Mots-clés associés : "Eléctions législatives de 2010"

France 2 hors-sujet sur l’Europe centrale

France 2 hors-sujet sur l’Europe centrale

11 novembre 2011 à 17 h 07 min 2 commentaires

Mercredi soir au journal télévisé de France 2, David Pujadas et sa rédaction ont une nouvelle fois fait preuve d’une certaine méconnaissance de l’Europe centrale. En quelques secondes, les téléspectateurs ont appris qu’en Hongrie, Gordon Bajnai avait perdu les élections l’an dernier sur le thème de la crise financière. En réalité, l’ancien Premier ministre hongrois qui avait exclusivement été choisi pour assurer l’intérim après la démission de Ferenc Gyurcsány en mars 2009 et jusqu’aux élections législatives d’avril 2010, ne s’était même pas porté candidat.

Source : UEFA.com

La Hongrie s’incline en Hollande avec les honneurs (3-5)

30 mars 2011 à 14 h 55 min 0 commentaire

Après la douche froide reçue au Puskas Stadion vendredi soir contre les Pays-Bas (0-4), personne en Hongrie n’attendait quoi que ce soit du match d’hier soir, contre les mêmes adversaires hollandais, dans la course à l’Euro 2012. Et pourtant ce fut une grande soirée de football, comme il y en a peu dans l’année en Hongrie. Une avalanche d’actions, de buts et de rebondissements ! Si, au final, les Hongrois s’inclinent logiquement contre une équipe supérieure, elle a lavé l’affront du match aller en donnant du fil à retordre aux vice-champions du monde.

Les Hongrois, ces grands fascistes !

Les Hongrois, ces grands fascistes !

3 mai 2010 à 0 h 37 min 8 commentaires

Les médias européens et d’outre-atlantique ont bien relayé les résultats des élections législatives hongroises, mais en dressant le portrait d’un pays rongé par le racisme, l’antisémitisme et les ressentis historiques. Au grand dam de la presse hongroise, de droite comme de gauche, qui dénonce la superficialité d’un tel traitement médiatique. Mais devant l’ampleur de la montée de Jobbik, pouvait-il en être autrement ?

Gyurcsany contre-attaque

Gyurcsany contre-attaque

29 avril 2010 à 21 h 27 min 0 commentaire

Suite à la défaite du MSzP aux législatives, Ferenc Gyurcsany a annoncé lundi la réorganisation de son parti. Depuis sa démission l’année dernière, l’ancien Premier Ministre s’était éclipsé de la vie politique. Celui qui fut à la tête du pays pendant presque 5 ans a expliqué à MTI qu’il ferait un bilan du rôle du MSzP et du sien ces dernières années, en précisant qu’il « ne donnerait pas de réponses simplistes ». Son rapport comprendra des propositions pour l’orientation du MSzP dans les mois et les années à venir, a-t-il ajouté. Gyurcsany a expliqué à propos de la démission de la leader du parti, Ildiko Lendvai, que cela « ouvrait la voie à une complète réévaluation politique et à un long et douloureux processus de renouvellement ». A propos du leadership du MSzP, Gyurcsany a ajouté que construire une base solide pour le parti dépendait de la séparation des postes de leader du parti, de président de groupe parlementaire, et de vice-président de l’Assemblée, afin de fonctionner plus démocratiquement, en divisant les responsabilités au sein du parti, plutôt que de les concentrer. Une nouvelle gauche, « façon Gyurcsany » Gyurcsany semble avoir préparé son projet d’une nouvelle gauche hongroise depuis un certain temps. Rien de surprenant puisque la gauche elle-même s’attendait à cette défaite aux législatives depuis longtemps déjà. Beaucoup croyaient que Gyurcsany avait démissioné l’année dernière pour pouvoir se présenter plus « propre » aux élections. Apparemment plus conscient que certains analystes politiques, Gyurcsany n’avait pas démissionné pour mieux se représenter, mais attendait la défaite du MSzP, pour pouvoir radicalement réorganiser le parti. Il l’a confirmé à MTI en expliquant qu’il était difficile de moderniser un parti tant que celui-ci était au gouvernement, en ajoutant que « être dans l’opposition est le moment idéal pour rénover le parti ». Celui qui n’a plus de fonctions gouvernementales ou officielles à la tête du MSzP depuis mars 2009, n’aura attendu qu’un jour après le second tour pour faire ces annonces et se repositionner (même officieusement, pour le moment) sur l’échiquier politique hongrois; tout en affirmant se satisfaire de ne pas avoir à se soucier des problèmes quotidiens de la Hongrie, et souhaitant se concentrer sur le futur du pays. Sans l’affirmer directement encore, Gyurcsany semble vouloir être le penseur d’une nouvelle gauche hongroise, au spectre politique plus large que celui du MSzP actuel. Cela se fera-t-il sous la conduite du MSzP ou d’un nouveau parti ? Il est encore trop tôt pour affirmer quoi que ce soit, mais la question reste ouverte. Le fait est que l’ancien Premier Ministre n’a pas hésité à dire qu’il voulait à la fois repositionner le parti au « centre-gauche », basé sur des valeurs sociales démocrates, mais aussi du côté libéral. En précisant que le parti serait ouvert au libéralisme de type « occidental » mais également au « libéralisme national » (reprenant ainsi une expression utilisée par le LMP lors de leur campagne). Gyurcsany envisage donc l’existence d’un parti (sous le nom MSzP ou non) de gauche, plus large et fédérateur. La presque-mort du SzDSz, la défaite du MSzP, le récent engouement pour la gauche libérale-écolo du LMP, et l’écrasante majorité du Fidesz au parlement, entrouvre la possibilité de cette nouvelle gauche, telle qu’elle est envisagée par Gyurcsany. A propos de son projet, il a expliqué à MTI qu’il « allait consulter les responsables territoriaux du MSzP ainsi que des représentants de la gauche libérale progressiste » (sans parler directement du LMP bien que la référence soit évidente). Il a également souligné la nécessité d’un « grand et démocratique parti de centre gauche qui puisse renverser le gouvernement de droite ». Pour le moment, suite à la démission de Ildiko Lendvai, la direction du MSzP s’est accordée à choisir Mesterhazy comme leader du parti. Mercredi, selon Nepszabadsag, certains leaders locaux et maires de grandes villes MSzP, ont demandé à Gyurcsany de revenir sur la scène politique et de « retourner à un poste clef du parti » sous peu. S’il ne le fait pas, ces leaders locaux ont déclarés qu’ils quitteraient le MSzP et dissoudraient les organisations locales du parti. De quoi laisser place à une nouvelle gauche « sociale-démocrate »…

Orban, « façon Sarkozie »

Orban, « façon Sarkozie »

26 avril 2010 à 23 h 31 min 1 commentaire

Dans un courrier envoyé à Viktor Orban ce matin, le chef de l’Etat français a félicité « chaleureusement » le nouveau Premier ministre hongrois, pour sa large victoire dans les urnes. Il partage à cette occasion l’analyse de la Fidesz, selon laquelle ce résultat majoritaire est historique et relève d’une « révolution » éléctorale. Bien qu’un grand écart quant aux intérêts franco-hongrois existe entre les deux hommes, notamment à Pécs par exemple, ils pourraient bien s’entendre sur leur styles respectifs. Dans un langage diplomatique qui ne lui ressemble pas, il a souligné que le résultat de la Fidesz fait appel à  » une responsabilité particulière, au moment où, plus de six ans après son entrée dans l’Union européenne, la Hongrie va assumer la présidence du Conseil de l’Union européenne au premier semestre 2011″. On voit de quoi il parle, lui qui s’est si bien mis en avant lors de sa Présidence française de l’UE. Grâce au quinquénat présidentiel en France mis en place à partir de 2002, ses deux victoires consécutives aux élections présidentielles et législatives avec l’UMP lui ont donné, en l’espace de moins de deux mois, les pleins pouvoirs à la française depuis 2007. En cela, Nicolas Sarkozy, lui même d’origine hongroise, devrait trouver en Viktor Orban un homologue (en terme de chef d’Etat) taillé sur mesure pour lui et la Hongrie, tant dans la gestion du pouvoir, que dans le conservatisme et dans le style. Rappelons que ce dernier avait d’ailleurs pris les devants dans ses accointances de chefs d’Etat avant l’heure (fin mai dernier), en rendant une visite amicale mais néanmoins « cavalière » à Silvio Berlusconi juste après s’être plaint à Merkel de la corruption politique dans son pays. Dernière petite similitude de « style » enfin, avec son lointain concitoyen Sarkozy, Viktor Orban vient de prendre les rênes de ce qu’on appelle politiquement l’Orbanie depuis que Gabor Vona a lâché l’expression. Ca rappelle les débuts de Nicolas, à l’exception près qu’il serait très surprenant qu’Orban donne dans « l’ouverture à gauche » pour se faire apprécier du peuple, lui dont les services de Premier ministre sont déja bien connus en Hongrie. Articles liés : Le Président hongrois planifie la première session parlementaire pour le 14 mai La supermajorité pour la FIDESz Orban attendu comme le messie Démissionnera, démissionnera pas? « L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor Les pleins pouvoirs pour Orbán? Les vrais enjeux du scrutin Comment sont élus les parlementaires hongrois? « L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (2/5) – La FIDESz Résultat des législatives : le retour de la Droite Les résultats des élections en cartes La Fidesz gouvernera seule : « Csak a Fidesz! » Pécs VS Suez: le ring est à Budapest La boulette du père Orban

La « Supermajorité » pour la FIDESz

La « Supermajorité » pour la FIDESz

26 avril 2010 à 0 h 13 min 0 commentaire

Budapest, 21h00. L’hymne hongrois retentit sur Vörösmarty tér, où se sont rassemblés plusieurs milliers de sympathisants de la FIDESz, le parti grand vainqueur des élections parlementaires hongroises. Viktor Orban, son leader, a fait son entrée triomphale 15 mn plus tôt, pour annoncer un résultat historique : la majorité des deux-tiers au parlement. Au terme du second tour, son parti vient de décrocher 263 des 386 sièges que compte le parlement. Il lui en fallait 258 pour s’assurer de cette majorité. Depuis 19h, la foule s’est rassemblée pour suivre sur des écrans  géants l’évolution du dépouillement retransmis en direct par Hir TV. Les résultats sont accueillis circonscription après circonscription. Chaque siège décroché par la droite déchaîne les applaudissements. Une bronca accompagne la démission de Ildiko Lendvai, tête du parti socialiste, tout comme le discours de son candidat, Attila Mesterhazy. L’intervention télévisée de Gabor Vona, le leader de Jobbik n’a, elle, suscitée que peu de réactions. Vient l’arrivée de Orban, le nouvel « homme fort » du pays, qu’il va diriger pour les quatre années à venir. Entouré par tous les cadres de son parti, il commence : « Aujourd’hui, il y a eu une révolution dans les isoloirs. […] Les Hongrois ont renversé le système, pour en créer un nouveau. L’ancien système de politiciens abusant de leur pouvoir a été remplacé par celui de l’unité nationale. C’est à l’aune de cette unité nationale que l’on mesurera les choses à l’avenir« . Son discours, précise-t-il, s’adresse aux « Hongrois à l’intérieur et hors des frontières ». Il ne durera pas longtemps, un petit quart d’heure. La cérémonie est ponctuée par l’hymne national, puis une partie du public entonne l’hymne des Sicules, rapidement repris par les hommes en costume (Voir photo). Après huit années consécutives au pouvoir, les socialistes sont rejetés dans ce qu’il reste de l’opposition, avec 59 sièges. A l’extrême-droite, Jobbik, fait son entrée au parlement et s’impose comme la troisième force politique, avec 47 sièges. Lehet Mas A Politika, le parti vert-libéral, nouveau venu lui aussi, disposera de 16 sièges pour se faire entendre. Crédit photo : HU-LALA Articles liés : Les pleins pouvoirs pour Orbán? Les vrais enjeux du scrutin Comment sont élus les parlementaires hongrois? « L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor Résultat des législatives : le retour de la Droite Les résultats des élections en cartes La Fidesz gouvernera seule : « Csak a Fidesz! » Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus

Le MSzP reconnait sa défaite

Le MSzP reconnait sa défaite

25 avril 2010 à 22 h 32 min 1 commentaire

La leader du MSzP Ildiko Lendvai vient d’annoncer sa démission ce soir, après que les résultats de ce second tour des élections législatives ait été communiqués. Le MSzP est le grand perdant des élections, n’ayant récolté assez de voix que pour avoir 59 députés au Parlement (15,28% des sièges), alors qu’ils gouvernaient le pays depuis 8 ans.

2è tour des législatives : les résultats en continu

2è tour des législatives : les résultats en continu

25 avril 2010 à 14 h 52 min 0 commentaire

Le grand parti de droite, la FIDESz a déjà remporté ces élections au premier tour, le 11 avril. Ce qui se joue aujourd’hui, c’est la majorité parlementaire des deux-tiers que ce parti et son leader, le futur premier ministre Viktor Orban, pourraient obtenir. Pour cela, il lui suffit de remporter encore 52 sièges. Les bureaux de vote ont ouvert a 6h ce matin et fermeront à 19h. Les premiers résultats partiels devraient être communiqués vers 22H, par la commisssion électorale du ministère de l’Intérieur, Országos Választási Bizottság (OVB). 17h30 : Le taux de participation au niveau national s’élève à 41,9%, contre 46,8% au premier tour. 15h : Le taux de participation au niveau national s’élève à 33,5%, contre 46,8% au premier tour. 13h : Le taux de participation au niveau national s’élève à 27,1%, contre 35,9% au premier tour. 11h : Le taux de participation au niveau national s’élève à 19,4%, contre 24,8% au premier tour. 9h : Le taux de participation au niveau national s’élève à 8,5%, contre 10,2% au premier tour. 7h : Le taux de participation au niveau national s’élève à 1,4%, contre 1,6% au premier tour. 6h : Ouverture des bureaux de votes Pour en savoir plus sur les enjeux de ce second tour : Les pleins pouvoirs pour Orbán? Articles liés Les vrais enjeux du scrutin Comment sont élus les parlementaires hongrois? « L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor Résultat des législatives : le retour de la Droite Les résultats des élections en cartes La Fidesz gouvernera seule : « Csak a Fidesz! » Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus

Orbán attendu comme le messie

Orbán attendu comme le messie

23 avril 2010 à 8 h 37 min 0 commentaire

Selon un récent sondage réalisé par l’Institut Nezöpont, presque ¾ des Hongrois (72%) sont satisfaits des résultats du 1er tour des élections parlementaires. Il ressort aussi et surtout de cette étude que la majorité des Hongrois ne sont pas inquiets quant à offrir une écrasante majorité à la FIDESz au parlement. Bien au contraire, ils y sont favorables. 57% d’entre eux estiment que donner la majorité parlementaire des deux-tiers à ce parti présente plus de bénéfices que de risques. Seulement un quart (27%) considère que cela serait « plus néfaste que positif » pour le pays. Pour 16%, cette question n’évoque rien et ne suscite aucune réponse. Ces résultats traduisent l’échec de la stratégie du parti socialiste MSzP qui dénonce depuis le 1er tour des  élections la menace que constitue le fait de donner un « pouvoir excessif » au chef de la droite, Viktor Orbán. Ils révèlent aussi la lassitude d’une majorité d’entre eux face aux querelles politiques et politiciennes qui ont agité le pays et divisé sa population depuis les dernières législatives de 2006. Articles liés: Les pleins pouvoirs pour Orbán? Les vrais enjeux du scrutin Comment sont élus les parlementaires hongrois? « L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor Résultat des législatives : le retour de la Droite Les résultats des élections en cartes La Fidesz gouvernera seule : « Csak a Fidesz! » Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus

Gros manque d’inspiration au MSzP

Gros manque d’inspiration au MSzP

22 avril 2010 à 15 h 10 min 2 commentaires

La défaite du MSzP lors du premier tour des élections législatives ne fut une surprise pour personne. Y compris pour le parti lui même, qui semble toutefois n’avoir pris acte de son échec qu’après le premier tour, comme en témoigne leur nouvelle affiche de campagne. Celle-ci plagie purement et simplement le slogan du LMP « Lehet Más a Politika ». Le MSzP a attendu que la déroute pressentie depuis des mois déjà, fut officialisée par les électeurs pour redonner un peu de couleur à sa campagne électorale. Surfant sur la vague verte qui a créé la surprise au premier tour, le MSzP voulant faire peau neuve un peu trop tard, embrouiller les esprits, ou profiter de la popularité du LMP, n’a pas hésité à reprendre son slogan-nom (voir illustration). Il n’aura fallu qu’un jour pour que les réactions fusent en réponse à cette technique assez grossière. L’une d’entre-elles, la plus ludique et sûrement la plus amusante, prend la forme d’un jeu vidéo. Une version modifiée de Pacman, où le joueur incarne le LMP et est poursuivi par l’habituelle horde de fantômes. A la différence prêt que les fantômes sont rouges et représentent le MSzP. Une bien belle métaphore vidéo-ludique, qui se termine, lorsque le joueur perd, par la version russe de l’Internationale. Avis aux amateurs… Articles liés : Un petit pas pour l’humanisme, un grand pas pour LMP « Unité, ordre, sécurité » : « V » comme Viktor Chronique politique : les partis politiques hongrois « pour les nuls » (5/5) LMP Pas facile de faire de la politique « autrement » en Hongrie?

