Mots-clés associés : "extrême droite"

Le Jobbik, 2e parti de Hongrie ?

Le Jobbik, 2e parti de Hongrie ?

9 avril 2014 à 9 h 13 min 8 commentaires

Comme les sondages l’indiquaient dans la phase finale de la campagne électorale, le Jobbik a gagné du terrain. Avec 20,5% des voix, le parti est en progression par rapport à 2010 où il avait obtenu 16,7% des voix. Sa forte hausse est surtout due à une plus forte abstention (60% contre 64% en 2010). En nombre de voix, le parti passe de 836 774 en 2010 a 985 028 en 2014.

L’extrême-droite hongroise reprend du poil de la bête

L’extrême-droite hongroise reprend du poil de la bête

3 avril 2014 à 20 h 00 min 0 commentaire

C’est en tout cas ce que s’accordent à dire les instituts de sondage. Ce dimanche, jour des élections législatives, Jobbik pourrait faire mieux qu’en 2010 où il avait obtenu 16,7% des voix.

Le Jobbik lance une campagne axée sur le social

Le Jobbik lance une campagne axée sur le social

18 février 2014 à 9 h 01 min 1 commentaire

Gábor Vona, le président du Jobbik, a officiellement ouvert, samedi à Miskolc, la campagne électorale de son parti. Au-delà des promesses de campagne classiques, c’est une réforme structurelle que souhaite mettre en œuvre, à terme, le leader de la droite au sein de son parti.

Quelques centaines de néo-nazis ont commémoré la bataille de Budapest

Quelques centaines de néo-nazis ont commémoré la bataille de Budapest

10 février 2014 à 9 h 00 min 11 commentaires

Plusieurs groupes d’extrême-droite hongrois et européens ont rendu hommage à la résistance qu’ont opposé les forces hongroises et allemandes à l’Armée Rouge pendant le siège de Budapest en 1944-45, samedi proche du château de Buda.

Jobbik : « Vue de Budapest, Manuel Valls apparait comme quelqu’un de très radical »

Jobbik : « Vue de Budapest, Manuel Valls apparait comme quelqu’un de très radical »

10 décembre 2013 à 6 h 45 min 7 commentaires

Dans un reportage diffusé le dimanche 1er décembre sur France Inter intitulé « La Hongrie, au fond de l’Europe, à l’extrême-droite », le député du parti d’extreme-droite Jobbik, Marton Gyongyosi, a fait référence à la politique du ministre français de l’Intérieur Manuel Valls

La Betyársereg (l'Armée des brigands) et le HVIM (Mouvement des 64 Comtés) à Devecser le 5 août 2012. (Photo : Nagy Lajos / MTI)

Incitation à la haine : décision incompréhensible de la police

19 novembre 2013 à 7 h 30 min 1 commentaire

Faute de preuves, la police de Veszprém à mis un terme à son investigation concernant une manifestation de milices d’extrême-droite dans un quartier à population Rom de la ville de Devecser au mois d’août 2012. Un an plus tard, elle vient de conclure que leurs actions n’ont pas constitué une incitation à la haine raciale.

Front commun contre l’extrême-droite hongroise

Front commun contre l’extrême-droite hongroise

3 décembre 2012 à 8 h 18 min Comments are Disabled

Environ 10.000 personnes se sont rassemblées dimanche après-midi à l’appel de plusieurs organisations religieuses pour dénoncer les propos antisémites tenus par un député du parti Jobbik lundi dernier au parlement.

Photo : HU-lala

Les Juifs ont-ils peur dans la Hongrie de Viktor Orbán ? (1/3)

2 avril 2012 à 6 h 58 min 11 commentaires

Une Constitution qualifiée de liberticide, un dirigeant d’ultranationaliste et autoritaire, un pays décrit comme celui où des milices d’extrême-droite ont droit de cité… De ce vaste amalgame, il est souvent ressorti l’image d’une Hongrie antisémite. Les critiques ont culminé avec le discours de l’eurodéputé vert Daniel Cohn-Bendit au mois de janvier devant le parlement européen :

István Csurka enterré en héros

István Csurka enterré en héros

20 février 2012 à 7 h 15 min 1 commentaire

Le dramaturge et politicien István Csurka a eu droit à un bel hommage samedi pour ses funérailles à Kerepesi, le cimetière « VIP » de Budapest. En présence de nombreuses personnalités politiques de la Fidesz et de l’extrême-droite hongroise, il a été enterré dans l’espace réservé aux héros de 1956. Les visiteurs du « Père Lachaise » local peuvent donc dorénavant compter Istvan Csurka parmi les figures emblématiques de la nation hongroise.

La Hongrie, laboratoire du pire… mais pourquoi pas du meilleur ?

La Hongrie, laboratoire du pire… mais pourquoi pas du meilleur ?

14 février 2012 à 7 h 47 min 6 commentaires

Tribune libre de Vincze Szabo, doctorant à l’Université d’économie de Budapest
Depuis début janvier, on a assisté à une véritable déferlante médiatique anti-Orbán dans les médias occidentaux, en particulier en France. Avec beaucoup d’approximations, d’erreurs factuelles et d’analyses, tout y est passé : une nouvelle dictature en Europe, un énième « retour aux heures les plus sombres de l’histoire », des insinuations de fascisme, d’antisémitisme et même – à travers une caricature de Plantu dans le Monde – un parallèle entre Hitler et Orbán !

Istvan Csurka (1934 - 2012)

Le Nouveau Théâtre « pleure » déjà István Csurka

8 février 2012 à 11 h 17 min 4 commentaires

Le dramaturge István Csurka est décédé samedi dernier, trois jours seulement après son arrivée officielle à la tête du Nouveau Théâtre de Budapest. D’abord respecté lorsque le régime de Kádár s’est lentement désintégré, puis souvent décrié sur les planches depuis le changement de régime, il s’était surtout fait remarqué – ces 20 dernières années – sur la scène politique pour ses prises de positions à l’extrême-droite hongroise.

Le côté obscur de la « Marche de la Paix »

Le côté obscur de la « Marche de la Paix »

24 janvier 2012 à 9 h 30 min 60 commentaires

Sur la photo, la réussite de la manifestation pro-gouvernementale à Budapest samedi ne fait aucun doute. Plus de 100000 personnes étaient là, et certains passionnés parlent même d’un million. Mais bien au-delà des chiffres, la réalité « ubuesque » de la gouvernance de Viktor Orbán était elle aussi bien présente dans ce rassemblement, notamment à travers sa tonalité anti Union européenne (« UERSS »). En effet, c’est pourtant grâce à des procédés hérités de l’époque communiste que le gouvernement et les organisateurs ont réussi leur coup : des cars entiers ont été affrétés dans tout le pays et même dans certaines provinces de l’ancienne Grande Hongrie pour acheminer les manifestants à Budapest.

Crédit : hu-lala

Jobbik brûle le drapeau européen

16 janvier 2012 à 16 h 17 min 11 commentaires

Le parti d’extrême-droite a rassemblé plusieurs centaines de sympathisants samedi après-midi devant le siège de la Commission européenne à Budapest, pour réclamer la sortie de la Hongrie de l’UE.

Autodafé d'"Etre sans destin" d'Imre Kertész

Autodafés en Hongrie : « la liberté d’expression des fachos »

13 novembre 2011 à 12 h 51 min 30 commentaires

Samedi 12 novembre, deux types de festivités radicalement différentes avaient lieu en Hongrie. L’une, le Fridge festival, rassemblait pour la deuxième année consécutive la jeunesse hongroise « occidentalisée » sur la place des Héros à Budapest pour un concours de snowboard urbain et de nombreux dj sets. L’autre, la seconde édition de la « Nuit de la Purification », se tenait également à Budapest et dans une trentaine de villes hongroises, dans des jardins privés de sympathisants d’extrême droite. Cet événement « hungariste » aurait donné lieu à des autodafés d’ouvrages d’Imre Kertész et d’autres écrivains d’origine juive, de journaux de gauche ou encore de magazines à caractère pornographique et pro avortement.

