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Le Jobbik, 2e parti de Hongrie ?

Le Jobbik, 2e parti de Hongrie ?

9 avril 2014 à 9 h 13 min 8 commentaires

Comme les sondages l’indiquaient dans la phase finale de la campagne électorale, le Jobbik a gagné du terrain. Avec 20,5% des voix, le parti est en progression par rapport à 2010 où il avait obtenu 16,7% des voix. Sa forte hausse est surtout due à une plus forte abstention (60% contre 64% en 2010). En nombre de voix, le parti passe de 836 774 en 2010 a 985 028 en 2014.

Le bras droit de Viktor Orbán se dit en faveur de la peine de mort

Le bras droit de Viktor Orbán se dit en faveur de la peine de mort

4 avril 2014 à 8 h 44 min 0 commentaire

János Lázár, chef du groupe parlementaire Fidesz à l’Assemblée nationale, s’est prononcé jeudi en faveur de la peine de mort pour les meurtriers d’enfants et de personnes âgées, rapporte le site d’actualités Index.hu.

L’extrême-droite hongroise reprend du poil de la bête

L’extrême-droite hongroise reprend du poil de la bête

3 avril 2014 à 20 h 00 min 0 commentaire

C’est en tout cas ce que s’accordent à dire les instituts de sondage. Ce dimanche, jour des élections législatives, Jobbik pourrait faire mieux qu’en 2010 où il avait obtenu 16,7% des voix.

Le Jobbik lance une campagne axée sur le social

Le Jobbik lance une campagne axée sur le social

18 février 2014 à 9 h 01 min 1 commentaire

Gábor Vona, le président du Jobbik, a officiellement ouvert, samedi à Miskolc, la campagne électorale de son parti. Au-delà des promesses de campagne classiques, c’est une réforme structurelle que souhaite mettre en œuvre, à terme, le leader de la droite au sein de son parti.

Manifestation contre le projet de mémorial de l’occupation allemande

Manifestation contre le projet de mémorial de l’occupation allemande

3 février 2014 à 7 h 00 min 0 commentaire

Ce samedi 1er février, ce sont près de 400 manifestants qui se sont réunis à Szabadság Tér (la place de la Liberté) pour protester contre l’édification controversée d’une statue commémorative de la seconde guerre mondiale.

Photo : MTI / Kollányi Péter

Jobbik Vs Antifa : rencontre du 3e type à Londres

27 janvier 2014 à 8 h 30 min 8 commentaires

Le parti d’extrême-droite hongrois a été malmené par des groupes antifascistes, dimanche dans la capitale britannique, où il était venu pour attirer les votes des dizaines de milliers de jeunes hongrois exilés.

Jobbik : « Vue de Budapest, Manuel Valls apparait comme quelqu’un de très radical »

Jobbik : « Vue de Budapest, Manuel Valls apparait comme quelqu’un de très radical »

10 décembre 2013 à 6 h 45 min 7 commentaires

Dans un reportage diffusé le dimanche 1er décembre sur France Inter intitulé « La Hongrie, au fond de l’Europe, à l’extrême-droite », le député du parti d’extreme-droite Jobbik, Marton Gyongyosi, a fait référence à la politique du ministre français de l’Intérieur Manuel Valls

Des miliciens de Jobbik commémorent Horthy en toute impunité

Des miliciens de Jobbik commémorent Horthy en toute impunité

19 novembre 2013 à 8 h 19 min 22 commentaires

Dimanche à Budapest, le parti radical-nationaliste Jobbik a commémoré le 94e anniversaire de l’entrée du Régent de la Hongrie de l’entre-deux-guerres, Miklos Horthy, dans la capitale hongroise en 1919. Plusieurs dizaines de membres de la « Nouvelle Garde hongroise » ont pu défiler en tout impunité et au mépris de la Loi.

La Betyársereg (l'Armée des brigands) et le HVIM (Mouvement des 64 Comtés) à Devecser le 5 août 2012. (Photo : Nagy Lajos / MTI)

Incitation à la haine : décision incompréhensible de la police

19 novembre 2013 à 7 h 30 min 1 commentaire

Faute de preuves, la police de Veszprém à mis un terme à son investigation concernant une manifestation de milices d’extrême-droite dans un quartier à population Rom de la ville de Devecser au mois d’août 2012. Un an plus tard, elle vient de conclure que leurs actions n’ont pas constitué une incitation à la haine raciale.

Photo : Német Tamás / Index

Le culte de Horthy, au coeur de Budapest

4 novembre 2013 à 12 h 51 min 23 commentaires

Dimanche 3 novembre, un buste du Régent de la Hongrie de l’entre-deux guerres a été inauguré devant une église calviniste sur Szabadság ter (la place de la Liberté), en présence de députés et membres du parti d’extrême-droite Jobbik. Plusieurs centaines de contre-manifestants ont protesté.

Des Roms lourdement condamnés pour agression sur des militants d’extrême-droite

Des Roms lourdement condamnés pour agression sur des militants d’extrême-droite

2 octobre 2013 à 6 h 48 min 11 commentaires

Neuf accusés roms ont été condamnés à un total de 37 années de prison pour avoir agressé physiquement des membres de la Magyar Garda au mois de novembre 2009. Chacun purgera une peine allant de 42 à 64 mois.

SONDAGE – l’électorat hongrois se motive un peu en vue des élections de 2014

SONDAGE – l’électorat hongrois se motive un peu en vue des élections de 2014

2 septembre 2013 à 7 h 22 min 2 commentaires

Selon un sondage de l’institut Ipsos publié à la mi-août, 44% des électeurs se sont déclarés certains en août d’exprimer leurs suffrages lors de l’élection législative à venir au printemps 2014, contre 38% pour le mois de juillet. La Fidesz au pouvoir reste grande favorite du scrutin.

Crédit photo : HU-lala.org

Des combattants de la Garde Hongroise tués en Syrie ?

24 juillet 2013 à 5 h 43 min 3 commentaires

Onze membres de La Magyar Garda [association d’auto-défense lié au parti d’extrême-droite Jobbik] auraient été tués dans la guerre civile syrienne – a-t-on appris de source douteuse. Le ministère de l’intérieur n’est pas au courant ; le TEK[1] considère possible que des combattants hongrois y participent.

Jobbik et le Congrès juif mondial : l’erreur de traduction d’Euronews

Jobbik et le Congrès juif mondial : l’erreur de traduction d’Euronews

8 mai 2013 à 8 h 33 min 17 commentaires

La chaîne de télévision internationale d’information en continu a suivi de près l’évolution du Congrès juif mondial qui s’est déroulé à Budapest le week-end dernier, sous l’angle privilégié des tribulations du parti d’extrême-droite Jobbik, qui s’est montré particulièrement remuant à cette occasion.

«Grosse salope», «Sale Juif»,…, le fichage selon le syndicat étudiant HÖK

«Grosse salope», «Sale Juif»,…, le fichage selon le syndicat étudiant HÖK

21 février 2013 à 11 h 06 min 4 commentaires

Les principaux médias hongrois (d’opposition et pro-gouvernementaux) ont rapporté mardi que le syndicat étudiant (HÖK) de la faculté des lettres de l’université ELTE a établit des listes d’étudiants selon leurs origines ethniques et leurs préférences politiques et religieuses. Il a été suspendu par le recteur.

Front commun contre l’extrême-droite hongroise

Front commun contre l’extrême-droite hongroise

3 décembre 2012 à 8 h 18 min Comments are Disabled

Environ 10.000 personnes se sont rassemblées dimanche après-midi à l’appel de plusieurs organisations religieuses pour dénoncer les propos antisémites tenus par un député du parti Jobbik lundi dernier au parlement.

Octobre 2010 : Jobbik remporte les élections locales à Tiszavasvari (Crédit photo : barikad.hu)

Jobbik conserve sa « capitale » à Tiszavasvari

30 octobre 2012 à 7 h 12 min 0 commentaire

Le maire sortant Erik Fülöp, du parti radical nationaliste Jobbik, a été réélu dimanche dans la ville de Tiszavasvari, en Hongrie orientale.

Jobbik veut faire « descendre la politique dans la rue »

10 septembre 2012 à 7 h 37 min 4 commentaires

Le parti ultra-nationaliste se concentrera sur les questions liées au coût de la vie, à la sécurité publique et aux soins de santé pendant la session d’automne du Parlement, a déclaré samedi le leader de Jobbik, Gabor Vona, à la suite d’une réunion de deux jours des députés du groupe. « Les gens devraient vraiment sentir que l’État garantit ces trois choses pour eux« , a-t-il déclaré. Vona a aussi expliqué que la majorité des deux-tiers détenus par la coalition Fidesz-KDNP empêchait Jobbik d’atteindre ses objectifs politiques au parlement et que cela nécessitait donc de « faire descendre la politique dans la rue« . « Nous avons toujours amené la politique dans la rue, nous le ferons encore plus à partir de maintenant. Nous voulons rencontrer les gens directement, et nous tiendrons également nos forums citoyens en extérieur à l’avenir« , a déclaré Vona. Il faut donc s’attendre à de nouvelles manifestations de l’extrême-droite dans les rues de Budapest et ailleurs dans le pays cet automne.

Sondage : la Fidesz toujours devant, les abstentionnistes en majorité absolue

Sondage : la Fidesz toujours devant, les abstentionnistes en majorité absolue

3 septembre 2012 à 8 h 18 min 11 commentaires

Le nombre d’électeurs indécis et ne souhaitant pas participer aux prochaines élections a continué d’augmenter en Hongrie, à 53%, selon un sondage Ipsos à la mi-août publié jeudi. Le Fidesz a très légèrement augmenté son avance sur le parti socialiste MSZP, à 17% contre 14%. Parmi les électeurs décidés, le parti conservateur au pouvoir est soutenu par 37%, contre 31% pour les socialistes. Le parti d’extrême-droite Jobbik recueille le soutien de 8% de l’ensemble des répondants, en baisse de 2 points de pourcentage par rapport au mois précédent, et de 19% des électeurs décidés. Le parti vert LMP a le soutien de 3% des répondants – sous le seuil électoral des 5% – et de 5% des électeurs décidés. La Coalition démocratique DK de l’ancien 1er ministre Ferenc Gyurcsany a le soutien de 2% de l’ensemble des répondants. Un autre son de cloche chez l’institut Nezöpont Les résultats sont différents entre Ipsos et Nezöpont, ce qui peut s’expliquer par le fait que les deux instituts utilisent des méthodologies différentes et par le fait que Ipsos est plutôt proche du parti socialiste tandis que Nezöpont est proche de la Fidesz. Selon un sondage mené par l’institut Nezöpont à la même période, l’alliance Fidesz-KDNP conserve une solide avance sur les autres formations politiques au mois d’août. La droite radicale Jobbik se positionne en principal parti d’opposition, devant le parti socialiste MSZP. Dans l’ensemble de l’échantillon, 30% des répondants soutiennent le Fidesz, 13% le Jobbik, 10% le MSZP et 6% le parti LMP. DK n’atteignant pas le seuil parlementaire de 5%. Source : MTI

Le cerf merveilleux "Csodaszarvas"

Hongrie : le retour en force du néo-paganisme

17 mai 2012 à 7 h 51 min 39 commentaires

Les néo-païens sont de retour en Hongrie ! Dernière preuve en date de leur influence grandissante, leur don au Kazakhstan d’un « arbre de la vie » de 9 mètres de haut en l’honneur de leurs « peuples frères des steppes ». Cet « életfa » symbolise dans la mythologie hongroise la résistance au Christianisme et constitue un élément essentiel des croyances táltos, les chamanes hongrois. Plus significatif encore, une scène extraordinaire s’est déroulée quelques semaines plus tôt au sein du parlement hongrois : Ojun Adigzsi See-Oglu, un grand chamane venu de la République russe de Touva aux confins de la Sibérie, s’est livré à une danse rituelle devant la Sainte-Couronne, le symbole du christianisme en Hongrie. Ces anecdotes illustrent un renouveau identitaire plus profond et une contre-culture qui prend de l’ampleur.

54% de l’électorat hongrois se détournent des partis politiques

54% de l’électorat hongrois se détournent des partis politiques

17 mai 2012 à 7 h 41 min 11 commentaires

Le premier trimestre de cette année 2012 n’a pas fait évoluer les rapports de force entre les différents partis de manière significative, selon un sondage réalisé par l’institut Ipsos et diffusé par l’agence de presse MTI mercredi. La popularité des principaux partis a légèrement diminué, au profit du camp des indécis. La popularité de la Fidesz au pouvoir a baissé de 3 points par rapport au mois de mars, ne recueillant que 16% d’opinions favorables au sein de l’échantillon total, devant le parti socialiste (MSZP) à 13% et l’extrême-droite Jobbik à 9%.

dans sa mairie en janvier 2012 (Crédit photo : Anaëlle Verzaux)

Gyöngyöspata : Jobbik a-t-il cherché la guerre civile ?

24 avril 2012 à 12 h 44 min 18 commentaires

Jeudi dernier, la chaîne de télévision privée ATV a rendu public un enregistrement sonore dans lequel on peut entendre un homme identifié comme étant Oszkár Juhász, l’actuel maire Jobbik de Gyöngyöspata évoquer une « guerre civile inévitable » en Hongrie.

Photo : HU-lala

Les Juifs ont-ils peur dans la Hongrie de Viktor Orbán ? (1/3)

2 avril 2012 à 6 h 58 min 11 commentaires

Une Constitution qualifiée de liberticide, un dirigeant d’ultranationaliste et autoritaire, un pays décrit comme celui où des milices d’extrême-droite ont droit de cité… De ce vaste amalgame, il est souvent ressorti l’image d’une Hongrie antisémite. Les critiques ont culminé avec le discours de l’eurodéputé vert Daniel Cohn-Bendit au mois de janvier devant le parlement européen :

Le président plagiaire ne démissionnera pas !

Le président plagiaire ne démissionnera pas !

29 mars 2012 à 11 h 50 min 3 commentaires

La commission universitaire chargée d’examiner la thèse plagiée du président de Hongrie Pál Schmitt a rendu son rapport mardi. « Blanchi » par la commission, il a déclaré mercredi qu’il n’envisageait pas de démissionner.

Le cas Akos Kertész relance l’antisémitisme hongrois

Le cas Akos Kertész relance l’antisémitisme hongrois

23 mars 2012 à 14 h 32 min 7 commentaires

Arrivé sur le territoire canadien le 29 février dernier, l’écrivain Akos Kestész, lauréat du Prix Kossuth en 2008, a demandé le statut de réfugié politique et s’est installé à Montréal. Cette demande intervient après la polémique et les troubles engendrés par la parution d’un article de l’écrivain, en août 2011, dans un journal hongrois basé aux Etats-Unis. Sous la pression de l’extrême droite hongroise, une nouvelle loi serait en préparation, permettant de retirer un prix ou un titre honorifique à une personnalité qui n’en serait plus « digne ».

Tilos Rádió : « Match nul » au 15 mars

Tilos Rádió : « Match nul » au 15 mars

19 mars 2012 à 8 h 28 min 3 commentaires

Comme les années précédentes, la fête nationale qui commémore la révolution de 1848 contre les Habsbourg a été détournée par les différents mouvements politiques pour gonfler les muscles, dans la plus profonde désunion nationale. Le gouvernement et l’opposition ont tous deux rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes.

La Hongrie, laboratoire du pire… mais pourquoi pas du meilleur ?

La Hongrie, laboratoire du pire… mais pourquoi pas du meilleur ?

14 février 2012 à 7 h 47 min 6 commentaires

Tribune libre de Vincze Szabo, doctorant à l’Université d’économie de Budapest
Depuis début janvier, on a assisté à une véritable déferlante médiatique anti-Orbán dans les médias occidentaux, en particulier en France. Avec beaucoup d’approximations, d’erreurs factuelles et d’analyses, tout y est passé : une nouvelle dictature en Europe, un énième « retour aux heures les plus sombres de l’histoire », des insinuations de fascisme, d’antisémitisme et même – à travers une caricature de Plantu dans le Monde – un parallèle entre Hitler et Orbán !

A Budapest, des néo-nazis célèbrent l’amitié germano-hongroise

A Budapest, des néo-nazis célèbrent l’amitié germano-hongroise

12 février 2012 à 15 h 52 min 7 commentaires

Un rassemblement néo-nazi s’est tenu samedi 11 février dernier sur les hauteurs de Budapest. Réunis à l’initiative de plusieurs organisations « hungaristes » et nationales-socialistes, 300 sympathisants et militants d’extrême-droite ont rendu hommage aux soldats allemands et hongrois tombés devant les Russes lors de la bataille de Budapest en 1945.

Hejöszalonta, avril 2011 crédit : corentin léotard / HUlala

Vers des émeutes de la faim en Hongrie ?

10 février 2012 à 12 h 08 min 3 commentaires

L’augmentation de la pauvreté liée à la crise économique et au plan d’austérité mis en place par le gouvernement conservateur de Viktor Orbán fait dangereusement croître les tensions interethniques en Hongrie.

Le côté obscur de la « Marche de la Paix »

Le côté obscur de la « Marche de la Paix »

24 janvier 2012 à 9 h 30 min 60 commentaires

Sur la photo, la réussite de la manifestation pro-gouvernementale à Budapest samedi ne fait aucun doute. Plus de 100000 personnes étaient là, et certains passionnés parlent même d’un million. Mais bien au-delà des chiffres, la réalité « ubuesque » de la gouvernance de Viktor Orbán était elle aussi bien présente dans ce rassemblement, notamment à travers sa tonalité anti Union européenne (« UERSS »). En effet, c’est pourtant grâce à des procédés hérités de l’époque communiste que le gouvernement et les organisateurs ont réussi leur coup : des cars entiers ont été affrétés dans tout le pays et même dans certaines provinces de l’ancienne Grande Hongrie pour acheminer les manifestants à Budapest.

Crédit : hu-lala

Jobbik brûle le drapeau européen

16 janvier 2012 à 16 h 17 min 11 commentaires

Le parti d’extrême-droite a rassemblé plusieurs centaines de sympathisants samedi après-midi devant le siège de la Commission européenne à Budapest, pour réclamer la sortie de la Hongrie de l’UE.

Baston à Gyöngyöspata !

6 décembre 2011 à 8 h 37 min 18 commentaires

Mercredi après-midi, une altercation a éclaté entre deux groupes d’individus à Gyöngyöspata. La dispute s’est rapidement changée en mêlée générale entre les hommes qui se sont armés d’outils. Trois personnes ont été légèrement blessées selon Levente Lázár, le porte-parole de la police du comitat de Heves.

On a tiré sur le maire Jobbik de Gyöngyöspata !

On a tiré sur le maire Jobbik de Gyöngyöspata !

30 novembre 2011 à 23 h 48 min 15 commentaires

Oszkár Juhász a été pris pour cible par des tireurs lundi soir dans la cour de la mairie de Gyöngyöspata alors qu’il sortait d’un conseil municipal.

Suicide du chef d’un groupe paramilitaire à Gyöngyöspata

Suicide du chef d’un groupe paramilitaire à Gyöngyöspata

10 novembre 2011 à 8 h 11 min 6 commentaires

Le corps de Tamás Eszes, chef du groupe paramilitaire d’extrême-droite Véderõ a été retrouvé sans vie dans sa demeure de Gyöngyöspata jeudi dernier. Mercredi matin, un communiqué de la police a confirmé la thèse du suicide, a rapporté MTI et la presse locale. Eszes avait fait parler de lui en mars après avoir organisé en collaboration avec une autre organisation extrémiste, la Szebb Jövõ Polgárõrség une marche aux flambeaux pour protester contre la „criminalité rom” et la prétendue inaction de la police. Les 22-24 avril la Véderõ a voulu organiser un camp d’entrainement paramilitaire dans les environs du village mais les forces de l’ordre ont interrompu cet événement. Le monde entier avait alors assisté au « spectacle » de la Croix-Rouge hongroise évacuant les femmes et les enfants roms. Candidat à la mairie au mois de juillet, Tamás Eszes n’est arrivé qu’à la troisième place, obtenant 134 voix (10,5%). Durant la campagne des tensions l’ont opposé au futur maire Jobbik, Oszkár Juhász. Ces tensions ont culminé lorsque Eszes a frappé le candidat du Jobbik puis a résisté aux forces de l’ordre, ce qui lui a valu une condamnation à 18 mois de prison. Tamás Eszes donnait des cours de karaté les jeudis soir, s’inquiétant de son absence ses élèves sont partis à sa recherche et ont découvert son corps à son domicile de la rue Jokai. D’après des informations locales Tamás Eszes avait des problèmes personnels et financiers.

Manifestation contre la loi sur les médias le 14 janvier 2011 à Budapest (Corentin Léotard)

Près de la moitié des Hongrois prêts à brader la démocratie

2 novembre 2011 à 11 h 44 min 22 commentaires

Selon une étude réalisée par le Nézöpont Intézet, 45% des Hongrois seraient prêts à remplacer le système démocratique actuel par un système autoritaire – de droite ou de gauche – qui leur assure une prospérité plus rapide.

