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Institut français de Budapest : hommage à un témoin engagé de 1956

Institut français de Budapest : hommage à un témoin engagé de 1956

21 octobre 2013 à 6 h 25 min 0 commentaire

Communiqué de l’Institut français de Budapest A l’occasion des commémorations du soulèvement de 1956, l’Institut Français de Budapest vous invite ce lundi soir à une rencontre autour de la figure de Guy Turbet-Delof, directeur de l’Institut français de 1947 à 1958, et témoin engagé de la révolution hongroise. Lundi 21 octobre 2013, à 17h Institut Français de Budapest, 17. Fö utca, 1011 Budapest. En français et en hongrois avec traduction simultanée. Une table ronde réunissant des témoins et des historiens évoquera la vie de Turbet-Delof et sa traversée des événements tragiques de 1956, qu’il vécut en observateur attentif et lucide, doué d’une remarquable empathie envers le peuple hongrois. Une exposition regroupant des documents d’archive inédits sera également présentée au public. Participants et programme de la table ronde : 17h : Ouverture de la soirée par Hervé Ferrage, Directeur de l’Institut Français de Budapest 17h10 : Présentation de Guy Turbet-Delof, par Bernard Lachaise, historien, professeur à l’Université de Bordeaux 17h30 : Guy Turbet-Delof vu à travers les archives des services secrets hongrois (ÁBTL), par Gergely Fejérdy, historien, Institut hongrois des affaires étrangères 17h50 : Le rôle de Tubet-Delof dans le sauvetage d’œuvres d’art, par David Rosenberg, écrivain et commissaire d’exposition 18h10 : A Budapest, en 56, avec Guy Turbet-Delof, par Thomas Schreiber, journaliste 18h30 : Témoignage d’un ancien élève, par André Lorant, professeur honoraire des Universités. Discussion avec la salle, en présence de Christine Métairie-François, fille du Guy Turbet-Delof « Tout se passait comme si la Vérité se réduisait au fait brut ; et la morale à une évidence. Ce spontanéisme avait un parfum d’état d’innocence, au sens théologique du mot. La vérité que tout un peuple soudain exigeait à grands coups d’embrassades mouillées de larmes de joie n’était pas seulement l’antonyme de l’erreur mais encore et surtout le contraire du mensonge. » Guy Turbet-Delof, préface non publiée de son Journal.

Mon 23 octobre à Budapest

Mon 23 octobre à Budapest

25 octobre 2012 à 8 h 43 min 13 commentaires

23 octobre, jour de fête nationale en Hongrie. En théorie cette journée devrait servir à commémorer la révolution de 1956 dans l’unité, mais cela fait longtemps que les partis politiques hongrois sautent sur cette occasion pour servir leur petite propagande et cracher sur leurs adversaires.

1956 vu par un tout jeune Parisien

1956 vu par un tout jeune Parisien

16 octobre 2012 à 8 h 27 min 47 commentaires

Né avec le baby boom d’après guerre, j’avais 10 ans en 1956. Un âge où les événements s’ancrent très profondément dans notre petit crâne pour ne plus en ressortir. Tel est le cas de ces journées d’octobre 1956 (23 octobre-4 novembre) dont je garde encore un souvenir très vivant.

István Csurka enterré en héros

István Csurka enterré en héros

20 février 2012 à 7 h 15 min 1 commentaire

Le dramaturge et politicien István Csurka a eu droit à un bel hommage samedi pour ses funérailles à Kerepesi, le cimetière « VIP » de Budapest. En présence de nombreuses personnalités politiques de la Fidesz et de l’extrême-droite hongroise, il a été enterré dans l’espace réservé aux héros de 1956. Les visiteurs du « Père Lachaise » local peuvent donc dorénavant compter Istvan Csurka parmi les figures emblématiques de la nation hongroise.

Statue de Staline : les oreilles et la queue !

Statue de Staline : les oreilles et la queue !

26 octobre 2010 à 12 h 11 min 0 commentaire

La « Magyar Nemzeti Galéria » (La galerie nationale hongroise) vient de faire l’acquisition d’une précieuse pièce qui garnira dorénavant sa collection permanente : une oreille de la statue de Staline déboulonnée au cours du soulèvement de Budapest contre l’URSS, le 23 octobre 1956. Apparemment le musée a fait une bonne affaire car il a réussi à l’acquérir pour un demi-million HUF, contre un prix de départ fixé par son propriétaire privé à 2 millions HUF.

