mènent aux Roms (1/4)

7 septembre 2010 à 18 h 36 min 0 commentaire

L’été a été chaud pour les Roms en France. D’un fait divers qui a tourné au drame, puis à l’émeute, on est passé au démantèlement des camps de Roms à grande échelle et aux expulsions massives. On a jamais autant parlé de cette communauté en Europe de l’ouest que ces dernières semaines, et cela grâce à Paris. Reste à espérer que cette médiatisation serve enfin à améliorer l’existence des Roms dans leurs pays d’origine, en Europe centrale, de l’Est et balkanique. A Budapest samedi dernier, ainsi qu’à Bucarest, Timisoara, Cluj et Skopje ce lundi, la défense des droits de l’Homme dans l’Union Européenne a fait l’objet de manifestations devant les Ambassades de France respectives des trois capitales et devant les divers centres culturels français de Roumanie. C’est l’Alliance civique des Roms de Roumanie (regroupant 21 associations roms de Roumanie) qui, il y a une semaine, avait lancé un appel à manifester, ainsi qu’à boycotter les produits et les services provenant de l’Hexagone. Objectif : « rappeler au gouvernement français que les droits fondamentaux ne se négocient pas« . Cependant, si les représentants de ces associations et quelques activistes ont répondu présents à l’appel, ce ne sont que quelques dizaines de ressortissants roumains et hongrois d’origine rom qui sont venus pour remplir le cadre des objectifs des journalistes. En France au contraire, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté le week-end dernier contre les expulsions massives de Roms roumains et bulgares. Une faible mobilisation, mais des messages forts Pourquoi si peu de Roms étaient-ils présents ce lundi devant l’Ambassade de France à Bucarest ? Parce que, selon certains manifestants, les Roms ne sont pas habitués à manifester, mais aussi parce que la plupart des familles expulsées sont aujourd’hui isolées dans leurs villages, ou sont “déja assez traumatisées”, comme l’a expliqué David Mark, le président de l’Alliance civique des Roms, à l’AFP. Mais qu’importe… Pour répondre au sommet international sur la lutte contre les clandestins, justement organisé par Eric Besson à Paris ce lundi, les quelques dizaines de Roms plantés devant l’Ambassade à Bucarest arboraient certains panneaux où il était écrit « le sommet de la honte« .  Ils ne croyaient pas si bien dire… L’Allemagne, l’Espagne, la Grèce, l’Italie, la Grande-Bretagne et la présidence belge de l’UE y étaient invités, alors que la Hongrie, la Slovaquie, la Roumanie et la Bulgarie ne l’étaient pas… Des banderoles appelaient également au boycott de la France (certains produits français ont d’ailleurs été symboliquement jetés à la poubelle). D’autres pancartes contestaient les contrôles biométriques et raillaient la devise de la République française. Les promesses de subventions aux expulsés (300€ par adulte et 100€ par enfant, promesses qui n’ont souvent pas encore été tenues) ont également été fustigées. Tous les participants s’accordaient à vouloir “stopper Sarkozy et sa politique d’expulsions”. Mais « Sarko » n’était pas le seul sur la sellette. Le gouvernement roumain serait, selon les personnes interrogées par les journalistes, lui aussi grandement responsable à la fois de leur exode et de leur retour en Roumanie. Marian Daragiu, un responsable de l’Alliance civique des Roms de Roumanie, portant l’inscription “Rom = citoyen honnête” sur son t-shirt blanc (voir photo ci-contre), déclarait alors à la télévision roumaine : « nous voulons protester contre le gouvernement français mais aussi roumain, car ils ne proposent pas de solutions pour aider les Roms à s’intégrer socialement et économiquement. Le jeu de ping-pong qui consiste à renvoyer les Roms d’un pays à un autre ne va pas résoudre le problème« . Crédit photos : hu-lala.org Articles liés : Tous les chemins mènent aux Roms (2/4) : « le temps des gitans » … dans l’Union Européenne Tous les chemins mènent aux Roms (3/4) : « l’effet papillon » du fait divers de Saint-Aignan Tous les chemins mènent aux Roms (4/4) : le point de vue de la presse hongroise, Sarkozy et la stratégie Berlusconi Soros critique la France pour les expulsions de Roms La ségrégation pour éviter « la guerre civile » « Ne craignez rien Hongrois, les Tsiganes sont là » Aveux d’un suspect dans l’affaire des attaques anti-rom Premières arrestations dans l’enquête des meurtres anti-Roms Ca sent la poudre chez les Roms Toni Gatlif : la voix des Roms Wiesel : « La honte de votre nation » La « question rom » selon Bajnai Discrimination à l’école: Strasbourg surveille la Hongrie

Consommation : à la caisse, les Hongrois sont de plus en plus européens

Consommation : à la caisse, les Hongrois sont de plus en plus européens

29 juin 2010 à 13 h 52 min 0 commentaire

Selon un rapport de l’institut Eurostat publié lundi, le prix des denrées alimentaires en Hongrie est toujours inférieur à la moyenne de l’Europe des 27. Heureusement, dira t-on. Le calcul de ce prix moyen prend en compte le pouvoir d’achat et est ajusté aux taux de change de pays hors zone euro. Un rapport qui fait du ticket de caisse hongrois le plus cher hors de cette zone, bien que ses estimations restent contestables dans le détail.

La Slovaquie en voie de reconnaître le Kosovo ?

