Mots-clés associés : "loi sur les médias"

Interview : « Cela dépendra aussi du courage des journalistes »

Interview : « Cela dépendra aussi du courage des journalistes »

3 mai 2011 à 9 h 00 min 2 commentaires

Péter Magyar, journaliste hongrois, correspondant de l’agence de presse italienne ANSA, nous a accordé un entretien dans lequel il revient sur la vaste réforme des médias entrée en vigueur le 1er janvier. M. Magyar a aussi travaillé comme journaliste à l’agence de presse hongroise MTI, de 1970 à 1993, puis à l’hebdomadaire HVG.

Viktor Orban "fraîchement" accueilli au parlement européen le 19 janvier

Vers un nouveau clash entre la Hongrie et l’UE ?

21 avril 2011 à 21 h 34 min 3 commentaires

L’adoption de la nouvelle Constitution pourrait-elle déclencher un scandale européen comme ce fut le cas avec la loi sur les médias ? C’est fort possible…mais cela n’aura sans doute pas d’effets.

Le 15 mars à Budapest, Erzsébet Hid (Hu-lala)

Manifestation gigantesque de l’opposition pour dénoncer la loi sur les médias

16 mars 2011 à 8 h 00 min 6 commentaires

La fête nationale du 15 mars a été marquée par une manifestation « monstre » qui a rassemblé de vingt à trente mille personnes de l’opposition de gauche au gouvernement de Viktor Orban – selon des chiffres de la police -, pour réclamer le retrait de la loi sur les médias et critiquer la politique gouvernementale.

Manifestation contre la loi sur les médias, Budapest, le 14 janvier (HU-lala)

Médias : la Hongrie ne s’en tirera pas à si bon compte

11 mars 2011 à 8 h 57 min 2 commentaires

S’il avait cru endormir l’Union européenne avec les quelques modifications d’ordre cosmétique adoptées lundi par le parlement hongrois, le gouvernement de Viktor Orban s’est lourdement trompé. Hier, les eurodéputés ont réclamé une suspension puis une révision plus profonde de la loi hongroise sur les médias.

Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne

« Ce n’est pas du féminisme, c’est de l’économie »

9 mars 2011 à 15 h 36 min 1 commentaire

Le billet de Cécile Vrain, journaliste et docteur en Histoire des Relations Internationales de l’Université de Paris 1, spécialiste de la Hongrie. Ecoutez la version audio de la chronique La montagne vient d’accoucher d’une souris en présence du chat. En effet, mardi 7 mars au soir, les parlementaires hongrois ont adopté les amendements qui leur avaient été proposés par leur gouvernement concernant la fameuse loi controversée sur les médias. Ces amendements ont été présentés par Victor Orban comme de simples «éclaircissements» de la loi adoptée fin décembre, permettant à chacun de s’en tirer à bon compte. Ainsi, de son côté, le chef du gouvernement ne perd pas la face vis-à-vis des Hongrois qui ont l’impression de résister à l’influence européenne et d’être gouverné par un homme fort et d’un autre côté, Neelie Kroes, la commissaire à la Stratégie numérique, présente à Budapest à cette occasion, invitée à admirer la machine démocratique a pu affirmer haut et fort que ses directives avaient été suivies. Tout va donc bien dans le meilleur des mondes. Il y aura bien sûr des grincheux pour pointer du doigt que le satisfecit adressé par la Commission semble prématuré et que les principaux problèmes de cette loi ne sont pas réglés. Chacun est dans son rôle. Le 100e anniversaire de la journée de la femme Présente à Budapest, Neelie Kroes, en a profité le lendemain pour fêter le100e anniversaire de la journée de la femme sur les bords du Danube. Responsable européenne en charge de la société numérique oblige, elle a présenté un tableau sombre de l’absence des femmes dans le milieu des NTIC. On pourrait croire que le sujet n’est pas fondamental, mais il est particulièrement à la mode en ce moment à Bruxelles. En effet, de son côté Viviane Reding a chanté le même refrain sur la place des femmes dans le management des grandes entreprises. Sans grand résultat d’ailleurs, puisque lundi, contrairement à ce que la commissaire européenne en charge de la Justice, des Droits fondamentaux et de la Citoyenneté avait clamé une semaine plus tôt dans les médias, les ministres européens en charge de l’Emploi et des Affaires sociales ont refusé d’imposer des quotas à l’échelle de l’UE, approuvant seulement un nouveau pacte pour l’égalité des sexes pour accroître la présence des femmes dans les organes de prise de décision. Et de se demander à quoi on s’engage vraiment à travers un nouveau pacte ? Parce que pour l’instant, nous ne sommes pas impressionnées par les avancées sur cette question de l’égalité des hommes et des femmes dans le monde du travail et plus particulièrement en ce qui concerne le salaire. Rappelons que ce principe de l’égalité salariale entre les hommes et les femmes est inscrit dans les traités de Rome depuis 1957. Pourtant depuis rien ou du moins pas grand chose. Ainsi en 2008, le Parlement européen a adopté une résolution invitant la Commission à proposer des mesures législatives visant à appliquer concrètement ce principe, et ce avant la fin de l’année 2009. Mais depuis, silence complet de la part de la Commission européenne. Si quand même quelque chose, j’allais l’oublier. Le saviez-vous, mais le 5 mars dernier, nous avons fêtez la première journée européenne de l’égalité salariale. Le moins que l’on puisse dire c’est que cela n’a pas fait la une des journaux ! Rappelons pour informations qu’avec un écart de salaire moyen de 17,5% pour un travail équivalent (allant de 4,9% en Italie, à 30,9% en Estonie, en passant par 17,1% en France), les femmes sont encore trop souvent sous-rémunérées par rapport aux hommes. A titre d’illustration, cet écart de salaire signifie que, pour un travail équivalent, une femme devrait travailler 40 heures pour gagner la même chose qu’un homme travaillant 33 heures… Il est grand temps que la Commission et avec elle, toutes les instances européennes passent du discours à l’action. Car l’impression donnée est qu’une déclaration en chasse une autre et qu’au bout du compte rien n’est fait, ou trop peu au risque de lasser ceux qui y croient encore. Chroniques précédentes: Chronique du 28 février 2011 : Défense européenne, de Tripoli à Gödöllö en passant par l’OTAN Chronique du 23 février 2011 :  « pooling and sharing », ce n’est pas pour demain Chronique du 17 février 2011 : le groupe de Visegrad fête ses 20 ans Chronique du 9 février 2011 : Orbán a sa pub dans Paris Match Chronique du 4 février 2011 : VRP hongrois Chronique du 20 janvier 2011 : L’ethnocentrisme hongrois au Parlement européen Chronique du 14 janvier 2011 : Tel est pris qui croyait prendre Chronique du 6 janvier 2011 : Comedia dell’arte Chronique du 31 décembre 2010 : Le sacre de Viktor Orban

