Mots-clés associés : "robert fico"

Sur le gaz, la Slovaquie et la Hongrie sont raccords

Sur le gaz, la Slovaquie et la Hongrie sont raccords

1 avril 2014 à 6 h 21 min 0 commentaire

Le premier ministre slovaque Robert Fico, tout juste battu lors de l’élection présidentielle, et son homologue hongrois Viktor Orban ont symboliquement ouvert les vannes du raccordement entre le réseau de gazoduc hongrois et slovaque, jeudi 27 mars, à Szada (28 kilomètres à l’est de Budapest).

Ces Hongrois de Slovaquie déchus de leur citoyenneté

Ces Hongrois de Slovaquie déchus de leur citoyenneté

5 mars 2012 à 11 h 29 min 32 commentaires

Les relations slovaquo-hongroises, marquées par les rancœurs du passé, sont entrées dans une nouvelle phase. Tout Hongrois de Slovaquie qui se voit octroyer la citoyenneté hongroise par Budapest est immédiatement déchu de sa citoyenneté slovaque. Dans cette « guéguerre » nationaliste qui se joue de part et d’autre du Danube, l’Europe est impuissante.

France 2 hors-sujet sur l’Europe centrale

France 2 hors-sujet sur l’Europe centrale

11 novembre 2011 à 17 h 07 min 2 commentaires

Mercredi soir au journal télévisé de France 2, David Pujadas et sa rédaction ont une nouvelle fois fait preuve d’une certaine méconnaissance de l’Europe centrale. En quelques secondes, les téléspectateurs ont appris qu’en Hongrie, Gordon Bajnai avait perdu les élections l’an dernier sur le thème de la crise financière. En réalité, l’ancien Premier ministre hongrois qui avait exclusivement été choisi pour assurer l’intérim après la démission de Ferenc Gyurcsány en mars 2009 et jusqu’aux élections législatives d’avril 2010, ne s’était même pas porté candidat.

L’affaire Hedvig, un fait divers – symbole du conflit slovaco – hongrois

L’affaire Hedvig, un fait divers – symbole du conflit slovaco – hongrois

20 décembre 2010 à 0 h 15 min 2 commentaires

Rudolf  Chmel, vice-premier ministre du nouveau gouvernement, chargé des droits de l’homme et des minorités ethniques en Slovaquie, s’est excusé publiquement auprès de Malina Hedvig le 9 décembre dernier.  Selon Chmel, qui est également vice-président du parti de la minorité hongroise en Slovaquie, Most-Híd, la réaction des autorités slovaques concernant l’agression dont elle a été victime en 2006 a été honteuse. Hedvig a été rouée de coups et volée le 25 août 2006, dans la ville de Nitra en Slovaquie, où elle était étudiante. Pourquoi ? Parce qu’elle s’exprimait en hongrois, sa langue maternelle, dans un endroit public. « Le droit à la justice de Malina Hedvig a été bafoué. Le pouvoir politique s’est mêlé de cette affaire et l’a influencé à sa guise, violant par là même la dignité de cette femme. » Ce sont les mots qui ont accompagnés les excuses présentées par Rudolf Chmel. Une avancée symbolique dans l’effort d’amélioration des relations entre la Slovaquie et la Hongrie, souhaitée par Viktor Orban et Iveta Radicova, tous deux élus premiers ministres cette année. Parallèlement, Marie Vrabcova vient de publier un livre intitulé Hedviga (photo), qui relate l’agression et la dimension politique que ce fait divers a pris par la suite. Immédiatement après l’agression (voir photo en bas de l’article), une enquête a été lancée par Jan Packa, chef de la police slovaque à l’époque, pour être fermée deux semaines plus tard, concluant qu’Hedvig avait monté cette histoire de toutes pièces. Sans surprise, cette affaire a rapidement pris une tournure politique, cristallisant autour d’elle la complexité des relations entre la Hongrie et la Slovaquie. Incohérences et manipulation politique Hedvig affirmait que ses papiers d’identité, volés pendant l’agression, lui ont été renvoyés à son domicile. La police, trouvant ses empreintes sur le paquet, l’a accusé d’avoir elle-même envoyé les papiers tandis qu’elle admettait avoir attendu deux jours avant de remettre le paquet à la police, à cause d’un jour férié qui l’a empêché de le faire plus tôt. De plus, il est prouvé que le jour de l’envoi de ces fameux papiers, Hedvig était à l’hôpital pour une hémorragie interne, que la police n’a, soit dit en passant, pas considéré comme conséquence de son attaque. Ceci n’est qu’une irrégularité parmi les nombreuses que compte cette affaire. Béla Bulgar, leader du parti hongrois SMK-MKP à l’époque, a attiré l’attention sur une autre incohérence : l’examen médical de la victime a été effectué 10 jours après les faits. C’était bien plus qu’il n’en fallait pour que la plupart des blessures, bleus et ecchymoses, ne disparaissent. L’avocat d’Hedvig, Gabor Gal, a quant à lui décidé, en septembre 2006, de porter l’affaire devant le procureur général. Quelques jours plus tard cependant, il a dû confier le dossier à un confrère, Roman Kvasnica. Il semble que Gabor Gal ait subi des pressions, l’obligeant à abandonner l’affaire. Kvasnica a donc retenté le coup mais s’est heurté à un rejet de sa requête. Simultanément, la chaîne slovaque STV, appartenant à l’Etat, a diffusé un reportage sur l’affaire Hedvig et a mis en évidence les dissimulations d’informations de Kalinak, vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur à l’époque. Peu de temps après la diffusion, Eugen Korda, le réalisateur du reportage, a été relevé de ses fonctions pour “attitude non-professionnelle”. Les accusations contre Malina Hedvig se sont succèdées, aussi imprécises les unes que les autres, ce qui a provoqué des réactions du côté hongrois, principalement de la part des deux grands partis politiques, la FIDESZ et le MSZP. Les responsables politiques hongrois ont accusé à leur tour les autorités slovaques de faire de la justice-spectacle avec cette affaire. Et Robert Fico, premier ministre slovaque de l’époque, de répondre que ces commentaires n’étaient qu’une intervention grossière de Budapest dans les affaires domestiques slovaques. Un témoin potentiel Zdeno Kamenicky, un habitant de Nitra, a dit connaître l’un des agresseurs, Robert Benci. Kamenicky n’a pourtant jamais été officiellement interrogé par la police et Benci, qui n’aura pas été inquiété davantage par les forces de l’ordre, s’en est sorti avec un alibi plus que bancal. En mai 2007, retournement de situation : Jan Packa est revenu sur ses déclarations et a admis qu’il était possible qu’Hedvig ait été frappée. Il s’est expliqué en invoquant que la police avait mis en doute  sa version des faits et non leur existence… En août 2007, un ex-officier de police, Jozef Satek, a mis directement en cause Fico, Kalinak et Packa dans cette histoire et les a accusé d’abus de pouvoir. En effet, Robert Fico aurait dévoilé des éléments de l’enquête au grand public avant même que la plaignante ne soit au courant. Bien entendu, faute de preuves tangibles, cette accusation d’abus de pouvoir a très vite été oubliée. Hedvig, toujours accusée de parjure, a alors décidé de plaider sa cause auprès de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, défiant ainsi l’attitude des autorités slovaques, qu’elle qualifiait d’inhumaine et humiliante. La vraie question, dans cette affaire, est aujourd’hui de savoir si Malina Hedvig fut plus victime de l’extrémisme slovaque que d’un macabre jeu politique. Articles liés : Elections législatives slovaques Une femme aux commandes de la Slovaquie Slovaquie : Une élection qui en dit long Elections en Slovaquie sous le signe du nationalisme Interview : « Les victimes sont les Hongrois de Slovaquie » – Most-Hid Double-citoyenneté La Slovaquie (contre) attaque ! Double citoyenneté : une loi plébiscitée dans le flou Double citoyenneté : le projet avance Minorités hongroises Minorités hongroises : le grand jour ? Vive le «Jour de l’unité nationale» ! Les minorités resurgissent comme par magie Divers Une hot-line entre Budapest et Bratislava Un an après, Solyom remet ca en Slovaquie ! Les fantasmes magyarophobes de Jan Slota atteignent des sommets Les Slovaques persistent et signent En Slovaquie, le feuilleton magyarophobe continue Le Président hongrois refoulé de Slovaquie La Slovaquie veut faire taire sa minorité hongroise

