Le destin hongrois de Malév entre les mains de la Russie

Depuis une dizaine de jours, les négociations dans le processus de privatisation de la compagnie aérienne nationale hongroise Malév se musclent sérieusement, et l’identité des protagonistes du deal est clairement définie: l’Etat hongrois d’un côté, l’Etat russe de l’autre. Dans cette affaire, la Hongrie, dont la compagnie est au bord de la faillite, n’entend pas se laisser totalement domestiquer, à la façon capitaliste cette fois, par la Russie.

Entre deux Assemblées Générales extraordinaires, les gestionnaires hongrois ont estimé que les propositions russes sont pour l’instant contraires au droit communautaire européen, et désaisissent trop l’Etat de « sa » compagnie.  Mais, pour la survie immédiate de Malév, ils doivent faire des concessions pour obtenir au plus vite une garantie de 32 millions d’euros fournis par la banque russe Vnyeshekonombank.

Après six mois de débats sur l’avenir du transporteur aérien, une Assemblée Générale extraordinaire, la semaine dernière, a de nouveau été reportée au 26 février. Les rapports conflictuels sont principalement apparus sur la question du rôle que l’Etat hongrois jouera dans la «nouvelle» Malév. Le seul accord qui semble toutefois avoir été convenu est le sauvetage de Malév à tout prix. Aucune des deux parties n’a intérêt à provoquer sa faillite. Vneshekonombank, banque publique de développement de la Russie et plus grand bailleur de fonds de Malév, a déja investi des dizaines de millions d’euros. La faillite serait synonyme de gouffre financier sans fond pour la Hongrie. Scénario probable désormais: que l’Etat hongrois obtienne sa garantie bancaire, mais doive immédiatement la reverser à Malév (le Parlement l’autorise à le faire jusqu’à environ 70 millions d’euros), qui devra très vite commencer à rembourser la Banque russe.

Deux semaines pour se refaire une santé

Selon le PDG actuel (Malév a changé 20 fois de PDG en 20 ans), Miklós Kamarás, l’État attendra deux semaines l’approbation de la transaction de la garantie de prêt par la banque russe, et prendra les mesures légales nécessaires par la suite. Kamarás a toutefois précisé à l’agence MTI que la situation financière de Malév à long terme ne peut pas s’arranger par ce seul prêt accordé par Moscou. Cela a le mérite d’être réaliste.

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