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Les ONG dans le viseur du gouvernement hongrois manifestent

Les ONG dans le viseur du gouvernement hongrois manifestent

15 septembre 2014 à 7 h 35 min 2 commentaires

ONG-demo »La défense des civils, c’est notre affaire » ont proclamé plusieurs ONG lors d’une manifestation qui a rassemblé environ un millier de personnes.

L’équité des élections remises en question par des ONG d’opposition

L’équité des élections remises en question par des ONG d’opposition

1 avril 2014 à 6 h 28 min 0 commentaire

Dans un communiqué commun publié mardi 18 mars, trois ONG estiment que les élections législatives au début du mois d’avril pourraient être entachées d’irrégularités.

Autodafé d'"Etre sans destin" d'Imre Kertész

Autodafés en Hongrie : « la liberté d’expression des fachos »

13 novembre 2011 à 12 h 51 min 30 commentaires

Samedi 12 novembre, deux types de festivités radicalement différentes avaient lieu en Hongrie. L’une, le Fridge festival, rassemblait pour la deuxième année consécutive la jeunesse hongroise « occidentalisée » sur la place des Héros à Budapest pour un concours de snowboard urbain et de nombreux dj sets. L’autre, la seconde édition de la « Nuit de la Purification », se tenait également à Budapest et dans une trentaine de villes hongroises, dans des jardins privés de sympathisants d’extrême droite. Cet événement « hungariste » aurait donné lieu à des autodafés d’ouvrages d’Imre Kertész et d’autres écrivains d’origine juive, de journaux de gauche ou encore de magazines à caractère pornographique et pro avortement.

Szabad Sajto utca, Budapest, 23 octobre 2011 crédit photo : Egymillióan a magyar sajtószabadságért

Manifestation de dizaines de milliers d’opposants à Viktor Orbán

24 octobre 2011 à 12 h 50 min 16 commentaires

A Budapest hier après-midi, ils étaient plus de 20 000 selon l’AFP (beaucoup plus selon la presse hongroise) à avoir profité de la fête nationale pour manifester contre le gouvernement de Viktor Orbán. Parmi les nombreuses commémorations du 55ème anniversaire de la révolution de 1956 dans toute la capitale, on retiendra surtout ce gigantesque rassemblement anti-gouvernemental. Malgré le crachin au pied du pont Erzsébet (photo) l’appel à manifester du collectif  « Un million pour la liberté de la presse » lancé sur Facebook et intitulé « Je n’aime pas ce régime » (Nem Tetszik a Rendszer !) a de nouveau connu un large succès. C’était le second rassemblement du genre après celui du 15 mars dernier à l’occasion de l’autre fête nationale de Hongrie, qui commémore la révolution de 1848. La fête nationale, l’occasion d’une grande manif’ Le choix des fêtes nationales n’est évidemment pas anodin pour s’opposer massivement à Orbán, dans ce pays où l’union pour une cause est si difficile à obtenir. Ici, comme lorsque Ferenc Gyurcsány gouvernait, c’est encore l’union contre un homme et son gouvernement qui fédère le plus. Des orateurs, dont certains membres de partis d’opposition tels que le MSzP et le LMP, se sont succédés à la tribune toute l’après-midi pour dénoncer les innombrables actes « anti-démocratiques » du gouvernement hongrois. Parmi les représentants d’ONG pour les droits et libertés civils, Balázs Denes, directeur de TASZ, a décrit l’éxécutif actuel comme un gouvernement « qui promulgue une idiotie après l’autre ». Au même moment, Viktor Orbán, le Premier ministre qui faisait l’objet de cette manifestation, s’était rendu au Conseil européen à Bruxelles. En son absence, son parti, la Fidesz, a décidé au dernier moment de ne pas tenir son traditionnel meeting au carrefour d’Astoria, situé à quelques centaines de mètres de là. Une bonne chose en quelque sorte, puisque de cette manière, il n’y avait aucun risque d’affrontement entre manifestants. Articles liés : Un 23 octobre sans Viktor Orban Manifestation gigantesque de l’opposition pour dénoncer la loi sur les médias (16 mars 2011) Constitution : les points qui font mal La démocratie hongroise est affaiblie, mais pas en danger (TASZ) (janvier 2011) Constitution : « Retour en force de l’ordre moral » L’Europe peut-elle faire plier Orbán le «tout-puissant» ? Castration du quatrième pouvoir en Hongrie  

Constitution : les points qui font mal

Constitution : les points qui font mal

19 avril 2011 à 10 h 47 min 6 commentaires

« Ultra-conservatrice ». C’est le qualificatif qui revient le plus souvent dans la presse francophone pour désigner la Constitution adoptée lundi par le parlement hongrois. En Hongrie même, les opposants à cette nouvelle Loi fondamentale – rédigée par la seule coalition gouvernementale Fidesz-Kdnp – sont nombreux.

