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L’UE va à contre-courant dans les Balkans d’après Viktor Orban. Et la Hongrie ?

L’UE va à contre-courant dans les Balkans d’après Viktor Orban. Et la Hongrie ?

21 avril 2011 à 21 h 40 min 0 commentaire

Le billet de Cécile Vrain, journaliste et docteur en Histoire des Relations Internationales de l’Université de Paris 1, spécialiste de la Hongrie. Ecoutez la version audio de la chronique Les premiers temps de la présidence hongroise avait été entachés par les nombreuses réactions négatives liées à la nouvelle loi sur les médias, jugée par certains, liberticide. Il faut croire que Viktor Orban aime les dates et les symboles. Pour fêter l’anniversaire de la mi-temps de la présidence européenne, c’est aujourd’hui le vote d’une nouvelle Constitution qui fait encore parler de la Hongrie dans les cours européennes, et pas en bien. Comme en janvier, le Premier ministre hongrois semble ignorer les réactions inquiètes. Lui, ce dont il veut parler lorsqu’il est à Bruxelles, c’est de l’Union européenne et pas de politique intérieure. C’est ainsi que le 14 avril, il a présenté les réalisations de sa présidence dans la première partie de son mandat. Critique sur l’Europe, mais enthousiaste sur ses résultats, Viktor Orban est resté dans un registre très classique. Il a qualifié de succès, la rencontre concernant les questions posées par l’immigration suite aux révolutions arabes. Il semble qu’il soit le seul à y voir un succès car la France et l’Italie ne sont toujours pas d’accord sur une répartition équitable des immigrés. Les autres satisfactions du Premier ministre hongrois concernaient l’intégration des Roms et la Stratégie pour la région Danube. Par contre, l’actuel président de l’Union européenne est déçu des résultats sur l’élargissement. Lui qui aurait tant voulu jouer un rôle majeur dans le processus d’adhésion de la Croatie – dont l’euroscepticisme a été ravivé avec la condamnation de Gotovina à 24 ans de prison – a déclaré que l’Union «allait à contre-courant» et qu’il se «heurtait à un mur». Autant l’on peu qualifier la politique intérieure de la Hongrie actuelle de « rétrograde », autant Viktor Orban – tout en jouant sa partition comme tout à chacun – semble dans le vrai en ce qui concerne l’élargissement de l’Union à l’Europe du sud-est. Si l’élargissement n’est pas évident en tant qu’Occidental, cela l’est beaucoup plus en tant que Centre-européen. La sensibilité et la connaissance culturelle et historique de la région par ces derniers manquent aux pays fondateurs de l’Union. Tout en n’ignorant pas que ce ne sont pas des considérations politiques qui bloquent mais plutôt des raisons économiques. L’élargissement de l’Union aux Balkans serait pourtant un élément de stabilité fondamental dont certains des pays de la région ont grand besoin. Ainsi Viktor Orban estime, à juste titre, qu’il est ridicule de continuer d’appeler la Macédoine «Fyrom» afin de ne pas blesser la susceptibilité grecque. Il a qualifié la situation «d’incarnation de l’absurdité», précisant qu’il est obligé de se concentrer une seconde pour se souvenir du nom officiel de la Macédoine – et il n’est pas le seul dans ce cas. Et c’est sans parler du refus franco-allemand de laisser la Roumanie et la Bulgarie rejoindre l’espace Schengen. La situation doit être très frustrante pour Viktor Orban, libre de réorganiser la société dans son pays et les mains liés concernant ses ambitions politiques de voisinage. Lui qui n’est pas connu pour favoriser le dialogue avec l’opposition et la société civile de son pays se voit obliger de reconnaître qu’au sein de l’Union il y a des pays forts, opposés à sa volonté et avec lesquels, au minimum, il «faut garder les discussions ouvertes». On retrouve ainsi toutes les ambiguïtés et contradictions de la politique du chef du gouvernement hongrois. Soutien de la Roumanie dans sa volonté d’adhérer à l’espace Schengen dans le cadre de l’Union européenne, il indispose régulièrement ses voisins avec sa politique intérieure. Dernier exemple en date : la nouvelle constitution qui inquiète les pays voisins. Ces contradictions ne datent pas d’hier et ne semblent pas avoir de solutions en Europe centrale : entre vouloir jouer un rôle sur le plan international en tant que pays leader de la région et parallèlement être le protecteur de sa minorité nationale vivant au-delà des frontières. Articles liés : Elargissement de l’espace Schengen : les velléités hongroises ne suffiront pas Elargissements de l’UE : les divergences franco-hongroises « L’autre » Orban parle d’Europe à Paris UE : l’opération séduction de Viktor Orban Les dernières chroniques de Cécile Vrain : Nouvelle constitution : le passé d’une illusion Comment l’Union européenne fête la journée internationale des Roms La Hongrie reste en dehors du «Pacte pour l’euro» Mme Khadafi, née Farkash, se repose à Vienne pendant que la Libye flambe Chronique du 9 mars 2011 : « Ce n’est pas du féminisme, c’est de l’économie » Chronique du 28 février 2011 : Défense européenne, de Tripoli à Gödöllö en passant par l’OTAN