Un 23 octobre sans Viktor Orbán

Un 23 octobre sans Viktor Orbán

21 octobre 2011 à 22 h 00 min 0 commentaire

Ce dimanche, la Hongrie célèbrera sa troisième fête nationale de l’année (après le 15 mars et le 20 août). Le parti au pouvoir, la Fidesz, a annoncé il y a quelques jours que son traditionnel meeting du 23 octobre, au carrefour Astoria à Budapest, n’aurait pas lieu. C’est l’absence de son « héros national », le premier ministre Viktor Orbán, contraint de se rendre au Conseil européen, qui a motivé cette décision. N’en déplaise à la droite, le quartier sera libre pour la grande manifestation anti-gouvernementale prévue dimanche dans la capitale hongroise, sur Szabadsag Sajto utca à partir de 15h.

La Fidesz offre un théâtre à l’extrême droite

La Fidesz offre un théâtre à l’extrême droite

11 octobre 2011 à 19 h 26 min 9 commentaires

Jeudi dernier, on apprenait que le Nouveau Théâtre de Budapest (Új Színház) avait pour nouveau directeur un personnage très controversé des planches et de la scène politique hongroises : l’acteur György Dörner.

Jobbik, un parti « pornolitique » qui donne des leçons de citoyenneté

Jobbik, un parti « pornolitique » qui donne des leçons de citoyenneté

11 octobre 2011 à 19 h 03 min 6 commentaires

Le parti d’extrême droite Jobbik a déposé mardi au Parlement un projet de loi électorale inédit. Il s’agirait de restreindre le droit de vote à ceux qui ont un niveau minimum d’éducation, comme l’a annoncé son leader Gabor Vona, lors d’une conférence de presse.

Béla Tarr à la Berlinale 2011 (Source : www.berlinale.de)

Nouvelle taxe santé : le « Mac Orbán », n’est pas encore né

12 juillet 2011 à 14 h 56 min 4 commentaires

Le gouvernement envisage d’instaurer un impôt sur les produits alimentaires nuisibles à la santé, également appelé « taxe hamburger ». Cette idée simple, mais encore une fois « un chouia » populiste, a été remise au goût du jour par le premier ministre hongrois lui-même, lors de son allocution au Parlement la semaine dernière. Selon l’Association nationale des transformateurs agroalimentaires, l’instauration de cette taxe peut provoquer une augmentation des prix, tout en affaiblissant la compétitivité des entreprises alimentaires.

Vu sur le site internet d'Euronews

Gyöngyöspata : l’heure du debriefing

17 mai 2011 à 10 h 58 min 5 commentaires

Après s’être laissé déborder sur sa gauche par le LMP et sur sa droite par Jobbik, le gouvernement tente de régler ses comptes sur l’affaire des milices à Gyöngyöspata. L’homme d’affaires américain qui a organisé l’« évacuation » spectaculaire des Roms lors du week-end de Pâques à quitté la Hongrie par peur de représailles, selon le Budapest Times.

Les milices n’ont qu’à bien se tenir

Les milices n’ont qu’à bien se tenir

5 mai 2011 à 17 h 24 min 0 commentaire

Le parlement a adopté un amendement au Code Pénal portant sur « des comportements de « provocations antisociales » qui pourraient intimider les individus appartenant à des minorités nationales ou ethniques, les communautés raciales ou religieuses et qui pourraient être sanctionnés de trois années d’emprisonnement », a rapporté MTI au début de la semaine.

Sándor Képiró, l’ancien Nazi de nouveau devant la justice

Sándor Képiró, l’ancien Nazi de nouveau devant la justice

5 mai 2011 à 12 h 40 min 9 commentaires

Ce criminel de guerre nazi de 97 ans, l’un des derniers, se présente aujourd’hui jeudi devant le tribunal de Budapest.

Hejöszalonta, avril 2011 (HU-lala/Corentin Léotard)

Premier accrochage majeur entre Roms et miliciens d’extrême-droite

27 avril 2011 à 13 h 10 min 8 commentaires

Cela fait plusieurs semaines que Hu-lala, informé par des sources locales de la tension extrême qui règne dans certains villages, alerte sur le risque de heurts interethniques dans les campagnes de Hongrie. Hier soir à Gyöngyöspata, une rixe entre Roms et miliciens de Véderö a fait quatre blessés, dont un grave.

Hejöszalonta, avril 2011 (HU-lala/Corentin Léotard)

La fin des milices ? Pas si sûr…

18 avril 2011 à 23 h 27 min 1 commentaire

Après de longues semaines d’inaction vis-à-vis des associations d’autodéfense liées à Jobbik , le gouvernement hongrois a finalement tapé du poing sur la table en fin de semaine dernière. Sans résultat probant jusque-là…

Le nouveau programme du Jobbik : Béla IV au secours de la Hongrie

Le nouveau programme du Jobbik : Béla IV au secours de la Hongrie

18 avril 2011 à 8 h 06 min 7 commentaires

Gábor Vona, le président du groupe parlementaire Jobbik vient de présenter la nouvelle ligne directrice du parti : le plan Béla IV. Au programme, 30 points pour organiser le « sauvetage du pays », avec notamment la mise en place d’une Union centre-européenne, a rapporté Index.

Hejöszalonta, 2 avril (Corentin Léotard/Hu-lala)

Jobbik et ses milices jouent avec le feu à Hejöszalonta

6 avril 2011 à 10 h 39 min Comments are Disabled

Après Gyöngyöspata moins d’un mois plus tôt, c’est à Hejöszalonta, dans le Nord-est de la Hongrie, que Jobbik a mobilisé ses sympathisants et ses associations d’« autodéfense », samedi soir, pour provoquer et accuser collectivement l’ensemble de la communauté tsigane du meurtre d’une femme du village.

Marianne2 se penche sur le cas hongrois

Marianne2 se penche sur le cas hongrois

28 mars 2011 à 12 h 08 min 1 commentaire

Qui est le nouveau premier ministre hongrois ?, s’est interrogé le journaliste indépendant Christophe Ventura, pour le site internet Marianne2.

Le procès des meurtriers présumés de six Roms hongrois s’est ouvert

Le procès des meurtriers présumés de six Roms hongrois s’est ouvert

27 mars 2011 à 21 h 06 min 0 commentaire

Le procès contre les présumés coupables d’une série d’attaques racistes anti-Roms qui a coûté la vie à six personnes, dont une femme et un enfant de cinq ans, s’est ouvert vendredi matin au tribunal du département de Pest.

Magyar garda, le 23 octobre 2009 (HU-lala)

Le spectre de heurts interethniques en Hongrie

17 mars 2011 à 19 h 26 min 28 commentaires

Dans le Nord de la Hongrie, des militants d’extrême-droite ont pris possession du village de Gyöngyöspata pour intimider la population rom locale. Dans les régions défavorisées du pays, l’instabilité sociale consécutive à l’augmentation de la pauvreté laisse craindre une dangereuse dégradation des relations interethniques.

Le 15 mars à Budapest, Erzsébet Hid (Hu-lala)

Manifestation gigantesque de l’opposition pour dénoncer la loi sur les médias

16 mars 2011 à 8 h 00 min 6 commentaires

La fête nationale du 15 mars a été marquée par une manifestation « monstre » qui a rassemblé de vingt à trente mille personnes de l’opposition de gauche au gouvernement de Viktor Orban – selon des chiffres de la police -, pour réclamer le retrait de la loi sur les médias et critiquer la politique gouvernementale.

La Magyar Garda le 23 octobre 2009 (HU-lala)

Gabor Vona fait son show en uniforme au Parlement

15 février 2011 à 10 h 30 min 0 commentaire

Hier, le président de Jobbik Gábor Vona s’est rendu au Parlement en portant un gilet faisant partie de l’uniforme de la Magyar Gárda, en signe de « protestation contre la dégradation de la sécurité publique », provoquant l’interruption de la séance par le président du Parlement, István Újhelyi. Selon István Újhelyi, Gábor Vona a commis une violation du droit, tandis que le député Fidesz László Kövér a affirmé qu’il n’existe pas de mesures pour des cas pareils. Tout cela était cousu de fil blanc – Vona ayant annoncé son acte à l’avance -, le député socialiste Zsolt Török a appelé la police après qu’il ait aperçu plusieurs hommes portant le gilet de Magyar Gárda dans l’enceinte parlementaire. La police communiquera des informations complémentaires ce mardi. Récemment, Jobbik a multiplié les critiques à l’encontre de la Fidesz au pouvoir, l’accusant de laxisme vis-à-vis de la « criminalité tsigane ». Articles liés : Jobbik repart en campagne Plusieurs centaines de manifestants demandent la libération de Budaházy Selon Jobbik, il n’y a pas de démocratie en Hongrie actuellement La ségrégation pour éviter « la guerre civile » Orbán prend ses distances avec l’extrême-droite Tensions communautaires en vue

La rue de la Constitution

Constitution (2/2): pendant ce temps dans l’opposition…

14 février 2011 à 10 h 48 min 0 commentaire

Alors que les deux partis de la coalition gouvernementale, la Fidesz et le KDNP, se font des bisbilles sur le contenu de la Constitution, les trois partis d’opposition n’en sont encore qu’au stade où ils se demandent s’ils vont tomber dans le piège de la main tendue du gouvernement.

Jobbik en campagne le 15 mars 2010 (Hu-lala)

Jobbik repart en campagne

8 février 2011 à 1 h 24 min 2 commentaires

Le mouvement pour une meilleure Hongrie a manifesté jeudi soir à Lak, dans le Nord-est de la Hongrie, pour y exploiter un fait divers particulièrement sordide.

Plusieurs centaines de manifestants demandent la libération de Budaházy

Plusieurs centaines de manifestants demandent la libération de Budaházy

28 janvier 2011 à 13 h 12 min 0 commentaire

En marge du rassemblement contre la nouvelle loi sur les médias, une autre manifestation a eu lieu hier soir à Budapest. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le siège du Fidesz pour demander la libération de György Budaházy. L’activiste d’extrême droite est en détention provisoire depuis juin 2009, soupçonné d’avoir monté un « gang » en 2007 en vue de mener des attaques contre certains parlementaires. Budaházy aurait attaqué à coup de bombes artisanales les maisons des députés István Hiller (MSzP) et János Koka (SzDSz) fin 2007. D’autres attaques similaires auraient été conduites par Budaházy et ses complices en février 2008. Parmi les manifestants, étaient présents la député européenne Jobbik Krisztina Morvai et le parlementaire hongrois, également Jobbik, György Gyula Zagyva. Article lié: « Szabadságot Budaházynak! »

37% pour la Fidesz, 10% pour les socialistes

30 novembre 2010 à 23 h 32 min 1 commentaire

La coalition gouvernementale Fidesz-KDNP caracole toujours en tête, loin devant les autres partis de l’opposition, au mois de novembre, selon un récent sondage de l’institut Szonda Ipsos pour le Népszabadsag. Les féroces débats qui agitent les travées du Parlement ces dernières semaines sur les grandes orientations économiques et les réformes des institutions n’ont semble-t-il pas beaucoup ému l’opinion publique hongroise. Le rapport de force entre la droite au pouvoir et le principal parti d’opposition, le MSZP, est resté quasi-inchangée par rapport au mois précédent. La coalition du grand parti de droite et du parti chrétien-démocrate KDNP recueille 37%, contre seulement 10% pour les socialistes du MSZP (contre 39% et 11% un mois plus tôt). La troisième force politique du pays, l’extrême-droite Jobbik, continue sa lente régression dans l’opinion, de 6% à 4%, tandis que la popularité du parti « vert-libéral » LMP est restée stable à 2%. Si des élections législatives avaient eu lieu au moment de ce sondage, ces deux partis n’auraient peut-être pas atteints le seuil nécessaire pour entrer au Parlement. Profils succincts de l’électeur type, selon les résultats de Szonda-Ipsos : Fidesz : vient de la classe moyenne, vit hors de Budapest et est âgé de 30 à 40 ans MSZP : vit à Budapest ou d’autres grandes villes du pays et est âgé de 50 ans ou plus Jobbik : jeune de la classe moyenne LMP : jeune vivant à Budapest et ayant un emploi bien rémunéré

Manifestation Jobbik, le 23 octobre 2010 (Hulala)

Selon Jobbik, il n’y a pas de démocratie en Hongrie actuellement

17 novembre 2010 à 10 h 18 min 5 commentaires

Le parti d’extrême-droite Jobbik a rassemblé ses sympathisants sur Kossuth tér, devant le parlement, mardi soir, pour protester contre l’omnipotence de Viktor Orban et de son parti la Fidesz et contre sa volonté de réécrire la Constitution hongroise. Décidément, la politique de la Fidesz fait l’unanimité contre elle au sein des autres partis à sa gauche et à sa droite. Après la grande manifestation organisée par le parti socialiste (MSZP) il y a tout juste deux semaines, c’est l’extrême-droite qui est descendu dans la rue pour dénoncer la mainmise de la Fidesz sur le pouvoir et sa volonté de réécrire la Constitution de manière unilatérale. « Actuellement il n’y a pas de démocratie dans ce pays« , a déclaré le président du Jobbik, Gabor Vona, au cours du rassemblement, accusant aussi le parti du premier ministre, la Fidesz, de « s’emparer de la Constitution« . Le député européen Jobbik, Csanad Szegedi (connu pour avoir osé porter l’uniforme de la Magyar Garda dans l’enceinte du parlement européen) a quant à lui déclaré que les députés de Jobbik ne soutenaient pas une Constitution qui n’est pas en accord avec la Szent Korona (la Sainte-Couronne hongroise). Gabor Vona a aussi estimé qu’au lieu de traquer la Magyar Garda, Viktor Orban devrait plutôt mettre l’ancien premier ministre Ferenc Gyurcsany en prison. « Nous ne les laisserons pas faire de nous des Palestiniens dans notre propre pays« , a prévenu Gabor Vona. Le premier ministre hongrois avait demandé au parti d’extrême-droite de renoncer à cette manifestation, ce à quoi Gabor Vona a répliqué dans son discours : « La rue était à nous et elle le restera !« . N’oublions pas qu’il y a en jeu le titre de « meilleur parti d’opposition » qui se joue entre le MSZP et Jobbik, qui a d’ailleurs bâtit une partie de sa réputation à force de grands show urbains. Mihaly Karolyi Vs Miklos Horthy Prétextant de l’anniversaire de l’entrée de Miklos Horthy dans Budapest à la tête de l’armée nationale contre-révolutionnaire, le 16 novembre 1919, le parti d’extrême-droite a aussi exigé le retrait de la statue du « traître » Mihály Károlyi, érigée à côté du Parlement. Dans la conscience collective hongroise actuelle, Mihály Károlyi, président de la République démocratique hongroise de 1918 à 1919, est tenu pour responsable du traité de Trianon qui a entériné les pertes territoriales du Royaume de Hongrie après la première guerre mondiale. Jobbik a proposé d’ériger à la place une statue de Miklos Horthy, qui a mis fin à la République des Conseils du communiste Béla Kun, en instaurant un régime autoritaire très conservateur de 1920 à 1944. Articles liés : La gauche se rebiffe en «Orbanie» ! Une manif anti-gouvernementale à la Budapest Sportaréna

Le23 octobre sur Kossuth tér (Hulala)

Une fête nationale tout en douceur

25 octobre 2010 à 14 h 14 min 0 commentaire

Qu’il paraît loin le temps où les fêtes nationales finissaient en émeutes à Budapest ! La Hongrie semble enfin en paix avec elle-même. Après le temps de l’instabilité politique, voici le temps de la sérénité (ou de l’apathie…). Au grand désespoir des Hongrois, le 23 octobre tombait cette année un samedi. Quelques trois mille personnes se sont tout de même regroupées sur Kossuth tér pour faire honneur à leur nouveau leader, Viktor Orban, qu’ils ont royalement élu en avril dernier. Celui-ci ne s’est pas privé de qualifier à nouveau sa victoire de « révolution ». Selon lui, son élection s’inscrit dans la continuité directe du soulèvement hongrois de 1956 puis de la chute du communisme. Le peuple hongrois réclamait un homme fort pour mettre fin au désordre, le voilà servi ! Depuis les fameuses émeutes de 2006 qui avaient suivi la fuite dans les médias d’un discours du premier ministre socialiste d’alors, Ferenc Gyurcsany, chaque fête nationale nous rappelait à quel point la nation hongroise était divisée. Rien de tel cette année pour les commémorations du soulèvement hongrois contre l’oppresseur russe en 1956. Pour quiconque a vécu les 23 octobre ces dernières années, l’ambiance était assez déroutante. Pas de barrières de sécurité pour repousser le public au-delà de la place du Parlement, pas de policiers anti-émeute mais seuls quelques petits groupes de policiers placés aux carrefours, l’air franchement détendu voire rigolard. Et du côté du public, ni insultes, ni crachats, ni vociférations ! Dans les rues de la capitale, presque personne ne portait de cocardes tricolores rouge-blanc-vert, fièrement portées au niveau du cœur par une grande partie des Hongrois ces dernières années. Même Jobbik devient zen… Même le meeting de Jobbik s’est déroulé dans une atmosphère sereine ! Visiblement, les jeunes skinheads – pour la plupart issus des groupes de supporters de football – sur lesquels le parti a toujours pu compter ces dernières années pour assurer le spectacle médiatique en troisième mi-temps, n’ont pas été conviés à la fête. A moins qu’ils n’aient décidés par eux-mêmes de rester à la maison estimant que cela ne vaut plus le coup de supporter un parti devenu quelconque… puisque parlementaire. Du coup, le rassemblement comptait moins de mille personnes, soit en moyenne environ trois fois moins de sympathisants que du temps où Jobbik n’avait pas la parole au parlement. Articles liés : Il y a un, renconte avec l’égérie de 1956 1956 : des commémorations à l’avant-goût électoral

Le 4 juillet sur Erzsébet tér (HULALA)

La dispersion du rassemblement de la Gárda jugée illégale

5 octobre 2010 à 15 h 48 min 0 commentaire

Le Tribunal Municipal de Budapest a rendu son verdict hier : la dispersion du rassemblement de la Magyar Gárda à Erzsebet tér le 4 juillet 2009 par la Police, a été jugé illégale. Rappel des faits: deux jours plus tôt, la Cour d’appel de Budapest avait confirmé la dissolution officielle de la Gárda. En guise de réponse, la Magyar Gárda et ses sympathisants avaient organisé ce rassemblement du 4 juillet pour protester contre ce jugement. Leur « action » fut très médiatisée puisqu’elle fut organisée un samedi après-midi en plein été sur l’une des pelouses les plus fréquentée du centre ville. La Gárda venant tout juste d’être jugée illégale, la police décida de briser le rassemblement en « ramassant » les membres de la Gárda un à un, avant de gazer et disperser les sympathisants restant. Bien que la Magyar Gárda soit toujours considérée comme étant illégale, le Tribunal Municipal de Budapest a expliqué que le rassemblement n’aurait dû être dispersé que si celui-ci était devenu violent. Le député Jobbik Tamás Nagy-Gaudi s’est félicité de cette décision. Articles liés : La rébellion de la Magyar Gárda La Garde hongroise est morte, vive la Garda

Spots de campagne : la Commission électorale donne raison à Jobbik

Spots de campagne : la Commission électorale donne raison à Jobbik

28 septembre 2010 à 14 h 37 min 0 commentaire

Selon la décision rendue lundi par la Commission Nationale Electorale (OVB), la décision de la Magyar Televizio de ne pas diffuser les spots de campagne de Jobbik, pour les élections municipales du 3 octobre, est illégale. Il est donc possible, dès aujourd’hui, de recevoir depuis chez soi les messages de l’extrême-droite dénonçant tout à la fois les politiciens corrompus, les multinationales et le « crime tsigane ».

Le candidat Jobbik à Miskolc arrêté par la police

Le candidat Jobbik à Miskolc arrêté par la police

27 septembre 2010 à 14 h 35 min 2 commentaires

La campagne électorale  pour les élections locales du 3 octobre est décidément délicate pour le parti d’extrême-droite ! Après s’être vu refuser la diffusion de leurs spots de campagne par les médias publics, le candidat de Jobbik à la mairie de Miskolc, Márton Szegedi, a été arrêté par la police, dimanche après-midi, pour avoir arraché une affiche du candidat socialiste Sándor Káli, à un arrêt de tram. Cette  péripétie devrait rester sans conséquence pour la candidature Jobbik , la police ayant indiqué qu’elle traiterait l’affaire rapidement. Beaucoup plus sérieux pour le parti d’extrême-droite, un récent sondage qui indique une nette régression de sa popularité et lui prédit 10% des voix aux municipales. Il se pourrait bien que Jobbik ait déjà connu son heure de gloire… aux législatives d’avril dernier.

