Pour que Józsefváros ne soit plus le QG des clochards

Cela fait un an que l’on assiste peu à peu au grand nettoyage social sur les places et dans les rues de Budapest. Par exemple à Józsefváros depuis le 1er janvier, fouiller les poubelles est sujet à contravention (jusqu’à 50000 HUF / 185 euros d’amende !). Mardi 12 juillet, Máté Szabó, médiateur aux droits civiques de la Hongrie, a indiqué dans un communiqué qu’avec ce nouveau décret, la municipalité du 8ème arrondissement de la capitale limite les droits des sans-abris de façon disproportionnée. Après avoir pris connaissance des déclarations de l’ombudsman, le maire du 8ème, Dr. Maté Kocsis, 29 ans, a décidé d’organiser un référendum sur le sujet le 25 septembre prochain. En attendant, il a bien voulu répondre aux questions de notre rédaction.

Hulala : Pourquoi votre municipalité interdit-elle de fouiller dans les poubelles ?

Máté Kocsis : Nous avons observé plusieurs facteurs avant de prendre une décision. L’intérêt de ce décret et celui des habitants du quartier, de la municipalité, mais aussi celui de ceux qui fouillent les poubelles. Procédons dans l’ordre. Les habitants marchent dans les déchets, à l’aube ils se réveillent car les sans-abri renversent les poubelles des immeubles et ils les laissent traîner dans les rues. La municipalité a déja reçu une centaine de plainte., et les contraintes sont nombreuses en terme de propreté de l’espace public et de santé publique… Dans le premier cas, les ordures coûtent cher aux contribuables, car le quartier est nettoyé grâce aux impôts. La santé des habitants du quartier est en danger permanent : produits chimiques, nourriture périmée dans les rues, le vent les emportent etc. Selon des spécialistes, le nombre des personne intoxiquées a augmenté ces dernier temps. Aussi les personnes qui fouillent les poubelles se mettent en danger. Ils trouvent des produits périmés qui peuvent leur donner une bonne indigestion, ou bien s’ils se coupent, certains produits chimiques peuvent contaminer leur sang. Et sans soins médicaux, il pourrait y avoir des conséquences graves.

H. : Qu’attendez vous du référendum du 25 septembre ?

M.K. : J’attends de ce référendum que les habitants du quartier prennent une décision raisonnable, sans se laisser influencer par l’hystérie de certains groupes anarchistes.

H : Est-ce que les habitants du quartier soutiennent les SDF ?

M.K : Vous ne connaissez pas notre quartier. Deux tiers des soins de la capitale se concentrent dans les 30 maisons d’accueil de Józsefváros qui aident les SDF. Le problème vient du fait que la plupart des sans-abris sont non seulement des indigents, mais en plus ils ne respectent pas les règles : ils sont dérangeants, ils font leur toilette dans les transports publics, ils se bagarrent, ce sont des brutes. Les personnes qui veulent vivre correctement, nous les soutenons de notre mieux. Il faut aussi ajouter que 90% des sans-abris ne sont pas de notre quartier mais ils arrivent d’autres parties de la ville.

H. : Les autres quartiers devraient donc changer d’attitude ?

M.K. : OUI. Nous voudrions redistribuer la responsabilité entre les quartiers, car si tous les quartiers prenaient leurs responsabilités, le niveau de vie global augmenterait. L’argent du quartier, nous ne le dépensons pas pour notre quartier. J’insiste encore sur la répartition de la prise en charge d’une manière normative. Toutes les communes doivent s’occuper de leurs sans-abris en amont. Ainsi, le niveau des soins s’améliorera et dans le même temps, le poids des frais pour les communautés diminuera.

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9 Commentaire

  1. Il faudrait importer le système des « restos du coeur »…et pendant qu’on y est, des hlm gratuits.

    Surtout que dans 20 ans, avec le boom démographique programmé, ils seront 100 fois plus nombreux…
    L’avenir des jeunes se prépare longtemps à l’avance…

  2. Bonnes réponses du maire ! Quelqu’un qui a la tete sur les epaules. :)

  3. Voila quelque chose de totalement démagogue. Je voudrais un référendum avec la question: qui est-ce qui voudrait une biere gratuite? de plus, je ne pense pas que seulement les anarchistes sont contre cette mesure qui punit avant qu’elle aide a vivre autrement.