Source : Eurostat

Le Nord-est de la Hongrie parmi les régions les plus pauvres de l’UE

1 mars 2011 à 20 h 03 min 0 commentaire

Quatre des vingt régions les plus pauvres de l’UE se trouvent en Hongrie, selon un rapport de l’Office de statistiques de l’Union européenne publié jeudi.

En bleu foncé : l'espace Schengen à l'est - En bleu clair : la Roumanie et la Bulgarie

Elargissement de l’espace Schengen : les velléités hongroises ne suffiront pas

6 janvier 2011 à 16 h 28 min 0 commentaire

« Quand on veut, on peut. » Voilà un proverbe que les réalités de l’UE en Europe centrale contredisent souvent. Ce jeudi, les déclarations à la radio nationale bulgare du ministre hongrois de l’intérieur, Sandor Pinter, sur le report de l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’espace Schengen, ont provoqué une vive polémique. On le sait depuis longtemps, l’accession de la Roumanie et de la Bulgarie à l’espace Schengen figure dans l’agenda de la présidence hongroise de l’Union européenne. Les Etats membres devront en effet se prononcer au mois de mars sur cette question. La Hongrie a rappelé à plusieurs reprises qu’elle soutenait l’entrée dans Schengen des deux derniers entrants de l’UE. Mais ce jeudi, le ministre hongrois de l’intérieur, Sandor Pinter, a déclaré à la radio nationale bulgare que, malgré la volonté hongroise, l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’espace Schengen serait reportée au mois d’octobre, certaines conditions n’étant pas remplies. Le service de presse du ministère de l’intérieur hongrois a toutefois démenti par la suite cette information, invoquant une erreur d’interprétation. Cependant, après la déclaration commune de la France et de l’Allemagne qui jugent que Roumains et Bulgares ont encore des progrès à faire en matière de corruption, de justice et de sécurité avant d’accéder à Schengen, tout porte à croire que leur entrée ne pourra pas se concrétiser dès le mois de mars. Il n’est pas si étonnant alors, que la Hongrie tienne ce double discours sur le sujet. Articles liés : Elargissements de l’UE : les divergences franco-hongroises « L’autre » Orban parle d’Europe à Paris UE : l’opération séduction de Viktor Orban Elargissements de l’UE : les divergences franco-hongroises

UE – Nabucco : les infidélités des Européens avec South Stream

UE – Nabucco : les infidélités des Européens avec South Stream

26 octobre 2010 à 17 h 45 min 2 commentaires

La société russe Gazprom a signé ces dernières semaines de nouveaux accords avec la Bulgarie et la Roumanie sur leur participation au projet de gazoduc South Stream, qui doit relier la Russie à l’Europe occidentale via la Mer Noire, les Balkans et l’Europe centrale. Avec l’entrée prévue d’EDF dans le capital du projet et des négociations avec des investisseurs allemands, South Stream renforce ainsi les appuis russes en Europe face à son concurrent soutenu par l’UE, Nabucco. A l’heure où les décisions du Conseil européen se prennent à l’unanimité, les pays traversés par les deux projets jouent double jeu.

