Pour les toutous d’Orbán, « le fric c’est chic »

Viktor Oban et son porte-parole, le 28 décembre 2010 crédit : hirado.hu

Les porte-paroles remplissent bien souvent une tâche ingrate, celle de défendre bec et ongles toutes les positions de leur chef, et par tous les moyens, y compris les moins scrupuleux. Dans le cas de Péter Szíjjártó, porte-parole personnel du premier ministre Orbán et non moins député de la majorité Fidesz, le blog Vastagbőr a récemment rapporté qu’il était assez bien payé pour effectuer le travail de sape de l’opposition. En s’amusant à faire un rapide calcul, on s’aperçoit néanmoins que ses salaires cumulés dépassent le plafond récemment fixé par le gouvernement dans le secteur public, et qu’il n’est pas le seul.

Le problème se situe d’abord dans une question de style. Pour se faire entendre, Péter Szíjjártó a un argumentaire très simple et efficace qu’il sert inlassablement aux caméras : culpabiliser l’ancien premier ministre Ferenc Gyurcsány et le MSzP pour tous les maux économiques du pays. Un style digne de Frédéric Lefebvre, dira t-on parmi les observateurs français.

D’autant que M. Szíjjártó occupe une troisième fonction politique, un « placard » proche de celui du Secrétaire d’Etat français à Bercy, qui lui permet d’appuyer son propos sur la gestion budgétaire des gouvernements précédents : il est vice-président à la Commission budgétaire du gouvernement. Une de ses dernières sorties en tant que « commissaire »  consistait à vouloir créer un sous-comité pour mener une enquête sur la dette publique de l’Etat hongrois, spécifiquement pendant la période de gestion du budget de l’Etat par les socialistes.

Le cumul des mandats pour détourner les bonnes résolutions salariales de « l’Etat Fidesz »

A en croire sa déclaration de ressources en tant que député (obligatoire dans le cadre de la transparence en vigueur depuis 2003, les députés et les ministres doivent déclarer tous leurs biens et leurs revenus et les rendre publics), Péter Szíjjártó reçoit un assez bon salaire pour ses basses besognes de porte-parole : 997.220 HUF par mois. Non seulement M.Orbán paye bien son « roquet », mais il lui donne aussi d’autres os à ronger pour lui faire accepter de ne pas être ministre de l’Economie. Nommé vice-président du groupe parlementaire Fidesz et vice-président de la Commission budgétaire, Szíjjártó occupe ainsi deux emplois quasi fictifs au Parlement pour son jeune âge (bientôt 32 ans). A ce titre, il toucherait tout de même 742.080 HUF brut par mois, auxquels s’ajoutent 486.990 HUF de prime pour s’asseoir de temps en temps sur son siège de député.

Au total, Péter Szíjjártó gagnerait donc 2.226.270 HUF pour son travail dans le secteur public. Malgré la volonté affichée de donner l’exemple au sommet de l’Etat, la Fidesz aurait donc déjà oublié le plafonnement des salaires à 2 millions HUF dont elle est à l’origine. On se souvient par exemple qu’après cette annonce qui fut très populaire en Hongrie, c’était Andras Simor, le gouverneur de la Banque centrale détesté du gouvernement, qui en avait fait les frais le premier.

« Commissaire gouvernemental », le bon plan

Au sein du gouvernement Fidesz, il y a 4 nouveaux postes « suspects », dont trois sont occupés par des députés qui dépassent le seuil salarial des 2 millions HUF défini par le gouvernement lui-même : M. Szíjjártó est le plus visible d’entre eux, mais n’oublions pas Dr István Balsai, secrétaire d’Etat chargé de l’examen de la répression policière en réponse aux manifestations anti Gyurcsány en 2006 et M. Gyula Budai, Commissaire du gouvernement, qui dépassent également ce seuil. Mme Gabriella Selmeczi, chargée de la défense des retraites, qui doit déjà 2 millions de forints à APEH (le Fisc hongrois), fait figure d’exception car elle ne toucherait « que » 1 743 918 HUF net par mois.

« L’arrière-plan » législatif qui permet de cumuler ces rémunérations ? Les nouveaux postes de « Commissaires gouvernementaux » qui ont été créés l’an passé, avec un salaire correspondant à celui des ministres délégués. Si ces députés avaient tout simplement été nommés « ministres délégués », ils n’auraient pas le droit de toucher un salaire en plus de leur prime parlementaire, conformément à la loi sur la rémunération des députés.

Le Conseil de l’Union européenne du 4 février 2011 a consacré ses travaux à deux secteurs, l’énergie et l’innovation, considérés comme « essentiels pour la croissance et la prospérité de l’Europe. » Alors que le Conseil publie des conclusions en 15 points sur la question de l’énergie, la présidence hongroise en présente certaines sur son site, en omettant certaines questions polémiques comme l’extraction des gaz de schistes.

« Nouvelle phase dans la politique énergétique européenne »

Comme la doctrine européenne l’exige, c’est tout d’abord la création, prévue pour 2014, du marché intérieur de l’énergie qui permettra d’obtenir une énergie « sûre, durable, financièrement abordable et dont l’approvisionnement est garanti. » Le Conseil appelle donc les Etats membres à mettre en oeuvre rapidement et intégralement la législation relative au marché intérieur de l’énergie.

La Hongrie est d’autre part au centre du développement de la connexion énergétique nord-sud en Europe, et elle rappelle l’inauguration en octobre 2010 d’un gazoduc reliant la Hongrie et la Roumanie, le projet de connexion avec la Croatie dont les travaux devraient débuter prochainement, et l’accord signé le 28 janvier dernier entre la Slovaquie et la Hongrie pour un nouveau gazoduc.

La présidence hongroise rappelle ensuite les objectifs de réduction de la dépendance énergétique de l’Union européenne. Cela passe notamment par le respect des objectifs de la Stratégie énergie 2020, à savoir une baisse de 20% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 par rapport au niveau de 1990, une augmentation de 20% de la production d’énergies renouvelables, qui ne représentent aujourd’hui que 16% de l’énergie européenne, et une réduction de 20% de la consommation d’énergie grâce à l’amélioration de l’efficacité énergétique, en particulier des bâtiments et des transports.

Enfin, la présidence évoque les « priorités pour 2020 et au delà » en matière d’infrastructures énergétiques. Il s’agit de l’amélioration et du développement des réseaux de transport et du stockage de l’électricité, du gaz et du pétrole.

Calendrier de la présidence hongroise

Quelques rendez-vous rythmeront le calendrier « Energie » de la présidence hongroise.

Premièrement, les ministres de l’énergie européens devraient adopter le 28 février prochain la stratégie énergétique et les objectifs 2020 sur les infrastructures proposée par la Commission. «Priorités en matière d’infrastructures énergétiques pour 2020 et au-delà — Schéma directeur pour un réseau énergétique européen intégré» novembre 2010

En mars, la Commission européenne devrait publier la feuille de route Energie 2050 pour une transition vers une économie sobre en carbone, qui sera discutée lors d’un conseil ministériel informel au mois de mai. Dans le même temps, une conférence sur l’énergie sera organisée à Budapest.

Puis, lors du conseil de juin, les ministres de l’énergie pourraient approuver le nouveau plan d’efficacité énergétique européen.

4 Commentaire

  1. lol encore la politique du « faites ce que je dis pas ce que je fais » ^_^

  2. Toujours ce ton méprisant…c’est lourd !

  3. +1 vizsla

  4. ahahah Vizsu ! pas étonnant que tu sois blessé. La référence canine, c’est souvent du second degré. Pas la peine d’aboyer à tous les coups :D

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