Chronique : Orbán a sa pub dans Paris Match

Chronique : Orbán a sa pub dans Paris Match

9 février 2011 à 6 h 46 min 1 commentaire

Le billet de Cécile Vrain, journaliste et docteur en Histoire des Relations Internationales de l’Université de Paris 1, spécialiste de la Hongrie. Ecoutez la version audio de la chronique La loi sur les médias en Hongrie aura eu au moins un mérite, celui de faire connaître Viktor Orbán. Aujourd’hui, il faut vraiment le vouloir pour ne pas savoir qui est le Premier ministre de Hongrie. La « Une » du dernier Paris-Match, bien que principalement consacrée aux événements en Egypte, offre un portrait-rencontre avec le chef du gouvernement hongrois. En effet, l’immortel Jean-Christophe Rufin, démissionnaire du pas si confortable fauteuil d’ambassadeur au Sénégal, «parcourra le monde pour raconter à Match [et on espère aussi aux lecteurs !] l’histoire au présent», nouvelle rubrique qui manifestement est inaugurée avec le portrait de Viktor Orbán. Quel honneur ! Car l’on peut être sûr que sans le couac de cette affaire des médias – le Premier ministre hongrois aurait bien aimé qu’elle reste «interne» au pays – nul ne se serait souvenu de la présidence magyare. L’actualité européenne n’intéresse en général que peu les médias nationaux de quelques pays que ce soit et ce n’est certainement pas les réalisations que la Hongrie pourra faire au sein du Conseil de l’Union européenne qui aurait modifié cet état de fait. Mais comme quoi, bonne ou mauvaise, toute publicité est bonne à prendre. Bien sûr, l’on ne croit absolument pas Viktor Orbán lorsqu’il confie à Rufin «qu’il pensait que ce serait pire» parlant de la session du 19 janvier dernier devant le parlement européen. Personne ne supposera que le vote et l’application de la loi sur les médias en Hongrie coïncidant avec le début de la présidence du Conseil de l’Union européenne fut programmé, calculé. Les risques étaient bien trop grands. Mais puisque l’affaire est faite, inutile de se lamenter. Au Premier ministre hongrois de savoir comment tourner la situation à son avantage. Et ma foi, il semble bien se débrouiller. Bien qu’intitulé «L’homme qui fait peur à l’Europe», Rufin conclut dans son article, qu’Orbán n’est pas un dictateur – quelle découverte ! – et qu’il ne faut pas perdre de temps à se poser la question. L’image donnée par l’article est loin d’être négative et c’est manifestement un bon coup de pub. Tout cela pour ça ! D’autant plus que tout semble rentrer dans l’ordre, du moins serions nous tentés de le croire. Alors que la commission européenne avait laissé deux semaines, une seule a suffit à la Hongrie pour répondre à Neelie Kroes, la commissaire chargée du dossier. Donc tout va bien ? Dans les faits, oui. Le scénario s’est déroulé normalement : critiques de la Commission et contestations des critiques par la Hongrie. Lundi 7 février, la Hongrie a donné de manifestes signes d’ouverture pour amender sa loi sur les médias et doit faire parvenir dans les jours qui viennent un projet de modification de la dite loi. L’affaire serait-elle enfin terminée ? Viktor Orbán, le «mâle dominant» aurait-il accepté sa défaite face à l’Union européenne ? Pas si sûr. Encore une fois, l’homme a su tirer son épingle du jeu, et surtout, si concessions il y a, elles ne seront que techniques et juridiques et pour l’heure en aucun cas politiques ni idéologiques. Viktor Orbán n’est ni européen ni eurosceptique. Il est le Premier ministre de la Hongrie et persuadé de savoir ce qui est bon pour elle. Lire le portrait d’Orban par Jean-christophe Rufin dans Paris-Match Articles lié : Orbán reçoit une volée de bois vert au Parlement européen Biographie : La revanche de Viktor Chroniques précédentes : Chronique du 4 février 2011 : VRP hongrois Chronique du 20 janvier 2011 : L’ethnocentrisme hongrois au Parlement européen Chronique du 14 janvier 2011 : Tel est pris qui croyait prendre Chronique du 6 janvier 2011 : Comedia dell’arte Chronique du 31 décembre 2010 : Le sacre de Viktor Orban

Budapest Vs UE : l’heure est à la détente

Budapest Vs UE : l’heure est à la détente

1 février 2011 à 22 h 57 min 2 commentaires

La frénésie européenne provoquée par la loi hongroise sur les médias est retombée et un dialogue plus apaisé s’est instauré entre le gouvernement hongrois et la Commission européenne, pour étudier la conformité de la nouvelle législation avec les normes de l’Union.

Médias : La Hongrie a répondu à la Commission européenne

31 janvier 2011 à 13 h 19 min 0 commentaire

Le gouvernement hongrois a envoyé lundi une réponse à la lettre de Neelie Kroes, commissaire européenne chargée des médias, dans laquelle elle demandait à Budapest de lever les « doutes sérieux » de la Commission concernant sa loi sur les médias, a déclaré le secrétaire d’Etat à la communication gouvernementale Zoltan Kovács, ce lundi matin sur la radio nationale MR1-Kossuth. Le gouvernement n’a pas encore officiellement révélé le contenu de sa lettre. La Commission européenne avait adressée une lettre vendredi 21 janvier au gouvernement hongrois, mentionnant que « La Commission européenne a des doutes sérieux quant à la conformité de la législation hongroise avec le Droit communautaire ». La Commission avait donné deux semaines à la Hongrie pour s’engager à clarifier son texte, menaçant, dans le cas contraire, d’ouvrir une procédure d’infraction au traité de l’UE ainsi qu’à sa charte des droits fondamentaux. Consultez ici la lettre de Neelie Kroes Articles liés : Médias : l’Europe adresse un ultimatum à Budapest Orbán reçoit une volée de bois vert au Parlement européen Edito : L’ethnocentrisme hongrois au Parlement européen L’Europe peut-elle faire plier Orban « le tout-puissant » ? Edito : Comedia dell’arte

Kossuth tér, le 27 janvier (HU-LALA)

Mobilisation en baisse contre la loi sur les médias

28 janvier 2011 à 0 h 06 min 7 commentaires

Jeudi soir, quelques 3.000 opposants à la loi sur les médias se sont rassemblés devant le parlement hongrois pour exiger du gouvernement qu’il modifie son texte.

Loi sur les médias : bonne nouvelle pour HU-LALA !

Loi sur les médias : bonne nouvelle pour HU-LALA !

