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La Hongrie prête à aider la Bosnie-Herzégovine sur la voie de l’intégration a l’UE

La Hongrie prête à aider la Bosnie-Herzégovine sur la voie de l’intégration a l’UE

11 novembre 2013 à 7 h 15 min 0 commentaire

La Hongrie fera tout son possible pour aider la Bosnie-Herzégovine à se rapprocher de l’adhésion à l’Union Européenne, a affirmé vendredi le Premier ministre Viktor Orbán à son homologue bosnien Vjekoslav Bevanda.

Serbie : la longue route vers l’UE

Serbie : la longue route vers l’UE

9 novembre 2010 à 11 h 07 min 0 commentaire

Le 25 Octobre dernier, les 27 ministres des Affaires étrangères européens réunis au Luxembourg ont accepté de transmettre à la Commission Européenne la candidature de la Serbie à l’adhésion à l’UE. Il s’agit d’une étape importante dans la voie de l’intégration européenne pour la Serbie et son président, le pro-européen Boris Tadic (photo). Le processus risque cependant d’être long et semé d’embûches. Premier contre-temps, la Commission Européenne mettra environ un an avant d’accorder – ou non – le statut officiel de candidat à la Serbie. C’est un signe d’encouragement qu’a envoyé l’UE au gouvernement serbe. Les instances européennes ont souhaité récompenser Belgrade pour son « spectaculaire » rapprochement avec le Kosovo. En septembre dernier, le gouvernement du président Boris Tadic avait accepté, avec l’aide de l’ONU, d’organiser des pourparlers historiques très prochainement avec les autorités Kosovares. Une première depuis l’indépendance du Kosovo, le 17 février 2008. Les Pays-Bas n’oublient pas Srebrenica Les compromis faits par la Serbie avec le Kosovo n’ont pas suffi à convaincre tous les états membres de faire de Belgrade un candidat sérieux à l’intégration dans l’immédiat. Le nouveau gouvernement hollandais de Mark Rutte, soutenu par l’extrême droite batave, demeure farouchement opposé à un geste envers la Serbie et exige l’arrestation officielle de criminels de guerre : notamment le Général Ratko Mladic et l’ancien président de la République Serb-Krajina, Goran Hadžić (photo), toujours recherchés par la justice internationale. Les Pays-Bas sont très sensibles au massacre de plusieurs milliers de musulmans bosniaques à Srebrenica en juillet 1995, et ce pour deux raisons. D’une part, le fait qu’ils accueillent le tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie, et d’autre part, le fait qu’un petit contingent de casques bleus hollandais ait été en charge de la sécurité de l’enclave de Srebrenica au moment des faits. Ces deux raisons leur confèrent donc un certain degré de responsabilité. Soucieux d’oublier celle-ci au plus vite, ils ont obtenu de l’UE un texte en forme de mise en garde à l’égard des autorités serbes afin que ces dernières coopèrent de manière unanime avec le tribunal de la Haye. L’heure du repenti serbe Boris Tadic a, semble-t-il, bien compris le message. La semaine dernière, pour faire taire les mauvaises langues affirmant que les 2 criminels de guerre seraient cachés par les autorités serbes, le président a promis 10 millions d’euros pour toutes informations menant à l’arrestation du bourreau de Srebrenica Ratko Mladic (photo). Jeudi dernier, dans la même idée de redorer l’image du pays, Tadic s’est rendu à Ovcara en Croatie pour présenter les excuses de la Serbie pour le massacre de Vukovar. En novembre 1991, quelques 200 civils et militaires croates avaient été tués par les forces serbes à l’issue de la prise de la ville. Une opération qui, pour les Croates, ne pouvait pas passer inaperçu du côté de Bruxelles. Le problème des hooligans… Dans son entreprise d’intégrer l’UE, la Serbie pourrait voir s’inviter à la table des négociations des éléments aussi perturbateurs qu’inattendus: les hooligans. Déjà pointés du doigt dans l’affaire Brice Taton, les fanatiques serbes ont une nouvelle fois défrayé la chronique, le mois dernier, à Gênes lors du match de football Italie-Serbie. Organisés en bandes paramilitaires, ils ont multipliés les dégradations à l’intérieur et en dehors du stade poussant les autorités italiennes à stopper la rencontre après 6 minutes de jeu seulement ! Ces jeunes, pour la plupart nationalistes et contre l’intégration européenne ont réussi leur coup. Ils ont offert à l’Europe une vilaine image de la Serbie d’autant que la part de responsabilité des autorités serbes s’avère évidente dans ces graves incidents : 169 supporters serbes présents en Italie étaient connus des services de police de Belgrade. … et du Kosovo Les récents remous politiques à Pristina qui ont eu raison du président de la république, en septembre, puis du gouvernement, ces derniers jours, pourraient retarder les prémices de rapprochement entrepris par la Serbie avec le Kosovo. Or, l’UE a été claire à ce sujet : à terme, une adhésion de la Serbie à l’UE sera impossible si le conflit autour du Kosovo n’est pas définitivement réglé. Le nouveau gouvernement kosovar qui prendra place après les élections législatives anticipées le 12 décembre prochain, devrait avoir besoin d’une période d’adaptation avant que les tractations reprennent avec le voisin serbe. La partie avec le Kosovo est donc elle aussi loin d’être gagnée pour Tadic et son gouvernement. Articles liés : Nouvelle crise politique au Kosovo L’interminable procès Taton Les premiers pas de Pal Schmitt dans les Balkans Elections en Bosnie : interview avec « Dosta ! » L’indépendance du Kosovo jugée légale par la CIJ La Slovaquie en voie de reconnaître le Kosovo ? Le massacre de Srebrenica exposé à Budapest Hongrie – Serbie : quand il n’est plus question de guerre, mais de coopération La Hongrie prépare le terrain pour présider l’UE en 2011 La Hongrie soutien l’adhésion serbe à l’UE

