Prévenir les futurs « tueurs nés » hongrois

A la demande du Premier ministre Gordon Bajnai, le ministre intérimaire à la Justice Imre Forgács doit rendre, d’ici quelques jours, un décret sur le renforcement du contrôle de la détention d’armes à feu en Hongrie. Loin de vouloir, dans un style très français, attirer l’attention sur une montée particulière de l’insécurité avant les éléctions, le gouvernement a simplement pris conscience de certaines aliénations contemporaines qui commencent à s’avérer dangereuses.

Après la récente fusillade à l’université de Pécs en novembre dernier, l’arrestation à Budapest, il y a deux semaines, d’un jeune déséquilibré s’apprêtant à tirer sur tout ce qui bouge dans sa fac, a alerté les autorités quant à la possible propagation d’un effet de mode. Le prototype : un jeune dépressif, souvent frustré et accro à la consommation comme mode d’approche du monde qui l’entoure, et bien entendu fasciné par les armes à feu comme moyen de palier à un complexe d’infériorité.  A partir de là, le gouvernement hongrois pense avoir affaire à assez de « potentiels » comme celui-là en Hongrie pour que la question d’un raffermissement catégorique de la législation sur la vente et le port d’armes se pose actuellement.

« Nous ne pouvons pas permettre le port d’arme à des malades, représentant une menace pour la société, sous le simple prétexte d’en avoir un usage sportif » a sermonné Bajnai… Le jeune budapestois, mentionné plus haut, qui prévoyait d’abattre 22 personnes pour « fêter » ses 22 ans, avait un permis et une licence dans un club de tir. Pour Forgács, les dispositions psychologiques et la détention d’armes doivent aller de pair. L’inverse nous aurait surpris.

A propos de trafic d’armes, la police a d’ailleurs découvert le plus gros stock d’armes illégal jamais vu en Hongrie, dans l’est du pays il y a seulement quelques jours.

József Bencze, aux commandes de la Police nationale, a également récemment rappelé que l’année dernière avait déja été un bon cru dans la lutte contre la criminalité. En haut des réussites de la police en 2009, il y a principalement l’arrestation des « tueurs de Roms en séries », fruit d’une enquête de douze mois qui compte 11 victimes, dont 6 morts et 5 blessés graves dans différents villages.  Bencze s’est aussi adressé à la société hongroise dans son ensemble, pour qu’elle soit unie dans la défense de ses personnes âgées, naturellement plus vulnérables à la criminalité.

Ne faudrait-il cependant pas prévenir la criminalité elle-même plutôt que de se satisfaire de l’arrêter partiellement? Un premier pas a été franchi par Forgács dans ce sens. Il a reconnu par exemple que la dégradation du sentiment de sécurité, pourtant fort chez les Hongrois, ne s’était pas interrompue, surtout dans les petits villages. D’abord en raison de la crise financière, qui cause la multiplication des petits délits, mais surtout par la popularité grandissante de l’extrémisme politique.

Rappelons enfin que certains tueurs hongrois sont devenus célèbres dans le monde entier. Et qu’ils soient bien réels, comme la Comtesse Erzsébet Bathory, ou légendaires, comme le diabolique Keyser Söze du film Usual Suspects, l’ »intelligence » qui découle de leur « déséquilibre » a réussi à susciter la fascination.

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