26 janvier 2011 à 11 h 48 min 8 commentaires

Après avoir sollicité la NMHH, l’autorité de supervision de l’ensemble des médias hongrois, afin de s’informer des droits et devoirs de notre média vis-à-vis de la nouvelle loi d’encadrement du secteur médiatique en Hongrie, la réponse est tombée aujourd’hui : Le site d’informations HU-LALA n’est pas concerné par la législation en vigueur depuis le 1er janvier. Pas de démagogie cependant : ce n’est évidemment pas une réelle surprise. Mais par les temps qui courent, on n’est jamais trop prudent et mieux valait écarter toute incertitude vis-à-vis d’une loi dont le gouvernement lui-même peine à éclaircir les zones d’ombre et les points litigieux. Pour preuve : E-mail de la NMHH adressé à Hu-lala

Médias : l’Europe adresse un ultimatum à Budapest

Médias : l’Europe adresse un ultimatum à Budapest

25 janvier 2011 à 8 h 17 min 1 commentaire

La Commission européenne a adressée une lettre vendredi dernier au gouvernement hongrois, dans laquelle elle lui fait part de « doutes sérieux » quant à la conformité de sa loi sur les médias avec les normes européennes. Elle lui donne deux semaines pour s’engager à la modifier, sans quoi elle se réserve le droit d’ouvrir une procédure d’infraction au traité de l’UE ainsi qu’à sa charte des droits fondamentaux. « La Commission européenne a des doutes sérieux quant à la conformité de la législation hongroise avec le Droit communautaire », peut-on lire dans cette lettre, signée par la commissaire européenne en charge de la société numérique, Neelie Kroes, Outre les critiques essentiellement techniques adressées jusqu’alors, l’Union européenne va maintenant plus loin en émettant des « doutes » sur une éventuelle atteinte à la liberté d’expression inscrite dans la charte des droits fondamentaux en ce qui concerne l’obligation d’enregistrement de tous les médias, y compris numériques. La Commission estime que l’obligation d’enregistrement auprès de l’autorité des médias (NMHH) s’appliquant à tous les types de médias « pourrait constituer une restriction disproportionnée à la liberté d’établissement et de prestation de services », et créerait « une restriction injustifiée aux droits fondamentaux de liberté d’expression et d’information« . Dans cette lettre, la Commission émet aussi des doutes quant à l’obligation de fournir « une information équilibrée » pour les médias audiovisuels, y compris numériques. Selon elle, cette obligation définie en des « termes généraux laisse beaucoup de place à l’interprétation« . A ce jour, le gouvernement hongrois s’est bien gardé de divulguer les reproches exprimés dans cette lettre, sur laquelle a réussi à mettre la main l’AFP. Questionné sur ce point par MTI lundi, le secrétaire d’État à la communication, Zoltan Kovacs, a fait savoir que cette lettre serait rendue publique en même temps que la réponse du gouvernement hongrois. Consultez ici la lettre de Neelie Kroes Articles liés : Orbán reçoit une volée de bois vert au Parlement européen Edito : L’ethnocentrisme hongrois au Parlement européen L’Europe peut-elle faire plier Orban « le tout-puissant » ? Edito : Comedia dell’arte

Chronique : L’ethnocentrisme hongrois au Parlement européen

Chronique : L’ethnocentrisme hongrois au Parlement européen

20 janvier 2011 à 16 h 08 min 4 commentaires

Le billet de Cécile Vrain, journaliste et docteur en Histoire des Relations Internationales de l’Université de Paris 1, spécialiste de la Hongrie. Ecoutez la version audio de la chronique Hier Viktor Orban a passé un mauvais moment devant les parlementaires européens à Strasbourg, prêts à en découdre avec le nouveau «Chavez». Il est manifeste que le Premier ministre hongrois n’a pas l’habitude qu’on le chahute. Crispé, tendu, il a néanmoins tenu le coup. L’homme n’est pas du genre à se laisser démonter, bien trop sûr de lui. En fait, dans cette séance, ce qu’il y a de plus intéressant, me semble-t-il, est l’intervention du député européen du parti « Europe Ecologie », le trop connu Daniel Cohn-Bendit. Dois-je m’inquiéter d’avoir trouvé son intervention intéressante ? Étaient-ce les réponses appropriées aux bouleversements politiques, économiques et sociaux qu’aimeraient mettre en place le Fidesz ? Je n’en suis même pas sure, mais ce dont je suis convaincue c’est que de temps en temps, rappeler l’évidence, même au travers de phrases éculées, trop souvent entendues, avec un côté théâtral comme pratiquement seul Cohn-Bendit sait encore le faire de nos jours, cela ne peut faire de mal. Je ne suis pas sure, c’est vrai de l’efficacité, mais de temps en temps, il semble nécessaire de rappeler des évidences. Orban fait l’impasse sur la Tunisie On peut juste regretter que les grandes envolées de Cohn-Bendit ne ratissent pas plus larges. Dans ce cas précis, concernant la liberté de la presse, cela aurait été une bonne occasion de remettre en question ce qui se passe dans d’autres pays de l’Union européenne, donnant ainsi peut-être moins l’impression de tomber uniquement sur le dos de la Hongrie. L’intervention  y aurait gagné en qualité me semble-t-il. L’autre point sur lequel je rejoins Daniel Cohn-Bendit, c’est sa conclusion et l’indifférence manifestée par le chef du gouvernement hongrois quant aux événements tunisiens. Deux choses. Tout d’abord, l’Afrique en général et la Tunisie en particulier restent des thèmes très inexplorés en Hongrie, que ce soit dans la presse ou au sein des instances politiques. En Europe centrale, en Hongrie, l’Afrique, connaît pas ! Toujours est-il que Viktor Orban et surtout ses fameux conseillers en communication – qui semblent vraiment incompétents – ont manqué une merveilleuse occasion de se bien faire voir auprès des parlementaires européens. Une pensée pour le martyre et le courage des Tunisiens n’aurait pas coûté cher et aurait certainement rapporté quelques sympathies dans les rangs. Enfin, faire un parallèle entre ce qu’il s’est passé il y a une vingtaine d’années dans les pays d’Europe centrale et orientale et entre ce qui est en train de se dérouler en Tunisie et dans le Maghreb semble pertinent et envisageable, même si aujourd’hui nul ne peut prédire l’avenir. Encore une fois, qui mieux que Viktor Orban, ancien jeune opposant au pouvoir communiste aurait pu établir cette comparaison et espérer en un meilleur avenir pour les Tunisiens ? De deux choses l’une, soit la Hongrie et son chef de gouvernement manquent encore d’expérience en politique internationale, ce qui semble manifeste (Cf. les réponses apportées par le ministre hongrois des Affaires étrangères lors de son passage à Paris le 10 janvier dernier sur le Moyen-Orient et le Maghreb). A un journaliste marocain qui l’interrogeait sur la position hongroise  concernant ces sujets, Janos Martonyi a répondu «Tout cela est du ressort de l’Union européenne». Ce n’est pas faux, mais pas si simple que cela, ou plus exactement comment dissimuler son incompétence et son indifférence sous le couvert d’une autre autorité. Soit et l’un n’empêche pas l’autre, le tempérament manifestement machiavélique de Viktor Orban l’empêche tout simplement de se mettre à la place de l’autre, d’éprouver de l’empathie pour l’autre. Il a su prendre le pouvoir, mettre en place une stratégie de bataille en s’appuyant sur une rhétorique construite, mais après ? Plus rien. Comme de nombreux hommes politiques, cet homme sait se battre pour arriver au pouvoir. Il sait ce qu’il veut, mais une fois qu’il y est, la nécessaire relation qu’il doit établir entre lui et non plus seulement ses partisans mais avec tous les citoyens reste lettre morte. Il ne sait pas comment faire, pense-t-il seulement à le faire ? Articles liés : Orbán reçoit une volée de bois vert au Parlement européen L’Europe peut-elle faire plier Orban « le tout-puissant » ? Chronique du 14 janvier 2011 : Tel est pris qui croyait prendre Chronique du 6 janvier 2011 : Comedia dell’arte Chronique du 31 décembre 2010 : Le sacre de Viktor Orban

Non, ce ne sont pas des zombies !

