Mots-clés associés : "Cour européenne des Droits de l’Homme"

La sage-femme Ágnes Geréb lourdement condamnée

La sage-femme Ágnes Geréb lourdement condamnée

4 avril 2011 à 16 h 32 min 4 commentaires

L’obstétricienne et sage-femme Agnes Geréb a été condamnée en première instance à deux années de prison ferme et cinq ans d’interdiction d’exercer sa profession pour « pratiques négligentes » et « mise en danger de la vie de femmes et de leurs enfants ».

Dix mois de prison ferme pour des parents d’élèves absentéistes

Dix mois de prison ferme pour des parents d’élèves absentéistes

1 mars 2011 à 8 h 46 min 0 commentaire

Des parents d’écoliers ont été condamnés par le tribunal de Sajókaza à dix mois de prison ferme pour l’absentéisme scolaire de leurs enfants, a rapporté MTI lundi.

La fin de l’école buissonnière pour les Roms ?

La fin de l’école buissonnière pour les Roms ?

7 janvier 2011 à 13 h 31 min 8 commentaires

Les dispositions prises par les autorités hongroises contre l’absentéisme à l’école depuis la rentrée scolaire semblent commencer à porter leurs fruits, du moins dans les chiffres. C’est en tous cas ce que rapportent les journaux télévisés et radiophoniques hongrois cette semaine, en notant qu’au cours des derniers mois, plus de 270 parents d’élèves ont été privés de leur allocation (15 000 HUF par mois) par enfant de moins de 18 ans ayant été absent des bancs de l’école sans motif. C’est bien sûr toute la problématique de l’éducation des enfants d’origine Rom qui est soulevée par ces mesures économiques et sociales « anti-absentéistes ». Certes, l’école buissonnière (si seulement l’absentéisme se limitait à cela), a diminué de 20% depuis que cette loi privant les parents de leur allocation est entrée en vigueur, mais à contrario, beaucoup d’enseignants déclarent qu’ils auraient préféré que certains garnements continuent à traîner les rues, tant ceux-ci perturbent leurs cours aujourd’hui. Il convient de rappeler que beaucoup d’enfants roms, absentéistes ou non, sont victimes de discrimination dans leur scolarité, et ce, de facto depuis plusieurs années. Beaucoup d’écoles hongroises ont pris l’initiative de séparer systématiquement les Roms des autres élèves, en les plaçant dans des classes spéciales, où l’enseignement dispensé est ostensiblement « au rabais ». Au regard des chiffres mentionnés plus haut, il semble qu’en général, les parents Roms soient bien plus motivés par l’argent pour envoyer leurs enfants à l’école que par une quelconque menace de coercition. Bien avant cette nouvelle loi, en septembre 2009, sous le gouvernement intérimaire de Gordon Bajnai (pourtant réputé plutôt progressiste), deux parents tsiganes avaient été condamnés à une peine d’emprisonnement ferme (16 mois) pour n’avoir pas obligé leurs enfants à aller à l’école. Des associations s’étaient chargées de leur défense auprès des tribunaux à Budapest, et les accusés en avaient directement référé à la Cour Européenne des Droits de l’Homme à Strasbourg. Articles liés : Emprisonnés pour l’absentéisme scolaire de leurs enfants! Discrimination scolaire: l’Etat hongrois mis en cause La « question Rom » selon Bajnai En France, tous les Hongrois ne sont pas les bienvenus Tensions communautaires en vue L’OPAC slovaque paie des Roms pour s’expatrier

La sage-femme Agnes Geréb a été libérée

La sage-femme Agnes Geréb a été libérée

23 décembre 2010 à 8 h 57 min 2 commentaires

Après 10 semaines de détention préventive, l’obstétricienne et sage-femme Agnes Geréb a été libérée mardi et placée en résidence surveillée, après une décision de la Cour de Budapest.