La Slovaquie en voie de reconnaître le Kosovo ?

25 juin 2010 à 8 h 30 min 0 commentaire

Mercredi, les députés européens réunis dans la Commission du Parlement européen pour les affaires étrangères ont adopté une résolution en faveur de la reconnaissance du Kosovo par tous les Etats membres. Selon cette résolution – rédigée par Ulrike Lunacek (Verts/ALE, AT) et approuvée par 45 voix pour, 14 contre et 2 abstentions – les députés européens « se féliciteraient de la reconnaissance par tous les États membres de l’indépendance du Kosovo », soulignant que « 22 États membres ont reconnu le Kosovo en tant que pays indépendant et 5 ne l’ont pas fait ». Depuis la proclamation d’indépendance par le Parlement kosovar, le 17 février 2008, 5 États européens refusent  d´accepter officiellement la création du Kosovo indépendant : l´Espagne, la Roumanie, la Grèce,  Chypre et la Slovaquie. Tous craignent un précédent qui pourrait encourager les séparatismes sur leur propre territoire. En ce qui concerne la Slovaquie et la Roumanie, c’est bien entendu les importantes minorités hongroises et leurs velléités autonomistes qui entretiennent la méfiance. Le changement de paysage politique en cours en Slovaquie, avec l’arrivée au pouvoir d’une coalition de centre-droit à laquelle participera vraisemblablement le principal parti représentant la minorité hongroise de Slovaquie, est de nature à encourager une diplomatie plus souple vis-à-vis du statut du Kosovo. Sur la scène internationale, 69 États ont reconnu la République du Kosovo, dont 22 États membres de l´Union européenne. La France a été le premier pays de l’UE à reconnaître le nouvel Etat, le 18 février 2008. Articles liés : Slovaquie : Une élection qui en dit long Interview : « Les victimes sont les Hongrois de Slovaquie » – Most-Hid Elections en Slovaquie sous le signe du nationalisme Hongrie-Serbie : Quand il n’est plus question de guerre, mais de coopération La Voïvodine un peu plus autonome

Santé : la lutte anti-tabac pour des clopinettes

Santé : la lutte anti-tabac pour des clopinettes

15 juin 2010 à 2 h 50 min 5 commentaires

La semaine dernière, le conseil municipal de Budapest a fait un geste anecdotique contre le tabagisme. A partir du 17 juillet prochain, il sera interdit de fumer dans les souterrains de la ville. Cela ne va pas pour autant faire de la Hongrie un élève modèle en Europe en matière de prévention dans la santé publique, et en particulier dans la lutte anti-tabac. La dernière législation anti-tabac dans la capitale date d’il y a un an, lorsqu’il a été interdit de fumer dans les jardins d’enfants. Aujourd’hui, ce nouveau décret anti-tabac dans les milieux souterrains n’aura un effet particulièrement important que dans les passages situés au-dessus  des stations de métro, les espaces fermés les plus fréquentés par les voyageurs. Ces derniers n’auront qu’à attendre d’être à l’air frais pour s’en griller une. Au contraire, les vendeurs, les policiers en service, les contrôleurs BKV à la pause, les évangélistes prosélytes et autres habitués des lieux – sans-abris et vendeurs à la sauvette en tête –  seront les seuls à voir leur quotidien radicalement changer par cette décision. La loi ne concerne cependant pas encore les gares couvertes, Keleti, Déli et Nyugati, alors qu’elles pourrait s’étendre « bientôt » aux arrêt de bus et de tramways, en plein air. Jusqu’à la mise en place d’une véritable législation nationale « anti-tabac », quasi-inexistante en Hongrie pour l’instant, Budapest devrait donc demeurer, encore pour quelques temps, la « capitale des fumeurs » parmi ses homologues de l’Union Européenne. En Hongrie, politiques et médias avalent la fumée L’Irlande, en 2004, a été le premier pays de l’Union Européenne à voter une loi interdisant de fumer dans l’ensemble des établissements publics et sur les lieux de travail. Malgré l’absence de législation européenne contraignante à ce sujet, la quasi-totalité des autres pays de l’UE ont, depuis, suivi l’exemple irlandais en reléguant les fumeurs à l’extérieur des bâtiments publics ou en les « parquant » dans des zones limitées. La Hongrie n’a, pour l’instant, pas adhéré à ce mouvement anti-tabac. Bien au contraire, à l’exception de quelques localités comme Kaposvar, où la municipalité a doté le centre ville de « zones fumeurs et non fumeurs », la possibilité d’allumer sa cigarette à l’intérieur reste à l’appréciation de la direction dans l’ensemble des lieux publics du territoire hongrois. Seule atteinte à la « liberté » des fumeurs : un espace obligatoire non-fumeur doit être aménagé, depuis 2004, dans tous les restaurants du pays. Ce manque de prévention et de législation, selon l’expert international, Dr Tibor Szilágyi, est volontaire. Alors que plus d’un tiers de la population fume et que 28 000 personnes meurent tous les ans à cause de leur tabagisme, aucune campagne de répression, ni même de prévention, n’est sérieusement menée. Les gouvernements jouent la montre et les médias ne recrachent pas vraiment la fumée. Pour preuve, pour des raisons lobbyistes et budgétaires, l’Etat hongrois demande depuis 2002 des dérogations à Bruxelles sur le taux minimum de taxation sur le tabac qui devrait lui être imposé. L’OMS tire la sonnette d’alarme Du fait de ce « laisser-faire », les conséquences du tabagisme sur la santé publique en Hongrie semblent donc importantes. En avril dernier, l’Organisation Mondiale de la Santé a dressé un tableau peu reluisant à ce sujet concernant la population du pays. La responsabilité du tabac dans la « mauvaise santé » de la société magyare n’est, certes, pas exclusive mais elle saute aux yeux. Selon ce dernier rapport de l’OMS, la Hongrie connaît la plus grosse mortalité européenne du cancer du poumon (135 morts pour 100 000 habitants), des lèvres, du larynx, de la trachée et des bronches. Prévalence de l’économie sur la santé Malgré ces statistiques inquiétantes en matière de santé publique, les gouvernements hongrois, depuis 1989, n’ont jamais réellement fait la « guerre à la cigarette ». Il faut dire que les compagnies de tabac représentent un lobby économique très important dans le pays. Les deux plus importantes d’entre elles, British American Tabacco (BAT) et Phillip Morris emploient plus de 2000 personnes en Hongrie et œuvrent énormément en matière de culture, d’action sociale et de… santé dans les villes où elles se sont implantées. Légiférer à l’encontre de tels pourvoyeurs d’emplois dans l’industrie est forcément une entreprise délicate pour le gouvernement. D’autant plus que les lobbyistes du tabac arpentent assidument les couloirs du parlement et bénéficient de nombreux soutiens en son sein. Malgré cette incapacité des politiciens à légiférer, la Hongrie devrait tôt ou tard, sous la pression de Bruxelles, « rentrer dans le rang ». La question des espaces non-fumeurs a pour l’instant fait l’objet de résolutions et recommandations non contraignantes, au niveau européen. Mais une norme pourrait vite voir le jour pour forcer les pays « en retard », comme la Hongrie, à s’aligner sur le modèle européen. La taxation : une solution à court terme et un cercle vicieux pour l’Etat Parmi les solutions immédiates, en temps de crise économique, les hausses régulières du prix du tabac pourraient bien devenir assez dissuasives pour démotiver ceux qui ne font que commencer de fumer. Cette solution pourrait aider le gouvernement à réduire à la fois le tabagisme et le déficit . C’est en tout cas ce que souhaitait, il y a maintenant 7 ans, Péter Félix, fondateur de Hungarian Association of Smokebuster : « Notre plus grand espoir est que le gouvernement soit tellement endetté qu’il soit contraint d’augmenter un peu le prix des cigarettes, pour combler le déficit budgétaire». Seul problème de taille : mis en rapport avec le déficit public actuel du pays, l’augmentation radicale du prix du tabac ne  représenterait que des clopinettes. Et pour l’Etat, un trop bon effet préventif reviendrait à se tirer une balle dans le pied, tant la taxation progressive est fixée sur les dépenses publiques. Sources : policy.hu , AP Article lié : La Hongrie mauvaise élève en matière de santé selon l’OMS