Soros critique la France pour les expulsions de Roms

Soros critique la France pour les expulsions de Roms

25 août 2010 à 10 h 56 min 7 commentaires

Le financier milliardaire américain d’origine hongroise György Schwartz, aka George Soros, s’est joint au concert international des critiques qui s’abattent sur « le pays des Droits de l’Homme », depuis que celui-ci s’est mis en tête d’expulser de son territoire des citoyens européens d’origine Rom. Dans un communiqué diffusé mardi, il a demandé à la France de cesser ces expulsions et a plaidé pour la mise en place d’une politique européenne d’intégration. « Les expulsions de Roms effectuées en ce moment par la France risquent de violer le droit français et européen. […] Des hommes, femmes et enfants en Europe ne peuvent pas être renvoyés en raison de leur origine ethnique sans procès pour déterminer s’ils ont ou non commis des crimes« , peut-on lire dans ce communiqué. Au-delà de ses critiques de la politique française menée par le Président Sarkozy, M. Soros estime que les pays de départ des populations Roms doivent œuvrer à leur intégration avec plus de détermination et que « l’ampleur des problèmes nécessite un vaste et efficace plan d’intégration des Roms au niveau de l’Union européenne« . Une position qu’il argumente en termes démographiques : « Les Européens ne peuvent pas se permettre de perdre une nouvelle génération de Roms alors qu’en 2015 un tiers des entrants sur le marché du travail dans un pays comme la Hongrie seront Roms« . Il faut dire que M. Soros, « l’homme qui fit sauter la Banque d’Angleterre », est aussi un grand philanthrope et que sa fondation Open Society, parmi de nombreuses autres activités, vient en aide, à hauteur de 150 millions de dollars, aux Roms d’Europe centrale et de l’est. Il n’est pas inutile de préciser que ce sont les Roms de Roumanie et de Bulgarie qui sont visés par ces arrêtés d’expulsion car, bien que citoyens européens, ces deux Etats n’appartiennent pas encore à l’espace Schengen qui prévoit la libre circulation des personnes. La Hongrie y adhérant depuis 2007, « ses » Roms risquent aussi de subir des démantèlements de camps mais ne sont pas expulsables du territoire français. Partant du constat que « Beaucoup de nos compatriotes sont, à juste titre, surpris en observant la cylindrée de certains véhicule qui traînent les caravanes« , le ministre de l’intérieur Brice Hortefeux a mis en place cet été, avec la bénédiction du chef de l’Etat, une vaste politique d’expulsion des Roms et a promis l’évacuation de 300 camps illégaux dans les trois mois à venir. Lire le communiqué de George Soros