Szent-Istvan, premier roi apostolitique et fondateur du Royaume de Hongrie

Retour en force de l’ordre moral en Hongrie

18 avril 2011 à 22 h 26 min 3 commentaires

Le coup de théâtre qui aurait contrecarré les plans du gouvernement n’a pas eu lieu et, sans surprise, la nouvelle Loi fondamentale hongroise a été adoptée par le parlement lundi.

Une remise en cause du droit à l’avortement en Hongrie ?

Une remise en cause du droit à l’avortement en Hongrie ?

18 avril 2011 à 18 h 59 min 5 commentaires

La présentation du projet de Constitution au mois de décembre dernier a suscité une vive inquiétude quant à l’éventualité d’un durcissement de la législation sur l’avortement. Les déclarations contradictoires récentes de la majorité parlementaire n’ont pas levé les doutes quant au contenu du texte final qui devrait voir le jour dès ce mois d’avril.

Consultation pour la nouvelle Constitution : une « prime citoyenne » aux familles nombreuses ?

Consultation pour la nouvelle Constitution : une « prime citoyenne » aux familles nombreuses ?

16 février 2011 à 8 h 43 min 5 commentaires

Voilà un nouvel épisode polémique de la préparation de la nouvelle Constitution hongroise. Ces jours-ci, le Conseil National de Consultation spécialement dépêché pour l’occasion, envoie un questionnaire en 12 points à chaque citoyen. Une belle preuve de souci démocratique, si ce n’était le caractère populiste, voire clientéliste, d’une des 12 questions qui y est posée. Celle-ci – la question n°4 exactement – porte sur la possibilité pour les parents d’obtenir un droit de vote supplémentaire pour chacun de leurs enfants mineurs. La méthode de « consultation » était déjà très critiquable, la voila sur le point de devenir scandaleuse.

Médias et démocratie en Hongrie : décryptage en français sur TILOS RADIO

Médias et démocratie en Hongrie : décryptage en français sur TILOS RADIO

3 février 2011 à 12 h 00 min 1 commentaire

Samedi 22 janvier, pour son émission bimensuelle sur Tilos Radio (un samedi sur deux, de 16h30 à 17h30), la rédaction de Hulala est revenue sur la frénésie médiatique autour de la nouvelle législation hongroise qui encadre le secteur des médias, avec l’aide de son invité, Tamas Szigeti, juriste spécialiste de Droit constitutionnel. Quel est l’état de la démocratie en Hongrie ? Quels sont les enjeux liés à la loi sur les médias ? Le décryptage de Tamas Szigeti, juriste auprès de l’ONG TASZ (Társaság a Szabadságjogokért). Le podcast de l’émission Vous avez aussi la possibilité d’écouter l’émission complète archivée sur le site de Tilos Radio Articles liés : « La démocratie hongroise est affaiblie, mais pas en danger » (TASZ) Tilos Radio menacée par la loi sur les médias Castration du quatrième pouvoir en Hongrie : le jour J

Janos Martonyi interviewé par Caroline Crimet de France 24, le 10 janvier 2011 devant le Club Grande Europe au CAPE. Crédit : Jean-Louis Courleux

