Nouvelle taxe santé : le « Mac Orbán », n’est pas encore né

NDLR : article du 21 février 2011

Le gouvernement envisage d’instaurer un impôt sur les produits alimentaires nuisibles à la santé, également appelé « taxe hamburger ». Cette idée simple, mais encore une fois « un chouia » populiste, a été remise au goût du jour par le premier ministre hongrois lui-même, lors de son allocution au Parlement la semaine dernière. Selon l’Association nationale des transformateurs agroalimentaires, l’instauration de cette taxe peut provoquer une augmentation des prix, tout en affaiblissant la compétitivité des entreprises alimentaires.

« Ceux qui mènent une vie malsaine, seront désormais obligés de contribuer plus  au maintien du système » – a souligné Viktor Orbán lors de son discours prononcé lundi dernier au Parlement. « La santé est un capital aussi précieux que le logement, la fortune ou la voiture. Celui qui gaspille ce capital par son style de vie doit contribuer plus intensément à nos dépenses communes visant la protection de la santé » – a déclaré le premier ministre sans avoir précisé les détails par lesquels la théorie serait transposée dans la pratique.

L’idée de la taxation de la « malbouffe » n’est pourtant pas nouvelle. Elle a été abordée pour la première fois l’été dernier par le président de l’Association stratégique pour les hôpitaux hongrois (Stratégiai Szövetség a Magyar Kórházakért Egyesület) Gábor Csiba. Selon cette association, il faudrait taxer les produits alimentaires dont le contenu en sucre, en sel ou en gras dépasse la limite conseillée, ainsi que les boissons alcoolisés et le tabac, bien entendu. L’année dernière en Roumanie, la question d’une éventuelle taxation de la « malbouffe » a également été abordée, mais aucune décision n’a été prise jusqu’ à présent.

Le secteur agroalimentaire a du mal à avaler

L’Association nationale des transformateurs agroalimentaires, quant à elle, n’est pas d’accord avec cette proposition. Selon ses experts, elle provoquera une augmentation des prix, renforçant les licenciements dans ce secteur qui fait déjà face à des difficultés persistantes. En outre, il est difficile de dire ce qu’on peut définir comme produit malsain – a expliqué la directrice de l’association, Györgyné Folláth dans une émission de MR1 Kossuth Rádió. « La consommation de n’importe quel produit peut être considéré comme malsain, si elle manque de modération. Même dans les cercles scientifiques ou au sein de l’Union européenne, il n’existe pas un consensus concernant la distinction des produits sains et malsains » – a-t-elle ajouté.

Jobbik se surpasse en proposant de taxer la bêtise à la télé

Pour saler un peu cette « taxe hamburger », le parti d’extrême droite Jobbik propose d’instaurer un impôt sur la bêtise dans les grands médias. Pour Jobbik, certaines émissions de télévision et les publicités qui les accompagnent représenteraient une « pollution intellectuelle ». Dániel Z. Kárpát, député du groupe parlementaire de Jobbik a ajouté qu’il faudrait obliger les médias à renseigner le public sur les effets nuisibles des produits qui figurent dans les publicités.

Source : MR1-Kossuth Rádió

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4 Commentaire

  1. Ce sont des préoccupations très louables. Hélas, une telle subtilité n’est pas simple à transcrire dans une législation fiscale.

    Il vaudrait mieux faire des publicités pour les « bons » produits, et pousser l’UE à favoriser l’agriculture sans produits chimiques et de proximité (pour éviter le gaspillage de nos sources d’énergie). En France, il y a un mouvement pour que 20 % des aliments servis dans les cantines scolaires soient en catégorie biologique.

    Il faudrait aussi une éducation à l’alimentation équilibrée.

    Victor Orbàn voudrait tout faire en une seule législature, on le comprend, mais c’est tout de même un peu court. Et, pour de telles décisions, il serait bon de rechercher un consensus avec les autres Partis politiques.

  2. Vadaskerty a dit :

    Tartuffissime mesure!

    Comme si la santé était leur préoccupation: Rappelons-nous quelle a été la toute première mesure de ce gouvernement ubuesque l’année dernière. Pas de souvenir? Pourtant cela a été un grand moment de réforme sociétale!
    Ce n’était ni plus ni moins que la libéralisation du « Házi pálinkafőzés », le bouillage de cru maison pour les intimes…

  3. Vu les triste records affichés par la Hongrie (obésité, diabète, pathologies cardiaques etc…) liés à la mal bouffe, cette « taxe hamburger » paraît positive… reste évidemment la libéralisation du « Házi pálinkafőzés »qui torpille en partie ces bonnes intentions… compte tenu des dégats catastrophiques de l’alcoolisme magyar.

  4. @ Horváth.
    Loin de moi l’idée de défendre la malbouffe « hamburger ».
    Quand on a un peu vécu en Hongrie on est en droit de penser que les pathologies liées à l’alimentation sont plus liées aux abus de spécialités locales (sült kolbász/csülök/oldalas bien grassouillets, et autres töpörtyű,
    par ailleurs nagyon fincsi avec modération…) et à la moindre consommation d’aliments moins virils (crudités, salades).
    Cette mesure n’est que l’occasion de mettre en oeuvre une nouvelle taxe à la consommation, chose dont d’ailleurs Orbán Viktor ne s’est jamais caché. L’habillage de « santé publique » n’est qu’un malheureux cache-sexe en feuille de vigne botrytisée…

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