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Cinéma : quand « Csak a szél » est primé à Berlin, les Roms sont sur la sellette à Budapest

Cinéma : quand « Csak a szél » est primé à Berlin, les Roms sont sur la sellette à Budapest

22 février 2012 à 9 h 47 min 6 commentaires

Csak a szél, le dernier film du jeune réalisateur hongrois Bennedek (Bence) Fliegauf séduit les critiques tout comme le jury de la Berlinale 2012. Il y a remporté l’Ours d’argent pour le Grand Prix du Jury la semaine dernière et succède donc au réalisateur culte hongrois Béla Tarr. Son film engagé, touchant et politique ravive les braises de la vague d’attentats anti-Roms de 2008-2009 et relance le débat de l’intégration des communautés Rom en Hongrie, jusqu’aux portes de la Berlinale.

Des Hongrois recherchés par la police canadienne pour trafic d’êtres humains

14 octobre 2010 à 14 h 30 min 0 commentaire

La police canadienne est à la recherche de 10 membres d’une même famille Rom hongroise qui seraient à l’origine d’un réseau de trafic d’êtres humains. Ce ne sont pas moins de 19 hommes hongrois qui ont été réduit à l’état d’esclave au Canada. Originaires de Pápa à l’ouest de la Hongrie, on leur avait promis une vie meilleure. Très mal nourris, et retenus contre leur gré, ils se sont finalement retrouvés à travailler sur des chantiers sans être payé. La police fédérale canadienne mène des investigations avec l’aide de la police hongroise. Voir notre dossier sur la Hongrie et le trafic d’êtres humains : Profession : trafiquants d’êtres humains Travailler comme esclave sur des chantiers au Canada Interview avec Bálint Dóra, « Regional Programme Assistant » pour l’organisation inter-gouvernementale International Organization for Migration (IOM), en charge notamment de la question des nouvelles formes d’esclavage.

Dossier : La Hongrie et le trafic d’êtres humains (3/3)

Dossier : La Hongrie et le trafic d’êtres humains (3/3)