Un an après, Solyom remet ça en Slovaquie

Un an après, Solyom remet ça en Slovaquie

20 août 2010 à 4 h 24 min 0 commentaire

Les symboles de la nation sont décidément chers à l’ancien président hongrois. Selon le quotidien slovaque Uj Szo en début de semaine, et rapporté par MTI, Laszlo Solyom s’apprêterait, dimanche, à récidiver sa tentative « d’intrusion » en territoire slovaque, juste après la fête nationale hongroise du 20 août. Comme l’an dernier, où sa visite avait été perçue comme une provocation aux yeux du gouvernement slovaque de l’époque en pleine crise diplomatique entre Budapest et Bratislava, il voudrait se rendre à une cérémonie de dépôt de gerbes au pied de la statue de Saint-Etienne (Szent Istvan) à Komarno, dans le sud (magyarophone) de la Slovaquie. Le 21 août 2009, Solyom devait participer aux côtés des représentants de la communauté hongroise de Slovaquie à l’inauguration d’une statue de Szent István,  premier roi apostolique de Hongrie, dont la canonisation fait l’objet de la fête nationale hongroise, qui a lieu aujourd’hui. Mais ce jour-là, le président hongrois s’était vu refuser l’entrée à la frontière slovaque, véritable première entre deux pays membres de l’Union Européenne et de l’espace Schengen. A l’époque, la Slovaquie venait d’instaurer une loi qui obligerait la minorité hongroise du pays à ne parler que le slovaque dans l’espace public. S’en est suivi une série de provocations entre les deux pays, qui ont fini par en référer à Bruxelles et à l’OSCE, dont les rapports ne se sont finalement pas opposés à la loi. Reste donc à savoir si Solyom, en tant que simple citoyen hongrois et européen désormais, pourra entrer en territoire slovaque cette année sans pour autant trop faire parler de lui. A l’inverse de son prédécesseur Robert Fico, il semblerait que la nouvelle Premier ministre slovaque, Iveta Radičová, récemment élue en partie grâce à sa coalition avec la formation politique de la minorité hongroise Most-Hid, ne s’opposera pas au « droit » de l’ancien président hongrois. Articles liés : Pal Schmitt, nouveau président « sur mesure » Slovaquie : Une élection qui en dit long Elections en Slovaquie sous le signe du nationalisme Interview : « Les victimes sont les Hongrois de Slovaquie » – Most-Hid La Slovaquie (contre) attaque ! Double citoyenneté : une loi plébiscitée dans le flou Minorités hongroises : le grand jour ? Vive le «Jour de l’unité nationale» ! Double citoyenneté : le projet avance Les minorités resurgissent comme par magie Les fantasmes magyarophobes de Jan Slota atteignent des sommets Les Slovaques persistent et signent En Slovaquie, le feuilleton magyarophobe continue Le Président hongrois refoulé de Slovaquie La Slovaquie veut faire taire sa minorité hongroise

Slovaquie : Une élection qui en dit long

Slovaquie : Une élection qui en dit long

13 juin 2010 à 23 h 38 min 6 commentaires

La surenchère nationaliste à laquelle se sont livrées Bratislava et Budapest n’a semble-t-il pas fonctionné comme escompté : Le SNS de l’ultranationaliste Jan Slota est en recul et le parti hongrois SMK-MKP soutenu par le gouvernement hongrois s’est effondré au profit des modérés de Most-Hid. Le parti SMER-SD du Premier ministre socialiste sortant Robert Fico est largement arrivé en tête de l’élection, avec 34,97%, mais il ne pourra vraisemblablement pas former de coalition gouvernementale, car les nationalistes du « Mouvement pour une Slovaquie démocratique » (HZDS) ont échoué à obtenir le seuil des 5% et leur troisième allié de coalition, le parti d’extrême-droite SNS, a tout juste atteint le seuil des 5%, nécessaire pour entrer au parlement. Quatre partis se revendiquant de centre-droit, dont le parti hongrois Most-Hid, ont le potentiel pour former une coalition majoritaire au parlement et former le prochain gouvernement. Une issue  dont le gouvernement hongrois se félicite car il marque la fin du « gouvernement profondément anti-Hongrois de Robert Fico et Jan Slota« , selon les mots du ministre adjoint des Affaires étrangères hongrois, Zsolt Nemeth. Most-Hid inflige une correction au SMK-MKP Le tremblement de terre de cette élection est venu du Sud du pays : Pour la première fois depuis sa création en 1998, le parti hongrois SMK-MKP ne sera pas représenté au parlement, ne recueillant que 4,33% des votes. Avec 8,12% et 14 sièges, Most-Hid – le « pont hungaro-slovaque », formé il y a seulement un an par des dissidents du SMK-MKP – s’impose comme le principal représentant des Hongrois de Slovaquie et inflige un véritable camouflet à son rival, officiellement soutenu par la FIDESz de Viktor Orban. La FIDESz qui vient d’ « offrir sur un plateau » la citoyenneté hongroise aux Hongrois de Slovaquie, s’est donc fait « snober » par une large partie d’entre eux. Ils lui ont visiblement tenu rigueur de ne pas avoir été consulté préalablement sur cette question, remettant en cause la pertinence d’une telle initiative en pleine campagne électorale slovaque. A la veille des élections, Viktor Orban avait espéré faire déjouer les sondages en recevant le leader du SMK-MKP, Pal Csaky, pour lui apporter son soutien officiel. Présent lors de la rencontre, le  leader du parti chrétien-démocrate en coalition avec la FIDESz, Zsolt Semjen, avait alors estimé que Most-Hid « n’a jamais été un parti hongrois« . Plus de 8% des électeurs slovaques – la plupart de nationalité hongroise – ont donc votés pour un parti dénigré par le gouvernement hongrois. Dans les colonnes de “The Slovak Spectator”, l’analyste politique Miroslav Kusý a estimé que « La plus grande surprise de ces élections est l’effondrement du parti hongrois SMK, car les électeurs hongrois sont traditionnellement relativement conservateurs, ce qui était censé avantager le SMK par rapport à son rival Most-Hid« . Dimanche matin, l’ensemble du leadership du SMK-MKP a présenté sa démission. « Nous ne sommes pas satisfaits de ce résultat, c’est une véritable saignée pour le SMK et évidemment les conséquences doivent en être tirées. Tous les dirigeants du parti démissionnent dès aujourd’hui. », a déclaré le président Pal Csaky, cité par l’agence de presse slovaque TASR. Le parti national slovaque SNS sur le fil A la diffusion des résultats provisoires, c’est un Jan Slota visiblement dévasté qui a réagit pour TASR au mauvais résultat de son parti, le Parti National Slovaque : « C’est une défaite sans ambigüité pour la Slovaquie. Si un parti hongrois entre au parlement, il y aura une autonomie politique du Sud de la Slovaquie. Cela me donne envie de pleurer, les Slovaques m’ont déçu. Je ne suis pas cassé, ils me rendent simplement triste. Nous pleurerons tous des larmes de sang. » Il n‘avait toujours pas repris ses esprits à l’annonce des résultats, concluant que « Les homosexuels et les Hongrois vont diriger ce pays, donc merci beaucoup !« . Articles liés : Interview : « Les victimes sont les Hongrois de Slovaquie » – Most-Hid Elections en Slovaquie sous le signe du nationalisme La Slovaquie (contre) attaque ! Double citoyenneté : une loi plébiscitée dans le flou Minorités hongroises : le grand jour ? Vive le «Jour de l’unité nationale» ! Double citoyenneté : le projet avance

"Ensemble pour la Slovaquie" Pour se faire réélire, Fico joue la "carte hongroise"

