Chez les socialistes, le patron c’est Gyurcsány !

Par Antoine Bouffard

À la suite d’un vote au sein du groupe parlementaire socialiste (MSZP), Ferenc Gyurcsány a recueilli 27 soutiens sur 58, contre seulement 16 pour son président, Attila Mesterházy, ce qui prouve une nouvelle fois sa popularité au sein du premier parti d’opposition.

Le maître Gyurcsány (à droite) et son élève Mesterházy sur les bancs du Parlement (www.pesterlloyd.net)

Par ce vote, les députés MSZP l’ont confirmé : l’ancien premier ministre semble être aujourd’hui en bonne voie pour reconquérir son poste de leader de la gauche et conquérir celui de premier opposant à Viktor Orban. Ce petit plébiscite en faveur de Gyurcsány paraît surprenant : surnommé le « fossoyeur du MSZP » suite à ses déclarations en septembre 2006  – au cours desquelles il avait reconnu avoir menti aux citoyens sur le programme socialiste et sur l’état des finances du pays pour faciliter sa réélection -, il est le principal responsable de la déroute socialiste en 2010. Ces révélations scandaleuses avaient plombé le second mandat consécutif (2006-2010) de son gouvernement et fait plonger la popularité de son parti – qui ne s’en est toujours pas relevé -, laissant le champ libre à la FIDESZ alors dans l’opposition.

Il semble donc bien que Ferenc Gyurcsány parvienne progressivement à prendre un rôle décisif dans l’opposition, en contestant avec virulence l’hégémonie de la FIDESZ mais aussi en se présentant comme le fondateur potentiel d’une coalition de centre-gauche, qui pourrait voir le jour lors du congrès de 2012. Ces coups de boutoirs qu’il porte régulièrement pour revenir sur le devant de la scène politique sont un pari risqué pour l’homme politique, mais encore plus pour son parti car ils risquent d’anéantir les efforts du MSZP pour se refaire une virginité vis-à-vis de l’électorat. C’est une chose de retrouver la confiance parmi un groupe parlementaire, c’en est une autre de reconquérir des électeurs qui se sont senti trahis et se sont détournés pour partie vers la Fidesz et Jobbik notamment.

Mesterházy peine, de son côté, à asseoir son rôle de leader du groupe MSZP. Lui qui a été envoyé au « casse-pipe » aux élections législatives de 2010 pour endosser seul tous les échecs de sa famille politique a un rôle qui se borne à tenter de préserver l’unité du parti et à empêcher les luttes internes entre ses ténors. Le MSZP – que le quotidien conservateur Magyar Nemzet affuble du sobriquet de « dragon à plusieurs têtes » – est ainsi toujours à la recherche d’un leader pour incarner l’opposition…tiraillé entre les luttes d’influences que se livrent son président Mesterházy et l’ancien premier ministre Gyurcsány.

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2 Commentaire

  1. Dans un cas, comme dans l’autre, cela ne fait pas 50%. J’en déduis que les socialistes se cherchent un leader… socialiste…

  2. Eisbrecher a dit :

    Là au moins on est sur que le MSzP ne sera pas de retour bientôt au pouvir.
    J’aime ce mec…

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