Non, ce ne sont pas des zombies !

16 janvier 2011 à 22 h 29 min 1 commentaire

Environ 10.000 manifestants (selon les chiffres de la police) se sont rassemblés vendredi soir devant le parlement à Budapest pour réclamer une modification des lois sur les médias. « Nous ne sommes pas des zombies ! » s’est esclaffé le speaker de la soirée, Tibor Bakáts, repris par une foule compacte et très hétérogène. L’actrice Dorka Gryllus a lu la pétition dans laquelle les manifestants présents sur place ainsi que les plus de 70.000 personnes du groupe Facebook  « Egymillióan a magyar sajtószabadságért » exigent du gouvernement qu’il modifie la loi sur les médias afin qu’elle assure l’indépendance politique de l’autorité des médias mise en place (la NMHH) et la suppression des amendes « disproportionnées et arbitraires ». Le rappeur MC Busa a chauffé la foule pour les jeunes, puis Janos Brody, du groupe mythique des années 1960-70, Illés, a fait chanter les moins jeunes l’un de ses plus grands tubes « Sárga rózsa ». C’est au plus large mouvement d’opposition depuis le retour au pouvoir de la Fidesz de Viktor Orban que l’on a assisté vendredi soir. Une nouvelle manifestation avec le même objectif est prévue le 27 janvier. Page Facebook « Tüntetés a magyar sajtószabadságért » Page Facebook “Egymillióan a magyar sajtószabadságért” Site officiel : Egymillióan a magyar sajtószabadságért Articles liés : Jour de mobilisation pour « la liberté de la presse hongroise » Manifestation de soutien aux journalistes de la radio nationale hongroise Adoption de la loi sur les médias : « cause toujours… » La gauche se rebiffe en «Orbanie» ! L’Europe peut-elle faire plier Orbán le «tout-puissant» ? Edito : Comedia dell’arte

Médias : Orbán prêt à en découdre avec ses détracteurs

Médias : Orbán prêt à en découdre avec ses détracteurs

16 janvier 2011 à 21 h 49 min 1 commentaire

Ceux qui ont cru qu’il serait facile de faire reculer le gouvernement hongrois sur sa loi sur les médias se sont lourdement trompés ! Dans une interview à paraître lundi dans le quotidien allemand Bild, le premier ministre a clairement affirmé qu’il n était pas prêt à se laisser dicter sa politique intérieure.

La « dérive » autoritaire de la Hongrie traitée en direct sur RFI

La « dérive » autoritaire de la Hongrie traitée en direct sur RFI

15 janvier 2011 à 16 h 00 min 10 commentaires

Dimanche 16 janvier 2011, en direct de 11h33 à 11h59, puis rediffusée de 20h33 à 20h59, la seconde partie de l’émission Carrefour de l’Europe sur Radio France Internationale sera dédiée à la Hongrie et à sa « dérive autoritaire » actuelle. Animé par Daniel Desesquelle, le débat réunira Zita Gurmai, eurodéputée socialiste hongroise (du principal parti d’opposition, MSzP), en ligne depuis le Parlement européen à Bruxelles, Pocs Balazs, journaliste, responsable de la rubrique européenne du quotidien « Népszabadsag » , en ligne depuis Budapest, et Palko Karasz, étudiant en journalisme à Sciences Po Paris. L’accroche de Daniel Desesquelle, journaliste à RFI : « La Hongrie entame la présidence tournante de l’Union européenne, depuis le 1er janvier 2011 et pour six mois, dans un climat délétère. En cause, une nouvelle loi sur les médias qui prévoit des sanctions notamment en cas «d’informations non équilibrées». La liberté de la presse est un des fondements de l’Union européenne et, de toutes parts, des voix se sont élevées pour critiquer cette dérive. Au-delà, cette affaire met en lumière le mode de gouvernement autoritaire de Viktor Orban, accusé par ses opposants de populisme. La présidence hongroise de l’Union européenne est bien mal partie. » Flashback sur 2010, l’année du retour à l’Autorité A défaut de s’être précisément prononcé sur sa réforme des médias pendant sa campagne, le premier ministre conservateur Viktor Orbán a prévenu tout le monde dès son retour au pouvoir : n’en déplaise aux socialistes – libéraux et à l’extrême droite incarnée par Jobbik, il allait être l’homme fort du retour à la souveraineté de l’Etat et à l’autorité en Hongrie. Plébiscité avec la FIDESz en avril dernier, lui et son gouvernement ont très vite annoncé leur réforme des médias, dès le mois de juin. Articles liés : Janos Martonyi fait la leçon aux journalistes à Paris « La démocratie hongroise est affaiblie, mais pas en danger » (TASZ) L’Europe peut-elle faire plier Orban « le tout-puissant » ? Edito : Comedia dell’arte Médias : Orbán souffle le chaud et le froid Manifestation de soutien aux journalistes de la radio nationale hongroise La presse hongroise de gauche se rebelle La Castration du quatrième pouvoir en Hongrie Les débuts de la tsarine des médias hongrois dans la pornographie ! Adoption de la loi sur les médias : « cause toujours… » Fini de rire pour les médias privés

Jour de mobilisation pour « la liberté de la presse hongroise »

Jour de mobilisation pour « la liberté de la presse hongroise »

14 janvier 2011 à 0 h 19 min 2 commentaires

La mobilisation populaire en faveur du retrait des lois relatives à la réforme du système médiatique en Hongrie n’a pas été bien virulente jusqu’à ce jour. C’est un euphémisme. Ce vendredi soir, une manifestation est prévue à Budapest sur Kossuth tér, et dans d’autres villes, comme Pécs. A ce jour, près de 7.000 internautes ont rejoint le groupe Facebook « Tüntetés a magyar sajtószabadságért » (manifestation pour la liberté de la presse hongroise) et ont prévu de descendre dans la rue. Et même s’il est probable, comme il se passe souvent avec ce type d’évènements Facebook, que moins de la moitié de ces « e-contestataires » ne passe effectivement à l’action, l’on pourrait quand même assister ce soir à la plus importante manifestation contre la réforme des médias. Et peut-être même au plus large mouvement d’opposition depuis le retour au pouvoir de la Fidesz de Viktor Orban, en mai dernier. Un autre groupe Facebook créé par Fölkel Robert, « Egymillióan a magyar sajtószabadságért », rassemble lui plus de 70.000 fans. Ce qui ne représente encore que 7% de l’objectif final, peu réaliste, d’un million de soutiens -c’est d’ailleurs la signification du nom du groupe « Un million pour la liberté de la presse »- mais qui constitue tout de même un score non-négligeable. 25.000 personnes ont rejoints le groupe sur les seuls deux premiers jours. Dans l’hebdomadaire Magyar Narancs, Babarczy Eszter, bénévole participant au projet, précise que ce mouvement n’a pas de rapport avec celui des étudiants organisateurs de la manifestation du 20 décembre, le jour même du vote du dernier volet de la loi sur les médias. Elle estime que « Nous ne sommes pas une communauté politique. Nous sommes réunis ponctuellement avec un but : détruire cette loi sur les médias. Il n’est pas réaliste d’espérer réunir un million de membres sur un total de 2,8 millions d’utilisateurs de Facebook en Hongrie. Mais avec 200.000 membres, nous pourrions alors être considéré comme une masse politique définie et que les politiciens ne pourraient pas ignorer. » Souhaitons leur bonne chance. Page Facebook « Tüntetés a magyar sajtószabadságért » Page Facebook “Egymillióan a magyar sajtószabadságért” Site officiel : Egymillióan a magyar sajtószabadságért Articles liés : Manifestation de soutien aux journalistes de la radio nationale hongroise Adoption de la loi sur les médias : « cause toujours… » La gauche se rebiffe en «Orbanie» ! L’Europe peut-elle faire plier Orbán le «tout-puissant» ? Edito : Comedia dell’arte