Les banques vont devoir payer !

Les banques vont devoir payer !

8 juin 2010 à 23 h 21 min 4 commentaires

Le premier ministre hongrois Viktor Orbán a présenté mardi au parlement un train de mesures économiques susceptibles de réduire le déficit budgétaire de l’Etat et de retrouver la confiance des marchés, dont notamment une taxation temporaire du secteur bancaire. Le plan prévoit aussi de revenir sur des promesses électorales de la FIDESz en matière de réduction d’impôts.

« Du passé de Trianon au futur de Schengen »

3 juin 2010 à 4 h 54 min 6 commentaires

Le Parlement Européen de Bruxelles accueille une exposition d’artistes et de scientifiques hongrois, du XVIIIème siècle à nos jours, depuis  mardi. Cette expo n’est pas sans ignorer l’actualité historique, voire « mémorielle » pour certains, de nos amis Hongrois cette semaine, en s’intitulant : « Du passé de Trianon au futur de Schengen ». Dans les déclarations officielles de la cérémonie d’ouverture, on retiendra que la gente féminine au sein de la classe politique hongroise et slovaque – assez en froid en ce moment – sait baisser les armes de temps en temps, du moins à Bruxelles. Selon une source anglophone slovaque, les institutions européennes – la Commission en tête – ne sauraient s’immiscer dans l’énième différend qui oppose Budapest à Bratislava, en l’occurence, la double citoyenneté votée par le Parlement hongrois la semaine dernière. La Commission n’aurait aucune prérogative en la matière. Cependant, pour tenter de calmer le jeu, le Parlement européen a décidé de « célébrer » Trianon à sa manière, c’est à dire en célébrant les Hongrois. Les artistes hongrois qui sont exposés au Parlement sont des «précurseurs de l’édifice actuel de l’Europe unifiée», a déclaré Joseph Daul, chef du groupe démocrate-chrétien-conservateur du Parti populaire européen (PPE) à la cérémonie. Une eurodéputée hongroise et une eurodéputée slovaque pour un consensus de circonstances Kinga Gal, eurodéputée FIDESz, parti de droite au pouvoir en Hongrie qui a également organisé cet événement, a avancé qu’ « à travers le nouveau prisme européen, on peut voir le patrimoine de Trianon différemment ». « Les nouvelles perspectives ouvertes par les accords de Schengen, pourraient non seulement constituer des ressources nationales importantes en Hongrie, mais aussi contribuer à résoudre le problème Trianon » a t-elle ajouté. Lors de cette cérémonie, la parole a aussi été donnée « symboliquement » à l’eurodéputée slovaque, Edit Bauer, dont la ville natale, Samorin, a été annexée par cinq pays différents au cours des 100 dernières années, en raison des modifications du tracé des frontières. « L’avenir de l’Europe repose sur les efforts visant à préserver les valeurs communes et à construire une Union fondée sur la confiance et le respect mutuels », a t-elle tenu à préciser. Cette déclaration n’a sans doute froissé personne. Le 4 juin à Budapest, loin, très loin de Bruxelles Le traité dit « de paix » Trianon, signé le 4 juin 1920, avait privé la Hongrie des deux tiers de son territoire et d’environ 60% de sa population à l’époque, dont plus de 3 millions de Hongrois, aujourd’hui dits « ethniques ». Demain, date anniversaire du traité encore très controversé dans l’Histoire de la Hongrie, on se sentira sans doute très loin de Bruxelles. Certains vieillards revanchards, mais aussi de nombreux jeunes aux crânes rasés, viendront à Budapest faire la démonstration (vraisemblablement sur Hösök tere) qu’ils ont encore Trianon en travers de la gorge.