Les spots de Jobbik refoulés par MTV et Magyar Radio

26 septembre 2010 à 20 h 29 min 1 commentaire

Les spots de campagne pour les élections locales du 3 octobre du parti d’extrême-droite Jobbik ne sont pas les bienvenus sur les médias publics en raison de leur caractère offensant à l’encontre de la minorité rom de Hongrie. C’est en tout cas comme cela que la radio publique hongroise, Magyar Rádió, a justifié sa décision de les bannir de ses ondes. Jobbik compte bien faire appel auprès de la Commission nationale électorale. « MTV n’a même pas daigné avertir Jobbik que les spots ne seraient pas diffusés », a déploré la porte-parole du parti, Dóra Dúró à MTI. Elle a estimé, de façon fort peu convaincante, que les spots de campagne n’enfreignent pas la loi, comme l’a affirmé MTV, car « Jobbik emploie l’expression de « crime tsigane » au sens criminologique et non au sens ethnique.« 

La provocation de Jobbik le 11 septembre

La provocation de Jobbik le 11 septembre

16 septembre 2010 à 13 h 09 min 16 commentaires

L’information nous parvient tardivement, via le Mandiner Blog, mais elle mérite quand même le coup d’œil. Samedi 11 septembre dernier, le parti d’extrême-droite Jobbik a organisé la « journée de l’amitié arabo-hongroise (Arab-Magyar Baratsag Napja). Arabes et Hongrois, invités, sympathisants ou curieux, se sont donc réunis autour de conférences, de projections de film, d’expositions de photos et de dégustations de spécialités arabes et hongroises. Gardant à l’esprit la vision du monde pour le moins ethnocentriste véhiculée par Jobbik, cette volonté d’ouverture à une autre culture ne manque pas de surprendre. Pour s’en convaincre, il suffit de feuilleter les nombreuses publications associées à Jobbik, de Barikad à Nagy Magyarorszag en passant par Karpatia. Mais tant de sollicitude, c’était trop beau pour être vrai. La date de l’évènement – le jour même de l’anniversaire des attentats contre le World Trade Center et le Pentagone – ne doit évidemment rien au hasard. Sans doute Jobbik a-t-il voulu montrer qu’à la thèse officielle, il préfère les théories imputant aux Juifs la responsabilité de ces attentats du 11/09/2001.Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’extrême-droite hongroise, affiche son soutien à la cause arabe et palestinienne pour mieux dénigrer Israël et les Juifs dans leur ensemble. Ainsi il n’est pas rare de voir son leader, Gabor Vona, arborer le keffieh des combattants palestiniens. Les ennemis de mes ennemis sont mes amis, comme dit le dicton…

La ségrégation pour éviter « la guerre civile »

La ségrégation pour éviter « la guerre civile »

2 septembre 2010 à 12 h 28 min 2 commentaires

Jobbik, cela est bien connu, n’est pas ce qu’on pourrait appeler un fervent partisan du multiculturalisme. Lors d’une conférence de presse mercredi, le parti d’extrême-droite a exposé ses solutions très concrètes face à l’échec de l’intégration des Roms en Hongrie. Pour Jobbik, le constat est sans appel : la politique d’intégration de la minorité rom dans la société hongroise, menée depuis la fin de la période communiste, est un échec que les partis précédemment au pouvoir n’ont pas eu le courage d’affronter. Selon son leader, Gabor Vona, le multiculturalisme et plus spécifiquement la cohabitation entre Hongrois ethniques et Roms est la faiblesse principale de la Hongrie. « Nous avons besoin de nouvelles solutions si nous voulons éviter la guerre civile« , a-t-il estimé devant les journalistes présents à la conférence de presse. Ses solutions ? La ségrégation par la création de « zones de criminalité », où seraient parqués, sous surveillance policière, les délinquants. Très concrètement, Jobbik a proposé, par la voix de son député Csanad Szegedi, la mise en place d’une première « zone d’ordre public », dans la ville de Miskolc. Une zone bouclée où ses résidents seraient enregistrés et placés sous la surveillance permanente de la gendarmerie locale, dans le but de venir à bout des « éléments criminels » et de les forcer à l’intégration. Ce vaste programme prévoit aussi la création de prisons autonomes où les détenus subviendraient eux-mêmes à leurs besoins. Jobbik n’oublie pas non plus les enfants roms, ces délinquants en devenir (Sic!), avec la création de pensionnats où « la ségrégation serait un outil éducationnel plus productif ». La ghettoïsation pour le bien des Roms, en quelque sorte. Il est peu sûr que les principaux concernés goûtent cette sollicitude à leur égard comme il se doit… Un peu de la même façon que Laurent Fabius avait affirmé, en France dans les années 80, que « Le Pen pose les bonnes questions mais donne les mauvaises réponses », le tableau dressé par Jobbik ne fait pas débat en Hongrie, mais c’est sur les solutions à apporter que l’opposition socialiste et le parti de droite au pouvoir divergent. Les socialistes du MSZP estiment que le gouvernement FIDESZ de Viktor Orban ne se distance pas suffisamment de l’extrême droite et ont menacé de « rapporter » l’affaire à Bruxelles pour dénoncer son « silence cynique sur des questions qui mettent en danger la démocratie. » s’il ne prenait pas position plus clairement. Dans un communiqué, la FIDESZ a estimé pour sa part que la solution « n’est pas de créer des ghettos, mais d’avoir une législation stricte et une police forte ». Elle a intimé à Jobbik, ses petits frères turbulents de l’extrême-droite, d’ « examiner la Constitution hongroise avant d’émettre des propositions si outrageantes. » Pour Jobbik, à problème simple, réponse simple. C’est sans doute la grande force de ce parti et la principale raison de son succès que de proposer des solutions  rapides et radicales à des questions complexes, voire parfois considérées comme insolubles par le reste de la classe politique. Articles liés : Tensions communautaires en vue L’ordre et la sécurité, mais pas ceux de la Magyar Garda La « question Rom » selon Bajnai Discrimination scolaire: l’Etat hongrois mis en cause

La solution au problème démographique selon le Jobbik

29 juillet 2010 à 17 h 17 min 3 commentaires

Le Jobbik a proposé mardi sa solution au problème du déclin démographique hongrois en réclamant l’exemption de certaines taxes pour les familles nombreuses. Petit rappel: selon les estimations de l’Institut Central de Statistiques (KSH), la population en Hongrie devrait passer sous la barre symbolique des 10 millions d’habitants cet été. Dans un pays où l’on meurt beaucoup plus que l’on ne naît (77.000 décès en 2008 pour seulement 21.000 naissances), l’extrême-droite est bien entendu plutôt en faveur d’une augmentation de la natalité, que du solde migratoire, pour pallier ce problème. Au lieu d’imposer les contribuables à titre individuel, le Jobbik propose de taxer les revenus par familles. Une famille de trois enfants ou plus serait exemptée de payer l’impôt sur le revenu, a expliqué aux journalistes le député Balazs Lenhardt. Une proposition qui ne fera très probablement pas l’objet d’une loi, mais qui au moins, a le mérite de parler du sérieux problème démographique en Hongrie. Article lié: Bientôt moins de 10 millions d’habitants !

Jobbik et le grand bond en arrière

Jobbik et le grand bond en arrière

27 juillet 2010 à 10 h 51 min 9 commentaires

Par les réintroductions de la prière nationale de l’entre-deux-guerres à l’école et du drapeau national pré-1945, le parti d’extrême-droite Jobbik a proposé par la voie parlementaire de revenir à un temps que les plus de 80 ans auraient préféré ne pas connaître… Pour l’ensemble de l’Europe, la période de l’entre-deux-guerres est une page noire de son histoire qu’elle aimerait pouvoir effacer. Celle de la crise économique, de la montée du fascisme et de la marche à la guerre. D’ailleurs, aujourd’hui encore, ne dit-on pas d’une idée rétrograde et dangereuse, qu’elle constitue un « retour aux années 30 » ? Il n’en va pas de même pour l’extrême-droite hongroise pour qui l’entre-deux guerres représente une période exaltante où la nation hongroise s’était dressée comme un seul homme derrière son chef, l’amiral Miklos Horthy, pour dénoncer le « diktat » de Trianon qui avait mis en pièce le Royaume hongrois en 1920. A cette époque, les petits écoliers hongrois récitaient en chœur chaque matin la « Magyar Hiszekegy », celle que Jobbik aimerait entendre résonner à nouveau : Je crois en un Dieu Je crois en une patrie Je crois en une vérité sainte et éternelle Je crois en la résurrection de la Hongrie Amen Seconde proposition du parti, le retour du drapeau national hongrois tricolore frappé du blason symbolisant l’union de tous les Magyars du Bassin des Carpates, la Sainte couronne, que le régime communiste avait supprimé.

La MG en parade le 23 octobre 2009 (Hu-lala)

Orbán prend ses distances avec l’extrême-droite

17 juillet 2010 à 17 h 08 min 4 commentaires

Au terme d’une rencontre avec des députés de Jobbik la semaine dernière, le premier ministre Viktor Orbán s’est engagé à prendre des mesures sévères contre la Magyar Garda qui continue de défier la justice hongroise. « Tout comme les voleurs de poules ne resteront pas impunis, nous ne pouvons pas tolérer des groupes paramilitaires qui veulent faire justice en dehors de la loi, ou que des députés ignorent les tribunaux hongrois et leurs décisions. Quant à moi, je ne donnerai pas mon consentement pour que nous quittions la civilisation.« , a déclaré Viktor Orba n aux journalistes présents au sortir de la réunion, ajoutant qu’il « n’aurai pas de repos tant qu’une loi excluant catégoriquement la possibilité de « petites combines » auxquelles nous assistons maintenant ne sera pas votée. » De son côté, le leader de l’extrême-droite Gabor Vona s’est dit prêt à entrer en conflit dans les années à venir avec les autre partis parlementaires sur cette question de la Garda. Il avait d’ailleurs promis à plusieurs reprises au cours de sa campagne électorale au printemps dernier que Jobbik ne deviendrait jamais un parti comme les autres, même une fois au parlement, et qu’il ne transigerait pas sur ses idées. Sur cette question, le clash entre les droites « traditionnelle » et « extrême » est donc inévitable, à terme. Orban, dans le rôle du pompier pyromane « Ce n’est pas simplement la Garda en tant que groupe paramilitaire, qui est en soi un grave problème, qui est en jeu, mais de la mentalité qui est derrière tout cela», a estimé Viktor Orban au cours de  la rencontre. Effectivement… parmi les autres griefs exprimés par Jobbik le même jour: le fait que la FIDESz aligne sa politique étrangère vis-à-vis d’Israël sur la politique européenne, beaucoup trop amicale au goût de l’extrême-droite. Les deux partis de droite  se sont finalement accordés sur un point : la nécessité d’enrayer le déclin démographique de la Hongrie en encourageant la natalité. Mais dans ce domaine, des mesures symboliques pour exalter le patriotisme hongrois ne suffiront pas, il va falloir commencer par relancer toute l’économie hongroise. Après avoir attisé le nationalisme latent en Hongrie, il semble bien que le gouvernement ait la réelle volonté de s’attaquer au phénomène qu’il a contribué à créer par sa stratégie politique, et de venir à bout des trublions de l’extrême-droite (Viktor Orban ayant dénoncé les groupes paramilitaires devant l’Académie des officiers de police de Budapest à la fin du mois de juin). Articles liés : L’ordre et la sécurité, mais pas ceux de la Magyar Garda Les liaisons dangereuses de la police avec l’extrême droite « L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor Tensions communautaires en vue La Garde hongroise est morte, vive la Garda La rébellion de la Magyar Gárda Les liaisons dangereuses de la police avec l’extrême droite « L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor Tensions communautaires en vue La Garde hongroise est morte, vive la Garda La rébellion de la Magyar Gárda

A Astoria, le 15 mars 2010 (HU-lala)

« Szabadságot Budaházynak! »

22 juin 2010 à 8 h 06 min 0 commentaire

Samedi après-midi, quelques 200 manifestants ont manifesté aux cris de « Szabadságot Budaházynak! » (Liberté pour Budaházy) sur Vörösmarty tér pour demander la libération du plus fameux des « prisonniers politiques » hongrois, l’activiste d’extrême-droite, György Budaházy, dont la détention a été prolongée de deux mois, jusqu’au 19 août, par le tribunal de Budapest. Les manifestants étaient soutenus par deux grandes figures du mouvement nationaliste : la députée Jobbik Krisztina Morvai et László Toroczkai, leader du Mouvement des 64 Comtés HVIM. Pour protester contre ce qu’ils considèrent être des « procès spectacles » à l’encontre des activistes d’extrême-droite, Jobbik et d’autres forces nationalistes hongroises tiendront une manifestation d’un genre peu commun : Il s’agira d’un sit-in dans une cage, douze heures par jour pendant sept jours, à compter de mercredi matin. A 41 ans, l’homme a déjà un long passé de subversion derrière lui. Parmi beaucoup d’autres faits d’armes, Budaházy avait organisé en avril 2002 le blocage du pont Erzsébet à Budapest pour contester la victoire des socialistes aux législatives. Il avait aussi été l’un des fers de lance du mouvement insurrectionnel qui avait suivi la diffusion des aveux de mensonges du gouvernement socialiste à l’automne 2006. Budaházy avait été arrêté le 17 juin 2009 puis placé en détention provisoire sur des accusations de terrorisme,  crimes contre l’Etat et vandalisme. Source : Hungary around the clock

Vive le «Jour de l’unité nationale» !

Vive le «Jour de l’unité nationale» !

21 mai 2010 à 0 h 22 min 4 commentaires

Le député FIDESz László Kövér et le leader du parti chrétien démocrate en coalition avec la FIDESz, Zsolt Semjén, ont déposé conjointement un projet de loi visant à faire du 4 juin, date d’anniversaire du traité de Trianon, le « Jour de l’unité nationale », et à impliquer davantage l’Etat hongrois en faveur de l’autonomie des minorités hongroises. Que fait un pays balloté dans la mondialisation, frappé par la crise économique et dont la démographie décline vertigineusement ? Il trouve refuge dans le passé, l’ethnie, la nation. Les nouveaux détenteurs du pouvoir en Hongrie n’ont pas perdu de temps : après le projet de loi déposé lundi pour faciliter l’octroi de la citoyenneté hongroise aux Magyars des pays voisins, ils s’attaquent maintenant à un symbole très fort en Hongrie : le traité de Trianon. Il faut évidemment y voir un geste, somme toute très prévisible, en faveur de la frange droite de la FIDESz et de Jobbik, qui est d’ailleurs à la base de cette nouvelle proposition de loi. L’autodétermination! Réaffirmer l’existence d’une nation culturelle hongroise transnationale au sein de l’Europe centrale et contraindre l’Etat hongrois à s’engager activement en faveur de sa réunification via l’accès à l’autonomie des minorités hongroises, pour dépasser les effets du traité de Trianon. Voici en substance l’objectif du projet, qui reste concrètement encore assez flou. Le texte est fondé sur le constat que le traité de Trianon, qui a dépecé le royaume de Hongrie suite à la première guerre mondiale, a laissé des « marques indélébiles » dans les consciences des nations d’Europe centrale et a directement ou indirectement influencé l’histoire de la région pour plusieurs générations. Il stipule que le Parlement hongrois doit affirmer l’engagement de la Hongrie en faveur de « communautés autonomes ». « Les membres des minorités hongroises soumises à l’autorité de différents Etats forment une nation hongroise unie, dont la cohésion transnationale est une réalité et constitue la composante principale de leur identité personnelle et collective. » La proposition de loi stipule aussi que les tentatives de surpasser les problèmes créés par le traité de Trianon ont échoué (De ce point de vue, la situation des Hongrois en Slovaquie et les tensions entre les deux pays ont largement battu en brèche l’idée selon laquelle l’Union européenne allait agir comme un catalyseur naturel des problèmes liés aux minorités en Europe centrale) et que la solution aux problèmes existants est la coopération bilatérale entre Etats démocratiques dont le point de départ pourrait être la liberté des individus et « le droit des communautés nationales à l’autodétermination ». « Autodétermination », le mot est lâché…et il pourrait résonner fortement aux oreilles des voisins des Hongrois. Assistance ou ingérence ? Après huit ans d’un pouvoir socialiste mal à l’aise avec la question des minorités – qui est le pré-carré de la droite après 40 ans d’autisme du pouvoir communiste – et qui envisageait la question minoritaire sous l’angle de  l’intégration européenne et du développement économique, l’Etat hongrois effectue un virage à 180°. Le risque est grand pour que cette implication soit perçue comme de l’ingérence par les voisins de la Hongrie : la Slovaquie en premier lieu, puis la Roumanie et la Serbie. Reste aussi à savoir si cette politique, qui aura l’avantage sur plan intérieur pour la FIDESz de donner des gages à la frange droite de son électorat et de contenir Jobbik, sera profitable aux premiers concernés : les Hongrois vivant dans une position minoritaire. On se souvient que les appels incessants de la FIDESz à l’autonomie culturelle et territoriale des Hongrois de Serbie, en pleine crise du Kosovo, avaient été dénoncés par nombre d’entre eux qui s’étaient senti instrumentalisé par Budapest et mis en danger par sa position « diplomatique ». Articles liés : Double citoyenneté : le projet avance Les minorités resurgissent comme par magie Hongrie-Serbie : Quand il n’est plus question de guerre, mais de coopération Le Président hongrois refoulé de Slovaquie La Slovaquie veut faire taire sa minorité hongroise

Les Hongrois, ces grands fascistes !

Les Hongrois, ces grands fascistes !

3 mai 2010 à 0 h 37 min 8 commentaires

Les médias européens et d’outre-atlantique ont bien relayé les résultats des élections législatives hongroises, mais en dressant le portrait d’un pays rongé par le racisme, l’antisémitisme et les ressentis historiques. Au grand dam de la presse hongroise, de droite comme de gauche, qui dénonce la superficialité d’un tel traitement médiatique. Mais devant l’ampleur de la montée de Jobbik, pouvait-il en être autrement ? Parfois amusée, mais plus souvent exaspérée, la presse hongroise n’a pas manqué de relever les inexactitudes, dans le fond et dans la forme, de la couverture médiatique internationale des élections hongroises. Bien sûr il y a eu les éternelles confusions entre Budapest et Bucarest, entre le statut d’ancien satellite de l’URSS et celui de pays soviétique, et même entre le deuxième tour des législatives hongroises et la présidentielle en Autriche qui se déroulait le même jour. Le plus souvent, les médias étrangers n’ont observé les élections que par le prisme de leurs préjugés et en superposant de façon simpliste le clivage politique de leur propre pays à celui de la Hongrie. La qualification abusive de la Fidesz comme parti de « centre-droit » est en cela révélateur de leur ignorance des spécificités de la vie politique hongroise. Jobbik et les médias étrangers Les journalistes hongrois estiment que le traitement médiatique dont a fait l’objet leur pays a été beaucoup trop superficiel pour livrer une image juste et équilibrée de la Hongrie, réduite aux discriminations dont sont victimes la population rom, à l‘antisémitisme et à ses extrémistes de droite. C’est très dommageable pour un pays qui n’a pas souvent l’occasion de faire les gros titres de la presse étrangère. Jobbik a fait du mal à l’image de la Hongrie à l’étranger, mais il ne fallait pas s’attendre à autre chose. Un parti jeune et dynamique, une milice (non-armée), un leader jeune et fringant, une tête de liste très présentable en la personne de Krisztina Morvai, bref…l’extrême-droite hongroise est sexy. Tous les ingrédients étaient réunis pour que la presse fasse ses choux gras du « phénomène Jobbik », sans s’attarder sur les 83% de Hongrois qui n’ont pas voté pour un parti proto-fasciste, ni sur les nombreux électeurs de l’extrême-droite à avoir voté par protestation plus que par conviction pour les idées véhiculées par ce parti. Un symptôme ou la maladie ? Il y a comme une erreur de diagnostic de la part des observateurs internationaux à considérer Jobbik uniquement comme le mal dont souffre la Hongrie et non pas comme le symptôme d’un mal profond : les pouvoirs successifs de gauche et de droite ont échoué à apporter le bien-être à l’ensemble de leur population, dont les attentes étaient énormes vingt ans plus tôt, au moment du changement de régime. Aujourd’hui, la Hongrie est dans une situation sociale et économique désastreuse au vu de ce que laissaient espérer les débuts de la décennie 1990. L’introduction de la monnaie européenne est sans cesse repoussée (les experts parlent désormais de 2015). La gestion économique a été si mauvaise que la Hongrie a dû emprunter 20 milliards d’euros au FMI, à la Banque mondiale et à l’Union européenne. Le niveau de corruption intolérable qu’a atteint le pays et le clientélisme pour se maintenir au pouvoir à tout prix, font du MSzP et de la FIDESz les responsables de cette montée de l’extrême-droite en Hongrie. La FIDESz est coupable d’avoir largement contribué à populariser et à rendre acceptables les idées nationalistes. Elle a flirté avec l’extrême-droite, surtout en 2007-2008. On se souvient du débat qui a agité la FIDESz autour de la présence de drapeaux Arpad – un symbole de la Hongrie historique que s’est accaparée l’extrême-droite- à ses meetings. Les socialistes, quant à eux, n’ont cessé de surfer sur la vague de l’extrémisme qu’ils ont eux-mêmes largement contribué à développer. Cherchant refuge dans les colonnes de la presse étrangère, ils se sont à maintes reprises répandus sur la montée de l’intolérance dans leur pays, s’assurant le beau rôle en dénonçant particulièrement la montée de l’antisémitisme, un thème dont les médias étrangers, toujours prompts à entrevoir le retour des vieux démons, sont friands. Ternissement de l’image du pays Tous les signaux en provenance de Hongrie ces dernières années alimentent l’image d’un pays rétrograde, incapable de s’émanciper de son passé et d’assumer sa diversité pour évoluer.  Il y a eu tout d’abord les émeutes de l’automne 2006 qui ont suivi la diffusion du fameux discours du Premier ministre Ferenc Gyurcsany à Öszöd. Elles ont été largement relayées par les médias européens qui ont donné à voir des jeunes « hooligans » opposés aux forces de l’ordre dans des combats violents. Elles ont jeté une lumière crue sur une réalité hongroise jusque-là ignorée en Europe. Trois ans plus tard, en 2009, alors que Jobbik réalise une percée spectaculaire aux élections européennes (remportant près de 15% des votes) en faisant campagne notamment contre la « criminalité Tsigane », la minorité rom est victime de plusieurs meurtres à caractère raciste. Sur le plan diplomatique enfin, les querelles incessantes avec certains pays voisins, la Slovaquie notamment, discréditent la maturité politique des pays d’Europe centrale.