Suicide du chef d’un groupe paramilitaire à Gyöngyöspata

Suicide du chef d’un groupe paramilitaire à Gyöngyöspata

10 novembre 2011 à 8 h 11 min 6 commentaires

Le corps de Tamás Eszes, chef du groupe paramilitaire d’extrême-droite Véderõ a été retrouvé sans vie dans sa demeure de Gyöngyöspata jeudi dernier. Mercredi matin, un communiqué de la police a confirmé la thèse du suicide, a rapporté MTI et la presse locale. Eszes avait fait parler de lui en mars après avoir organisé en collaboration avec une autre organisation extrémiste, la Szebb Jövõ Polgárõrség une marche aux flambeaux pour protester contre la „criminalité rom” et la prétendue inaction de la police. Les 22-24 avril la Véderõ a voulu organiser un camp d’entrainement paramilitaire dans les environs du village mais les forces de l’ordre ont interrompu cet événement. Le monde entier avait alors assisté au « spectacle » de la Croix-Rouge hongroise évacuant les femmes et les enfants roms. Candidat à la mairie au mois de juillet, Tamás Eszes n’est arrivé qu’à la troisième place, obtenant 134 voix (10,5%). Durant la campagne des tensions l’ont opposé au futur maire Jobbik, Oszkár Juhász. Ces tensions ont culminé lorsque Eszes a frappé le candidat du Jobbik puis a résisté aux forces de l’ordre, ce qui lui a valu une condamnation à 18 mois de prison. Tamás Eszes donnait des cours de karaté les jeudis soir, s’inquiétant de son absence ses élèves sont partis à sa recherche et ont découvert son corps à son domicile de la rue Jokai. D’après des informations locales Tamás Eszes avait des problèmes personnels et financiers.

Un 23 octobre sans Viktor Orbán

Un 23 octobre sans Viktor Orbán

21 octobre 2011 à 22 h 00 min 0 commentaire

Ce dimanche, la Hongrie célèbrera sa troisième fête nationale de l’année (après le 15 mars et le 20 août). Le parti au pouvoir, la Fidesz, a annoncé il y a quelques jours que son traditionnel meeting du 23 octobre, au carrefour Astoria à Budapest, n’aurait pas lieu. C’est l’absence de son « héros national », le premier ministre Viktor Orbán, contraint de se rendre au Conseil européen, qui a motivé cette décision. N’en déplaise à la droite, le quartier sera libre pour la grande manifestation anti-gouvernementale prévue dimanche dans la capitale hongroise, sur Szabadsag Sajto utca à partir de 15h.

La Fidesz offre un théâtre à l’extrême droite

La Fidesz offre un théâtre à l’extrême droite

11 octobre 2011 à 19 h 26 min 9 commentaires

Jeudi dernier, on apprenait que le Nouveau Théâtre de Budapest (Új Színház) avait pour nouveau directeur un personnage très controversé des planches et de la scène politique hongroises : l’acteur György Dörner.

Soutien à Budahazy lors d'une manifestation de Jobbik (HU-lala)

Budahazy libéré et placé sous résidence surveillée

3 octobre 2011 à 0 h 05 min 0 commentaire

La nouvelle est tombée vendredi sur MTI et a de quoi réjouir le camp nationaliste en Hongrie : György Budahazy a été libéré par le tribunal de Budapest après plus de deux années de détention préventive.

Manifestation de Jobbik, fête nationale du 23 octobre 2010 (HU-lala)

Le présumé terroriste György Budaházy dans la tourmente

31 mai 2011 à 7 h 27 min 1 commentaire

Les victimes témoignent. Sándor Csintalan, ancien membre du parti social-démocrate hongrois (MSzDP), et présentateur TV, a raconté au cours du procès de Budahazy comment il s’est fait tabasser par 4 hommes aux visages dissimulés derrière des masques de ski, un soir, dans un parking.

Vu sur le site internet d'Euronews

Gyöngyöspata : l’heure du debriefing

17 mai 2011 à 10 h 58 min 5 commentaires

Après s’être laissé déborder sur sa gauche par le LMP et sur sa droite par Jobbik, le gouvernement tente de régler ses comptes sur l’affaire des milices à Gyöngyöspata. L’homme d’affaires américain qui a organisé l’« évacuation » spectaculaire des Roms lors du week-end de Pâques à quitté la Hongrie par peur de représailles, selon le Budapest Times.

Les milices n’ont qu’à bien se tenir

Les milices n’ont qu’à bien se tenir

5 mai 2011 à 17 h 24 min 0 commentaire

Le parlement a adopté un amendement au Code Pénal portant sur « des comportements de « provocations antisociales » qui pourraient intimider les individus appartenant à des minorités nationales ou ethniques, les communautés raciales ou religieuses et qui pourraient être sanctionnés de trois années d’emprisonnement », a rapporté MTI au début de la semaine.

Vue de France, la Hongrie n’est pas très belle

28 avril 2011 à 11 h 32 min 45 commentaires

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’image de la Hongrie à l’étranger n’est pas reluisante, et même franchement désastreuse : elle est globalement celle d’un « pays de l’est », rétrograde et où sévissent des milices fascistes. Pour preuve, ce petit reportage du journal télévisé signé France 2, diffusé dimanche 24 avril. [Conseil de la rédaction : essayer de faire abstraction de l’insupportable prononciation des noms hongrois]. Depuis un an, la Hongrie n’a fait parler d’elle à l’étranger que par la percée de son extrême-droite aux législatives d’avril 2010, la catastrophe de la boue rouge au début du mois d’octobre, puis la loi sur les médias en ce début d’année. Beaucoup plus récemment, ce sont bien sûr les désormais fameuses « chasses aux Roms » qui ont naturellement mobilisé l’attention médiatique, sur fond de réforme constitutionnelle. « Naturellement », car le thème de l’extrême-droite est d’ordinaire très vendeur. Si en plus de sa réalité, il donne lieu, comme c’est le cas ici, à des documents aussi télégéniques que les images d’archives des années 30 – 40, c’est une aubaine. Beaucoup de Hongrois regrettent cet état de fait, car, contrairement à leurs dirigeants semble-t-il, ils se soucient de leur image internationale. La Hongrie ne fait pourtant pas l’objet d’un traitement médiatique particulier. Un Français en Europe centrale et de l’Est peut, par exemple, encore facilement vérifier, plus de cinq ans après, les effets sur l’image de la France qu’ont eu les émeutes dans les banlieues parisiennes en 2005 et leur traitement médiatique catastrophiste. Mais la vraie différence entre les deux, c’est que les Hongrois ont l’occasion de connaître et d’imaginer la France et les autres pays occidentaux sous d’autres facettes culturelles . Alors que de l’autre côté, on trouve surtout de la méconnaissance et de l’indifférence vis-à-vis de la Hongrie.

Hejöszalonta, avril 2011 (HU-lala/Corentin Léotard)

Premier accrochage majeur entre Roms et miliciens d’extrême-droite

27 avril 2011 à 13 h 10 min 8 commentaires

Cela fait plusieurs semaines que Hu-lala, informé par des sources locales de la tension extrême qui règne dans certains villages, alerte sur le risque de heurts interethniques dans les campagnes de Hongrie. Hier soir à Gyöngyöspata, une rixe entre Roms et miliciens de Véderö a fait quatre blessés, dont un grave.

Hejöszalonta, 2 avril (Corentin Léotard/Hu-lala)

Jobbik et ses milices jouent avec le feu à Hejöszalonta

6 avril 2011 à 10 h 39 min Comments are Disabled

Après Gyöngyöspata moins d’un mois plus tôt, c’est à Hejöszalonta, dans le Nord-est de la Hongrie, que Jobbik a mobilisé ses sympathisants et ses associations d’« autodéfense », samedi soir, pour provoquer et accuser collectivement l’ensemble de la communauté tsigane du meurtre d’une femme du village.