Médias : merci MTI !

Médias : merci MTI !

21 avril 2010 à 20 h 27 min 0 commentaire

Depuis deux jours, sans prévenir personne, si ce n’est aujourd’hui-même dans une de ses dépêches, l’agence de presse hongroise MTI présente un tout nouveau visage sur Internet. Elle a considérablement amélioré, pour le plus grand bonheur des observateurs étrangers, son service gratuit dans son contenu éditorial et son réseau de sites Web en hongrois et en anglais. L’interface a elle aussi pris un sacré coup de jeune, des catégories à la météo, en passant bien sûr par la quantité de dépêches postées.

Pas facile de faire de la politique « autrement » en Hongrie ?

Pas facile de faire de la politique « autrement » en Hongrie ?

7 avril 2010 à 23 h 54 min 2 commentaires

Il est vrai que la politique hongroise brille souvent par ses scandales (rumeurs, corruptions, coups tordus, complots, etc.). Toutes ces affaires ont fini par décourager un grand nombre de Hongrois à continuer à croire en leurs politiques. Hier, mardi 6 avril, c’était au tour du LMP (Lehet Mas a Politika – Une autre politique est possible) de se retrouver au coeur d’une « affaire » : le SzDSz (parti de l’alliance des libéraux démocrates) a annoncé vouloir ouvrir une enquête après le premier tour des élections sur l’un de ses leaders, le très libéral Janos Koka, ancien ministre des finances du gouvernement Gyurcsany de 2006 à 2008. Il l’accuse d’avoir aider le LMP à reccueillir des soutiens pour participer à cette élection. Cette accusation a été réfuté par LMP et par Janos Koka lui même.Mais le mal est fait. Les démocrates-libéraux du SzDSz, parti de gouvernement désormais moribond, auraient réussi a « salir » l’image de LMP, qui plus est quelques jours avant le premier tour, en alimentant une rumeur persistante depuis les débuts de ce parti. Selon certains au SzDSz, on retrouverait derrière le LMP les leaders de leur parti, cherchant à se refaire une image. De sources sûres, toutes ces rumeurs sont fausses et montrent à quel point il n’est pas facile de faire de la politique autrement en Hongrie. Transparence Le LMP a été créé il y a un peu plus d’un an et connait une ascension extrêment rapide.Avec un manque de budget mais avec beaucoup d’imagination et d’enthousiasme, les jeunes membres du LMP ont réussi à mener une belle première campagne pour les élections européennes l’année dernière, en obtenant 2,6%. Leur crédo : repolitiser la société en démontrant qu’une autre politique est possible en Hongrie. Ils militent spécialement pour une transparence totale du financement des partis politiques, et publient régulièrement le détail de leur recettes (toutes validées par un comité d’éthique indépendant). Au début de la campagne, ils avaient invité les autres partis à faire de même… ils n’ont jamais eu de réponse dans un pays où ce sujet est pour le moins sensible… Le programme du LMP s’articule principalement autour de trois thématiques. La lutte contre la corruption est le premier dossier auquel souhaiterait s’attaquer le LMP. Les questions environnementales sont également au premier plan, puisque les « jeunes » du LMP sont officiellement soutenus par les verts européens, depuis que Daniel Cohn-Bendit est venu les « adouber » le 1er mai 2009 à Erszébet tér. Ils proposent donc « naturellement » une nouvelle donne verte en Hongrie et en Europe-Centrale (green new deal). L’intégration de la minorité Rom se trouve également au cœur de leur militantisme. Un parallèle inédit Dans ces trois domaines du programme politique, et au vu du succès soudain d’un parti atypique, le LMP a quelques similarités exclusivement structurelles avec… Jobbik. Deux jeunes formations, dont aucun membre n’a jamais été élu au Parlement hongrois, se retrouvent rapidement, chacun avec ses idées, propulsés sur le devant de la scène politique, grâce à leurs positions critiques. LMP veut faire une politique radicalement différente, il se trouve que Jobbik aussi. Mais certainement pas dans le même style. Il apparaît donc que la Hongrie confirme son statut de territoire au paysage politique en transition, laissant place à la montée d’une nouvelle gauche progressiste et inspirée… et d’une nouvelle droite réactionnaire et provocatrice. La jeunesse, l’adaptation aux nouvelles technologies, l’ouverture de la communication vers l’international (notamment l’Europe), la pratique du happening font que ces deux partis ont pour point commun d’être dans l’ère du temps. Pas étonnant qu’ils puissent tous deux devenir la cible d’attaques en tous genres. Bientôt au Parlement ? Les derniers sondages montrent que ce jeune parti a des chances d’atteindre les 5% nécessaires et ainsi d’entrer au Parlement. Ce serait alors un nouveau défi, dont l’intitulé sonne de façon réaliste chez les jeunes leaders du LMP : essayer de faire de la politique autrement au Parlement hongrois. Articles liés: Législatives : ce qui peut encore arriver… et ce qui ne peut plus Rencontre avec le parti LMP, Lehet Mas a Politika

