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Annamária Szalai (1961 – 2013)

Annamária Szalai (1961 – 2013)

14 avril 2013 à 10 h 05 min 2 commentaires

Vendredi, Annamária Szalai est décédée des suites de sa maladie. En 2010, elle avait été nommée pour un mandat de neuf ans à la tête de l’Autorité nationale des médias hongrois (NMHH) par le Premier ministre Viktor Orbán. Composé de proches du parti Fidesz et doté d’une autorité sans précédent envers les médias publics et privés, le NMHH est l’une des prémisses de la nouvelle législation hongroise sur les médias, en vigueur depuis janvier 2011. Une réforme qui avait provoqué une vive controverse, en Hongrie et à l’international, au moment où la Hongrie prenait la Présidence du Conseil de l’Union européenne. Vendredi dans un communiqué, le gouvernement hongrois a rendu hommage à Annamária Szalai, soulignant le fait qu’elle a rempli ses fonctions au plus haut niveau jusqu’au bout : « Sa mission est resté immaculée jusqu’au dernier moment. Le gouvernement hongrois lui est reconnaissant pour son travail dévoué, en tant qu’enseignante, membre du Parlement, membre de la Commission nationale de radio et de télévision (ORTT) et en tant que présidente du Conseil national des médias. Annamária Szalai a passé toute sa vie au service du peuple hongrois. Avec sa disparition, la Hongrie subit une perte douloureuse ». Dans une déclaration officielle, la Fidesz a rappelé qu’Annamária Szalai était membre du parti depuis 1991 et devenue chef du bureau du département de Zala, d’où elle était originaire. Elle a par ailleurs été élue députée Fidesz de 1998 à 2004, avant de rejoindre l’ORTT, l’organe de contrôle qui supervisait le fonctionnement des radios et des chaînes de télévision hongroises. Article lié : Médias : les débuts d’Annamaria Szalai dans la pornographie

Photo (AFP) de Viktor Orban utilisée par The Economist en décembre 2010, dans un des articles fondateurs de la campagne anti-Orban menée par la presse étrangère traditionnelle depuis.

Tribune libre : « Petite note sur une grosse désinformation »

21 février 2012 à 8 h 57 min 73 commentaires

Lu avec beaucoup d’intérêt dans les journaux français, qui – pour une fois – étaient tous d’accord : « en Europe, la démocratie est en danger à cause d’un petit pays, la Hongrie, membre de l’UE »

La Hongrie a légèrement amendé sa législation sur les médias

La Hongrie a légèrement amendé sa législation sur les médias

9 mars 2011 à 8 h 57 min 0 commentaire

Le Parlement hongrois a amendé, selon l’accord passé avec la Commission européenne, certains points de la loi sur les médias entrée en vigueur le 1er janvier, lundi soir en la présence de la commissaire Neelie Kroes.

La Hongrie amendera sa loi sur les médias

La Hongrie amendera sa loi sur les médias

17 février 2011 à 9 h 32 min 0 commentaire

Le gouvernement hongrois et la Commission européenne ont conclu un accord sur la modification de la loi hongroise sur les médias, ont annoncé mercredi, chacun de leur côté, Neelie Kroes et le secrétaire d’Etat hongrois aux communications Zoltan Kovacs.

Médias : la saga continue

Médias : la saga continue

10 février 2011 à 15 h 29 min 0 commentaire

Malgré un certain essoufflement de la part de la presse occidentale, la saga de la loi sur les médias est loin d’être terminée. D’un côté, à Bruxelles, le Parti Vert Européen a déposé une motion au Parlement réclamant la suspension de la loi. D’un autre, à Budapest, certains médias s’inquiètent du sort que leur réserve cette nouvelle loi, qui reste en vigueur, malgré le projet de révision de celle-ci de la part du gouvernement hongrois.

Janos Martonyi interviewé par Caroline Crimet de France 24, le 10 janvier 2011 devant le Club Grande Europe au CAPE. Crédit : Jean-Louis Courleux

