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Le cas Akos Kertész relance l’antisémitisme hongrois

Le cas Akos Kertész relance l’antisémitisme hongrois

23 mars 2012 à 14 h 32 min 7 commentaires

Arrivé sur le territoire canadien le 29 février dernier, l’écrivain Akos Kestész, lauréat du Prix Kossuth en 2008, a demandé le statut de réfugié politique et s’est installé à Montréal. Cette demande intervient après la polémique et les troubles engendrés par la parution d’un article de l’écrivain, en août 2011, dans un journal hongrois basé aux Etats-Unis. Sous la pression de l’extrême droite hongroise, une nouvelle loi serait en préparation, permettant de retirer un prix ou un titre honorifique à une personnalité qui n’en serait plus « digne ».

Cinéma : quand « Csak a szél » est primé à Berlin, les Roms sont sur la sellette à Budapest

Cinéma : quand « Csak a szél » est primé à Berlin, les Roms sont sur la sellette à Budapest

22 février 2012 à 9 h 47 min 6 commentaires

Csak a szél, le dernier film du jeune réalisateur hongrois Bennedek (Bence) Fliegauf séduit les critiques tout comme le jury de la Berlinale 2012. Il y a remporté l’Ours d’argent pour le Grand Prix du Jury la semaine dernière et succède donc au réalisateur culte hongrois Béla Tarr. Son film engagé, touchant et politique ravive les braises de la vague d’attentats anti-Roms de 2008-2009 et relance le débat de l’intégration des communautés Rom en Hongrie, jusqu’aux portes de la Berlinale.

Des Hongrois recherchés par la police canadienne pour trafic d’êtres humains

14 octobre 2010 à 14 h 30 min 0 commentaire

La police canadienne est à la recherche de 10 membres d’une même famille Rom hongroise qui seraient à l’origine d’un réseau de trafic d’êtres humains. Ce ne sont pas moins de 19 hommes hongrois qui ont été réduit à l’état d’esclave au Canada. Originaires de Pápa à l’ouest de la Hongrie, on leur avait promis une vie meilleure. Très mal nourris, et retenus contre leur gré, ils se sont finalement retrouvés à travailler sur des chantiers sans être payé. La police fédérale canadienne mène des investigations avec l’aide de la police hongroise. Voir notre dossier sur la Hongrie et le trafic d’êtres humains : Profession : trafiquants d’êtres humains Travailler comme esclave sur des chantiers au Canada Interview avec Bálint Dóra, « Regional Programme Assistant » pour l’organisation inter-gouvernementale International Organization for Migration (IOM), en charge notamment de la question des nouvelles formes d’esclavage.

Dossier: La Hongrie et le trafic d’êtres humains (2/3)

Dossier: La Hongrie et le trafic d’êtres humains (2/3)

2 avril 2010 à 5 h 58 min 1 commentaire

Travailler comme esclave sur des chantiers au Canada La police fédérale du Canada et les services de l’immigration conduisent une enquête en coopération avec la police hongroise pour démanteler un trafic d’être humains présumé, dont certaines des victimes sont hongroises, rapporte le Hamilton Spectator. « On m’a dit que je pourrais venir ici pour commencer une nouvelle vie, et j’ai été vendu en esclavage« . Voici ce qu’affirme, sous couvert d’anonymat, l’une des victimes hongroises d’un trafic d’êtres humains présumé. C’est un long voyage qu’elle a entrepris de Pápa, dans le nord-ouest de la Hongrie, jusqu’à Hamilton, en Ontario, proche de la frontière états-unienne. Comme plus d’une dizaine d’autres (combien exactement, on ne le sait pas), cet homme s’est fait berner selon un schéma classique : il a   été approché par « l’ami d’un ami » qui lui a fait miroiter un salaire « d’au moins 500$ par semaine en cash ». La seule chose à faire pour lui : acheter un billet d’avion direction le Canada et obtenir le statut de réfugié en se présentant comme menacé dans son pays en raison de son origine rom. Car beaucoup des victimes, mais pas toutes, sont roms. « Ils m’ont dit de dire que j’étais opprimé par “Hungarian guard” [ndlr : sans doute signifie-t-il la Magyar Garda] et d’amplifier le racisme en Hongrie« . « Quand je suis arrivé là-bas, ce n’était pas la même histoire. […] Nous n’avons jamais vu un penny« , continue-t-il. Il est dépossédé de ses documents d’identité et menacé de représailles sur sa famille s’il parle aux autorités. « J’ai peur pour ma famille qui est restée… Ils n’arrêtaient pas de me répéter que je ferais mieux de continuer le travail, pour la sécurité de ma famille. J’ai peur qu’il ne leur arrive quelque chose si je parle« . Trois hommes ont été inculpés en vertu de l’Immigration and Refugee Protection Act pour avoir incité leurs victimes à mentir aux agents canadiens de l’Immigration : Attila Kolompar, Ferenc Karadi et Ferenc Domotor. Ce dernier a été décrit par la Cour comme « le chef d’un groupe de Roms hongrois qui composent les membres de sa famille immédiate et élargie ». Quelle est l’ampleur du phénomène ? Rien n’a encore été prouvé par la justice, nous n’en sommes qu’au stade de l’enquête, mais la police fédérale canadienne est formelle, il y a des « esclaves » à Hamilton. Selon elle, 600 à 800 personnes travailleraient comme esclaves chaque année au Canada, mais c’est une estimation très sous-évaluée, estime le coordinateur de la police fédérale pour le trafic d’êtres humains en Ontario, Marty Van Doren. Selon lui, « C’est un crime si bien caché que personne ne peut dire à quel point c’est gros. Il n’y a encore jamais eu de condamnation pour trafic d’êtres humains à Hamilton, mais cela existe sans conteste« . On les trouve partout où il ya besoin de main d’œuvre bon marché et docile : sur les chantiers et dans les restaurants notamment, sans même parler du marché de la prostitution. Articles liés : Profession : trafiquants d’êtres humains Heureux comme un Hongrois au Canada