La Garda en garde à vue, pas de meilleure pub pour Jobbik ?

La Garda en garde à vue, pas de meilleure pub pour Jobbik ?

21 avril 2010 à 5 h 43 min 0 commentaire

Mardi 20 avril 2010, MTI annonçait que la police et la justice hongroises ont commencé à engager des poursuites contre le chef de la Magyar Garda, milice d’extrême-droite proche de Jobbik, ainsi que deux de ses associés. Ils sont accusés d’entretenir l’organisation, pourtant interdite et dissoute par décision judiciaire depuis le 2 juillet 2009. Après cette annonce, les têtes de la Garda seront peut-être mises en garde à vue une nouvelle fois, mais de là à être condamnées, c’est une autre histoire. Quant à l’interdiction elle-même, si elle n’est pas effectivement appliquée partout en Hongrie, c’est à se demander si elle ne sert pas plutôt les intérêts du marketing politique de Jobbik. Depuis cette « interdiction », plusieurs rassemblements massifs de ces « gardes » en uniformes ont eu lieu en plein centre de Budapest. Pourquoi le centre de la capitale, alors que Jobbik et ses « gardistes » sont bien plus appréciés dans les campagnes paupérisées telles que le Nord-Est du pays, où la tension communautaire entre extrémistes et tsiganes est souvent à son comble ? Parce c’est là que les caméras des télés nationales se trouvent. Jobbik et la victimisation de la Garda Deux jours seulement après cette fameuse décision de justice, deux ou trois centaines de membres de la Garda remettaient l’uniforme par provocation lors d’un sitting pacifique sur la pelouse de Gödör à Erzsébet tér. Ils ont été délogés après plusieurs heures, dans les gaz lacrymogènes, bénéficiant ainsi d’une couverture médiatique hors du commun pour ce type d’événement. Cette opération avait attiré encore plus de policiers et de journalistes que d’extrémistes (voir photo). Ce jour-là, Gabor Vona lui-même avait été « embarqué au poste » devant les caméras de télévision pour avoir porté l’uniforme. Le jeu en valait bien sûr la chandelle pour le leader de Jobbik, puisque sa publicité faite par Budapest dans les campagnes hongroises valait largement ce léger désagrément. Quelques jours plus tard, encore un coup de pub, mais au niveau européen cette fois. Lors de la première session du Parlement Européen à Strasbourg après les élections européennes de juin, Csanád Szegedi (voir photo), l’un des trois eurodéputés Jobbik de l’hémicycle, portait le même uniforme en signe de protestation. « Le seul problème avec cela« , selon l’eurodéputé FIDESz Tamás Deutsch ce jour-là, « c’est que tout le monde le (prenait) pour un réparateur ou un technicien avec son accoutrement« . Le laisser-faire des autorités Le 23 octobre dernier, la Magyar Garda en avait également profité pour rassembler plusieurs milliers de membres en uniformes sous leurs bombers, cette-fois au « temple du retour » qui jouxte Szabadsag tér. L’idée était alors de rejoindre, après un garde à vous démonstratif devant les journalistes, le meeting de Jobbik se tenant quelques rues plus loin. Lors de cette marche qui fût encadrée par à peine une vingtaine de policiers, aucune arrestation, ni aucun heurt n’a été remarqué. Peut-être la Garda avait-elle eu l’autorisation légale, à cette occasion, de se réunir fièrement, tout de noir vêtue avec une attitude militaire… Mais dans ce cas, la loi peut-elle être vraiment prise au sérieux? Le 15 mars dernier, autre fête nationale hongroise qui commémore une révolution, le meeting préelectoral de Jobbik se tenait encore dans le même quartier, derrière la basilique Szent Istvan sur Bajcsi-Zsilinszki ut. Rebelote, les « gardistes » ont préféré porter leur uniforme paramilitaire dans sa version bombers et avec des pantalons de camouflage. L’extrême droite, un « bouc-émissaire » gênant en Hongrie ? Ironie du sort: la veille du 23 octobre 2009, le Comité Helsinki en Hongrie pour la surveillance du respect des droits de l’homme avait déclaré le port de cet uniforme paramilitaire illégal, jugeant que l’acte en soi devrait donner le droit à la police de dissoudre tout rassemblement de cette nature. A entendre Krisztina Morvai au Parlement européen (voir video ci-dessous à 1 min 30sec), la question du respect des droits de l’homme en Hongrie peut se retourner comme une crêpe, surtout depuis 2006 et les violences policières à l’encontre des émeutiers, mais également à l’encontre de plus d’un millier de manifestants pacifiques, pour la plupart sympathisants de la FIDESz à l’époque, le grand parti vainqueur des élections ce mois-ci. Depuis son mandat d’eurodéputée obtenu l’an dernier, la figure « sympa » de Jobbik, qui est justement juriste experte des droits de l’homme, s’est souvent illustrée en anglais à Bruxelles et à Strasbourg, fustigeant la situation démocratique très préoccupante de la Hongrie selon elle. En s’efforçant de museler son extrême-droite grandissante, la Hongrie pourrait bien en subir les effets pervers par son système policier et judiciaire qui laisse souvent à désirer. (Lire aussi pour mieux comprendre : le ministre de la Justice jète l’éponge) Forgacs VS Vona, une Justice impuissante Le site Internet de la police hongroise indiquait hier que plus de cent témoins ont été interrogés au cours d’une enquête concernant l’entretien de l’organisation d’extrême droite, parmi lesquels des membres fondateurs de la Garda ainsi que d’anciens membres. Quoique dise cette « enquête », la Garde Hongroise continue de faire l’innocente et de se revendiquer comme un « mouvement » regroupant des individus souhaitant recevoir une éducation traditionelle hongroise… Autant dire une association, et donc pas une organisation de miliciens… Une manière comme une autre, plutôt subtile, de ne pas se sentir concernée plus que ça par la condamnation dont elle fait l’objet. Bien que l’enquête ait révélé plusieurs caractéristiques qui font penser à une organisation paramilitaire, dotée d’une hiérarchie quasi-militaire, la Justice hongroise semble justement bien désarmée pour l’interdire de fait. Condamner sérieusement ses animateurs, qui bénéficieront de surcroît de la légitimité démocratique importante de Jobbik au Parlement dès la semaine prochaine (vraisemblablement aux alentours de 17% des voix dimanche) semble bien difficile et l’effet d’annonce de la police paraît du même coup assez anecdotique. Le soutien publiquement apporté à la Magyar Garda par Jobbik et son leader, Gabor Vona, est d’ailleurs sans failles. Vona a donc compris qu’il avait tout à y gagner. Lorsqu’au début de ce mois-ci, le nouvel intérimaire à la Justice, Imre Forgacs, l’a menacé de poursuites pour avoir affirmé qu’il portera l’uniforme à son entrée au Parlement, Vona, parLire la suite

Le chômage toujours à la hausse

Le chômage toujours à la hausse

19 avril 2010 à 8 h 07 min 0 commentaire

La courbe du chômage a continué de grimper de décembre à février, pour atteindre 11,4% de la population active, selon KSH. Viktor Orban, le probable futur premier ministre, a largement fait campagne sur le thème du chômage, et promis la création d’un million d’emplois au cours de son mandat.

Qui a voté quoi ?

Qui a voté quoi ?

16 avril 2010 à 0 h 27 min 1 commentaire

L’institut de sondage Forsense a publié les résultats d’une étude conduite le jour même du premier tour des législatives, dimanche 11 avril, auprès d’un échantillon représentatif de 580 personnes. Principal enseignement : Les jeunes électeurs se sont beaucoup plus mobilisés qu’aux législatives de 2006, au profit des nouveaux venus sur la scène politique hongroise : LMP et Jobbik. L’un est progressiste et se classe plutôt à gauche, l’autre est conservateur, traditionnaliste et  franchement à l’extrême-droite. Mais tous les deux se sont imposés comme les deux partis de la jeunesse hongroise. A eux deux, Jobbik et LMP ont totalisé un petit quart de l’ensemble des votes (24%), mais 40% des 18-24 ans ont voté pour l’un ou l’autre ! La moitié de leurs électeurs ont moins de 35 ans et seulement un dixième d’entre eux ont plus de 55 ans. Près du tiers d’entre eux n’étaient pas en âge de voter lors des législatives de 2006. Pour séduire la jeunesse hongroise le 11 avril, il fallait donc ne pas faire partie du paysage politique traditionnel. En revanche, les électorats de Jobbik et LMP se distinguent nettement par leur niveau de qualification. La part des ouvriers est plus grande chez Jobbik que dans l’ensemble de l’électorat hongrois. De leur côté, les électeurs du LMP sont les plus qualifiés de tous les partis. 60% ont achevé leur cycle secondaire et un quart a un diplôme universitaire. Jobbik a un électorat essentiellement masculin, à plus de deux-tiers. Le parti d’extrême-droite a connu une ascension fulgurante. Il a commencé à rassembler après le referendum de 2008 (portant sur les dépenses de santé et les frais d’inscription à l’université), puis a constitué 60% de sa base électorale en seulement dix mois, donc depuis les élections européennes au mois de juin 2009 où il avait flirté avec 15% des votes, mais à la faveur d’une très faible participation. Un dixième de leurs électeurs de dimanche dernier a hésité jusqu’au dernier moment à voter pour un autre parti, la FIDESz pour la plupart. Lehet Mas A Politika, la grande surprise du premier tour, est incontestablement le parti qui a su tirer le plus profit de la campagne électorale. Presque inconnu cet hiver encore, il a rassemblé plus de 7% des électeurs en quelques semaines. Deux-tiers d’entre eux étaient certains de voter pour LMP deux semaines avant l’élection. Le dernier tiers, attiré dans les tout derniers jours de la campagne, a permis à LMP de franchir le seuil des 5% et d’entrer au parlement. Le jour du vote 10% ont hésité à voter « traditionnel », pour la FIDESz ou le MSZP. Du côté des « traditionnels »… Le parti socialiste MSzP a un électorat plus âgé, plus féminin et moins qualifié que la moyenne de l’ensemble des électeurs hongrois. Les deux-tiers ont plus de 55 ans et sont des femmes. L’électorat socialiste est le moins qualifié de tous les partis politique hongrois. La moitié n’a pas suivi d’études secondaires. Enfin, 90% de ceux qui ont voté pour le MSzP dimanche dernier ont affirmé avoir toujours voté pour ce parti, contre deux-tiers « seulement » pour ce qui est de la FIDESz, dont 10% des électeurs ont hésité jusqu’au dernier moment à voter pour Jobbik. Source : http://www.forsense.hu Articles liés : Les résultats des élections en cartes Résultat des législatives : le retour de la Droite « Unité, ordre, sécurité » : « V » comme Viktor Un petit pas pour l’humanisme, un grand pas pour LMP Chronique politique: les partis hongrois « pour les nuls » (5/5) – LMP Chronique politique: les partis hongrois « pour les nuls » (4/5) – MSzP Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (3/5) – MDF Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (2/5) – FIDESz Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (1/5) – Jobbik

Les résultats des élections en cartes

Les résultats des élections en cartes

13 avril 2010 à 22 h 25 min 0 commentaire

Le verdict des élections parlementaires hongroises est connu, dans les grandes lignes, depuis dimanche soir. Quelles sont les particularités régionales du vote hongrois ? Quelles sont les régions acquises au FIDESz ? Où LMP et Jobbik ont-ils bâti leur succès ? etc. Hulala vous propose une petite analyse géographique des résultats électoraux des quatre partis politiques hongrois qui ont accédé au parlement. FIDESz : Sans surprise, c’est dans les parties Ouest et Sud-ouest du pays que le grand vainqueur de l’élection a fait le plein de voix. La FIDESz dépasse même les 60% dans deux départements, Vas et Bacs-Kiskun. Elle est en revanche moins implantée dans le Nord-est. Elle réalise ses plus mauvais scores (inférieurs à 50%) dans les départements de Heves et de BAZ (Borsod-Abauj-Zemplén). MSzP : Le parti socialiste est en recul dans tout le pays. Il réalise son meilleur score dans la capitale, le seul endroit où il dépasse le quart des votes (25,3%), sur ses terres traditionnelles du Nord-est du pays et dans le Baranya. Mais c’est aussi dans ces régions qu’il a subi le plus la concurrence de Jobbik. Jobbik : Le vote d’extrême-droite divise la Hongrie, entre un Est et un Ouest. Le vote Jobbik augmente selon un gradient Sud-ouest/Nord-est. Comme nous l’avions déjà observé lors des élections européennes, c’est dans le Nord-est du pays, la région la plus pauvre de la Hongrie qu’il est le plus fort. Il y prospère sur le recul des socialistes. C’est aussi dans ses régions du Nord-est, frontalières de la Slovaquie, que les ennemis désignés de l’extrême-droite sont les plus nombreux : les Roms. LMP : Malgré un programme très axé sur le développement durable des campagnes hongroises par l’agriculture, le nouveau venu sur la scène politique hongroise touche essentiellement un électorat urbain. C’est à Budapest qu’il a recueilli le plus grand nombre d’électeurs, dans le centre-Nord du pays ainsi que dans les départements du Baranya et de Csongrad. La participation : Un peu plus faible que lors des précédentes élections de 2006  (avec 64,3%), c’est dans les régions les plus développées que les électeurs ont été le plus mobilisé : à Budapest, dans le département de Pest et dans le Nord-ouest. Source : Bureau National électoral, Országos Választási Bizottság (OVB) Réalisation graphique : Hulala

La pornstar se retire de la Garda (ou l’inverse !)

La pornstar se retire de la Garda (ou l’inverse !)

13 avril 2010 à 20 h 31 min 2 commentaires

Pornstar et « Gardista », voilà deux fonctions qui s’emboîtent bien mal. Nikolett Müller le sait désormais. Après la découverte de son activité cinématographique, fort peu compatible avec les principes de Jobbik, «Candy» (parmi d’autres pseudos) s’est faite bannir de la Magyar Garda très rapidement après que le scandale ne soit sorti dans les journaux. La Garda, qui, selon les dires de la jeune délurée, représentait pourtant la chance de laisser son passé derrière elle. Mais il semblerait qu’à la tête du parti, on ne soit pas prêt à une telle ouverture « d’esprit ». C’est certainement pleine de tristesse que l’actrice a signé sa lettre de démission et a rendu son costume de Gardista. Pour ce qui est de sa reconversion, reste à espérer que Nikolett Müller ait suffisamment de ressource pour se tirer de ce mauvais coup du sort. Articles liés : La Magyar Garda a sa pornstar Jobbik ne marche pas si droit

Un petit pas pour l’humanisme, un grand pas pour LMP

Un petit pas pour l’humanisme, un grand pas pour LMP

13 avril 2010 à 1 h 17 min 1 commentaire

Andras Schiffer, leader LMP qui, à titre anecdotique, aurait été l’avocat de Viktor Orban dans une vieille affaire, a bien résumé la situation du parti dans ses tous premiers mots, dimanche soir, à l’annonce des résultats : « merci la Hongrie. Ce résultat est une grande victoire pour le LMP, qui entre dans l’Histoire en devenant le quatrième parti du pays ».

« L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor

« L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor

12 avril 2010 à 3 h 22 min 0 commentaire

Viktor Orban semble avoir réussi son pari. Huit ans après, il redevient, sans aucun doute, Premier ministre dès le premier tour des élections législatives. Il est également en passe d’avoir un Parlement acquis à sa cause aux deux tiers, synonyme des pleins pouvoirs. Son parti, la FIDESz, remporterait 206 sièges sur 386 (52.8% des voix). Les socialistes du MSzP, avec 19.3%, se sont vus infliger une défaite humiliante, en n’occupant plus que 28 sièges, tandis que l’extrême droite de Jobbik, fameuse pour sa Magyar Garda, les talonne à moins de trois points (16.7%). Le parti radical nationaliste partageait, dimanche, la vedette de la presse internationale avec la victoire écrasante d’Orban. Après 20 ans de représentation parlementaire au centre, tantôt plus à droite, tantôt plus à gauche, l’entrée à l’Assemblée  de 26 députés Jobbik, parti anti-capitaliste, anti-tziganes, anti-juifs, anti-gays… est très commentée (www.kuruc.info, le portail d’informations de Jobbik, est la preuve la plus criante de toutes ses phobies). Elle ferait presque oublier la performance du jeune parti pro-écolo et pro-intégration des minorités LMP (7.4%), qui lui aussi pourrait y faire entrer 5 députés après le deuxième tour le 25 avril. Ce jour-là, seulement 111 sièges seront disputés dans 57 circonscriptions (sur 176 au total) par des candidats qui n’ont pas reçu au moins la moitié des suffrages. Les réactions à chaud FIDESz La star du soir, Viktor Orban, n’a pas boudé son plaisir mais est apparu serein devant son QG sur Vörösmarty tér hier soir : « Je ressens la joie totale, mais en même temps, je sais au plus profond de mon cœur que je me tiens devant la plus importante tâche de ma vie. Nous savons que les attentes sont énormes et nous sommes prêt à y répondre […] Le peuple a voté pour l’unité, l’ordre et la sécurité« . Cela annonce la couleur, maintenant qu’Orban a presque tous les pouvoirs. Péter Szijjarto, « bras droit » de Viktor Orban de 32 ans (un des jeunes loups du parti connu pour avoir les dents si longues qu’il raye les parquets des salles de conférence de presse), ne manque pas de confiance en lui face aux bailleurs de fonds internationaux de la Hongrie. « Le gouvernement Fidesz fera de son mieux pour maintenir un budget aussi bas que possible … mais 3,8%, c’est ridicule« , a t-il affirmé, reconnaissant dans le même temps que cela serait très important pour l’image de la Hongrie sur les marchés financiers. Bien qu’Orban pensait déja à une formation gouvernementale sans lui aux premières loges en août dernier, Szijjarto est aujourd’hui pressenti à l’Economie. MSzP Le MSzP accuse le coup et la claque qu’il vient de prendre le laisse un peu K.O. Très peu de déclarations autres que celle de son « candidat-martyr », Attila Mesterhazy, qui a peut-être finalement apprécié la fin du calvaire. Jobbik Insatiable, le leader de l’extrême-droite Gabor Vona apprécie la « perf », mais ne s’en contente pas. « Contre vents et marées, Jobbik a réussi a doubler son nombre d’électeurs depuis un an.[…] Je ressens cependant que les deux-tiers des Hongrois supportent Jobbik, mais ils ne le savent pas encore« , a-t-il réagit à l’annonce des résultats. Selon lui, l’avenir de la Hongrie est au Jobbik. Chez Jobbik, on estime que sans les récents scandales qui ont éclaboussé certains de ses cadres, nottament Gabor Vona lui-même, le parti serait en mesure d’être la deuxième force politique du pays. LMP Lors de son dernier discours jeudi dernier, le chef de file du LMP, Andras Schiffer, avait prédit que « dimanche, un miracle allait se produire« . Il est très certainement aux anges à l’heure actuelle, ayant reçu la visite de la nouvelle Ambassadrice des Etats-Unis au siège de son parti. MDF Le candidat Lajos Bokros, n’a pas réussi à réanimer son parti, le MDF (2.6%). A tel point que sa présidente, Iboya David, a donné sa démission à l’annonce des résultats. Bonjour l’ambiance dans le parti… Articles liés : Comment sont élus les parlementaires hongrois? Les vrais enjeux du scrutin Un ancien du MSzP prend huit ans fermes A Paris, Morvai est « sympa » et Gyurcsany est Bill Gates Jobbik craint des fraudes électorales La Fidesz gouvernera seule : « Csak a Fidesz! » Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus Un 15 mars tout en douceur Viktor Orban joue « la force tranquille » Législatives : la bataille peut commencer MSzP – FIDESz: créancier mais pas arbitre Conjoncture difficile pour l’économie hongroise La Magyar Garda a sa pornstar L’antisémitisme et Jobbik à Szentendre Jobbik ne marche pas si droit Ce qu’il reste de la Budapest Pride Législatives: la bataille peut commencer « Ensemble, tout devient possible » ? Jobbik enfin au régime de la loi sur le financement des partis Jobbik prêt à entrer au Parlement 1956, des commémorations à l’avant-goût électoral Le sondage déconcertant de la semaine Orban, déja Premier ministre? L’Europe au Jobbik! Européennes: l’abstention et la droite Emeutes à la manif anti Bajnai