Elections en Slovaquie sous le signe du nationalisme

12 juin 2010 à 12 h 00 min 0 commentaire

Les élections législatives slovaques se tiennent aujourd’hui samedi 12 juin, au terme d’une campagne électorale placée sous le signe du patriotisme et du nationalisme largement alimentée par les récentes évolutions du paysage politique en Hongrie. Deux partis hongrois peuvent espérer entrer au parlement. La campagne électorale a atteint un paroxysme dans la médiocrité, dimanche 6 juin, quelques jours seulement avant les élections. Prenant prétexte de l’inauguration d’une grande statue du prince Svatopluk – du royaume de Grande-Moravie, au IXè siècle – dans un haut-lieu de la capitale slovaque, le premier ministre socialiste sortant et favori des sondages, Robert Fico, s’est répandu dans un discours lyrique, voire larmoyant, sur la grandeur de la nation slovaque. « J’appelle les patriotes de la Slovaquie toute entière. Venez avec vos enfants, vos petits-enfants, et montrez leur que la grandeur et l’histoire de notre château n’a rien a envié à ceux de Wawel et Hradcany [A Cracovie et Prague, ndlr]. » L’ « évènement » était retransmis en direct par la télévision nationale slovaque. La surenchère des nationalismes de part et d’autre du Danube C’est sans surprise que le contexte hongrois a été un facteur clé dans la campagne électorale. Avec la loi sur la double citoyenneté votée récemment par Budapest, ainsi que sa volonté de réunir la nation culturelle hongroise via le « Jour de l’Unité nationale », le nouveau gouvernement hongrois FIDESz a donné du grain à moudre aux politiciens slovaques, qui n’ont pas manqué de dramatiser la portée de ces lois, dans le but de raviver la « bonne vieille peur du Hongrois » et s’ériger en défenseur de la nation slovaque menacée. Les analystes politiques s’attendent donc à ce que les nationalistes slovaques capitalisent sur cette peur le jour du scrutin. Beaucoup des 500.000 Hongrois vivant dans le sud de la Slovaquie, s’ils sont favorables à cette loi leur octroyant plus facilement la citoyenneté hongroise, ont compris cependant que le timing de Budapest était pour le moins inopportun. Cité par Katerina Zachovalova, une journaliste tchèque indépendante, le maire de la ville slovaque à majorité hongroise de Komarno, Tibor Bastrnak estime que « Après avoir attendu ceci pendant des décennies, nous pouvions encore attendre cinq semaines de plus. Ce n’est pas bon pour nous, les Hongrois qui vivons de ce côté de la frontière, si Slota est au pouvoir. » Jan Slota, le nom est lâché. Il est une sorte de « bouffon-épouvantail » de la politique slovaque, classé à l’extrême-droite, violemment anti-hongrois (parmi d’autres choses), et dont le parti national slovaque SNS participe à la coalition gouvernementale , avec le parti socialiste de Robert Fico. Ce personnage est d’ailleurs à l’origine d’un projet de loi fièrement intitulé « Patriotic Act » qui vise à raviver le patriotisme des jeunes générations. Bien que soutenu par le très versatile Robert Fico – qui opposait la « tradition antifasciste slovaque » au nationalisme hongrois, dans une interview au Figaro le 4 juin -,  ce dernier a estimé qu’il serait plus judicieux d’attendre que les élections soient passées avant de le soumettre au vote du parlement, devant les réactions irritées d’une grande partie de l’opinion publique slovaque. Deux partis pour une communauté hongroise Le « Parti de la coalition hongroise SMK-MKP », qui est le parti historique des Magyars de Slovaquie et Most-Hid, fondé par des renégats du MKP en 2009,  sont ce qu’il convient de désigner des « partis ethniques », au sens où ils représentent l’intérêt des Hongrois, captent l’essentiel de leurs votes et n’attirent pas (ou peu, pour ce qui est de Most-Hid) d’électeurs non-hongrois. A quelques jours du vote, ces deux partis se livrent une bataille serrée pour capter les votes de la minorité hongroise. Tous les deux flirtent dans les sondages avec les 5% d’intentions de vote, le seuil nécessaire pour entrer au parlement slovaque. Il est vraisemblable que l’un d’entre eux atteigne ce seuil, mais aucun analyste politique ne s’est encore risqué à pronostiquer lequel. Une faible participation favoriserait SMK-MKP, tandis qu’une forte participation serait plus favorable à Most-Hid. La récente polémique liée à la loi hongroise sur la double citoyenneté pourrait avantager SMK-MKP, plus radical que Most-Hid. Articles liés : Interview : « Les victimes sont les Hongrois de Slovaquie » – Most-Hid La Slovaquie (contre) attaque ! Double citoyenneté : une loi plébiscitée dans le flou Minorités hongroises : le grand jour ? Vive le «Jour de l’unité nationale» ! Double citoyenneté : le projet avance Les minorités resurgissent comme par magie Les fantasmes magyarophobes de Jan Slota atteignent des sommets

« Un pays extrémiste exportant sa peste brune »

« Un pays extrémiste exportant sa peste brune »

4 juin 2010 à 15 h 47 min 4 commentaires

En ce jour d’anniversaire du traité de Trianon, le premier ministre slovaque Robert Fico a accordé une courte interview au Figaro dans laquelle il dénonce le « révisionnisme » hongrois et revient sur les querelles diplomatiques auxquelles se livrent son pays et la Hongrie, au sujet de la loi sur la double citoyenneté, votée récemment par Budapest. Selon Robert Fico, cette loi s’intègre dans une stratégie globale du gouvernement Fidesz, qui vise à « revenir à la Grande Hongrie d’avant Trianon« . Il réaffirme qu’elle constitue un « risque pour la sécurité de la Slovaquie« . « Imaginez que des milliers de citoyens prennent la nationalité hongroise : les hommes politiques hongrois se comporteraient comme si le sud de la Slovaquie était partie intégrante de leur territoire! Le premier ministre, Viktor Orban, fait comme si la Slovaquie n’existait pas. » Le premier ministre slovaque – favori des élections générales qui se tiendront le 12 juin – oppose l’antifascisme slovaque à l’extrémisme hongrois. « Il existe un conflit de valeurs entre la Slovaquie, aux traditions profondément antifascistes, et ce pays extrémiste qui exporte sa «peste brune». » Il met aussi au défi l’Europe de s’opposer à ce qu’il considère être un « révisionnisme historique« . D’ailleurs, le mouvement Hatvannégy Vármegye Ifjúsági Mozgalom (HVIM) a prévu de manifester aujourd’hui à Versailles, comme il l’avait déjà fait en 2006, devant le palais de Trianon où fut signé le traité du même nom, il y a 90 ans exactement. Peut être est-ce cela « la peste brune » dont parle Fico ? Retrouvez l’article complet sur le site du Figaro Articles liés : Vive le «Jour de l’unité nationale» ! La Slovaquie (contre) attaque ! Double citoyenneté : une loi plébiscitée dans le flou Minorités hongroises : le grand jour ? Double citoyenneté : le projet avance

La Slovaquie (contre) attaque !

La Slovaquie (contre) attaque !

