Les néo-nazis se défilent à Budapest?

Plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de néo-nazis hongrois, allemands et des pays voisins avaient prévu de défiler samedi 6 mars sur la place des héros de Budapest pour commémorer le « Jour de l’honneur ». Mais malgré l’accord officiel des autorités hongroises, les organisateurs ont finalement annulé le rassemblement.

La police hongroise avait tout d’abord interdit son déroulement, officiellement pour des raisons logistiques, comme il est coutume de procéder pour empêcher les mouvements néo-nazis. Mais, par un tour de passe-passe, le Front National-socialiste hongrois (NS Front) a pu obtenir l’autorisation de la cour de justice hongroise pour sa manifestation, maquillée en ralliement de campagne électorale. Il s’est en effet enregistré en parti politique sous le doux nom de Parti Révolutionnaire National (Nemzeti Forradalmi Párt) afin de bénéficier d’une législation plus souple en matière de regroupement en période électorale. Le NFP a depuis annulé sa parade, communiquant jeudi dernier via son site internet que « L’évènement ne pourra se dérouler de façon normale. Après avoir examiné les circonstances, la direction du parti a décidé son annulation ». Plusieurs groupes anti-fascistes avaient annoncés qu’ils organiseraient des contre-manifestations.

Aucune explication plus claire n’a été apportée à ce jour par le parti pour justifier ce revirement. Parmi les hypothèses plus sérieuses, on peut imaginer, comme cela a été déclaré par le NFP, que le gouvernement de Bajnai a émis des pressions sur le parti afin de ne pas ternir la réputation du pays à l’étranger, car il est certain qu’un tel rassemblement ne serait pas passé inaperçu dans le reste de l’Europe. Il est aussi plausible que le Jobbik, la principale force d’extrême-droite, ait joué un rôle dans cette affaire, en intervenant auprès du groupuscule afin de ne pas se retrouver dans la situation inconfortable de devoir condamner cette action. En ce fameux « Jour de l’honneur », des soldats hongrois et leurs alliés nazis encerclés dans le château de Buda par l’armée rouge ont tenté un ultime baroud d’honneur, dans les derniers jours de la seconde guerre mondiale, en février 1945. La journée de samedi devrait donc être calme à Budapest, à moins que les néo-nazis européens ne renoncent pas à leur pèlerinage et profitent de leurs billets d’avion low-coast pour venir faire un peu de tourisme dans la capitale hongroise…

Articles liés :

« Tomcat » et le subterfuge Rudolf Hess

Le nazi n°1 vit libre à Budapest

Laissez une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*


× 9 = 81

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>