Darko Brkan, du mouvement Dosta!

Elections en Bosnie : Interview avec le mouvement « Dosta! »

4 octobre 2010 à 10 h 47 min 0 commentaire

Dosta! est née en 2005 de la rencontre d’un groupe de jeunes activistes bosniens ayant pour but de tirer la Bosnie de son apathie, d’impliquer l’ensemble de ses citoyens dans la vie politique, et de dénoncer la corruption généralisée et les divisions ethniques. Dosta! est devenu l’un des mouvement phares de la société civile bosnienne. On lui doit notamment la démission du premier ministre en mai 2009. Le jour même d’élections générales présentées comme les élections de la dernière chance pour éviter la désintégration de la Bosnie-Herzégovine, l’un de ses militants de premier plan, Darko Brkan, a répondu aux questions de Hulala. Il est aussi dirigeant de l’ONG « Zašto ne » (pourquoi pas) et une figure bien connue de la « résistance civile » bosnienne. Qui sont les militants de Dosta! ? Darko Brkan : Nous sommes un groupe de personnes originaires de toutes les parties de la Bosnie-Herzégovine et qui sont engagées dans l’évolution de la situation actuelle en Bosnie-Herzégovine. Notre principal objectif est la création d’une société civile engagée et la participation politique de tous les citoyens au processus décisionnel d’un côté, et d’établir la responsabilité comme le principe fondamental de la gouvernance dans ce pays. Nous venons de toutes les ethnies, de diverses villes de Bosnie-Herzégovine, et d’horizons différents. La majorité des militants sont jeunes, puisque nous utilisons principalement Internet pour la communication et l’organisation, mais il ya aussi des militants plus âgés. Pensez-vous qu’il y a une réelle volonté des jeunes de Bosnie de transcender les divisions et pensez-vous que cela soit encore possible ? Darko Brkan : Eh bien, je ne ferais pas ce que je fais si je ne pensais pas que cela reste possible. Cependant, ce sera un processus long et difficile. Il y a de nombreuses régions du pays où ces considérations sont loin d’atteindre les jeunes,  où ils sont ghettoïsés dans des sociétés homogènes et où la haine définit leur sentiment national. Toutefois, avec l’aide de mouvements comme le nôtre qui voient le jour dans tout le pays et le développement de l’Internet, je pense que l’avenir apportera de meilleures perspectives. Quels sont les principaux problèmes rencontrés par les jeunes Bosniens ? Darko Brkan : Ils sont nombreux et ils sont à peu près les mêmes que pour le reste de la population. Le manque de perspectives, la ségrégation ethnique, le chômage, le manque de sécurité, la corruption de l’Etat et de la société. Cependant, tout cela peut être mis en perspective d’un manque total de responsabilité de nos représentants politiques à tous les niveaux et dans tous les secteurs de la société. Ainsi, nous avons des problèmes de mise en œuvre de toute stratégie, ou