Le chômage toujours à la hausse

Le chômage toujours à la hausse

19 avril 2010 à 8 h 07 min 0 commentaire

La courbe du chômage a continué de grimper de décembre à février, pour atteindre 11,4% de la population active, selon KSH. Viktor Orban, le probable futur premier ministre, a largement fait campagne sur le thème du chômage, et promis la création d’un million d’emplois au cours de son mandat.

Les résultats des élections en cartes

Les résultats des élections en cartes

13 avril 2010 à 22 h 25 min 0 commentaire

Le verdict des élections parlementaires hongroises est connu, dans les grandes lignes, depuis dimanche soir. Quelles sont les particularités régionales du vote hongrois ? Quelles sont les régions acquises au FIDESz ? Où LMP et Jobbik ont-ils bâti leur succès ? etc. Hulala vous propose une petite analyse géographique des résultats électoraux des quatre partis politiques hongrois qui ont accédé au parlement. FIDESz : Sans surprise, c’est dans les parties Ouest et Sud-ouest du pays que le grand vainqueur de l’élection a fait le plein de voix. La FIDESz dépasse même les 60% dans deux départements, Vas et Bacs-Kiskun. Elle est en revanche moins implantée dans le Nord-est. Elle réalise ses plus mauvais scores (inférieurs à 50%) dans les départements de Heves et de BAZ (Borsod-Abauj-Zemplén). MSzP : Le parti socialiste est en recul dans tout le pays. Il réalise son meilleur score dans la capitale, le seul endroit où il dépasse le quart des votes (25,3%), sur ses terres traditionnelles du Nord-est du pays et dans le Baranya. Mais c’est aussi dans ces régions qu’il a subi le plus la concurrence de Jobbik. Jobbik : Le vote d’extrême-droite divise la Hongrie, entre un Est et un Ouest. Le vote Jobbik augmente selon un gradient Sud-ouest/Nord-est. Comme nous l’avions déjà observé lors des élections européennes, c’est dans le Nord-est du pays, la région la plus pauvre de la Hongrie qu’il est le plus fort. Il y prospère sur le recul des socialistes. C’est aussi dans ses régions du Nord-est, frontalières de la Slovaquie, que les ennemis désignés de l’extrême-droite sont les plus nombreux : les Roms. LMP : Malgré un programme très axé sur le développement durable des campagnes hongroises par l’agriculture, le nouveau venu sur la scène politique hongroise touche essentiellement un électorat urbain. C’est à Budapest qu’il a recueilli le plus grand nombre d’électeurs, dans le centre-Nord du pays ainsi que dans les départements du Baranya et de Csongrad. La participation : Un peu plus faible que lors des précédentes élections de 2006  (avec 64,3%), c’est dans les régions les plus développées que les électeurs ont été le plus mobilisé : à Budapest, dans le département de Pest et dans le Nord-ouest. Source : Bureau National électoral, Országos Választási Bizottság (OVB) Réalisation graphique : Hulala

Un petit pas pour l’humanisme, un grand pas pour LMP

Un petit pas pour l’humanisme, un grand pas pour LMP

13 avril 2010 à 1 h 17 min 1 commentaire

Andras Schiffer, leader LMP qui, à titre anecdotique, aurait été l’avocat de Viktor Orban dans une vieille affaire, a bien résumé la situation du parti dans ses tous premiers mots, dimanche soir, à l’annonce des résultats : « merci la Hongrie. Ce résultat est une grande victoire pour le LMP, qui entre dans l’Histoire en devenant le quatrième parti du pays ».

« L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor

« L’unité, l’ordre et la sécurité » : « V » comme Viktor

12 avril 2010 à 3 h 22 min 0 commentaire

Viktor Orban semble avoir réussi son pari. Huit ans après, il redevient, sans aucun doute, Premier ministre dès le premier tour des élections législatives. Il est également en passe d’avoir un Parlement acquis à sa cause aux deux tiers, synonyme des pleins pouvoirs. Son parti, la FIDESz, remporterait 206 sièges sur 386 (52.8% des voix). Les socialistes du MSzP, avec 19.3%, se sont vus infliger une défaite humiliante, en n’occupant plus que 28 sièges, tandis que l’extrême droite de Jobbik, fameuse pour sa Magyar Garda, les talonne à moins de trois points (16.7%). Le parti radical nationaliste partageait, dimanche, la vedette de la presse internationale avec la victoire écrasante d’Orban. Après 20 ans de représentation parlementaire au centre, tantôt plus à droite, tantôt plus à gauche, l’entrée à l’Assemblée  de 26 députés Jobbik, parti anti-capitaliste, anti-tziganes, anti-juifs, anti-gays… est très commentée (www.kuruc.info, le portail d’informations de Jobbik, est la preuve la plus criante de toutes ses phobies). Elle ferait presque oublier la performance du jeune parti pro-écolo et pro-intégration des minorités LMP (7.4%), qui lui aussi pourrait y faire entrer 5 députés après le deuxième tour le 25 avril. Ce jour-là, seulement 111 sièges seront disputés dans 57 circonscriptions (sur 176 au total) par des candidats qui n’ont pas reçu au moins la moitié des suffrages. Les réactions à chaud FIDESz La star du soir, Viktor Orban, n’a pas boudé son plaisir mais est apparu serein devant son QG sur Vörösmarty tér hier soir : « Je ressens la joie totale, mais en même temps, je sais au plus profond de mon cœur que je me tiens devant la plus importante tâche de ma vie. Nous savons que les attentes sont énormes et nous sommes prêt à y répondre […] Le peuple a voté pour l’unité, l’ordre et la sécurité« . Cela annonce la couleur, maintenant qu’Orban a presque tous les pouvoirs. Péter Szijjarto, « bras droit » de Viktor Orban de 32 ans (un des jeunes loups du parti connu pour avoir les dents si longues qu’il raye les parquets des salles de conférence de presse), ne manque pas de confiance en lui face aux bailleurs de fonds internationaux de la Hongrie. « Le gouvernement Fidesz fera de son mieux pour maintenir un budget aussi bas que possible … mais 3,8%, c’est ridicule« , a t-il affirmé, reconnaissant dans le même temps que cela serait très important pour l’image de la Hongrie sur les marchés financiers. Bien qu’Orban pensait déja à une formation gouvernementale sans lui aux premières loges en août dernier, Szijjarto est aujourd’hui pressenti à l’Economie. MSzP Le MSzP accuse le coup et la claque qu’il vient de prendre le laisse un peu K.O. Très peu de déclarations autres que celle de son « candidat-martyr », Attila Mesterhazy, qui a peut-être finalement apprécié la fin du calvaire. Jobbik Insatiable, le leader de l’extrême-droite Gabor Vona apprécie la « perf », mais ne s’en contente pas. « Contre vents et marées, Jobbik a réussi a doubler son nombre d’électeurs depuis un an.[…] Je ressens cependant que les deux-tiers des Hongrois supportent Jobbik, mais ils ne le savent pas encore« , a-t-il réagit à l’annonce des résultats. Selon lui, l’avenir de la Hongrie est au Jobbik. Chez Jobbik, on estime que sans les récents scandales qui ont éclaboussé certains de ses cadres, nottament Gabor Vona lui-même, le parti serait en mesure d’être la deuxième force politique du pays. LMP Lors de son dernier discours jeudi dernier, le chef de file du LMP, Andras Schiffer, avait prédit que « dimanche, un miracle allait se produire« . Il est très certainement aux anges à l’heure actuelle, ayant reçu la visite de la nouvelle Ambassadrice des Etats-Unis au siège de son parti. MDF Le candidat Lajos Bokros, n’a pas réussi à réanimer son parti, le MDF (2.6%). A tel point que sa présidente, Iboya David, a donné sa démission à l’annonce des résultats. Bonjour l’ambiance dans le parti… Articles liés : Comment sont élus les parlementaires hongrois? Les vrais enjeux du scrutin Un ancien du MSzP prend huit ans fermes A Paris, Morvai est « sympa » et Gyurcsany est Bill Gates Jobbik craint des fraudes électorales La Fidesz gouvernera seule : « Csak a Fidesz! » Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus Un 15 mars tout en douceur Viktor Orban joue « la force tranquille » Législatives : la bataille peut commencer MSzP – FIDESz: créancier mais pas arbitre Conjoncture difficile pour l’économie hongroise La Magyar Garda a sa pornstar L’antisémitisme et Jobbik à Szentendre Jobbik ne marche pas si droit Ce qu’il reste de la Budapest Pride Législatives: la bataille peut commencer « Ensemble, tout devient possible » ? Jobbik enfin au régime de la loi sur le financement des partis Jobbik prêt à entrer au Parlement 1956, des commémorations à l’avant-goût électoral Le sondage déconcertant de la semaine Orban, déja Premier ministre? L’Europe au Jobbik! Européennes: l’abstention et la droite Emeutes à la manif anti Bajnai

Résultat des législatives : le retour de la Droite

Résultat des législatives : le retour de la Droite

11 avril 2010 à 23 h 29 min 0 commentaire

Le premier tour a été décisif. La FIDESz de Viktor Orban, est, comme prévu, le grand parti vainqueur des élections législatives en Hongrie, avec 52.77% des suffrages exprimés. Les socialistes sortants sauvent tout juste les meubles en récoltant 19.29% des voix, devant la « menace » de l’extrême droite représentée par Jobbik (16.71%). Ce dernier confirme son bon résultat aux européennes de l’an dernier, et augmente, même, son nombre d’électeurs. Le MSzP reste donc le deuxième parti de Hongrie, alors que du côté de la « nouvelle gauche » du LMP, on signe un très bel exploit, celui d’entrer dans le carré des partis au Parlement grâce à 7.42% des électeurs qui se sont rendus aux urnes. La participation est officiellement communiquée (64.3% soit 5 104 174 ), mais le dépouillement des tous derniers bulletins de vote ayant encore lieu. Ces dernières heures ont d’ailleurs été le théâtre d’un petit imbroglio tragi-comique, dû à l’organisation du scrutin. Le orange n’est pas toujours une couleur de looser. La Hongrie le prouve aux élections législatives ce soir… Graphiques : www.hu-lala.org Articles liés : Comment sont élus les parlementaires hongrois? Les vrais enjeux du scrutin Chronique politique: les partis hongrois « pour les nuls » (5/5) – LMP Chronique politique: les partis hongrois « pour les nuls » (4/5) – MSzP Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (3/5) – MDF Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (2/5) – FIDESz Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (1/5) – Jobbik Pas facile de faire de la politique « autrement » en Hongrie? Un ancien du MSzP prend huit ans fermes Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus Rencontre avec le parti LMP, Lehet Más A Politika Jobbik, enfin au régime de la loi sur le financement des partis En Hongrie, la corruption est à la maison La Fidesz gouvernera seule : « Csak a Fidesz! » Comment sont élus les parlementaires hongrois? Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus Rencontre avec le parti LMP, Lehet Más A Politika

1er tour des législatives : les résultats en continu

1er tour des législatives : les résultats en continu

11 avril 2010 à 8 h 33 min 0 commentaire

Ce dimanche 11 avril est un jour important pour la Hongrie. Quelques 8 millions d’électeurs doivent élire leurs représentants au Parlement national. La rédaction de Hulala rapportera, heure après heure, les évènements de cette journée électorale et les résultats distillés par le Bureau national des élections du Ministère hongrois de l’Intérieur, Országos Választási Bizottság (OVB). Les bureaux de votes fermeront à 19h. 19 h: Le Bureau national des élections repousse l’annonce des résultats, en raison des retards de 3 à 4h, dans certains bureaux de vote de la capitale. 17h30 : Le taux de participation au niveau national s’élève à 59,28% (contre 61,7% aux élections législatives de 2006). L’agence de presse MTI rapporte que de longues files d’attente se sont constituées devant les bureaux de vote où vont voter des électeurs enregistrés dans d’autres unités électorales du pays. Tous les électeurs ne pourront pas voter avant 19H. 15h : Le taux de participation au niveau national s’élève à 46,78% (contre 48,9% aux élections législatives de 2006). A Budapest, il est de 50,72%. 13h : Le taux de participation au niveau national s’élève à 35,88%, soit 2.869.694 électeurs (contre 38,2% aux élections législatives de 2006). 11h : Le taux de participation au niveau national s’élève à 24,78%, soit 1.979.854 électeurs (contre 27,2% aux élections législatives de 2006). 9h : Le taux de participation au niveau national s’élève à 10,23%, soit 816.513 électeurs (contre 11,39% aux élections législatives de 2006). 7h : Le taux de participation au niveau national s’élève à 1,61%, soit 128.505 électeurs (contre 1,66% aux élections législatives de 2006). 6h : Ouverture des bureaux de votes Source : Országos Választási Iroda (OVB) Réalisation graphique : HULALA

J-1 : Les enjeux du scrutin

J-1 : Les enjeux du scrutin

10 avril 2010 à 12 h 43 min 1 commentaire

Le vainqueur des élections législatives est déjà connu. Ce sera la Fédération des jeunes démocrates, la FIDESz de Viktor Orban. Deux autre partis sont quasi-certains d’obtenir des sièges au Parlement : le parti socialiste MSzP au pouvoir et, pour la première fois, l’extrême-droite Jobbik. Les vraies inconnues sont ailleurs : la FIDESz va-t-elle atteindre la majorité des deux-tiers ? Combien de partis vont entrer au Parlement ?Quel score va réaliser l’extrême-droite ?