Edina Koszmovszky (photo : Aron Mucsanyi/Hulala)

Il y a un an, rencontre avec l’égérie de 56

22 octobre 2010 à 15 h 57 min 1 commentaire

L’an dernier, le jour de la fête nationale du 23 octobre célébrant le soulèvement de la Hongrie contre l’occupant russe, Hulala eu la chance de rencontrer au Cinéma Corvin Edina Koszmovszki, une des grandes figures de ce qui reste dans la mémoire collective comme la “Révolution de 1956”. Elle nous a livré son précieux témoignage sur ces évènements puis sur son parcours d’exilée en France. Edina Koszmovszki fut, le 23 octobre 1956, la jeune fille qui a pris le micro pour prononcer le texte énumérant les 16 revendications des étudiants de Budapest envers le régime contrôlé par Moscou. Elle est donc l’égérie de la prise de contrôle de la radio nationale, un des grands symboles de la Hongrie résistante et aspirant à l’indépendance. Après son passage en direct à la télévision Duna, à l’endroit où les insurgés de 56 se sont repliés derrière des barricades de fortune quand les chars russes intervenaient massivement sur Budapest, Edina Koszmoszki, vêtue d’une veste Rakoczi, se présente tout de suite dans un français parfait. Celle qu’on a appelé “la fille au manteau rouge” (“piros kabátos lány”) nous raconte d’abord sa journée du 23 octobre 1956, ou comment la spontanéité n’a en rien altéré la dimension historique des événements. Sa prise de parole à la Magyar Radio “Tout s’est passé complètement par hasard. A l’époque, j’avais 18 ans et j’étais une jeune étudiante. Je me souviens d’ailleurs m’être inscrite à l’Alliance Française un mois plus tôt pour prendre des cours de langues. En partant en cours le matin, je n’imaginais pas me retrouver enfermée à la radio le soir-même. J’ai été prise dans l’effervescence qui a mené les étudiants à prendre d’assault l’immeuble de la radio pour déclarer Budapest libre”. Bien que l’insurrection en elle-même fut organisée conjointement par les étudiants et les ouvriers, prendre le contrôle de la radio n’était pas à l’ordre du jour au cours des manifestations ce jour-là. Comment la jeune Edina est-elle devenue la “porte-parole” des insurgés? “On m’a mis un papier dans les mains”, dit-elle. La première fois, elle l’a lu sur une voiture, non loin du Parlement. La seconde fois fut la plus remarquée, depuis le balcon du bâtiment de la Magyar Radio. La France, un asile politique idéal A partir du 4 novembre et pendant les dix jours où Budapest baignait dans le sang mais se nourrissait encore de l’espoir de voir le retour d’Imre Nagy au pouvoir, Edina Koszmovszki était sur la liste des personnes à arrêter, voire à déporter. Comme 200 000 de ses compatriotes, elle est parvenue à rejoindre l’Occident : “Je suis passée d’abord par l’Autriche, bien sûr. A Vienne, je suis allée directement à l’ambassade de France. Je souhaitais me rendre en France car pour moi, c’était l’idéal démocratique à l’époque, et puis j’étais aussi amoureuse… des Droits de l’Homme ! Maintenant, je vis retraitée à Nice.” La récupération politique de 56 et les commémorations actuelles Edina Koszmovszki reste cependant très prudente quant à ses déclarations par rapport aux différentes manières de commémorer 1956: “Partout ou je suis invitée, ça se passe toujours très bien, parce qu’on m’écoute en tant que témoin direct. Ne vivant plus en Hongrie, je ne peux pas vraiment dire grand chose sur les différents ressentis de ce qui s’est passé en 56. Mais l’autre jour, un chauffeur de taxi me confiait son sentiment selon lequel les générations actuelles ont une vision très tronquée de ce qui s’est réellement passé. Il disait qu’il y a beaucoup de mensonges et de mythes autour de ca ». Et de continuer : « Il y a deux histoires parallèles : l’officielle d’un côté, et ce qui se disait à l’intérieur des familles de l’autre”. Quant à la récupération politique des événements par les différents partis, elle préfère ne pass’engager : “Encore une fois, je n’habite pas en Hongrie, bien que la double nationalité me donne l’occasion de voter ici. Je ne sais pas trop ce que disent les différents partis politiques les uns sur les autres à l’occasion de commémorer 56”. Le petit Nicolas Sarkozy “à dada sur mon bidet” Enfin, à la question de savoir si elle a rencontré des personnalités franco-hongroises, Edina répond, amusée : “J’ai connu l’écrivain Ferenc Fejtö, que j’ai eu le plaisir de rencontrer plusieurs fois. J’ai eu également l’occasion de croiser Pal Sarkozy lorsque son fils Nicolas, le Président actuel, n’avait que deux ans. Je ne connaissais pas vraiment son père, mais comme j’aime beaucoup les enfants, je me souviens l’avoir fait sauter sur mes genoux, vous savez, “à dada sur mon bidet”!