Le procès des meurtriers présumés de six Roms hongrois s’est ouvert

Le procès des meurtriers présumés de six Roms hongrois s’est ouvert

27 mars 2011 à 21 h 06 min 0 commentaire

Le procès contre les présumés coupables d’une série d’attaques racistes anti-Roms qui a coûté la vie à six personnes, dont une femme et un enfant de cinq ans, s’est ouvert vendredi matin au tribunal du département de Pest.

Magyar garda, le 23 octobre 2009 (HU-lala)

Le spectre de heurts interethniques en Hongrie

17 mars 2011 à 19 h 26 min 28 commentaires

Dans le Nord de la Hongrie, des militants d’extrême-droite ont pris possession du village de Gyöngyöspata pour intimider la population rom locale. Dans les régions défavorisées du pays, l’instabilité sociale consécutive à l’augmentation de la pauvreté laisse craindre une dangereuse dégradation des relations interethniques.

La Magyar Garda le 23 octobre 2009 (HU-lala)

Gabor Vona fait son show en uniforme au Parlement

15 février 2011 à 10 h 30 min 0 commentaire

Hier, le président de Jobbik Gábor Vona s’est rendu au Parlement en portant un gilet faisant partie de l’uniforme de la Magyar Gárda, en signe de « protestation contre la dégradation de la sécurité publique », provoquant l’interruption de la séance par le président du Parlement, István Újhelyi. Selon István Újhelyi, Gábor Vona a commis une violation du droit, tandis que le député Fidesz László Kövér a affirmé qu’il n’existe pas de mesures pour des cas pareils. Tout cela était cousu de fil blanc – Vona ayant annoncé son acte à l’avance -, le député socialiste Zsolt Török a appelé la police après qu’il ait aperçu plusieurs hommes portant le gilet de Magyar Gárda dans l’enceinte parlementaire. La police communiquera des informations complémentaires ce mardi. Récemment, Jobbik a multiplié les critiques à l’encontre de la Fidesz au pouvoir, l’accusant de laxisme vis-à-vis de la « criminalité tsigane ». Articles liés : Jobbik repart en campagne Plusieurs centaines de manifestants demandent la libération de Budaházy Selon Jobbik, il n’y a pas de démocratie en Hongrie actuellement La ségrégation pour éviter « la guerre civile » Orbán prend ses distances avec l’extrême-droite Tensions communautaires en vue

La Garda en garde à vue, pas de meilleure pub pour Jobbik ?

La Garda en garde à vue, pas de meilleure pub pour Jobbik ?

21 avril 2010 à 5 h 43 min 0 commentaire

Mardi 20 avril 2010, MTI annonçait que la police et la justice hongroises ont commencé à engager des poursuites contre le chef de la Magyar Garda, milice d’extrême-droite proche de Jobbik, ainsi que deux de ses associés. Ils sont accusés d’entretenir l’organisation, pourtant interdite et dissoute par décision judiciaire depuis le 2 juillet 2009. Après cette annonce, les têtes de la Garda seront peut-être mises en garde à vue une nouvelle fois, mais de là à être condamnées, c’est une autre histoire. Quant à l’interdiction elle-même, si elle n’est pas effectivement appliquée partout en Hongrie, c’est à se demander si elle ne sert pas plutôt les intérêts du marketing politique de Jobbik. Depuis cette « interdiction », plusieurs rassemblements massifs de ces « gardes » en uniformes ont eu lieu en plein centre de Budapest. Pourquoi le centre de la capitale, alors que Jobbik et ses « gardistes » sont bien plus appréciés dans les campagnes paupérisées telles que le Nord-Est du pays, où la tension communautaire entre extrémistes et tsiganes est souvent à son comble ? Parce c’est là que les caméras des télés nationales se trouvent. Jobbik et la victimisation de la Garda Deux jours seulement après cette fameuse décision de justice, deux ou trois centaines de membres de la Garda remettaient l’uniforme par provocation lors d’un sitting pacifique sur la pelouse de Gödör à Erzsébet tér. Ils ont été délogés après plusieurs heures, dans les gaz lacrymogènes, bénéficiant ainsi d’une couverture médiatique hors du commun pour ce type d’événement. Cette opération avait attiré encore plus de policiers et de journalistes que d’extrémistes (voir photo). Ce jour-là, Gabor Vona lui-même avait été « embarqué au poste » devant les caméras de télévision pour avoir porté l’uniforme. Le jeu en valait bien sûr la chandelle pour le leader de Jobbik, puisque sa publicité faite par Budapest dans les campagnes hongroises valait largement ce léger désagrément. Quelques jours plus tard, encore un coup de pub, mais au niveau européen cette fois. Lors de la première session du Parlement Européen à Strasbourg après les élections européennes de juin, Csanád Szegedi (voir photo), l’un des trois eurodéputés Jobbik de l’hémicycle, portait le même uniforme en signe de protestation. « Le seul problème avec cela« , selon l’eurodéputé FIDESz Tamás Deutsch ce jour-là, « c’est que tout le monde le (prenait) pour un réparateur ou un technicien avec son accoutrement« . Le laisser-faire des autorités Le 23 octobre dernier, la Magyar Garda en avait également profité pour rassembler plusieurs milliers de membres en uniformes sous leurs bombers, cette-fois au « temple du retour » qui jouxte Szabadsag tér. L’idée était alors de rejoindre, après un garde à vous démonstratif devant les journalistes, le meeting de Jobbik se tenant quelques rues plus loin. Lors de cette marche qui fût encadrée par à peine une vingtaine de policiers, aucune arrestation, ni aucun heurt n’a été remarqué. Peut-être la Garda avait-elle eu l’autorisation légale, à cette occasion, de se réunir fièrement, tout de noir vêtue avec une attitude militaire… Mais dans ce cas, la loi peut-elle être vraiment prise au sérieux? Le 15 mars dernier, autre fête nationale hongroise qui commémore une révolution, le meeting préelectoral de Jobbik se tenait encore dans le même quartier, derrière la basilique Szent Istvan sur Bajcsi-Zsilinszki ut. Rebelote, les « gardistes » ont préféré porter leur uniforme paramilitaire dans sa version bombers et avec des pantalons de camouflage. L’extrême droite, un « bouc-émissaire » gênant en Hongrie ? Ironie du sort: la veille du 23 octobre 2009, le Comité Helsinki en Hongrie pour la surveillance du respect des droits de l’homme avait déclaré le port de cet uniforme paramilitaire illégal, jugeant que l’acte en soi devrait donner le droit à la police de dissoudre tout rassemblement de cette nature. A entendre Krisztina Morvai au Parlement européen (voir video ci-dessous à 1 min 30sec), la question du respect des droits de l’homme en Hongrie peut se retourner comme une crêpe, surtout depuis 2006 et les violences policières à l’encontre des émeutiers, mais également à l’encontre de plus d’un millier de manifestants pacifiques, pour la plupart sympathisants de la FIDESz à l’époque, le grand parti vainqueur des élections ce mois-ci. Depuis son mandat d’eurodéputée obtenu l’an dernier, la figure « sympa » de Jobbik, qui est justement juriste experte des droits de l’homme, s’est souvent illustrée en anglais à Bruxelles et à Strasbourg, fustigeant la situation démocratique très préoccupante de la Hongrie selon elle. En s’efforçant de museler son extrême-droite grandissante, la Hongrie pourrait bien en subir les effets pervers par son système policier et judiciaire qui laisse souvent à désirer. (Lire aussi pour mieux comprendre : le ministre de la Justice jète l’éponge) Forgacs VS Vona, une Justice impuissante Le site Internet de la police hongroise indiquait hier que plus de cent témoins ont été interrogés au cours d’une enquête concernant l’entretien de l’organisation d’extrême droite, parmi lesquels des membres fondateurs de la Garda ainsi que d’anciens membres. Quoique dise cette « enquête », la Garde Hongroise continue de faire l’innocente et de se revendiquer comme un « mouvement » regroupant des individus souhaitant recevoir une éducation traditionelle hongroise… Autant dire une association, et donc pas une organisation de miliciens… Une manière comme une autre, plutôt subtile, de ne pas se sentir concernée plus que ça par la condamnation dont elle fait l’objet. Bien que l’enquête ait révélé plusieurs caractéristiques qui font penser à une organisation paramilitaire, dotée d’une hiérarchie quasi-militaire, la Justice hongroise semble justement bien désarmée pour l’interdire de fait. Condamner sérieusement ses animateurs, qui bénéficieront de surcroît de la légitimité démocratique importante de Jobbik au Parlement dès la semaine prochaine (vraisemblablement aux alentours de 17% des voix dimanche) semble bien difficile et l’effet d’annonce de la police paraît du même coup assez anecdotique. Le soutien publiquement apporté à la Magyar Garda par Jobbik et son leader, Gabor Vona, est d’ailleurs sans failles. Vona a donc compris qu’il avait tout à y gagner. Lorsqu’au début de ce mois-ci, le nouvel intérimaire à la Justice, Imre Forgacs, l’a menacé de poursuites pour avoir affirmé qu’il portera l’uniforme à son entrée au Parlement, Vona, parLire la suite