« La démocratie hongroise est affaiblie, mais pas en danger » (TASZ)

« La démocratie hongroise est affaiblie, mais pas en danger » (TASZ)

11 janvier 2011 à 0 h 31 min 0 commentaire

La presse internationale s’est lancée dans une surenchère de supputations hasardeuses quant à la loi sur les médias et l’état de la démocratie hongroise, la qualifiant parfois même de « démocratie autoritaire » ou de « dictature molle ». Qu’en-est-il réellement ? Le point de vue de Társaság a Szabadságjogokért (TASZ), une ONG pour la défense des droits de l’Homme en Hongrie. Hu-lala : Quel est l’état des lieux dressé par TASZ de la démocratie en Hongrie ? Tamás Szigeti/TASZ : Depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement de droite, en mai 2010, un ensemble de réformes a eu un effet d’affaiblissement de la démocratie et de l’Etat constitutionnel. Trois points ont un effet particulièrement dramatique. La mesure la plus déplorable est la réduction des pouvoirs de la Cour constitutionnelle, à laquelle nous ne nous attendions vraiment pas. C’est ce qui aura le plus d’effets négatifs. Elle fut un préalable à la mise en place des taxes exceptionnelles « de crise ». Le second point, c’est le projet de nouvelle Constitution. Il est encore trop tôt pour se prononcer de manière catégorique sur cette question car nous ne savons pas encore quel sera son contenu exact, mais il y a des projets inquiétants. Il s’agit de changements symboliques -avec notamment un préambule très « émotionnel » faisant appel aux valeurs de la chrétienté- qui sont chers à l’électorat de droite mais qui ne prennent pas en compte la totalité de la population et qui sont mal perçus par une partie d’elle. Le fait que cette Constitution doit être approuvée le jour même du premier anniversaire de la victoire de la Fidesz aux dernières législatives, le 25 avril prochain, prouve que ce projet est fondé sur une idée divisante. Enfin il y a ces lois sur les médias. Ces premiers six mois sous le nouveau gouvernement ont donc été difficiles. Mais je n’irai pas jusqu’à dire que la démocratie hongroise est en danger. Il y aura des élections libres dans trois ans et demi et, d’ici là, les droits fondamentaux sont garantis. Donc la frontière n’a pas été dépassée. Le parallèle effectué par la presse internationale entre le pouvoir actuel et l’ancien régime communiste est-il pertinent ? La comparaison n’est selon moi pas pertinente, car il s’agit d’une époque révolue. Nous sommes maintenant dans un système qui reste tout de même multipartite et qui n’a rien à voir avec un système totalitaire. Qu’est-ce qui change vraiment avec cette nouvelle loi sur les médias ? C’est un bouleversement complet de tout le système médiatique depuis le changement de régime en 1989. Le vrai changement, c’est l’élargissement du champ d’application de la loi  à tous les médias (radios, télés, journaux écrits et numériques) et la concentration des pouvoirs dans une seule autorité des médias, la NMHH [Nemzéti Media es Hirközlési Hatosag, ndlr]. Ses 5 membres ont été choisis démocratiquement par le parlement, mais tous sont issus de la Fidesz ou en sont très proches. Donc, dans les faits, cette autorité n’a pas d’indépendance réelle vis-à-vis du parti au pouvoir. Une telle concentration des pouvoirs est inquiétante. La sévérité des sanctions constitue aussi un changement radical. Les amendes maximales ont été multipliées par 3 ou 4 et peuvent être infligées avec une procédure très effective. Selon le chapitre relatif à la « protection des sources des journalistes », l’autorité des médias pourra décider dans n’importe quel cas, avant même toute procédure juridique, la nécessité de révéler les sources. La NMHH peut-elle être considérée comme le bras armé du gouvernement pour les médias ? La pratique nous dira comment cela va fonctionner. Je préconise qu’on ne dise pas dans quelques mois que tout va bien si rien de catastrophique n’est survenu. Car c’est à long terme qu’il y aura des effets déplorables. Avec cette nouvelle loi, l’autorité aura une marge d’appréciation très large. Je doute qu’elle aura la capacité de faire appliquer rigoureusement cette loi. Mais même si l’autorité ne prend pas la charge de punir les médias chaque fois qu’un délit est commis, les journaux et médias n’oseront pas écrire ou publier ce qu’ils veulent. Le danger d’autocensure est donc le plus inquiétant pour nous. En ce qui concerne Tilos Radio, le fameux « Ice-T gate » illustre-t-il ces dérives ?  [TASZ assure la défense de Tilos Radio, ndlr] L’enquête à l’encontre de Tilos Radio a été ouverte sur la base de l’ancienne loi sur les médias, car la protection des mineurs était aussi inscrite dans la loi précédente. Il ne faut donc pas tout mélanger. Mais c’est bien la nouvelle autorité NMHH qui a lancé la procédure d’enquête, donc oui la nouvelle loi a bien un lien avec l’affaire Tilos. Ce qui est nouveau ici, c’est l’application très stricte des règles. La presse de gauche semble particulièrement visée, mais qu’en est-il des médias d’extrême-droite ? Dans un monde idéal, les lois devraient êtres appliquées de la même façon à tous les médias. Mais c’est le problème de cette loi, telle qu’elle est écrite, de ne pas garantir une égalité de traitement aux différents médias, car l’autorité est trop partisane, ce qui laisse de la place à l’arbitraire. Propos recueillis par Corentin Léotard_Hulala Articles liés : L’Europe peut-elle faire plier Orbán le «tout-puissant» ? Edito : Comedia dell’arte Médias : Orbán souffle le chaud et le froid Manifestation de soutien aux journalistes de la radio nationale hongroise Tilos Radio menacée par la loi sur les médias La presse hongroise de gauche se rebelle Liberté de la presse en Hongrie : quelques critiques et beaucoup de silences… Adoption de la loi sur les médias : « cause toujours… » Castration du quatrième pouvoir en Hongrie Les débuts de la tsarine des médias hongrois dans la pornographie !

