Pécs 2010 : L’heure du bilan approche (2/2)

En Hongrie, culture rime désormais avec Pécs. C’est l’idée principale véhiculée par Pécs 2010 Capitale européenne de la culture : réinventer une ville qui était autrefois une scène culturelle importante. Csaba Ruzsa, le directeur de Pécs 2010, nous détaille son point de vue à ce sujet.

Propose recueillis par Violaine Jaussent, pour Digital Bridges

Comment avez-vous organisé un événement aussi important que Pécs 2010 ?

Une importante collaboration entre Pécs, ses villes jumelles et tous les partenaires a débuté en 2006. En fait, nous avons trois types d’événements : le programme culturel officiel, les événements organisés par les ONG et ceux par les entreprises locales et les associations. Toutes ces personnes sont très impliquées dans notre projet, et ce dès le début. Surtout, notre force est d’avoir réussi à obtenir le soutien des habitants de Pécs et de ses environs. Et finalement, les architectes doivent admettre qu’il y a eu plus de gens sur la place principale de la ville pendant les six derniers mois que pendant les dix dernières années.

Au moins un membre de chaque famille de la ville a travaillé pour Pécs 2010, elles sont donc favorables à ce projet. J’ai également vu des personnes discuter alors qu’elles ne s’étaient jamais parlé avant.

Donc selon vous, c’est un véritable succès.

Oui, mais pas seulement parce que ça a créé de nouveaux emplois. C’est aussi un succès parce que le nombre de touristes qui ont visité Pécs est plus important que celui qu’on attendait et que la moyenne dans les autres capitales européennes de la culture.

Nous avons aussi utilisé les réseaux sociaux avec succès, une première. Nous avons reçu beaucoup de commentaires grâce à cela : nous ne l’avons pas utilisé seulement pour communiquer sur les événements mais aussi pour récolter beaucoup de critiques, négatives ou positives.

Mais au-delà de cet aspect, les habitants veulent être fiers de leur ville à nouveau, et non pas des programmes culturels et des expositions. Bien sûr la ville est plus belle, il y a plus d’emplois mais en comparaison avec le développement de la ville ces 25 dernières années, le plus intéressant pour les habitants de la région c’est le retour de Pécs après sa faillite. En même temps, la ville incarne une nouvelle image, une marque : celle de la culture. Il y a neuf périodes dans l’histoire de Pécs, et la nouvelle commence en 2010. Et nous envisageons d’organiser d’autres événements dans le futur. Par exemple, on devrait accueillir le début d’une tournée internationale de concerts symphoniques au printemps prochain.

Toutefois, la réussite parfaite n’existe pas. Quelles sont les faiblesses de Pécs 2010 ?

Non bien sûr, cela n’existe pas. Le principal problème est que le gouvernement local et l’administration hongroise n’étaient pas préparés à ce type de projet qui requiert beaucoup d’investissements. Nous avons notamment connu des difficultés pour trouver des fonds, ce qui explique pourquoi certaines choses ont été achevées en mars.

Autre problème majeur : en Hongrie, aucun projet n’a été jamais achevé à temps ces 25 dernières années. En fait, les gens ne croient pas que ce soit réalisable, c’est un sentiment général. Il est donc difficile de les convaincre. Mais cela a changé, parce qu’ils ont vu que cela s’était réalisé.

De plus, nous avons beaucoup de soutien, mais pas autant que nous le souhaitions, à cause de la crise économique. Même à Pécs nous avons souffert de l’arrêt de certains investissements privés.

Pensez-vous que vous avez réussi à atteindre tous vos objectifs ?

Tout dépend du sens que l’on donne au mot succès. Parce que nous ne voulons pas seulement atteindre le succès que nous pouvons mesurer aujourd’hui, à savoir le nombre de visiteurs, l’argent investi.  Nous voulons atteindre un peu plus que cela : nous voulons que Pécs retrouve son titre de lieu culturel en Hongrie et à l’international. Et cela prendra trois à quatre ans.

Nous désirons aussi des changements d’attitude, de pensée, dans les manières de réagir, de travailler ensemble… mais cette évolution ne peut arriver que de manière progressive, cela peut prendre dix ans pour que cela devienne réalité. Ce qui prouve qu’il s’agit réellement d’un projet à long terme.

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