Législatives : la bataille peut commencer

Le Président hongrois László Sólyom a annoncé vendredi les dates des élections législatives : les deux tours se dérouleront le 11 puis le 25 avril.  Cette annonce donne aussi le départ d’une campagne électorale volontairement écourtée. A trois mois exactement du « verdict », plus rien ne semble pouvoir empêcher la FIDESz de s’emparer du pouvoir.

Cela ne laisse que peu de temps, 79 jours exactement, aux partis pour faire campagne, et c’est exactement ce que souhaitait le Président Sólyom. Si le premier weekend d’avril n’était pas tombé sur Pâques, nul doute que c’est une semaine plus tôt que les Hongrois auraient eu à voter, soit 72 jours après le lancement officiel de la campagne électorale, le minimum autorisé par la Constitution hongroise. Le Président qui avait déclaré en décembre dernier, donc un peu tard, que des élections anticipées auraient été dans l’intérêt du pays, espère ainsi trouver une porte de sortie à l’instabilité politique, aux querelles politiciennes et à la division nationale qui ont particulièrement marqué la vie politique hongroise de ces dernières années.

Vers un Parlement tripartite

L’issue de ce scrutin législatif laisse peu de place au doute. Tous les sondages sans exception effectués ces derniers mois prévoient une large victoire de la FIDESz, le parti de droite dans l’opposition, devant le parti socialiste MSzP actuellement au pouvoir et le Jobbik de la droite radicale. Si les sondages disent vrai et que l’état de l’opinion publique n’évolue que peu, seuls ces trois partis entreront au Parlement. Parmi les petits partis, seuls les centristes du Forum Démocratique Hongrois (MDF) peuvent espérer envoyer des députés au Parlement. Les libéraux du SzDSz, eux, n’atteindront vraisemblablement pas le seuil fixé à 5% des suffrages, quoi qu’en disent leurs dirigeants.

Les derniers sondages en date, réalisés par l’institut Median ne viennent que confirmer des chiffres annoncés depuis plusieurs mois : deux-tiers des votes au second tour en faveur de la FIDESz, contre seulement 20% en faveur du MSzP. Sauf coup de théâtre, un scénario qu’aucun commentateur sérieux en Hongrie n’ose même envisager, les socialistes seront donc chassés du pouvoir après deux mandats successifs. Il faut dire que le second a été complètement plombé d’entrée de jeu par une « gaffe » de l’ancien premier ministre Ferenc Gyurcsany qui avait avoué, malgré lui, avoir menti délibérément sur la situation économique du pays pour assurer sa réélection. Les relativement bons résultats obtenus sur le plan de la macro-économie par le gouvernement de l’indépendant Gordon Bajnai, successeur de Gyurcsany contraint de démissionner en avril 2009, ne sont pas de nature à faire oublier ce dérapage, même deux ans après. Le mieux que pourra faire Attila Mesterhazy, le jeune économiste de 35 ans qui sert de candidat aux socialistes, c’est de « limiter la casse ».

Le baptème parlementaire du Jobbik

Finalement, la seule véritable inconnue, c’est l’ampleur de la percée de l’extrême-droite emmenée par le Jobbik. Il est crédité de 5% à 10% des intentions de vote, ce qui devrait lui assurer plusieurs sièges parlementaires, pour la première fois de sa jeune histoire des députés au Parlement hongrois. Il ne semble cependant pas qu’il puisse rééditer son exploit des élections européennes tenues en juin 2009, où il avait fait une percée triomphale obtenant près de 15% des voix.

L’autre gagnante, aux côtés de la FIDESz, pourrait bien être l’abstention dont les analystes craignent qu’elle soit très élevée, autour de 50% si l’on en croit les différents instituts de sondage. L’impression que tout est déjà joué et les ressentiments d’une grande partie de la population hongroise vis-à-vis non pas du seul MSzP mais de l’ensemble de la classe politique. Rappelons-nous cependant que les sondeurs hongrois avaient beaucoup surévalué le taux d’abstention lors des législatives de 2006, de presque 15%.

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