26 mai 2010 à 21 h 07 min 9 commentaires

Chose promise, chose due ! La Slovaquie a amendé à son tour son « code de la nationalité » mercredi, quelques heures seulement après le vote du parlement hongrois en faveur de l’octroi facilité de la citoyenneté hongroise aux Magyars d’outre-frontière. La nouvelle législation slovaque prévoit qu’à partir du 17 juillet, tout citoyen slovaque pourra être déchu de sa citoyenneté à deux conditions : s’il décide d’y renoncer volontairement, ou s’il dépose une demande de citoyenneté auprès d’un autre pays. L’amendement a été approuvé par 90 des 115 députés présents. Ne seront pas concernés les cas où la citoyenneté est acquise par le mariage ou la naissance. « La double citoyenneté est un phénomène indésirable, compte tenu du fait qu’elle engendre un attachement à deux pays simultanément. En raison des droits et des  devoirs que cet attachement implique, des problèmes sérieux peuvent se produire dans la pratique« , a estimé le Premier Ministre Robert Fico, qui redoute que la citoyenneté hongroise soit offerte à grande échelle. L’extrême-droite slovaque se régale Le leader du Parti national slovaque (SNS), Jan Slota, a invité, ni plus ni moins, les Hongrois à quitter le pays par l’élégante formule suivante : « Quiconque ne veut pas vivre en Slovaquie en relations amicales avec la nation majoritaire doit passer de l’autre côté du Danube« . Il a appelé les partis slovaques à ne pas négocier avec les deux partis hongrois (SMK et Most-Hid) « clairement hostiles à la Slovaquie et à la nation slovaque » pour former le gouvernement après les élections du 12 juin. Peu après le vote, la vice-présidente du SNS, Anna Belousovova, a mis en garde les Hongrois de Slovaquie, estimant que les individus déchus de leur citoyenneté slovaque ne rencontrerons pas de problèmes particuliers …dès lors qu’ils n’enfreignent pas les lois slovaques. « Toute personne choisissant volontairement une autre citoyenneté devrait le faire en étant consciente des conséquences :  elle deviendra étrangère en Slovaquie et sera traitée comme une étrangère (y compris par les expulsions) si elle viole la loi« . La minorité hongroise a « bon dos » Effectivement l’enjeu soulevé par la Hongrie est de taille pour ce petit pays car sa minorité hongroise est forte d’un demi-million d’individus qui constituent 10% de la population totale, regroupés le long de la frontière hongroise, dans des régions où paradoxalement ce sont les Slovaques qui se retrouvent en position de minorité. La continuité de peuplement entre les Hongrois de part et d’autre de la frontière est presque parfaite. Cette configuration permet donc d’imaginer une modification du tracé de la frontière pour réunir les Hongrois. Et cela alimente les fantasmes des extrémistes slovaques toujours prompts à entrevoir des projets séparatistes de la part des Hongrois. Quant bien même la Hongrie a officiellement renoncé à sa politique irrédentiste. Il faut dire qu’en Slovaquie, tout comme en Hongrie, la minorité hongroise est un outil politique majeur pour le pouvoir central. En exagérant les conséquences de la loi hongroise, le pouvoir slovaque soude la nation contre un ennemi désigné, la Hongrie. Pour le socialiste Robert Fico en pleine campagne électorale, dénoncer la politique hongroise est, ces jours-ci, un excellent moyen de détourner l’attention de l’opinion publique slovaque du scandale lié aux financements obscurs de son parti. De sombres perspectives Difficile de s’y retrouver dans la tourmente des annonces et de démêler les tenants et les aboutissants de cet imbroglio. Concrètement se posent plusieurs questions : Cette loi slovaque va-t-elle effectivement entrer en application ? Est-elle en accord avec les lois européennes et sinon, peut-elle être invalidée par l’Union européenne ? Si elle entrait en application, quelles seraient les conséquences exactes pour des nationaux Hongrois déchus de leur citoyenneté slovaque ? L’arrivée au pouvoir de la FIDESz ne laissait rien augurer d’autre que des relations diplomatiques difficiles avec les voisins de la Hongrie. Si les élections générales du 12 juin en Slovaquie aboutissent à une nouvelle coalition gouvernementale avec le parti d’extrême-droite de Jan Slota, il faut s’attendre à ce que genre de « numéro » entre Budapest et Bratislava se reproduisent pendant les quatre années à venir. Cela suffira-t-il cependant à détourner l’attention de l’électorat des problèmes cruciaux que sont le chômage et les difficultés économiques en Hongrie et en Slovaquie ? Articles liés : Double citoyenneté : une loi plébiscitée dans le flou Minorités hongroises : le grand jour ? Vive le «Jour de l’unité nationale» ! Double citoyenneté : le projet avance Les minorités resurgissent comme par magie

Minorités hongroises : le grand jour ?

Minorités hongroises : le grand jour ?

26 mai 2010 à 4 h 47 min 5 commentaires

C’est aujourd’hui mercredi que le parlement hongrois doit voter la loi controversée sur la double citoyenneté des Magyars d’outre-frontière. La Slovaquie agite le spectre d’un retour de la « Grande Hongrie » et menace de rétorsions législatives la minorité hongroise implantée dans le sud du pays. Prévenus de l’intention du Parlement hongrois de voter dès mercredi le texte, les députés slovaques se sont réunis mardi en session extraordinaire pour approuver à l’unanimité, à l’exception évidente du parti hongrois SMK, une résolution condamnant le projet de loi hongrois qu’il considèrent être une « atteinte à la sécurité nationale slovaque », selon les mots du premier ministre socialiste, Robert Fico. Le Parlement menace d’amender le « Citizenship Act » afin de déchoir de leur citoyenneté slovaque tous ceux qui se risqueraient à déposer une demande de citoyenneté hongroise. « Cet amendement prévoit en outre qu’à propos de l’occupation d’un poste de la fonction publique en Slovaquie étant lié à la citoyenneté slovaque, par l’acquisition de la citoyenneté hongroise, une personne donnée pourrait perdre automatiquement le droit d’occuper un poste public », a déclaré Robert Fico. Cette tentative un peu « scabreuse » de contrer la Hongrie par la voie législative a cependant peu de chance d’aboutir car elle est hors-la-loi, selon la législation européenne. Ces gesticulations en Slovaquie ne devraient pas avoir beaucoup d’impact sur le vote du jour. Tout d’abord parce que la FIDESz est dans une situation de contrôle « absolu » du pouvoir en Hongrie et parce qu’elle a fait de cette question l’une des promesses les plus symboliques de sa campagne électorale. Elle ne pourrait donc faire machine-arrière sans perdre toute crédibilité. De plus, la proposition de loi qu’elle a déposée est en accord avec la législation européenne. Qualifiant les réactions de Bratislava de « provocations », Viktor Orban avait de toute façon plusieurs fois averti que la législation serait adoptée sans tenir compte de la position slovaque. Les élections slovaques en toile de fond Les réactions en Slovaquie, parfois qualifiées d’« hystériques », sont à envisager selon un autre paramètre : celui des élections générales qui se tiendront le 12 juin. Le premier ministre socialiste sortant Robert Fico (en tête dans les sondages) tient là un levier intéressant pour détourner l’attention de l’électorat des accusations de financements illicites dont son parti fait l’objet. Il n’est donc pas étonnant que la loi hongroise sur la double citoyenneté soit au centre de la campagne électorale slovaque et suscite de telles réactions. Selon l’analyste politique Zoltan Kiszelly, cité par Reuters, « Le conflit est dû à la campagne électorale slovaque. Si le parti de Jan Slota [ndlr : Parti National Slovaque, d’extrême-droite] participe de nouveau à la coalition gouvernementale, il pourrait être de longue durée. Dans le cas contraire, son intensité pourrait redescendre. » Les autorités serbes, quant à elles, ont récemment fait savoir qu’elles n’étaient pas opposées à ce que les 300.000 Hongrois qui peuplent le nord du pays au contact de la frontière hongroise se voient proposer la citoyenneté hongroise. De même pour la Roumanie, avec qui pourtant, les relations par le passé se sont cristallisées sur la question de l’autonomie des Sicules de Transylvanie (un groupe qui revendique son appartenance à la nation hongroise). Il ne faut malheureusement pas y voir un signe de relations plus matures entre ces deux pays et la Hongrie : Belgrade a généreusement offert des passeports aux Serbes de Bosnie et soutient, de façon plus ou moins officielle, l’indépendance de la République serbe de Bosnie, déjà largement autonome. La Roumanie, elle, n’a pas oublié ses revendications territoriales sur la Moldavie, et a aussi déjà octroyé à grande échelle des passeports à une partie de la population moldave d’origine roumaine. Articles liés : Vive le «Jour de l’unité nationale» ! Double citoyenneté : le projet avance Les minorités resurgissent comme par magie « Dialogue de sourds » sur la loi linguistique slovaque Hongrie-Serbie : Quand il n’est plus question de guerre, mais de coopération Le Président hongrois refoulé de Slovaquie La Slovaquie veut faire taire sa minorité hongroise