A Bruxelles, Haïti est encore au coeur de l’actu

A Bruxelles, Haïti est encore au coeur de l’actu

4 février 2010 à 12 h 34 min 0 commentaire

Mercredi, la dernière candidate de la Commission Barroso II, Kristalina Georgieva, été entendue par les eurodéputés. Aucune rumeur n’est venue troubler l’exercice, comme cela avait été le cas lors de l’audition de sa concitoyenne bulgare, Rumiana Jeleva. Pressentie pour gérer l’Aide humanitaire de l’Union, Georgieva avait de la matière à traiter, avec, en toile de fond, la polémique quant à l’importante participation européenne en Haïti,  peu visible au demeurant. Kristalina Georgieva avait certainement plus le profil – au vu de son curriculum vitae – pour diriger le portefeuille de l’Environnement que celui de l’Aide humanitaire, qui va probablement lui être confié. Qu’à cela ne tienne, elle s’est montrée très convaincante. Il est vrai que l’actualité la sert car l’on ne peut pas dire que dans le cadre de la gestion des conséquences du séisme haïtien, l’Union européenne ait été à la hauteur, et plus particulièrement la nouvelle responsable de sa diplomatie, Mme Ashton, complètement absente du théâtre des opérations. Ainsi, Bruxelles, plus grand contributeur financier du monde pour l’Aide humanitaire, et donc pour aider Haïti à se reconstruire, se fait damer le pion par les Etats-Unis. En effet, qui sait que l’UE est la première assistance financière de Port au Prince ? La couverture médiatique est pratiquement nulle à ce sujet. Les choses vont peut-être changer avec Kristalina Georgieva, qui a déclaré vouloir « rendre les citoyens européens fiers de l’aide humanitaire européenne ». Car, évidemment, hier lors de son audition, c’est surtout la situation en Haïti qui a retenu l’attention. Les députés européens l’ont non seulement questionnée sur ses compétences pour son travail à venir, mais, conscients des couacs de la gestion de la crise, lui ont demandé ce qu’elle aurait fait si elle avait déjà été en poste. Les autres points forts de l’audition En dehors de la réponse de crise de l’Union européenne suite au séisme à Haïti, la future commissaire bulgare a été entendue par les députés européens sur la mise en place d’un mécanisme communautaire de protection civile et la coordination des divers portefeuilles au sein de la Commission. A ce sujet, Kristalina Georgieva a finement répondu que « personne ne peut réussir seul, mais en travaillant ensemble nous pouvons faire la différence ». Elle a donc insisté sur la nécessité de collaborer avec les eurodéputés. Très consciente de la complexité de la direction européenne, elle a aussi rappelé l’indispensable coordination des politiques humanitaires européennes, tant au niveau parlementaire qu’à celui des commissaires, dont plusieurs touchent à l’aide internationale, l’aide humanitaire et la réponse aux crises, intitulé exact de son futur portefeuille. Le vote d’approbation définitif de la Commission européenne devrait intervenir le 9 février, suivi le lendemain 10 février par l’entrée en fonction de la nouvelle Commission. Articles liés: Barroso II: Jeleva, un petit tour et puis s’en va Barroso II subit les bisbilles entre partis Un Roumain poisson-pilote des Français Barroso II: la chasse aux sorcières est ouverte