Chronique politique: les partis hongrois « pour les nuls » (5/5) – LMP

Chronique politique: les partis hongrois « pour les nuls » (5/5) – LMP

9 avril 2010 à 21 h 21 min 0 commentaire

LMP, l’alternative de « gauche » Le week-end électoral est imminent, et il est temps de conclure cette chronique. L’échiquier politique de la Hongrie n’étant pas encore « verrouillé », certains espaces restent encore à occuper. C’est ce que nous avons tenté de démontrer en commençant ce dossier par la présentation du jeune parti d’extrême droite, Jobbik. Pour finir, penchons nous alors sur l’autre « alternative » de la politique hongroise aujourd’hui, le LMP. Du côté libéral, voire libertarien, l’ancien parti de gouvernement SzDSz a littéralement sombré ces dix derniers mois, depuis sa déroute aux élections européennes. Seulement quelques mois plus tôt, à « gauche toute » du paysage politique magyar, est né Lehet Mas a Politika (LMP), un parti basé sur un fort militantisme et sur une jeunesse hongroise tournée vers l’écologie européenne. Aux Européennes l’an dernier, ces jeunes avaient déja créé la surprise avec 2,6% des suffrages. Après une campagne principalement menée sur le terrain pour les élections législatives générales nationales ce mois-ci, ils ont de très bonnes chances de rentrer dans le carré gagnant au Parlement. Dans une vieille classe politique pétrifiée par ses scandales, le LMP voudrait apparaître comme l’altrernative à une politique poussiéreuse, qui enterre la Hongrie dans un découragement civique global, et continuer à croire aux vertus de la démocratie en recréant un dialogue avec les citoyens. Le seul parti ouvertement écologique propose un programme d’envergure : réconcilier les Hongrois avec la politique. Jeunes et idéalistes, certes, mais inédits et nécessaires dans un pays européen sans identité européenne. Une autre politique est possible ? Fondé le 26 février 2009, Lehet Mas a Politika littéralement « Une autre politique est possible », est un parti de gauche écologiste jeune animé, entre autres, autour de l’avocat Andras Schiffer, la travailleuse humanitaire Timéa Szabo, Lajos Mile, ancien professeur de langues ou encore le biologiste Javor Benedek… Entre autres, car le LMP souhaite sortir de la personnalisation de la politique, et défendre plutôt des idées et un projet de société. Encore une fois, le LMP voudrait prouver que l’union fait la force, que l’idée de solidarité n’est pas obsolète et qu’un parti n’a pas besoin d’une figure de proue pour la conduire. Un objectif clair, donc, et une politique qu’ils veulent mettre au service de cet espoir. Ici, personne n’est purement « politicien », le financement se veut complètement transparent et surveillé par un comité d’éthique. Vers une nouvelle donne écologiste Au cœur de leurs projets : la lutte contre la corruption, le Green New Deal, une solution de développement durable capable d’intégrer les minorités pauvres, dont les Roms font aussi partie, et de lutter contre le racisme dont ils sont trop souvent victimes. Au final, LMP souhaiterait une meilleure intégration hongroise en Europe ainsi que des minorités au sein même du pays. Une ascension fulgurante Les derniers sondages les annoncent régulièrement proches des 5%, synonyme de ticket d’entrée au Parlement. Cela représenterait un exploit après seulement un peu plus d’un an d’existence, et après leur première élection ou ils avaient déjà réussi à obtenir 2,6% aux européennes. Un succès rapide, lié sans nul doute à leurs méthodes alternatives et à leur image policée, un peu « bobo » bien-pensant de Bélvaros à Budapest, tel que leur reproche l’autre parti « alternatif », mais opposé politiquement, Jobbik. Véritable OVNI politique en Hongrie, soutenu par les verts européens, LMP attire surtout des jeunes désireux d’obtenir un changement radical, de voir leur pays sortir du marasme. Leur slogan dénonce les « gros partis » englués dans leurs scandales et dénonce le risque que représente le parti populiste d’extrême droite, Jobbik. Hier, le parti écolo en profitait pour mener le dernier de ses nombreux happenings avant le premier tour, devant le Parlement à Kossuth tér (la video est visible ci-dessous). Jeunes, idéalistes, mais sincères, imaginatifs et enthousiastes, est-ce que le LMP va arriver à redonner confiance à un peuple hongrois dont le fatalisme est légendaire? « Lehet »… « peut-être ». Articles liés: Chronique politique: les partis hongrois « pour les nuls » (4/5) – MSzP Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (3/5) – MDF Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (2/5) – FIDESz Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (1/5) – Jobbik Comment sont élus les parlementaires hongrois? Les vrais enjeux du scrutin Pas facile de faire de la politique « autrement » en Hongrie? Un ancien du MSzP prend huit ans fermes Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus Rencontre avec le parti LMP, Lehet Más A Politika Jobbik, enfin au régime de la loi sur le financement des partis En Hongrie, la corruption est à la maison

Les candidats ont le droit de garder le silence

Les candidats ont le droit de garder le silence

9 avril 2010 à 7 h 48 min 0 commentaire

A partir d’aujourd’hui, les candidats doivent cesser toute activité électorale, mais ils  ne sont pas en état d’arrestation pour autant… et pourtant! L’attitude de certains, comme celle du candidat MSzP dans le 7ème arrondissement de Budapest (Dr Zoltan Szabo, en gros sur la photo), pris en flag’ de placardage sauvage dans les rues fin mars, n’est définitivement plus de mise. La campagne pour le 1er tour des élections législatives, qui se tiendra dimanche 11 avril, s’est achevée hier jeudi avec l’ultime appel des partis à leur électorat. Depuis minuit, les candidats n’ont plus le droit de faire qu’une seule chose : se taire. Ce silence imposée par la Constitution sera en vigueur jusqu’à dimanche soir, 19h, heure de clôture des bureaux de votes. La campagne pour le second tour pourra alors reprendre jusqu’au vendredi précédent le second tour de l’élection, programmé le 25 avril. Les derniers meetings des principaux partis. Viktor Orban, le présumé vainqueur par KO s’est enflammé au cours de son meeting de clôture en promettant des changements pour tout le monde. « Lundi, nous nous réveillerons dans une autre Hongrie, avec des changements dans tous les domaines de notre vie« , a-t-il déclaré. Son parti, la FIDESz, peut espérer obtenir la majorité des deux-tiers, un sésame pour contrôler le pays à sa guise. Dans le camp des perdants, le candidat socialiste Attila Mesterhazy et son parti le MSzP ont posé leurs atours de campagne dans la région du Nord-est, traditionnellement acquise à leur électorat, dans la ville de Miskolc. Mesterhazy a plaidé devant 3000 sympathisants que les socialistes hongrois représentaient « la solidarité, l’égalité des chances, et la vérité« . A l’opposé de l’échiquier politique, Gabor Vona a promis à ses partisans réunis à Budapest que Jobbik ne deviendra pas un parti comme les autres, qu’il ne s’ « adoucira » pas une fois au Parlement et que, au contraire, il y sera encore plus « dur ». Son parti ne permettra pas que « la vérité soit balayée sous le tapis« . Après avoir craint que Jobbik ne devienne la seconde force politique du pays, devant les socialistes, les derniers sondages ont indiqué une stagnation à environ 12% des intentions de votes, parmi les électeurs décidés. Porté par les récents sondages indiquant que le parti vert-libéral de Lehet Mas A Politika (LMP) avait de bonnes chances d’atteindre les 5% requis pour entrer au Parlement, sa tête de file Andras Schiffer, a promis qu’ « un miracle va se passer le 11 avril« . Il a plaidé pour la fin des fausses divisions sociales entre prétendus « patriotes et anti-patriotes, fascistes et communistes« . Articles liés : Les vrais enjeux du scrutin Comment sont élus les parlementaires hongrois? Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus Un 15 mars tout en douceur Législatives : la bataille peut commencer

Chronique politique: les partis hongrois « pour les nuls » (3/5) – MDF

Chronique politique: les partis hongrois « pour les nuls » (3/5) – MDF

8 avril 2010 à 12 h 55 min 0 commentaire

Le MDF tente de faire peau neuve Après avoir traité de la « Droite », le curseur de notre chronique se déplace aujourd’hui vers le « Centre » de l’échiquier politique hongrois, historiquement incarné par le MDF. Il convient de rappeler que « l’échiquier » en question est un espace où la notion de clivage française est, pour prendre un raccourci, politiquement respectée, et économiquement inversée. Sur le site Internet du MDF- Magyar Demokrata Fórum (Forum Démocrate Hongrois), l’internaute est accueilli par quelques accords de guitare, bande son d’un court métrage d’une minute. Le message ? MDF : un parti d’avenir. Et pour le démontrer, une petite minute pour voyager dans le temps. La Hongrie du MDF dans dix ans ?  Une cantine qui tourne grâce aux éoliennes, des cafés payés en euros et des octogénaires sur des Segways (déambulateurs citadins pour bipèdes aliénés par l’excès de technologie). Toujours sur son site Internet, le MDF prétend être « le seul parti capable de sauver la Hongrie de la crise ».  Réduire la TVA,  créer des fonds privés pour financer la sécurité sociale,  augmenter le nombre de contribuables pour alléger  les impôts… Un programme plein de promesses presque essentiellement tournées vers le « néolibéralisme magyar » de Lajos Bokros (au premier plan sur la photo ci-dessus). Petites inimitiés Dans un certain sens, le MDF est « fondateur » de la Fidesz. Créée un an plus tard, certains de ses cadres majeurs proviennent du MDF, qui, depuis, est tout aussi conservateur, tout en se voulant moins populiste et plus technocrate. Une position nuancée qui ne plaît guère aux Hongrois, puisque le MDF n’est pour l’instant crédité que d’un infime pourcentage d’intentions de vote. Aujourd’hui, il ne fait aucun doute que le MDF cherche surtout la sympathie du public en se forgeant une image plus jeune et plus humaniste. Il suffit de voir certaines affiches de campagne pour comprendre. Celles-ci rappellent des publicités pour chaîne de magasin de vêtements sorties tout droit des années 80, avec « United Colors » comme slogan, mais sans la diversité raciale. L’autre point important pour le MDF de Bokros est de s’écarter le plus possible de son concurrent direct. Aucun discours sans que le MDF ne fustige la politique et les propos d’Orban en rappelant à qui veut l’entendre ses accointances avec le parti d’extrême droite; alors même qu’au début des années 90 l’un des cadres du MDF n’était autre qu’Istvan Csurka, par la suite fondateur du parti xénophobe hungarista MIEP. Un parti historique Le MDF, qui ne récoltera vraisemblablement que peu de voix aux élections, fut pourtant un grand parti. C’est le Forum Démocratique qui fut à la tête du premier gouvernement de la nouvelle république hongroise en 1990. Son rôle était donc celui d’assurer la difficile transition d’un système communiste au régime d’économie de marché. A l’époque, le MDF se voulait fédérateur de toutes les tendances politiques à l’opposé de ce qu’avait pu représenter le communisme en Hongrie. Par conséquent, le MDF, de mouvance libérale conservatrice (se présentant lui même comme « national libéral ») se voulait à la fois anticommuniste, chrétien, démocrate, et libéral économiquement. Le « personnage »Lajos Bokros Contre toute attente, ce n’est pas sa présidente Ibolya Dávid qui se présente aux élections, mais l’économiste et eurodéputé Lajos Bokros. Une nomination mal vécue par certains membres du MDF qui sont allés jusqu’à dissoudre le groupe parlementaire alors composé de 11 politiciens, jugeant Bokros « trop à gauche ». Ancien du FMI, soupçonné d’avoir menti sur ses diplômes, Lajos Bokros est surtout connu pour son « paquet» de réformes particulièrement impopulaires. C’est paradoxalement sous le premier gouvernement socialiste depuis 1990 que Lajos Bokros, néolibéral reconnu et ancien président de la Budapest Bank, fut nommé Ministre des Finances de 95 à 96. Le « paquet Bokros », fait du Ministre un des hommes les plus détesté du pays. Il conduisit toute une série de réformes néolibérales et technocratiques, telles que la réduction des prestations sociales et de l’Etat-providence, ainsi que la privatisation des banques. Malgré de nombreuses protestations, le paquet fut accepté en mars 95 par un Parlement majoritairement socialiste. Une mauvaise réputation qui pourrait coûter au parti une bonne partie de ses électeurs. Aujourd’hui, le MDF se présentant aux législatives représente une branche du parti qui insiste plus sur son côté libéral (économiquement) que conservateur, et tente de se refaire une jeunesse, tout en jouant sur l’image « d’expert » de son candidat. Un « expert » qui sait s’amuser ( à en croire cette vidéo ci-dessous), bien que sa « sympathique » communication soit bien souvent menée a contrario. Article lié : Chronique politique: les partis hongrois « pour les nuls » (5/5) – LMP Chronique politique: les partis hongrois « pour les nuls » (4/5) – MSzP Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (2/5) – FIDESz Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (1/5) – Jobbik SzDSz – MDF : l’alliance de circonstance à Budapest

Pas facile de faire de la politique « autrement » en Hongrie ?

Pas facile de faire de la politique « autrement » en Hongrie ?

7 avril 2010 à 23 h 54 min 2 commentaires

Il est vrai que la politique hongroise brille souvent par ses scandales (rumeurs, corruptions, coups tordus, complots, etc.). Toutes ces affaires ont fini par décourager un grand nombre de Hongrois à continuer à croire en leurs politiques. Hier, mardi 6 avril, c’était au tour du LMP (Lehet Mas a Politika – Une autre politique est possible) de se retrouver au coeur d’une « affaire » : le SzDSz (parti de l’alliance des libéraux démocrates) a annoncé vouloir ouvrir une enquête après le premier tour des élections sur l’un de ses leaders, le très libéral Janos Koka, ancien ministre des finances du gouvernement Gyurcsany de 2006 à 2008. Il l’accuse d’avoir aider le LMP à reccueillir des soutiens pour participer à cette élection. Cette accusation a été réfuté par LMP et par Janos Koka lui même.Mais le mal est fait. Les démocrates-libéraux du SzDSz, parti de gouvernement désormais moribond, auraient réussi a « salir » l’image de LMP, qui plus est quelques jours avant le premier tour, en alimentant une rumeur persistante depuis les débuts de ce parti. Selon certains au SzDSz, on retrouverait derrière le LMP les leaders de leur parti, cherchant à se refaire une image. De sources sûres, toutes ces rumeurs sont fausses et montrent à quel point il n’est pas facile de faire de la politique autrement en Hongrie. Transparence Le LMP a été créé il y a un peu plus d’un an et connait une ascension extrêment rapide.Avec un manque de budget mais avec beaucoup d’imagination et d’enthousiasme, les jeunes membres du LMP ont réussi à mener une belle première campagne pour les élections européennes l’année dernière, en obtenant 2,6%. Leur crédo : repolitiser la société en démontrant qu’une autre politique est possible en Hongrie. Ils militent spécialement pour une transparence totale du financement des partis politiques, et publient régulièrement le détail de leur recettes (toutes validées par un comité d’éthique indépendant). Au début de la campagne, ils avaient invité les autres partis à faire de même… ils n’ont jamais eu de réponse dans un pays où ce sujet est pour le moins sensible… Le programme du LMP s’articule principalement autour de trois thématiques. La lutte contre la corruption est le premier dossier auquel souhaiterait s’attaquer le LMP. Les questions environnementales sont également au premier plan, puisque les « jeunes » du LMP sont officiellement soutenus par les verts européens, depuis que Daniel Cohn-Bendit est venu les « adouber » le 1er mai 2009 à Erszébet tér. Ils proposent donc « naturellement » une nouvelle donne verte en Hongrie et en Europe-Centrale (green new deal). L’intégration de la minorité Rom se trouve également au cœur de leur militantisme. Un parallèle inédit Dans ces trois domaines du programme politique, et au vu du succès soudain d’un parti atypique, le LMP a quelques similarités exclusivement structurelles avec… Jobbik. Deux jeunes formations, dont aucun membre n’a jamais été élu au Parlement hongrois, se retrouvent rapidement, chacun avec ses idées, propulsés sur le devant de la scène politique, grâce à leurs positions critiques. LMP veut faire une politique radicalement différente, il se trouve que Jobbik aussi. Mais certainement pas dans le même style. Il apparaît donc que la Hongrie confirme son statut de territoire au paysage politique en transition, laissant place à la montée d’une nouvelle gauche progressiste et inspirée… et d’une nouvelle droite réactionnaire et provocatrice. La jeunesse, l’adaptation aux nouvelles technologies, l’ouverture de la communication vers l’international (notamment l’Europe), la pratique du happening font que ces deux partis ont pour point commun d’être dans l’ère du temps. Pas étonnant qu’ils puissent tous deux devenir la cible d’attaques en tous genres. Bientôt au Parlement ? Les derniers sondages montrent que ce jeune parti a des chances d’atteindre les 5% nécessaires et ainsi d’entrer au Parlement. Ce serait alors un nouveau défi, dont l’intitulé sonne de façon réaliste chez les jeunes leaders du LMP : essayer de faire de la politique autrement au Parlement hongrois. Articles liés: Législatives : ce qui peut encore arriver… et ce qui ne peut plus Rencontre avec le parti LMP, Lehet Mas a Politika

Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (1/5) – Jobbik

Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (1/5) – Jobbik

5 avril 2010 à 15 h 29 min 4 commentaires

Pour les novices en politique hongroise, la rédaction a concocté une chronique pré-électorale avant le premier tour des législatives dimanche 11 avril. Une sorte de petite fiche, histoire d’avoir une idée de qui est qui et qui pense quoi, parmi les 5 principaux partis hongrois. Afin de respecter les tendances nationales, de « la droite » vers « la gauche » hongroise, nous commençons donc naturellement par Jobbik aujourd’hui. À l’extrême droite, on ne présente plus le parti radical nationaliste Jobbik, le mouvement pour une meilleure Hongrie. Très médiatique, très présent sur la toile et la scène internationale, mais aussi très financé – de façon obscure – ce parti jeune de 7 ans se targue sans humilité d’être « le meilleur » ( littéralement « jobbik » en hongrois). Ultra-conservateur et traditionaliste, le parti eurosceptique d’extrême droite  a deux obsessions très claires : les roms et les juifs, les accusant ouvertement de mettre en danger le pays tout entier, chacun à leur manière. Voila pourquoi, concernant les Roms, Jobbik veut tuer le « problème » dans l’œuf en mettant fin aux aides sociales allouées aux tziganes. L’étranger et la terre hongroise Jobbik souhaiterait aussi fermer les portes de la Hongrie aux immigrés. La réalité de l’immigration active et civile n’étant pas la plus forte en Hongrie, c’est bien l’immigration des capitaux qui pose problème. Les investisseurs étrangers, les nommés « Washington », « Bruxelles » et « Tel-Aviv », viendraient piller les ressources du pays selon Jobbik, en particulier l’eau. Cette dernière, importante en Hongrie, alimente justement la théorie d’un complot juif colonisateur. Une politique pour le moins xénophobe qui aurait pour effet de faire renaître de ses cendres l’économie hongroise, notamment par un renforcement de l’agriculture locale, exclusivement par les locaux (ce secteur du programme est également repris par le grand parti de droite, la FIDESz). Le traditionalisme religieux Outre sa politique très radicale à l’encontre des minorités et des investisseurs étrangers, il refuse aussi le recours à l’avortement et souhaite réintégrer l’éducation religieuse à l’école. Et la recette fonctionne: si en 2006, ils ne récoltaient que 2% des voix, lors des élections européennes, la liste de l’eurodéputée Krisztina Morvai a rassemblé près de 15%. Et si, comme l’affirme son président Gábor Vona,  « Jobbik, ce sont des paroles transformées en actions« , il est à craindre que la Hongrie se replie sur elle-même. Articles liés : Chronique politique: les partis hongrois « pour les nuls » (5/5) – LMP Chronique politique: les partis hongrois « pour les nuls » (4/5) – MSzP Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (3/5) – MDF Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (2/5) – FIDESz A Paris, Morvai est « sympa » et Gyurcsany est Bill Gates Jobbik craint des fraudes électorales La Fidesz gouvernera seule : « Csak a Fidesz! » La Magyar Garda a sa pornstar L’antisémitisme et Jobbik à Szentendre Jobbik ne marche pas si droit Ce qu’il reste de la Budapest Pride Législatives: la bataille peut commencer « Ensemble, tout devient possible » ? Jobbik enfin au régime de la loi sur le financement des partis Jobbik prêt à entrer au Parlement 1956, des commémorations à l’avant-goût électoral Le sondage déconcertant de la semaine Orban, déja Premier ministre? L’Europe au Jobbik! Européennes: l’abstention et la droite Emeutes à la manif anti Bajnai

Jobbik craint des fraudes électorales

2 avril 2010 à 18 h 15 min 1 commentaire

Le parti d’extrême-droite a annoncé hier 1er avril, par la voix de Janos Volner, son intention de mettre en place un système parallèle de comptabilisation des votes et d’envoyer des militants dans tous les bureaux de vote du pays lors des deux tours des législatives, les 11 et 25 avril. Le Jobbik estime qu’il est scandaleux que la société mandatée pour développer le programme informatique qui effectue la création des listes électorales soit une société « fondée par des membres du personnel du ministère de l’intérieur« . Selon Janos Volner, la menace viendrait des socialistes, « Le seul parti qui aurait à gagner d’une falsification des résultats. »

La Fidesz gouvernera seule : « Csak a Fidesz! »

La Fidesz gouvernera seule : « Csak a Fidesz! »

1 avril 2010 à 13 h 59 min 0 commentaire

La Fidesz ne souhaite aucune forme de coalition pour atteindre la majorité des deux-tiers, une fois sa victoire acquise, a déclaré Péter Szijjarto, chef de cabinet de Viktor Orban, devant un parterre de journalistes internationaux. C’est une annonce qui ne surprendra personne, car le parti martèle depuis déjà une quinzaine de jours sur les bus et les espaces publicitaires de la ville : Csak a Fidesz ! (Seulement la Fidesz). La Fidesz – qui, doit-on le rappeler, est le parti de droite promis à une large victoire aux élections législatives les 11 et 25 avril prochains – balaie ainsi toute idée de coalition avec le parti de la droite extrême Jobbik, une éventualité qui inquiétait au plus haut point la presse et les institutions européennes. « Nous ne formerons pas de coalition pour atteindre les deux-tiers [ndlr : la majorité au Parlement] avec qui que ce soit. Les autres partis voteront comme ils l’entendent et puis c’est tout« , a clarifié Szijjarto. « Nous ne voyons pas d’autre parti avec lequel nous pourrions coopérer de manière organisée. Nous n’aurons pas de coopération avec le Jobbik car c’est un parti extrémiste. Il n’est pas question de coopérer avec eux et je ne vois pas non plus comment coopérer avec les socialistes [ndlr : le MSzP actuellement au pouvoir] non plus », a-t-il ajouté. Après avoir tergiversé et laissé planer le doute un temps quant à son attitude vis-à-vis de l’extrême-droite, il semble donc que la Fidesz ait opté pour la stratégie du « cordon sanitaire ». Mais, devant rendre des comptes à Bruxelles et aux investisseurs étrangers si impliqués dans la vie économique du pays, a-t-elle vraiment le choix ? Articles liés : Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus Un 15 mars tout en douceur Viktor Orban joue « la force tranquille » Législatives : la bataille peut commencer

Un candidat MSzP pris en flagrant délit

Un candidat MSzP pris en flagrant délit

29 mars 2010 à 17 h 31 min 2 commentaires

Les badauds d’Erzsébetváros connaissent sans doute le visage et le nom du Dr. Zoltan Szabo, candidat MSzP aux législatives, dont on retrouve les affiches placardées dans le quartier. Ce que les passants ignorent peut-être, c’est que le candidat lui-même colle certaines de ses affiches, notamment celles disposées sur les supports les plus curieux (voir photo). Le candidat ne semble toutefois pas s’inquiéter de la voiture de police juste derrière lui (ni du photographe qui le surprend), alors qu’il colle son affiche illégalement sur un espace non-autorisé, sur la très fréquentée Wesselényi utca. Il est assez amusant de voir ces affiches électorales placées non seulement de façon incongrue, mais par le candidat qu’elles représentent. Peut être aurions-nous pu penser que le parti socialiste tente un retour « aux sources », avec une politique plus terre à terre, locale, et avec des politiciens proches du peuple. Le fait est que le MSzP a déjà dépensé plus que ce qui est autorisé pour sa campagne (584 millions de HUF, alors que seulement 386 sont autorisés). Le docteur Szabo a alors peut être décidé de faire des économies et de sauver son parti, en faisant des heures sup. Qu’il ne s’inquiète pas : étant parlementaire au moins pendant quelques semaines encore, il peut jouir de son immunité, et continuer à coller des affiches sur des poteaux, sans craindre la police… et peut-être même gagner les élections, qui sait? Source et photos supplémentaires : Képviselő Funky blog

Comment sont élus les parlementaires hongrois?

Comment sont élus les parlementaires hongrois?

26 mars 2010 à 16 h 06 min 0 commentaire

Six partis politiques ont pu inscrire leurs listes nationales pour les élections d’avril. Pas moins de 58 sièges au parlement (sur un total de 386) seront issus de ces listes. Comment fonctionnent les élections parlementaires hongroises ? Des 386 députés hongrois, élus en deux tours (les 11 et 25 avril), 176 le seront dans leur circonscription, et 210 sur les listes régionales et nationales de leurs partis. De ces 210, les députés élus sous le régime du « surplus » national seront au nombre de 58, au minimum. Les électeurs ne voteront pas directement pour les listes nationales. Les partis qui ont pu s’inscrire sur la liste nationale, obtiendront des sièges au parlement en proportion des votes obtenus qui n’ont pas abouti à un mandat. Chaque électeur vote pour un candidat de sa circonscription et sur une liste régionale. Pour qu’un parti puisse inscrire sa liste nationale et bénificier du système de « surplus », il faut que ce parti ait au moins 7 listes régionales sur les 20 régions hongroises. La date limite pour inscrire sa liste nationale pour les élections d’avril était mardi dernier. Six partis ont pu s’inscrire: le MSzP, la coalition Fidesz-KDNP, le Jobbik, le LMP, le MDF, et de façon très surprenante, le tout petit parti du Mouvement Civil (Civil Mozgalom), alors même que le SzDSz, plus que moribond, ne figure pas sur la liste. Depuis les premières élections libres de 1990, c’est le nombre le plus bas de partis à inscrire leurs listes nationales. Les partis qui n’obtiendront pas 5% des voix lors du premier tour du scrutin régional, ne pourront pas voir leurs candidats des listes régionales accéder au parlement, ni accéder aux sièges réservés aux listes de nationales. Toutefois, cela ne concerne pas les candidats élus directement dans leur circonscription, qui ne sont pas concernés par cette barre des 5%. Articles liés : Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus Un 15 mars tout en douceur Un 15 mars en campagne Viktor Orban joue « la force tranquille » Législatives : la bataille peut commencer Orbán déjà Premier Ministre? « Ensemble, tout devient possible » ?

Jobbik ne marche pas si droit

Jobbik ne marche pas si droit

20 mars 2010 à 17 h 04 min 0 commentaire

Cette semaine, l’info hongroise était encore une fois en pleine effervescence « grâce » au parti politique d’extrême droite Jobbik. En pleine campagne électorale, Jobbik communique beaucoup plus que son rival direct dans les sondages pour la place de dauphin au Parlement (le parti socialiste MSzP), mais ses cadres s’exposent du même coup à un effet boomerang, et les casseroles commencent à apparaître. Après la rumeur selon laquelle son leader, Gábor Vona, entretiendrait une relation extra conjugale, ce sont maintenant les moeurs festives de son porte-parole, András Király, qui font la Une des journaux. Photos et vidéos à l’appui, la blogosphère hongroise a eu sa tête en une journée, puisqu’il a immédiatement démissionné, et qu’il ne reste aucune trace de lui sur les pages officielles de Jobbik.hu. András Király était pourtant connu pour être un bon garçon, élévé au bon grain de la campagne de Széged, dans une famille de 8 enfants. Des parents sympathisants du MIÉP, parti de droite dite « hungarista », une éducation dans un lycée catholique de Széged, puis des études en communication à l’université de Pázmány à Pilicsaba, non loin de Budapest. Tout, chez le jeune András, pouvait faire croire à Jobbik qu’il disait vrai lorsqu’il évoquait la droiture de ses moeurs et la profondeur de sa foi chrétienne, à sa prise de fonction au poste de responsable de la filière du parti à Pilicsaba en 2006. Seulement voilà : il semblerait qu’à Pázmány, établissement catholique mais néanmoins assez libéral, András Király ait développé un certain goût pour quelques dérives de comportement occasionnelles, en particulier lorsqu’il se trouve à l’étranger : la consommation d’alcool sans modération (mais cela est loin d’être répréhensible en Hongrie, sauf au volant), l’attrait pour les joyeux rassemblements de la communauté gay, et, encore plus surprenant, l’usage de stupéfiants tels que le cannabis. Un porte-parole qui pète les plombs à l’étranger Devenu porte-parole de Jobbik l’été dernier, András Király, assez naïf, ne se doutait peut-être pas que ses souvenirs de vacances au Canada (apprécier les photos) allaient être publiés à un moment crucial de la campagne. Lorsque plusieurs blogs ont commencé à le contacter cette semaine, Kiraly a admis s’être rendu à la gay pride de Toronto et y avoir fumé de l’herbe, mais il a prétexté que ce déplacement était destiné à des « recherches ». Après avoir promis de s’exprimer sur ses trouvailles, l’expert en communication des nationalistes n’a plus dit un mot et s’est retiré des affaires du parti aussitôt, pour enfin disparaître du paysage médiatique. Comme si les photos de ce Hongrois au Canada ne suffisaient pas, certains internautes sont allés voir plus loin, sur youtube, les exploits filmés de ce personnage manifestement très expressif lorsqu’il est dans un état second. Par exemple, on peut l’admirer, outre-atlantique, faisant le malin, importunant et insultant en anglais (avec son fort accent) un vieil homme qui aurait laissé tomber un papier dans la rue, ou encore le voir hurler dans sa langue maternelle sur des ouvriers lors d’un voyage en Grèce, travailleurs qu’il traite allégrement d’ »enc.lés ». Si on cherche à traduire poliment et rapidement : « hey! travaille plus vite ouvrier! Travaille plus vite sinon les Spartiates vont te massacrer!  » ( » Na te Helóta! Te munkás helóta geci. Dolgozzál serényebben mert jönneka  spártaiak és lemészárolnak a gecibe baszd meg! ») leur at-il lancé. Pour Vona, Jobbik étouffe l’affaire Après avoir vu et surtout entendu ça, on pourrait se dire ironiquement qu’on a beaucoup d’humour chez Jobbik, mais ce n’est pas le cas. La démission d’András Király n’est que la version officielle du parti, qui a certainement dû faire preuve d’intolérance à l’égard de son comportement jugé extrême. A l’heure où le parti radical nationaliste doit faire preuve de professionalisme pour répondre de sa popularité au Parlement, la tolérance du jeune Kiraly envers les drogues et l’homosexualité n’est pas de bon goût pour les têtes du Parti. Pourtant, Jobbik, parti aux valeurs traditionnelles, sait oeuvrer dans le sens de la censure lorsqu’un scandale touche un de ses leaders. Au début du mois, son candidat au poste de Premier ministre, Gabor Vona, a été éclaboussé par une rumeur selon laquelle il aurait plusieurs maîtresses. L’information provient d’une source qui prétend avoir piraté son profil IWIW, le facebook hongrois, à partir duquel des photos et des correspondances privées prouveraient la véracité de la rumeur. Le journal Magyar Hírlap, qui pendant un temps flirtait avec Jobbik, mais qui s’est rallié à la cause de la FIDESz depuis, s’est alors emparé de l’affaire. Jobbik a aussitôt nié en bloc ces allégations, sur le site de leur nouvelle revue officielle, barikad.hu, évoquant une manipulation de la « coalition MSzP-FIDESz » pour discréditer Jobbik. Depuis, l’affaire ne trouve plus un grand écho dans les médias hongrois. Si Vona ne risque rien espérons pour Kiraly que l’affaire se limitera à son éviction du parti et que les supporters les plus extrèmes du Jobbik oublieront son cas rapidement. Articles liés: La Magyar Garda a sa pornstar! Ce qu’il reste de la Budapest Pride Législatives: la bataille peut commencer « Ensemble, tout devient possible » ? Jobbik enfin au régime de la loi sur le financement des partis Jobbik prêt à entrer au Parlement 1956, des commémorations à l’avant-goût électoral Le sondage déconcertant de la semaine Orban, déja Premier ministre? L’Europe au Jobbik! Européennes: l’abstention et la droite Emeutes à la manif anti Bajnai    

Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus

Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus

19 mars 2010 à 13 h 26 min 0 commentaire

Anticiper le résultat d’une élection est toujours un exercice périlleux, même en s’appuyant sur des sondages. A trois semaines du 1er tour des élections législatives hongroises, il se dégage des certitudes, qui ne doivent pas faire oublier que tout n’est pas joué pour autant et que des surprises peuvent encore arriver. Il ne se trouve plus personne de sérieux en Hongrie pour douter encore du vainqueur de cette élection et Nostradamus lui-même ne se risquerait plus à annoncer la défaite du grand parti de droite FIDESz les 11 et 25 avril. Sa victoire sera large, très large. Deux autres partis vont dépasser le seuil fatidique des 5% et entrer au Parlement : le parti socialiste MSzP au pouvoir depuis 2002 et le parti d’extrême-droite Jobbik. Pour faire déjouer ces prédictions, reste une possibilité : celle d’un scandale mettant en cause un ténor de la politique hongroise. Une affaire de corruption, de mœurs, un passé plus trouble qu’il n’y paraît, etc. Mais même dans un ancien pays du bloc de l’Est où une partie récente de l’histoire n’est toujours que partiellement exhumée et où tout le monde possède des dossiers sur tout le monde, cela paraît bien improbable. Pour la 2è place : MSzP Vs Jobbik Entre ces autoproclamés « socialistes » et ces autoproclamés « radicaux », la bataille pour la seconde place est rude. Tous les sondages de tous les instituts les placent au coude à coude. Si le Jobbik réussit à s’imposer comme la seconde force politique du pays (en se positionnant juste derrière une droite nationaliste, qui plus est), ce sera un coup de tonnerre, qui résonnera bien au-delà des frontières du pays et même des ses frontières historiques. Un choc comparable à celui qu’à connu la France le 21 avril 2002 lorsque Jean-Marie Le Pen avait devancé la gauche pour se qualifier au second tour de l’élection présidentielle. Pourquoi le LMP peut créer la surprise… Il se joue un autre match dans cette élection, auquel on ne prête pas attention car c’est un peu le match des loosers : Le Forum Démocratique Hongrois (MDF) contre Lehet Mas A Politika (LMP). Eux aussi sont au coude à coude et ils peuvent encore atteindre le seuil des 5% et entrer au Parlement. Même si ils ne décollent pas dans les sondages qui leur attribuent moins de 3% chacun, le MDF et le LMP bénéficient d’un potentiel électoral plus fort, autour de 5% chacun. De son côté, il semble bien que le SzDSz a finalement réussi à toucher le fond –Certains sondages ne le mentionnent même plus – et rien ne laisse entrevoir qu’il puisse remonter à la surface à temps pour l’échéance électorale. Pour les libéraux qui étaient au pouvoir avec les socialistes avant de claquer la porte il n’y a de cela que quelques mois, « les carottes sont cuites ». Autre argument : Un cinquième de l’électorat environ ne sait pas pour qui il va voter ou même si il va véritablement aller voter. Ce sont ces électeurs qui vont faire la différence, dans la dernière ligne droite, entre les socialistes et l’extrême-droite. On le sait, le vote de défiance à l’égard de la classe politique « traditionnelle » profite aux extrêmes et à l’abstention. Le Jobbik en sait quelque chose, lui qui a capté, en pleine tempête économique mais contre toute attente, presque 15% des votes aux élections européennes en juin 2009. Malgré une campagne active et une couverture médiatique très dense, pas sûr pourtant qu’il n’arrive à rallier à lui cette partie indécise de l’électorat qui lui permettrait de rééditer cet exploit au niveau national. Car bien qu’il n’ait jamais été au Parlement par le passé et bien qu’il entretienne une rhétorique radicale, le Jobbik est déjà presque devenu une machine politique comme les autres avec sa realpolitik et ses petits scandales internes. Il fait « partie des murs ». Surtout au regard du LMP qui lui fait figure de nouveau venu et est vierge de tout scandale. Trois semaines, c’est tout ce qu’il reste au LMP pour mobiliser ces indécis, au détriment du Jobbik. Articles liés : Un 15 mars tout en douceur Un 15 mars en campagne Viktor Orban joue « la force tranquille » Législatives : la bataille peut commencer Orbán déjà Premier Ministre? « Ensemble, tout devient possible » ?

Un 15 mars tout en douceur

Un 15 mars tout en douceur

16 mars 2010 à 3 h 44 min 0 commentaire

Hier, lundi 15 mars, la journée ensoleillée de fête nationale hongroise s’est déroulée sans surprises, sans heurts, à un moment clé d’une campagne électorale particulièrement faible à tous les niveaux. Avant le premier tour des législatives, dans un peu moins d’un mois, le 11 avril prochain, la sagesse et la séduction étaient donc de mise pour les trois principaux partis politiques hongrois. Espérons pour le MSzP que les sondages actuels sont plus représentatifs du destin parlementaire de la Hongrie, que l’applaudimètre du jour… MSzP : service minimum Le MSzP, encore aux affaires, et son leader de campagne, Attila Mesterhazy, ont dû marquer le coup malgré celui qu’ils prennent en ce moment au moral. Ils se sont réunis à un petit carrefour aux abords du Pilvax café, haut lieu de la révolution de 1848 et de l’indépendance de la Hongrie qui était célébrée hier. Les socialistes, à 20% d’intentions de vote actuellement et talonnés par Jobbik (selon Szonda Ipsos le 11 mars), sont donc restés très discrets mais dignes, à l’heure du repas de midi, en comité restreint dans les petites rues du 5ème arrondissement. Quelques centaines de personnes étaient présentes au moment du discours de celui qui a accepté de donner son visage à la déroute annoncée du parti au pouvoir. Mesterhazy a prévenu des dangers du romantisme des promesses électorales de l’extrême droite, en passe de devenir la seconde force politique du pays, et s’est inquiété des possibles alliances que la FIDESz pourrait envisager avec Jobbik lorsque le gouvernement aura besoin des deux tiers du Parlement pour faire voter une loi. Pour l’anecdote, on a pu s’apercevoir qu’à l’image du pays aux yeux de certains Hongrois sortis dans les rues de Budapest hier, le « Pilvax » lui-même n’a pas gardé son symbolisme magyar historique, pusqu’il est devenu un Irish pub depuis, arborant fièrement les couleurs de la Guiness. FIDESz : attention à ne pas prendre la grosse tête Un peu plus tard dans l’après-midi, entre 8000 et 10000 Hongrois se sont déplacés derrière le château de Buda, à Dozsa Gyorgy tér, où la FIDESz et son leader charismatique, Viktor Orban, ont allié sobriété et grandeur, histoire d’avoir, par avance, le triomphe modeste. Orban a pu apparaître dans un bain de soleil devant une foule placée sur le flan de colline, et profiter ainsi d’un espace grandiose à moindres frais. Pas d’écrans géants, pas de grands concerts, juste la foule au rendez-vous et Orban savourant sa popularité devant le château. Nul doute donc que cette campagne ne soit que du plaisir pour l’ancien Premier ministre, qui n’a ni besoin de défendre un programme, ni besoin de confrontation médiatique pour gagner haut la main. L’invitation de Mesterhazy faite à Orban à la télévision a d’ailleurs été écartée d’un revers de main par le directeur de campagne de la FIDESz, Péter Szijjarto : « la date de péremption d’un débat stérile avec vous est déja largement dépassée », a t-il répondu. Même chose pour les débats à l’assemblée sur les politiques publiques sociales, agricoles et économiques : les représentants FIDESz ne sont jamais venus aux débats organisés par le gouvernement actuel toute la semaine dernière. Cet excès de confiance pourrait cependant empêcher la FIDESz d’atteindre à elle seule les pleins pouvoirs, c’est-à-dire plus de 65% des sièges. Entre janvier et mars, le principal parti conservateur d’opposition est passé de 63 à 57% d’intentions de vote parmi les électeurs déja décidés. Jobbik : de bonnes raisons d’y croire En organisant son meeting au même moment que la FIDESz hier, Jobbik aurait pu également lui piquer son slogan de campagne (« itt az idő »). La bande à Gabor Vona a mis le paquet, tout en rationalisant « radicalement » son rassemblement derrière la basilique Saint Etienne, en plein centre ville : des milliers de sympathisants (environ 8000) adeptes de la mode à couleur sombre, des écrans géants, une mise en scène et des spectacles sophistiqués. La loi sur le financement des partis politiques n’a donc manifestement pas encore affecté ce jeune parti à l’ascension fulgurante, puisque ses affiches sont parmi les plus présentes au centre de Budapest et son « show » d’hier était de loin le plus coûteux. A noter, les membres de la Magyar garda se sont distingués avec le port de la collection « printemps-été » de leur uniforme: pantalon camouflage et bombers noirs. Juste avant le moment historique de son entrée au Parlement, le parti nationaliste se devait de tenir un discours toujours aussi radical, mais avec beaucoup plus de tenue politicienne et surtout un comportement résolument moins belliqueux de ses supporters. La reconnaissance démocratique qui leur est promise prochainement à de quoi les apaiser. Jobbik est d’ailleurs le parti qui risque de tirer le mieux son épingle du jeu des électeurs indécis, qui sont estimés à 38% encore aujourd’hui. Entre janvier et mars, les nationalistes sont passés de 12 à 17% dans les sondages, pour le moment apparemment au détriment de la FIDESz, car le MSzP semble stabiliser ses mauvais résultats. Ce score de Jobbik correspondrait à plus de trois fois le nombre de voix nécessaires pour entrer au Parlement (5%). crédits photos : coriander Articles liés : 15 mars: Orban prend du recul Un 15 mars en campagne Orban joue « la force tranquille » La FIDESz est dans la rue L’étau se resserre sur la FIDESz Législatives: la bataille peut commencer « Ensemble, tout devient possible » ? Jobbik enfin au régime de la loi sur le financement des partis Jobbik prêt à entrer au Parlement 1956, des commémorations à l’avant-goût électoral Le sondage déconcertant de la semaine Orban, déja Premier ministre? L’Europe au Jobbik! Européennes: l’abstention et la droite Emeutes à la manif anti Bajnai

15 mars: Orbán prend du recul

15 mars: Orbán prend du recul

5 mars 2010 à 20 h 21 min 0 commentaire

Le kis körut de Budapest paraissait bien trop court pour que les trois principaux partis politiques y tiennent leurs meetings du 15 mars comme prévu. Cette fête nationale,  jour de révolution, est célébrée chaque année différemment selon les affinités politiques des Hongrois. A ce moment clé de la campagne des élections législatives, la FIDESz a décidé, mercredi, de déplacer son rassemblement de l’autre côté du Danube, à Dozsa György tér. Des dizaines de milliers de personnes y sont désormais attendues pour célébrer le plébiscite actuel de Viktor Orban dans les sondages. La raison avancée par le cabinet de campagne de l’ancien Premier Ministre est la promiscuité entre les rassemblements, tous concentrés entre Astoria et Déak tér. Avec sa popularité, Orban méritait bien plus d’espace, et de prestige. Son allocution en sera d’autant plus enjolivée qu’elle aura lieu avec le château de Buda en arrière-plan. Sans aucun doute, son image sera elle aussi bien plus télégénique de cette façon. Une autre raison officieuse pourrait s’ajouter à ce « déménagement » (FIDESz organisait ses meetings à Astoria depuis des années). A la droite de la FIDESz et des Démocrates-chrétiens, les nationalistes radicaux du Jobbik, toujours plus nombreux, auraient pu gêner. Articles liés: Un 15 mars en campagne Orban joue « la force tranquille » La FIDESz est dans la rue 1956, des commémorations à l’avant-goût électoral Emeutes à la manif anti Bajnai

Un 15 mars en campagne

Un 15 mars en campagne

3 mars 2010 à 12 h 17 min 0 commentaire

La première fête nationale hongroise de l’année, le 15 mars, aura lieu en pleine campagne électorale, moins d’un mois avant les élections générales. Une occasion de marquer le coup et se mettre en évidence pour Jobbik en embuscade dans les sondages, et de se faire discret ou de faire preuve de sérénité pour les autres. Au centre de Budapest ce jour-là, tout comme le 23 octobre dernier, les commémorations de la révolution de 1848 contre l’Autriche ne prendront certainement pas les allures de guérillas urbaines qu’elles ont pu avoir en 2008, 2007 ou 2006, puisque la position anti-gouvernementale des manifestations de la FIDESz et du Jobbik n’a déja plus lieu d’être.

MSzP-FIDESz: le FMI, créancier mais pas arbitre

MSzP-FIDESz: le FMI, créancier mais pas arbitre

16 février 2010 à 20 h 22 min 0 commentaire

Les socialistes du MSzP, encore aux affaires en Hongrie pour 7 semaines, se félicitent des remarques élogieuses du FMI et des instances européennes formulées lundi, à propos des finances du pays. En bon opposant, la FIDESz reste de mauvaise foi sur le bilan économique du gouvernement Bajnai, et l’accuse d’avoir approfondi la crise. Au centre, le FMI constate, mais ne s’imisce pas dans les affaires internes du pays, surtout pas en période de campagne électorale. Il ignore de ce fait les sondages qui promettent à Orban une large majorité au Parlement en avril. Lajos Szabo, membre MSzP de la commission budgétaire au Parlement, a rapporté qu’à l’issue d’une réunion lundi, le FMI « apprécie les efforts de la Hongrie ». Nous nous en serions doutés… Mihaly Varga, bras droit de Viktor Orban à la FIDESz, a, lui, signalé qu’ « un changement est maintenant non seulement attendu en Hongrie, mais également  ailleurs. »  Varga est d’ailleurs prévu, en cas de victoire, aux ministère des Finances déja depuis l’été dernier. Prendre en compte le changement d’approche économique qu’occasionerait un retour d’Orban au pouvoir serait judicieux. Mais bien qu’on puisse anticiper son protectionnisme, la façon détaillée avec laquelle il compte opérer une fois au pouvoir dans la période critique actuelle, reste encore très vague. Un créancier ferme, impartial et confiant Fidèle à sa fonction, James Morsink, chef de la délégation du FMI lors de cette visite, est resté impartial dans son jugement sur le futur proche des affaires hongroises, mais il a vivement conseillé à la Hongrie d’augmenter ses efforts à moyen terme. C’est à dire: quelque soit le futur gouvernement, il devra redoubler d’efforts pour réduire sa dette publique. Selon Morsink, la FIDESz s’était engagée à poursuivre un plan budgétaire de rigueur. Il a également rappelé que le parti avait toujours dit que la coopération de la Hongrie avec le FMI était essentielle. Reste à savoir qu’elle sera la rhétorique d’Orban avant et après les élections lorsqu’il devra expliquer les choses. L’attitude du représentant du FMI peut laisser penser qu’il reviendra forcément, un jour ou l’autre, sur l’annonce qu’avait faite son parti, d’un déficit à hauteur de 7% du PIB. Orban sort les muselières Pour l’heure, sa cote lui permet de gérer un certain silence et, lorsqu’il s’exprime publiquement, une certaine langue de bois. En bon chef de meute, il distribue au passage des muselières aux autres « loups » de son parti. Car si la victoire avec une majorité simple est quasi gagnée d’avance, c’est maintenant une super majorité qui se joue pour Viktor Orban. Une récente déclaration de Mihály Varga sur d’éventuelles modifications du système des retraites a provoqué une avalanche d’enquêtes Szonda Ipsos, indiquant aujourd’hui la perte de près de 250.000 sympathisants FIDESz en un mois. De son côté, le ministre des Finances, Péter Oszko, joue une autre partition. Il a annoncé que le gouvernement gèlerait tous les fonds nécessaires à la stabilité du budget 2010, toujours afin d’assurer l’objectif, convenu avec le FMI, d’un déficit de 3,8% du PIB à la fin de l’année. A Washington par contre, le FMI ne tient pas à avoir la même réputation qu’a obtenu son Directeur général « DSK  » avec la stagiaire hongroise Piroska Nagy. Malheureusement pour le MSzP, qui aurait pu s’en faire un allié pour plaider un vote rationel, le fonds ne fourrera pas son nez plus loin en Hongrie. Peu importe comment, pourvu que la dette se comble. Ironie de la démocratie Le MSzP ne récoltera donc peut-être jamais le fruit de ses efforts. Aux dernières législatives de mai 2006, il avait réussi à se faire réélire dans des conditions déplorables, décrites comme telles juste avant les élections par le Premier ministre sortant de l’époque, Ferenc Gyurcsány lui-même. Son fameux discours à Balatonoszöd, enregistré à son insu et diffusé  en septembre 2006 sur la radio nationale, comportait certes des propos malheureux, mais honnêtes »: « Nous n’avons rien foutu (…) Nous sommes les seuls a avoir déconné comme çà (…) On a menti le matin, le midi et le soir…». Il avait présenté ses excuses publiques, mais n’avait pas démissionné. Plus de 2 ans et demi plus tard, en mars 2008, il a effectivement  quitté son poste, un peu à contre-temps, pour laisser sa place à son ministre des Finances, l’intérimaire Gordon Bajnai. Début janvier, les services secrets ont identifié le délateur du « discours d’Oszöd », un député socialiste qui avait manifestement choisi de trahir son Premier Ministre. Aujourd’hui, avec son bilan et sans échéance électorale personelle, Gordon Bajnai, Premier ministre jusqu’au 25 avril, fait figure de bon samaritain. Articles liés: Viktor Orban joue « la force tranquille » Rencontre avec le LMP SzDSz-MDF, l’alliance de circonstance Législatives: la bataille peut commencer Conjoncture difficile pour l’économie hongroise Jobbik, enfin au régime de la loi sur le financement des partis La Hongrie en a t-elle fini avec le FMI? « Ensemble, tout devient possible » Jobbik prêt à entrer au Parlement Solyom, avec 8 mois de retard Orban dénonce des trucages dans le budget 2010 Le Parlement valide le budget de crise Orban, déja Premier ministre? 1956, des commémorations à l’avant-goût électoral Européennes: l’abstention et la droite La boulette du père Orban