L’Europe peut-elle faire plier Orbán le «tout-puissant» ?

L’Europe peut-elle faire plier Orbán le «tout-puissant» ?

7 janvier 2011 à 0 h 00 min 5 commentaires

Aujourd’hui vendredi, le Président de la Commission européenne José-Manuel Barroso rencontrera à Budapest un premier ministre hongrois quasi-omnipotent dans son pays pour tenter de lui faire faire machine-arrière sur sa réforme des médias et sur ses taxes de crise. Jeudi, le premier ministre hongrois a fait preuve de défiance vis-à-vis des autres Etats membres de l’Union, au premier rang desquels la France, en retournant contre eux les critiques qui lui étaient adressées sur la question de la liberté de la presse. Et pour cause. Viktor Orbán est un premier ministre tout-puissant dans son pays qui n’a pas l’habitude que l’on s’oppose à lui. Selon sa propre terminologie, une « révolution des urnes » l’a porté au pouvoir au mois d’avril de l’année dernière et il se sent comme investi d’une mission historique envers la nation hongroise. Le rôle qu’il s’est donné « à la maison » est donc assez peu compatible avec les concessions qu’exigent les institutions de l’UE. On ignore encore si la Hongrie va accepter de modifier ses lois qui font polémique. Est-ce que Viktor Orbán, car il ne s’agit que de lui, peut être tenté de brader cette présidence européenne et envoyer paître l’UE pour rester le maître chez lui, tout comme il l’avait fait avec le FMI quelques mois plus tôt ? C’est peu probable mais ce n’est pas complètement impossible, d’autant que cette présidence est finalement surtout symbolique et a été vidée d’une partie de ses objectifs initiaux (gestion de l’eau, élargissement de Schengen, etc.) par les impératifs de Bruxelles. « Mieux vaut régner en enfer qu’être esclave au paradis », comme le veut l’adage. Mais bien sûr il ne s’agit que d’une formule, car la Hongrie n’a rien d’un enfer et l’UE n’a rien d’un paradis. Des Hongrois apathiques, ou consentants ? Pour Viktor Orbán, la menace ne vient pas de l’intérieur car, si après quelques jours de flottement, le tollé est maintenant général en Europe, le moins que l’on puisse dire, c’est que cette fameuse loi est passée comme une lettre à la poste en Hongrie. Certes, la presse de gauche, qui se sent directement visée, et les syndicats de journalistes hongrois se sont indignés ; Les quotidiens Népszabadsag et Népszava ont consacré des « Unes » entières à protester contre cette loi ; Quelques grands hebdomadaires -HVG et Magyar Narancs- ont publié page blanche en « Une » en signe de protestation : Et quelques journalistes, de façon individuelle, se sont risqué à protester et l’ont payé par une mise au pas. Mais jamais l’opinion publique ne s’est réellement émue de se voir priver d’une presse digne de ce nom. Et elle s’est encore moins mobilisée au-delà d’une élite de gauche déchue de son pouvoir et de quelques étudiants. La manifestation qui s’est tenue au moment même de l’adoption de la loi par le parlement, lundi soir 20 décembre, n’a compté guère plus d’un millier de personnes. Et quelque soit l’ampleur du grand rassemblement fixé au 14 janvier devant le parlement, il ne sera pas de nature à contrecarrer les plans du gouvernement. En Hongrie -où l’on suspecte d’ailleurs que la campagne de dénigrement qui s’abat sur le pays, soit orchestrée en représailles aux mesures peu orthodoxes du gouvernement en matière économique (notamment l’instauration de taxes temporaires « de crise »)- les critiques internationales trouvent peu d’échos dans l’opinion publique. Dans ce pays durement frappé par la crise économique, la liberté de la presse se situe très bas dans l’ordre des priorités de la population. L’emploi et l’amélioration de conditions de vie -qui restent intolérables pour plusieurs centaines de milliers de Hongrois- sont les premières préoccupations. D’autre part, l’arrivée au pouvoir (pour la seconde fois) de Viktor Orbán a répondu à une demande du peuple hongrois en faveur d’un pouvoir fort, capable de restaurer la stabilité politique et la paix sociale, qui ont tellement fait défaut ces dernières années. Rogner un peu sur des libertés individuelles, est considéré comme le prix à payer pour cette stabilité. Enfin, une autre explication, complémentaire, tient au fait qu’une partie de la population refuse de céder au catastrophisme et reste confiante dans la démocratie hongroise, malgré tout. Articles liés : Edito : Comedia dell’arte Médias : Orbán souffle le chaud et le froid Manifestation de soutien aux journalistes de la radio nationale hongroise La presse hongroise de gauche se rebelle Adoption de la loi sur les médias : « cause toujours… » Fini de rire pour les médias privés Biographie : La revanche de Viktor