János Martonyi fait la leçon aux journalistes parisiens

15 janvier 2011 à 15 h 23 min 1 commentaire

En visite à Paris lundi matin, le ministre hongrois des Affaires Etrangères, János Martonyi, s’est courtoisement rendu devant le Club Grande Europe, association centrée sur l’Europe élargie, avant de se rendre à l’ambassade de Hongrie dans l’après-midi, pour parler des objectifs de la présidence hongroise de l’Union Européenne. Assailli sur la question des médias hongrois, c’est finalement M. Martonyi qui a donné une fessée aux journalistes parisiens, en français dans le texte. Toute l’Europe occidentale s’en inquiète, la Hongrie se trouve dans une conjoncture médiatique un peu spéciale actuellement, et fait l’objet d’une déferlante de critiques à son encontre depuis le début de sa présidence de l’UE. En entrant dans un jeu de question-réponses avec les journalistes des plus grandes rédactions de France, il savait bien, en arrivant, que parler uniquement d’Europe serait une tâche difficile. Sans trop de surprise, les journalistes français furent les plus désireux d’alimenter leurs papiers avec la question des médias en Hongrie, qu’ils jugent « liberticide ». Pas de chance pour ces derniers, leur ignorance en la matière a largement joué en la faveur du ministre hongrois qui – ironie du sort – s’est exprimé dans un français politiquement plus correct que celui de leur propre chef d’Etat, pourtant lui aussi d’origine hongroise. Il a pratiqué la langue de bois européenne d’usage et il ne leur a permis à aucun moment de continuer à produire de la « Hongrie spectacle ». Des rédactions aussi prestigieuses que celles du Monde, Radio France Internationale, TV5 Europe ou encore France 24, ont dépêché ce jour-là des journalistes encore bien trop tendres sur le sujet des médias hongrois pour que le ministre puisse se laisser fusiller (photo). Un optimisme hongrois presque déconcertant M. Martonyi a été clair d’entrée de jeu sur le sujet : « Il faut d’abord lire le texte de lois sur les médias hongrois pour le critiquer si vivement. C’est un texte difficile à comprendre, tant au niveau des références qu’au niveau des procédures administratives. » Il s’est ensuite dit optimiste quant à l’examen actuel du texte par la Commission européenne, en insistant sur le fait qu’il n’y avait aucune procédure juridique en cours, puis a déclaré qu’il fallait « un examen objectif sur une telle réforme, et non se fier à des préjugés, des opinions ou encore des émotions politiques« . Il a ensuite rassuré l’auditoire : « Ce n’est pas de mon devoir de critiquer la presse, au contraire, c’est à moi d’accepter ses critiques« , avant de rappeler, tout de même, que « le langage employé par la presse étrangère sur le sujet était trop fort, voire insultant pour la Hongrie« . Il en a d’ailleurs profité pour faire référence au président Barroso lui-même, qui soulignait, à Budapest vendredi dernier, que la Hongrie reste un pays démocratique, où l’Etat de Droit est respecté. Après avoir affirmé qu’il n’y aurait en aucun cas un retrait de la loi, il a laissé entendre du bout de la moustache qu’ « il n’était pas exclu pour son gouvernement d’adopter une législation adaptée selon les propositions qui seront faites par la Commission à Bruxelles« , si propositions il y a. Cependant, reprenant bien les déclarations de son premier ministre sur ce point, il a insisté sur le fait que « s’il devait y avoir des changements à faire, certains autres Etats membres devraient en faire de même, selon le principe de non-discrimination en vigueur au sein de l’UE« . « Il est bigrement difficile de mentir quand on ne connait point la vérité » Esterházy Péter Il aurait été souhaitable que la presse française puisse consulter notre entretien avec Tamas Szigeti, un des responsables de l’organisation TASZ, dédiée aux libertés civiles en Hongrie, avant de se frotter à Martonyi. Outre leurs approximations dans les prononciations, telles que « le Fidèche » ou encore « Tilosse radio », c’est surtout en critiquant systématiquement les débuts de la présidence hongroise de l’UE par le biais de la loi sur les médias qu’ils se sont cassé les dents tout seuls. En voici un exemple probant. Attaqué sur un rapprochement hasardeux entre « l’affaire Tilos rádio », l’expression de la jeunesse et la présidence eurosceptique tchèque de Vaclav Klaus au premier semestre 2009, il n’a pas manqué de rappeler que la majorité des Hongrois restent europhiles, surtout parmi les jeunes : « Il y a tellement de jeunes Hongrois qui ont attendu ce moment et qui se sont préparés pour la présidence hongroise, que je peux vous assurer que nous allons remplir notre mission comme il se doit. Quant à ma mission, c’est d’être là pour eux. » Et quand bien même l’épisode de l’Ice-T gate à Tilos aurait pu faire vaciller la confiance du « Zébulon » hongrois, la question était tellement mal posée que sa réponse fut trop facile. « D’abord, il faut apprendre à faire la part des choses entre les médias hongrois et l’Europe« , a t-il répondu avant de définitivement renvoyer le journaliste à l’école, en lui apprenant que dans le cadre de cette enquête,  Tilos tombe sous le coup de la législation antérieure à la réforme. La bonne question, qu’il aurait fallu poser au ministre, était plutôt celle de savoir pourquoi est-ce que le nouveau Conseil National des Médias (NMHH) souhaite sanctionner Tilos maintenant et créer ainsi le scandale, alors que l’ancien Conseil aurait pu le faire maintes fois auparavant, sur la base de la dite législation antérieure. La question que n’attendait pas Martonyi Pour venir en aide à ce « confrère », comme cela se fait dans ces cas-là, Hu-lala s’est donc permis de rebondir en demandant à M. Martonyi s’il ne trouvait pas cela dommage, que ce soit en réalité le NMHH qui ait finalement pu permettre de heurter les âmes sensibles des mineurs, puisque ce n’est qu’après la traduction des paroles du fameux Ice-T, que la grande majorité des jeunes ont pu comprendre le message quelque peu dérapant du rappeur. Dommage que János Martonyi n’ait pas souhaité répondre à cela franchement. Son attitude a néanmoins été très éloquente : il a d’abord fait semblant de ne pas comprendre, puis, la moustache presque tombante, il a finalement réussi à s’exprimer : « je suis ministre desLire la suite