L’argument électoral du droit à la házi palinka

L’argument électoral du droit à la házi palinka

15 février 2010 à 22 h 57 min 0 commentaire

La FIDESz a enfin dévoilé l’essentiel de son programme… sur la házi palinka! Bien qu’elle soit sûre de gagner les élections, l’opposition fait la promesse électorale la plus grivoise de l’année. A l’heure où partout en Europe, sous prétexte de santé publique, on aseptise l’hygiène de vie des consommateurs à l’aide du droit sur l’alcool, la FIDESz promet le retour du bon vieux droit à produire son eau-de-vie de fruits à la maison. Si la mesure parle à beaucoup de monde en Hongrie, elle n’aura pas pour autant un impact fondamental sur le porte-monnaie, auquel cas il faudrait s’inquiéter. La Palinka dite « Hazi » (de la maison) est une version souvent bien plus forte en degrés d’alcool que la palinka commerciale, allant parfois jusqu’à 70°.  S’il remporte les élections législatives d’avril, Viktor Orban, a promis de lever la loi de 2004 concernant les bouilleurs de cru maison pour fêter ca. Les Hongrois ont distillé leur propre eau de vie de fruits depuis des générations, mais la loi avait mis en place un contrôle plus ou moins strict de cette pratique, afin de réduire les risques associés à la production libre d’alcool. Fidesz prévoit de rétablir l’ancien régime question tradition, mais cela se limitera à tolérer les bouilleurs maison qui produisent en petite quantité et pour leur propre usage. Actuellement, les producteurs de fruits doivent encore apporter leur récolte aux distilleries certifiées, ce qui leur coûte en moyenne 1.300 forints, soit 5 euros par litre. Mais, comme dans beaucoup de domaines en Hongrie, il y a un décalage entre la loi et les pratiques. Ce rétablissement du droit à distiller chez soi ne ferait donc qu’officialiser un phénomène familial qui n’a pas été tant bouleversé depuis 6 ans. On imagine que de nombreux producteurs locaux accueillent tout de même cette promesse avec un certain enthousiasme, au grand dam des professionnels de la santé qui trouvent la mesure irresponsable. Ainsi va la démocratie. Articles liés: Tokaj, un vin exclusivement hongrois Festival au pays de la gastronomie

Le MSzP promet le haut débit pour tous les Hongrois

Le MSzP promet le haut débit pour tous les Hongrois

15 février 2010 à 17 h 50 min 0 commentaire

Formé par le parti socialiste, le comité sur l’innovation et l’informatique a proposé, lors d’une conférence de presse samedi, que l’Internet haut-débit soit disponible à un prix abordable partout en Hongrie. Pendant ce temps, le 5ème arrondissement de Budapest, coeur économique et politique du pays, est déja pourvu d’une zone Internet à très haut-débit, et celà ne fait que commencer.

Viktor Orban joue « la force tranquille »

Viktor Orban joue « la force tranquille »

11 février 2010 à 18 h 32 min 0 commentaire

Vendredi dernier lors d’un de ses habituels discours sur « l’état de la Nation », Viktor Orbán, leader conservateur de la FIDESz, a donné l’impression que son retour au pouvoir n’était plus qu’une simple formalité. Grâce à la situation dans laquelle se trouve son principal adversaire, le MSzP, c’est en en faisant le minimum qu’il gagne un maximum.  Face aux attaques timides d’Attila Mesterhazy, il lui restait le choix, à sa droite, de domestiquer ou de mépriser Jobbik. Il a finalement choisi de répondre sereinement aux critiques à la télévision lundi. Désormais, avec les sondages actuels à l’appui, il prétend jouer seul pour une victoire écrasante au Parlement, qui lui donnera peut-être les pleins pouvoirs. Comme le montre la photo redimensionnée de la version en ligne de Népszabadsag, le journal démocrate libéral n’a pas manqué de faire apparaître le tribun tant attendu au gouvernement en petit tyran capricieux. Cela rappellerait presque quelqu’un… quoique. Ce que les autres candidats reprochent à Orban, c’est justement qu’il n’a pas besoin « d’en raconter » pour être élu. Personnellement, il n’avait rien proposé de concret depuis des semaines, mais il n’a encore fait aucune grande promesse illusoire, telle qu’incarner le retour du pouvoir d’achat, du plein emploi, de la propriété pour tous… entre autres. « Parler pour ne rien dire »… mais au bon moment Orban a été cruellement prévisible lors de son discours d’une heure à Millenaris vendredi dernier. Il a déclaré qu’il était « prêt à assumer personnellement la responsabilité de gouverner la Hongrie« , et que son parti est « prêt pour former un gouvernement fort, responsable et laborieux« . Les poncifs d’actualité tels que le « changement » et « une honnêteté nouvelle dans la vie publique et privée » ont bien sûr été martelés. Toujours aucune trace du moindre programme donc, ni du moindre détail concret de ce que « sera » sa politique gouvernementale. « Cela fait 20 ans qu’un tel besoin profond de changement a été ressenti pour la dernière fois » a déclaré Viktor Orban, faisant référence à la fin du régime communiste, période à laquelle il s’était fait connaître par un discours exigeant le retrait total de l’armée soviétique du sol hongrois. « A l’époque, nous étions fiers. Aujourd’hui, nous sommes considérés comme faibles, et c’est la faiblesse du gouvernement actuel qui en est responsable » a t-il ajouté. Les « doléances » du candidat Mesterházy En face, le candidat du Parti socialiste (MSzP) au poste de Premier ministre, fait figure de sacrifice humain. Attila Mesterházy n’a pour seule stratégie de campagne que le bilan – pas si mauvais – de Bajnai, malgré les scandales qui s’accumulent dans le secteur public. Sur le plan de la communication, il souffre d’un gros manque de notoriété, de charisme et d’assurance. Ainsi, il a passé toute la semaine dernière à demander à Viktor Orban de s’exprimer sur son programme et sur ses intentions politiques concrètes. Dernier « fait d’arme » en date, une vidéo d’une minute postée sur YouTube, mercredi dernier, dans laquelle il invite Orbán à confirmer si la Fidesz laissera le déficit budgétaire s’agrandir jusqu’à 7 % du PIB, tel qu’elle l’a déja laissé entendre. Il questionne aussi Orbán sur la centralisation des médias d’Etat que la FIDESz a également envisagée. Aussi, et la réponse d’Orban devrait être dans le résultat final de l’élection, Mesterhazy veut savoir si la FIDESz réécrira la Constitution, dans le cas où elle l’emporte avec plus des deux tiers des voix. Il a enfin souhaité connaître la position d’Orban sur les extrémistes en Hongrie et sur le parti nationaliste Jobbik, sachant qu’il est fort probable que ce dernier fasse sa première entrée au Parlement avec un résultat de 10 à 15%. Les adversaires se débattent, Orban réserve ses surprises… A la suite de l’intervention d’Orban à Millenaris, Jobbik a déclaré qu’il avait entendu « un enlisement, un discours de campagne idéologique qui n’avait rien de concret. Cela pose la question, deux mois avant l’élection, de ce que sera la politique de la FIDESz ». Question concret, « l’autre parti de droite » dont l’extrémisme n’a d’égal que le populisme, a défini des points clés dans son programme électoral: «Oserait-il (Orban) dire la vérité sur le grand capital multinational, l’Union européenne, le Fonds monétaire international, l’expansionnisme israélien, ou la criminalité tzigane? » Mesterházy, a, quant à lui, fustigé le discours d’Orban, dépourvu de substance ou de tout autre élément politique réel à son goût. «C’était comme si Viktor Orbán avait peur d’être retiré de la liste électorale de son parti s’il rentrait un tant soit peu dans les détails de son programme » a déclaré Mesterházy. Une réaction candide de la part de l’agneau du MSzP. En ayant pour seule tactique de faire parler Orban sur ce qu’il ferait une fois au pouvoir, Mesterhazy hésiterait presque à employer le futur au lieu du conditionnel. Une chose est très probable: un Orban silencieux et sûr de gagner dans cette conjoncture-là réserve plus de mauvaises surprises que de miracles une fois élu. …et méprise Jobbik à la télé Lors d’un entretien télévisé lundi, Viktor Orban a finalement répondu à sa manière à Attila Mesterhazy. Il s’est tout d’abord prononcé sur le cas du Jobbik dans le cadre gouvernemental et parlementaire. Il a exprimé un mépris de façade à l’égard du parti d’extrême droite et a déclaré qu’un vote Jobbik était « une voix gaspillée ». Il a aussi été négatif sur la question d’une possible alliance de la FIDESz avec le Jobbik après les élections en cas de victoire, même dans le cas où une telle association l’aiderait à faire adopter une loi exigeant une majorité des deux tiers au Parlement. Aux critiques selon lesquelles le parti ne dispose pas d’un programme, il a répondu que la Fidesz avait déjà publié un manifeste… en 2007!  Il a aussi rappelé que son discours du Millenaris comportait des propositions de politiques spécifiques telles que la création d’un million d’emplois… sur dix ans! En effet, Viktor Orban voit très loin… en direction du passé ou vers le futur. Sans forcément proposer quoi que ce soit d’autre, il a réaffirmé la position de son parti sur le fait que leLire la suite

Rencontre avec le parti LMP, Lehet Más A Politika

Rencontre avec le parti LMP, Lehet Más A Politika

9 février 2010 à 20 h 40 min 0 commentaire

« Une autre politique est possible », c’est la traduction de Lehet Más A Politika, le nom complet de ce parti et le message qu’il entend faire passer au peuple hongrois pour rallier à lui les mécontents du système actuel. C’est Maria Hajdú, membre de la direction du LMP qui a répondu aux questions de Hulala. Hulala : Pouvez-vous présenter votre parti ? Maria Hajdú : Après le désastre des élections de 2006, certaines personnes se sont dit que la situation était tellement mauvaise qu’il fallait faire quelque chose. Les Hongrois se plaignent en permanence, ils ne sont pas satisfaits du système politique et des différents partis existants. Ils ont donc commencé à réfléchir à l’idée de créer leur propre parti. Quelques mois avant les élections européennes, l’association est devenu un parti politique. (NDLR : LMP a obtenu 2,6% aux européennes en juin 2009). Hulala : Quel est votre objectif pour les élections législatives ? Maria Hajdú : 8% ! Nous pensons vraiment qu’il est possible de dépasser les 5% et d’entrer au parlement, sinon nous ne ferions pas tout cela. Cela va dépendre de beaucoup de choses, mais cela n’est pas impossible du tout. Cela dépend du taux de participation, de la mobilisation des personnes indécises, de l’atmosphère générale de l’élection et bien sûr…de notre campagne. Hulala : Quel est l’électorat que vous visez ? Maria Hajdú : Nous ne nous concentrons pas sur un type précis d’électeurs. Nous dites « Voilà ce que nous sommes et ce que nous proposons, à vous de nous choisir ou non ». Nous visons les mécontents, ceux qui ne sont pas satisfaits des partis politiques qui sont au parlement mais qui ne veulent pas voter pour les radicaux du Jobbik. Hulala : Des électeurs indécis sont susceptibles d’hésiter entre vous et le Jobbik ? Maria Hajdú : Absolument, beaucoup de gens sont encore indécis et j’ai personnellement rencontré des personnes affirmant qu’elles ne savaient pas encore qui choisir, malgré l’énorme différence entre nous et le Jobbik. Le désir de changement est le même pour ces deux partis, mais nos réponses ne sont pas les mêmes, et c’est nous qui avons les bonnes. Hulala : Vous ne fonctionnez pas comme les autres partis traditionnels, sans véritable hiérarchie et sans leader charismatique. Est-ce que cela n’est pas un désavantage ? Le peuple hongrois est-il prêt pour cela ? Maria Hajdú : Je ne sais pas si les électeurs sont prêts pour cela. C’est un problème pour beaucoup de gens qui veulent un leader fort, un visage pour le parti. Mais ce n’est pas ce que nous voulons faire. Hulala : Les médias montrent-ils suffisamment d’intérêt pour votre parti ? Maria Hajdú : Non. Les médias sont financés par des groupes financiers et les partis politiques aussi. Il n’est donc pas important pour eux, ni dans leur intérêt, d’informer leurs public sur l’existence et les activités du LMP. Mais maintenant que les élections approches et que nous sommes très actifs, nous bénéficions quand même d’une certaine couverture médiatique, mais elle est encore trop faible. Peut-être parce qu’il n’y a pas de scandales chez nous. Hulala : Vous semblez être sur un ligne proche du SzDSz [le parti libéral]. Quels sont vos rapports avec ce parti ? Maria Hajdú : Beaucoup de personnes nous assimilent à tord à ce parti et je suis à chaque fois étonnée et je ne comprends pas cette comparaison, car elle est infondée. Nous sommes libéraux, notre politique sociale est socialiste, mais nous avons aussi une dimension conservative en ce sens que nous croyons à l’importance des communautés, ce qui passe pour une idée conservative. Nous proposons donc à la fois des idées libérales, sociales mais aussi conservatives. Nos membres sont issus de la prétendue gauche ET de la prétendue droite. Nous ne sommes donc pas du tout sur la même ligne que le SzDSz. C’est le MDF [Magyar Demokrata Forum, de centre-droit] qui est sur leur ligne, pas le LMP. Hulala : A quelle coalition le LMP est-il prêt à participer si il entre au Parlement ? Maria Hajdú : Avec aucun parti ! Nous pourrons voter au coup par coup avec d’autres partis, sur des sujets précis, mais nous ne participerons pas à d’éventuelle coalition. De toute façon la composition du Parlement ne posera pas ce problème à mon avis. Hulala : Comment jugez-vous la politique économique du gouvernement Bajnai ainsi que les déclarations de Viktor Orban [le leader de la droite FIDESz] selon lesquelles il reviendra sur les réformes accomplies ? Maria Hajdú : Vous savez, ce ne sont que des mots parce que la campagne a commencée. Pour notre part, nous estimons qu’il est vrai que le gouvernement Bajnai a relativement bien géré la crise économique internationale. Mais d’un autre côté, Bajnai est soutenu par les socialistes qui ont été au pouvoir précédemment et qui sont donc responsables des « crises hongroises » car nous ne souffrons pas que de la crise globale mais aussi d’une crise hongroise. Le pays n’aura pas beaucoup de marge de manœuvre et je ne sais pas ce que proposent la FIDESz car elle parle beaucoup mais sans donner de faits concrets. Mais j’estime quand même qu’il est faux de dire que le prochain gouvernement n’aura pas le choix de ses actions. Si il n’avait pas de choix, alors pourquoi aller voter dans ce cas là ?  Il y a toujours le choix. C’est la stratégie de campagne du MSzP [le parti socialiste au pouvoir] de dire qu’il n’y a pas d’autre option que de poursuivre sa politique. Je ne pense pas que cela soit la vérité, nous avons des alternatives. Le LMP a un programme économique alternatif, le Green New Deal. Il met l’accent sur des solutions de développement durables pour les campagnes et l’emploie des personnes pauvres, les Roms par exemple, dans l’agriculture locale. Car l’agriculture hongroise a une longue tradition et est de très bonne qualité. Hulala : Cela signifie des conflits potentiels avec Bruxelles… Maria Hajdú : Si nous devons le faire, alors oui ! Pourquoi pas, si c’est bon pour les gens ici.Lire la suite

La nouvelle donne fiscale 2010

La nouvelle donne fiscale 2010

4 février 2010 à 18 h 32 min 0 commentaire

Cette nouvelle année s’accompagne d’un nouveau calcul fiscal en Hongrie, qui renforce la réputation du pays et de son système d’imposition souvent surprenant. En juin et novembre derniers, le Parlement a adopté deux nouveaux paquets fiscaux, dont la plupart sont entrés en vigueur au 1er janvier. Désireux de garder le cap du déficit public à 3,8% du PIB, le gouvernement tente toutes les ruses pour renflouer les caisses de l’Etat sans que l’électeur ne s’en aperçoive trop avant cet été. Pari difficile à gagner, surtout sur un parcours semé d’embûches dans le paysage politique hongrois.