Chronique : Comedia dell’arte

Chronique : Comedia dell’arte

6 janvier 2011 à 20 h 08 min 2 commentaires

Le billet de Cécile Vrain, journaliste et docteur en Histoire des Relations Internationales de l’Université de Paris 1, spécialiste de la Hongrie. Ecoutez la version audio de la chronique J’aurai aimé éviter de vous parler de la loi sur les médias dont grouille la presse européenne. La dénonciation médiatique relayée tardivement par les politiciens va bon train, reste plus que l’action qui doit suivre, du moins peut-on l’espérer et qui ne manquera certainement pas de nous décevoir. A-t-on jamais vu Bruxelles réagir sur une question médiatique ? Ce serait une première. Alors que peu avait été dit avant le 1er janvier, maintenant l’on découvre que l’Union européenne avait agit – très, trop discrètement – par l’intermédiaire de son commissaire à l’Agenda numérique Nelly Kroes, que les pays ont un avis sur la question, pas toujours le même d’ailleurs ou plus exactement évoluant (Cf. les déclarations du ministre français délégué aux Affaires européennes Laurent Wauquiez contredites par celles du ministre du Budget et porte-parole du gouvernement français François Baroin). Il est clair que le discours politique suit le médiatique. Notez qu’il est difficile d’échapper à cette loi sur les médias, et les journalistes spécialistes des questions européennes arrivés à Budapest mercredi n’ont pas manqué de se pencher sur le sujet, occultant ainsi les priorités de la présidence hongroise. Les journalistes sont ainsi faits qu’ils s’intéressent aux os qu’on leur tend à ronger sans essayer de prendre le recul nécessaire. Une étude du vocabulaire utilisé, des idées reçues exploitées dans les articles publiés sur cette loi hongroise des médias serait édifiante. Toujours la même chose, rien d’original, une injure quotidienne à notre intelligence. On dénonce mais on n’explique rien… de peur peut-être de justifier. Mais il ne s’agit absolument pas de cela. Je ne pense pas justifier cette loi en rappelant que le système de régulation des médias depuis la chute du communisme en Hongrie était d’une rare complexité, handicapant et limitant son efficacité. Le nouveau gouvernement s’est-il appuyé sur ces faiblesses pour élaborer cette loi ? Cela explique-t-il en partie l’indifférence et le manque de réaction d’une large partie de la population partant du principe qu’il faut voir par la pratique, les conséquences éventuelles. Toutefois, ces journalistes doivent s’estimer heureux d’être là, accréditation en poche car il n’est pas certain qu’en cette fin de semaine, les 400 qui l’ont demandé, reçoivent le fameux sésame. En fait, les autorités hongroises n’en accueilleront certainement pas plus de 150, pour une question de place soi-disant. Et oui, l’on veut nous faire croire que le parlement hongrois – copie de Westminster – n’est pas assez vaste pour accueillir plus de 150 journalistes. Interrogé sur la loi des médias, le ministre des Affaires étrangères Janos Martonyi a répété, je cite : «Peut-être allons-nous modifier quelques paragraphes à cette loi», contredisant encore une fois les propos du Premier ministre Viktor Orban qui se défendait, il y a encore peu, de vouloir céder aux pressions occidentales, rappelant ainsi de vieux discours sur la souveraineté nationale et le refus d’une quelconque influence. La situation semble pourtant évoluer un peu car ce dernier accepterait de revoir sa loi sur les médias si les autres – dont la loi hongroise se serait inspirée- en font autant, c’est-à-dire la France, l’Allemagne et les Pays-Bas. A mon avis, la liste est un peu courte et il faudrait certainement rajouter d’autres pays. Où comment Viktor Orban renvoie dans les cordes les prétentieux pays qui oseraient lui donner des leçons de démocratie et où la politique en est encore une fois réduite à des rivalités d’hommes et à des complexes d’infériorité pour les uns et de supériorité pour les autres. Toutefois, sans modifications, la loi traduite a été envoyée à Bruxelles…. oubliant néanmoins quelques paragraphes au passage estimant qu’ils n’étaient pas intéressants. Formidable, non ?! Comme si l’Union européenne n’allait pas vérifier, elle qui dépense des millions d’euros chaque année pour un service de traduction exponentiel. Décidément, tout le monde prend pour des imbéciles tout le monde. C’est plus qu’un problème de communication dénoncé par certains et sur lequel nul n’ignore que la Hongrie n’est pas très douée. Cette sorte de jeu où chacun avance ses pions de façon convenue, sans surprise, sans respect pour le partenaire est affligeante avant d’être désespérante. Retrouvez ici la précédente Chronique de Cécile Vrain

Médias : Orbán souffle le chaud et le froid

6 janvier 2011 à 12 h 16 min 0 commentaire

Le chaud pour l’Union Européenne que la Hongrie préside… et un froid glacial pour la France. Au cours d’une conférence de presse tenue ce jeudi matin, le premier ministre hongrois Viktor Orbán s’est dit prêt à modifier la loi sur les médias s’il s’avère qu’elle n’est pas en conformité avec les règles de l’Union Européenne… et si d’autres États européens font de même ! La France et son système médiatique en ont pris pour leur grade au passage. Un jour avant l’arrivée du président de la Commission européenne José-Manuel Barroso à Budapest pour entendre les explications du gouvernement hongrois sur ses mesures controversées, il apparaît que l’imprévisible Viktor Orbán n’est pas prêt à se laisser dicter sa politique intérieure sans réagir. Car s’il s’est dit effectivement prêt à revoir sa copie en cas d’incompatibilité avec le Droit européen, cela ne se fera pas sous la pression des critiques des autres États membres de l’Union, a-t-il fait savoir. Au contraire, si la Hongrie était contrainte d’amender son texte, la Hollande, l’Allemagne et la France, devraient en faire autant, selon lui. « La Hongrie acceptera toute procédure entamée par l’UE. Mais si ce passage de la loi hongroise sur les médias est amendé, alors les lois sur les médias en France, en Allemagne et aux Pays-Bas devront également être modifiées, puisqu’il n’y a rien dans notre législation qui ne soit dans leurs lois sur les médias« , a déclaré Orban, rapporté par Reuters. Le chef du gouvernement hongrois a rejeté les critiques des gouvernements allemands et français qu’il a jugé « prématurées« . « Je ne me souviens pas que la Hongrie ait jamais critiqué la loi française sur les médias« , a dit le premier ministre, selon des propos rapportés par l’AFP. Il a pointé du doigt le fait que, contrairement à la France, la Hongrie ne dispose pas de législation donnant le pouvoir au gouvernement de nommer le président de la chaîne de télévision publique de son pays. « Je n’ai jamais dit qu’il s’agissait d’une loi anti-démocratique« , a-t-il ajouté. Voila qui a le mérite d’être clair. M.  Wauquiez, ministre français chargé des affaires européennes, qui avait mis en garde contre ce type de posture de défiance de la part du leader hongrois et refusé de « donner des leçons à la Hongrie » doit rager contre le porte-parole de l’UMP François Baroin, par qui sont tombées les critiques françaises…

La presse hongroise de gauche se rebelle

La presse hongroise de gauche se rebelle

3 janvier 2011 à 11 h 07 min 0 commentaire

La presse hongroise est touchée…mais pas encore tout à fait coulée. Dans un geste de défiance hautement symbolique vis-à-vis du gouvernement et de son bras armé au service du contrôle des médias, la NMHH, les deux quotidiens de gauche Népszabadsag et Népszava consacrent leur UNE entière de ce lundi à protester contre la loi sur les médias entrée en vigueur le 1er janvier et qui restreint la liberté de la presse en Hongrie. « La liberté de la presse touche à sa fin en Hongrie. » Tel est le message décliné en 23 langues de l’Union européenne en UNE du Népszabadsag, le plus grand quotidien hongrois, proche du parti socialiste et qui se définit comme libéral de gauche. Ce mouvement de protestation est relayé par le quotidien berlinois Die Tageszeitung. « [La loi sur les médias] sert les efforts autoritaires du gouvernement Fidesz-Kdnp en lui créant une opportunité de punir, d’interdire et éventuellement de détruire tout ceux qui ont des opinions divergentes », dénonce le Népszabadsag (La liberté du peuple). De son côté, Népszava (La voix du peuple) a imprimé sur sa première page, en anglais et en hongrois, « La liberté de la presse est un droit fondamental dans un Etat de l’Union européenne. Nous devons défendre nos droits démocratiques en Hongrie. Nous exigeons la liberté de la presse. » Dans les rédactions de Népszabadsag et Népszava, les journalistes espèrent que ces actions, qui pourraient faire date dans l’histoire de la presse en Hongrie, contribueront à faire réagir une Union Européenne encore très silencieuse sur l’évolution politique de ce pays. Un groupe Facebook s’est constitué pour réclamer le retrait du paquet de lois refondant le secteur des médias : Egymillióan a magyar sajtószabadásért (Un million pour la liberté de la presse en Hongrie). Lundi matin, le groupe rassemblait près de 52.000 personnes.