L’Europe non-démocratique dénoncée à l’Institut

L’Europe non-démocratique dénoncée à l’Institut

27 mars 2010 à 15 h 29 min 0 commentaire

« Une fois n’est pas coutume ». Lundi 22 mars, l’altermondialisme franco-hongrois était à l’honneur à l’Institut français de Budapest, dans le cadre d’une conférence intitulée « La nation européenne ? Les notions d’Etat-Nation et de supranationalités dans l’Union Européenne ». Afin de débattre sur la question, étaient conviés par Le Monde Diplomatique et le Cercle Kossuth, le directeur général du Monde Diplomatique, Bernard Cassen, et le philosophe hongrois Gaspar Miklos Tamas, également fondateur d’Attac en Hongrie. Profondément marqués « à gauche », les deux professeurs, en accord sur de nombreux points, ont pris la parole chacun leur tour, se livrant à une critique profonde des politiques européennes actuelles. « L’absence d’unité européenne » Bernard Cassen n’a pas attendu la fin de son discours pour répondre à la problématique de cette conférence. Dans ses tout premiers mots, il a lancé que « la nation européenne n’existait pas encore » et qu’il n’était pas certain de la voir naître un jour. Il a rappelé qu’il ne fallait pas « confondre les peuples européens et les réseaux européens ». Selon lui, il existe des liens entre les peuples européens, mais les dénominateurs communs entre ces derniers ne sont pas assez nombreux pour pouvoir parler, à court et moyen terme, de nation européenne. Les deux professeurs ont tour à tour affirmés leur volonté de voir l’Europe changer. Certes, Tamas et Cassen se sentent « profondément européens » mais ils ne veulent pas mythifier cette Europe-là, qu’ils jugent anti-démocratique et trop profondément libérale économiquement. Tamas a même parlé d’un « mépris ouvert pour le peuple » de la part d’organismes tels que la Banque centrale Européenne, ou la Cour de Justice de la Communauté Européenne dirigés par des technocrates non-élus, dont les actes se limitent « à dicter les lois du marché ». « Si des mairies européennes existaient » a enchainé Cassen, « sur leur fronton, ne figurerait qu’un seul mot : la concurrence ». Des politiques européennes qui font le jeu des extrèmes Les travers ainsi décrits des politiques européennes font donc le jeu de Jobbik, selon Tamas, le parti d’extrême-droite étant le seul à critiquer ouvertement l’UE en Hongrie. Selon lui, il est difficile, dans son pays, d’avoir un regard critique sur l’UE sans être immédiatement affilié aux idées de Jobbik. Il rapporte d’ailleurs qu’il s’est lui-même fait traité de « nationaliste » ou de « populiste » par certains grands commentateurs politiques magyars. En faisant référence au Front National, et à sa résurrection aux élections régionales de la semaine dernière, Bernard Cassen s’est inquiété du fait que de plus en plus de citoyens mettent l’idée même de l’Europe dans le même panier que les politiques européennes. Il a regretté alors que « l’on jette le bébé de l’Europe avec l’eau du bain des politiques européennes » « Seules les crises feront progresser l’Europe » Après avoir vivement critiqué les institutions européennes, les deux penseurs ont proposé des solutions pour rendre l’Europe « davantage sociale et démocratique ». Cassen a affirmé, qu’avec la mise en place de la monnaie unique, le système en place ne pouvait qu’ « exploser » dans les années à venir. Les pays « à la traine » au niveau économique, ou même ceux trop en avance sur les autres comme l’Allemagne, pourraient être amenés prochainement à quitter la zone Euro. Le Directeur général du Monde Diplomatique a prétendu que : « seules des crises feront progresser l’Europe » et que seuls « des actes de dissidence inaugural » de certains gouvernements nationaux envers les politiques européennes pourraient faire avancer les choses. C’est bien sûr la nécessité de recréer une utopie européenne qui est en filigrane derrière ces propos. Gaspar Miklos Tamas, en total accord avec Bernard Cassen, a émis le souhait de ne pas voir le nationalisme sortir grand gagnant de cette crise identitaire européenne : « Si il n’y pas une résistance démocratique d’un côté, il y aura alors une résistance anti-démocratique de l’autre». Les programmes de L’Institut français de Budapest Articles liés : Un Hongrois représente bruxelles à Budapest Un 24 octobre fondateur pour Jobbik 1956: des commémorations à l’avant-goût électoral Le sondage déconcertant de la semaine Le festival des Blancs sème la Terreur L’extrême droite fait son Sziget La rébellion de la Magyar Garda L’Europe au Jobbik! Européennes: l’absention remporte les élections

La terre hongroise restera interdite aux étrangers

La terre hongroise restera interdite aux étrangers

22 mars 2010 à 12 h 57 min 1 commentaire

La Hongrie entend maintenir les restrictions en place depuis 1995 visant l’acquisition de terres arables par des étrangers, afin de décourager les tentatives de transactions à but spéculatif.