L’affaire Hedvig, un fait divers – symbole du conflit slovaco – hongrois

L’affaire Hedvig, un fait divers – symbole du conflit slovaco – hongrois

20 décembre 2010 à 0 h 15 min 2 commentaires

Rudolf  Chmel, vice-premier ministre du nouveau gouvernement, chargé des droits de l’homme et des minorités ethniques en Slovaquie, s’est excusé publiquement auprès de Malina Hedvig le 9 décembre dernier.  Selon Chmel, qui est également vice-président du parti de la minorité hongroise en Slovaquie, Most-Híd, la réaction des autorités slovaques concernant l’agression dont elle a été victime en 2006 a été honteuse. Hedvig a été rouée de coups et volée le 25 août 2006, dans la ville de Nitra en Slovaquie, où elle était étudiante. Pourquoi ? Parce qu’elle s’exprimait en hongrois, sa langue maternelle, dans un endroit public. « Le droit à la justice de Malina Hedvig a été bafoué. Le pouvoir politique s’est mêlé de cette affaire et l’a influencé à sa guise, violant par là même la dignité de cette femme. » Ce sont les mots qui ont accompagnés les excuses présentées par Rudolf Chmel. Une avancée symbolique dans l’effort d’amélioration des relations entre la Slovaquie et la Hongrie, souhaitée par Viktor Orban et Iveta Radicova, tous deux élus premiers ministres cette année. Parallèlement, Marie Vrabcova vient de publier un livre intitulé Hedviga (photo), qui relate l’agression et la dimension politique que ce fait divers a pris par la suite. Immédiatement après l’agression (voir photo en bas de l’article), une enquête a été lancée par Jan Packa, chef de la police slovaque à l’époque, pour être fermée deux semaines plus tard, concluant qu’Hedvig avait monté cette histoire de toutes pièces. Sans surprise, cette affaire a rapidement pris une tournure politique, cristallisant autour d’elle la complexité des relations entre la Hongrie et la Slovaquie. Incohérences et manipulation politique Hedvig affirmait que ses papiers d’identité, volés pendant l’agression, lui ont été renvoyés à son domicile. La police, trouvant ses empreintes sur le paquet, l’a accusé d’avoir elle-même envoyé les papiers tandis qu’elle admettait avoir attendu deux jours avant de remettre le paquet à la police, à cause d’un jour férié qui l’a empêché de le faire plus tôt. De plus, il est prouvé que le jour de l’envoi de ces fameux papiers, Hedvig était à l’hôpital pour une hémorragie interne, que la police n’a, soit dit en passant, pas considéré comme conséquence de son attaque. Ceci n’est qu’une irrégularité parmi les nombreuses que compte cette affaire. Béla Bulgar, leader du parti hongrois SMK-MKP à l’époque, a attiré l’attention sur une autre incohérence : l’examen médical de la victime a été effectué 10 jours après les faits. C’était bien plus qu’il n’en fallait pour que la plupart des blessures, bleus et ecchymoses, ne disparaissent. L’avocat d’Hedvig, Gabor Gal, a quant à lui décidé, en septembre 2006, de porter l’affaire devant le procureur général. Quelques jours plus tard cependant, il a dû confier le dossier à un confrère, Roman Kvasnica. Il semble que Gabor Gal ait subi des pressions, l’obligeant à abandonner l’affaire. Kvasnica a donc retenté le coup mais s’est heurté à un rejet de sa requête. Simultanément, la chaîne slovaque STV, appartenant à l’Etat, a diffusé un reportage sur l’affaire Hedvig et a mis en évidence les dissimulations d’informations de Kalinak, vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur à l’époque. Peu de temps après la diffusion, Eugen Korda, le réalisateur du reportage, a été relevé de ses fonctions pour “attitude non-professionnelle”. Les accusations contre Malina Hedvig se sont succèdées, aussi imprécises les unes que les autres, ce qui a provoqué des réactions du côté hongrois, principalement de la part des deux grands partis politiques, la FIDESZ et le MSZP. Les responsables politiques hongrois ont accusé à leur tour les autorités slovaques de faire de la justice-spectacle avec cette affaire. Et Robert Fico, premier ministre slovaque de l’époque, de répondre que ces commentaires n’étaient qu’une intervention grossière de Budapest dans les affaires domestiques slovaques. Un témoin potentiel Zdeno Kamenicky, un habitant de Nitra, a dit connaître l’un des agresseurs, Robert Benci. Kamenicky n’a pourtant jamais été officiellement interrogé par la police et Benci, qui n’aura pas été inquiété davantage par les forces de l’ordre, s’en est sorti avec un alibi plus que bancal. En mai 2007, retournement de situation : Jan Packa est revenu sur ses déclarations et a admis qu’il était possible qu’Hedvig ait été frappée. Il s’est expliqué en invoquant que la police avait mis en doute  sa version des faits et non leur existence… En août 2007, un ex-officier de police, Jozef Satek, a mis directement en cause Fico, Kalinak et Packa dans cette histoire et les a accusé d’abus de pouvoir. En effet, Robert Fico aurait dévoilé des éléments de l’enquête au grand public avant même que la plaignante ne soit au courant. Bien entendu, faute de preuves tangibles, cette accusation d’abus de pouvoir a très vite été oubliée. Hedvig, toujours accusée de parjure, a alors décidé de plaider sa cause auprès de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, défiant ainsi l’attitude des autorités slovaques, qu’elle qualifiait d’inhumaine et humiliante. La vraie question, dans cette affaire, est aujourd’hui de savoir si Malina Hedvig fut plus victime de l’extrémisme slovaque que d’un macabre jeu politique. Articles liés : Elections législatives slovaques Une femme aux commandes de la Slovaquie Slovaquie : Une élection qui en dit long Elections en Slovaquie sous le signe du nationalisme Interview : « Les victimes sont les Hongrois de Slovaquie » – Most-Hid Double-citoyenneté La Slovaquie (contre) attaque ! Double citoyenneté : une loi plébiscitée dans le flou Double citoyenneté : le projet avance Minorités hongroises Minorités hongroises : le grand jour ? Vive le «Jour de l’unité nationale» ! Les minorités resurgissent comme par magie Divers Une hot-line entre Budapest et Bratislava Un an après, Solyom remet ca en Slovaquie ! Les fantasmes magyarophobes de Jan Slota atteignent des sommets Les Slovaques persistent et signent En Slovaquie, le feuilleton magyarophobe continue Le Président hongrois refoulé de Slovaquie La Slovaquie veut faire taire sa minorité hongroise