Chronique politique: les partis hongrois « pour les nuls » (4/5) – MSzP

Chronique politique: les partis hongrois « pour les nuls » (4/5) – MSzP

8 avril 2010 à 23 h 30 min 4 commentaires

MSzP, du communisme au social-libéralisme ! Dans l’avant dernier acte de cet « abécédaire » des partis politiques de la « Droite » vers la « Gauche » hongroise, nous abordons aujourd’hui le parti auquel il ne reste – très vraisemblablement – que quelques jours à gouverner, le parti socialiste. Le Magyar Szocialista Párt (parti socialiste hongrois) est né à l’occasion du 14ème congres du parti socialiste ouvrier hongrois en octobre 1989 au moment où le mur de Berlin était en train de tomber. Il est l’héritier de l’époque d’après 1956 et du système de parti unique. Lors des premieres élections apres le changement de régime, il ne reccueille que 10% des suffrages exprimés. Cela aurait pu annoncer sa mort prématurée mais il a su rebondir, pour prendre le pouvoir 4 ans plus tard et devenir le parti de la « gauche » hongroise. Dans une démocratie nouvelle et donc instable il réussit, en 2006, l’exploit d’être le premier gouvernement réélu, grâce à une mutation vers un « social-libéralisme » (proche du blairisme). Ferenc Gyurcsany, la rançon du succès Cette transformation a été menée d’une main de maître par son Premier ministre de l’époque Ferenc Gyurcsany. Succédant en 2003 à Péter Medgyessy, homme politique incarnant une image passée, il représente cette nouvelle génération d’hommes d’affaires, opportunistes et initiés. Ancien leader des jeunesses communistes, il est rapidement devenu un symbole du self-made man hongrois grâce à son intelligence et à ses facultés d’adaptation. Mais son cynisme va le rattraper, quelques semaines après sa réélection en septembre 2006, lorsqu’un de ses discours off (le discours dit « d’Oszöd »), enregistré à son insu, est diffusé sur la radio nationale hongroise : « Nous avons merdé (…). Personne en Europe n’a fait de pareilles conneries, sauf nous (…). Il est évident que nous avons menti tout au long des derniers dix-huit mois … Nous avons tout fait pour garder secret en fin de campagne électorale ce dont ce p.tain de pays a vraiment besoin, ce que nous comptions faire après la victoire électorale : nous le savions tous, après la victoire, il faut se mettre au travail, car nous n’avons jamais eu de problème de cette envergure. » A propos de ce discours, l’ancien Premier ministre est revenu publiquement sur la question il y a trois semaines, en affirmant qu’il ne regrettait pas ses propos, mais bien plutôt qu’ils aient été manipulés hors de leur contexte. 2006 et les commémorations – émeutes de l’insurrection de 1956 Ce moment de vérité, mettant en avant le cynisme de la politique hongroise, a entraîné une série d’émeutes à Budapest, pour la première fois depuis l’insurrection de 1956. Cela a commencé de manière plus ou moins spontanée avec la tentative, comme en 56, de la prise de l’immeuble de la télévision nationale (MTV) sur Szabadsag tér par des individus plus ou moins extrémistes, et cela s’est poursuivit quelques semaines plus tard à l’occasion du cinquantenaire de 1956. Depuis ces événements, quoi qu’ils fassent, Gyurcsany et le MSzP cristalisent toute la déception et la colère du peuple hongrois envers ses responsables politiques. Gyurcsany a tenu jusqu’en 2009, où, un an avant les élections, il a laissé la place de Premier ministre à son ancien ministre de l’Economie, Gordon Bajnai. Ce dernier qui n’a pas été gardien de but pour rien, tient la barraque hongroise sur le plan financier principalement. Cet  « homme de dossiers », qui n’est pourtant pas officiellement étiqueté, a dirigé le gouvernement socialiste jusqu’à maintenant, avec un bilan qui ne suffira peut-être pas au MSzP pour être justement représenté au Parlement prochainement, malgré les louanges des bailleurs de fonds internationaux. Laisser passer la tempête? Pour les législatives cette année, le MSzP a placé un « candidat martyr » en tête (Attila Mesterhazy), et attend patiemment de pouvoir se reconstruire d’ici les prochaines élections, l’instabilité politique restant de mise en Hongrie. Cependant, laisser passer la tempête sans réagir vite pourrait également être fatal pour ce parti historique, qui va sans doute commencer sa déliquescence dans quelques semaines, s’il ne reste pas deuxième force politique du pays devant l’extrême droite, fortement représentée par Jobbik. On peut alors s’imaginer que le « renouveau à gauche » est peut-être ailleurs, chez les jeunes « loups » écolos du LMP par exemple, qui comptent bien incarner la nouvelle génération de progressistes hongrois. Le dernier volet de notre chronique leur sera d’ailleurs logiquement réservé. Articles liés : Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (5/5) – LMP Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (3/5) – MDF Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (2/5) – FIDESz Chronique politique : les partis hongrois « pour les nuls » (1/5) – Jobbik Comment sont élus les parlementaires hongrois? A Paris, Morvai est sympa et Gyurcsany est Bill Gates Les vrais enjeux du scrutin Un ancien du MSzP prend huit ans fermes La Fidesz gouvernera seule : « Csak a Fidesz! » Comment sont élus les parlementaires hongrois? Législatives : Ce qui peut encore arriver…et ce qui ne peut plus Un 15 mars tout en douceur Un 15 mars en campagne MSzP – FIDESz : le FMI créancier, mais pas arbitre Viktor Orban joue « la force tranquille » L’étau se resserre sur la FIDESz Législatives : la bataille peut commencer Orbán déjà Premier Ministre? « Ensemble, tout devient possible » ? Solyom avec 8 mois de retard Emeutes à la manif anti Bajnai