János Martonyi fait la leçon aux journalistes parisiens

15 janvier 2011 à 15 h 23 min 1 commentaire

En visite à Paris lundi matin, le ministre hongrois des Affaires Etrangères, János Martonyi, s’est courtoisement rendu devant le Club Grande Europe, association centrée sur l’Europe élargie, avant de se rendre à l’ambassade de Hongrie dans l’après-midi, pour parler des objectifs de la présidence hongroise de l’Union Européenne. Assailli sur la question des médias hongrois, c’est finalement M. Martonyi qui a donné une fessée aux journalistes parisiens, en français dans le texte. Toute l’Europe occidentale s’en inquiète, la Hongrie se trouve dans une conjoncture médiatique un peu spéciale actuellement, et fait l’objet d’une déferlante de critiques à son encontre depuis le début de sa présidence de l’UE. En entrant dans un jeu de question-réponses avec les journalistes des plus grandes rédactions de France, il savait bien, en arrivant, que parler uniquement d’Europe serait une tâche difficile. Sans trop de surprise, les journalistes français furent les plus désireux d’alimenter leurs papiers avec la question des médias en Hongrie, qu’ils jugent « liberticide ». Pas de chance pour ces derniers, leur ignorance en la matière a largement joué en la faveur du ministre hongrois qui – ironie du sort – s’est exprimé dans un français politiquement plus correct que celui de leur propre chef d’Etat, pourtant lui aussi d’origine hongroise. Il a pratiqué la langue de bois européenne d’usage et il ne leur a permis à aucun moment de continuer à produire de la « Hongrie spectacle ». Des rédactions aussi prestigieuses que celles du Monde, Radio France Internationale, TV5 Europe ou encore France 24, ont dépêché ce jour-là des journalistes encore bien trop tendres sur le sujet des médias hongrois pour que le ministre puisse se laisser fusiller (photo). Un optimisme hongrois presque déconcertant M. Martonyi a été clair d’entrée de jeu sur le sujet : « Il faut d’abord lire le texte de lois sur les médias hongrois pour le critiquer si vivement. C’est un texte difficile à comprendre, tant au niveau des références qu’au niveau des procédures administratives. » Il s’est ensuite dit optimiste quant à l’examen actuel du texte par la Commission européenne, en insistant sur le fait qu’il n’y avait aucune procédure juridique en cours, puis a déclaré qu’il fallait « un examen objectif sur une telle réforme, et non se fier à des préjugés, des opinions ou encore des émotions politiques« . Il a ensuite rassuré l’auditoire : « Ce n’est pas de mon devoir de critiquer la presse, au contraire, c’est à moi d’accepter ses critiques« , avant de rappeler, tout de même, que « le langage employé par la presse étrangère sur le sujet était trop fort, voire insultant pour la Hongrie« . Il en a d’ailleurs profité pour faire référence au président Barroso lui-même, qui soulignait, à Budapest vendredi dernier, que la Hongrie reste un pays démocratique, où l’Etat de Droit est respecté. Après avoir affirmé qu’il n’y aurait en aucun cas un retrait de la loi, il a laissé entendre du bout de la moustache qu’ « il n’était pas exclu pour son gouvernement d’adopter une législation adaptée selon les propositions qui seront faites par la Commission à Bruxelles« , si propositions il y a. Cependant, reprenant bien les déclarations de son premier ministre sur ce point, il a insisté sur le fait que « s’il devait y avoir des changements à faire, certains autres Etats membres devraient en faire de même, selon le principe de non-discrimination en vigueur au sein de l’UE« . « Il est bigrement difficile de mentir quand on ne connait point la vérité » Esterházy Péter Il aurait été souhaitable que la presse française puisse consulter notre entretien avec Tamas Szigeti, un des responsables de l’organisation TASZ, dédiée aux libertés civiles en Hongrie, avant de se frotter à Martonyi. Outre leurs approximations dans les prononciations, telles que « le Fidèche » ou encore « Tilosse radio », c’est surtout en critiquant systématiquement les débuts de la présidence hongroise de l’UE par le biais de la loi sur les médias qu’ils se sont cassé les dents tout seuls. En voici un exemple probant. Attaqué sur un rapprochement hasardeux entre « l’affaire Tilos rádio », l’expression de la jeunesse et la présidence eurosceptique tchèque de Vaclav Klaus au premier semestre 2009, il n’a pas manqué de rappeler que la majorité des Hongrois restent europhiles, surtout parmi les jeunes : « Il y a tellement de jeunes Hongrois qui ont attendu ce moment et qui se sont préparés pour la présidence hongroise, que je peux vous assurer que nous allons remplir notre mission comme il se doit. Quant à ma mission, c’est d’être là pour eux. » Et quand bien même l’épisode de l’Ice-T gate à Tilos aurait pu faire vaciller la confiance du « Zébulon » hongrois, la question était tellement mal posée que sa réponse fut trop facile. « D’abord, il faut apprendre à faire la part des choses entre les médias hongrois et l’Europe« , a t-il répondu avant de définitivement renvoyer le journaliste à l’école, en lui apprenant que dans le cadre de cette enquête,  Tilos tombe sous le coup de la législation antérieure à la réforme. La bonne question, qu’il aurait fallu poser au ministre, était plutôt celle de savoir pourquoi est-ce que le nouveau Conseil National des Médias (NMHH) souhaite sanctionner Tilos maintenant et créer ainsi le scandale, alors que l’ancien Conseil aurait pu le faire maintes fois auparavant, sur la base de la dite législation antérieure. La question que n’attendait pas Martonyi Pour venir en aide à ce « confrère », comme cela se fait dans ces cas-là, Hu-lala s’est donc permis de rebondir en demandant à M. Martonyi s’il ne trouvait pas cela dommage, que ce soit en réalité le NMHH qui ait finalement pu permettre de heurter les âmes sensibles des mineurs, puisque ce n’est qu’après la traduction des paroles du fameux Ice-T, que la grande majorité des jeunes ont pu comprendre le message quelque peu dérapant du rappeur. Dommage que János Martonyi n’ait pas souhaité répondre à cela franchement. Son attitude a néanmoins été très éloquente : il a d’abord fait semblant de ne pas comprendre, puis, la moustache presque tombante, il a finalement réussi à s’exprimer : « je suis ministre desLire la suite