Soirée TASZ à Mika Tivadar Mulató

Soirée TASZ à Mika Tivadar Mulató

14 janvier 2011 à 15 h 33 min 0 commentaire

L’ONG TASZ, toujours en première ligne pour défendre les libertés individuelles en Hongrie, invite ce soir-même dès 21h tous ses chers amis à participer à sa Buli, ce soir dans le centre de Budapest, au Mika Tivadar Mulató.  C’est Soobrosa et Popbitch qui seront aux platines pour assurer l’ambiance de cette soirée intello et certifiée sans tasz-pé. Lieu de la soirée : Mika Tivadar Mulató Kazinczy utca 47. Budapest Groupe Facebook : Évnyitó TASZ-buli

« La démocratie hongroise est affaiblie, mais pas en danger » (TASZ)

« La démocratie hongroise est affaiblie, mais pas en danger » (TASZ)

11 janvier 2011 à 0 h 31 min 0 commentaire

La presse internationale s’est lancée dans une surenchère de supputations hasardeuses quant à la loi sur les médias et l’état de la démocratie hongroise, la qualifiant parfois même de « démocratie autoritaire » ou de « dictature molle ». Qu’en-est-il réellement ? Le point de vue de Társaság a Szabadságjogokért (TASZ), une ONG pour la défense des droits de l’Homme en Hongrie. Hu-lala : Quel est l’état des lieux dressé par TASZ de la démocratie en Hongrie ? Tamás Szigeti/TASZ : Depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement de droite, en mai 2010, un ensemble de réformes a eu un effet d’affaiblissement de la démocratie et de l’Etat constitutionnel. Trois points ont un effet particulièrement dramatique. La mesure la plus déplorable est la réduction des pouvoirs de la Cour constitutionnelle, à laquelle nous ne nous attendions vraiment pas. C’est ce qui aura le plus d’effets négatifs. Elle fut un préalable à la mise en place des taxes exceptionnelles « de crise ». Le second point, c’est le projet de nouvelle Constitution. Il est encore trop tôt pour se prononcer de manière catégorique sur cette question car nous ne savons pas encore quel sera son contenu exact, mais il y a des projets inquiétants. Il s’agit de changements symboliques -avec notamment un préambule très « émotionnel » faisant appel aux valeurs de la chrétienté- qui sont chers à l’électorat de droite mais qui ne prennent pas en compte la totalité de la population et qui sont mal perçus par une partie d’elle. Le fait que cette Constitution doit être approuvée le jour même du premier anniversaire de la victoire de la Fidesz aux dernières législatives, le 25 avril prochain, prouve que ce projet est fondé sur une idée divisante. Enfin il y a ces lois sur les médias. Ces premiers six mois sous le nouveau gouvernement ont donc été difficiles. Mais je n’irai pas jusqu’à dire que la démocratie hongroise est en danger. Il y aura des élections libres dans trois ans et demi et, d’ici là, les droits fondamentaux sont garantis. Donc la frontière n’a pas été dépassée. Le parallèle effectué par la presse internationale entre le pouvoir actuel et l’ancien régime communiste est-il pertinent ? La comparaison n’est selon moi pas pertinente, car il s’agit d’une époque révolue. Nous sommes maintenant dans un système qui reste tout de même multipartite et qui n’a rien à voir avec un système totalitaire. Qu’est-ce qui change vraiment avec cette nouvelle loi sur les médias ? C’est un bouleversement complet