Résultat des législatives : le retour de la Droite

Résultat des législatives : le retour de la Droite

11 avril 2010 à 23 h 29 min 0 commentaire

Le premier tour a été décisif. La FIDESz de Viktor Orban, est, comme prévu, le grand parti vainqueur des élections législatives en Hongrie, avec 52.77% des suffrages exprimés. Les socialistes sortants sauvent tout juste les meubles en récoltant 19.29% des voix, devant la « menace » de l’extrême droite représentée par Jobbik (16.71%). Ce dernier confirme son bon résultat aux européennes de l’an dernier, et augmente, même, son nombre d’électeurs. Le MSzP reste donc le deuxième parti de Hongrie, alors que du côté de la « nouvelle gauche » du LMP, on signe un très bel exploit, celui d’entrer dans le carré des partis au Parlement grâce à 7.42% des électeurs qui se sont rendus aux urnes. La participation est officiellement communiquée (64.3% soit 5 104 174 ), mais le dépouillement des tous derniers bulletins de vote ayant encore lieu. Ces dernières heures ont d’ailleurs été le théâtre d’un petit imbroglio tragi-comique, dû à l’organisation du scrutin. Le orange n’est pas toujours une couleur de looser. La Hongrie le prouve aux élections législatives ce soir… Graphiques : www.hu-lala.org Articles liés : Comment sont élus les parlementaires hongrois? Les vrais enjeux du scrutin Chronique politique: les partis hongrois « pour les nuls » (5/5) – LMP Chronique politique: les partis hongrois « pour les nuls » (4/5) – MSzP Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (3/5) – MDF Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (2/5) – FIDESz Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (1/5) – Jobbik Pas facile de faire de la politique « autrement » en Hongrie? Un ancien du MSzP prend huit ans fermes Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus Rencontre avec le parti LMP, Lehet Más A Politika Jobbik, enfin au régime de la loi sur le financement des partis En Hongrie, la corruption est à la maison La Fidesz gouvernera seule : « Csak a Fidesz! » Comment sont élus les parlementaires hongrois? Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus Rencontre avec le parti LMP, Lehet Más A Politika

J-1 : Les enjeux du scrutin

J-1 : Les enjeux du scrutin

10 avril 2010 à 12 h 43 min 1 commentaire

Le vainqueur des élections législatives est déjà connu. Ce sera la Fédération des jeunes démocrates, la FIDESz de Viktor Orban. Deux autre partis sont quasi-certains d’obtenir des sièges au Parlement : le parti socialiste MSzP au pouvoir et, pour la première fois, l’extrême-droite Jobbik. Les vraies inconnues sont ailleurs : la FIDESz va-t-elle atteindre la majorité des deux-tiers ? Combien de partis vont entrer au Parlement ?Quel score va réaliser l’extrême-droite ? Au vu des intentions de votes révélées par les sondages, si ceux-ci s’avèrent représentatifs, deux partis peuvent encore espérer dépasser le seuil fixé à 5% des suffrages pour envoyer des députés au Parlement hongrois : le parti de centre-droit Magyar Demokrata Fórum (MDF) et surtout Lehet Más a Politika (LMP), un parti écologiste dont la position sur l’échiquier politique reste floue. Le premier est crédité de 1% à 3% d’intentions de votes parmi les électeurs décidés et le second de 1% à 4%, selon les sondages. Les pleins pouvoirs pour Orban ? En Hongrie, la majorité des deux-tiers est un seuil crucial. Contrôler les deux-tiers du Parlement, soit les 258 de ses 386 sièges, laisserait les mains libres à la FIDESz pour accomplir toutes les réformes qu’elle entend mener. Un parti détenant une telle majorité peut modifier quasiment toute législation et même la Constitution ! Il y a cependant peut de chance pour la FIDESz de remporter une telle majorité, bien que les tous derniers sondages du mois d’avril laissent paraître une augmentation des intentions de votes en faveur de la FIDESz, aux dépens de Jobbik. C’est principalement une percée du Jobbik, pressenti autour de 15% des électeurs décidés, mais aussi la possible entrée au Parlement du LMP qui pourraient contrecarrer les plans de la FIDESz. L’ampleur de la percée nationale de l’extrême-droite Si le Mouvement pour une meilleure Hongrie (Jobbik) parvient à réaliser un score supérieur à 15%, il s’imposera comme une force politique majeure, peut être même la deuxième, devant les socialistes. Dès lors, il serait difficile pour une FIDESz, privée de la majorité des deux-tiers, de ne pas collaborer avec. Jobbik pourrait alors peser de tout son poids dans les affaires du pays. Enfin, l’enjeu de cette élection pour la Hongrie se situe aussi au niveau de son image internationale. L’entrée probable de Jobbik au Parlement hongrois est déjà largement commentée par la presse internationale. Un score important de l’extrême-droite, qui plus est si elle devient la deuxième force politique du pays, nuirait durablement à l’image de la Hongrie à l’étranger, déjà ternie par le score de Jobbik aux européennes, par les parades de la Magyar Garda ainsi que par les meurtres à caractère racistes perpétrés au cours de l’année 2009 contre la communauté rom. [Ici un article du très influent quotidien britannique The Telegraph] Le système électoral hongrois est complexe et réputé pour favoriser le vainqueur aux dépens de la stricte représentativité proportionnelle. On ne connaîtra la composition exacte du Parlement qu’à l’issue du second tour, le 25 avril. Articles liés : La Fidesz gouvernera seule : « Csak a Fidesz! » Comment sont élus les parlementaires hongrois? Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus Rencontre avec le parti LMP, Lehet Más A Politika

Chronique politique: les partis hongrois « pour les nuls » (5/5) – LMP

Chronique politique: les partis hongrois « pour les nuls » (5/5) – LMP

9 avril 2010 à 21 h 21 min 0 commentaire

LMP, l’alternative de « gauche » Le week-end électoral est imminent, et il est temps de conclure cette chronique. L’échiquier politique de la Hongrie n’étant pas encore « verrouillé », certains espaces restent encore à occuper. C’est ce que nous avons tenté de démontrer en commençant ce dossier par la présentation du jeune parti d’extrême droite, Jobbik. Pour finir, penchons nous alors sur l’autre « alternative » de la politique hongroise aujourd’hui, le LMP. Du côté libéral, voire libertarien, l’ancien parti de gouvernement SzDSz a littéralement sombré ces dix derniers mois, depuis sa déroute aux élections européennes. Seulement quelques mois plus tôt, à « gauche toute » du paysage politique magyar, est né Lehet Mas a Politika (LMP), un parti basé sur un fort militantisme et sur une jeunesse hongroise tournée vers l’écologie européenne. Aux Européennes l’an dernier, ces jeunes avaient déja créé la surprise avec 2,6% des suffrages. Après une campagne principalement menée sur le terrain pour les élections législatives générales nationales ce mois-ci, ils ont de très bonnes chances de rentrer dans le carré gagnant au Parlement. Dans une vieille classe politique pétrifiée par ses scandales, le LMP voudrait apparaître comme l’altrernative à une politique poussiéreuse, qui enterre la Hongrie dans un découragement civique global, et continuer à croire aux vertus de la démocratie en recréant un dialogue avec les citoyens. Le seul parti ouvertement écologique propose un programme d’envergure : réconcilier les Hongrois avec la politique. Jeunes et idéalistes, certes, mais inédits et nécessaires dans un pays européen sans identité européenne. Une autre politique est possible ? Fondé le 26 février 2009, Lehet Mas a Politika littéralement « Une autre politique est possible », est un parti de gauche écologiste jeune animé, entre autres, autour de l’avocat Andras Schiffer, la travailleuse humanitaire Timéa Szabo, Lajos Mile, ancien professeur de langues ou encore le biologiste Javor Benedek… Entre autres, car le LMP souhaite sortir de la personnalisation de la politique, et défendre plutôt des idées et un projet de société. Encore une fois, le LMP voudrait prouver que l’union fait la force, que l’idée de solidarité n’est pas obsolète et qu’un parti n’a pas besoin d’une figure de proue pour la conduire. Un objectif clair, donc, et une politique qu’ils veulent mettre au service de cet espoir. Ici, personne n’est purement « politicien », le financement se veut complètement transparent et surveillé par un comité d’éthique. Vers une nouvelle donne écologiste Au cœur de leurs projets : la lutte contre la corruption, le Green New Deal, une solution de développement durable capable d’intégrer les minorités pauvres, dont les Roms font aussi partie, et de lutter contre le racisme dont ils sont trop souvent victimes. Au final, LMP souhaiterait une meilleure intégration hongroise en Europe ainsi que des minorités au sein même du pays. Une ascension fulgurante Les derniers sondages les annoncent régulièrement proches des 5%, synonyme de ticket d’entrée au Parlement. Cela représenterait un exploit après seulement un peu plus d’un an d’existence, et après leur première élection ou ils avaient déjà réussi à obtenir 2,6% aux européennes. Un succès rapide, lié sans nul doute à leurs méthodes alternatives et à leur image policée, un peu « bobo » bien-pensant de Bélvaros à Budapest, tel que leur reproche l’autre parti « alternatif », mais opposé politiquement, Jobbik. Véritable OVNI politique en Hongrie, soutenu par les verts européens, LMP attire surtout des jeunes désireux d’obtenir un changement radical, de voir leur pays sortir du marasme. Leur slogan dénonce les « gros partis » englués dans leurs scandales et dénonce le risque que représente le parti populiste d’extrême droite, Jobbik. Hier, le parti écolo en profitait pour mener le dernier de ses nombreux happenings avant le premier tour, devant le Parlement à Kossuth tér (la video est visible ci-dessous). Jeunes, idéalistes, mais sincères, imaginatifs et enthousiastes, est-ce que le LMP va arriver à redonner confiance à un peuple hongrois dont le fatalisme est légendaire? « Lehet »… « peut-être ». Articles liés: Chronique politique: les partis hongrois « pour les nuls » (4/5) – MSzP Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (3/5) – MDF Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (2/5) – FIDESz Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (1/5) – Jobbik Comment sont élus les parlementaires hongrois? Les vrais enjeux du scrutin Pas facile de faire de la politique « autrement » en Hongrie? Un ancien du MSzP prend huit ans fermes Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus Rencontre avec le parti LMP, Lehet Más A Politika Jobbik, enfin au régime de la loi sur le financement des partis En Hongrie, la corruption est à la maison

Les candidats ont le droit de garder le silence

Les candidats ont le droit de garder le silence

9 avril 2010 à 7 h 48 min 0 commentaire

A partir d’aujourd’hui, les candidats doivent cesser toute activité électorale, mais ils  ne sont pas en état d’arrestation pour autant… et pourtant! L’attitude de certains, comme celle du candidat MSzP dans le 7ème arrondissement de Budapest (Dr Zoltan Szabo, en gros sur la photo), pris en flag’ de placardage sauvage dans les rues fin mars, n’est définitivement plus de mise. La campagne pour le 1er tour des élections législatives, qui se tiendra dimanche 11 avril, s’est achevée hier jeudi avec l’ultime appel des partis à leur électorat. Depuis minuit, les candidats n’ont plus le droit de faire qu’une seule chose : se taire. Ce silence imposée par la Constitution sera en vigueur jusqu’à dimanche soir, 19h, heure de clôture des bureaux de votes. La campagne pour le second tour pourra alors reprendre jusqu’au vendredi précédent le second tour de l’élection, programmé le 25 avril. Les derniers meetings des principaux partis. Viktor Orban, le présumé vainqueur par KO s’est enflammé au cours de son meeting de clôture en promettant des changements pour tout le monde. « Lundi, nous nous réveillerons dans une autre Hongrie, avec des changements dans tous les domaines de notre vie« , a-t-il déclaré. Son parti, la FIDESz, peut espérer obtenir la majorité des deux-tiers, un sésame pour contrôler le pays à sa guise. Dans le camp des perdants, le candidat socialiste Attila Mesterhazy et son parti le MSzP ont posé leurs atours de campagne dans la région du Nord-est, traditionnellement acquise à leur électorat, dans la ville de Miskolc. Mesterhazy a plaidé devant 3000 sympathisants que les socialistes hongrois représentaient « la solidarité, l’égalité des chances, et la vérité« . A l’opposé de l’échiquier politique, Gabor Vona a promis à ses partisans réunis à Budapest que Jobbik ne deviendra pas un parti comme les autres, qu’il ne s’ « adoucira » pas une fois au Parlement et que, au contraire, il y sera encore plus « dur ». Son parti ne permettra pas que « la vérité soit balayée sous le tapis« . Après avoir craint que Jobbik ne devienne la seconde force politique du pays, devant les socialistes, les derniers sondages ont indiqué une stagnation à environ 12% des intentions de votes, parmi les électeurs décidés. Porté par les récents sondages indiquant que le parti vert-libéral de Lehet Mas A Politika (LMP) avait de bonnes chances d’atteindre les 5% requis pour entrer au Parlement, sa tête de file Andras Schiffer, a promis qu’ « un miracle va se passer le 11 avril« . Il a plaidé pour la fin des fausses divisions sociales entre prétendus « patriotes et anti-patriotes, fascistes et communistes« . Articles liés : Les vrais enjeux du scrutin Comment sont élus les parlementaires hongrois? Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus Un 15 mars tout en douceur Législatives : la bataille peut commencer

Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (2/5) – La FIDESz

Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (2/5) – La FIDESz

6 avril 2010 à 19 h 14 min 1 commentaire

Toujours à droite, mais plus modéré que Jobbik, la FIDESz  (Fiatal Demokraták Szövetsége, soit Alliance des jeunes démocrates), fondée en 1988 comme une association de jeunesse anti-communiste alors que le régime agonisait, est donnée largement en tête des suffrages pour le 11 avril prochain. Et si aujourd’hui son président Viktor Orban fustige les extrémistes de droite pour en récolter les votes, il n’en a pas toujours été de même. Petit-fils de paysans, ce libéral qui fut le plus jeune 1er ministre d’Europe, de 1998 à 2002, s’est peu à peu « droitisé » au cours de la décennie 90. Il est maintenant acquis au conservatisme et au nationalisme. Richesses nationales et investisseurs étrangers Au cœur des préoccupations du parti : la privatisation. La FIDESz entend « remettre la main » sur toutes les ressources stratégiques du pays, l’eau en premier lieu. De ce point de vue, l’affaire Suez à Pécs n’était pas anecdotique mais plutôt un aperçu de ce que pourrait être la politique du parti. Bien que le parti soit pro-européen – Il adhère au Parti Populaire Européen (PPE) -, il cultive la méfiance à l’égard de l’Union Européenne et de la mondialisation en général. Il prône au contraire un Etat fort et interventionniste, ainsi qu’un accès facilité aux services publics. Il est en cela assez proche de la gauche française (bien que sa composante nationaliste l’en démarque nettement). Les marchés d’hier ne semblant plus aussi fructueux aujourd’hui, il semblerait évident que la Fidesz veuille surveiller de plus près certains contrats de privatisation dans des secteurs stratégiques, aujourd’hui presqu’entièrement aux mains de capitaux étrangers. Un parti unique ? Orban confiait récemment à l’hebdomadaire conservateur « Nagyítás », son idée d’un parti unique gouvernemental qui mettrait fin au duel incessant entre socialistes et conservateurs et protègerait ainsi les intérêts nationaux. Le président de la Fidesz accuse fermement la pluralité politique de semer la confusion. Fier de ses propos anti-démocratiques, Orban rêve surtout d’omnipotence: « Je m’engage personnellement à ce que, au lieu d’avoir une politique marquée par des luttes incessantes, on privilégie une politique dont l’objectif est la gouvernance permanente. » Pour atteindre ce but, la Fidesz devrait changer la constitution, ce qu’elle serait en mesure de faire, si elle remportait une majorité de 2/3 au Parlement… Articles liés : Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (5/5) – LMP Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (4/5) – MSzP Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (3/5) – MDF Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (1/5) – Jobbik La Fidesz gouvernera seule : « Csak a Fidesz! » Comment sont élus les parlementaires hongrois? Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus Un 15 mars tout en douceur Viktor Orban joue « la force tranquille » Législatives : la bataille peut commencer MSzP – FIDESz: créancier mais pas arbitre Conjoncture difficile pour l’économie hongroise

Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (1/5) – Jobbik

Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (1/5) – Jobbik

5 avril 2010 à 15 h 29 min 4 commentaires

Pour les novices en politique hongroise, la rédaction a concocté une chronique pré-électorale avant le premier tour des législatives dimanche 11 avril. Une sorte de petite fiche, histoire d’avoir une idée de qui est qui et qui pense quoi, parmi les 5 principaux partis hongrois. Afin de respecter les tendances nationales, de « la droite » vers « la gauche » hongroise, nous commençons donc naturellement par Jobbik aujourd’hui. À l’extrême droite, on ne présente plus le parti radical nationaliste Jobbik, le mouvement pour une meilleure Hongrie. Très médiatique, très présent sur la toile et la scène internationale, mais aussi très financé – de façon obscure – ce parti jeune de 7 ans se targue sans humilité d’être « le meilleur » ( littéralement « jobbik » en hongrois). Ultra-conservateur et traditionaliste, le parti eurosceptique d’extrême droite  a deux obsessions très claires : les roms et les juifs, les accusant ouvertement de mettre en danger le pays tout entier, chacun à leur manière. Voila pourquoi, concernant les Roms, Jobbik veut tuer le « problème » dans l’œuf en mettant fin aux aides sociales allouées aux tziganes. L’étranger et la terre hongroise Jobbik souhaiterait aussi fermer les portes de la Hongrie aux immigrés. La réalité de l’immigration active et civile n’étant pas la plus forte en Hongrie, c’est bien l’immigration des capitaux qui pose problème. Les investisseurs étrangers, les nommés « Washington », « Bruxelles » et « Tel-Aviv », viendraient piller les ressources du pays selon Jobbik, en particulier l’eau. Cette dernière, importante en Hongrie, alimente justement la théorie d’un complot juif colonisateur. Une politique pour le moins xénophobe qui aurait pour effet de faire renaître de ses cendres l’économie hongroise, notamment par un renforcement de l’agriculture locale, exclusivement par les locaux (ce secteur du programme est également repris par le grand parti de droite, la FIDESz). Le traditionalisme religieux Outre sa politique très radicale à l’encontre des minorités et des investisseurs étrangers, il refuse aussi le recours à l’avortement et souhaite réintégrer l’éducation religieuse à l’école. Et la recette fonctionne: si en 2006, ils ne récoltaient que 2% des voix, lors des élections européennes, la liste de l’eurodéputée Krisztina Morvai a rassemblé près de 15%. Et si, comme l’affirme son président Gábor Vona,  « Jobbik, ce sont des paroles transformées en actions« , il est à craindre que la Hongrie se replie sur elle-même. Articles liés : Chronique politique: les partis hongrois « pour les nuls » (5/5) – LMP Chronique politique: les partis hongrois « pour les nuls » (4/5) – MSzP Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (3/5) – MDF Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (2/5) – FIDESz A Paris, Morvai est « sympa » et Gyurcsany est Bill Gates Jobbik craint des fraudes électorales La Fidesz gouvernera seule : « Csak a Fidesz! » La Magyar Garda a sa pornstar L’antisémitisme et Jobbik à Szentendre Jobbik ne marche pas si droit Ce qu’il reste de la Budapest Pride Législatives: la bataille peut commencer « Ensemble, tout devient possible » ? Jobbik enfin au régime de la loi sur le financement des partis Jobbik prêt à entrer au Parlement 1956, des commémorations à l’avant-goût électoral Le sondage déconcertant de la semaine Orban, déja Premier ministre? L’Europe au Jobbik! Européennes: l’abstention et la droite Emeutes à la manif anti Bajnai