La pornstar se retire de la Garda (ou l’inverse !)

La pornstar se retire de la Garda (ou l’inverse !)

13 avril 2010 à 20 h 31 min 2 commentaires

Pornstar et « Gardista », voilà deux fonctions qui s’emboîtent bien mal. Nikolett Müller le sait désormais. Après la découverte de son activité cinématographique, fort peu compatible avec les principes de Jobbik, «Candy» (parmi d’autres pseudos) s’est faite bannir de la Magyar Garda très rapidement après que le scandale ne soit sorti dans les journaux. La Garda, qui, selon les dires de la jeune délurée, représentait pourtant la chance de laisser son passé derrière elle. Mais il semblerait qu’à la tête du parti, on ne soit pas prêt à une telle ouverture « d’esprit ». C’est certainement pleine de tristesse que l’actrice a signé sa lettre de démission et a rendu son costume de Gardista. Pour ce qui est de sa reconversion, reste à espérer que Nikolett Müller ait suffisamment de ressource pour se tirer de ce mauvais coup du sort. Articles liés : La Magyar Garda a sa pornstar Jobbik ne marche pas si droit

Jobbik enfin au régime de la loi sur le financement des partis

Jobbik enfin au régime de la loi sur le financement des partis

20 janvier 2010 à 18 h 13 min 0 commentaire

Le Bureau du Procureur général (Legfőbb Ügyészség) étudie en ce moment les comptes de Jobbik Magyarországért Mozgalom. hvg.hu rapporte que le parti radical nationaliste , qui prospère comme jamais sur le plan électoral, n’a pas encore publié son bilan 2009, ni tous ses autres bilans depuis 6 ans. En Hongrie, les partis politiques sont pourtant tenus par la loi de préparer et de publier leur bilan chaque année. Jobbik ne l’a jamais fait depuis sa création en 2003. On se demande ce que la Justice attendait jusqu’à maintenant… Peut-être n’a t-elle tout simplement pas été mandatée car Jobbik n’était pas assez pris au sérieux, ou peut-être a t-on laissé faire pour réagir au moment propice.  Comment ce parti d’extrême droite, à l’assise populaire de plus en plus forte, finance t-il son ascension dans le paysage politique hongrois? Affaire à suivre, mais il semble désormais que pour certains, Jobbik représente une menace. Articles liés: Jobbik prêt à entrer au Parlement Un 24 octobre fondateur pour Jobbik Le sondage déconcertant de la semaine L’Europe au Jobbik! La popularité grandissante de la Magyar Garda

Jobbik prêt à entrer au Parlement

Jobbik prêt à entrer au Parlement

23 décembre 2009 à 18 h 24 min 0 commentaire

C’est le président de Jobbik, Gabor Vona, qui représentera le parti d’extrême droite aux prochaines élections législatives pour le poste de Premier Ministre. Ce dernier a déclaré jeudi dernier que son objectif minimum était de battre le parti actuellement au pouvoir, le MSzP, qu’il accuse au passage d’avoir floué les intérêts hongrois. Quant à la « nouvelle star » de Jobbik, l’eurodéputée Krisztina Morvai, elle devrait vraisemblablement prendre les commandes du parti au moment des élections. Avec Gabor Vona en tête et fort de son dernier succès électoral, Jobbik s’apprête à faire son entrée historique au Parlement hongrois. Selon la rhétorique du président Vona, le « changement » tant attendu par la population doit être marqué par la représentation la plus grande possible de son parti à l’assemblée, car les partis qui l’occupent depuis 20 ans ont largement déçu. Autre pilier de l’argumentation nationaliste, savoir si la Hongrie restera la nation des Hongrois, en protégeant ses ressources, ou si elle se laissera gérer par d’autres. Pour le reste, qui n’est pas moins prévisible, il faut attendre le 16 janvier et la publication de son programme électoral, dont le seul critère sera, sans aucun doute, de représenter les intérêts du peuple hongrois.

Wiesel: "La honte de votre nation"

Wiesel: "La honte de votre nation"

10 décembre 2009 à 23 h 45 min 3 commentaires

En visite en Hongrie mercredi, Elie Wiesel, survivant de l’holocauste devenu écrivain, et prix Nobel de la paix, a fustigé par des mots très durs l’extrémisme en Hongrie. Lors d’une conférence au Parlement dans le cadre du « Jewish Hungarian Solidarity Symposium » , il a aussi suggéré qu’une loi interdise le négationnisme. Cela faisait plus de soixante ans qu’Elie Wiesel, déporté au camp d’Auschwitz depuis un village roumain sous contrôle hongrois et dont le père était lui-même hongrois, n’était pas retourné en Hongrie. C’est dans un pays en récession économique, frappé de plein fouet par la crise et où l’extrême-droite antisémite est de plus en plus puissante, que cet homme âgé de 81 ans a débarqué. « Où que j’aille dans le monde et que la Hongrie est mentionnée, le mot qui suit est antisémitisme. », a-t-il lancé lors de cette conférence. S’adressant à son auditoire et symboliquement à l’ensemble de la nation hongroise, il a plaidé : « Je vous presse de faire plus que de dénoncer les éléments anti-sémites et les expressions racistes dans la vie politique et dans certaines publications hongroises. Je pense qu’ils font honte à votre nation et engendrent la peur de la communauté juive et des autres minorités, comme les Roms. [...] « Je vous demande, pourquoi ne suivez-vous pas l’exemple de la France et de l’Allemagne en déclarant que le négationnisme n’est pas seulement indécent, mais aussi illégal ? Dans ces deux pays, les négationnistes vont en prison. » Pointant du doigt la Magyar Garda affiliée au parti Jobbik, Elie Wiesel a aussi appelé les Hongrois à rejeter les mouvement extrémistes qui se sont développés ces dernières années, mettant en garde contre ce qu’il a nommé « les périls de l’indifférence. » Le parti d’extrême-droite Jobbik a remporté presque 15% des votes aux élections européennes en Juin dernier et, si les sondages se voyaient confirmés, il gagnera des sièges au Parlement hongrois aux élections de 2010. Encouragé par la crise économique et sociale que traverse le pays, sa réthorique agressive vis à vis des minorité juive et rom a ravivé des lignes de fractures profondes et anciennes dans la société hongroise. Elie Wiesel est un écrivain américain francophone, né en Roumanie le 30 septembre 1928. Pour son oeuvre consacré en bonne partie à l’étude de la Shoah, il a été récompensée par le prix Nobel de la paix en 1986. Articles liés : Des commémorations à l’avant goût électoral Le sondage déconcertant de la semaine La rébellion de la Magyar Garda Vers une criminalisation du négationnisme?