  4. Vadaskerty a dit :

    >Quelqu’un qui a la tete sur les epaules

    Ouais, une bonne tête de carriériste cynique sur des épaules de mollusque qui n’ont jamais soulevé grand-chose…

    J’aimerais contempler ce petit aiglon en train de rétablir la justice, près des « Konténerek » avec son petit carnet de contraventions…

  5. Le vrai drame de ces personnes, c’est l’alcoolisme. Sans vouloir m’avancer sur l’oeuf ou la poule il y a tellement de SDF à Budapest (encore plus qu’à Paris)!! cela est forcément lié à la consommation démesurée d’alcool dans ce pays non? Cela ne peut pas etre le logement puisque celui ci est largement accessible… Mais pour que les dirigeants hongrois trouvent des solutions intelligentes, on peut toujours se brosser… Existe t-il rien qu’un centre d’accueil pour ces personnes??

  6. Le nouveau pouvoir veut éradiquer les pauvres et non pas la pauvreté. Mort aux pauvres ! Affolant.

  7. mort aux pauvres?

  8. Il y a de tout dans les réponses de ce jeune homme.
    D’abord ceux qui ne pensent pas comme lui sont des groupes anarchistes.
    Ce sont les impôts qui payent le nettoyage du quartier en sachant quand même que ces éboueurs sont bien souvent des chômeurs qui sont là pour préserver leur droit à l’allocation mensuelle, surveillés qu’ils sont par des capos de quartier.
    « Ce sont des brutes » Là il stigmatise.
    «Non seulement ils sont indigents » signifie littéralement, non seulement ils sont pauvres !
    Je m’arrête ici car je ne suis pas trop sûr de pouvoir m’exprimer tout à fait librement.
    L’autocensure, vous savez, on en a déjà beaucoup parlé !
    Zs .

  9. én nem tudom a dit :

    Je tombe sur cet article hélas un peu tardivement mais je souhaiterais tout de meme faire part de mes pensées sur ce sujet.

    Il y a au moins un point sur lequel je suis d’accord avec ce cher maire c’est sur le fait que les sans-abris sont effectivement dérangeants.
    Je vis dans le huitieme et il est evident que le mode de vie auquel sont contraints les sans-abris n’est pas sans conséquence sur la propreté et la salubrité du quartier. Je pense que les personnes ayant laissé un commentaire seront d’accord avec moi sur le fait qu’il est tres déplaisant de trouver quelq’un en train d’uriner sur votre porte lorsque vous souhaitez rentrer chez vous, cela l’est encore plus lorsque vous savez que le lendemain matin c’est votre jeune enfant dont vous ne pouvez évidemment pas controler tous les gestes qui passera par la. Pourtant aucun commentaire dans ce sens. Savez-vous vraiment contre quoi ce maire, aussi démagogue que carriériste, essaie, de maniere bien étrange je l’admets, de lutter? Y etes-vous quotidiennement confronté?

    Il est en outre également vrai que les sans-abris ne sont pas les seuls a contribuer a cet état déplorable dans lequel les rues du huitieme se trouvent. Pourtant pas d’interdiction aux ados completement ivres a la sortie des bars de se livrer au meme comportement innaceptable.
    Il faudrait qu’il verifie l’origine de ces plaintes dont il parle. Pour ma part je suis autant dérangé par la pisse sur ma porte que la gerbe estudiantine sur le chemin de la creche.

    Infliger une contravention pour avoir fouiller les poubelles a quelqu’un qui n’a pas un sou et l’estomac vide est évidemment completement absurde.
    Il invoque pour se justifier le danger que représente l’ingestion de denrées périmées. Qui croit un instant qu’il se soucie de la santé de ses pauvres gens?
    Meme chose du coté des bagarres dont il parle. Les sans-abris ne me semblent pas plus bagarreurs que les autres et en tout cas bien moins que les night-clubbers body-buildés a la sortie des boites.
    Il parle de sans-abris qui ne seraient pas du quartier. Mais quel est le quartier d’un sans-abri??? Par définition, il n’en a pas…si tout de meme ils sont plus dans le huitieme qu’ailleurs c’est probablement qu’ils y sont mieux ici qu’ailleurs. Il devrait s’en rejouir et poursuivre son action dans ce sens en cherchant a ameliorer leur sort et leur offrir une voie de sortie de la marginalité.

    Car c’est bien la qu’est le probleme. Ce pays, le maire inclus, est completement incapable de trouver des solutions a ce probleme. Ce fléau, bien moins par les consequences qu’il engendre que par son essence meme va perdurer si aucune action n’est entreprise. Cette minorité est de maniere générale completement rejetée et la société hongroise ne s’indigne que tres peu de ce phénomene pourtant omniprésent.
    Aucune solution pour eux, comme aucune solution pour les habitants du huitieme…c’est pourtant pas compliqué de nettoyer les rues dégueulassées la veille…

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