Mieux que le Forint, la « couronne du Balaton » !

La « Balatoni Korona » sera lancée à la fin du mois de mars. Ce sera un moyen de paiement alternatif qui pourra être utilisé dans la région Balaton-ouest pour augmenter le nombre de liquidités dans cette région. La Balatoni Korona n’est pas une monnaie à proprement parler mais un bon à taux fixe, 1 forint = 1 korona.

5.000 Balatoni Korona (crédit : komlomedia.hu)

Le billet de 1000 couronnes sera orné de Balázs Horváth, le ministre de l’intérieur du gouvernement de József  Antall, le premier 1er ministre élu démocratiquement en 1990. C’est le maire de Veszprém, Gyula Porga qui a annoncé l’introduction de ce nouveau moyen de paiement en mai 2011. Avant de lancer la balatoni korona il a fallut convaincre un grand nombre de commerces, d’hôtels et d’entreprises locales de l’accepter. Bien qu’avantageuse, la Magyar Nemzeti Bank (la  Banque Nationale) a prévenu dans un communiqué qu’elle pouvait être contrefaite plus facilement.

Un système similaire existe depuis 2010 à Sopron – proche de la frontière autrichienne – avec le « kék-frank » (Franc bleu). Une partie des endroits acceptant ce moyen de paiement offre de 5 à 15% de réduction lors des paiements en francs bleus, d’ou l’intérêt d’utiliser ces monnaies locales. Il existe des systèmes de paiement similaires en France, notamment à Pézenas, une ville d’Occitanie où l’on peut payer en occitan.

Sources : Népszabadság, Index.hu, deviseoccitan.com

14 Commentaire

  1. comment les personnes se la procurent ?

    « Bien qu’avantageuse, la Magyar Nemzeti Bank (la Banque Nationale) a prévenu dans un communiqué qu’elle pouvait être contrefaite plus facilement. »

    ^_^

  2. Quelle structure de l’Etat garantit cette monnaie alternative ?

  3. paul maddens a dit :

    un trés bon livre sur la question des monnaies locales et la monnaie en général
    le livre de B.Lietaert ,au coeur des monnaies .ed:yves Michel

  4. Quel est l’intéret d’un tel procédé?

  5. Futrinka utca a dit :

    Une monnaie n’est pas garantie par des « structures d’Etat », mais par les actifs de la banque émettrice : réserves de change, or, titres de créance, titres de propriété laissés en gage, etc.

    Pour une monnaie locale, c’est la même chose : on change par exemple des forints en « couronnes du Balaton » au guichet de l’émetteur. Les forints en question servent alors de réserve de change à la banque émettrice. Les détenteurs de couronnes peuvent ainsi rechanger leurs couronnes en forint quand bon leur semble, les couronnes étant alors démonétisées. La banque émettrice peut aussi très bien s’émanciper du forint en achetant par exemple de l’or (ou diverses devises) avec tout ou une partie des forints en réserve.

    L’essentiel est que le banquier ne dépense pas ces réserves pour aller au restaurant. C’est pourquoi on peut vraiment craindre le pire si le banquier émetteur est un politicien… Ce n’est pas pour rien que les banques centrales sont censées rester indépendantes du pouvoir politique : l’expérience montre qu’il suffit de confier les clés à des politiciens pour que les réserves soient pillées, et que les billets se transforment en monnaie de singe. Donc, le maire de Veszprém, aïe aïe aïe…

    L’intérêt des monnaies locales est qu’elles ne sont acceptées que localement, ce qui implique que tout achat en cette monnaie s’effectue forcément auprès de producteurs locaux. Cela favorise d’une part l’économie locale, et évite d’autre part de créer des « déserts monétaires », des régions réduites à l »inactivité parce que tout l’argent a été siphonné vers d’autres régions.

    A noter que la libre concurrence des monnaies, la multiplicité des instituts d’émission, est un pilier du libéralisme originel. Adam Smith avait consacré un long chapitre dans « the wealth of nations » expliquant pourquoi accorder un monopole d’émission à une banque centrale était une très mauvaise idée :
    http://www.bartleby.com/10/202.html

    Par la suite, l’école autrichienne d’économie (Von Mises, Hayek, etc) ne s’est jamais écartée de cette position, perpétuée par les libertariens. Dans cette lutte contre les monopoles bancaires, ils ont été rejoint au 20ème siècle par les défenseurs des « monnaies natuelles » comme Silvio Gesell ou, plus récemment, Bernard Lietar, ancien directeur de la banque centrale de Belgique exilé aux USA.

