Péter Farkas, bouc-émissaire de la lutte anti-drogue?

La Hongrie vient de demander à la principauté d’Andorre l’extradition de son champion olympique de lutte greco-romaine, Péter Farkas. La médiatisation de l’affaire et le verdict provoquent une remise en question de la politique anti-drogue en Hongrie et de son efficacité.

Il avait fui son pays lors de son premier jugement, en novembre 2008 pour culture de cannabis en grande quantité. Sous le coup d’un nouveau jugement par contumace à sept ans de prison fermes le 10 décembre dernier, il a été repéré et arrêté en Andorre, puis mis en détention depuis le 26 décembre. Le droit international stipule que la durée maximale de détention avant extradition est de 40 jours.

Avec les 7 ans fermes qui l’attendent en Hongrie, on comprend que le lutteur reconverti en trafiquant en herbe se sente mieux en compagnie des loups des Pyrénées. Peut-être sa cavale a t-elle alourdi sa peine, déja conséquente du fait de la quantité industrielle des plants retrouvés chez sa mère en 2004. Avec ce dernier verdict, à la hauteur de la médiatisation de l’affaire, le cas Farkas soulève le débat de la pénalisation des drogues en Hongrie.

Bien qu’il soit logique que la loi prévienne la diffusion à grande échelle de la drogue dans la jeunesse, il semble que la Hongrie ait un système pénal assez inadapté dans ce domaine. Loin de faire face à la réalité d’un pays de plus en plus traversé et pénétré par des drogues réputées plus « dures », donnant lieu à une économie parallèle bien plus juteuse, les autorités hongroises sont « à l’ouest », sans pour autant avoir les moyens de ses partenaires occidentaux pour lutter, notamment contre les puissants réseaux albanais. Géographiquement, la Hongrie se retrouve coincée entre une demande et une offre sans cesse croissantes dans le traffic d’héroïne.

A titre d’exemple, en 2009, sept ans de prison fermes ont été recquis contre un sans-abri pour avoir immolé sa compagne à la gare routière de Népliget. A Kisvarda, un homme qui a sauvagement violé une femme a écopé de la même peine. Idem pour un autre qui a tenté de tuer sa mère à Veszprém… En 2010, la Hongrie prévoit de renforcer son Code pénal au chapitre drogues, précisément en ce qui concerne les cultivateurs de grosses quantités de cannabis, qui risqueront de se retrouver derrière les barreaux, non pour 7, mais pour 10 ans.

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Un commentaire

  1. le commerce a plus de valeur que la vie, sympa les code penal !
    ca en dit long sur les valeurs des politiques… et on comprend pourquoi ils sont nombreux a etre suspectes de corruption !

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