Double citoyenneté : le projet avance

Double citoyenneté : le projet avance

19 mai 2010 à 15 h 28 min 17 commentaires

Forte de sa majorité des deux-tiers au parlement hongrois, la FIDESz a enfin pu déposer lundi le projet de loi dont elle rêvait depuis de nombreuses années : celle relative à l’octroi de la double citoyenneté aux Magyars d’outre-frontière. La Slovaquie, qui craint que cela conduise à des ingérences dans ses affaires intérieures, entend ne pas se laisser faire. Offrir la citoyenneté hongroise aux Magyars du bassin des Carpates pour réparer l’ « injustice » historique du Traité de Versailles, Viktor Orban en avait fait le fil rouge de son action politique et l’une des grandes priorités de son second mandat de premier ministre. Comme promis, à peine arrivée au pouvoir la FIDESz s’est attaquée à ce chantier. Selon le projet de loi, quiconque pourra déposer, sur une base individuelle, une demande de citoyenneté hongroise, dès lors qu’il est descendant d’un citoyen hongrois, parle le hongrois et possède un casier judiciaire vierge. Ces conditions d’attributions sont contestées par les détracteurs du projet qui estiment que, d’un côté il sera difficile pour les candidats de prouver leur ascendance, et de l’autre, il sera difficile pour l’administration d’évaluer sa véracité. Pour l’extrême-droite Jobbik, la proposition de loi ne va pas assez loin car elle n’inclut pas le droit de vote automatique aux nouveaux citoyens hongrois qui resterait soumis à leur résidence permanente en Hongrie. Selon la FIDESz, la nouvelle législation pourrait être adoptée dès cette année, le jour de la fête nationale du 20 août, le « jour de la Constitution », puis entrer en vigueur au 1er janvier 2011. La riposte slovaque En Transylvanie roumaine et en Voïvodine serbe, qui abritent respectivement 1,5 million et 300.000 individus revendiquant leur appartenance à la nation hongroise, l’initiative du nouveau gouvernement hongrois n’a pas soulevé de frondes comme en Slovaquie avec qui les relations diplomatiques sont exécrables. Dimanche, lors d’un débat sur la télévision nationale slovaque, le premier ministre Robert Fico a estimé que le projet hongrois allait « mettre en danger la Slovaquie et nuire à ses citoyens » d’origine magyare. Son idée pour le contrer ? Amender la législation slovaque afin que toute personne acceptant la citoyenneté d’un Etat tiers soit automatiquement destituée de sa citoyenneté slovaque (hormis les acquisitions par naissance et mariage). De son côté, le chef de la diplomatie slovaque, Miroslav Lajcák, a annoncé que son pays allait demander la supervision du Haut Commissariat aux minorités de l’OSCE. Selon Pál Csáky, leader du parti politique slovaque de la Coalition hongroise, un tel amendement est très improbable car la Constitution slovaque interdit de priver quiconque de sa citoyenneté contre sa volonté, argumentant aussi dans l’édition de dimanche du Népszabadság que cela irait à l’encontre même des lois européennes relatives aux Droits de l’Homme. Tirs croisés dans la presse slovaque Ce n’est pas un hasard si Janos Martonyi, le ministre des affaires étrangères (déjà au même poste lors du premier gouvernement Orban de 1998 à 2002), a choisi de s’exprimer dans le grand quotidien économique slovaque, Hospodárske Noviny. « La loi sur l’octroi de la double nationalité aux Hongrois de souche vivant dans les pays voisins sera une des premières lois adoptées par le nouveau parlement. […] Ces Hongrois recevront la citoyenneté hongroise sur simple demande individuelle. Cependant, cette citoyenneté ne leur donnera pas automatiquement le droit de vote. Pour cela, il faudrait qu’ils soient également résidants« , a déclaré le chef désigné de la diplomatie hongroise. Le vice-Premier ministre slovaque Dusan Caplovic, a rétorqué à Martonyi dans le même journal que « L’engagement du nouveau gouvernement hongrois vis à vis de la double nationalité ne peut signifier une contribution positive à l’amélioration mutuelle de nos relations. […] Si la loi a des effets extraterritoriaux, nous la considérerons comme une ingérence dans nos affaires intérieures« . Le feuilleton continue… Articles liés : Les minorités resurgissent comme par magie Le Président hongrois refoulé de Slovaquie La Slovaquie veut faire taire sa minorité hongroise

« Dialogue de sourds » sur la loi linguistique slovaque

« Dialogue de sourds » sur la loi linguistique slovaque

17 février 2010 à 5 h 00 min 0 commentaire

Le haut-commissaire de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe, chargé des minorités nationales, s’est rendu sans son casque bleu à Bratislava et à Budapest la semaine dernière. Nouvel épisode de la « querelle de termes » entre la Slovaquie et la Hongrie, qui tourne cette fois à l’avantage des Slovaques. Knut Vollebaek a confirmé son diagnostic de septembre, la loi sur la langue d’Etat slovaque reste conforme aux recommandations de l’OSCE. L’entrée en vigueur de cette loi, s’appliquant de facto au demi million de magyarophones habitant le sud de la Slovaquie (10% de la population totale), a amplifié la dégradation, déja ancienne, des relations entre les deux voisins. Effectivement appliquée depuis janvier, elle limite forcément l’utilisation du hongrois dans la vie publique. Mais pour les Slovaques, il s’agit simplement de protéger la langue et les intérêts nationaux lorsque celle-ci doit être parlée ou écrite. Vollebaek campe sur ses positions Après une courte observation de l’application de la loi, Knut Vollebaek est venu rencontrer le ministre des Affaires étrangères hongrois Péter Balazs et le Premier ministre Gordon Bajnai, à Budapest. Il a répété que les amendements de la loi sont conformes aux critères de l’OSCE, donc aux normes internationales. Encore à la décharge des Slovaques, il a invoqué la maladresse dans la formulation du texte, qui prête à confusion et peut ainsi susciter de la méfiance, mais il n’envisage pas de réviser son jugement pour autant. Balázs a toutefois soutenu que cette mesure « bouleverse l’équilibre » entre les Slovaques et la minorité hongroise du sud de la Slovaquie, à laquelle il demande de formuler une législation complète sur les droits des minorités. « Si cette législation existe, alors pourra t-on parler d’égalité juridique et politique », a t-il affirmé. Côté hongrois, les nombreux détracteurs de cette loi font la sourde oreille quant aux problèmes que la tolérance d’une langue locale peut engendrer. Ils accusent les Slovaques d’utiliser l’argument administratif comme prétexte pour opprimer un demi million de Hongrois qu’ils ne peuvent pas supporter. Parmi les exemples les plus dramatiques, ils avancent que la loi prévoit des amendes pour des « délits » tels qu’un épitaphe en langue magyare sculpté sur une pierre tombale, sans traduction slovaque plus visible. La loi leur interdirait également d’annoncer un événement traditionnel ou folklorique uniquement en hongrois. Un thème sensible et électoral La question du statut de la minorité hongroise en Slovaquie – et dans d’autres pays voisins – suscite toujours une vive émotion, souvent utilisée à des fins politiques des deux côtés de la frontière depuis 1921 et l’amenuisement de la Hongrie à un tiers de son territoire. La Hongrie et sa voisine du Nord tiennent toutes deux des élections générales dans les mois à venir, et la question sensible de la minorité ethnique hongroise en Slovaquie fera sans doute plusieurs fois l’aller-retour entre Bratislava et Budapest. Rien de mieux que la méfiance envers son voisin pour créer l’Union sacrée chez soi. La question de la loi linguistique slovaque est sans surprise le point de convergence des grands partis politiques hongrois. La décision du gouvernement Bajnai d’indemniser ceux qui tomberont sous le coup de la justice slovaque pour « magyarophonie », est d’ailleurs la seule qui a fait consensus (chose très rare en Hongrie) depuis sa prise de fonction. A Bratislava lundi, le ministre des Affaires étrangères slovaques, Miroslav Lajcak, a demandé aux autorités hongroises d’agir contre la diffamation, qu’il juge systématique, dont les lois de son pays font l’objet en Hongrie. D’un côté où de l’autre du Danube, cette affaire de langues sert les intérêts électoraux immédiats de la droite conservatrice des deux pays, sortante en Slovaquie, « promise » en Hongrie. Le Premier ministre slovaque Robert Fico a pu récemment se donner des forces en se nourrissant de sa querelle de voisinage publiquement: « nous ne serons pas bousculés par la Hongrie » s’est-il exclamé… en slovaque. En voila, un slogan électoral! la Slovaquie a ses raisons Pour se défendre des accusations d’oppresseur, Bratislava insiste sur le fait que sa législation vise uniquement à protéger la langue slovaque, et n’hésite pas à aller prendre des exemples ailleurs en Europe. En France en 2006, l’entreprise américaine GE Healthcare a reçu une amende de 570.000 euros pour ne pas avoir traduit 58 documents techniques et concernant la sécurité à ses employés français. Le gouvernement slovaque affirme que c’est expressément ce genre de vice de forme, en entreprise ou dans l’administration, que le non usage du slovaque pourrait entraîner. Fico et Bajnai avaient, au moment le plus fort de la crise l’an dernier, conjointement signé un compromis – en grande partie négocié par Vollebaek – où la Slovaquie acceptait d’observer un ensemble de principes sur l’application de sa nouvelle loi. La semaine dernière, le diplomate norvégien de l’OSCE a assuré qu’il suivra la question «jusqu’à ce que l’équilibre entre le renforcement de la langue d’État et la protection des droits des minorités soit atteint. » Les tensions étaient si élevées l’an dernier que l’on se serait cru dans les années 20, non loin du Rhin. En août, le Président hongrois, László Sólyom, s’était vu refoulé à son entrée en Slovaquie. Il ne s’y rendait que pour l’inauguration d’une statue de Szent Istvan au lendemain de la fête nationale hongroise, mais sa visite symbolique avait été perçue comme une provocation à Bratislava. Un tel camouflet diplomatique était encore sans précédent entre les deux États membres de l’UE et de l’espace Schengen, qui garantit théoriquement la libre circulation de tous les citoyens. Articles liés: La Slovaquie n’existe pas chez Easy Jet Bratislava redoute l’arrivée de la FIDESz au pouvoir Les fantasmes magyarophobes de Jan Slota atteignent des sommets Les Slovaques persistent et signent En Slovaquie, le feuilleton magyarophobe continue Bruxelles plutôt favorable aux Hongrois La Hongrie se plaint de la Slovaquie à Washington Le Président hongrois refoulé de Slovaquie La Slovaquie veut faire taire sa minorité hongroise