de tout le système médiatique depuis le changement de régime en 1989. Le vrai changement, c’est l’élargissement du champ d’application de la loi  à tous les médias (radios, télés, journaux écrits et numériques) et la concentration des pouvoirs dans une seule autorité des médias, la NMHH [Nemzéti Media es Hirközlési Hatosag, ndlr]. Ses 5 membres ont été choisis démocratiquement par le parlement, mais tous sont issus de la Fidesz ou en sont très proches. Donc, dans les faits, cette autorité n’a pas d’indépendance réelle vis-à-vis du parti au pouvoir. Une telle concentration des pouvoirs est inquiétante. La sévérité des sanctions constitue aussi un changement radical. Les amendes maximales ont été multipliées par 3 ou 4 et peuvent être infligées avec une procédure très effective. Selon le chapitre relatif à la « protection des sources des journalistes », l’autorité des médias pourra décider dans n’importe quel cas, avant même toute procédure juridique, la nécessité de révéler les sources. La NMHH peut-elle être considérée comme le bras armé du gouvernement pour les médias ? La pratique nous dira comment cela va fonctionner. Je préconise qu’on ne dise pas dans quelques mois que tout va bien si rien de catastrophique n’est survenu. Car c’est à long terme qu’il y aura des effets déplorables. Avec cette nouvelle loi, l’autorité aura une marge d’appréciation très large. Je doute qu’elle aura la capacité de faire appliquer rigoureusement cette loi. Mais même si l’autorité ne prend pas la charge de punir les médias chaque fois qu’un délit est commis, les journaux et médias n’oseront pas écrire ou publier ce qu’ils veulent. Le danger d’autocensure est donc le plus inquiétant pour nous. En ce qui concerne Tilos Radio, le fameux « Ice-T gate » illustre-t-il ces dérives ?  [TASZ assure la défense de Tilos Radio, ndlr] L’enquête à l’encontre de Tilos Radio a été ouverte sur la base de l’ancienne loi sur les médias, car la protection des mineurs était aussi inscrite dans la loi précédente. Il ne faut donc pas tout mélanger. Mais c’est bien la nouvelle autorité NMHH qui a lancé la procédure d’enquête, donc oui la nouvelle loi a bien un lien avec l’affaire Tilos. Ce qui est nouveau ici, c’est l’application très stricte des règles. La presse de gauche semble particulièrement visée, mais qu’en est-il des médias d’extrême-droite ? Dans un monde idéal, les lois devraient êtres appliquées de la même façon à tous les médias. Mais c’est le problème de cette loi, telle qu’elle est écrite, de ne pas garantir une égalité de traitement aux différents médias, car l’autorité est trop partisane, ce qui laisse de la place à l’arbitraire. Propos recueillis par Corentin Léotard_Hulala Articles liés : L’Europe peut-elle faire plier Orbán le «tout-puissant» ? Edito : Comedia dell’arte Médias : Orbán souffle le chaud et le froid Manifestation de soutien aux journalistes de la radio nationale hongroise Tilos Radio menacée par la loi sur les médias La presse hongroise de gauche se rebelle Liberté de la presse en Hongrie : quelques critiques et beaucoup de silences… Adoption de la loi sur les médias : « cause toujours… » Castration du quatrième pouvoir en Hongrie Les débuts de la tsarine des médias hongrois dans la pornographie !