Pas assez de Hongrois travaillent selon Eurostat

Pas assez de Hongrois travaillent selon Eurostat

16 mars 2010 à 17 h 40 min 4 commentaires

La Hongrie est l’un des pays où le taux d’emploi est le plus faible de l’Union Européenne, a rapporté hier le Bureau Central des Statistiques. Le taux d’emploi pour la classe d’âge des 15-64 ans était de 55,4% l’année dernière en Hongrie. Un taux très bas par rapport à une moyenne européenne de 64,8%. Seul Malte a réussi a faire pire que la Hongrie avec un taux d’emploi de 54,9% pour la même classe d’âge. Le taux hongrois reste très stable par rapport aux dix dernières années, alors que la moyenne européenne a légèrement augmenté pendant la même période. Le nombre de personnes possédant un emploi en 2009 était de 3,78 millions. 98 000 emplois de moins qu’en 2008; alors qu’en Europe la tendance est à la hausse (légère hausse mais hausse tout de même). En 2008, Malte était déjà le pays de l’Union Européenne avec le plus faible taux d’emploi pour la classe d’âge des 15-64 ans avec un taux nettement plus faible qu’en 2009: 55,3%. La Hongrie était déjà en avant dernière position des pays européens de ce classement avec un taux de 56,7%. La moyenne des pays de l’UE était de 65,9% en 2009. En 2009, 61% des hommes et 50% des femmes âgés de 15 à 64 ans avaient un emploi. Le taux d’emploi des 25-54 ans, groupe considéré comme le meilleur âge de travail, était de 72,9%. Taux qui reste inchangé depuis 2008, et 5,4 points en dessous de la moyenne européenne. La Hongrie reste au niveau de l’emploi l’un des plus mauvais élèves de l’Union Européenne. Tandis que le taux d’emploi dans l’Union Européenne, en moyenne, augmente, la Hongrie, déjà dans une situation difficile (en avant dernière position), n’arrive pas à augmenter le sien. Un véritable challenge pour le gouvernement à venir… A noter : Le taux d’emploi est obtenu en divisant le nombre de personnes occupées âgées de 15 à 64 ans par la population totale de la même tranche d’âge. La population occupée comprend les personnes qui, durant la semaine de référence et pendant une heure au moins, ont accompli un travail pour une rémunération ou un profit ou qui, n’ayant pas travaillé, avaient néanmoins un emploi dont elles étaient temporairement absentes. (Eurostat)

