Quelques grammes de Hongrie dans les voeux optimistes de Bercy

Françoise Crouïgneau, Eric Besson, Christine Lagarde et Frédéric Lefebvre aux voeux à la presse à Bercy, le 14 janvier 2011 crédit photo : JL Courleux

Le 14 janvier dernier, lors des voeux à la presse économique de Christine Lagarde à son ministère de Bercy, la Hongrie est subrepticement entrée en conclusion du discours d’ouverture de Françoise Crouïgneau, la présidente des journalistes économiques et financiers (AJEF).

En bonne présidente d’association de journalistes, c’est sur l’état de la presse que Françoise Crouïgneau a glissé sa référence à la Hongrie, et non sur le fameux protectionnisme dont on accuse le gouvernement Orban depuis plusieurs mois :

« La liberté d’opinion est importante, même dans les secteurs économique et financier. Mais elle ne va pas de soi. Le triste exemple de la Hongrie qui préside le Conseil de l’Union européenne est là pour nous le rappeler. On a mal à la Hongrie » a t-elle déclaré avant de souhaiter ses voeux à ses collègues.

Succédant à la présidente au pupitre, la ministre de l’Economie et des Finances Christine Lagarde a quant à elle cité Hegel pour commencer son discours : « La presse est la prière du matin (…) Nous, ministres (faisant aussi référence au ministre de l’Industrie et du développement numérique, Eric Besson, ainsi qu’au Secrétaire d’Etat Frédéric Lefebvre, également présents), nous prions avant de lire vos journaux« . Et de continuer : « Vous me reprochez souvent d’être optimiste, et bien je vais recommencer cette année (…) Pendant la crise, nous avons réussi à ne pas tomber dans le piège du protectionnisme, de la guerre« …

Les mots étaient enfin lâchés : « le protectionnisme », « la guerre ». Il n’en fallait pas plus à notre rédaction, présente ce jour-là, pour trépigner d’impatience à l’idée de demander à la ministre ce qu’elle pensait de la situation actuelle des entreprises françaises présentes en Hongrie (notamment à propos des taxes spéciales auxquelles certaines doivent faire face).

Les réponses de Christine Lagarde à HU-lala :

Les taxations doivent être conformes aux règles européennes, sans discrimination, quelque soit les nationalités des entreprises.

Suite à cette réponse digne de la diplomatie européenne de rigueur, nous n’avons pu résister à la tentation de lui demander si, comme nombre de commentateurs, elle jugeait la politique économique du gouvernement Orban « protectionniste » …

The proof of the pudding is in the eating, répondit-elle dans l’anglais parfait qui la caractérise. Si l’on juge l’arbre à ses fruits, peut-être que la ministre attend le 7 avril et la prochaine réunion des ministres des Finances européens dans le cadre de la présidence hongroise, à Budapest, pour s’exprimer vraiment sur la politique d’Orban.

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Chaque pays candidats doit franchir un pas

En ce qui concerne les tâches à accomplir durant ce semestre, le ministre des Affaires étrangères János Martonyi a affirmé devant la Commission des Affaires étrangères: « Nous voudrions faire franchir un pas à tous les candidats ».

János Martonyi a également souligné, que ce « pas » doit être différent dans le cas de chaque pays. Concernant la Croatie, l’objectif doit être sans doute l’achèvement des négociations. Il a également exprimé l’espoir que lors de la présidence polonaise, le contrat d’adhésion croate sera signé. Concernant la Turquie, il a déclaré que la présidence hongroise y apportera le plus grand soin afin de pouvoir ouvrir « un chapitre, ou des chapitres » dans les négociations avec ce pays. « La Turquie a sa place dans l’Union Européenne » – a t-il déclaré. Il a également mentionné l’Islande, la République ex-yougoslave de Macédoine, ainsi que le Monténégro – il a adressé ses félicitations à ce dernier à l’occasion de son arrivée parmi les rangs des pays candidats.

Dans une région où tout est connecté, la présidence hongroise porte une attention exceptionnelle à la région des Balkans de l’ouest. Les événements récents en Albanie montrent bien qu’il faut tenir compte d’une tension qui y persiste. Selon Martonyi, au delà des pays candidats, les pays candidats potentiels peuvent franchir également un pas vers l’Europe. Il a souligné, que la Serbie répondra bientôt au questionnaire de la Commission européenne et peut ainsi commencer à élaborer sa position conformément au statut de pays candidat.

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