de tout ce qui pourrait donner des résultats durables. Qu’est-ce qui pourrait dissuader les jeunes gens de quitter la Bosnie pour vivre et travailler ailleurs ? Darko Brkan : Qu’ils sentent que les choses avancent et qu’ils trouvent des perspectives pour leur propre vie. S’ils voient un mouvement vers un compromis qui faciliterait la manière dont la société fonctionne, mais aussi s’ils voient un gouvernement plus responsable et qui rendrait des comptes à sa base, en particulier aux jeunes. « Otpor » en Serbie, à laquelle vous êtes souvent comparés, a obtenu de grands résultats [La chute de Slobodan Milosevic lui reviendrait en partie, ndlr]. Qu’est-ce qui empêche un engagement plus massif des jeunes en Bosnie? Darko Brkan : Comparer « Otpor » dans le Serbie de l’époque et « Dosta! » dans la Bosnie-Herzégovine d’aujourd’hui, n’est peut-être pas approprié. Je pense que la diversité et la situation particulière de la Bosnie-Herzégovine rendent les choses beaucoup plus difficiles. « Dosta! » a obtenu de bons résultats : manifestations, rassemblements, démission des premiers ministres du canton de Sarajevo et de la Fédération de BiH  sous notre pression, etc. Nous militons pout la mise en place des principes démocratiques dans un pays. Il s’agit d’une lutte sur le long terme, mais les résultats devraient être plus durables. On dit que Sarajevo a perdu son âme avec la guerre. Êtes-vous d’accord avec ce constat ? Darko Brkan : Eh bien, dans une certaine mesure. Mais l’âme de la ville est ce que les gens créent. Par exemple, je dirais que la ville avait beaucoup plus d’âme il y a dix ans que maintenant, ce qui signifie que la guerre n’est peut-être pas la raison à cela. Mais une jeunesse créative et « alternative » apparaît de plus en plus et, avec quelques changements positifs dans la façon dont le pays est dirigé, elle pourrait apporter plus d’espoir pour l’avenir. Attendez quelque chose de ces élections? Vont-elles entériner la division du pays ? Darko Brkan : J’attends de ces élections qu’elles apportent une chose sur la scène politique en Bosnie-Herzégovine : qu’elles initient un processus de démocratisation du pays et que les citoyens montrent au gouvernement qu’ils ne les laisseront plus abuser de leur confiance. Pour terminer avec une question un peu plus personnelle: Qu’est-ce qui fait que vous aimez la Bosnie ? Darko Brkan : Je suis né ici, la plupart de mes amis et de ma famille sont ici, et j’aime ces gens qui vivent ici. Mais ce n’est pas la raison pour laquelle je fais « Dosta! » car il y a beaucoup d’autres endroits que j’aime dans le monde. Je vois mon rôle ici et j’ai la mission d’aider ces personnes à mieux vivre. Je ne fais pas cela par sentiment patriotique ou quoi que ce soit de cet ordre, je fais cela car c’est là que je trouve la raison de mon existence et de la lutte. Liens : Dosta ! Zašto ne