Bratislava redoute l’arrivée de la FIDESz au pouvoir

Bratislava redoute l’arrivée de la FIDESz au pouvoir

20 janvier 2010 à 13 h 11 min 0 commentaire

Quelques semaines avant les élections législatives hongroises, le pouvoir slovaque prévoit l’aggravement de sa guerre froide avec la Hongrie. Le Premier ministre Robert Fico et le Président Ivan Gasparovic, ont exprimé la semaine dernière leurs préoccupations quant à la forte probabilité de victoire du parti conservateur de droite FIDESz. « La Slovaquie doit bien se préparer pour les élections législatives d’avril prochain en Hongrie qui seront remportées par la Fidesz, parti aligné au grand chauvinisme et au nationalisme hongrois » a déclaré Robert Fico à la télévision slovaque dimanche 10 Janvier. « L’animosité à l’encontre de la Slovaquie sera de plus en plus alimentée et les relations slovaquo-hongroises seront de plus en plus délicates« , a t-il ajouté. Le ridicule ne tue pas De son côté, le leader du Parti national slovaque (PNS), s’est totalement « enflammé » en faisant la démonstration de sa paranoïa, dans une interview avec l’agence de presse SITA lundi 11 janvier. Jan Slota a déclaré qu’il était insensé de croire que la présence des deux pays dans l’OTAN et dans l’Union européenne puisse signifier que la menace à la frontière sud de la Slovaquie n’existe plus. N’ayant pas peur du ridicule, il a même étayé ses croyances: « C’est une grande erreur. Prenez Chypre en exemple: La Turquie et la Grèce, deux membres de l’OTAN, sont pourtant encore en guerre. Chypre a d’ailleurs été divisée en deux. Il nous faut donc nous réveiller et réagir dans l’intérêt de notre défense. » Un citoyen slovaque sur dix est hongrois. Le gouvernement Fico, coalition qui comprend le Parti d’extrême droite de Slota, utilise souvent les rivalités ethniques pour gagner des points dans sa cote de popularité. Cependant, le Président Gasparovic a tout de même reconnu que l’intégration de la Slovaquie dans l’Union européenne a fait ressortir de bonnes relations avec ses voisins dans de nombreux autres domaines. La coopération stratégique économique, du groupe des 4 de Visegrad par exemple, en est la meilleure manifestation. Articles liés: Les fantasmes magyarophobes de Jan Slota atteignent des sommets Une stratégie énergétique régionale pour en finir avec l’Ukraine Les Slovaques persistent et signent Les 4 Visegradi font craquer Sarkozy En Slovaquie, le feuilleton magyarophobe continue Le Président hongrois refoulé de Slovaquie La Slovaquie veut faire taire sa minorité hongroise

Les Slovaques persistent et signent

Les Slovaques persistent et signent

17 décembre 2009 à 17 h 45 min 0 commentaire

Hier, en dépit de tout ce qui avait été officiellement déclaré auparavant, la Slovaquie a validé les grandes lignes de sa loi linguistique, très controversée depuis cet été. Le porte-parole du gouvernement hongrois, Domokos Szollar, est immédiatement monté au créneau, en dénonçant une violation de l’accord convenu entre Fico et Bajnai en septembre dernier.

Slovaquie: Bruxelles plutôt favorable aux Hongrois

Slovaquie: Bruxelles plutôt favorable aux Hongrois

9 septembre 2009 à 11 h 29 min 0 commentaire

Jacques Barrot, commissaire européen en charge de la Justice, a apporté son soutien à la Hongrie dans l’affaire de la loi linguistique slovaque.  La loi, entrée en vigueur depuis le 1er septembre, interdit l’utilisation de la langue hongroise publiquement (administrations et médias). La tension entre les deux pays a escaladé lorsque l’entrée du Président hongrois sur le territoire slovaque a été interdite par les autorités de ce pays le 21 août dernier. Les Premiers Ministres hongrois et slovaque se rencontreront demain, pour tenter de résoudre le conflit qui les oppose. Le Ministre des Affaires étrangères hongrois, Peter Balazs, à l’issue de sa rencontre avec Jacques Barrot à Bruxelles hier, a affirmé que le commissaire européen partageait le point de vue hongrois dans l’affaire sur de nombreux points. Barrot a conseillé au gouvernement hongrois de discuter du problème avec Leonard Orban, commissaire européen chargé du multilinguisme. Peter Balazs a déclaré aux journalistes hongrois présents que son gouvernement n’y manquerait pas. Parmi les autres instances européennes qui s’occupent de l’affaire, l’OSCE, à travers son Haut-Commissaire aux minorités nationales, Knut Vallebaek, avait déclaré la loi conforme. Celui-ci a toutefois rajouté qu’il avait identifié trois problèmes avec cette loi: la langue majoritaire est protégée au dépend d’une langue minoritaire, elle s’implique et empiète trop dans la vie courante, et elle permet d’appliquer des mesures punitives inadéquates. Peter Balazs a déclaré que la Présidence suédoise de l’UE suit de très près l’affaire et fait pression sur les deux pays pour que ce conflit soit résolu. L’Union Européenne n’ayant que très peu de moyens légaux pour résoudre ce problème, c’est bien la Hongrie et la Slovaquie qui devront entre elles, trouver une solution. C’est donc demain, avec la rencontre des PM hongrois et slovaque, Bajnai et Fico, à Szecseny en Hongrie, que pourra s’amorcer la résolution du litige. Est également prévu à la fin du mois, une table ronde avec un représentant des Nations Unies. Articles liés: En Slovaquie, le feuilleton magyarophobe continue La Hongrie se plaint de la loi sur la langue d’Etat slovaque Le Président hongrois refoulé de Slovaquie La Slovaquie veut faire taire « sa » minorité hongroise

En Slovaquie, le feuilleton magyarophobe continue

En Slovaquie, le feuilleton magyarophobe continue

3 septembre 2009 à 12 h 19 min 1 commentaire

Comme prévu, la loi linguistique est entrée en vigueur ce lundi en Slovaquie. C’est l’ambassadeur slovaque à Budapest, Péter Weiss, qui l’a annoncé à MTI le jour même, en ajoutant que son gouvernement avait recu la bénédiction de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE). Le lendemain, une manifestation sans précédent de Hongrois de Slovaquie avait lieu dans l’enceinte d’un stade dans le sud-ouest du pays. Prochain épisode : après le duel des deux Premiers ministre, Gordon Bajnai et Robert Fico, le 10 septembre prochain en Hongrie. L’OSCE valide la loi Entre 520 000 et 600 000 magyarophones vivent aujourd’hui en Slovaquie (10% de la population). Pourtant, bien que cette loi interdise l’usage de la langue hongroise publiquement (administrations et médias slovaques), le Haut-Commissaire aux minorités nationales de l’OSCE, Knut Vollebaek, l’a déclarée conforme. Sa mise en oeuvre se fera néanmoins sous la surveillance d’émissaires de Vollebaek jusqu’à la fin de la semaine. Décrié par le parti de la coalition hongroise (le SMK, 4ème groupe politique slovaque, qui obtient 10% des voix aux élections), fustigé par les représentants politiques hongrois, le texte paraît pourtant valide au regard des critères de l’OSCE. En ce sens, il n’atteindrait pas la communication des citoyens “ordinaires”, du moins dans leur pratiques religieuses, dans le nom de leurs compagnies, de leurs marques ou encore dans leurs publications sur Internet. Il reste que la liberté de langue dans les médias traditionnels n’existe que dans la diffusion de la presse étrangère. Le Parlement Européen, un arbitre sans cartons Via son Président fraîchement élu en juillet dernier, le polonais Jerzy Buzek, l’institution européenne se dit prête à engager un débat triangulaire avec la Slovaquie et la Hongrie. La fonction du Parlement dans cette affaire sera d’observer les éventuels problèmes que la loi pourrait faire resurgir, mais Buzek admet que ses moyens légaux d’intervention sont limités dans un tel cadre. En attendant les prochaines discussions bilatérales du 10 septembre et pour parer aux attaques quant à une quelconque agressivité venant de son pays, Péter Weiss a précisé que l’agenda du texte n’était pas prémédité, puisque sa rédaction avait déja commencé en 2008. Rassurant pour les Hongrois de Slovaquie, il a déclaré que la loi n’avait pas de but pénal. Ses violateurs seraient encouragés à se corriger, et non pas systématiquement amenés à payer une amende. Celle-ci pourrait cependant atteindre 5000 euros pour une publicité en hongrois. Une “bronca” en hongrois Dans le sud magyarophone de la Slovaquie, 7000 à 12000 manifestants  se sont réunis il y a deux jours dans le stade municipal de Dunajska Streda (Dunaszerda en hongrois), pour protester contre la loi linguistique devenue effective. Ce même stade avait déja été le théâtre, en novembre dernier, de violences entre les supporters du club de foot local et ceux du Slovan Bratislava. Cet incident intervenait à l’époque où la fameuse loi était en préparation, et la répression spécialement dirigée contre les Hongrois a beaucoup choqué, que ce soit dans la région ou en Hongrie. Mardi, ce sont surtout des familles qui sont venues au stade. Ce jour férié pour l’anniversaire de la constitution de la Slovaquie indépendante était en effet une bonne occasion pour venir nombreux et démontrer que l’ultra-nationalisme slovaque n’est pas qu’une affaire politique avec levoisin, mais qu’il affecte concrètement toute la minorité. De son côté, le gouvernement slovaque accuse encore la Hongrie d’attiser le grief de “ses” hongrois. Au vu des élections législatives en Slovaquie l’an prochain, l’apprentissage du magyar, déja difficile en soi, ne risque pas de se répandre massivement au nord du Danube. Articles liés : La Hongrie se plaint de la loi sur la langue d’Etat slovaque Le Président hongrois refoulé de Slovaquie La Slovaquie veut faire taire « sa » minorité hongroise