Frictions amicales entre Hongrie et Serbie au water polo

Frictions amicales entre Hongrie et Serbie au water polo

26 janvier 2010 à 4 h 26 min 2 commentaires

A Szeged hier, la Hongrie et la Serbie jouaient un match amical de water-polo. Les rencontres dans ce sport aquatique entre les deux pays sont souvent d’un très haut niveau, mais dégénèrent facilement. Cette fois-ci, il n’y avait pourtant pas d’enjeu particulier, sinon des retrouvailles qui promettaient d’être musclées après le quart de finale aux championnats du monde l’an dernier. Ce match nul a tout de même accouché de deux bagarres générales.

Hommages à un héros du water-polo

Hommages à un héros du water-polo

6 décembre 2009 à 20 h 08 min 0 commentaire

Kalman Markovits, deux fois champion olympique de water-polo avec la Hongrie, est décédé samedi de sa maladie à l’âge de 78 ans. Hier, le Premier Ministre Bajnai lui-même lui rendait hommage : « sa mort n’est pas seulement une grande perte pour les amateurs de sport, mais pour la nation toute entière ». Et d’ajouter : « Markovits et ses coéquipiers ont donné espoir et fierté aux Hongrois lorsqu’ils en avaient le plus besoin ». En effet, il a contribué au titre olympique hongrois en 52 à Helsinki, en jouant 6 rencontres et en marquant 3 buts. Mais la médaille d’or dont la Hongrie est la plus fière est certainement la seconde, en 56 à Melbourne, où Markovits avait joué le même nombre de matchs et scoré autant que 4 ans auparavant. La victoire de 56 a une très haute valeur symbolique pour les Hongrois, puisque leur place en finale a été gagnée dans un « bain de sang » contre l’URSS, lorsque le climat politique en Hongrie était très hostile à l’occupation russe. Cette demi-finale est, aujourd’hui encore, considérée comme une prémonition de la révolution qui allait éclater quelques mois plus tard à Budapest. En 1960, à Rome, Kalman Markovits participait à ses dernières olympiades. Il a joué 4 matchs et marqué un but, mais les favoris de la sélection hongroise n’ont obtenu « que » la médaille de bronze.