SzDSz – MDF: l’alliance de circonstance

SzDSz – MDF: l’alliance de circonstance

1 février 2010 à 21 h 54 min 0 commentaire

Le SzDSz (parti de l’alliance des libéraux libres) et le MDF (forum démocratique hongrois) ont prévu de coopérer dans les circonscriptions de Budapest pour les élections législatives d’avril prochain, mais n’auront pas de listes communes au niveau national. Du point de vue des tendances politiques de chacun des deux partis, l’union semble pour le moins étrange. Le SzDSz est un parti libéral économiquement et socialement – plutôt « de gauche », même si le terme est à prendre avec des pincettes, la distinction gauche-droite n’étant pas la même en Hongrie qu’en France. Le MDF est quant à lui un parti conservateur, assez proche du Fidesz idéologiquement, mais aujourd’hui considéré comme moins populiste. Les deux partis (Fidesz-MDF) ont formé une coalition gouvernementale entre 1998 et 2002. Lors des élections de 2002, ils avaient fait listes communes, et ont perdus face à la coalition… MSzP-SzDSz. En 2006 la direction du MDF a presque retiré ses candidats des élections pour laisser place au Fidesz, mais n’en a pas officiellement décidé ainsi, et ce n’est que personnellement que certains candidats MDF se sont retirés des listes. Quand les anciens ennemis deviennent amis… Le SzDSz a longtemps été proche du MSzP. A l’issue de 3 des 5 élections législatives hongroises depuis le changement de régime, le SzDSz a fait partie des gouvernements de coalition « de gauche » MSzP-SzDSz. Ce n’est qu’il y a deux ans, en 2008, que le SzDSz a quitté la coalition, en pleine gouvernance, laissant le MSzP seul au pouvoir pour la première fois. Les partis SzDSz et MDF ont toujours été opposés historiquement en appartenant respectivement aux deux grandes coalitions ennemies depuis 20 ans. Tout n’est pourtant pas si simple. L’actuel candidat MDF au poste de Premier Ministre, Lajos Bokros (voir illustration), fut Ministre des Finances en 1995, dans un gouvernement de la coalition MSzP-SzDSz. Autre anecdote, l’ancien président du SzDSz Gabor Fodor (2008 – 2009) et ancien ministre, fut l’un des membres fondateurs du Fidesz, qu’il quitta en 1993. Malgré ces quelques faits, les positions plus centristes de certains politiciens et les retournements de veste, nous pouvons affirmer que du point de vue des idées politiques et historiquement, le SzDSz et le MDF ont toujours été bien distincts, voire ennemis, et n’ont que peu d’affinités politiques. A l’époque où les deux partis étaient non seulement les plus importants du pays mais aussi au top de leur popularité, au moment des premières élections libres en 1990, les conflits et dissensions entre le Premier Ministre József Antall (MDF) et le Président (du parti d’opposition SzDSz) Árpád Göncz étaient notoires et d’ordre politique. Cependant une coopération est prévue dans les circonscriptions de la capitale. Pourquoi ? Lors d’élections législatives en Hongrie, pour que les membres d’un parti politique puissent accéder au Parlement, la condition sine qua non est d’obtenir au moins 5% des voix. Avec des sondages qui prévoient environ 3% d’intentions de votes pour le MDF et 1% pour le SzDSz, la coopération entre ces partis augmente largement leurs chances de pouvoir accéder au Parlement, accès quasi-improbable autrement. Nul doute que les plus modérés des deux groupes trouveront quelques points d’accords sur le terrain budapestois, mais ne soyons pas dupes, il s’agit là d’un instinct de survie électorale. Articles liés : Législatives : la bataille peut commencer Solyom rencontre Imre Forgacs, l’intérimaire à la Justice Solyom avec 8 mois de retard Ensemble, tout devient possible ? Le SzDSz y croit encore Le MSzP a trouvé son martyr Orban déjà Premier Ministre ?

Conjoncture difficile pour l’économie hongroise

Conjoncture difficile pour l’économie hongroise

26 janvier 2010 à 20 h 51 min 0 commentaire

La Hongrie est toujours sous le coup de son exploit économique en fin d’année dernière, celui d’avoir atteint l’objectif de déficit budgétaire de 3,9% du PIB. Cependant, le changement annoncé de gouvernement dans 3 mois laisse les investisseurs encore frileux. Le parti au pouvoir n’a théoriquement pas de raisons de se priver dans ses dépenses de campagne d’une part, et la rhétorique de l’opposition n’augure rien de bon pour la dette publique et les finances budgétaires pour le moment.

Bratislava redoute l’arrivée de la FIDESz au pouvoir

Bratislava redoute l’arrivée de la FIDESz au pouvoir

20 janvier 2010 à 13 h 11 min 0 commentaire

Quelques semaines avant les élections législatives hongroises, le pouvoir slovaque prévoit l’aggravement de sa guerre froide avec la Hongrie. Le Premier ministre Robert Fico et le Président Ivan Gasparovic, ont exprimé la semaine dernière leurs préoccupations quant à la forte probabilité de victoire du parti conservateur de droite FIDESz. « La Slovaquie doit bien se préparer pour les élections législatives d’avril prochain en Hongrie qui seront remportées par la Fidesz, parti aligné au grand chauvinisme et au nationalisme hongrois » a déclaré Robert Fico à la télévision slovaque dimanche 10 Janvier. « L’animosité à l’encontre de la Slovaquie sera de plus en plus alimentée et les relations slovaquo-hongroises seront de plus en plus délicates« , a t-il ajouté. Le ridicule ne tue pas De son côté, le leader du Parti national slovaque (PNS), s’est totalement « enflammé » en faisant la démonstration de sa paranoïa, dans une interview avec l’agence de presse SITA lundi 11 janvier. Jan Slota a déclaré qu’il était insensé de croire que la présence des deux pays dans l’OTAN et dans l’Union européenne puisse signifier que la menace à la frontière sud de la Slovaquie n’existe plus. N’ayant pas peur du ridicule, il a même étayé ses croyances: « C’est une grande erreur. Prenez Chypre en exemple: La Turquie et la Grèce, deux membres de l’OTAN, sont pourtant encore en guerre. Chypre a d’ailleurs été divisée en deux. Il nous faut donc nous réveiller et réagir dans l’intérêt de notre défense. » Un citoyen slovaque sur dix est hongrois. Le gouvernement Fico, coalition qui comprend le Parti d’extrême droite de Slota, utilise souvent les rivalités ethniques pour gagner des points dans sa cote de popularité. Cependant, le Président Gasparovic a tout de même reconnu que l’intégration de la Slovaquie dans l’Union européenne a fait ressortir de bonnes relations avec ses voisins dans de nombreux autres domaines. La coopération stratégique économique, du groupe des 4 de Visegrad par exemple, en est la meilleure manifestation. Articles liés: Les fantasmes magyarophobes de Jan Slota atteignent des sommets Une stratégie énergétique régionale pour en finir avec l’Ukraine Les Slovaques persistent et signent Les 4 Visegradi font craquer Sarkozy En Slovaquie, le feuilleton magyarophobe continue Le Président hongrois refoulé de Slovaquie La Slovaquie veut faire taire sa minorité hongroise

Le SzDSz y croit encore

Le SzDSz y croit encore

6 janvier 2010 à 5 h 37 min 0 commentaire

Les libéraux démocrates du SzDSz seraient-ils en passe de conserver leurs sièges au Parlement, malgré leur déroute électorale de juin 2009 aux élections européennes? Hier, Attila Retkes, successeur du malheureux Gabor Fodor à la tête du parti, annonçait à MTI que le SzDSz sera en mesure de présenter des candidats dans chacune des 176 circonscriptions de Hongrie pour les élections législatives de ce printemps. A l’heure où le parti se divise et peine à se remettre de sa correction, son nouveau leader fait preuve d’un optimisme déconcertant et pense pouvoir acquérir entre 20 et 25 mandats parlementaires. Aujourd’hui, le parti qui a formé une coalition gouvernementale avec les socialistes du MSzP de 2002 à 2008 et qui dispose de 19 sièges au Parlement, a officiellement basculé dans l’opposition. Selon Retkes, le SzDSz, qui représente la seule force libérale véritable en Hongrie, aurait déjà choisi son candidat pour incarner la campagne au niveau national. Mais il refuse de révéler son nom avant le 11 Janvier. Peu de chances qu’il ait convaincu le socialiste et très populaire Lajos Bokros à se présenter. Retkes rêvait déja de le voir Premier ministre au moment de la démission de Ferenc Gyurcsany en avril dernier. Interrogé au sujet du conflit entre les dirigeants du parti et le groupe parlementaire, Retkes regrette que la majorité des députés SzDSz aient suivi la mauvaise voie en s’acoquinant avec la politique du Premier ministre Gordon Bajnai. « Nous ne considérons plus ce groupe parlementaire comme le nôtre » , dit-il. Au mépris des chefs du parti, la grande majorité des députés libéraux démocrates ont soutenu les mesures de Bajnai pour gérer la crise et ont approuvé le budget 2010 cet automne. Le SzDSz reste aussi menacé dans son secteur du clivage politique hongrois par les jeunes humanistes du LMP, qui ont réalisé un score supérieur à celui de l’ancien parti de gouvernement, dès leurs premières élections l’an dernier.

Jobbik prêt à entrer au Parlement

Jobbik prêt à entrer au Parlement

23 décembre 2009 à 18 h 24 min 0 commentaire

C’est le président de Jobbik, Gabor Vona, qui représentera le parti d’extrême droite aux prochaines élections législatives pour le poste de Premier Ministre. Ce dernier a déclaré jeudi dernier que son objectif minimum était de battre le parti actuellement au pouvoir, le MSzP, qu’il accuse au passage d’avoir floué les intérêts hongrois. Quant à la « nouvelle star » de Jobbik, l’eurodéputée Krisztina Morvai, elle devrait vraisemblablement prendre les commandes du parti au moment des élections. Avec Gabor Vona en tête et fort de son dernier succès électoral, Jobbik s’apprête à faire son entrée historique au Parlement hongrois. Selon la rhétorique du président Vona, le « changement » tant attendu par la population doit être marqué par la représentation la plus grande possible de son parti à l’assemblée, car les partis qui l’occupent depuis 20 ans ont largement déçu. Autre pilier de l’argumentation nationaliste, savoir si la Hongrie restera la nation des Hongrois, en protégeant ses ressources, ou si elle se laissera gérer par d’autres. Pour le reste, qui n’est pas moins prévisible, il faut attendre le 16 janvier et la publication de son programme électoral, dont le seul critère sera, sans aucun doute, de représenter les intérêts du peuple hongrois.

Le Ministre de la Justice jette l’éponge

Le Ministre de la Justice jette l’éponge

8 décembre 2009 à 8 h 56 min 0 commentaire

Tibor Draskovics a donné sa démission à Gordon Bajnai mardi dernier, estimant que sa mission législative était accomplie, et que l’agenda allait être désormais bien plus dominé par la politique des partis que par des questions d’ordre technique. Cet été, Draskovics avait subi une énorme déconvenue, dont l’opposition s’était allègrement emparée pour réclamer sa démission. C’est maintenant chose faite.

Le MSzP a trouvé son "martyr"

Le MSzP a trouvé son "martyr"

2 décembre 2009 à 18 h 03 min 0 commentaire

Le parti socialiste hongrois a enfin trouvé son candidat pour les élections législatives du printemps 2010. Il s’agit du député socialiste Attila Mesterházy, que le comité exécutif du MSzP a choisi à l’unanimité, la semaine dernière. Le congrès du parti socialiste, qui se réunira le 12 décembre prochain, doit donner son assentiment à cette nomination. Cela devrait être une formalité tant cette candidature se présente, officieusement, comme un sacrifice. Un cataclysme politique annoncé? Les socialistes hongrois se devaient de trouver, au plus vite, un candidat pour les élections législatives de 2010. Ils ont lutté, pendant des mois, pour trouver la personne idoine pour les représenter, et dire que les candidats ne se sont pas bousculés au portillon relève de l’euphémisme. Aucune figure politique du MSzP n’était réellement motivée à porter comme un lourd fardeau, la défaite annoncée des socialistes au printemps prochain. Selon tous les sondages, le MSzP, qui a pourtant gagné 4 des 5 élections législatives depuis 1989, n’a quasiment aucune chance de l’emporter face à la Fidesz en avril prochain. Certains sondages prédisent même que les socialistes pourraient recueillir moins de voix que le Jobbik, le parti d’extrême droite. Ce serait une première, sans compter la charge symbolique que ce résultat porterait pour la Hongrie dans la conjoncture politico-économique actuelle. Après de nombreux refus, dont celui de l’actuel Premier Ministre d’intérim Gordon Bajnai, le MSZP n’a eu le « choix » qu’entre 2 candidats. L’expérimenté László Kovács, membre de la commission européenne depuis 5 ans, et le « jeune loup » Attila Mesterházy, 35 ans et vice-président du MSZP depuis avril dernier. Conscients de l’impopularité de l’UE en Hongrie ces temps-ci, les socialistes déclarent officiellement faire le pari du long terme, en misant sur la jeunesse de Mesterházy pour incarner un renouveau de façade dont ils ont réellement besoin. Ce dernier, mis au fait de la difficulté de sa tâche, semble déterminé comme jamais. Un vrai kamikaze… Il se décrit comme un « battant » et s’estime prêt à « 110% » pour relever ce défi « herculéen ». Orban joue « la force tranquille » De son côté, la Fidesz connaît son candidat depuis toujours. L’ancien premier ministre Viktor Orbán, qui prépare son grand retour, a immédiatement commenté le choix de son rival socialiste. Par l’intermédiaire de son porte-parole, Péter Szijjártó, le parti de centre-droit a déclaré que Mesterházy, malgré son jeune âge, représentait la politique d’une ère révolue, celle menée par l’ancien premier ministre Ferenc Gyurcsány et par Gordon Bajnai aujourd’hui, une politique que des millions de Hongrois ne veulent plus voir au goût du jour. L’inexpérimenté Attila Mesterházy aura du pain sur la planche ces prochains mois. Il devra, par sa jeunesse et sa prestance, prouver aux électeurs qu’il incarne le « nouveau » MSzP. Un parti moderne et intègre en qui les Hongrois peuvent avoir confiance. Il devra surtout essayer d’éviter, une déculotée électorale pour le MSzP, parti de gouvernement historique. On se souvient qu’il n’en fallu pas plus que des élections européennes pour envoyer un autre parti historique de gouvernement, le SzDSz, aux oubliettes en juin dernier. Articles liés : Bajnai garde le cap Bajnai partirait au casse-pipe? 1956 : des commémorations à l’avant-goût électoral

Ca s’arrange au pays de la macro-économie

Ca s’arrange au pays de la macro-économie

12 octobre 2009 à 12 h 06 min 0 commentaire

Dans un entretien accordé à Reuters la semaine précédente, le 1er ministre Gordon Bajnai s’est expliqué sur le budget d’austérité prévu pour 2010. L’opposition de droite, érigée en défenseur des classes défavorisées en vue des prochaines législatives lui a répondu samedi dernier…dans la rue.