« Dialogue de sourds » sur la loi linguistique slovaque

« Dialogue de sourds » sur la loi linguistique slovaque

17 février 2010 à 5 h 00 min 0 commentaire

Le haut-commissaire de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe, chargé des minorités nationales, s’est rendu sans son casque bleu à Bratislava et à Budapest la semaine dernière. Nouvel épisode de la « querelle de termes » entre la Slovaquie et la Hongrie, qui tourne cette fois à l’avantage des Slovaques. Knut Vollebaek a confirmé son diagnostic de septembre, la loi sur la langue d’Etat slovaque reste conforme aux recommandations de l’OSCE. L’entrée en vigueur de cette loi, s’appliquant de facto au demi million de magyarophones habitant le sud de la Slovaquie (10% de la population totale), a amplifié la dégradation, déja ancienne, des relations entre les deux voisins. Effectivement appliquée depuis janvier, elle limite forcément l’utilisation du hongrois dans la vie publique. Mais pour les Slovaques, il s’agit simplement de protéger la langue et les intérêts nationaux lorsque celle-ci doit être parlée ou écrite. Vollebaek campe sur ses positions Après une courte observation de l’application de la loi, Knut Vollebaek est venu rencontrer le ministre des Affaires étrangères hongrois Péter Balazs et le Premier ministre Gordon Bajnai, à Budapest. Il a répété que les amendements de la loi sont conformes aux critères de l’OSCE, donc aux normes internationales. Encore à la décharge des Slovaques, il a invoqué la maladresse dans la formulation du texte, qui prête à confusion et peut ainsi susciter de la méfiance, mais il n’envisage pas de réviser son jugement pour autant. Balázs a toutefois soutenu que cette mesure « bouleverse l’équilibre » entre les Slovaques et la minorité hongroise du sud de la Slovaquie, à laquelle il demande de formuler une législation complète sur les droits des minorités. « Si cette législation existe, alors pourra t-on parler d’égalité juridique et politique », a t-il affirmé. Côté hongrois, les nombreux détracteurs de cette loi font la sourde oreille quant aux problèmes que la tolérance d’une langue locale peut engendrer. Ils accusent les Slovaques d’utiliser l’argument administratif comme prétexte pour opprimer un demi million de Hongrois qu’ils ne peuvent pas supporter. Parmi les exemples les plus dramatiques, ils avancent que la loi prévoit des amendes pour des « délits » tels qu’un épitaphe en langue magyare sculpté sur une pierre tombale, sans traduction slovaque plus visible. La loi leur interdirait également d’annoncer un événement traditionnel ou folklorique uniquement en hongrois. Un thème sensible et électoral La question du statut de la minorité hongroise en Slovaquie – et dans d’autres pays voisins – suscite toujours une vive émotion, souvent utilisée à des fins politiques des deux côtés de la frontière depuis 1921 et l’amenuisement de la Hongrie à un tiers de son territoire. La Hongrie et sa voisine du Nord tiennent toutes deux des élections générales dans les mois à venir, et la question sensible de la minorité ethnique hongroise en Slovaquie fera sans doute plusieurs fois l’aller-retour entre Bratislava et Budapest. Rien de mieux que la méfiance envers son voisin pour créer l’Union sacrée chez soi. La question de la loi linguistique slovaque est sans surprise le point de convergence des grands partis politiques hongrois. La décision du gouvernement Bajnai d’indemniser ceux qui tomberont sous le coup de la justice slovaque pour « magyarophonie », est d’ailleurs la seule qui a fait consensus (chose très rare en Hongrie) depuis sa prise de fonction. A Bratislava lundi, le ministre des Affaires étrangères slovaques, Miroslav Lajcak, a demandé aux autorités hongroises d’agir contre la diffamation, qu’il juge systématique, dont les lois de son pays font l’objet en Hongrie. D’un côté où de l’autre du Danube, cette affaire de langues sert les intérêts électoraux immédiats de la droite conservatrice des deux pays, sortante en Slovaquie, « promise » en Hongrie. Le Premier ministre slovaque Robert Fico a pu récemment se donner des forces en se nourrissant de sa querelle de voisinage publiquement: « nous ne serons pas bousculés par la Hongrie » s’est-il exclamé… en slovaque. En voila, un slogan électoral! la Slovaquie a ses raisons Pour se défendre des accusations d’oppresseur, Bratislava insiste sur le fait que sa législation vise uniquement à protéger la langue slovaque, et n’hésite pas à aller prendre des exemples ailleurs en Europe. En France en 2006, l’entreprise américaine GE Healthcare a reçu une amende de 570.000 euros pour ne pas avoir traduit 58 documents techniques et concernant la sécurité à ses employés français. Le gouvernement slovaque affirme que c’est expressément ce genre de vice de forme, en entreprise ou dans l’administration, que le non usage du slovaque pourrait entraîner. Fico et Bajnai avaient, au moment le plus fort de la crise l’an dernier, conjointement signé un compromis – en grande partie négocié par Vollebaek – où la Slovaquie acceptait d’observer un ensemble de principes sur l’application de sa nouvelle loi. La semaine dernière, le diplomate norvégien de l’OSCE a assuré qu’il suivra la question «jusqu’à ce que l’équilibre entre le renforcement de la langue d’État et la protection des droits des minorités soit atteint. » Les tensions étaient si élevées l’an dernier que l’on se serait cru dans les années 20, non loin du Rhin. En août, le Président hongrois, László Sólyom, s’était vu refoulé à son entrée en Slovaquie. Il ne s’y rendait que pour l’inauguration d’une statue de Szent Istvan au lendemain de la fête nationale hongroise, mais sa visite symbolique avait été perçue comme une provocation à Bratislava. Un tel camouflet diplomatique était encore sans précédent entre les deux États membres de l’UE et de l’espace Schengen, qui garantit théoriquement la libre circulation de tous les citoyens. Articles liés: La Slovaquie n’existe pas chez Easy Jet Bratislava redoute l’arrivée de la FIDESz au pouvoir Les fantasmes magyarophobes de Jan Slota atteignent des sommets Les Slovaques persistent et signent En Slovaquie, le feuilleton magyarophobe continue Bruxelles plutôt favorable aux Hongrois La Hongrie se plaint de la Slovaquie à Washington Le Président hongrois refoulé de Slovaquie La Slovaquie veut faire taire sa minorité hongroise

Protectionnisme: les champs de Hongrie aux Hongrois

Protectionnisme: les champs de Hongrie aux Hongrois

16 février 2010 à 15 h 06 min 0 commentaire

Le Parlement a approuvé hier une résolution appelant le gouvernement à obtenir de l’Union européenne l’interdiction d’étendre l’achat de terrains agricoles par des étrangers pour trois ans de plus. Le moratoire actuel prendra fin en 2011. Tous les députés à l’exception de neuf démocrates libres ont approuvé la résolution. Népszabadság a rapporté lundi qu’un gouvernement Fidesz, à partir d’avril, vendrait les terres appartenant encore à l’Etat aux agriculteurs hongrois avant que le moratoire se termine. Articles liés: La capital étranger pris en grippe?