Les rois du mash-up à Budapest

Les rois du mash-up à Budapest

24 novembre 2009 à 19 h 04 min 0 commentaire

Vendredi, le duo 2manydjs sera à Budapest, pour une fête qui promet d’être réellement exceptionnelle. Les rois incontestés du mash-up seront accompagnés de la fine fleur des djs hongrois tels que Fine Cut Bodies, Palotai, Cadik, Superman et de nombreux autres répartis sur 3 scènes. Le tout Budapest y sera. Histoire d’une fête d’ores et déjà « historique » Au début, quelques rumeurs. Puis un groupe facebook, où les inconnus et mystérieux organisateurs « Tele-Vision » annonçaient la venue de 2manydjs pour une buli « spéciale » dont le lieu serait tenu secret jusqu’au dernier moment. Une bonne frange de Budapest se sentant initiée au secret, a longtemps imaginé beaucoup de choses. La réalité de ce que sera cette fête gargantuesque, est encore plus folle. Le 11 novembre, les infos officielles sont tombées: plus de 20 djs, 4 scènes, dans un lieu historique de la capitale. Un coup de marketing bien orchestré par les organisateurs qui s’avèrent être ceux de Cinetrip. Pour autant, la fête n’en sera pas moins gigantesque. Un lieu pas moins historique Jamais de fête n’avait eu lieu au Tözsdepalota. Anciennement la bourse hongroise et jusqu’à récemment les locaux de la télévision nationale, ce bâtiment est riche en histoire. Lors de la révolution de 56, y siégeait la radio nationale. Celui-ci fut alors envahi puis occupé par les révoltés, d’où ils avaient émis sur les ondes leurs revendications. Plus récemment, en 2006, lors des manifestations réclamant la démission du Premier Ministre Gyurcsany, il fut également occupé pendant plusieurs heures entrainant une coupure de la chaine pour autant de temps. La télévision nationale ayant quitté les lieux récemment pour s’installer en périphérie de Budapest, les locaux sont restés vacants depuis. Pour l’occasion d’un soir, le Tözsdepalota se transformera en club. Radio Soulwax Le duo, originaire de Belgique est également connu pour leur groupe d’électro Soulwax, dont les morceaux et remixes sont parmi les plus joués dans les boîtes à travers la planète. Même les plus réticents à la musique électronique ont entendus et peut être même sifflotés les airs de NY Excuse, leurs remixes des Klaxons « Gravity Rainbow » ou encore de Justice « Phantom Pt II » (que le groupe Justice joue maintenant plus souvent que leur propre version – l’originale). 2manydjs est le nom de leur projet de djing. La particularité de celui-ci réside dans le fait qu’ils pratiquent le mash-up, c’est à dire qu’ils créent de nouveau morceaux en mélangeant plusieurs morceaux préexistant. Genre dont ils sont maîtres. Un projet à vocation live. Créé live, pour le live. Tous les enregistrements disponibles étant eux aussi, live. Leurs sets mélangent leurs remixes souvent très électro et leurs mash-up exécutés live, bien sûr, de groupes aussi variés que le Velvet Underground, New Order, The Residents et même Beethoven. 2manydjs joue devant un public assez rarement et chacune de leur apparition, calculée, a presque toujours quelque chose de particulier. Comme ce vendredi à Budapest, pour leur première représentation en Hongrie. De quoi faire de l’ombre à l’un des pères de la drum and bass, Ed Rush, qui jouera le même soir, au Corvin Tetö. Tickets disponibles à Merlin (Gerlóczy u. 4) pour 5000 forint / 6000 le soir même sur place. Groupe Facebook Myspace officiel