Médias : les débuts d’Annamária Szalai dans la pornographie

Médias : les débuts d’Annamária Szalai dans la pornographie

16 décembre 2010 à 12 h 02 min 0 commentaire

Le 11 août dernier, le magazine hongrois 168 óra rapportait que Annamária Szalai, alors fraîchement nommée par le premier ministre Orbán à la tête du très controversé Conseil national des Médias pour 9 ans, avait un CV particulièrement « épicé » dans le domaine de l’édition. Selon le magazine, celle qui deviendrait la nouvelle « tsarine » des médias hongrois a fait ses débuts dans l’édition de magazines érotiques. Le libéralisme de 1991 laisse place au conservatisme de 2011 En 1991, du haut de ses trente ans et à l’aube du libéralisme en Hongrie, Szalai devient rédactrice en chef de Miami Press, un journal entièrement dédié aux corps féminins dénudés, publié dans le département de Zalaegerszeg. Cependant la publication du magazine tourne très court ; les mœurs sexuelles de la Hongrie post-communiste étant probablement encore trop timorées. Les premières mesures du gouvernement Orbán élu en avril dernier à la suite des législatives en Hongrie ont été particulièrement remarquées par leur orthodoxie dans le domaine de la morale. Pourtant, étrangement, le passé d’éditrice de Szalai, qui a aujourd’hui tous les pouvoirs dans la presse et l’info – communication hongroises ne semble pas l’avoir dérangé. De 1998 à 2002, elle occupe un siège de député Fidesz au Parlement. Ensuite, après les élections la même année, elle quitte son poste pour devenir l’émissaire de la Fidesz à l’ORTT, organe de contrôle qui supervise le fonctionnement des radios et des chaînes de télévision hongroises. Peut-être est-ce alors sa fidélité « inébranlable » à Viktor Orbán qui lui vaut toute la confiance du premier ministre actuel. Dans la plupart des pays libéraux et démocratiques, la carrière politique d’Annamária Szalai en aurait pris un coup. Pourtant, en Hongrie, elle est passée tranquillement à travers les mailles du filet médiatique, qui sont, il faut bien le dire, très peu resserrées lorsqu’il s’agit d’investigation sur les responsables politiques ou sur la mafia. L’information sur les activités de Mme Szalai en 1991 a bien été relayée çà et là depuis 2003 seulement, mais elle n’a jamais fait grand bruit. 20 ans après, quoi de mieux qu’une pornographe repentie pour surveiller les mœurs des médias ? Défense des valeurs religieuses et familiales Ces dernières années, Szalai a été rarement questionnée sur son expérience dans l’édition érotique, mais lorsque que cela a été le cas, elle a rétorqué que cela faisait maintenant partie du passé, et qu’heureusement, cela ne lui a jamais porté préjudice dans son parcours politique et médiatique. Et pour cause… Au-delà de son repentir, elle se pose depuis comme le plus fervent défenseur des valeurs familiales chrétiennes. Selon elle, les enfants hongrois doivent être protégés contre toutes sortes de programmes qui « peuvent influencer négativement leur développement physique, intellectuel ou moral, surtout en montrant la violence et la représentation directe et réaliste du sexe ». Sources : 168ora.hu Article lié : La castration du quatrième pouvoir