Ianoukovitch officiellement vainqueur, Timochenko s’entête

Ianoukovitch officiellement vainqueur, Timochenko s’entête

16 février 2010 à 12 h 09 min 0 commentaire

Cette fois-ci, c’est fait. Dimanche soir, Viktor Ianoukovitch a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle ukrainienne par la commission électorale centrale et il sera officiellement investi à la présidence le 25 février. Ioulia Timochenko n’a toujours pas reconnu sa défaite et s’apprête à contester ce résultat devant la justice. « Nous préparons un recours devant la Cour administrative suprême », a précisé Olexandre Tourtchinov, vice-Premier ministre de Timochenko, selon lequel des fraudes massives ont eu lieu le jour de l’élection. Selon lui, le clan Timochenko a en sa possession des preuves accablantes sous forme de vidéos et de déclarations de témoins. Mme Timochenko avait déclaré plus tôt que des observateurs de la mission OSCE étaient prêts à témoigner de ces fraudes, mais ces initiatives ont été démenties par leur hiérarchie. Le combat de Ioulia Timochenko paraît sans espoir. Le peuple ukrainien qui a largement déchanté depuis la fameuse révolution orange qui avait porté au pouvoir Iouchtchenko et Timochenko aux dépens de Ianoukovitch aux élections présidentielles de 2004 n’était pas prêt pour un nouveau bras de fer et l’avait fait savoir aux candidats. Du côté de l’Union Européenne, la priorité était d’obtenir un résultat clair pour assurer un semblant de stabilité politique à ce pays qui se trouve à son contact direct et par lequel transitent 80% de ses importations en gaz russe. L’OSCE – l’organisme en charge de la surveillance des processus électoraux – était allé dans ce sens en déclarant que l’élection s’était déroulée de façon «honnête » et « transparente ». Une élection qui ne règle rien Ce n’était certes pas le favori des Européens, mais c’est le choix du peuple ukrainien, tel que validé par les institutions du pays. La très glamour et très pro-européenne Ioulia Timochenko, oligarque repentie, a bel et bien perdu. Son adversaire beaucoup moins télégénique, passe pour être l’homme des Russes. Pourtant ses liens avec Kremlin se sont distendus ces dernières années et Ianoukovitch affirme, bien qu’avec moins de zèle que sa rivale, vouloir faire intégrer l’Ukraine dans l’Union Européenne. Peu après sa victoire, il a fait part de sa volonté de rassembler tout le peuple ukrainien, y compris l’électorat de l’Ouest farouchement anti-russe. Mais gouverner un pays si divisé va se révéler délicat. Cette situation post-électorale n’est en tout cas pas de nature à consolider l’orientation du pays et tous les observateurs s’accordent à dire que l’instabilité politique va perdurer pour les mois, voire les années à venir chez le grand voisin de l’Est de l’Union. Articles liés : L’Ukraine repasse à l’est Ukraine : Inamovible Yanukovych

A Bruxelles, Haïti est encore au coeur de l’actu

A Bruxelles, Haïti est encore au coeur de l’actu

4 février 2010 à 12 h 34 min 0 commentaire

Mercredi, la dernière candidate de la Commission Barroso II, Kristalina Georgieva, été entendue par les eurodéputés. Aucune rumeur n’est venue troubler l’exercice, comme cela avait été le cas lors de l’audition de sa concitoyenne bulgare, Rumiana Jeleva. Pressentie pour gérer l’Aide humanitaire de l’Union, Georgieva avait de la matière à traiter, avec, en toile de fond, la polémique quant à l’importante participation européenne en Haïti,  peu visible au demeurant. Kristalina Georgieva avait certainement plus le profil – au vu de son curriculum vitae – pour diriger le portefeuille de l’Environnement que celui de l’Aide humanitaire, qui va probablement lui être confié. Qu’à cela ne tienne, elle s’est montrée très convaincante. Il est vrai que l’actualité la sert car l’on ne peut pas dire que dans le cadre de la gestion des conséquences du séisme haïtien, l’Union européenne ait été à la hauteur, et plus particulièrement la nouvelle responsable de sa diplomatie, Mme Ashton, complètement absente du théâtre des opérations. Ainsi, Bruxelles, plus grand contributeur financier du monde pour l’Aide humanitaire, et donc pour aider Haïti à se reconstruire, se fait damer le pion par les Etats-Unis. En effet, qui sait que l’UE est la première assistance financière de Port au Prince ? La couverture médiatique est pratiquement nulle à ce sujet. Les choses vont peut-être changer avec Kristalina Georgieva, qui a déclaré vouloir « rendre les citoyens européens fiers de l’aide humanitaire européenne ». Car, évidemment, hier lors de son audition, c’est surtout la situation en Haïti qui a retenu l’attention. Les députés européens l’ont non seulement questionnée sur ses compétences pour son travail à venir, mais, conscients des couacs de la gestion de la crise, lui ont demandé ce qu’elle aurait fait si elle avait déjà été en poste. Les autres points forts de l’audition En dehors de la réponse de crise de l’Union européenne suite au séisme à Haïti, la future commissaire bulgare a été entendue par les députés européens sur la mise en place d’un mécanisme communautaire de protection civile et la coordination des divers portefeuilles au sein de la Commission. A ce sujet, Kristalina Georgieva a finement répondu que « personne ne peut réussir seul, mais en travaillant ensemble nous pouvons faire la différence ». Elle a donc insisté sur la nécessité de collaborer avec les eurodéputés. Très consciente de la complexité de la direction européenne, elle a aussi rappelé l’indispensable coordination des politiques humanitaires européennes, tant au niveau parlementaire qu’à celui des commissaires, dont plusieurs touchent à l’aide internationale, l’aide humanitaire et la réponse aux crises, intitulé exact de son futur portefeuille. Le vote d’approbation définitif de la Commission européenne devrait intervenir le 9 février, suivi le lendemain 10 février par l’entrée en fonction de la nouvelle Commission. Articles liés: Barroso II: Jeleva, un petit tour et puis s’en va Barroso II subit les bisbilles entre partis Un Roumain poisson-pilote des Français Barroso II: la chasse aux sorcières est ouverte