2 avril 2010 à 6 h 10 min 1 commentaire

Interview avec Bálint Dóra, « Regional Programme Assistant » pour l’organisation inter-gouvernementale International Organization for Migration (IOM), en charge notamment de la question des nouvelles formes d’esclavage. Qu’en est-il du trafic d’êtres humains en Hongrie ? Bálint Dóra : Le nombre de personnes concernées par le trafic d’être humains, les trafiquants et leurs victimes, est très difficile à estimer. L’une des raisons pour lesquelles cela est si dur à estimer est que IOM n’entre en contact qu’avec une partie de ses victimes. Le bureau de Budapest ne s’occupe pas de l’assistance directe aux victimes mais adresse ces victimes à d’autres services. Grâce à notre réseau international, certaines des victimes peuvent revenir en Hongrie, après avoir été identifiées par une ONG, la police, ou quelqu’acteur que ce soit dans le pays de destination, au travers du « Projet de retour volontaire » que nous développons. Nous avons beaucoup de contacts et de partenaires extérieurs et nous avons appris récemment que, et c’est une affaire très importante pour nous, des jeunes femmes hongroises sont exploitées grand nombre dans le commerce du sexe en Hollande. Elles sont originaires de régions de Hongrie très spécifiques, du Nord-est du pays et sont acheminées via des réseaux criminels dans le quartier rouge d’Amsterdam. Pourquoi du Nord-est ? Car, de manière évidente, c’est la partie la plus pauvre du pays. Ce flux d’êtres humains pour l’exploitation sexuelle du Nord-est de la Hongrie vers Amsterdam continue-t-il ? Bálint Dóra : Nous ne savons pas car bien entendu nous ne sommes informés d’un trafic que lorsque celui-ci a cessé. Mais je pense que oui, car je ne vois pas pour quelles raisons cela aurait cessé. Peut être est-ce en déclin du fait que le phénomène est maintenant connu et que la police travaille dessus. Qui sont les trafiquants ? Bálint Dóra : Ce peut être n’importe qui. Nous savons de par les victimes que nous rencontrons, que les trafiquants sont parfois de simples voisins de la victime, lui proposant une offre d’emploi. D’autres fois, ce sont des membres même de sa famille. Concernant l’affaire de Hamilton au Canada ? Bálint Dóra : L’attention doit se porter de plus en plus vers ces autres formes de trafic d’êtres humains, car nous nous attendons à ce qu’elles prennent de l’ampleur à l’avenir. Beaucoup de ces trafics sont internes à la Hongrie et les personnes exploitées ne quittent jamais le pays. Cela fonctionne exactement de la même manière que le trafic international : Des personnes vulnérables de régions pauvres sont attirées par des offres d’emplois vers d’autres régions où ils sont forcés à travailler. Je pense que ce trafic vers le Canada mis en lumière récemment indique que le travail forcé est un phénomène qui prend également de l’ampleur. Le trafic d’êtres humains en provenance de la Hongrie est-il en augmentation ? Bálint Dóra : Encore une fois, c’est un phénomène difficilement mesurable mais mon sentiment est qu’il est en augmentation. Je base cette impression sur le nombre plus élevé de victimes secourues et sur les travaux de nos nombreux partenaires dans la lutte contre le trafic d’êtres humains. Dana Graber Ladek (« Head of regional support unit ») : Il y a des spéculations sur le fait que la crise économique et l’augmentation du chômage en Hongrie contribuent à renforcer le phénomène. Mais il est encore trop tôt pour le dire avec certitude et peut-être ne le saurons-nous jamais car il s’agit de quelque chose de vraiment caché. Bálint Dora : Combien de temps cela va-t-il augmenter, personne ne peut le dire, mais il me semble évident que les causes sont purement économiques, l’augmentation du travail forcé le montre. Il y a encore quelques années, la Hongrie était considérée, comme beaucoup de pays, comme un pays de destination et d’origine pour les trafiquants, mais surtout comme un pays de transit vers l’Europe de l’Ouest. Désormais je ne suis pas sûr qu’on puisse encore le considérer comme tel. Je pense que la Hongrie est devenue, avant-tout, un pays d’origine pour les êtres humains trafiqués. Pour plus d’informations : International Organization for Migration http://www.iom.hu/ Articles liés : Profession : trafiquants d’êtres humains Travailler comme esclave sur des chantiers au Canada

Dossier: La Hongrie et le trafic d’êtres humains (2/3)

Dossier: La Hongrie et le trafic d’êtres humains (2/3)

2 avril 2010 à 5 h 58 min 1 commentaire

Travailler comme esclave sur des chantiers au Canada La police fédérale du Canada et les services de l’immigration conduisent une enquête en coopération avec la police hongroise pour démanteler un trafic d’être humains présumé, dont certaines des victimes sont hongroises, rapporte le Hamilton Spectator. « On m’a dit que je pourrais venir ici pour commencer une nouvelle vie, et j’ai été vendu en esclavage« . Voici ce qu’affirme, sous couvert d’anonymat, l’une des victimes hongroises d’un trafic d’êtres humains présumé. C’est un long voyage qu’elle a entrepris de Pápa, dans le nord-ouest de la Hongrie, jusqu’à Hamilton, en Ontario, proche de la frontière états-unienne. Comme plus d’une dizaine d’autres (combien exactement, on ne le sait pas), cet homme s’est fait berner selon un schéma classique : il a   été approché par « l’ami d’un ami » qui lui a fait miroiter un salaire « d’au moins 500$ par semaine en cash ». La seule chose à faire pour lui : acheter un billet d’avion direction le Canada et obtenir le statut de réfugié en se présentant comme menacé dans son pays en raison de son origine rom. Car beaucoup des victimes, mais pas toutes, sont roms. « Ils m’ont dit de dire que j’étais opprimé par “Hungarian guard” [ndlr : sans doute signifie-t-il la Magyar Garda] et d’amplifier le racisme en Hongrie« . « Quand je suis arrivé là-bas, ce n’était pas la même histoire. […] Nous n’avons jamais vu un penny« , continue-t-il. Il est dépossédé de ses documents d’identité et menacé de représailles sur sa famille s’il parle aux autorités. « J’ai peur pour ma famille qui est restée… Ils n’arrêtaient pas de me répéter que je ferais mieux de continuer le travail, pour la sécurité de ma famille. J’ai peur qu’il ne leur arrive quelque chose si je parle« . Trois hommes ont été inculpés en vertu de l’Immigration and Refugee Protection Act pour avoir incité leurs victimes à mentir aux agents canadiens de l’Immigration : Attila Kolompar, Ferenc Karadi et Ferenc Domotor. Ce dernier a été décrit par la Cour comme « le chef d’un groupe de Roms hongrois qui composent les membres de sa famille immédiate et élargie ». Quelle est l’ampleur du phénomène ? Rien n’a encore été prouvé par la justice, nous n’en sommes qu’au stade de l’enquête, mais la police fédérale canadienne est formelle, il y a des « esclaves » à Hamilton. Selon elle, 600 à 800 personnes travailleraient comme esclaves chaque année au Canada, mais c’est une estimation très sous-évaluée, estime le coordinateur de la police fédérale pour le trafic d’êtres humains en Ontario, Marty Van Doren. Selon lui, « C’est un crime si bien caché que personne ne peut dire à quel point c’est gros. Il n’y a encore jamais eu de condamnation pour trafic d’êtres humains à Hamilton, mais cela existe sans conteste« . On les trouve partout où il ya besoin de main d’œuvre bon marché et docile : sur les chantiers et dans les restaurants notamment, sans même parler du marché de la prostitution. Articles liés : Profession : trafiquants d’êtres humains Heureux comme un Hongrois au Canada