Heureux comme un Hongrois au Canada

Heureux comme un Hongrois au Canada

4 mars 2010 à 12 h 24 min 3 commentaires

Quatre Hongrois, deux Japonais et un Russe sont au Canada. Que font-ils ? Ils assistent en touristes aux J.O de Vancouver… puis déposent une demande d’asile. L’information communiquée mardi par la chaîne canadienne CTV sonne comme une blague, mais ce n’en est pourtant pas une, à en croire les infos émanant des autorités canadiennes. Au pays des trappeurs, la Hongrie serait devenue numéro un dans le secteur des demandeurs d’asile. Hier, l’Immigration canadienne a même évoqué la révision de l’exemption de visas pour les touristes hongrois, qui semblent souvent prendre racine outre-atlantique. Les athlètes hongrois n’ayant pas particulièrement brillés aux jeux olympiques d’hiver de Vancouver – ils sont rentrés bredouilles – ce sont leurs supporters qui ont entrepris de se distinguer. La demande d’asile des Japonais n’a pas fait un pli, sèchement balayée par le ministre canadien de l’Immigration, Jason Kenney, qui les a qualifiées de  « ridicules », justifiant que « Le Japon est une démocratie libérale où les droits de l’homme sont protégés ». La Hongrie n’a, elle, pas eu l’honneur de se voir qualifier par le ministre canadien de « démocratie libérale où les droits de l’homme sont protégés ». Un peu plus nuancé dans son propos qu’en ce qui concerne les deux réfugiés nippons, il a avoué comprendre difficilement comment de « vrais » réfugiés pouvaient provenir de Hongrie, quand bien même il s’agit de citoyens d’origine Rom. « Bien que les gens aient différents défis à relever là-bas, il n’y a aucune preuve de persécution », a-t-il estimé. Plus qu’une anecdote, une tendance de fond Le nombre de demandes de réfugiés hongrois au Canada est passé à plus de 1350, près de cinq fois plus qu’en 2008, date à partir de laquelle Hongrois et Canadiens n’ont plus eu besoin de visas pour se rendre visite. Selon Richard Kurland, avocat au bureau de l’immigration de Vancouver, la demande d’asile des Roms est symptomatique de « l’abus du système d’accueil des réfugiés du Canada. […] Ils donnent une mauvaise réputation aux véritables réfugiés. » L’an dernier le bureau de l’immigration a accepté 3 demandes d’asile en provenance de Hongrie, en a rejeté 5 autres et 250 ont été abandonnées avant le terme de la procédure. Selon Kurland, les demandeurs d’asile en provenance de Hongrie arrivent actuellement au Canada, au nombre de 200 par mois. A l’image de leurs athlètes, il y a donc peu de chance pour que les quatre compères Hongrois se voient récompensés de leur long voyage transatlantique. La Hongrie n’est pas le seul pays où les Roms ont des envies de départ. Après une arrivée massive l’an passé de demandeurs d’asile de citoyenneté tchèque appartenant à la minorité rom, le Canada a rétablit l’obligation de visa pour les citoyens de la République tchèque. On peut comprendre leur démarche. Même si la réalité canadienne n’est pas l’eldorado espéré par les milliers de réfugiés qui s’y bousculent chaque année, sur le papier, le Canada a de quoi motiver à l’émigration même un citoyen d’un pays de l’Union Européenne comme la Hongrie. Avec 0.966, son Indice de développement humain (l’IDH, le meilleur indicateur de développement construit à ce jour) est le 4è plus élevé au monde, contre le 44è pour la Hongrie, avec 0.879. Son PIB par tête est exactement deux fois plus élevé, 38.000 US$ contre 19.000US$ (en parité de pouvoir d’achat). Le précédent strasbourgeois Il reste maintenant à savoir quelle attention va porter la presse et l’opinion publique hongroise à cette anecdote et comment elles vont l’interpréter. Car on se souvient du tohu bohu médiatique déchaîné en 2000 par la demande d’asile politique en France et de condamnation de la Hongrie devant la Cour européenne des droits de l’homme de la part de citoyens hongrois d’origine rom. En France, les Verts, le Parti Communiste, la Ligue Communiste Révolutionnaire, la Ligue des Droits de l’Homme, le MRAP, les Confédérations CGT et SUD, s’étaient organisés en Comité de soutien aux demandeurs d’asile. Un soutien qui avait soulevé l’indignation en Hongrie où s’étaient multipliées les déclarations incendiaires d’hommes politiques et les articles de presse qualifiant même parfois leurs compatriotes exilés de « traîtres au pays ». Articles liés : Discrimination à l’école: Strasbourg surveille la Hongrie En France, tous les Hongrois ne sont pas les bienvenus L’OPAC slovaque paie des Roms pour s’expatrier Tensions communautaires en vue Tony Gatlif : la voix des Roms