Le sondage déconcertant de la semaine

Le sondage déconcertant de la semaine

27 septembre 2009 à 12 h 51 min 0 commentaire

Commandé par le quotidien de centre-gauche libéral Népszabadsag et publié lundi dernier, le sondage Progressive Intézet effectué parmi 3500 participants révèle une manière toute singulière et très magyare d’appréhender l’extrême droite locale. Dans cette étude, 7 personnes sur 10 pensent que l’extrémisme politique est dangereux. Un quart des interrogés, tout de même, pensent l’inverse. Plus déconcertant encore, la moitié des personnes qui trouvent l’extrémisme dangereux estime qu’aucun parti actuellement actif en Hongrie ne peut être jugé extrémiste… Cela explique indirectement le fait que le parti radical nationaliste Jobbik (dont les campagnes sont principalement pro-populaires, anti-roms, anti-gros sous et eurosceptiques) occupe depuis juin dernier 3 sièges parmi les 22 réservés à la Hongrie au Parlement Européen. Outre sa position « tape-à-l’oeil » sur l’échiquier politique européen, le Jobbik sait aussi manier l’art du buzz pour exister. Ainsi, Csanad Szégedi, eurodéputé Jobbik, a déja porté l’uniforme noir et blanc de la Magyar Garda dans l’hémicycle à Bruxelles, en signe de soutien à l’organisation paramilitaire du parti, aujourd’hui interdite en Hongrie. En 2010, Jobbik attendra la Fidesz au tournant 44% des participants au sondage ne souhaitent pas voir Jobbik siéger au Parlement hongrois à l’issu des législatives au printemps prochain. Cependant, un tiers des sondés saluerait la présence de députés Jobbik, ce tiers incluant certains qui ne voteront pas dans ce sens. Si Jobbik réussit la même performance qu’aux européennes cette année, on peut s’attendre à un nombre disproportionné de sièges accueillant les députés du parti nationaliste, en lui en assurant au moins 50 sur 386 au total. Sur la question, les sondés sympathisants de la Fidesz se prononcent à 50% contre une représentation légitime de Jobbik à l’Assemblée. On anticipe alors vite que le succès de la campagne Fidesz sera déterminant pour le type d’orientation à droite que la Hongrie prendra l’an prochain. Viktor Orban, qui devra râtisser large s’il veut être seul à droite, a déja officiellement rejeté la possibilité de gouverner avec Jobbik. Articles liés : Orban, déja Premier Ministre? l’Europe au Jobbik! Européennes : l’abstention remporte les élections La rébellion de la Garda La Garda est morte, vive la Garda! La popularité grandissante de la Magyar Garda

Gordon à New York, la suite

Gordon à New York, la suite

25 septembre 2009 à 14 h 47 min 0 commentaire

Mercredi, après avoir siégé à la 64ème Assemblée Générale des Nations Unies, le Premier Ministre hongrois Gordon Bajnai donnait une conférence ouverte au public à l’université Columbia, pour expliquer la situation économique actuelle de la Hongrie. Auparavant,  il a rencontré le Secrétaire général de l’ONU Ban ki-Moon, la direction des banques JP Morgan et Citigroup, et bien sûr “l’oncle Sam” d’origine hongroise, l’investisseur Georges Soros. “La Hongrie a de nouveau gagné la confiance des marchés et prouve encore qu’elle est un pays économiquement viable” a affirmé le Premier Ministre devant un auditoire composé d’une petite centaine de personnes, majoritairement des intellectuels hongrois vivant aux Etats-Unis. Il a cependant déclaré que le plus gros défi des Hongrois est de se relancer sur le marché du travail (un Hongrois sur deux est aujourd’hui “officiellement” sans emploi). En comparant la crise actuelle à un tsunami dans lequel “meurent ceux qui ne peuvent se raccrocher à rien”, Bajnai a mis l’accent sur le renforcement du système social et de ses bases : travail et retraites. “Un partenaire crédible pour les américains” “La Hongrie a un message à apporter”a répondu Bajnai lorsqu’il fut interrogé sur l’impact que sa visite à New-York pourrait avoir. Et d’ajouter : “il est important que je vienne affirmer que nous avons opéré des changements et que nous sommes un partenaire crédible pour les Américains”. “Si vous quittez cette pièce en vous disant que la Hongrie vit des jours meilleurs, que vous le dites à vos amis, c’est un plus pour la Hongrie” a t-il conclu. La politique intérieure quelque peu esquivée Le nombre de participants à cette conférence n’était peut-être pas assez important pour y voir des opposants et mettre Bajnai face à certaines contradictions. Par exemple, aucune question quant à l’impossibilité d’un partenariat avec les Etats-Unis, eux-mêmes dans une situation de l’emploi catastrophique, ne lui fut posée. Le fait que la vie politique en Hongrie représente un peuple de moins en moins solidaire n’a pas été abordé non plus. Enfin, il manquait la problématique de l’échéance des législatives de 2010, qui ne peut, en toute logique électorale, que faire reculer les candidats et leurs programmes sur les réformes engagées. Un Premier Ministre (presque) droit dans ses bottes C’est justement pour poursuivre les réformes de son mieux que « l’incorruptible » Gordon a promis d’endosser la responsabilité de son poste jusqu’au bout, sans entrer dans la course électorale. Il a d’ailleurs également profité de cette occasion new yorkaise pour annoncer qu’il démissionnerait si le budget qu’il propose n’était pas accepté par le Parlement en novembre prochain. Cette démonstration d’intégrité n’aurait étonné personne s’il n’avait pas rajouté immédiatement que l’acceptation du dit budget était déja quasiment « dans la poche ».  Après que les journaux hongrois aient fait de cet excès de langage leurs gros titres, Népszabadsag révélait hier que l’intéressé s’agacait de l’amplification faite de sa petite phrase et du non-professionalisme dont la presse hongroise se rendait ainsi coupable. Sources et photo : Mirjam Donath Articles liés : Bajnai à New York Bajnai garde le cap

Bajnai garde le cap

Bajnai garde le cap

4 septembre 2009 à 11 h 27 min 0 commentaire

Hier, des députés du MSzP ont demandé publiquement à ce que Gordon Bajnai revienne sur ses promesses et accepte d’être nommé à la tête du parti aux prochaines élections. Il briguerait ainsi un second mandat de Premier Ministre, mais pour la première fois élu par le peuple. Le parti socialiste choisira officiellement son leader pour le poste de Premier Ministre lors de son prochain congrès, le 12 décembre. Bajnai, qui a été désigné par l’Assemblée après la démission de Gyurcsany en avril dernier, avait accepté le poste en promettant de ne pas se présenter aux élections du printemps 2010. Dans une interview donnée à MTI, il affirme qu’il ne changera pas de cap et qu’il s’en tiendra à sa parole : « Nous sommes au milieu de notre travail et j’ai besoin de m’y consacrer entièrement. Ce n’est pas pour les prochaines élections qu’il faut redresser la Hongrie, mais en vue des 10 ou 15 prochaines années » a-t-il dit, en faisant référence au fait que son gouvernement est, comme il l’a lui même dit, un gouvernement de crise dont le but n’est pas d’appliquer des mesures en vue de séduire les électeurs, mais de faire au mieux pour sortir le pays d’une situation économique assez désastreuse, peu importe les coûts électoraux. Le Premier Ministre a ajouté que le gouvernement et ses membres allaient maintenant devoir faire des choix politiques qui vont sérieusement ternir leurs chances de se présenter aux prochaines élections; des choix toutefois qu’ils s’avèrent absolument nécessaires de faire dans l’intérêt du pays, selon lui. Gordon Bajnai, qui est indépendant de tout parti politique, même si proche du MSzP, a été nommé en qualité d’expert, prêt à prendre certaines décisions nécessaires ne plaisant pas forcément aux électeurs. Ce qui le rend éjectable au moment des dites élections puisqu’a priori, ne fait pas parti du MSzP. Une façon pour le MSzP de pouvoir profiter d’une année de répit et de se présenter plus propres aux élections, en pouvant toutefois, si jamais Bajnai s’avère être un atout électoral, tirer profit de son succès (économique, politique ou populaire…). Ce qui semble avoir été le cas puisque certains députés MSzP et même l’un des ministres du gouvernement, Imre Szabo, impressionnés par ses résultats, tentent de faire revenir Bajnai sur ses promesses. Considérant qu’il serait le meilleur candidat MSzP face aux autres partis et notamment face au Fidesz, ces députés voudraient qu’il se mette en lice pour les élections de l’année prochaine. Nous pouvons saluer l’exploit de ces quelques députés qui veulent faire rentrer Bajnai dans la course électorale en le faisant briser sa promesse d’actuel Premier Ministre: ne pas se présenter aux élections de 2010. En voulant doter leur parti d’une certaine crédibilité par la nomination de Bajnai ils obtiendraient un résutat contradictoire: un candidat crédible, qui revient sur ses promesses. Ou peut-être est-ce l’apanage de tout bon Premier Ministre? En tout cas, bravo!

Orbán déjà Premier Ministre?

Orbán déjà Premier Ministre?

29 août 2009 à 20 h 16 min 0 commentaire

Hier, le quotidien de droite proche du Fidesz, Magyar Nemzet, a annoncé que le parti de Viktor Orbán préparait déjà la composition de son futur gouvernement 2010. Ces révélations peuvent paraître surprenantes puisque les élections ne sont prévues que pour le printemps prochain. Rappellons qu’à cette époque de l’année prochaine, les votants iront élire une nouvelle Assemblée, et que celle-ci nommera le nouveau Premier Ministre hongrois. C’est donc le parti majoritaire du Parlement qui aura le pouvoir de choisir le nouveau chef du gouvernement. Même si rien n’est gagné d’avance, seul un bouleversement politique ou social empêcherait le Fidesz de remporter les élections au printemps prochain. Si le Fidesz les domine, Orbán serait de nouveau Premier Ministre. On prend les même, et on recommence! Si cela s’avérait être le cas, le Magyar Nemzet révèle que le gouvernement Orbán serait constitué d’un bon nombre des anciens ministres de son premier mandat de PM (1998-2002). Selon le quotidien qui cite des sources proches du Fidesz, Janos Martonyi regagnerait son ancien ministère des Affaires Etrangères; Mihaly Varga serait de nouveau Ministre de l’Economie et des Finances; Gyorgy Matolcsy serait encore une fois Ministre de l’Economie; Sandor Pinter retrouverait sûrement le ministère de l’Intérieur; et Zoltan Pokorni celui de l’Education. Pas moins de 5 postes clefs reviendraient donc à leurs anciens ministres du premier gouvernement Orbán. Le Fidesz serait d’ores et déjà en train de préparer la structure des ministères et l’importance du Premier Ministre dans le rôle du gouvernement. Alors que les campagnes éléctorales sont elles-même très loin de démarrer, ces révélations sont une façon pour le Fidesz de faire parler de lui lors de cette rentrée politique, d’une autre manière qu’en tapant sur le gouvernement actuel et le MSzP. Article en relation : La boulette du père Orban

Bajnai partirait au casse-pipe?

Bajnai partirait au casse-pipe?

18 août 2009 à 22 h 54 min 0 commentaire

Les préliminaires de la campagne des socialistes hongrois (MSzP) pour les élections parlementaires de 2010 ont commencés. A la recherche d’un nouveau leader après la cuisante défaite aux dernières européennes du 7 juin, plusieurs cadres du parti auraient finalement jeté leur dévolu sur…Gordon Bajnai. Alors que tout porte à croire que la Fidesz n’est qu’au début de sa série de victoires électorales, mettre Bajnai en première ligne en 2010 peut se voir comme la déresponsabilisation du parti pour une défaite qui s’annonce historique. Cet appel du pied des pontes du MSzP à l’actuel premier ministre semble, de prime abord, surprenant et inattendu. Pour mémoire, lors de sa prise de fonction, Bajnai avait annoncé qu’il se retirerait de la vie politique en 2010, juste avant les futures législatives. De plus, par rapport aux « dinosaures » du MSzP, Ildikó Lendvai ou Péter Kiss, Bajnai semble manquer d’expérience pour mener à bien cette campagne. L’actuel premier ministre apparaît également moins populaire que certains « jeunes loups »,  tels que le maire de Széged László Botka. Une impopularité dûe à des promesses tenues Gordon Bajnai est devenu premier ministre hongrois le 5 avril dernier. En pleine crise économique, il a succédé à l’impopulaire Ferenc Gyurcsany qui avait remis sa démission le 21 avril 2009. Homme de dossiers et ministre de l’économie de l’ancien gouvernement, il n’avait alors pas encore d’étiquette politique particulière. Dès le premier jour de son investiture, Bajnai annonçait la mise en place d’un plan d’austérité visant à réduire les dépenses publiques et la dette de l’Etat hongrois. Désireux d’agir plutôt que de séduire, il a affirmé que sa politique exigerait de nombreux sacrifices de la part de l’ensemble de la population hongroise. Il ajouta néanmoins que ses réformes s’avéreraient nécessaire pour contrer la crise économique et redresser les finances du pays. Des mesures qu’il jugeait lui-même sévères, mais essentielles pour faciliter et accélérer l’introduction de l’Euro en Hongrie. Depuis avril, le vaste chantier rigoriste entrepris par Bajnai a plus que commencé à se faire sentir. Les fonctionnaires ont vu leurs salaires réduits, la TVA est passée de 20 à 25%, de nouveaux impôts immobiliers ont été introduits… Une politique de « gauche » qui n’a pour l’instant pas séduit les électeurs au vu des dernières élections européennes largement remportées par la Fidesz. Comme l’a si bien dit Charles Pasqua un jour, « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent… » Un agenda suicidaire Les prochains mois s’avèrent donc décisifs pour la suite de la carrière politique de Gordon Bajnai. La grande question est de savoir si Bajnai reviendra sur ses paroles et relèvera le défi qui vient de lui être proposé par le MSzP. Si tel est le cas, le premier ministre disposera de peu de temps pour convaincre les Hongrois qu’il est réellement l’homme de la situation. Car le climat économique en Hongrie n’est pour l’instant guère réjouissant. Certes, Bajnai a réussi à stabiliser le cours du forint, comme l’ont rappelé récemment les socialistes, mais les prévisions du KSH, Bureau Central des Statistiques, demeurent très inquiétantes. Ces chiffres prévisionnels annonçant l’introduction de l’Euro en Hongrie bien au-delà de 2010, ne feraient pas, s’ils s’avéraient exacts, les affaires électorales de Gordon Bajnai au printemps prochain, à l’heure de son bilan. Articles liés : La Hongrie en pleine récession Européennes: l’abstention remporte les élections Le point Bajnai