Dossier : la Hongrie et le trafic d’êtres humains (1/3)

Dossier : la Hongrie et le trafic d’êtres humains (1/3)

31 mars 2010 à 23 h 09 min 1 commentaire

Profession : trafiquants d’êtres humains Elle a 20 ans et lui 24. Andrea Novak et Joszef Budai étaient installés à Londres, où ils esclavageaient des jeunes filles de leur pays, la Hongrie. La semaine passée, ils ont été condamnés à huit années d’emprisonnement chacun, pour « exploitation sexuelle ». Au moment de prononcer son verdict, le juge Simon Pratt de la Cour de Croydon a qualifié l’affaire de “The closest to human slavery as you could possibly get. » « Betty », le pseudonyme d’Andrea Novak, recrutait des jeunes filles vulnérables en leur faisant miroiter un salaire de plus de mille pounds par semaine. Certaines d’entre elles savaient qu’elles allaient travailler dans l’industrie du sexe. D’autres l’ignoraient. Pour s’octroyer les services de ces jeunes hongroises, mises à leur disponibilité de 9h du matin jusqu’à deux heures le jour suivant, les clients déboursaient 140 £ de l’heure. Elles n’en voyaient jamais la couleur, sinon quelques miettes. C’est grâce au témoignage de Julianna notamment, une étudiante de 19 ans, que « le couple terrible » a été condamné. Durant les quelques jours qu’ont duré sa captivité et le travail forcé, elle a tenu régulièrement un journal intime qu’elle dissimulait à ses bourreaux. En voici quelques courts extraits, diffusés par la presse britannique et reproduit intégralement par The Independent, le weekend dernier. « Tout s’est passé si vite. Dès que j’ai répondu à son annonce Betty m’a contacté. Sans me prévenir, elle m’a acheté un billet d’avion et c’était joué. Je savais que c’était un travail érotique, qu’il s’agissait de donner des services sexuels aux hommes, et je pensais que je serais capable de le faire. Mais je n’avais aucune idée de ce que cela serait. Je n’avais jamais fait ce genre de travail avant. J’ai pensé qu’il allait me permettre de réaliser mon rêve et que je serais en mesure de faire face. Je me trompais. […] Lorsque le téléphone sonne, c’est qu’un client arrive. A ce moment je vieillis vite et mes cheveux deviennent plus gris. Les clients vont et viennent. Je suis totalement bourré en permanence. Je ne mange pas, mais je bois, ça oui! Je ne peux pas dormir. » Source : The Independent : Diary of a call girl Article lié : Des péripatéticiennes pas si soumises