God Save the Jobbik

God Save the Jobbik

8 décembre 2009 à 22 h 11 min 0 commentaire

La Société Jobbik de Grande-Bretagne a récemment été créée et a tenu sa première réunion « fondatrice » dans un pub dimanche dernier à Londres. Suite a un article de l’édition online du Times, le correspondant londonien de MTI a demandé au porte-parole de la Société Jobbik de Grande-Bretagne, Tamas Feher, quel relation son organisation tient avec le parti politique hongrois. M. Feher a répondu qu’il n’y a aucun lien institutionel entre la Société dont il est porte-parole et le parti politique, mais que la Société partage les mêmes idées que le Jobbik et que le but de celle-ci est d’aider les hongrois qui habitent en Angleterre a « comprendre et soutenir les valeurs nationales et le programme du Jobbik. » Outre Tamas Feher, Zoltan Fuzessy (assistant de l’euro-député Jobbik Csanad Szegedi) a pris la parole lors de cette réunion. Etaient présents des membres du  British National Party, parti d’extrême droite anglais, proche du Jobbik. La Société Jobbik de Grande-Bretagne a récemment été créée et a tenu sa première réunion « fondatrice » dans un pub, dimanche dernier à Londres. Suite a un article de l’édition online du Times, le correspondant londonien de MTI a demandé au porte-parole de la Société Jobbik de Grande-Bretagne, Tamas Feher, quelles relations son organisation tient avec le parti politique hongrois. M. Feher a répondu qu’il n’y a aucun lien institutionnel entre la Société dont il est porte-parole et le parti politique, mais que la Société partage les mêmes idées que le Jobbik et que son but est d’aider les Hongrois résidant en Angleterre à « comprendre et soutenir les valeurs nationales et le programme du Jobbik. » Outre Tamas Feher, Zoltan Fuzessy (assistant de l’euro-député Jobbik Csanad Szegedi) a pris la parole lors de cette réunion. Etaient présents des membres du  British National Party, parti d’extrême droite anglais, allié euro-sceptique du Jobbik. Le BNP a d’ailleurs aidé à l’instauration de la Société. L’amitié entre les deux partis ne date pas d’hier. On se souvient de Nick Griffin, président du BNP, invité par le Jobbik l’année dernière, tenant un discours à l’occasion des commémorations de 56. L’année précédente c’était un autre citoyen polémique du Royaume-Uni qui fut invité par le Jobbik : David Irving, négationniste notoire et interdit de séjour dans de nombreux pays, tenait un discours lors des commémorations de la révolution de 1848, le 15 mars 2007. La Grande-Bretagne étant l’un des quelques signataires du Traité de Trianon, dont la révision est l’un des fer de lance de la politique du Jobbik, on pourrait s’étonner d’une telle amitié entre ces deux organisations, fussent-elles nationalistes. Pourtant, à chaque anniversaire du Traité, nous pouvons remarquer qu’à Budapest, les partisans du Jobbik, se souvenant plus volontiers de la signature française que de l’anglaise, manifestent leur mécontentement uniquement devant l’ambassade de France. Articles liés : Tensions communautaires en vue Un 24 octobre fondateur pour Jobbik

La Hongrie condamnée pour atteinte à la liberté d'expression

La Hongrie condamnée pour atteinte à la liberté d'expression

2 décembre 2009 à 12 h 38 min 0 commentaire

La Cour européenne des Droits de l’Homme de Strasbourg a délibéré mardi sur l’affaire opposant l’historien Laszlo Karsai et la justice hongroise. En 2006, cette dernière avait condamné l’historien pour diffamation à l’encontre d’un certain « B.T » et de la presse de droite, qui avaient soutenu le projet controversé de l’installation d’une statue célébrant la mémoire de Pal Teleki, ancien premier ministre hongrois et collaborateur de l’Allemagne nazie. Cette semaine, la justice européenne, saisie par Karsai depuis, a tranché en faveur de ce dernier. Rappel des faits En 2004, Laszlo Karsai, 59 ans, avait fustigé par voie de presse interposée, un article signé par « B.T ».  Par la même occasion, l’historien s’en était pris à la presse proche de la droite, qui avait lancé une campagne en faveur de l’installation d’une statue de l’ancien premier ministre Pal Teleki. Ce projet pouvait être facilement critiqué, du fait que Pal Teleki avait collaboré ouvertement avec l’Allemagne nazie, et avait participé à la promulgation des lois antisémites en Hongrie. Suite à la publication de l’article de Karsai, qui qualifiait les propos de « B.T. » d’antisémites, ce dernier l’avait alors traîné devant la justice hongroise pour diffamation. L’historien fut alors condamné en 2006 par la Cour suprême, qui l’a obligé à publier un rectificatif de ses propos, ainsi qu’à payer les frais de justice. Un rebondissement attendu Saisie par Laszlo Karsai, la Cour européenne des Droits de l’Homme a finalement condamné la Hongrie pour atteinte à la liberté d’expression. Les juges ont notamment relevé que le plaignant avait publié son article dans l’espace du débat qui porte sur l’acceptation de son passé par la Hongrie. Selon les mêmes juges, le fameux « B.T » s’était lui-même ouvert à la critique en publiant également son opinion. L’article 10 de la Convention européenne des Droits de l’Homme, relatif à la liberté d’expression, s’est alors vu appliqué sans caution. En conséquence, 4.000 euros (1 million de Forints) devront être alloués à l’historien Laszlo Karsai pour dommage moral. Entre liberté d’expression et intolérance, la possibilité d’une utopie européenne? On ne sait ce qu’auraient décidé les juges dans le cas contraire, c’est-à-dire dans le cas de propos teintés d’antisémitisme tolérés au nom de la liberté d’expression… L’Europe se construit et c’est un bien, mais sur quel modèle? La question de la place de la critique dans la société se pose donc aujourd’hui, en tout cas en Hongrie. Censure ou tolérance, tolérance et censure, chacune de ces deux occurrences ont deux bords extrêmes, et leur point d’équilibre varie : l’intolérance constructive constituerait alors, peut-être, la possibilité d’une utopie. Franck Fontaine, 01/12/09 Article lié: Tensions communautaires en vue