La Hongrie prépare le terrain pour présider l’Europe en 2011

La Hongrie prépare le terrain pour présider l’Europe en 2011

3 février 2010 à 23 h 05 min 0 commentaire

Pour la présidence du Conseil de l’Union européenne au premier semestre 2011, la Hongrie prévoit un effectif de 700 employés. La grande majorité d’entre-eux sont déjà fonctionnaires aux affaires européennes. Après l’Espagne et la Belgique cette année, la Hongrie viendra clore ce « trio présidentiel » d’un an et demi à partir du 1er janvier prochain. La Hongrie sera l’hôte d’environ 15 conseils ministériels informels au cours de son mandat de six mois. Le nombre de sommets de chefs d’Etat qu’elle accueillera est cependant encore inconnu, et sujet à discussion. Le ministère des Affaires Etrangères s’efforce actuellement de tout organiser. En attendant, le « trio » a élaboré un programme commun et a déja clairement établit les priorités communes aux trois présidences: promouvoir les efforts qui visent à sortir de la crise économique et renforcer la lutte contre le chômage de manière efficace. Une présidence sous le signe du Danube… Les trois pays sont également tombés d’accord pour promouvoir l’utilisation durable des ressources naturelles. C’est justement dans ce secteur que la Hongrie a un intérêt direct, notamment dans le développement d’une politique européenne intégrée de gestion des eaux. La nouvelle stratégie de l’Union européenne pour le Danube dont nous rapportions les débuts prometteurs il y a une semaine devrait d’ailleurs être effectivement lancée durant le mandat de la Hongrie. … et de l’approfondissement des relations orientales Dans la veine du travail diplomatique hongrois dans les Balkans depuis plusieurs mois, la présidence hongroise de l’UE devrait logiquement soutenir la politique d’élargissement et faire entrer la Croatie dans sa phase finale d’adhésion. Autre « highlight » à venir dans le dossier de l’élargissement, le second sommet du Partenariat Oriental initié par les Relations Extérieures de la Commission européenne, aura lieu pendant le mandat de la Hongrie. Ce partenariat étudie de nouvelles idées émises par la Commission, pour approfondir les relations de l’UE avec l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Géorgie, la Moldavie, l’Ukraine et, sous conditions, la Biélorussie. Pendant son mandat, la Hongrie s’efforcera de réussir l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’espace Schengen, prévue pour mars 2011. Si cela se réalise, une bonne partie des frontières septentrionales et orientales de la Hongrie sera quelque peu soulagée d’une responsabilité qui pèse lourdement sur elle aujourd’hui. Péter Balazs, le ministre hongrois des Affaires Etrangères, a déclaré mercredi à MTI que la Hongrie a tenu à ajouter la diversité culturelle et le renforcement du régionalisme au programme de la présidence à trois. La semaine dernière, le même Péter Balazs se prononçait déja à Bruxelles sur les effets pervers actuels des accords de Dayton en Bosnie-Herzégovine, qui, politiquement divisée en trois communautés ethniques, subit une forte instabilité politique et se trouve sous la menace de tous les nationalismes. La Bosnie tiendra ses élections présidentielles et législatives en octobre cette année. Articles liés: Bons débuts de la stratégie européenne pour le Danube « Hajrá Pécs ! Hajrá Magyarország ! Hajrá Europa ! » Albanie-Hongrie, les nouveaux amis La Hongrie soutient l’adhésion de la Serbie à l’UE

Bons débuts de la stratégie européenne pour le Danube

Bons débuts de la stratégie européenne pour le Danube

24 janvier 2010 à 19 h 21 min 1 commentaire

A Bruxelles cette semaine; le lobbying des pays de l’Union européenne traversés par le Danube a très bien fonctionné. Avec les eurodéputés roumains en tête, le projet de stratégie pour le Danube a suscité beaucoup d’intérêt auprès des institutions, par-delà les clivages partisans. Mercredi, un débat au Parlement a démontré qu’une grande majorité des députés allemands, autrichiens, slovaques, hongrois, bulgares et roumains soutiennent la stratégie « transdanubienne ». Lors de son audition le 14 janvier dernier, le candidat autrichien de la Commission à la politique régionale, Johannes Hahn, avait déja fait de ce projet une des priorités de la Commission. Cette stratégie pour le bassin du Danube, qui ne concerne pas moins de 80 millions de personnes, découle du sens commun. Le Danube est un « don » de la nature pour renforcer la coopération politique et économique des peuples de l’Est et de l’Ouest de l’Europe. Pour les eurodéputés, il va de soi que cette coopération doit d’abord avoir une plus-value européenne. Plus précisément, il s’agira d’améliorer le développement d’une région étendue du Rhin à la Mer Noire, en se concentrant notamment sur les transports, la protection de l’environnement, le tourisme durable, les échanges scientifiques, l’héritage culturel et la diversité linguistique. Sans aucun doute, la Serbie sera invitée à coopérer de près ou de loin, et du même coup à renforcer le climat de confiance qu’elle partage avec l’UE. La stratégie s’est officialisée jeudi 21 janvier par une résolution votée au Parlement, soutenue par toutes les factions politiques européennes. Les eurodéputés souhaitent que des politiques « transdanubiennes » soient fonctionnelles d’ici la fin de l’année. La Commission a déja fait savoir qu’elle a mis en place un groupe de travail sur la question. L’eurodéputé social-démocrate roumain, Victor Boştinaru, est pressenti pour être le rapporteur de la stratégie au nom de la commission Développement régional de l’assemblée européenne. sources: euractiv Articles liés : Barroso II: Jeleva, un petit tour et puis s’en va Barroso II subit les bisbilles entre partis Barroso II: un Roumain poisson-pilote des Français Barroso II: la chasse aux sorcières est ouverte