A Paris, Morvai est « sympa » et Gyurcsány est Bill Gates

A Paris, Morvai est « sympa » et Gyurcsány est Bill Gates

2 avril 2010 à 18 h 58 min 0 commentaire

Les journalistes du plus grand site d’info-tainment hongrois, Index.hu, montrent toujours qu’ils aiment jouer sur tous les terrains. On se souvient de leur reportage mythique sur la réaction des gens d’Alattyán, village d’origine de la famille Sarkozy de Nagy-Bocsa, au moment de l’élection de Nicolas à la présidence de la République en 2007. Une bonne semaine avant le premier tour des législatives en Hongrie, ils ont dépêché une petite équipe dans les rues de Paris, des portraits de Viktor Orban, de Ferenc Gyurcsány (tous deux ici à gauche) et de Kristina Morvai à la main. La vidéo a été postée aujourd’hui sur index.hu Le journaliste a commencé par demander aux passants quel visage leur parle le plus en tant que représentant politique. Souvent, le sourire de Krisztina Morvai (ici à droite), euro-députée du parti d’extrême droite Jobbik, est jugé sympathique par les parisiens interrogés. L’air besogneux de l’ancien Premier ministre socialiste Gyurcsány respire, lui, le sérieux et les affaires (un des passants l’a même pris pour Bill Gates). Quant au regard fuyant d’Orban, leader du parti conservateur Fidesz et d’ores et déja assuré d’être le futur Premier ministre hongrois, il n’inspire « étrangement » personne. Peut-être plus intéressantes que le micro-trottoir lui-même, certaines réactions digressives des passants sur la politique hongroise et française en général sont à découvrir. Un indicateur non négligeable en marketing politique La leçon de morale faite aux jeunes « reporters » hongrois par une journaliste française qui passait par-là, selon laquelle « on ne juge pas un homme politique sur une photo » relève d’une naïveté très croustillante. Cette dame, manifestement très « vieille école » dans l’approche de son métier, semble également ignorer l’impact immense du visuel dans le marketing politique… Il serait judicieux qu’elle se souvienne de l’affiche de campagne de Jean-Marie Le Pen en 2002 (ici à gauche)… L’intérêt de ce type de reportage est certes assez limité politiquement, sinon pour se rendre compte à quel point la politique hongroise est ignorée à l’ouest de l’Europe, mais la rédaction ne pouvait s’empêcher de faire partager ce florilège de réactions étrangères et francophones sur les principaux visages politiques hongrois. On se demande alors comment auraient réagi les passants à la vue de celui de Lajos Bokros, qui ne peut laisser indifférent! Voir la vidéo d’index.hu à Paris

Jobbik craint des fraudes électorales

2 avril 2010 à 18 h 15 min 1 commentaire

Le parti d’extrême-droite a annoncé hier 1er avril, par la voix de Janos Volner, son intention de mettre en place un système parallèle de comptabilisation des votes et d’envoyer des militants dans tous les bureaux de vote du pays lors des deux tours des législatives, les 11 et 25 avril. Le Jobbik estime qu’il est scandaleux que la société mandatée pour développer le programme informatique qui effectue la création des listes électorales soit une société « fondée par des membres du personnel du ministère de l’intérieur« . Selon Janos Volner, la menace viendrait des socialistes, « Le seul parti qui aurait à gagner d’une falsification des résultats. »

La Fidesz gouvernera seule : « Csak a Fidesz! »

La Fidesz gouvernera seule : « Csak a Fidesz! »

1 avril 2010 à 13 h 59 min 0 commentaire

La Fidesz ne souhaite aucune forme de coalition pour atteindre la majorité des deux-tiers, une fois sa victoire acquise, a déclaré Péter Szijjarto, chef de cabinet de Viktor Orban, devant un parterre de journalistes internationaux. C’est une annonce qui ne surprendra personne, car le parti martèle depuis déjà une quinzaine de jours sur les bus et les espaces publicitaires de la ville : Csak a Fidesz ! (Seulement la Fidesz). La Fidesz – qui, doit-on le rappeler, est le parti de droite promis à une large victoire aux élections législatives les 11 et 25 avril prochains – balaie ainsi toute idée de coalition avec le parti de la droite extrême Jobbik, une éventualité qui inquiétait au plus haut point la presse et les institutions européennes. « Nous ne formerons pas de coalition pour atteindre les deux-tiers [ndlr : la majorité au Parlement] avec qui que ce soit. Les autres partis voteront comme ils l’entendent et puis c’est tout« , a clarifié Szijjarto. « Nous ne voyons pas d’autre parti avec lequel nous pourrions coopérer de manière organisée. Nous n’aurons pas de coopération avec le Jobbik car c’est un parti extrémiste. Il n’est pas question de coopérer avec eux et je ne vois pas non plus comment coopérer avec les socialistes [ndlr : le MSzP actuellement au pouvoir] non plus », a-t-il ajouté. Après avoir tergiversé et laissé planer le doute un temps quant à son attitude vis-à-vis de l’extrême-droite, il semble donc que la Fidesz ait opté pour la stratégie du « cordon sanitaire ». Mais, devant rendre des comptes à Bruxelles et aux investisseurs étrangers si impliqués dans la vie économique du pays, a-t-elle vraiment le choix ? Articles liés : Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus Un 15 mars tout en douceur Viktor Orban joue « la force tranquille » Législatives : la bataille peut commencer

L’Europe non-démocratique dénoncée à l’Institut

L’Europe non-démocratique dénoncée à l’Institut

27 mars 2010 à 15 h 29 min 0 commentaire

« Une fois n’est pas coutume ». Lundi 22 mars, l’altermondialisme franco-hongrois était à l’honneur à l’Institut français de Budapest, dans le cadre d’une conférence intitulée « La nation européenne ? Les notions d’Etat-Nation et de supranationalités dans l’Union Européenne ». Afin de débattre sur la question, étaient conviés par Le Monde Diplomatique et le Cercle Kossuth, le directeur général du Monde Diplomatique, Bernard Cassen, et le philosophe hongrois Gaspar Miklos Tamas, également fondateur d’Attac en Hongrie. Profondément marqués « à gauche », les deux professeurs, en accord sur de nombreux points, ont pris la parole chacun leur tour, se livrant à une critique profonde des politiques européennes actuelles. « L’absence d’unité européenne » Bernard Cassen n’a pas attendu la fin de son discours pour répondre à la problématique de cette conférence. Dans ses tout premiers mots, il a lancé que « la nation européenne n’existait pas encore » et qu’il n’était pas certain de la voir naître un jour. Il a rappelé qu’il ne fallait pas « confondre les peuples européens et les réseaux européens ». Selon lui, il existe des liens entre les peuples européens, mais les dénominateurs communs entre ces derniers ne sont pas assez nombreux pour pouvoir parler, à court et moyen terme, de nation européenne. Les deux professeurs ont tour à tour affirmés leur volonté de voir l’Europe changer. Certes, Tamas et Cassen se sentent « profondément européens » mais ils ne veulent pas mythifier cette Europe-là, qu’ils jugent anti-démocratique et trop profondément libérale économiquement. Tamas a même parlé d’un « mépris ouvert pour le peuple » de la part d’organismes tels que la Banque centrale Européenne, ou la Cour de Justice de la Communauté Européenne dirigés par des technocrates non-élus, dont les actes se limitent « à dicter les lois du marché ». « Si des mairies européennes existaient » a enchainé Cassen, « sur leur fronton, ne figurerait qu’un seul mot : la concurrence ». Des politiques européennes qui font le jeu des extrèmes Les travers ainsi décrits des politiques européennes font donc le jeu de Jobbik, selon Tamas, le parti d’extrême-droite étant le seul à critiquer ouvertement l’UE en Hongrie. Selon lui, il est difficile, dans son pays, d’avoir un regard critique sur l’UE sans être immédiatement affilié aux idées de Jobbik. Il rapporte d’ailleurs qu’il s’est lui-même fait traité de « nationaliste » ou de « populiste » par certains grands commentateurs politiques magyars. En faisant référence au Front National, et à sa résurrection aux élections régionales de la semaine dernière, Bernard Cassen s’est inquiété du fait que de plus en plus de citoyens mettent l’idée même de l’Europe dans le même panier que les politiques européennes. Il a regretté alors que « l’on jette le bébé de l’Europe avec l’eau du bain des politiques européennes » « Seules les crises feront progresser l’Europe » Après avoir vivement critiqué les institutions européennes, les deux penseurs ont proposé des solutions pour rendre l’Europe « davantage sociale et démocratique ». Cassen a affirmé, qu’avec la mise en place de la monnaie unique, le système en place ne pouvait qu’ « exploser » dans les années à venir. Les pays « à la traine » au niveau économique, ou même ceux trop en avance sur les autres comme l’Allemagne, pourraient être amenés prochainement à quitter la zone Euro. Le Directeur général du Monde Diplomatique a prétendu que : « seules des crises feront progresser l’Europe » et que seuls « des actes de dissidence inaugural » de certains gouvernements nationaux envers les politiques européennes pourraient faire avancer les choses. C’est bien sûr la nécessité de recréer une utopie européenne qui est en filigrane derrière ces propos. Gaspar Miklos Tamas, en total accord avec Bernard Cassen, a émis le souhait de ne pas voir le nationalisme sortir grand gagnant de cette crise identitaire européenne : « Si il n’y pas une résistance démocratique d’un côté, il y aura alors une résistance anti-démocratique de l’autre». Les programmes de L’Institut français de Budapest Articles liés : Un Hongrois représente bruxelles à Budapest Un 24 octobre fondateur pour Jobbik 1956: des commémorations à l’avant-goût électoral Le sondage déconcertant de la semaine Le festival des Blancs sème la Terreur L’extrême droite fait son Sziget La rébellion de la Magyar Garda L’Europe au Jobbik! Européennes: l’absention remporte les élections

Comment sont élus les parlementaires hongrois?

Comment sont élus les parlementaires hongrois?

26 mars 2010 à 16 h 06 min 0 commentaire

Six partis politiques ont pu inscrire leurs listes nationales pour les élections d’avril. Pas moins de 58 sièges au parlement (sur un total de 386) seront issus de ces listes. Comment fonctionnent les élections parlementaires hongroises ? Des 386 députés hongrois, élus en deux tours (les 11 et 25 avril), 176 le seront dans leur circonscription, et 210 sur les listes régionales et nationales de leurs partis. De ces 210, les députés élus sous le régime du « surplus » national seront au nombre de 58, au minimum. Les électeurs ne voteront pas directement pour les listes nationales. Les partis qui ont pu s’inscrire sur la liste nationale, obtiendront des sièges au parlement en proportion des votes obtenus qui n’ont pas abouti à un mandat. Chaque électeur vote pour un candidat de sa circonscription et sur une liste régionale. Pour qu’un parti puisse inscrire sa liste nationale et bénificier du système de « surplus », il faut que ce parti ait au moins 7 listes régionales sur les 20 régions hongroises. La date limite pour inscrire sa liste nationale pour les élections d’avril était mardi dernier. Six partis ont pu s’inscrire: le MSzP, la coalition Fidesz-KDNP, le Jobbik, le LMP, le MDF, et de façon très surprenante, le tout petit parti du Mouvement Civil (Civil Mozgalom), alors même que le SzDSz, plus que moribond, ne figure pas sur la liste. Depuis les premières élections libres de 1990, c’est le nombre le plus bas de partis à inscrire leurs listes nationales. Les partis qui n’obtiendront pas 5% des voix lors du premier tour du scrutin régional, ne pourront pas voir leurs candidats des listes régionales accéder au parlement, ni accéder aux sièges réservés aux listes de nationales. Toutefois, cela ne concerne pas les candidats élus directement dans leur circonscription, qui ne sont pas concernés par cette barre des 5%. Articles liés : Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus Un 15 mars tout en douceur Un 15 mars en campagne Viktor Orban joue « la force tranquille » Législatives : la bataille peut commencer Orbán déjà Premier Ministre? « Ensemble, tout devient possible » ?

L’antisémitisme et Jobbik à Szentendre

24 mars 2010 à 4 h 21 min 1 commentaire

Népszabadsag rapportait hier qu’à une trentaine de mètres du domicile du maire de Szentendre, on peut trouver des inscriptions de type graffitis à caractère antisémite, mettant en scène des rabbins colonisateurs de la Hongrie, armés jusqu’aux dents. Autour des dessins est écrit : « Pour les juifs, les armes c’est l’argent, alors ne leur donnez pas d’armes« , « Voulez-vous ces types-là au Parlement? » « Tu peux t’occuper de ta mère mais n’occupe pas mon pays! » Bien que ces dégradations dignes des années 30 en Allemagne apparaissent juste après l’assassinat d’un Syrien en Hongrie dans d’obscures circonstances, il serait très précipité de faire un quelconque rapport de cause à effet entre les deux événements. Ce qui est en revanche effectivement malsain dans cette affaire, c’est le mobile de ces inscriptions, dans une commune où Jobbik est déja réputé pour son antisémitisme affiché (une série de caricatures anti-juives est consultable en vitrine de la permanence du parti nationaliste radical de Szentendre, à 50 mètres de chez le maire). La question est donc de savoir si cette surenchère du côté de chez Monsieur le Maire est une nouvelle provocation de la part du parti, ou si au contraire, elle est destinée à porter le discrédit sur lui. Plus généralement, on peut mesurer la garvité des dérapages antisémites, antiRoms, et (pourquoi pas?) magyarophobes recensés dans les pays voisins, sur le site neo-nazi www.kuruc.info, bien plus consulté en Hongrie que les pochoirs de Szentendre.

Meurtre d’un Syrien à Budapest : Israël dans le coup ?

Meurtre d’un Syrien à Budapest : Israël dans le coup ?

21 mars 2010 à 23 h 20 min 0 commentaire

Mercredi dernier, un homme d’origine syrienne possédant la nationalité hongroise était abattu dans la banlieue de Budapest de plusieurs balles tirées à bout portant. S’appuyant sur les révélations d’un quotidien local, l’agence Reuters a diffusé l’information selon laquelle, le même jour, deux appareils de l’armée de l’air israélienne survolaient la capitale hongroise à faible altitude. Il n’en fallait pas plus pour déchainer les spéculations et beaucoup sont tentés de voir un lien entre ces deux faits. Le porte-parole du gouvernement Domokos Szollar a réfuté tout amalgame. « L’armée de l’air israélienne a mené une opération d’entraînement à l’aéroport de Ferihegy avant-hier, mais ce n’était pas une mission d’espionnage ou de reconnaissance, simplement une manœuvre de pilotage de routine », a-t-il assuré. Selon lui, le ministère hongrois des affaires étrangères avait donné son autorisation deux mois auparavant à cette opération. Pourtant, le Premier ministre Gordon Bajnai a ordonné une enquête. De plus, l’agence de presse Reuters souligne un fait troublant : le ministère hongrois de la Défense n’en avait pas été informé … en raison d’une simple panne de télécommunication. L’ambassadeur d’Israël à Budapest, Aliza Bin-Noun, a pour sa part assuré à l’agence hongroise MTI que « Ce n’étaient évidemment pas des avions-espions ». De son côté, la police hongroise en charge de l’enquête sur l’assassinat du Syrien a affirmé ne pas faire de rapprochement avec le survol peu après des avions israéliens. La tentation de faire le rapprochement entre ces deux affaires est grande, seulement quelques semaines après l’ « escapade » du Mossad à Dubaï, où des agents présumés du Mossad, les services secrets israéliens déguisés en touristes se sont fait « pincer » pour l’assassinat d’un activiste palestinien. D’ailleurs, la presse israélienne elle-même s’interroge sur la possibilité d’un lien entre le meurtre et la présence des avions israélien au même moment au-dessus de la capitale hongroise. « Un autre Dubaï? » s’interroge le site d’information israélien Yeshiva World News. Le journal israélien Maariv quant à lui, évoque « le mystérieux assassinat d’un ressortissant syrien ». Le danger de la récupération politique En Hongrie, mettre en cause Israël, ou ne serait-ce que spéculer sur son application dans ce meurtre, n’est pas une chose anodine, surtout en période de campagne électorale, à trois semaines des législatives. Pour plusieurs raisons. La Hongrie abrite une importante communauté juive d’environ 100.000 personnes et la question du rôle de la Hongrie dans l’holocauste n’a été soulevée que récemment et elle reste encore taboue pour une partie de la population. L’extrême-droite hongroise prospère sur des courants antisémites qui ont trouvé un nouvel écho ces dernières années, et son principal représentant, le Jobbik, est en passe d’entrer au Parlement en avril prochain. Dans ces conditions, on imagine bien que la théorie d’une opération d’Israël sur le territoire hongrois ne peut qu’apporter de l’eau à son moulin, lui qui accuse sans vergogne les gouvernements précédents et en particulier les socialistes actuellement au pouvoir de « vendre le pays aux étrangers, à Bruxelles, à Washington et à Tel-Aviv », selon les propos de Gabor Vona à son meeting du 15 mars dernier. Pour lui, qui va jusqu’à faire référence à la Palestine dans ses envolées lyriques, Israël a plus d’influence sur le sol hongrois que le ministère hongrois de la Défense lui-même. Voilà comment toute cette affaire, ou les deux affaires indépendantes de Dubaï et de Budapest, risquent d’être exploitées. Articles liés: Nier l’holocauste est désormais illégal en Hongrie Wiesel: « La honte de votre nation » Vers une criminalisation du négationnisme?

Jobbik ne marche pas si droit

Jobbik ne marche pas si droit

20 mars 2010 à 17 h 04 min 0 commentaire

Cette semaine, l’info hongroise était encore une fois en pleine effervescence « grâce » au parti politique d’extrême droite Jobbik. En pleine campagne électorale, Jobbik communique beaucoup plus que son rival direct dans les sondages pour la place de dauphin au Parlement (le parti socialiste MSzP), mais ses cadres s’exposent du même coup à un effet boomerang, et les casseroles commencent à apparaître. Après la rumeur selon laquelle son leader, Gábor Vona, entretiendrait une relation extra conjugale, ce sont maintenant les moeurs festives de son porte-parole, András Király, qui font la Une des journaux. Photos et vidéos à l’appui, la blogosphère hongroise a eu sa tête en une journée, puisqu’il a immédiatement démissionné, et qu’il ne reste aucune trace de lui sur les pages officielles de Jobbik.hu. András Király était pourtant connu pour être un bon garçon, élévé au bon grain de la campagne de Széged, dans une famille de 8 enfants. Des parents sympathisants du MIÉP, parti de droite dite « hungarista », une éducation dans un lycée catholique de Széged, puis des études en communication à l’université de Pázmány à Pilicsaba, non loin de Budapest. Tout, chez le jeune András, pouvait faire croire à Jobbik qu’il disait vrai lorsqu’il évoquait la droiture de ses moeurs et la profondeur de sa foi chrétienne, à sa prise de fonction au poste de responsable de la filière du parti à Pilicsaba en 2006. Seulement voilà : il semblerait qu’à Pázmány, établissement catholique mais néanmoins assez libéral, András Király ait développé un certain goût pour quelques dérives de comportement occasionnelles, en particulier lorsqu’il se trouve à l’étranger : la consommation d’alcool sans modération (mais cela est loin d’être répréhensible en Hongrie, sauf au volant), l’attrait pour les joyeux rassemblements de la communauté gay, et, encore plus surprenant, l’usage de stupéfiants tels que le cannabis. Un porte-parole qui pète les plombs à l’étranger Devenu porte-parole de Jobbik l’été dernier, András Király, assez naïf, ne se doutait peut-être pas que ses souvenirs de vacances au Canada (apprécier les photos) allaient être publiés à un moment crucial de la campagne. Lorsque plusieurs blogs ont commencé à le contacter cette semaine, Kiraly a admis s’être rendu à la gay pride de Toronto et y avoir fumé de l’herbe, mais il a prétexté que ce déplacement était destiné à des « recherches ». Après avoir promis de s’exprimer sur ses trouvailles, l’expert en communication des nationalistes n’a plus dit un mot et s’est retiré des affaires du parti aussitôt, pour enfin disparaître du paysage médiatique. Comme si les photos de ce Hongrois au Canada ne suffisaient pas, certains internautes sont allés voir plus loin, sur youtube, les exploits filmés de ce personnage manifestement très expressif lorsqu’il est dans un état second. Par exemple, on peut l’admirer, outre-atlantique, faisant le malin, importunant et insultant en anglais (avec son fort accent) un vieil homme qui aurait laissé tomber un papier dans la rue, ou encore le voir hurler dans sa langue maternelle sur des ouvriers lors d’un voyage en Grèce, travailleurs qu’il traite allégrement d’ »enc.lés ». Si on cherche à traduire poliment et rapidement : « hey! travaille plus vite ouvrier! Travaille plus vite sinon les Spartiates vont te massacrer!  » ( » Na te Helóta! Te munkás helóta geci. Dolgozzál serényebben mert jönneka  spártaiak és lemészárolnak a gecibe baszd meg! ») leur at-il lancé. Pour Vona, Jobbik étouffe l’affaire Après avoir vu et surtout entendu ça, on pourrait se dire ironiquement qu’on a beaucoup d’humour chez Jobbik, mais ce n’est pas le cas. La démission d’András Király n’est que la version officielle du parti, qui a certainement dû faire preuve d’intolérance à l’égard de son comportement jugé extrême. A l’heure où le parti radical nationaliste doit faire preuve de professionalisme pour répondre de sa popularité au Parlement, la tolérance du jeune Kiraly envers les drogues et l’homosexualité n’est pas de bon goût pour les têtes du Parti. Pourtant, Jobbik, parti aux valeurs traditionnelles, sait oeuvrer dans le sens de la censure lorsqu’un scandale touche un de ses leaders. Au début du mois, son candidat au poste de Premier ministre, Gabor Vona, a été éclaboussé par une rumeur selon laquelle il aurait plusieurs maîtresses. L’information provient d’une source qui prétend avoir piraté son profil IWIW, le facebook hongrois, à partir duquel des photos et des correspondances privées prouveraient la véracité de la rumeur. Le journal Magyar Hírlap, qui pendant un temps flirtait avec Jobbik, mais qui s’est rallié à la cause de la FIDESz depuis, s’est alors emparé de l’affaire. Jobbik a aussitôt nié en bloc ces allégations, sur le site de leur nouvelle revue officielle, barikad.hu, évoquant une manipulation de la « coalition MSzP-FIDESz » pour discréditer Jobbik. Depuis, l’affaire ne trouve plus un grand écho dans les médias hongrois. Si Vona ne risque rien espérons pour Kiraly que l’affaire se limitera à son éviction du parti et que les supporters les plus extrèmes du Jobbik oublieront son cas rapidement. Articles liés: La Magyar Garda a sa pornstar! Ce qu’il reste de la Budapest Pride Législatives: la bataille peut commencer « Ensemble, tout devient possible » ? Jobbik enfin au régime de la loi sur le financement des partis Jobbik prêt à entrer au Parlement 1956, des commémorations à l’avant-goût électoral Le sondage déconcertant de la semaine Orban, déja Premier ministre? L’Europe au Jobbik! Européennes: l’abstention et la droite Emeutes à la manif anti Bajnai    

Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus

Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus

19 mars 2010 à 13 h 26 min 0 commentaire

Anticiper le résultat d’une élection est toujours un exercice périlleux, même en s’appuyant sur des sondages. A trois semaines du 1er tour des élections législatives hongroises, il se dégage des certitudes, qui ne doivent pas faire oublier que tout n’est pas joué pour autant et que des surprises peuvent encore arriver. Il ne se trouve plus personne de sérieux en Hongrie pour douter encore du vainqueur de cette élection et Nostradamus lui-même ne se risquerait plus à annoncer la défaite du grand parti de droite FIDESz les 11 et 25 avril. Sa victoire sera large, très large. Deux autres partis vont dépasser le seuil fatidique des 5% et entrer au Parlement : le parti socialiste MSzP au pouvoir depuis 2002 et le parti d’extrême-droite Jobbik. Pour faire déjouer ces prédictions, reste une possibilité : celle d’un scandale mettant en cause un ténor de la politique hongroise. Une affaire de corruption, de mœurs, un passé plus trouble qu’il n’y paraît, etc. Mais même dans un ancien pays du bloc de l’Est où une partie récente de l’histoire n’est toujours que partiellement exhumée et où tout le monde possède des dossiers sur tout le monde, cela paraît bien improbable. Pour la 2è place : MSzP Vs Jobbik Entre ces autoproclamés « socialistes » et ces autoproclamés « radicaux », la bataille pour la seconde place est rude. Tous les sondages de tous les instituts les placent au coude à coude. Si le Jobbik réussit à s’imposer comme la seconde force politique du pays (en se positionnant juste derrière une droite nationaliste, qui plus est), ce sera un coup de tonnerre, qui résonnera bien au-delà des frontières du pays et même des ses frontières historiques. Un choc comparable à celui qu’à connu la France le 21 avril 2002 lorsque Jean-Marie Le Pen avait devancé la gauche pour se qualifier au second tour de l’élection présidentielle. Pourquoi le LMP peut créer la surprise… Il se joue un autre match dans cette élection, auquel on ne prête pas attention car c’est un peu le match des loosers : Le Forum Démocratique Hongrois (MDF) contre Lehet Mas A Politika (LMP). Eux aussi sont au coude à coude et ils peuvent encore atteindre le seuil des 5% et entrer au Parlement. Même si ils ne décollent pas dans les sondages qui leur attribuent moins de 3% chacun, le MDF et le LMP bénéficient d’un potentiel électoral plus fort, autour de 5% chacun. De son côté, il semble bien que le SzDSz a finalement réussi à toucher le fond –Certains sondages ne le mentionnent même plus – et rien ne laisse entrevoir qu’il puisse remonter à la surface à temps pour l’échéance électorale. Pour les libéraux qui étaient au pouvoir avec les socialistes avant de claquer la porte il n’y a de cela que quelques mois, « les carottes sont cuites ». Autre argument : Un cinquième de l’électorat environ ne sait pas pour qui il va voter ou même si il va véritablement aller voter. Ce sont ces électeurs qui vont faire la différence, dans la dernière ligne droite, entre les socialistes et l’extrême-droite. On le sait, le vote de défiance à l’égard de la classe politique « traditionnelle » profite aux extrêmes et à l’abstention. Le Jobbik en sait quelque chose, lui qui a capté, en pleine tempête économique mais contre toute attente, presque 15% des votes aux élections européennes en juin 2009. Malgré une campagne active et une couverture médiatique très dense, pas sûr pourtant qu’il n’arrive à rallier à lui cette partie indécise de l’électorat qui lui permettrait de rééditer cet exploit au niveau national. Car bien qu’il n’ait jamais été au Parlement par le passé et bien qu’il entretienne une rhétorique radicale, le Jobbik est déjà presque devenu une machine politique comme les autres avec sa realpolitik et ses petits scandales internes. Il fait « partie des murs ». Surtout au regard du LMP qui lui fait figure de nouveau venu et est vierge de tout scandale. Trois semaines, c’est tout ce qu’il reste au LMP pour mobiliser ces indécis, au détriment du Jobbik. Articles liés : Un 15 mars tout en douceur Un 15 mars en campagne Viktor Orban joue « la force tranquille » Législatives : la bataille peut commencer Orbán déjà Premier Ministre? « Ensemble, tout devient possible » ?

Un 15 mars tout en douceur

Un 15 mars tout en douceur

16 mars 2010 à 3 h 44 min 0 commentaire

Hier, lundi 15 mars, la journée ensoleillée de fête nationale hongroise s’est déroulée sans surprises, sans heurts, à un moment clé d’une campagne électorale particulièrement faible à tous les niveaux. Avant le premier tour des législatives, dans un peu moins d’un mois, le 11 avril prochain, la sagesse et la séduction étaient donc de mise pour les trois principaux partis politiques hongrois. Espérons pour le MSzP que les sondages actuels sont plus représentatifs du destin parlementaire de la Hongrie, que l’applaudimètre du jour… MSzP : service minimum Le MSzP, encore aux affaires, et son leader de campagne, Attila Mesterhazy, ont dû marquer le coup malgré celui qu’ils prennent en ce moment au moral. Ils se sont réunis à un petit carrefour aux abords du Pilvax café, haut lieu de la révolution de 1848 et de l’indépendance de la Hongrie qui était célébrée hier. Les socialistes, à 20% d’intentions de vote actuellement et talonnés par Jobbik (selon Szonda Ipsos le 11 mars), sont donc restés très discrets mais dignes, à l’heure du repas de midi, en comité restreint dans les petites rues du 5ème arrondissement. Quelques centaines de personnes étaient présentes au moment du discours de celui qui a accepté de donner son visage à la déroute annoncée du parti au pouvoir. Mesterhazy a prévenu des dangers du romantisme des promesses électorales de l’extrême droite, en passe de devenir la seconde force politique du pays, et s’est inquiété des possibles alliances que la FIDESz pourrait envisager avec Jobbik lorsque le gouvernement aura besoin des deux tiers du Parlement pour faire voter une loi. Pour l’anecdote, on a pu s’apercevoir qu’à l’image du pays aux yeux de certains Hongrois sortis dans les rues de Budapest hier, le « Pilvax » lui-même n’a pas gardé son symbolisme magyar historique, pusqu’il est devenu un Irish pub depuis, arborant fièrement les couleurs de la Guiness. FIDESz : attention à ne pas prendre la grosse tête Un peu plus tard dans l’après-midi, entre 8000 et 10000 Hongrois se sont déplacés derrière le château de Buda, à Dozsa Gyorgy tér, où la FIDESz et son leader charismatique, Viktor Orban, ont allié sobriété et grandeur, histoire d’avoir, par avance, le triomphe modeste. Orban a pu apparaître dans un bain de soleil devant une foule placée sur le flan de colline, et profiter ainsi d’un espace grandiose à moindres frais. Pas d’écrans géants, pas de grands concerts, juste la foule au rendez-vous et Orban savourant sa popularité devant le château. Nul doute donc que cette campagne ne soit que du plaisir pour l’ancien Premier ministre, qui n’a ni besoin de défendre un programme, ni besoin de confrontation médiatique pour gagner haut la main. L’invitation de Mesterhazy faite à Orban à la télévision a d’ailleurs été écartée d’un revers de main par le directeur de campagne de la FIDESz, Péter Szijjarto : « la date de péremption d’un débat stérile avec vous est déja largement dépassée », a t-il répondu. Même chose pour les débats à l’assemblée sur les politiques publiques sociales, agricoles et économiques : les représentants FIDESz ne sont jamais venus aux débats organisés par le gouvernement actuel toute la semaine dernière. Cet excès de confiance pourrait cependant empêcher la FIDESz d’atteindre à elle seule les pleins pouvoirs, c’est-à-dire plus de 65% des sièges. Entre janvier et mars, le principal parti conservateur d’opposition est passé de 63 à 57% d’intentions de vote parmi les électeurs déja décidés. Jobbik : de bonnes raisons d’y croire En organisant son meeting au même moment que la FIDESz hier, Jobbik aurait pu également lui piquer son slogan de campagne (« itt az idő »). La bande à Gabor Vona a mis le paquet, tout en rationalisant « radicalement » son rassemblement derrière la basilique Saint Etienne, en plein centre ville : des milliers de sympathisants (environ 8000) adeptes de la mode à couleur sombre, des écrans géants, une mise en scène et des spectacles sophistiqués. La loi sur le financement des partis politiques n’a donc manifestement pas encore affecté ce jeune parti à l’ascension fulgurante, puisque ses affiches sont parmi les plus présentes au centre de Budapest et son « show » d’hier était de loin le plus coûteux. A noter, les membres de la Magyar garda se sont distingués avec le port de la collection « printemps-été » de leur uniforme: pantalon camouflage et bombers noirs. Juste avant le moment historique de son entrée au Parlement, le parti nationaliste se devait de tenir un discours toujours aussi radical, mais avec beaucoup plus de tenue politicienne et surtout un comportement résolument moins belliqueux de ses supporters. La reconnaissance démocratique qui leur est promise prochainement à de quoi les apaiser. Jobbik est d’ailleurs le parti qui risque de tirer le mieux son épingle du jeu des électeurs indécis, qui sont estimés à 38% encore aujourd’hui. Entre janvier et mars, les nationalistes sont passés de 12 à 17% dans les sondages, pour le moment apparemment au détriment de la FIDESz, car le MSzP semble stabiliser ses mauvais résultats. Ce score de Jobbik correspondrait à plus de trois fois le nombre de voix nécessaires pour entrer au Parlement (5%). crédits photos : coriander Articles liés : 15 mars: Orban prend du recul Un 15 mars en campagne Orban joue « la force tranquille » La FIDESz est dans la rue L’étau se resserre sur la FIDESz Législatives: la bataille peut commencer « Ensemble, tout devient possible » ? Jobbik enfin au régime de la loi sur le financement des partis Jobbik prêt à entrer au Parlement 1956, des commémorations à l’avant-goût électoral Le sondage déconcertant de la semaine Orban, déja Premier ministre? L’Europe au Jobbik! Européennes: l’abstention et la droite Emeutes à la manif anti Bajnai

La guerre de Budapest n’a pas eu lieu

La guerre de Budapest n’a pas eu lieu

9 mars 2010 à 22 h 44 min 0 commentaire

Le bruit des bottes de la jeunesse européenne néo-nazie n’a finalement pas résonné sur les pavés de la place des Héros de Budapest, samedi dernier. Ce sont au contraire des associations antifascistes qui ont investi ce haut-lieu de la capitale hongroise pour manifester leur opposition aux « discriminations, à la violence et à l’extrémisme » et pour honorer les victimes du nazisme, juives et tsiganes. Les néo-nazis hongrois, en étroite collaboration avec leurs homologues allemands, planifiaient un vaste rassemblement, l’un des plus grands d’Europe. Face à eux, des associations antifascistes promettaient une contre-manifestation pour leur faire barrage. Pour une raison qui reste inconnue, il semble que ce sont les organisateurs hongrois du rassemblement qui aient annulé l’évènement alors que, chose rare, ils étaient parvenus à obtenir l’accord des autorités hongroises. Comment ? En enregistrant leur groupuscule comme parti politique et en maquillant leur parade en un rassemblement de campagne électorale. C’est donc face à un adversaire physiquement absent que se sont rassemblés sur la place des Héros, les militants antifascistes de Budapest. Selon les organisateurs, 5000 personnes ont assisté à l’évènement, sur toute la journée. Le chiffre est peut-être légèrement exagéré, mais il indique tout de même un relatif succès pour ce mouvement qui peine toujours à mobiliser, et dont, tout dans la communication contraste avec celle toujours bien huilée des différents mouvements non néo-nazis de l’extrême-droite hongroise, du Jobbik au HVIM, en passant par l’incontournable Magyar Garda. A force de mobilisations, ces derniers ont appris à maitriser l’art de susciter l’intérêt de la presse hongroise, en assurant chaque fois un spectacle haut en couleurs, à base de drapeaux, de chants et aussi parfois de dérapages violents. La « contre-manifestation » a été à peine perturbée lorsque deux individus affichant ostensiblement des symboles de l’extrême-droite hongroise se sont approchés de descendants de victimes du nazisme, en train de se recueillir. Après un bref échange avec l’un des organisateurs, ils se sont pliés aux ordres des quelques agents de police en faction, qui les ont prié de s’en aller sans plus de provocations (Voir photo). Au lieu d’un haut lieu… Quelques dizaines de néo-nazis ont fait le voyage ce weekend depuis leur terre germanique, malgré l’annulation de l’évènement, pour « profiter de la ville », selon l’un d’eux. C’est ainsi que la petite troupe s’est rassemblée en fin d’après-midi, mais bien loin du centre de la ville, par-delà le Nagy körut (le Grand boulevard). Sans doute avaient-ils espéré une ambiance plus solennelle et plus grandiloquente que celle du kocsma (bar) miteux où ils s’étaient terrés, surveillés à la culotte par deux camions de police, pour honorer la mémoire des combattants  nazis de la bataille de Budapest. Celle qui a effectivement eu lieu. Articles liés : Les néo-nazis se défilent à Budapest ? Le nazi n°1 vit libre à Budapest Le retour en Hongrie d’un ancien nazi

15 mars: Orbán prend du recul

15 mars: Orbán prend du recul

5 mars 2010 à 20 h 21 min 0 commentaire

Le kis körut de Budapest paraissait bien trop court pour que les trois principaux partis politiques y tiennent leurs meetings du 15 mars comme prévu. Cette fête nationale,  jour de révolution, est célébrée chaque année différemment selon les affinités politiques des Hongrois. A ce moment clé de la campagne des élections législatives, la FIDESz a décidé, mercredi, de déplacer son rassemblement de l’autre côté du Danube, à Dozsa György tér. Des dizaines de milliers de personnes y sont désormais attendues pour célébrer le plébiscite actuel de Viktor Orban dans les sondages. La raison avancée par le cabinet de campagne de l’ancien Premier Ministre est la promiscuité entre les rassemblements, tous concentrés entre Astoria et Déak tér. Avec sa popularité, Orban méritait bien plus d’espace, et de prestige. Son allocution en sera d’autant plus enjolivée qu’elle aura lieu avec le château de Buda en arrière-plan. Sans aucun doute, son image sera elle aussi bien plus télégénique de cette façon. Une autre raison officieuse pourrait s’ajouter à ce « déménagement » (FIDESz organisait ses meetings à Astoria depuis des années). A la droite de la FIDESz et des Démocrates-chrétiens, les nationalistes radicaux du Jobbik, toujours plus nombreux, auraient pu gêner. Articles liés: Un 15 mars en campagne Orban joue « la force tranquille » La FIDESz est dans la rue 1956, des commémorations à l’avant-goût électoral Emeutes à la manif anti Bajnai

Les néo-nazis se défilent à Budapest?

Les néo-nazis se défilent à Budapest?

1 mars 2010 à 22 h 42 min 0 commentaire

Plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de néo-nazis hongrois, allemands et des pays voisins avaient prévu de défiler samedi 6 mars sur la place des héros de Budapest pour commémorer le « Jour de l’honneur ». Mais malgré l’accord officiel des autorités hongroises, les organisateurs ont finalement annulé le rassemblement. La police hongroise avait tout d’abord interdit son déroulement, officiellement pour des raisons logistiques, comme il est coutume de procéder pour empêcher les mouvements néo-nazis. Mais, par un tour de passe-passe, le Front National-socialiste hongrois (NS Front) a pu obtenir l’autorisation de la cour de justice hongroise pour sa manifestation, maquillée en ralliement de campagne électorale. Il s’est en effet enregistré en parti politique sous le doux nom de Parti Révolutionnaire National (Nemzeti Forradalmi Párt) afin de bénéficier d’une législation plus souple en matière de regroupement en période électorale. Le NFP a depuis annulé sa parade, communiquant jeudi dernier via son site internet que « L’évènement ne pourra se dérouler de façon normale. Après avoir examiné les circonstances, la direction du parti a décidé son annulation ». Plusieurs groupes anti-fascistes avaient annoncés qu’ils organiseraient des contre-manifestations. Aucune explication plus claire n’a été apportée à ce jour par le parti pour justifier ce revirement. Parmi les hypothèses plus sérieuses, on peut imaginer, comme cela a été déclaré par le NFP, que le gouvernement de Bajnai a émis des pressions sur le parti afin de ne pas ternir la réputation du pays à l’étranger, car il est certain qu’un tel rassemblement ne serait pas passé inaperçu dans le reste de l’Europe. Il est aussi plausible que le Jobbik, la principale force d’extrême-droite, ait joué un rôle dans cette affaire, en intervenant auprès du groupuscule afin de ne pas se retrouver dans la situation inconfortable de devoir condamner cette action. En ce fameux « Jour de l’honneur », des soldats hongrois et leurs alliés nazis encerclés dans le château de Buda par l’armée rouge ont tenté un ultime baroud d’honneur, dans les derniers jours de la seconde guerre mondiale, en février 1945. La journée de samedi devrait donc être calme à Budapest, à moins que les néo-nazis européens ne renoncent pas à leur pèlerinage et profitent de leurs billets d’avion low-coast pour venir faire un peu de tourisme dans la capitale hongroise… Articles liés : « Tomcat » et le subterfuge Rudolf Hess Le nazi n°1 vit libre à Budapest