Tensions communautaires en vue

Tensions communautaires en vue

29 novembre 2009 à 20 h 44 min 0 commentaire

Un sondage de l’institut Szonda Ipsos, publié vendredi dernier sur le site fn.hu, révèle que la moitié de la population hongroise s’attend à une détérioration des relations entre Roms et non-Roms. Cette étude intervient quelques jours après une sérieuse altercation entre membres du groupe paramilitaire « Magyar Garda » et de la communauté Rom. 51% des 800 personnes sondées estiment que les relations communautaires entre la majorité hongroise et la minorité Rom vont empirer dans un futur proche. 30% d’entre elles ne  s’attendent pas à une évolution significative, tandis que 7% font preuve d’optimisme, estimant que les liens entre les deux communautés vont se resserrer. Un peu plus de la moitié des sympathisants du parti de droite FIDESz (52%) et 43% de ceux du parti socialiste MSzP s’attendent à une détérioration des relations communautaires. Sans surprise, ce sont les sympathisants du parti d’extrême-droite Jobbik qui sont les plus enclins à prévoir une escalade dans le conflit (76%) entre Roms et non-Roms. La stratégie de provocation du Jobbik, un parti anti-Roms qui alimente la peur et les ressentiments vis-à vis de cette communauté, fonctionne, semble-t-il, parfaitement. Ce sont les moins de trente ans, les étudiants et les chômeurs qui apparaissent les plus pessimistes. La moitié des répondants a déclaré ne pas savoir quel parti politique serait le plus à même de gérer les tensions actuelles. Parmi les partis cités, la FIDESz recueille la confiance de 20% des personnes interrogées, contre 8% pour le parti socialiste et le Jobbik. Un incident qui aurait pu « tourner à la tragédie » Quelques jours avant ce sondage, le 15 novembre, la tension est dangereusement montée entre Roms et sympathisants de l’extrême-droite, à Sajóbábony, un bourg de 3000 habitants situé dans le Nord-est de la Hongrie, près de Miskolc. Des membres de la communauté Rom locale ont tenté de perturber -sans succès en raison de l’intervention de la police locale- la tenue d’un meeting du  Jobbik, un parti qui prospère en attisant les sentiments anti-Roms qu’ils désignent comme des ennemis du peuple hongrois. Le lendemain, apprenant que des membres de la Magyar Garda -sorte de milice créé par le Jobbik dans le but de « protéger le peuple hongrois et ses valeurs » et par ailleurs jugée illégale par la justice hongroise- se dirigeait vers le village, des Roms se sont armés pour leur faire face. Seule une réaction rapide de la police a permis d’éviter un affrontement direct entre les deux groupes. Mais, comme l’a constaté le porte-parole de la police locale, Bertalan Gaskó, « L’incident aurait pu facilement tourner à la tragédie si nous étions arrivé un peu plus tard« . Le porte-parole du gouvernement hongrois, Domokos Szollár, a estimé que l’action de la Magyar Garda était « inacceptable » et constituait une provocation à l’encontre de la population Rom locale. Le leader de l’opposition de droite, Viktor Orban, s’est habilement démarqué des positions du gouvernement qui a, selon lui, échoué à protéger tous ses citoyens et de l’extrême-droite qui tente de se substituer à l’Etat. « Chacun devrait se sentir en sécurité, indépendemment de son origine et de sa condition, et c’est le devoir de l’Etat d’assurer cette sécurité.« , a-t-il réagit aux évènements de Sajóbábony. Le « péril démographique » en cause C’est par le facteur démographique que beaucoup de Hongrois justifient leurs craintes d’une évolution négative des relations avec la minorité Rom. Les cris d’alarme qui dénoncent régulièrement la vitalité de la natalité de la population Rom, en comparaison de la démographie déclinante du reste de la population, entretiennent le pessimisme quant à l’amélioration de la situation économique et sociale du pays, ainsi que la peur d’une dilution de l’identité hongroise dans une société multi-ethnique. Il est de ce point de vue surprenant de constater que, dans sa dépêche rapportant les résultats de ce sondage, l’agence de presse hongroise MTI avance le chiffre de « presque un million », concernant le nombre de Hongrois d’origine Rom. Ce chiffre marque une rupture avec les « usages » précédents qui faisaient généralement état soit de « 400.000 à 600.000″ soit d’ »un demi-million » d’individus. Au dernier recensement général de la population, en 2001, un peu plus de 200.000 personnes ont déclaré leur appartenance à cette minorité.

Un 24 octobre fondateur pour Jobbik

Un 24 octobre fondateur pour Jobbik

25 octobre 2009 à 19 h 00 min 0 commentaire

Samedi, un jour après les célébrations de 56, le parti d’extême droite hongrois en a profité pour réunir des personnalités de l’extrême droite européenne afin d’annoncer la formation en cours d’un parti européen d’extrême droite : « l’Alliance ». La tranquilité inhabituelle dans laquelle Jobbik a célébré le 23 octobre 1956 vendredi cachait bel et bien une véritable tempête politique, cette fois-ci allant de Budapest à Bruxelles. Dès le lendemain, Jobbik a frappé un grand coup sur sa cible la plus « légitime », l’Union Européenne. Quelque peu marginalisé par la stratégie électorale de la Fidesz pour 2010, mais fort de ses 14,7% des suffrages  aux dernières élections européennes en Hongrie, ainsi que de leurs trois sièges au Parlement à Bruxelles, le parti taxé d’anti-sémitisme et de velléités anti-Roms compte bien utiliser toutes ses cartouches pour élargir son influence. En la présence de Bruno Gollnisch à Budapest, « L’Alliance des mouvements nationaux européens », union politique des extrêmes droites de l’UE a annoncé son existence  prochaine en tant que parti politique européen officiel. Celui-ci fédère déjà Jobbik, le FN français, le Front national belge, le Fiamma Tricolore italien et le Parti démocrate national suédois. Selon Jobbik, « l’Alliance » est aujourd’hui en pourparlers avec le Parti national britannique, plusieurs formations autrichiennes, espagnoles et portugaises. Articles liés : 1956: des commémorations à l’avant-goût électoral Le sondage déconcertant de la semaine Le festival des Blancs sème la Terreur L’extrême droite fait son Sziget La rébellion de la Magyar Garda L’Europe au Jobbik! Européennes: l’absention remporte les élections

Le sondage déconcertant de la semaine

Le sondage déconcertant de la semaine

27 septembre 2009 à 12 h 51 min 0 commentaire

Commandé par le quotidien de centre-gauche libéral Népszabadsag et publié lundi dernier, le sondage Progressive Intézet effectué parmi 3500 participants révèle une manière toute singulière et très magyare d’appréhender l’extrême droite locale. Dans cette étude, 7 personnes sur 10 pensent que l’extrémisme politique est dangereux. Un quart des interrogés, tout de même, pensent l’inverse. Plus déconcertant encore, la moitié des personnes qui trouvent l’extrémisme dangereux estime qu’aucun parti actuellement actif en Hongrie ne peut être jugé extrémiste… Cela explique indirectement le fait que le parti radical nationaliste Jobbik (dont les campagnes sont principalement pro-populaires, anti-roms, anti-gros sous et eurosceptiques) occupe depuis juin dernier 3 sièges parmi les 22 réservés à la Hongrie au Parlement Européen. Outre sa position « tape-à-l’oeil » sur l’échiquier politique européen, le Jobbik sait aussi manier l’art du buzz pour exister. Ainsi, Csanad Szégedi, eurodéputé Jobbik, a déja porté l’uniforme noir et blanc de la Magyar Garda dans l’hémicycle à Bruxelles, en signe de soutien à l’organisation paramilitaire du parti, aujourd’hui interdite en Hongrie. En 2010, Jobbik attendra la Fidesz au tournant 44% des participants au sondage ne souhaitent pas voir Jobbik siéger au Parlement hongrois à l’issu des législatives au printemps prochain. Cependant, un tiers des sondés saluerait la présence de députés Jobbik, ce tiers incluant certains qui ne voteront pas dans ce sens. Si Jobbik réussit la même performance qu’aux européennes cette année, on peut s’attendre à un nombre disproportionné de sièges accueillant les députés du parti nationaliste, en lui en assurant au moins 50 sur 386 au total. Sur la question, les sondés sympathisants de la Fidesz se prononcent à 50% contre une représentation légitime de Jobbik à l’Assemblée. On anticipe alors vite que le succès de la campagne Fidesz sera déterminant pour le type d’orientation à droite que la Hongrie prendra l’an prochain. Viktor Orban, qui devra râtisser large s’il veut être seul à droite, a déja officiellement rejeté la possibilité de gouverner avec Jobbik. Articles liés : Orban, déja Premier Ministre? l’Europe au Jobbik! Européennes : l’abstention remporte les élections La rébellion de la Garda La Garda est morte, vive la Garda! La popularité grandissante de la Magyar Garda