Eurostat: plus d’un tiers des Hongrois sont pauvres

Eurostat: plus d’un tiers des Hongrois sont pauvres

21 janvier 2010 à 2 h 45 min 2 commentaires

L’office européen des statistiques Eurostat a publié, lundi 18 janvier, les résultats d’une grande enquête mesurant la pauvreté et l’exclusion sociale au sein des différents pays de l’Union européenne. Il apparaît que la Hongrie est le pays où la pauvreté matérielle est la plus grande, juste après la Bulgarie et la Roumanie. Selon cette enquête, basée sur des données de 2008, « seulement » 12% des Hongrois seraient menacés de pauvreté, un « score » pour le moins très honorable puisqu’il situe la Hongrie au niveau des pays européens les mieux lottis en la matière : l’Autriche, le Danemark ou encore la Suède ! Les personnes âgées hongroises, de 65 ans ou plus, seront aussi certainement soulagées d’apprendre que, de tous les pays de l’Union, ce sont elles les moins exposées au risque de pauvreté, seulement 4% d’entre elles ! On l’aura compris, les résultats de cette étude ne sont pas très représentatifs des réalités sociales et doivent être pris « avec des pincettes ». Et pour cause, ils sont fondés sur les seuils de pauvreté relatifs à chaque Etat et ces seuils varient énormément d’un Etat à l’autre. Par exemple, en unité monétaire fictive SPA (pour standard de pouvoir d’achat), il est fixé à 4000 en Hongrie, contre 9700 en France. En fait, la Hongrie fait grise mine… Pour se faire une idée malheureusement plus juste de la réalité hongroise, il faut se pencher sur la deuxième partie de l’enquête d’Eurostat, celle qui mesure en des termes plus absolus et plus concrets la pauvreté matérielle de chaque pays. Avec la moitié de la population en situation de privation matérielle, la Bulgarie (51%) et la Roumanie (50%), qui n’ont intégré l’Union qu’en 2007, sont dans la plus mauvaise situation. Selon Eurostat, plus d’un tiers des Hongrois (37%) est en situation de pauvreté matérielle, à la troisième plus mauvaise place. Le taux moyen de l’Union est estimé à 17%. On distingue clairement les pays d’Europe centrale et orientale, beaucoup plus pauvres matériellement que ceux de l’Ouest de l’Europe : 5% des Néérlandais et des Suédois, 11% des britanniques et 13% des Français et des Allemands. L’enquête Eurostat nous apprend aussi très concrètement que les deux-tiers des Hongrois ne peuvent pas s’offrirent une semaine par an de vacances hors de leur domicile, une part deux fois plus importante que pour les Français (67% et 32% respectivement). Un dizième de la population hongroise n’arrive pas à se chauffer correctement, une proportion deux fois plus importante que pour la population française, ici encore. Pour ce qui est de l’alimentation, un quart des Hongrois ne peut consommer de la viande tous les deux jours, contre moins d’un dizième en France. Quant à acquérir un véhicule, un cinquième des Hongrois en est incapable alors qu’ils ne sont que 4% en France. La date de publication des résultats de l’enquête EU-SILC (pour European Union – Statistics on Income and Living Conditions) ne doit rien au hasard puisque c’est aujourd’hui même que la Commission et la présidence espagnole de l’Union européenne inaugurent l’Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, à Madrid. Selon les chiffres diffusés par Eurostat, 17% de la population de l’UE est directement « menacée de pauvreté ». Sans surprise, ce sont les enfants et les personnes âgées qui sont les plus vulnérables, un cinquième d’entre eux. Souhaitons donc bonne chance à la présidence espagnole… *Le taux de privation matérielle définit la part de la population qui déclare ne pas être en mesure d’accéder à quatre biens ou services parmi les neuf retenus pour l’enquête : la capacité à faire face à une dépense imprévue, la capacité à s’offrir chaque année une semaine de vacances hors de son domicile, l’existence d’arriérés de paiements, la capacité à s’offrir un repas composé de viande tous les deux jours, la capacité à chauffer convenablement son domicile, la possession d’un lave-linge, d’un téléviseur couleur, d’un téléphone et d’une voiture personnelle. Article lié: 20ans après et toujours aussi désabusés