La Hongrie se plaint de la Slovaquie à Washington

1 septembre 2009 à 19 h 24 min 0 commentaire

Ferenc Koszorus, co-président de la Fédération Americano-Hongroise, a annoncé à MTI samedi qu’il avait mis la loi slovaque anti-magyarophones sur la table de certains décideurs de la politique étrangère américaine. Depuis l’escalade des provocations entre la Hongrie et la Slovaquie cet été, la diplomatie magyare tente de tirer toutes les ficelles possibles pour avoir le beau rôle. Mais rien ne dit que le dossier arrivera entre les mains d’Obama. L’Union Européenne s’avoue quelque peu incompétente pour régler ce contentieux éminemment politique entre deux de ses nouveaux membres, et souhaite logiquement que cette querelle soit gérée de façon bilatérale. Pourtant, l’adhésion des deux « ennemis » en 2004 ne s’est pas faite sans savoir que l’animosité entre les deux nations existe depuis bien longtemps. Selon une ancienne croyance européenne, tout devait aller mieux par le fonctionnement-même des institutions supra-nationales. Mais voilà, la mécanique économique de l’UE ne suffit manifestement pas à calmer certaines ardeurs identitaires, surtout en Europe Centrale, ou en Europe de l’Est. La diplomatie hongroise et la tactique du fayotage Suite aux plaintes d’Adam Kosa auprès du Parlement Européen quant à l’attitude du gouvernement slovaque, et après que Péter Balazs, ministre des affaires étrangères hongrois, ait sollicité ses homologues européens sur le sujet lors de l’affaire Solyom, rien n’y fait. Devant l’incapacité de l’Union, la Hongrie tente à nouveau d’utiliser son appareil diplomatique et de donner aux Slovaques des airs d’agresseurs, mais outre-Atlantique cette fois. A Washington, Koszorus a fustigé la politique linguistique slovaque en la qualifiant d’”inacceptable” et de “discriminatoire”. Bien-pensant, il a également insisté sur le fait que la démocratie et le respect des droits de l’Homme et des minorités étaient essentiels pour la sécurité et la stabilité de la région d’Europe Centrale et de l’Est. Le co-président de la Fédération Americano-Hongroise en a profité pour organiser un sommet de la Central East European Coalition (CEEC), réunissant 18 organisations dites “ethniques”, autour de conseillers en politique extérieure proches du Président Obama. Etaient notamment présents : Michael Mc Faul, conseiller spécial d’Obama sur les affaires russes et eurasiennes, ainsi que Anthony Blinken, conseiller du Vice-President Biden à la sécurité nationale. Pour l’heure, on attend des avancées certainement plus concrètes sur l’avenir de la langue hongroise en Slovaquie lors de la rencontre entre les Premiers Ministres hongrois et slovaque, Bajnai et Fico. Ce face à face devrait avoir lieu très prochainement à Budapest. Articles liés : Le Premier Ministre slovaque bientôt reçu en Hongrie Le Président hongrois refoulé de Slovaquie La Slovaquie veut faire taire « sa » minorité hongroise La théorie du complot slovaque  rejeté dans l’affaire des meutres anti-Roms

Le Premier Ministre slovaque bientôt reçu en Hongrie

Le Premier Ministre slovaque bientôt reçu en Hongrie

31 août 2009 à 19 h 29 min 0 commentaire

Le Premier ministre slovaque Robert Fico sera prochainement accueilli en Hongrie par Gordon Bajnai, a annoncé hier le Ministre hongrois des affaires étrangères, Peter Balazs. Cette rencontre au sommet aura pour but de détendre des relations magyaro-slovaques excessivement tendues depuis juillet dernier. Le lieu et la date exacts de l’entrevue entre les deux chefs de gouvernement n’ont pour l’instant pas été déterminés. Mais les sujets de discorde, eux, ne manqueront pas. Bajnai et Fico s’attarderont particulièrement sur la loi linguistique qui, adoptée en juillet par le Parlement de Bratislava, a marqué le début de la « guerre froide » entre les deux pays. La nouvelle législation, qui rentrera en vigueur à partir du 1er septembre, impose notamment l’usage unique du slovaque dans l’ensemble des espaces publics. Le texte s’avère très contraignant pour la minorité hongroise présente en Slovaquie. Le gouvernement hongrois s’est d’ailleurs profondément insurgé contre cette loi. Les deux premiers ministres devraient également longuement s’entretenir sur la très médiatique « Affaire Sólyom ». Le 21 août dernier, le Président hongrois s’était vu interdire l’entrée sur le territoire slovaque alors qu’il devait se rendre à Komarno dans le cadre d’une visite privée. Cette décision, que le gouvernement slovaque a légitimé par des motifs « historiques », a provoqué un nouveau coup de blizzard dans les relations diplomatiques entre les deux pays. Certains excités ont même tenté une attaque aux cocktails molotovs à l’encontre de l’ambassade slovaque dans la nuit du 25 août, mais aucun dommage n’a été constaté. La rencontre entre Bajnai et Fico marquera sans doute un nouveau tournant dans la difficile relation qu’entretiennent les deux nations voisines. A Bruxelles, beaucoup auront les yeux rivés sur la Hongrie le jour de l’entrevue. Les instances européennes espèrent que le conflit se réglera vite de façon bilatérale et que des compromis seront consentis par les deux gouvernements. Dans le cas contraire, l’Union Européenne devra se saisir et régler ces affaires  afin d’éviter un dangereux envenimement des relations diplomatiques en Europe Centrale.  Un envenimement qui serait du plus mauvais effet pour illustrer l’homogénéité politique de l’UE. Articles liés: Le Président hongrois refoulé de Slovaquie La Slovaquie veut faire taire « sa » minorité hongroise