Tony Gatlif : la voix des Roms

Tony Gatlif : la voix des Roms

26 février 2010 à 10 h 24 min 0 commentaire

C’est mercredi qu’est sorti en salles le dernier film de Tony Gatlif, Liberté. Il y est question d’un chapitre mal connu de l’histoire européenne du vingtième siècle : le sort réservé aux Tsiganes en France pendant la deuxième guerre mondiale. C’est une nouvelle pièce à ajouter à l’œuvre de Gatlif en faveur de la connaissance de la culture tsigane à travers l’Europe. Une filmographie qui compte de nombreux succès dont le fameux Gadjo Dilo – qui retrace les tribulations d’un jeune français interprété par Romain Duris jusque dans un village tsigane de Roumanie – et plus récemment Transylvania. « Ne pas dévaluer l’holocauste » « Les peuples nomades n’ont pas d’histoire, ils n’ont que de la géographie », a dit Gilles Deleuze. Et pourtant ils en ont une d’histoire. Au vingtième siècle, le nazisme a conduit plus de 200.000 d’entre eux à la mort dans les camps de concentrations. Certains historiens parlent d’un demi-million de victimes. Ce n’est qu’une estimation grossière, le chiffre exact n’est pas connu et ne le sera jamais. Cette dimension de la seconde guerre mondiale a souvent été occultée. Les Roms qui ont fait de « Porajmos » (« leur » Shoah) un tabou sont en partie responsables de cette lacune des livres d’histoire. Leur culture fondée sur l’oralité et leur manque de représentativité n’a pas plaidée non plus en leur faveur. L’ampleur du génocide contre les Juifs y a aussi beaucoup contribué. En 1984, le président de l’Holocaust Memorial Council, Elie Wiesel – venu dénoncer l’antisémitisme en Hongrie il y a quelques mois –  avait rétorqué à Simon Wiesenthal qui plaidait pour que les Roms soient représentés dans ce Conseil qu’« il ne fallait pas dévaluer l’Holocauste ». [1] Pendant ce temps en Hongrie… Dans les endroits branchés de la capitale, on les cantonne à un folklore pour bobos, qui s’émerveillent volontiers des prouesses artistiques de ces drôles de gens hirsutes, mais qui vivent dans des immeubles bien propres car, comme le précisent systématiquement les agents immobiliers, « Il n’y a pas de Tsiganes ». « Réduire les autres à ce qu’ils offrent de bizarre à nos regards », a appelé ça Paul Valéry (voir la photo). Les dernières élections, les européennes de juin 2009, ont été l’occasion pour l’extrême hongroise de en faisant campagne sur « la criminalité rom ». Nul doute que son représentant le plus légitime, le Jobbik – qui a fait des Roms, aux côtés des Juifs, ses ennemis naturels –  n’aura aucun scrupule à cristalliser sur ce thème, aux élections à venir, la colère de la population fragilisée par la crise économique internationale et la gouvernance désastreuse du pays ces dernières années. L’opération ne sera pas bien difficile. Il lui suffira de pointer leurs taux de délinquance, de criminalité et de chômage bien supérieurs à la moyenne nationale. Il lui suffira aussi de parler démographie pour prouver, chiffres à l’appui, que leur natalité bien supérieure au reste de la population hongroise (ce qui n’est pas une performance en soi) fait d’eux une bombe à retardement. Le Front National pose les bonnes questions, mais donne des mauvaises réponses, avait dit Laurent Fabius, à une autre époque et dans un autre pays. Le Jobbik ne pose pas que des mauvaises questions… Les principaux intéressés et leurs défenseurs pourront lui répondre que, sur la seule base de leur appartenance ethnique, les Roms sont victimes de discrimination à tous les étages de la société. Ils pourront aussi rappeler les assassinats à caractère racistes dont ils ont été victimes l’année précédente et le manque d’ardeur de la police à trouver les coupables, tant que les institutions internationales ne s’étaient pas emparées de l’affaire. La voix de Gatlif va-t-elle porter jusqu’en Hongrie ? Aura-t-on la chance de voir Liberté sur les écrans hongrois ? Rien n’est moins sûr… [1] Amnesty International : La mémoire « trouée » d’un crime de masse Articles liés : Wiesel : « La honte de votre nation » La « question rom » selon Bajnai Discrimination à l’école: Strasbourg surveille la Hongrie En France, tous les Hongrois ne sont pas les bienvenus L’OPAC slovaque paie des Roms pour s’expatrier Ca sent la poudre chez les Roms Tensions communautaires en vue

Viktor Orban joue « la force tranquille »

Viktor Orban joue « la force tranquille »

11 février 2010 à 18 h 32 min 0 commentaire

Vendredi dernier lors d’un de ses habituels discours sur « l’état de la Nation », Viktor Orbán, leader conservateur de la FIDESz, a donné l’impression que son retour au pouvoir n’était plus qu’une simple formalité. Grâce à la situation dans laquelle se trouve son principal adversaire, le MSzP, c’est en en faisant le minimum qu’il gagne un maximum.  Face aux attaques timides d’Attila Mesterhazy, il lui restait le choix, à sa droite, de domestiquer ou de mépriser Jobbik. Il a finalement choisi de répondre sereinement aux critiques à la télévision lundi. Désormais, avec les sondages actuels à l’appui, il prétend jouer seul pour une victoire écrasante au Parlement, qui lui donnera peut-être les pleins pouvoirs. Comme le montre la photo redimensionnée de la version en ligne de Népszabadsag, le journal démocrate libéral n’a pas manqué de faire apparaître le tribun tant attendu au gouvernement en petit tyran capricieux. Cela rappellerait presque quelqu’un… quoique. Ce que les autres candidats reprochent à Orban, c’est justement qu’il n’a pas besoin « d’en raconter » pour être élu. Personnellement, il n’avait rien proposé de concret depuis des semaines, mais il n’a encore fait aucune grande promesse illusoire, telle qu’incarner le retour du pouvoir d’achat, du plein emploi, de la propriété pour tous… entre autres. « Parler pour ne rien dire »… mais au bon moment Orban a été cruellement prévisible lors de son discours d’une heure à Millenaris vendredi dernier. Il a déclaré qu’il était « prêt à assumer personnellement la responsabilité de gouverner la Hongrie« , et que son parti est « prêt pour former un gouvernement fort, responsable et laborieux« . Les poncifs d’actualité tels que le « changement » et « une honnêteté nouvelle dans la vie publique et privée » ont bien sûr été martelés. Toujours aucune trace du moindre programme donc, ni du moindre détail concret de ce que « sera » sa politique gouvernementale. « Cela fait 20 ans qu’un tel besoin profond de changement a été ressenti pour la dernière fois » a déclaré Viktor Orban, faisant référence à la fin du régime communiste, période à laquelle il s’était fait connaître par un discours exigeant le retrait total de l’armée soviétique du sol hongrois. « A l’époque, nous étions fiers. Aujourd’hui, nous sommes considérés comme faibles, et c’est la faiblesse du gouvernement actuel qui en est responsable » a t-il ajouté. Les « doléances » du candidat Mesterházy En face, le candidat du Parti socialiste (MSzP) au poste de Premier ministre, fait figure de sacrifice humain. Attila Mesterházy n’a pour seule stratégie de campagne que le bilan – pas si mauvais – de Bajnai, malgré les scandales qui s’accumulent dans le secteur public. Sur le plan de la communication, il souffre d’un gros manque de notoriété, de charisme et d’assurance. Ainsi, il a passé toute la semaine dernière à demander à Viktor Orban de s’exprimer sur son programme et sur ses intentions politiques concrètes. Dernier « fait d’arme » en date, une vidéo d’une minute postée sur YouTube, mercredi dernier, dans laquelle il invite Orbán à confirmer si la Fidesz laissera le déficit budgétaire s’agrandir jusqu’à 7 % du PIB, tel qu’elle l’a déja laissé entendre. Il questionne aussi Orbán sur la centralisation des médias d’Etat que la FIDESz a également envisagée. Aussi, et la réponse d’Orban devrait être dans le résultat final de l’élection, Mesterhazy veut savoir si la FIDESz réécrira la Constitution, dans le cas où elle l’emporte avec plus des deux tiers des voix. Il a enfin souhaité connaître la position d’Orban sur les extrémistes en Hongrie et sur le parti nationaliste Jobbik, sachant qu’il est fort probable que ce dernier fasse sa première entrée au Parlement avec un résultat de 10 à 15%. Les adversaires se débattent, Orban réserve ses surprises… A la suite de l’intervention d’Orban à Millenaris, Jobbik a déclaré qu’il avait entendu « un enlisement, un discours de campagne idéologique qui n’avait rien de concret. Cela pose la question, deux mois avant l’élection, de ce que sera la politique de la FIDESz ». Question concret, « l’autre parti de droite » dont l’extrémisme n’a d’égal que le populisme, a défini des points clés dans son programme électoral: «Oserait-il (Orban) dire la vérité sur le grand capital multinational, l’Union européenne, le Fonds monétaire international, l’expansionnisme israélien, ou la criminalité tzigane? » Mesterházy, a, quant à lui, fustigé le discours d’Orban, dépourvu de substance ou de tout autre élément politique réel à son goût. «C’était comme si Viktor Orbán avait peur d’être retiré de la liste électorale de son parti s’il rentrait un tant soit peu dans les détails de son programme » a déclaré Mesterházy. Une réaction candide de la part de l’agneau du MSzP. En ayant pour seule tactique de faire parler Orban sur ce qu’il ferait une fois au pouvoir, Mesterhazy hésiterait presque à employer le futur au lieu du conditionnel. Une chose est très probable: un Orban silencieux et sûr de gagner dans cette conjoncture-là réserve plus de mauvaises surprises que de miracles une fois élu. …et méprise Jobbik à la télé Lors d’un entretien télévisé lundi, Viktor Orban a finalement répondu à sa manière à Attila Mesterhazy. Il s’est tout d’abord prononcé sur le cas du Jobbik dans le cadre gouvernemental et parlementaire. Il a exprimé un mépris de façade à l’égard du parti d’extrême droite et a déclaré qu’un vote Jobbik était « une voix gaspillée ». Il a aussi été négatif sur la question d’une possible alliance de la FIDESz avec le Jobbik après les élections en cas de victoire, même dans le cas où une telle association l’aiderait à faire adopter une loi exigeant une majorité des deux tiers au Parlement. Aux critiques selon lesquelles le parti ne dispose pas d’un programme, il a répondu que la Fidesz avait déjà publié un manifeste… en 2007!  Il a aussi rappelé que son discours du Millenaris comportait des propositions de politiques spécifiques telles que la création d’un million d’emplois… sur dix ans! En effet, Viktor Orban voit très loin… en direction du passé ou vers le futur. Sans forcément proposer quoi que ce soit d’autre, il a réaffirmé la position de son parti sur le fait que leLire la suite

Rencontre avec le parti LMP, Lehet Más A Politika

Rencontre avec le parti LMP, Lehet Más A Politika

9 février 2010 à 20 h 40 min 0 commentaire

« Une autre politique est possible », c’est la traduction de Lehet Más A Politika, le nom complet de ce parti et le message qu’il entend faire passer au peuple hongrois pour rallier à lui les mécontents du système actuel. C’est Maria Hajdú, membre de la direction du LMP qui a répondu aux questions de Hulala. Hulala : Pouvez-vous présenter votre parti ? Maria Hajdú : Après le désastre des élections de 2006, certaines personnes se sont dit que la situation était tellement mauvaise qu’il fallait faire quelque chose. Les Hongrois se plaignent en permanence, ils ne sont pas satisfaits du système politique et des différents partis existants. Ils ont donc commencé à réfléchir à l’idée de créer leur propre parti. Quelques mois avant les élections européennes, l’association est devenu un parti politique. (NDLR : LMP a obtenu 2,6% aux européennes en juin 2009). Hulala : Quel est votre objectif pour les élections législatives ? Maria Hajdú : 8% ! Nous pensons vraiment qu’il est possible de dépasser les 5% et d’entrer au parlement, sinon nous ne ferions pas tout cela. Cela va dépendre de beaucoup de choses, mais cela n’est pas impossible du tout. Cela dépend du taux de participation, de la mobilisation des personnes indécises, de l’atmosphère générale de l’élection et bien sûr…de notre campagne. Hulala : Quel est l’électorat que vous visez ? Maria Hajdú : Nous ne nous concentrons pas sur un type précis d’électeurs. Nous dites « Voilà ce que nous sommes et ce que nous proposons, à vous de nous choisir ou non ». Nous visons les mécontents, ceux qui ne sont pas satisfaits des partis politiques qui sont au parlement mais qui ne veulent pas voter pour les radicaux du Jobbik. Hulala : Des électeurs indécis sont susceptibles d’hésiter entre vous et le Jobbik ? Maria Hajdú : Absolument, beaucoup de gens sont encore indécis et j’ai personnellement rencontré des personnes affirmant qu’elles ne savaient pas encore qui choisir, malgré l’énorme différence entre nous et le Jobbik. Le désir de changement est le même pour ces deux partis, mais nos réponses ne sont pas les mêmes, et c’est nous qui avons les bonnes. Hulala : Vous ne fonctionnez pas comme les autres partis traditionnels, sans véritable hiérarchie et sans leader charismatique. Est-ce que cela n’est pas un désavantage ? Le peuple hongrois est-il prêt pour cela ? Maria Hajdú : Je ne sais pas si les électeurs sont prêts pour cela. C’est un problème pour beaucoup de gens qui veulent un leader fort, un visage pour le parti. Mais ce n’est pas ce que nous voulons faire. Hulala : Les médias montrent-ils suffisamment d’intérêt pour votre parti ? Maria Hajdú : Non. Les médias sont financés par des groupes financiers et les partis politiques aussi. Il n’est donc pas important pour eux, ni dans leur intérêt, d’informer leurs public sur l’existence et les activités du LMP. Mais maintenant que les élections approches et que nous sommes très actifs, nous bénéficions quand même d’une certaine couverture médiatique, mais elle est encore trop faible. Peut-être parce qu’il n’y a pas de scandales chez nous. Hulala : Vous semblez être sur un ligne proche du SzDSz [le parti libéral]. Quels sont vos rapports avec ce parti ? Maria Hajdú : Beaucoup de personnes nous assimilent à tord à ce parti et je suis à chaque fois étonnée et je ne comprends pas cette comparaison, car elle est infondée. Nous sommes libéraux, notre politique sociale est socialiste, mais nous avons aussi une dimension conservative en ce sens que nous croyons à l’importance des communautés, ce qui passe pour une idée conservative. Nous proposons donc à la fois des idées libérales, sociales mais aussi conservatives. Nos membres sont issus de la prétendue gauche ET de la prétendue droite. Nous ne sommes donc pas du tout sur la même ligne que le SzDSz. C’est le MDF [Magyar Demokrata Forum, de centre-droit] qui est sur leur ligne, pas le LMP. Hulala : A quelle coalition le LMP est-il prêt à participer si il entre au Parlement ? Maria Hajdú : Avec aucun parti ! Nous pourrons voter au coup par coup avec d’autres partis, sur des sujets précis, mais nous ne participerons pas à d’éventuelle coalition. De toute façon la composition du Parlement ne posera pas ce problème à mon avis. Hulala : Comment jugez-vous la politique économique du gouvernement Bajnai ainsi que les déclarations de Viktor Orban [le leader de la droite FIDESz] selon lesquelles il reviendra sur les réformes accomplies ? Maria Hajdú : Vous savez, ce ne sont que des mots parce que la campagne a commencée. Pour notre part, nous estimons qu’il est vrai que le gouvernement Bajnai a relativement bien géré la crise économique internationale. Mais d’un autre côté, Bajnai est soutenu par les socialistes qui ont été au pouvoir précédemment et qui sont donc responsables des « crises hongroises » car nous ne souffrons pas que de la crise globale mais aussi d’une crise hongroise. Le pays n’aura pas beaucoup de marge de manœuvre et je ne sais pas ce que proposent la FIDESz car elle parle beaucoup mais sans donner de faits concrets. Mais j’estime quand même qu’il est faux de dire que le prochain gouvernement n’aura pas le choix de ses actions. Si il n’avait pas de choix, alors pourquoi aller voter dans ce cas là ?  Il y a toujours le choix. C’est la stratégie de campagne du MSzP [le parti socialiste au pouvoir] de dire qu’il n’y a pas d’autre option que de poursuivre sa politique. Je ne pense pas que cela soit la vérité, nous avons des alternatives. Le LMP a un programme économique alternatif, le Green New Deal. Il met l’accent sur des solutions de développement durables pour les campagnes et l’emploie des personnes pauvres, les Roms par exemple, dans l’agriculture locale. Car l’agriculture hongroise a une longue tradition et est de très bonne qualité. Hulala : Cela signifie des conflits potentiels avec Bruxelles… Maria Hajdú : Si nous devons le faire, alors oui ! Pourquoi pas, si c’est bon pour les gens ici.Lire la suite

Législatives : la bataille peut commencer

Législatives : la bataille peut commencer

25 janvier 2010 à 0 h 01 min 2 commentaires

Le Président hongrois László Sólyom a annoncé vendredi les dates des élections législatives : les deux tours se dérouleront le 11 puis le 25 avril.  Cette annonce donne aussi le départ d’une campagne électorale volontairement écourtée. A trois mois exactement du « verdict », plus rien ne semble pouvoir empêcher la FIDESz de s’emparer du pouvoir. Cela ne laisse que peu de temps, 79 jours exactement, aux partis pour faire campagne, et c’est exactement ce que souhaitait le Président Sólyom. Si le premier weekend d’avril n’était pas tombé sur Pâques, nul doute que c’est une semaine plus tôt que les Hongrois auraient eu à voter, soit 72 jours après le lancement officiel de la campagne électorale, le minimum autorisé par la Constitution hongroise. Le Président qui avait déclaré en décembre dernier, donc un peu tard, que des élections anticipées auraient été dans l’intérêt du pays, espère ainsi trouver une porte de sortie à l’instabilité politique, aux querelles politiciennes et à la division nationale qui ont particulièrement marqué la vie politique hongroise de ces dernières années. Vers un Parlement tripartite L’issue de ce scrutin législatif laisse peu de place au doute. Tous les sondages sans exception effectués ces derniers mois prévoient une large victoire de la FIDESz, le parti de droite dans l’opposition, devant le parti socialiste MSzP actuellement au pouvoir et le Jobbik de la droite radicale. Si les sondages disent vrai et que l’état de l’opinion publique n’évolue que peu, seuls ces trois partis entreront au Parlement. Parmi les petits partis, seuls les centristes du Forum Démocratique Hongrois (MDF) peuvent espérer envoyer des députés au Parlement. Les libéraux du SzDSz, eux, n’atteindront vraisemblablement pas le seuil fixé à 5% des suffrages, quoi qu’en disent leurs dirigeants. Les derniers sondages en date, réalisés par l’institut Median ne viennent que confirmer des chiffres annoncés depuis plusieurs mois : deux-tiers des votes au second tour en faveur de la FIDESz, contre seulement 20% en faveur du MSzP. Sauf coup de théâtre, un scénario qu’aucun commentateur sérieux en Hongrie n’ose même envisager, les socialistes seront donc chassés du pouvoir après deux mandats successifs. Il faut dire que le second a été complètement plombé d’entrée de jeu par une « gaffe » de l’ancien premier ministre Ferenc Gyurcsany qui avait avoué, malgré lui, avoir menti délibérément sur la situation économique du pays pour assurer sa réélection. Les relativement bons résultats obtenus sur le plan de la macro-économie par le gouvernement de l’indépendant Gordon Bajnai, successeur de Gyurcsany contraint de démissionner en avril 2009, ne sont pas de nature à faire oublier ce dérapage, même deux ans après. Le mieux que pourra faire Attila Mesterhazy, le jeune économiste de 35 ans qui sert de candidat aux socialistes, c’est de « limiter la casse ». Le baptème parlementaire du Jobbik Finalement, la seule véritable inconnue, c’est l’ampleur de la percée de l’extrême-droite emmenée par le Jobbik. Il est crédité de 5% à 10% des intentions de vote, ce qui devrait lui assurer plusieurs sièges parlementaires, pour la première fois de sa jeune histoire des députés au Parlement hongrois. Il ne semble cependant pas qu’il puisse rééditer son exploit des élections européennes tenues en juin 2009, où il avait fait une percée triomphale obtenant près de 15% des voix. L’autre gagnante, aux côtés de la FIDESz, pourrait bien être l’abstention dont les analystes craignent qu’elle soit très élevée, autour de 50% si l’on en croit les différents instituts de sondage. L’impression que tout est déjà joué et les ressentiments d’une grande partie de la population hongroise vis-à-vis non pas du seul MSzP mais de l’ensemble de la classe politique. Rappelons-nous cependant que les sondeurs hongrois avaient beaucoup surévalué le taux d’abstention lors des législatives de 2006, de presque 15%. Articles liés : Solyom rencontre Imre Forgacs, l’intérimaire à la Justice Solyom avec 8 mois de retard Ensemble, tout devient possible ? Le SzDSz y croit encore Le MSzP a trouvé son martyr Orban déjà Premier Ministre ?

Jobbik enfin au régime de la loi sur le financement des partis

Jobbik enfin au régime de la loi sur le financement des partis

20 janvier 2010 à 18 h 13 min 0 commentaire

Le Bureau du Procureur général (Legfőbb Ügyészség) étudie en ce moment les comptes de Jobbik Magyarországért Mozgalom. hvg.hu rapporte que le parti radical nationaliste , qui prospère comme jamais sur le plan électoral, n’a pas encore publié son bilan 2009, ni tous ses autres bilans depuis 6 ans. En Hongrie, les partis politiques sont pourtant tenus par la loi de préparer et de publier leur bilan chaque année. Jobbik ne l’a jamais fait depuis sa création en 2003. On se demande ce que la Justice attendait jusqu’à maintenant… Peut-être n’a t-elle tout simplement pas été mandatée car Jobbik n’était pas assez pris au sérieux, ou peut-être a t-on laissé faire pour réagir au moment propice.  Comment ce parti d’extrême droite, à l’assise populaire de plus en plus forte, finance t-il son ascension dans le paysage politique hongrois? Affaire à suivre, mais il semble désormais que pour certains, Jobbik représente une menace. Articles liés: Jobbik prêt à entrer au Parlement Un 24 octobre fondateur pour Jobbik Le sondage déconcertant de la semaine L’Europe au Jobbik! La popularité grandissante de la Magyar Garda