Barroso II: Jeleva, un petit tour et puis s’en va

Barroso II: Jeleva, un petit tour et puis s’en va

20 janvier 2010 à 14 h 37 min 0 commentaire

Sans surprise,  les coordinateurs de la commission Développement n’ont pas réussi à se mettre d’accord et un ultime vote hier matin a rejeté la candidature de Rumiana Jeleva, la prétendante bulgare. Contrairement à ce qui avait été envisagé, ce n’est pas le ministre bulgare de la Défense qui a été proposé pour la remplacer, mais l’actuelle vice-présidente de la Banque mondiale,  Kristalina Georgieva. C’est hier, mardi 19 janvier, que la décision a été prise. Une véritable censure des groupes représentants la gauche au Parlement européen a eu raison de Rumiana Jeleva. Cette dernière semble avoir été profondément meurtrie par la campagne de dénigrement orchestrée par différents parlementaires européens, bulgares et autres. Reliée par les médias de Sofia mais aussi de l’Union, des rumeurs sur un conflit d’intérêt entre les différents mandats politiques et privés de Rumiana Jeleva ont décrédibilisées sa candidature ainsi que sa réputation professionnelle dans le cadre de sa nomination à la commission du Développement et de Réponses de crises. La ministre bulgare des Affaires étrangères a même déclaré vouloir démissionner de tous ses mandats politiques et a émis l’intention de s’installer aux Etats-Unis. La blessure est profonde, elle s’est dit “touchée dans son honneur”. Le Premier ministre de Sofia, Boyko Borissov a rapidement pris acte de la décision bruxelloise et a immédiatement proposé la candidature de Kristalina Georgieva qu’il devait manifestement garder dans sa manche. Il y a une semaine, lors de l’audition ratée de Rumiana Jeleva, c’était le nom du ministre bulgare de la Défense qui circulait. Mais le Premier ministre a vite compris que des tares insurmontables marqueraient pour longtemps les candidats bulgares issus du monde politique de Sofia. En effet, dans les couloirs des parlements européens, la crédibilité des candidats de Bulgarie est entachée du sceau de la corruption. Pour éviter un nouveau scénario catastrophe, le chef du gouvernement s’est retourné vers une personnalité dont la formation et la compétence ne peuvent être mise en doute. Le traité de Lisbonne renforce les pouvoirs des parlementaires européens, si la commission l’oubliait, ils lui auront rappelé à travers cet épisode. Le Premier ministre bulgare a refusé la démission de la malheureuse candidate de son poste aux Affaires étrangères et celle-ci remise de ces émotions devrait reprendre rapidement ses activités à Sofia et peut être même à Bruxelles et à Strasbourg, où, avant ce malheureux épisode, elle était députée… Kristalina Georgieva, une remplaçante irréprochable Toutefois et contrairement à la dernière fois, ce refus des parlementaires européens d’un candidat de la Commission n’a  pas obligé José Manuel Barroso a revoir entièrement sa copie. Les compétences de Kristalina Georgieva en matière de gestion de crises et de protection environnementale ne seront pas aussi aisément remises en cause qu’avec Roumiana Jeleva. Elle a publié près de 80 articles dans des revues spécialisées sur ces thèmes. Agée de 57 ans, la solution bulgare est vice-présidente de la Banque mondiale depuis 2008 mais y travaille depuis 1993. C’est une femme et c’est un point important, car le départ de Roumiana Jeleva et son éventuel remplacement par le ministre bulgare de la Défense aurait encore plus mis en péril la représentation du genre au sein de la Commission. De formation bulgare et anglo-saxonne, Kristalina Georgieva travaillera en contact étroit avec Catherine Asthon, la Haute représentante à la politique étrangère. Cette spécialiste des questions environnementales et de développement durable devrait donner complètement satisfactions aux eurodéputés qui se sont désormais parés d’une armure de défenseur de la probité et de l’honnêteté au coeur du « machin » bruxellois. Kristalina Georgieva a deux semaines pour préparer son grand oral et devrait passer devant les parlementaires le 3 février, afin que la nouvelle Commission puissent commencer officiellement ses activités le 9. Articles liés: A Bruxelles, Haïti est encore au coeur de l’actu Barroso II subit les bisbilles entre partis européens Un Roumain poisson-pilote des Français Barroso II: la chasse aux sorcières est ouverte