Le Président hongrois refoulé de Slovaquie

Le Président hongrois refoulé de Slovaquie

24 août 2009 à 15 h 47 min 0 commentaire

Le Président de la République de Hongrie László Sólyom s’est vu refuser l’accès au territoire slovaque par les autorités du pays alors qu’il se rendait en visite privée dans la ville de Komarno, vendredi 21 août dernier, en pleine crise diplomatique entre les deux pays. Le fait est inédit entre deux pays membres de l’Union Européenne : suite à un communiqué diplomatique émanant du Premier Ministre slovaque Robert Fico indiquant que le Président hongrois n’était pas le bienvenu en Slovaquie, László Sólyom a du annuler in extremis sa visite dans la ville frontalière slovaque de Komarno. Il devait participer aux côtés des représentants de la communauté hongroise de Slovaquie à l’inauguration d’une statue de Saint-Etienne (Szent István),  premier roi apostolique de Hongrie. Transmis le jour même, le communiqué stipulait qu’en cas d’entrée sur le territoire slovaque, M. Solyom « ignorerait le droit international. Cela dénoterait une arrogance brutale, et surtout un manque de respect pour la République slovaque ». « Il n’est pas bienvenu en Slovaquie », avaient réagi deux jours plus tôt à l’annonce de la visite présidentielle les trois plus hauts personnages de l’Etat – le Président, le Premier Ministre et le Président du Parlement – qui ont justifié leur refus en prétextant une menace pour la sécurité du pays. D’importants effectifs de police avaient d’ailleurs été déployés côté slovaque. Le premier ministre slovaque Robert Fico a aussi expliqué sa décision en invoquant une raison de calendrier : le 21 août correspond à l’anniversaire de l’invasion de la Tchécoslovaquie en 1968 par les troupes du Pacte de Varsovie, dont la Hongrie était l’un des membres. « La visite doit avoir lieu le jour où il y a 41 ans, les troupes hongroises sont aussi entrées sur le territoire de la Tchécoslovaquie d’alors, afin d’y arrêter le processus de démocratisation », a-t-il argumenté. Bien que Robert Fico ait précisé que le Président hongrois ne serait pas stoppé physiquement à la frontière, László Sólyom à préféré ne pas pénétrer sur le territoire de la Slovaquie. Dans une conférence de presse tenue symboliquement au milieu du pont sur le Danube qui relie les deux pays,  le Président hongrois a condamné « une situation sans précédent, inexcusable et inexplicable dans les relations entre deux pays alliés ». D’autant que les deux territoires appartiennent désormais à l’espace Schengen, qui prévoit la libre circulation de tous les ressortissants des pays de l’UE qui en sont membres. Considérant que cette provocation ne peut rester sans réponse, il a ajouté que la diplomatie hongroise allait peser de tout son poids pour porter l’affaire au niveau international. Du côté de Budapest aujourd’hui même, le Ministre des Affaires Etrangères, Péter Balazs, a annoncé en avoir déja référé à ses homologues européens, et souhaite régler le problème au Parlement à Strasbourg. L’ambassadeur slovaque, Peter Weiss, préconisait le contraire hier sur la chaîne privée TV2. Selon lui, la Hongrie, maligne, ne devrait pas jouer à ce petit jeu au niveau européen, mais bien en défaire face-à-face, de façon bilatérale dans un langage politiquement correct, avec son voisin Slovaque. Cet incident intervient en pleine crise diplomatique entre les deux voisins depuis l’adoption par le Parlement slovaque d’une loi linguistique qui doit entrer en vigueur ce 1er septembre et qui, selon Budapest,  bafoue les droits de la minorité hongroise. Les deux pays entretiennent des relations exécrables depuis l’entrée au gouvernement slovaque du parti nationaliste et xénophobe de Jan Slota, Slovenská národná strana (SNS). Ce parti est violemment hostile à la minorité magyare qui compte plus d’un demi-million d’individus, soit 10% de la population totale du pays, établis dans le Sud au contact de la frontière hongroise. Article lié : La Slovaquie veut faire taire « sa » minorité hongroise Voir reportage France 24

La Slovaquie veut faire taire "sa" minorité hongroise

La Slovaquie veut faire taire "sa" minorité hongroise

28 juillet 2009 à 19 h 06 min 3 commentaires

Il serait bon que les Hongrois et les autres minorités de Slovaquie renoncent à leurs projets estivaux et mettent à profit le mois d’août pour régler leurs éventuels problèmes administratifs, car à partir du 1er septembre, ils n’auront plus le droit de s’exprimer dans leur langue maternelle, ni dans l’administration, ni dans les médias. Fini les « Jó napot kivanok » et les « Bocsánat, nem értem ». Les quelques 600.000 Magyarophones du Sud du pays (10% de la population totale) devront désormais se fendre de  » Dobrý den  » et de « prepácte mi, nerozumiem  » , sous peine d’une amende pouvant aller jusqu‘à 5000 euros! La simple mention d’un nom de localité en langue minoritaire sera aussi passible d’amende. Une façon, pas très élégante, pour le pouvoir slovaque de rappeler à ces « dangereux séparatistes” qu’ils ne font plus la loi comme aux temps de la Grande Hongrie et qu’ils ne sont plus chez eux. C’est à peu près le message qu’avait adressé Nicolae Ceausescu aux Hongrois de Roumanie dans les années 1980… Les autorités hongroises ont choisi la voie diplomatique pour répondre à cette provocation. C’est l’eurodéputé du FIDESz Adam Kosa (voir l’article sur Adam Kosa, « l’euro buzz » du Fidesz ) qui a lancé la contre-attaque lors de la session inaugurale du Parlement européen en appelant ses collègues à prendre position sur cette loi qu’il juge discriminatoire et non-conforme aux principes de l’Union européenne. « Nous sommes les témoins d’une chasse aux sorcières institutionnalisée dirigée contre la minorité hongroise en Slovaquie » a pour sa part commenté Lukács Csaba du grand quotidien hongrois de droite Magyar Nemzet. « Le temps du royaume de Hongrie est terminé! » Robert Fico « Le temps du royaume de Hongrie est terminé et la Slovaquie ne se laissera pas dicter sa conduite par Budapest » a déclaré le Premier Ministre slovaque, Robert Fico, irrité par la contre-offensive diplomatique de Budapest. Pourtant la loi ne fait pas non plus l’unanimité côté slovaque. Le quotidien progressiste Sme a estimé que « La loi va à l’encontre du bon sens. Exiger que les membres de la minorité parlent slovaque entre eux est absurde ». Un avis que partage bien évidemment Pal Csaky, du Parti de la coalition hongroise, qui estime que «Même sous la monarchie autrichienne, on n’avait pas une loi pareille. Elle est l’expression d’une mauvaise volonté et d’un impérialisme linguistique». Son parti compte faire appel à la Cour constitutionnelle slovaque et au Conseil de l’Europe. De part et d’autre de la frontière, les nationalistes s’attisent : quand les uns coupent les oignons, les autres pleurent. Côté slovaque, la percée de l’extrême-droite hongroise pourrait redonner de l’élan à Ján Slota, le leader du Parti National Slovaque (PNS), un parti d’extrême-droite membre de la coalition gouvernementale, tandis que la nouvelle législation slovaque est du pain bénit pour la frange nationaliste hongroise qui a l’habitude de « faire son beurre » sur ce type de provocations. A cette différence près qui est fondamentale : du côté slovaque, les provocations ne sont pas le fait d’une frange radicale de la population emmenée par un parti minoritaire, comme c’est le cas en Hongrie. Non, chez les slovaques, ce type de comportement, xénophobe et ethnocentriste, est porté par le plus haut niveau de l’Etat. Ján Slota s’est notamment distingué à de multiples reprises pour ses diatribes anti-Roms et anti-Hongroises. Pour lui, les Hongrois de Slovaquie sont un « cancer sur le corps de la nation slovaque ». Sa solution ? « Envoyer des blindés sur Budapest » (Sic!). Des réflexions qu’il a partagé publiquement au cours de la campagne électorale qui a porté son parti au gouvernement… Je te déteste un peu, beaucoup, passionnément,… Les relations entre les deux pays sont détestables depuis…toujours en fait. Depuis qu’ils sont tous les deux des Etats-nation souverains, c’est à dire (grosso modo) depuis le début des années 1990. C’est la gestion des eaux du Danube (toujours irrésolue) qui a d’abord empoisonné les rapports entre Hongrois et Slovaques, puis s’est imposée la question jusque là occultée par le pouvoir communiste de l’intervention de Budapest en faveur de ses minorités. Depuis l’entrée, en 2006, des nationalistes de Ján Slota au gouvernement slovaque, les relations entre les deux voisins sont devenues absolument excécrables. Les tensions ne risquent pas de diminuer avec la prise de pouvoir probable en 2010 du leader du FIDESz, Viktor Orbán, qui se devra de flatter la frange nationaliste de son électorat pour qui la question du soutien aux minorités hongroises est primordiale. Il estime d’ailleurs que la coalition sociale-libérale au pouvoir a « […] affaiblit la Hongrie en la détournant des Hongrois vivant de l’autre côté de la frontière », et il a d’ores et déjà annoncé qu’il soutiendrait les volontés d’autonomie des Hongrois d’outre-frontière. Un sujet extrêmement sensible du côté de Pozsony… « oups », devrait-on dire Bratislava?