1956 : des commémorations à l’avant-goût électoral

1956 : des commémorations à l’avant-goût électoral

25 octobre 2009 à 23 h 34 min 0 commentaire

Vendredi, les commémorations de l’anniversaire du soulèvement populaire hongrois contre Moscou le 23 octobre 1956 se sont déroulées dans un climat marqué par les prochaines échéances électorales, loin des débordements de ces trois dernières années. Un diaporama en fin d’article, pour vivre le seul moment « fort » de la journée, où seule l’extrême droite, Jobbik et Magyar Garda en tête, ont tenu à se faire remarquer . Toute la semaine, le cœur de Budapest a été orné de véhicules militaires d’époque et de reliques de l’occupation russe évoquant à la fois l’insurrection du 23 octobre 1956, et la fin officielle de la République populaire de Hongrie, devenue République indépendante le même 23 octobre, mais de l’année 1989. Ce vendredi, les célébrations officielles habituelles ont eu lieu devant le Parlement, avec un hommage rendu aux victimes de la répression russe, qui a commencé le 4 novembre 1956. La journée a commencé avec des commémorations très sobres au cinéma Corvin (Corvin Mozi), haut lieu de l’insurrection budapestoise. Une affluence très faible, des nostalgiques septuagénaires pour la plupart, était à noter. La FIDESz se positionne en douceur pour 2010 Le grand parti d’opposition de droite, la FIDESz qui, ces trois dernières années, avait fait de cette date un grand rassemblement anti-gouvernemental, est restée relativement discrète en tenant un meeting dans la banlieue de Budapest.  Pour elle, l’enjeu était de taille : à quelques six mois d’élections législatives, dont tous les sondages annoncent qu’elle sortira très largement vainqueur, il s’agissait pour elle de rassurer son électorat en se distanciant du parti de l’extrême-droite Jobbik et d’éventuels troubles fomentés par des éléments radicaux en marge des célébrations. Après avoir flirté avec cette extrême-droite montante (le Jobbik a obtenu un peu moins de 15% des suffrages aux élections européennes de juin), il semblerait donc que la FIDESz soit en train de se recentrer en vue des élections. Pendant ce temps, à droite de la Droite Le « Mouvement pour une meilleure Hongrie » Jobbik s’est affranchi de la sobriété affichée par tous les candidats futurs au pouvoir, bien décidé à jouer son va-tout politique. Il a réuni plusieurs milliers de ses sympathisants en plein centre de la capitale, sur Erzsébet tér, à grands renforts d’hymne, de musique « metal », de poèmes de János Arany et du lyrisme dont elle est coutumière. Il a pu compté, comme on peut le constater sur le diaporama, sur le soutien indéfectible de son bras armé, la très photogénique et désormais très médiatique Magyar Garda. Celle-ci s’était rassemblée pour une messe au « temple du retour », qui jouxte Szabadsag tér et le bâtiment de la radio-télévision nationale cher aux insurgés. Les commémorations du 23 octobre 2006 s’étaient déroulées dans un climat quasi-insurrectionnel consécutif à la diffusion d’un enregistrement de propos prononcés par le Premier Ministre d’alors, Ferenc Gyurcsány, et de son fameux « Kurvaorszag ». Des incidents s’étaient reproduits, dans une moindre mesure, en 2007 et 2008. Cette année, les policiers ont pu se restaurer tranquillement. [slide] photos : Aron Mucsanyi, Corentin Léotard, Francois Gaillard Petit éclairage historique Le 23 octobre est une date symbolique pour la Hongrie. Le mouvement du 23 Octobre 1956 est dans tous les livres d’histoire. En ce jour d’automne des intellectuels hongrois – écrivains, journalistes et étudiants en tête – s’associèrent avec les ouvriers pour se soulever, avec la volonté d’améliorer la situation sociale du pays, en s’émancipant de la domination soviétique. En pleine Guerre froide, et afin d’éviter une « troisième guerre mondiale », les pays occidentaux, déjà engagés à Suez, se gardèrent bien de réagir face à la répression moscovite qui suivit les manifestations. Cette dernière fit plus de 3000 morts à Budapest. 33 ans plus tard, en 1989, alors que l’Union Soviétique se trouve secouée de toutes parts, le président hongrois Matyas Szuros profite du rassemblement populaire commémorant la révolution de 1956, pour proclamer la 4ème République de Hongrie. Plus de 80 000 Hongrois, rassemblés autour du Parlement, célèbrent l’indépendance de leur pays. Articles liés : Rencontre surprise avec l’égérie de 56 Orban, déja Premier Ministre? Le sondage déconcertant de la semaine