Expulsions de Roms : la France n’est toujours pas blanchie par l’UE

Expulsions de Roms : la France n’est toujours pas blanchie par l’UE

25 octobre 2010 à 21 h 08 min 2 commentaires

Les questions entourant la politique d’expulsion des Roms en France et ses répercutions européennes ne sont pas prêtes de se dissiper contrairement à ce qu’à pu affirmer, la semaine passée, Nicolas Sarkozy. Mardi dernier, le président français s’est félicité, en marge d’un sommet à Deauville en compagnie de la chancelière allemande Angela Merkel et du président russe Dmitri Medvedev, de l’annonce du retrait par la commission européenne de la procédure d’infraction envers la France « pour la simple raison, qu’il n’y avait de discrimination » à ce sujet. En réponse aux déclarations du président français, la commissaire européenne chargée de la Justice, Viviane Reding, a tenu à préciser que la procédure d’infraction contre la France concernant l’application de la directive de 2004 à propos de la liberté de circulation était juste temporaire. La procédure « restera ouverte jusqu’au moment où le gouvernement français adoptera sa législation ». Par ailleurs, Viviane Reding a ajouté que Bruxelles patientera quelques semaines pour se prononcer sur le caractère discriminatoire ou non de ces expulsions. Les propos de Nicolas Sarkozy ont également provoqué un tollé du coté de Budapest. Dans un texte transmis au Monde mercredi, Rob Kushen, le directeur du Centre Européen pour les Droits des Roms (CEDR), basé dans la capitale hongroise, s’est empressé mercredi de démentir l’idée selon laquelle la France se trouverait exonérée par la Commission Européenne. Il a même laissé entendre que la procédure devrait reprendre de plus belle car « les preuves de discrimination étaient évidentes ». Cette intervention de Rob Kushen fait suite à celle du financier américain d’origine hongroise Georges Soros, l’un des principaux soutiens du CEDR, qui, cet été, avait vivement critiqué la politique du gouvernement français à l’égard de la population Rom. Articles liés : Des Roms gagnent au jeu du chat et de la souris Dossier : Tous les chemins mènent aux Roms (1/4) Tous les chemins mènent aux Roms (2/4) : « le temps des gitans » … dans l’Union Européenne Tous les chemins mènent aux Roms (3/4) : « l’effet papillon » du fait divers de Saint-Aignan Tous les chemins mènent aux Roms (4/4) : le point de vue de la presse hongroise, Sarkozy et la stratégie Berlusconi Soros critique la France pour les expulsions de Roms La ségrégation pour éviter « la guerre civile » En France, tous les Hongrois ne sont pas les bienvenus