Nouvelle Constitution : un site web pour un simulacre de démocratie

Nouvelle Constitution : un site web pour un simulacre de démocratie

19 octobre 2010 à 15 h 25 min 0 commentaire

Depuis dimanche dernier, un site web est mis à disposition des citoyens hongrois, qui sont ainsi invités à soumettre leurs commentaires sur le contenu de la nouvelle Constitution de la Hongrie, dont la validation est prévue au début du printemps 2011. Les quelques ONG hongroises qui traitent du respect des libertés en Hongrie telles que TASZ , soulignent avec l’appui de juristes constitutionnalistes que rien dans la Constitution actuelle ne permet de souhaiter une réforme constitutionnelle. Ainsi, le souhait ardent du nouveau gouvernement d’en changer soulève, sinon des suspicions claires, de lourdes inquiétudes. Sur le site web en question, tout citoyen hongrois peut présenter des observations sur la future Constitution. C’est bien, mais pourquoi cette réforme ? Officiellement, selon Jozsef Szajer, «le Parlement vise à adopter une Constitution définitive qui mettra fin à la nature transitoire du texte actuel, même symboliquement« . Il a également ajouté que cette nouvelle Constitution devra être fondée sur l’histoire hongroise vieille de mille ans, ainsi que sur les principes modernes de constitutions européennes. Jozsef Szajer, à la tête de la commission des affaires sociales, a été désigné par le Premier ministre Orbán pour superviser ce qui sera publié sur le site. Les législatives d’avril dernier ont donné la majorité des deux tiers du Parlement au parti conservateur FIDESz. Désormais, les détracteurs d’une telle prise de pouvoir en Hongrie n’hésitent plus à dénommer le pays « l’Orbanie », tant Viktor Orbán et ses accolytes y sont omnipotents. Ainsi, personne n’est dupe, ce nouveau site web n’existe qu’à titre consultatif. Les ONG boycottent « par principe » L’organisation TASZ (Union pour les Libertés Civiles), avec des experts constitutionnalistes en son sein, a reçu une invitation officielle début septembre de la part de László Salamon, président de la Commission parlementaire, pour s’exprimer sur la réforme de la Constitution… avant fin septembre ! Autant dire que l’invitation était purement formelle. Outre l’aspect formel un tantinet cynique pour les intellectuels de cette organisation, l’empressement du gouvernement à vouloir réformer la Constitution s’avère dangereux. L’échéance de cette réforme a été étrangement rapprochée dans le temps – et non reportée comme la logique le voudrait – trois fois : de 2012 à juin 2011, puis au début du printemps 2011. Pour TASZ, le processus de législature est indigne à l’égard d’une entreprise aussi importante. En réalité, les décisions sur les changements que subira la Constitution semblent plutôt avoir déjà été prises depuis belle lurette. Dans un communiqué de refus à participer à un processus qu’elle juge « non ouvert » et « non transparent », TASZ rappelle qu’il y a déjà eu une tentative de réforme de la Constitution en Hongrie entre 1994 et 1998. Elle avait échoué car son adoption n’avait pas atteint la majorité des 4/5 au Parlement. Mais elle prévoyait au moins des règles formelles qui obligeaient le parti au pouvoir à obtenir le consentement d’une partie de l’opposition. A l’inverse, la conjoncture politique aidant, le processus de législature actuel ne propose pas réellement, ni à l’opposition, ni aux citoyens, de participer à son élaboration, mais semble plutôt essayer de trouver une légitimité démocratique dans ce qui tient purement de la volonté du pouvoir exécutif. Une organisation telle que TASZ n’aurait su faire plaisir au gouvernement en participant à cette mascarade démocratique. Un symbolisme à la fois inutile et dérangeant Le manque de symbolisme dans la Constitution de 1989 est aujourd’hui avancé comme l’un de ses échecs par le parti au pouvoir. Certaines formes d’attachement symbolique aux origines chrétiennes et au passé glorieux (la Sainte-Couronne, ici à droite) de la Hongrie ont déja été largement évoquées par le premier ministre et par le président Schmitt. Au deuxième millénaire, de tels symboles ont-ils une incidence sur le bien-fondé d’un tel document juridique ? A ce propos, TASZ rappelle à juste titre que l’écrasante majorité des pays européens se sont abstenus de faire référence à Dieu ou à leur passé glorieux dans leurs Constitutions. Enfin, la référence à la religion pose un véritable problème de représentation dans une société pluraliste et supposée tolérante. Eriger la domination d’une religion dans la Constitution ne saurait satisfaire tous les administrés. Selon TASZ, la Constitution doit servir les Hongrois pour des raisons et des principes que tout le monde peut accepter volontairement. Or, le texte que la FIDESz est en train de concocter semble bien être celui de la division de la société hongroise, en partie et d’abord sur une base religieuse. Articles liés : M. Gyurcsany appelle à un référendum contre la future Constitution Pal Schmitt, nouveau président « sur-mesure » Réforme des médias, acte II Médias : retours (non négociés) aux choses sérieuses Education : c’est reparti comme en 40? La laïcité remise en question dans les écoles hongroises Orban, façon « Sarkozie » Biographie : la revanche de Viktor « L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor Les pleins pouvoirs pour Orbán?