Angelina Jolie et Brad Pitt en Bosnie-Herzégovine en avril 2010

Angelina Jolie au chevet de la Bosnie

23 août 2010 à 14 h 11 min 0 commentaire

Après un passage éclair à Budapest vendredi pour assurer la promotion de son dernier film, le thriller Salt, l’actrice américaine, compagne de Brad Pitt, et véritable poule aux œufs d’or de la presse people s’est posée à Sarajevo avec cette fois sa casquette d’ambassadrice du Haut Commissariat aux Réfugiés de l’ONU, a rapporté le quotidien bosnien Dnevni Azav. Alors qu’elle était censée honorer les Croates de sa venue dans leur capitale de Zagreb, Jolie a effectué une pirouette pour finalement se rendre à Sarajevo afin de promouvoir le retour des réfugiés et déplacés de Bosnie-Herzégovine. Elle a rencontrée des dirigeants bosniens – le bosniaque Haris Silajdzic et le croate Zeljko Komsic – auxquels elle a déclaré « espérer qu’il y aura bientôt des mesures concrètes pour améliorer la vie de ces gens« . On peut douter que le charme naturel de la star et sa plastique suffisent à démêler le sac de nœuds administratif qui empêche, quinze ans après la fin des combats, le retour de plusieurs dizaines de milliers de réfugiés. De même, on peut douter que son sourire et sa notoriété puissent changer quoi que ce soit au manque de volonté de revenir sur l’homogénéisation ethnique acquise par la force et de (re)construire une société multinationale harmonieuse. Ce n’est pas sa première visite en Ex-Yougoslavie. Au printemps dernier, elle avait fait un beau cadeau aux réfugiés de Bosnie orientale en leur rendant une visite en compagnie de son Brad Pitt de mari. Angelina Jolie a aussi profité de son escale bosnienne, vendredi, pour faire part à la presse de son projet de tourner son premier film dans la région. Il s’agira, selon ses révélations, d’une histoire d’amour sur fond de chaos balkanique et de la guerre de Bosnie de 1992-95. « Je voudrais y associer autant que possible des gens de la région et apprendre autant que je peux. » Elle a aussi prévenu que le film ne contiendra pas de message politique. Peut-être ignore-t-elle que dans cette partie du monde, tout est politique… Le tournage devrait commencer dès cet automne.

Villany 1915, Sarajevo 2010

21 juin 2010 à 12 h 22 min 0 commentaire

Etrange histoire que celle révélée par Associated Press ce weekend. Il a fallu 95 longues années à une carte postale envoyée par un soldat bosnien basé à Villany, en Hongrie, pour arriver à destination à Sarajevo, en Bosnie-Herzégovine. Sans l’intervention de Nihad Eric Dzinovic, cette lettre, comme beaucoup d’autres adressées pendant la Première Guerre mondiale serait restée inconnue. Ce bijoutier à la retraite originaire de Bosnie mais vivant en Californie, grand collectionneur d’antiquités, a acheté la carte postale pour 50$ dans une brocante à Long Beach. Lors d’une de ses visites régulières dans sa ville natale de Sarajevo, un nom lui saute aux oreilles alors qu’il se trouve dans un magasin d’antiquités de la vieille ville. Celui de Bicakcic. Le jour suivant, il retrouve ce dentiste de 48 ans et lui présente la fameuse carte postale. Bicakcic reconnait instantanément son grand-père, Edhem Bicakcic, posant parmi d’autres soldats dans le Sud de la Hongrie. Celui-ci devint même plus tard le maire de Sarajevo.

