Les milices n’ont qu’à bien se tenir

Par Swan Min-Tung

Le parlement a adopté un amendement au Code Pénal portant sur «  des comportements de « provocations antisociales » qui pourraient intimider les individus appartenant à des minorités nationales ou ethniques, les communautés raciales ou religieuses et qui pourraient être sanctionnés  de trois années d’emprisonnement », a rapporté MTI au début de la semaine.

Les manifestations de l’extrême-droite ont fait, manifestement, trop parler d’elles ces derniers temps. L’objectif de cette nouvelle législation est de renforcer les pouvoirs de la justice pour sanctionner des écueils tels que les manifestations qui s’étaient déroulées dans les villages de Gyöngyöspata, Hejöszalonta ou encore Hajduhadhaz, à l’encontre des populations Roms accusées de délinquance. Combattre le feu par le feu, la violence par la violence n’est finalement pas du goût du Parlement hongrois : la droite Fidesz, le parti socialiste MSZP et le Parti vert LMP ayant voté l’amendement. Jobbik, de son côté, s’est y est bien évidemment opposé.

Hejöszalonta le 2 avril 2011 (HU-lala)

Hejöszalonta, le 2 avril 2011 (Corentin Léotard/HU-lala)

Le gouvernement a ainsi souhaité rappeler que c’est l’Etat qui détient le monopole de la violence légitime, et qu’il peut ainsi condamner ce que le porte-parole du premier ministre Peter Szíjjártó a désigné comme une « criminalité en uniforme ». En effet, en plus de la peine de prison évoquée précédemment, tout participant à une opération de maintien de l’ordre illégale risque jusqu’à deux de prison. Reste à savoir dans quelle mesure cette loi sera applicable. On a vu la semaine précédente des éléments de la milice Véderö provoquer les Roms de Gyöngyöspata, sans uniformes et dissimulés dans la population locale.

Jobbik-Véderő : je t’aime moi non plus

Il semblerait que le phénomène des milices, soutenu par Jobbik et son président Gabor Vona, créé quelques tensions au sein du parti. Plusieurs branches locales de Jobbik ont été dissoutes ces derniers mois, peut-être par désaccord avec les actions des milices, mais sans qu’elles confirment ces raisons. Selon des informations de Origo.hu relayées par Politics.hu, le Jobbik chercherait à prendre ses distances avec le groupe paramilitaire Véderő. Certains députés Jobbik n’ont pas hésité à critiquer récemment  l’action de Véderő à Gyöngyöspata. Le vice-président du parti, Levente Murányi est allé jusqu’à dénoncer le comportement du leader du groupe paramilitaire, Tamás Eszes, comme quelqu’un « incapable de travailler en équipe, rebelle et désobéissant« . Murányi l’accuse en outre d’avoir été expulsé de la Magyar Garda, aujourd’hui bannie, à cause de ce même comportement.

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