Ce qu’il reste de la Budapest Pride

Ce qu’il reste de la Budapest Pride

7 septembre 2009 à 14 h 43 min 3 commentaires

Samedi, la quatorzième Gay Pride de Budapest a rassemblé environ deux mille personnes, qui ont défilé dans la capitale hongroise sous très haute protection policière. Si les contre-manifestants d’extrême-droite n’ont pas réussi à perturber le défilé, des incidents ont éclatés en marge de la parade. Le diaporama, à la fin de l’article, retrace en images cet après-midi quelque peu antagoniste, où la fierté d’être gay fut revendiquée, mais pas vraiment vue, ni entendue. Rassemblés sur la place des héros (Hosök tere) à 14h, les manifestants pour la « dignité homosexuelle » ont ensuite marché sur toute la longueur de l’avenue Andrassy, jusqu’à Erzsébet ter, protégés par un dispositif de sécurité fort de plusieurs centaines de policiers, de kilomètres de barrières et d’un hélicoptère, pour prévenir les troubles que plusieurs groupes de l’extrême-droite hongroise avaient promis de fomenter. Une parade qui a tourné à la fête privée Les Gays avaient le choix entre défiler « au grand jour » mais s’exposer à la violence de groupes de jeunes skinheads, et parader en sécurité, mais loin des regards. Hormis les habitants de l’Avenue Andrassy et quelques badauds tenus à bonne distance derrière des barrières de sécurité, personne n’a effectivement pu profiter de la parade. Les organisateurs ont tenu un court discours dans lequel ils ont exprimé leurs inquiétudes pour la sécurité de la communauté gay et ont dressé le constat d’une montée de la violence et de l’intolérance en Europe centrale. Sur fond de musique techno diffusée depuis un camion qui ouvre la marche, l’ambiance était à la retenue dans le cortège, très loin de l’extravagance des parades de Berlin, Londres ou Paris. La baisse de la fréquentation est évidente par rapport à l’édition 2008, où les quatre mille manifestants avaient subis de violentes attaques à coups de jets d’œufs, de bouteilles, de pierres et même de cocktails Molotov. 400 extrémistes VS 700 policiers à l’arrivée A défaut d’avoir pu atteindre leurs cibles – les homosexuels – c’est aux forces de l’ordre que s’en sont pris quelques centaines de contre-manifestants de la droite radicale, sur Erzsébet ter, après le défilé. Des scènes de violences qui n’ont désormais plus rien d’inhabituel dans le paysage budapestois, tant elles se sont multipliées ces derniers mois. Cette ambiance délétère s’est déplacée plus tard dans la soirée aux abords de la place Blaha Lujza et au pied du club Corvin Tetö où était programmée l’After Party de la Gay Pride. Quarante-deux d’entre eux ont été interpellés et dix-sept vont être poursuivi en justice, a indiqué dimanche le commissariat central de la police de Budapest. La cause gay en Europe de l’Est, un écho international exclusif? Pour la petite histoire, l’ancien Premier Ministre Ferenc Gyurcsany et plusieurs personnalités de la vie publique hongroise, notamment l’écrivain Peter Kende, se sont joints au cortège haut en couleurs. 12 ambassadeurs de pays occidentaux (dont la France) ont apporté publiquement leur soutien au festival gay, lesbien, « bi » et transgenres de Budapest. L’actrice Whoopi Goldberg, qui se dit amoureuse de la Hongrie, a transmis un message video (en anglais bien sûr) contre la violence homophobe dans le pays. Faisons enfin un bref parallèle avec la gay pride de Bucarest, en Roumanie, qui, tous les ans depuis mai 2005, ne rassemble pas plus de 200 personnes très protégées, elles aussi, par un impressionnant dispositif de police. A l’instar de Goldberg, Madonna aurait pu peut-être, elle aussi, apporter son grain de sel, si elle n’avait pas retenu la leçon des huées dont elle a été l’objet lors de son récent concert à Bucarest, le 26 août dernier. Sa parenthèse sur la situation des Roms en Europe de l’Est n’avait manifestement pas été appréciée.  Même aux yeux du public le plus « occidentalisé », la valeur d’une cause peut quelquefois varier selon la communauté qu’elle concerne. Photos : coriander Articles liés : La rébellion de la Magyar Garda Madonna huée à Bucarest pour avoir fait un plaidoyer antidiscrimination (tiré de La Presse Canadienne)

Sziget : le “jour 0” anti-racisme met les pieds dans le plat

Sziget : le “jour 0” anti-racisme met les pieds dans le plat

11 août 2009 à 12 h 48 min 0 commentaire

Hier, le festival est parti comme à son habitude, avec un “J-1” spécialement hongrois. Les rues de Budapest étaient, elles, à l’inverse, couvertes de touristes très francophones se préparant pour des journées plus “internationales” sur l’île d’Obuda. La journée d’aujourd’hui sera sous le signe des vertus musicales contre le racisme. Réponse subtile au Magyar Sziget, festival identitaire qui se tenait la semaine dernière, lui aussi sur les bords du Danube? Ou bien pied de nez fait à l’annonce du prochain rassemblement d’extrême droite, le 15 août, pour la commémoration de la mort controversée du bras droit d’Hitler, Rudolf Hess, érigé depuis en “martyr” nazi? Le choix de l’intitulé de cette autre journée spéciale peut être innocent, mais il est difficile de ne pas y voir la critique de la montée actuelle du nationalisme en Hongrie et en Europe en général. Un petit prix pour une grande cause Malgré le temps maussade du jour, on peut espérer que le public sera au rendez-vous, bien que nombre de Budapestois attendent la fin de semaine avant de rendre visite à “leur” festival emblématique. Assez loin des Prodigy, Fatboy Slim, Placebo et les autres têtes d’affiche du Sziget 2009, le programme de ce mardi reste cependant modeste. Encore beaucoup de groupes hongrois, dont le fameux Anima Sound System, mais aussi des artistes étrangers militant au sein du mouvement “Love music Hate racism”, tels que Drew McConnell, Lee Mavers et Jimmy Pursey, seront sur scène. Ce ne sont évidemment pas les pop-stars les plus attendues du Sziget cette année, mais ils sont là pour la bonne cause, et le prix du billet (5000 HUF) pour toute la journée répond à la même exigence de faire une“B.A”. Sur la scène musiques du monde, l’attention portera ce soir sur le collectif de jazz “Miles from India”, composé de musiciens ayant joué, autrefois, avec le légendaire Miles Davis. Il faut enfin saluer l’initiative prise conjointement par Sziget et l’ambassade britannique qui contribuera financièrement à l’opération. Articles liés : Le festival des blancs sème la terreur L’extrême droite fait son Sziget Sziget, on t’aime quand même Sziget J-1: la peur du fiasco commercial Avis aux lecteurs: Si vous souhaitez partager vos impressions, souvenirs et autres commentaires utiles sur Volt, Balaton Sound, Exit, Ozora, Sziget, Guca…  ou n’importe quel autre fesztival ayant lieu en Hongrie ou dans les Balkans, n’hésitez pas à utiliser le forum d’hulala, prévu en partie à cet effet.

Le festival des Blancs sème la terreur

Le festival des Blancs sème la terreur

6 août 2009 à 13 h 49 min 0 commentaire

A peine commencé, le “Magyar Sziget” (lire L’extrême droite fait son Sziget) fait déjà tristement parler de lui. Hier, tard dans la soirée, une bande de jeunes skinheads ont passé à tabac un jeune garçon d’origine rom et s’en sont pris à une femme enceinte issue de la même communauté. La raison? Tous deux sont gitans et habitent Veroce, village actuellement sous haute tension qui accueille le festival du “White Power”.

L'extrême droite fait son Sziget

27 juillet 2009 à 21 h 03 min 1 commentaire

La semaine précédant le plus que fameux Sziget festival (« Festival de l’Ile »), l’extrême droite hongroise organise son propre Sziget, le Magyar Sziget. Il faut entendre par-là « L’île hongroise » ou le « Sziget hongrois », Sziget étant devenu une marque à part entière. Leur site présente ce festival comme étant le plus gros « évènement patriotique » de Hongrie et propose aux éventuels intéressés de « passer une semaine avec des gens qui ont les mêmes idées ». Un festival idéologique ? Le festival rassemble différentes délégations européennes désignées comme « patriotiques ». Des délégations d’organisations identitaires de plusieurs pays d’Europe (Pologne, Espagne, Croatie, France entre autre) sont attendues en tant que visiteurs, parfois en tant qu’acteurs, puisque le festival, outre des concerts qui débuteront en début d’après midi, proposera plusieurs conférences chaque matin. Le festival est organisé par le HVIM, mouvement d’extrême droite dont la principale revendication est la révision du Traité de Trianon. Rappellons que ce traité a amputé la « Grande Hongrie », en 1920, d’une partie de son territoire. Ce mouvement est connu en Hongrie pour avoir, en 2006, lors des émeutes anti-gouvernementales, été à la tête d’actions qui ont mené à l’occupation du bâtiment de la télévision nationale MTV. Le Magyar Sziget ne se déroulera pas dans une île comme son nom pourrait l’indiquer, mais dans la ville de Veröce, à quelques kilomètres au nord de Vác. L’enceinte du festival ouvrira ses portes le 4 août et sera démontée le 11, un jour avant l’autre « Sziget ». Afin de s’assurer, peut-être, que les identitaires qui le souhaitent puissent aller voir Placebo, Prodigy et bien sûr Ska-P! Articles liés: Sziget vaut encore le voyage Sziget: le jour « 0″ anti-racisme met les pieds dans le plat Sziget, on t’aime quand même! Le festival des blancs sème la terreur