Barroso II subit les bisbilles entre partis

Barroso II subit les bisbilles entre partis

14 janvier 2010 à 7 h 12 min 0 commentaire

L’ « ex communiste » hongrois Laszlo Andor, futur commissaire à l’Emploi et aux Affaires sociales, a été auditionné hier pendant 3 heures par un comité de députés européens. Il a finalement fait une très bonne impression. C’est maintenant au tour de la Bulgare Rumiana Jeleva de passer au détecteur de « casseroles » . Le fait qu’elle soit déja sur un siège éjectable a suscité la réaction défensive de son groupe parlementaire (PPE) à l’encontre du socialiste Maros Sefcovic, nommé par la Slovaquie. Au Parlement européen, les auditions de ces deux nouveaux commissaires européens tournent alors à l’opposition gauche-droite. Première commissaire au centre de la polémique, Rumiana Jeleva, actuelle ministre des Affaires Etrangères bulgares et pressentie au portefeuille de l’Aide humanitaire à la Commission. Lors de son audition mardi, elle a très vite été mise en difficulté sur ses compétences, mais aussi accusée d’avoir fait de fausses déclarations d’intérêts financiers. Ancienne eurodéputée, affiliée au Parti Poulaire Européen, les députés socialistes veulent sa peau. Pour contre-attaquer, les conservateurs du PPE choisissent le Slovaque Maros Sefcovic comme cible idéale au Parti Socialiste Européen, qui plus est appelé à devenir vice-président de la Commission. Certaines déclarations publiques passent inaperçues à Bratislava, mais pas à Bruxelles. En 2005, Sefcovic a tenu certains propos discriminatoires à l’encontre de la communauté Rom, qui pourraient bien embarrasser la Commission aujourd’hui. “Jeleva a été victime d’une chasse aux sorcières mais jusqu’ici, elle a clairement dit que ce n‘était pas fondé. En revanche, dans le cas de Sefcovic, je ne pense pas qu’un membre de la Commission, un vice-président de la Commission puisse tenir des propos qui sont discriminatoires, à l’encontre d’un groupe ethnique tout entier, un groupe très considérable à savoir les Roms” , a déclaré le vice-président du PPE au micro d’Euronews En attendant le sort de Sefcovic, Rumiana Jeleva doit montrer patte blanche en prouvant que les parts qu’elle aurait dissimulé sont aujourd’hui celles d’une société qui ne lui appartient plus. Articles liés: Jeleva, un petit tour et puis s’en va Barroso II: un Roumain poisson-pilote des Français Barroso II: la chasse aux sorcières est ouverte