La Hongrie prépare le terrain pour présider l’Europe en 2011

La Hongrie prépare le terrain pour présider l’Europe en 2011

3 février 2010 à 23 h 05 min 0 commentaire

Pour la présidence du Conseil de l’Union européenne au premier semestre 2011, la Hongrie prévoit un effectif de 700 employés. La grande majorité d’entre-eux sont déjà fonctionnaires aux affaires européennes. Après l’Espagne et la Belgique cette année, la Hongrie viendra clore ce « trio présidentiel » d’un an et demi à partir du 1er janvier prochain. La Hongrie sera l’hôte d’environ 15 conseils ministériels informels au cours de son mandat de six mois. Le nombre de sommets de chefs d’Etat qu’elle accueillera est cependant encore inconnu, et sujet à discussion. Le ministère des Affaires Etrangères s’efforce actuellement de tout organiser. En attendant, le « trio » a élaboré un programme commun et a déja clairement établit les priorités communes aux trois présidences: promouvoir les efforts qui visent à sortir de la crise économique et renforcer la lutte contre le chômage de manière efficace. Une présidence sous le signe du Danube… Les trois pays sont également tombés d’accord pour promouvoir l’utilisation durable des ressources naturelles. C’est justement dans ce secteur que la Hongrie a un intérêt direct, notamment dans le développement d’une politique européenne intégrée de gestion des eaux. La nouvelle stratégie de l’Union européenne pour le Danube dont nous rapportions les débuts prometteurs il y a une semaine devrait d’ailleurs être effectivement lancée durant le mandat de la Hongrie. … et de l’approfondissement des relations orientales Dans la veine du travail diplomatique hongrois dans les Balkans depuis plusieurs mois, la présidence hongroise de l’UE devrait logiquement soutenir la politique d’élargissement et faire entrer la Croatie dans sa phase finale d’adhésion. Autre « highlight » à venir dans le dossier de l’élargissement, le second sommet du Partenariat Oriental initié par les Relations Extérieures de la Commission européenne, aura lieu pendant le mandat de la Hongrie. Ce partenariat étudie de nouvelles idées émises par la Commission, pour approfondir les relations de l’UE avec l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Géorgie, la Moldavie, l’Ukraine et, sous conditions, la Biélorussie. Pendant son mandat, la Hongrie s’efforcera de réussir l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’espace Schengen, prévue pour mars 2011. Si cela se réalise, une bonne partie des frontières septentrionales et orientales de la Hongrie sera quelque peu soulagée d’une responsabilité qui pèse lourdement sur elle aujourd’hui. Péter Balazs, le ministre hongrois des Affaires Etrangères, a déclaré mercredi à MTI que la Hongrie a tenu à ajouter la diversité culturelle et le renforcement du régionalisme au programme de la présidence à trois. La semaine dernière, le même Péter Balazs se prononçait déja à Bruxelles sur les effets pervers actuels des accords de Dayton en Bosnie-Herzégovine, qui, politiquement divisée en trois communautés ethniques, subit une forte instabilité politique et se trouve sous la menace de tous les nationalismes. La Bosnie tiendra ses élections présidentielles et législatives en octobre cette année. Articles liés: Bons débuts de la stratégie européenne pour le Danube « Hajrá Pécs ! Hajrá Magyarország ! Hajrá Europa ! » Albanie-Hongrie, les nouveaux amis La Hongrie soutient l’adhésion de la Serbie à l’UE

Belgrade-Sarajevo: les Balkans sur de nouveaux rails

Belgrade-Sarajevo: les Balkans sur de nouveaux rails

14 décembre 2009 à 14 h 29 min 0 commentaire

Un train direct, au départ de Belgrade dimanche matin, à rallié les capitales serbes et bosniaques, pour la première fois depuis l’éclatement de la Yougoslavie en 1991. Le convoi n’était pas bien impressionnant, mais après dix-huit ans d’absence, quatre longues années de guerre et quelques 100.000 morts en Bosnie, le symbole est fort. Depuis 1991, cette liaison ferroviaire longue de 500 km, baptisée avec fracas « Olympic Express » en l’honneur des Jeux olympiques d’hiver de 1984 à Sarajevo, la plus fréquentée et la plus moderne de toute la Yougoslavie, avait été suspendue en raison de l’éclatement de la guerre entre les Républiques yougoslaves de Serbie et de Croatie. Une guerre qui allait se  propager dès 1992 au territoire de la Bosnie-Herzégovine. Une inauguration très modeste Hier, seuls dix-neuf passagers, dont neuf d’entre eux  allaient descendre au terminus de Sarajevo, sont montés à bord des trois wagons en piteux état qui composent ce train. Chaque wagon a une couleur attitrée. Et pour cause, l’un vient de Serbie et les deux autres des deux entités constitutives de la Bosnie-Herzégovine actuelle : la République serbe de Bosnie (Republika Srpska) et la fédération croato-musulmane. Comme rien n’est simple dans cette partie de l’Europe, le wagon bosno-serbe n’ira pas jusqu’à Sarajevo mais s’arrêtera en Républika Srpska… Encore un symbole, mais négatif cette-fois : la Bosnie actuelle résultant des accords de Dayton n’a toujours pas réussi à surmonter ses clivages ethniques et à former un Etat unifié. Le trajet entre les deux capitales durera neuf heures et franchira deux frontières internationales, entre la Serbie et la Croatie, puis entre la Croatie et la Bosnie. Ces modestes performances seront compensées par un prix très attractif de 31 euros pour l’aller-retour.