Rencontre surprise avec l'égérie de 56

Rencontre surprise avec l'égérie de 56

25 octobre 2009 à 23 h 10 min 1 commentaire

Edina Koszmovszky fut, le 23 octobre 1956, la jeune fille qui a pris le micro pour prononcer le texte énumérant les 16 revendications des étudiants de Budapest envers le régime contrôlé par Moscou. Elle est donc l’égérie de la prise de contrôle de la radio nationale, un des grands symboles de la Hongrie résistante et aspirant à l’indépendance. Vendredi dernier, lors des célébrations nationales, notre rédaction a eu la chance de la rencontrer au cinéma Corvin, symbole de ce qui reste, dans la mémoire collective, comme la dernière “révolution” hongroise. Après son passage en direct à la télévision Duna, à l’endroit où les insurgés de 56 se sont repliés derrière des barricades de fortune quand les chars russes intervenaient massivement sur Budapest, Edina Koszmoszky, vêtue d’une veste Rakoczi, se présente tout de suite dans un français parfait. Celle qu’on a appelé “la fille au manteau rouge” (“piros kabatos lany”) nous raconte d’abord sa journée du 23 octobre 1956, ou comment la spontanéité n’a en rien altéré la dimension historique des événements. Sa prise de parole à la Magyar Radio “Tout s’est passé complètement par hasard. A l’époque, j’avais 18 ans et j’étais une jeune étudiante. Je me souviens d’ailleurs m’être inscrite à l’Alliance Française un mois plus tôt pour prendre des cours de langues. En partant en cours le matin, je n’imaginais pas me retrouver enfermée à la radio le soir-même. J’ai été prise dans l’effervescence qui a mené les étudiants à prendre d’assaut l’immeuble de la radio pour déclarer Budapest libre”. Bien que l’insurrection en elle-même fut organisée conjointement par les étudiants et les ouvriers, prendre le contrôle de la radio n’était pas à l’ordre du jour au cours des manifestations ce jour-là. Comment la jeune Edina est-elle devenue la “porte-parole” des insurgés? “On m’a mis un papier dans les mains”, dit-elle. La première fois, elle l’a lu sur une voiture, non loin du Parlement. La seconde fois fut la plus remarquée, depuis le balcon du bâtiment de la Magyar Radio. La France, un asile politique idéal A partir du 4 novembre et pendant les dix jours où Budapest baignait dans le sang mais se nourrissait encore de l’espoir de voir le retour d’Imre Nagy au pouvoir, Edina Koszmovszky était sur la liste des personnes à arrêter, voire à déporter. Comme 200 000 de ses compatriotes, elle est parvenue à rejoindre l’Occident : “Je suis passée d’abord par l’Autriche, bien sûr. A Vienne, je suis allée directement à l’ambassade de France. Je souhaitais me rendre en France car pour moi, c’était l’idéal démocratique à l’époque, et puis j’étais aussi amoureuse… des Droits de l’Homme ! Maintenant, je vis retraitée à Nice.” La récupération politique de 56 et les commémorations actuelles Edina Koszmovszky reste cependant très prudente quant à ses déclarations par rapport aux différentes manières de commémorer 1956: “Partout ou je suis invitée, ça se passe toujours très bien, parce qu’on m’écoute en tant que témoin direct. Ne vivant plus en Hongrie, je ne peux pas vraiment dire grand chose sur les différents ressentis de ce qui s’est passé en 56. Mais l’autre jour, un chauffeur de taxi me confiait son sentiment selon lequel les générations actuelles ont une vision très tronquée de ce qui s’est réellement passé. Il disait qu’il y a beaucoup de mensonges et de mythes autour de ca« . Et de continuer : « Il y a deux histoires parallèles : l’officielle d’un côté, et ce qui se disait à l’intérieur des familles de l’autre”. Quant à la récupération politique des événements par les différents partis, elle préfère ne pas s’engager : “Encore une fois, je n’habite pas en Hongrie, bien que la double nationalité me donne l’occasion de voter ici. Je ne sais pas trop ce que disent les différents partis politiques les uns sur les autres à l’occasion de commémorer 56”. Le petit Nicolas Sarkozy “à dada sur mon bidet” Enfin, à la question de savoir si elle a rencontré des personnalités franco-hongroises, Edina répond, amusée : “J’ai un peu connu l’écrivain Ferenc Fejtö que j’ai eu le plaisir de rencontrer plusieurs fois. Par contre, j’ai eu l’occasion de croiser Pal Sarkozy lorsque son fils Nicolas, le Président actuel, n’avait que deux ans. Je ne connaissais pas vraiment son père, mais comme j’aime beaucoup les enfants, je me souviens l’avoir fait sauter sur mes genoux, vous savez, “à dada sur mon bidet” »! Propos reccueillis par François Gaillard, Corentin Léotard et Aron Mucsanyi