Diapo: Garde hongroise vs Police

6 juillet 2009 à 17 h 54 min 1 commentaire

Diaporama des évènements du samedi 4 juillet à Budapest, lorsque la Magyar Garda récemment interdite et l’extrème droite hongroise se sont rassemblées illégalement au centre ville de Budapest. Voir l’article relatant les évènements de la journée. [slide] Photos: Coriander, Francois

La Garde hongroise est morte, vive la Gárda

La Garde hongroise est morte, vive la Gárda

2 juillet 2009 à 16 h 45 min 1 commentaire

La Cour d’Appel de Budapest a confirmé aujourd’hui la dissolution de la Garde hongroise. La Gárda avait fait appel d’une décision de justice en décembre 2007 qui avait jugé l’organisation liberticide. C’est bel et bien terminé pour la Garde en tant qu’association officielle. Le Jobbik avait créé la « Magyar Gárda » en juin 2007 pour « préparer spirituellement et physiquement la jeunesse hongroise aux situations extraordinaires qui demanderaient la mobilisation du peuple ». Concrètement et officiellement, la Garde dont les membres étaient habillés en uniformes ressemblants à ceux des Croix-Fléchées, organisait des parades aux allures martiales, ouvertement anti-roms, lors de rassemblements politiques du Jobbik ou dans des villages à forte communauté tziganes après que ceux-ci aient été touchés par de violents meurtres xénophobes. La Garde qui refusait de reconnaitre aux Roms les mêmes droits qu’aux hongrois avait lancé une campagne contre les « criminels tziganes » et n’hésitait pas à faire des amalgames plus que douteux. Lors de la décision de justice initiale en décembre 2007, un membre du tribunal avait expliqué que « les membres de l’Association culturelle et traditionnelle de la Garde hongroise ont créé une atmosphère de crainte, alors que ses activités — comme les défilés de ses membres et les discours de ses dirigeants au sein des villes ou villages habités par les Tziganes — violent la dignité de la minorité tzigane ». La Cour d’Appel a confirmé aujourd’hui que loin de résoudre des conflits, la Gárda a « fait naître de nouvelles tensions ». La Cour a statué que les activités de la Garde hongroise outrepassaient ses droits en tant qu’association et étaient liberticides envers la communauté rom. Deux raisons selon la justice, pour confirmer la dissolution de la Magyar Gárda. Nul doute que le millier de membres de la maintenant défunte Garde ne vont pas se convertir au libéralisme, mais continuer leurs activités de façon officieuse, comme ce fut déjà le cas pour certaines de leurs « actions » non revendiquées officiellement. La Garde hongroise est morte, vive la Garde hongroise.

Européennes: l'abstention et la droite

Européennes: l'abstention et la droite

8 juin 2009 à 21 h 08 min 0 commentaire

Avec 63,72% des votants s’étant abstenus, le grand vainqueur des élections européennes 2009 en Hongrie est bien l’abstention. Rappelons les autres scores; parmi les votants, ceux-ci ont voté à 56,37% pour le Fidesz (14 mandats), 17,37% pour le MSzP (4 mandats), 14,77% pour le Jobbik (3 mandats), 5,3% pour le MDF (1 mandat), 2,6% pour le LMP-HP (aucun mandat), 2,16% pour le SzDSz, 0,96% pour le MKMP, et 0,47% pour le MCF. Enorme défaite pour le MSzP, sans aucune surprise, qui ne récolte par contre qu’à peine plus de voix que le Jobbik. Même s’il était prévisible que le parti d’extrême droite remporte un ou deux sièges au Parlement Européen, avec 14,77% des suffrages en leur faveur, le Jobbik décroche une victoire surprenante. Le « succès » du Jobbik est à la mesure de son euro-scepticisme. Il est amusant de constater cela suite aux déclarations de son porte-parole qui, interrogé sur l’abstentionisme, explique que ce taux record en Hongrie depuis 15 ans, est dû au désintérêt des gens pour une Europe qui les déçoit. Pourtant c’est précisément l’abstention qui permet à un parti tel que le Jobbik d’atteindre de tels scores : si ce parti, fervent anti-européen, faisait justement campagne contre l’Europe, les « gens » , auraient dû, selon la logique du porte-parole, se ruer aux urnes avec un bulletin Jobbik à la main. Si le Jobbik remporte sa première bataille élective, le Fidesz, lui, triomphe. Le principal parti d’opposition a obtenu hier plus de 3 fois plus de votes que leur adversaire, le MSzP. Nul doute que cela a des allures de plébiscite pour Orbán, qui ne cesse de demander la démission du gouvernement. Même si les campagnes portaient sur des thèmes nationaux plus qu’européens, il s’agit bien d’élections européennes et en ce sens, Bajnai a toujours refusé et répété qu’il n’y aurait pas d’élections anticipées, quelques soient les résultats. Malgré les pressions du Fidesz, le gouvernement actuel restera sûrement en place, car selon de nombreux analystes économiques européens, Bajnai gère comme il le faut la crise. Le Fidesz a fait ses meilleurs scores à l’ouest de la Hongrie, et ses plus faibles, néanmoins importants,  à Budapest et les régions du nord-est. Cette partie nord-est du pays est d’ailleurs celle où le Jobbik a enregistré ses meilleurs scores; ce qui fait penser que l’électorat du Jobbik provient de celui du Fidesz. Le MSzP et le SzDSz ont fait leurs meilleurs scores dans la capitale.

Les liaisons dangereuses de la police avec l’extrême-droite

Les liaisons dangereuses de la police avec l’extrême-droite

22 mai 2009 à 16 h 38 min 0 commentaire

Ce lundi, un accord de coopération a été signé entre le Jobbik, le parti d’extrême-droite magyar et TMRSZ, l’un des deux syndicats policiers existants.

La popularité grandissante de la Magyar Gárda

18 mai 2009 à 22 h 50 min 7 commentaires

Selon une enquête réalisée par la Progressive Institute, environ 10% des hongrois se sentiraient proches des idées inhérentes à la « Magyar Gárda », un groupe paramilitaire d’extrême-droite. L’Etude révèle que si le mouvement devenait un parti politique, il recueillerait l’équivalent de 9% des suffrages. La « Garde Hongroise », dont les membres sont intimement liés avec Jobbik, un parti hongrois nationaliste et xénophobe, disposerait ainsi d’un support populaire suffisant (plus de 5%) pour détenir des sièges au parlement magyar. La Progressive Institute souligne que les Hongrois, actuellement, seraient particulièrement réceptifs aux mouvements extrémistes. Il faut dire que la conjoncture économique et sociale n’est guère reluisante. La crise a frappé de plein fouet la Hongrie : le chômage et la violence croissent, la population s’inquiète pour son avenir et demande au gouvernement une protection accrue. L’extrême-droite peut donc, à sa guise, ressortir ses sempiternels refrains aux combiens simplistes mais terriblement efficaces en période de récession : Protectionnisme, nationalisme affirmé, prédominance de l’ordre et de la sécurité, désignation de boucs émissaires… La « Magyar Garda », qui compte en son rang plus d’un millier de miliciens, a organisé ces derniers temps de nombreux rassemblements visant à intimider la communauté Rom. Ses activités sont vivement décriées en Hongrie mais également à l’étranger.