  6. wow…cela’ veut dire que bientot on aura aussi le Buda Forint qu`on pourra changer avec le Pest Forint moyennant le Duna Franc :-)

  7. « Ce n’est pas pour rien que les banques centrales sont censées rester indépendantes du pouvoir politique : l’expérience montre qu’il suffit de confier les clés à des politiciens pour que les réserves soient pillées, et que les billets se transforment en monnaie de singe. Donc, le maire de Veszprém, aïe aïe aïe… »

    L’expérience montre surtout qu’il suffit de confier les clés à des banquiers pour que les finances publiques des états souverains soient pillées, que des peuples entiers soient réduits en esclavage et que la démocratie soit un vieux souvenir…

  8. Futrinka utca a dit :

    Si l’Etat se contentait de dépenser ce qu’il récolte via l’impôt, il n’aurait aucun besoin de s’endetter du moindre sou. Seulement, voilà, les politiciens étant des junkies de la dépense, il ne savent pas s’en empêcher, c’est plus fort qu’eux. Un endetté est toujours esclave de ses créanciers. Tout comme, à partir d’un certain niveau d’endettement, les créanciers sont esclaves de leurs débiteurs (si le débiteur fait défaut, le créancier plonge).

  9. « Un endetté est toujours esclave de ses créanciers »

    Vous avez entièrement raison. C’est pour cela que le cartel des banques a fait en sorte que les Etats soient structurellement endettés pour pouvoir les avoir à leur botte. C’est ainsi que la loi Pompidou de 1973 interdit à l’État de refinancer ses déficits auprès de la Banque de France et l’oblige a le faire sur les marches de capitaux privés moyennant un intérêt qui finit dans la poche des financiers de la planète et fait structurellement augmenter la dette publique. (La Banque de France pretait a taux 0)

    Pompidou, avant de prendre ses fonctions a Matignon, était le directeur de la Banque Rothschild. Surement une coïncidence…

    On remarquera que Sarkozy a fait voter une loi similaire en ce qui concerne les collectivités locales. D’où les histoires de communes qui se retrouvent à rembourser x fois la somme empruntée car ils ont souscris des prêts toxiques a des banques privées…

  10. Futrinka utca a dit :

    Le cartel des banques n’a jamais obligé les Etats à s’endetter ! Si les Etats se retrouvent dans cette situation, c’est parce qu’ils ont fait comme n’importe quel surendetté maladif : ils ont tellement utilisé leur carte de crédit pour s’offrir une vie de princesse qu’ils se retrouvent dans l’incapacité non seulement de rembourser, mais aussi de faire face aux charges de leur dette. Et se retrouvent à un certain moment interdits bancaires, plus personne ne voulant leur prêter le moindre sou.

    La loi de 1973 faisait suite à l’effondrement du système de Bretton Woods (dollar convertible en or, et autres monnaies convertibles en dollar). Ce système contraignait les Etats à ne pas émettre plus d’argent que le rythme d’extraction de l’or à la mine. Les junkies étatiques de l’endettement ont, comme d’hab, triché et surémis pour s’endetter, ce qui a provoqué la ruée des épargnants vers l’or de la Fed en 1966-67. Pour éviter le pillage intégral de la Fed, Johnson a aboli la convertibilité-or du dollar. Pour remplacer ce système, banquiers et bureaucrates ont imaginé le système de 1973, pensant que le fait de devoir payer des intérêts au prix fort allait enfin dissuader les junkies de l’endettement d’endetter l’Etat. Il n’en a rien été…

    Une fois le système actuel par terre, le prochain système devra sans doute prévoir la corde pour tout politicien qui endetterait l’Etat de son premier sou.

    Permettre à l’Etat de créer des billets de monopoly sans apporter d’actifs de contrepartie équivaut à un banquier qui dépenserait toutes ses réserves de change au restaurant, et dont les billets ne sont plus couverts par rien. Ce n’est quand même pas cela que vous proposez ???

  11. Croire que les banques centrales sont un bienfait, c’est ne pas connaotre l »historique de formation de ces banques centrales (notamment Pompidou/r Rostchield par exemple)

  12. (je n’avais pas u le commentaire pertinent de François)

  13. Après que Futrinka utca ait fait de gros efforts pour nous instruire, voici que nous revient François le premier qui nous en remet une couche.
    Il nous parle d’esclavage, de Pompidou et puis de la banque Rothschild !

    La couronne hongroise, je me rappelle vous en avoir déjà parlé ici même.
    Je ne l’imaginais pas nous venir du Balaton nous distribuant des bons à valoir.
    Des bons à valoir, c’est bien de cela qu’il s’agit, je n’ai pas dis « tickets de ravitaillement » !

    Nous pourrions penser que c’est une manière de faire tourner la planche à billets, c’est un des bons moyens pour que les touristes achètent à l’avance des devises et repartent sans avoir tout dépensé.
    La manœuvre est ailleurs, j’en suis sûr, mais je ne suis pas assez malin que pour la discerner !
    Zs.

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