Discrimination à l’école: Strasbourg surveille la Hongrie

Discrimination à l’école: Strasbourg surveille la Hongrie

15 février 2010 à 16 h 18 min 0 commentaire

MTI rapportait vendredi que la Cour européenne des Droits de l’Homme, à Strasbourg, demande des comptes au gouvernement hongrois quant à de possibles discriminations et ségrégations des Roms dans son système éducatif. Deux Roms hongrois de 23 ans, habitant le village de Kesznyeten (au nord est du pays), se sont tournés vers Strasbourg après que plusieurs tribunaux hongrois aient sous-estimé le bien-fondé de leurs plaintes. Une association avait déja porté plainte pour discrimination à l’école contre l’Etat hongrois en septembre dernier. Au cours de leur scolarité, les deux hommes ont été placés dans une classe spéciale de l’école municipale, entre 1994 et 2002, sous prétexte qu’ils avaient des troubles de l’apprentissage. Le diagnostic avait été reconfirmé plus tard, et même surévalué en 2000. L’avocat des deux « cancres » a fait valoir que l’inscription de ses clients dans la classe spéciale relevait de la ségrégation et de la discrimination en raison de leur origine Rom. L’avocat a demandé une expertise pédagogique et psychologique indépendante, qui a établi que leur degré de difficulté d’assimilation ne justifiait pas un placement dans une telle classe. La section en question consiste en un programme d’études raccourci, sans apprentissage des sciences, ni des langues étrangères, avec des enseignants qui n’auraient aucune formation pédagogique particulière. L’enquête de la Cour européenne des Droits de l’Homme se penchera sur les procédures pénales hongroises et vérifiera si ce genre de dossiers est traité en vertu d’un cadre juridique approprié. Il y a un peu plus de deux mois, l’Etat hongrois a déja eu affaire à cette même Cour, et a été condamné pour atteinte à la liberté d’expression. L’affaire en question concernait la condamnation, à tort par un tribunal hongrois,  de l’historien Laszlo Karsai qui avait qualifié un article du Magyar Nemzet d’antisémite des années plus tôt. Articles liés: La « question Rom » selon Bajnai En France, tous les Hongrois ne sont pas les bienvenus La Hongrie condamnée pour atteinte à la liberté d’expression Tensions communautaires en vue L’OPAC slovaque paie des Roms pour s’expatrier Discrimination scolaire: l’Etat hongrois mis en cause Emprisonnés pour l’absentéisme scolaire de leurs enfants!

La Hongrie condamnée pour atteinte à la liberté d'expression

La Hongrie condamnée pour atteinte à la liberté d'expression

2 décembre 2009 à 12 h 38 min 0 commentaire

La Cour européenne des Droits de l’Homme de Strasbourg a délibéré mardi sur l’affaire opposant l’historien Laszlo Karsai et la justice hongroise. En 2006, cette dernière avait condamné l’historien pour diffamation à l’encontre d’un certain « B.T » et de la presse de droite, qui avaient soutenu le projet controversé de l’installation d’une statue célébrant la mémoire de Pal Teleki, ancien premier ministre hongrois et collaborateur de l’Allemagne nazie. Cette semaine, la justice européenne, saisie par Karsai depuis, a tranché en faveur de ce dernier. Rappel des faits En 2004, Laszlo Karsai, 59 ans, avait fustigé par voie de presse interposée, un article signé par « B.T ».  Par la même occasion, l’historien s’en était pris à la presse proche de la droite, qui avait lancé une campagne en faveur de l’installation d’une statue de l’ancien premier ministre Pal Teleki. Ce projet pouvait être facilement critiqué, du fait que Pal Teleki avait collaboré ouvertement avec l’Allemagne nazie, et avait participé à la promulgation des lois antisémites en Hongrie. Suite à la publication de l’article de Karsai, qui qualifiait les propos de « B.T. » d’antisémites, ce dernier l’avait alors traîné devant la justice hongroise pour diffamation. L’historien fut alors condamné en 2006 par la Cour suprême, qui l’a obligé à publier un rectificatif de ses propos, ainsi qu’à payer les frais de justice. Un rebondissement attendu Saisie par Laszlo Karsai, la Cour européenne des Droits de l’Homme a finalement condamné la Hongrie pour atteinte à la liberté d’expression. Les juges ont notamment relevé que le plaignant avait publié son article dans l’espace du débat qui porte sur l’acceptation de son passé par la Hongrie. Selon les mêmes juges, le fameux « B.T » s’était lui-même ouvert à la critique en publiant également son opinion. L’article 10 de la Convention européenne des Droits de l’Homme, relatif à la liberté d’expression, s’est alors vu appliqué sans caution. En conséquence, 4.000 euros (1 million de Forints) devront être alloués à l’historien Laszlo Karsai pour dommage moral. Entre liberté d’expression et intolérance, la possibilité d’une utopie européenne? On ne sait ce qu’auraient décidé les juges dans le cas contraire, c’est-à-dire dans le cas de propos teintés d’antisémitisme tolérés au nom de la liberté d’expression… L’Europe se construit et c’est un bien, mais sur quel modèle? La question de la place de la critique dans la société se pose donc aujourd’hui, en tout cas en Hongrie. Censure ou tolérance, tolérance et censure, chacune de ces deux occurrences ont deux bords extrêmes, et leur point d’équilibre varie : l’intolérance constructive constituerait alors, peut-être, la possibilité d’une utopie. Franck Fontaine, 01/12/09 Article lié: Tensions communautaires en vue