Tilos Radio menacée par la loi sur les médias

Tilos Radio menacée par la loi sur les médias

2 janvier 2011 à 23 h 30 min 5 commentaires

La mythique radio indépendante Tilos pourrait bien être la première victime de la nouvelle législation sur les médias. La toute-puissante autorité de contrôle NMHH, récemment mise en place par le gouvernement hongrois, a ouvert une enquête sur la diffusion, avant 21h, de deux morceaux « Gangsta » du rappeur Ice-T. Le combat est inégal. D’un côté la Nemzeti Média es Hirközlesi Hatosag (NMHH), l’autorité de contrôle des médias à la solde du gouvernement de droite de Viktor Orban. De l’autre, la radio communautaire indépendante, à but non-lucratif, Tilos Radio. Dans une lettre signée de la NMHH et datée du 13 décembre mais rendue publique samedi 1er janvier par la radio, la nouvelle autorité des médias a adressé le message suivant a Tilos Radio : « La NMHH a ouvert une enquête contre la chaîne de radio, car celle-ci a diffusé le 2 septembre, à 17h53, les morceaux « Warning » et « It’s on », de Ice-T ». Deux morceaux dont les paroles « pouvant affecter le développement physique, mental et moral des jeunes » auraient nécessité, selon la NMHH, de les classer dans une catégorie de musique ne pouvant être diffusé qu’entre 21h et 5h. Or, selon la nouvelle loi sur les médias entrée en vigueur ce 1er janvier, toute station de radio ou chaîne de télévision portant atteinte à « l’intérêt, la morale ou l’ordre public » est passible d’une amende pouvant s’élever jusqu’à 730 000 Euros ! Quant à savoir ce que constituent exactement de telles atteintes, la loi ne le précise pas. Ce qui laisse à la NMHH le pouvoir de décider de manière arbitraire ce qui est légal ou illégal. Dans une lettre adressée à l’autorité des médias et consultable sur son site internet, Tilos Radio s’est défendu de ces accusations. Selon elle, la diffusion des deux morceaux mis en cause n’a pas été de nature à influencer le développement moral des individus mineurs de 16 ans, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, seulement 4% des auditeurs de la radio sont mineurs de 18 ans, la majorité d’entre eux étant âgés de 26 à 35 ans. Elle a aussi mis en avant le fait que l’accent du rappeur américain et le langage argotique élaboré qu’il emploie, rendent quasi-incompréhensible son message pour les oreilles de ses jeunes auditeurs. Tilos Radio serait donc néfaste et de nature à pervertir les bonne mœurs de l’innocente jeunesse hongroise… En tout cas les médias hongrois, attaqués de toutes parts par le gouvernement, ne se sont pas privés pour tourner en ridicule cette accusation en faisant une analogie entre la situation actuelle et les années 70, pendant lesquelles le régime communiste se préoccupait « des effets destructifs du mouvement punk » pour la jeunesse. Articles liés : Liberté de la presse en Hongrie : quelques critiques et beaucoup de silences… Adoption de la loi sur les médias : « cause toujours… » Castration du quatrième pouvoir en Hongrie Les débuts de la tsarine des médias hongrois dans la pornographie ! Médias : La Hongrie au centre des critiques Fini de rire pour les médias privés Le journalisme d’investigation menacé par la loi sur les médias Réforme des médias : acte II Médias : retours (non négociés) aux choses sérieuses La réforme des médias pointe son nez

Laurent Wauquiez, le 2 décembre à Budapest (Corentin Léotard_Hulala)

La France refuse de faire la leçon à la Hongrie

31 décembre 2010 à 9 h 44 min 0 commentaire

Le ministre délégué aux affaires européennes, Laurent Wauquiez, estime que la France n’a pas à intervenir sur la question de la réforme des médias en Hongrie, rapporte Jean Quatremer, sur son blog d’actualité européenne. « [Paris] refuse d’aller dans le mur en donnant des leçons à la Hongrie », a déclaré le jeune  ministre, expliquant cette position par le fait qu’elle serait contre-productive et risquerait de « braquer les gens ». Depuis son adoption le 21 décembre, on attendait une réaction officielle de la France sur cette loi qui entrera en vigueur ce soir à minuit et dont les syndicats de journalistes hongrois et internationaux considèrent qu’elle porte atteinte à la liberté de la presse. Maintenant on sait, la France s’est rangée aux côtés des muets qui préfèrent ne pas se fâcher avec la très prochaine présidente de l’Union Européenne. M. Wauquiez, qui admet néanmoins que le texte de loi « dont je ne dis pas qu’il ne pose pas des problèmes » se veut optimiste et croit savoir que le gouvernement hongrois serait « prêt à faire des adaptations ». Viktor Orban en pleine confiance à domicile Le premier ministre hongrois a pourtant clairement exclu l’éventualité de faire machine-arrière. Encouragé par la mollesse des réactions suscitées au niveau européen, il a déclaré le jour même de Noël sur la chaîne privée Hir TV que « Rien n’est plus éloigné de nos intentions que de modifier la loi sur les médias. […] Nous n’allons pas avoir peur de quelques critiques, ou de nombreuses critiques venant de l’Europe de l’Ouest ou de plus loin encore, et modifier les lois, car cela serait caractéristique d’un pays qui souffre de manque de confiance en soi : nous ne sommes pas ce pays« , a-t-il prévenu. Pour le gouvernement hongrois, ce n’est pas de l’intérieur non plus que vient la menace. Sa loi y est passée comme une lettre à la poste. Bien sûr la profession s’est indignée via des communiqués de la part des syndicats de journalistes hongrois et quelques grands hebdomadaires ont publié page blanche en signe de protestation, mais c’est tout. En dehors d’une élite de gauche déchue de son pouvoir et de quelques étudiants, jamais l’opinion publique ne s’est émue de cette « reculade sociale » et encore moins mobilisée. Les manifestations organisées n’ont jamais atteint le millier de mécontents. Dans ces conditions, il est difficile d’imaginer que le premier ministre Orban se laisse attendrir par quelques jérémiades européennes, lui qui considère avoir été porté au pouvoir par une « révolution des urnes » et qui se sent investit d’une mission historique, et lui qui a tellement de comptes à régler avec ses anciens adversaires dans son pays. Retrouvez le blog de Jean Quatremer A propos de la présidence hongroise de l’UE : Le ministre français des affaires européennes en visite à Budapest Elargissements de l’UE : les divergences franco-hongroises « L’autre » Orban parle d’Europe à Paris UE : l’opération séduction de Viktor Orban Présidence de l’UE : la Hongrie est-elle prête ? A propose de la réforme des médias : Liberté de la presse en Hongrie : quelques critiques et beaucoup de silences… Adoption de la loi sur les médias : « cause toujours… » Castration du quatrième pouvoir en Hongrie Les débuts de la tsarine des médias hongrois dans la pornographie ! Médias : La Hongrie au centre des critiques Fini de rire pour les médias privés Le journalisme d’investigation menacé par la loi sur les médias Réforme des médias : acte II Médias : retours (non négociés) aux choses sérieuses La réforme des médias pointe son nez