Les Slovaques persistent et signent

drapeau-slovaqueHier, en dépit de tout ce qui avait été officiellement déclaré auparavant, la Slovaquie a validé les grandes lignes de sa loi linguistique, très controversée depuis cet été. Le porte-parole du gouvernement hongrois, Domokos Szollar, est immédiatement monté au créneau, en dénonçant une violation de l’accord convenu entre Fico et Bajnai en septembre dernier.

Selon Szollar, les directives de la loi jugée « magyarophobe » par les Hongrois sont non seulement en contradiction avec la déclaration conjointe des deux Premiers Ministres à Szecseny en septembre dernier, mais vont aussi à l’encontre des recommandations de L’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE). A vrai dire, rien de très fracassant n’avait été conclu à l’issue de la rencontre au sommet Fico-Bajnai, sinon une trève dans l’escalade des provocations entre les deux pays. Dans le même temps, l’OSCE avait également jugé la loi slovaque conforme, tout en émettant des réserves quant à son caractère inégalitaire, et à son recours à une coercition mal adaptée. L’autorité supra-nationale européenne étant limitée en la matière, le zèle diplomatique hongrois n’aura pas servi à grand chose.

Devant « l’entêtement » slovaque, Szollar a timidement cité Bajnai : « Dans l’Europe du 21ème siècle, il est inacceptable de punir les gens pour pratiquer leur langue maternelle. C’est contre le Traité de Lisbonne, et cela viole aussi les règles de l’UE contre la discrimination des minorités. » Le porte-parole a également ajouté que le gouvernement hongrois apportera une aide financière et juridique auprès des victimes éventuelles de la loi slovaque.

Source : MTI

Retour sur un feuilleton d’Europe Centrale

Cet été, en quelques semaines, la situation, par nature électrique entre la Slovaquie et la Hongrie, s’était gravement envenimée. Le président Hongrois s’était fait littéralement refoulé lors de sa visite non-officielle en Slovaquie, l’ambassade slovaque à Budapest avait été la cible d’attentats spontanés heureusement ratés, la rumeur d’un complot impliquant les services secrets slovaques dans l’affaire des meurtres anti-Roms en Hongrie avait été lancée, et la loi mono-linguistique slovaque avait été adoptée une première fois, entraînant un mini-scandale diplomatique inédit entre deux Etats voisins au sein de l’Union Européenne. Comme si tout cela ne suffisait pas, la Hongrie a récemment obtenu, après des années de différend, l’utilisation exclusive de la marque « Tokaj » , au détriment de la Slovaquie. Il n’en fallait peut-être pas plus pour briser l’apparente accalmie qui était ressortie de la visite officielle de Robert Fico en Hongrie.

Tant que des négociations bilatérales sont en cours, la Hongrie invite à nouveau la Slovaquie à suspendre l’imposition des amendes prévues par la loi, pour prévenir tout préjudice moral et social entre minorités et majorité communautaires.

Après en avoir référé à Bruxelles et à Washington, la diplomatie hongroise entend bien exercer de nouvelles pressions internationales sur la Slovaquie pour y faire respecter les droits des minorités… Comme si la Hongrie avait elle-même, à l’heure où les nationalismes fleurissent de toutes parts en Europe, une grande expérience de la société inter-communautaire et un sens exacerbé de la tolérance des différences.

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