Bajnai partirait au casse-pipe?

11049_bajnai_gordonLes préliminaires de la campagne des socialistes hongrois (MSzP) pour les élections parlementaires de 2010 ont commencés. A la recherche d’un nouveau leader après la cuisante défaite aux dernières européennes du 7 juin, plusieurs cadres du parti auraient finalement jeté leur dévolu sur…Gordon Bajnai. Alors que tout porte à croire que la Fidesz n’est qu’au début de sa série de victoires électorales, mettre Bajnai en première ligne en 2010 peut se voir comme la déresponsabilisation du parti pour une défaite qui s’annonce historique.

Cet appel du pied des pontes du MSzP à l’actuel premier ministre semble, de prime abord, surprenant et inattendu. Pour mémoire, lors de sa prise de fonction, Bajnai avait annoncé qu’il se retirerait de la vie politique en 2010, juste avant les futures législatives. De plus, par rapport aux « dinosaures » du MSzP, Ildikó Lendvai ou Péter Kiss, Bajnai semble manquer d’expérience pour mener à bien cette campagne. L’actuel premier ministre apparaît également moins populaire que certains « jeunes loups »,  tels que le maire de Széged László Botka.

Une impopularité dûe à des promesses tenues

Gordon Bajnai est devenu premier ministre hongrois le 5 avril dernier. En pleine crise économique, il a succédé à l’impopulaire Ferenc Gyurcsany qui avait remis sa démission le 21 avril 2009. Homme de dossiers et ministre de l’économie de l’ancien gouvernement, il n’avait alors pas encore d’étiquette politique particulière. Dès le premier jour de son investiture, Bajnai annonçait la mise en place d’un plan d’austérité visant à réduire les dépenses publiques et la dette de l’Etat hongrois. Désireux d’agir plutôt que de séduire, il a affirmé que sa politique exigerait de nombreux sacrifices de la part de l’ensemble de la population hongroise. Il ajouta néanmoins que ses réformes s’avéreraient nécessaire pour contrer la crise économique et redresser les finances du pays. Des mesures qu’il jugeait lui-même sévères, mais essentielles pour faciliter et accélérer l’introduction de l’Euro en Hongrie. Depuis avril, le vaste chantier rigoriste entrepris par Bajnai a plus que commencé à se faire sentir. Les fonctionnaires ont vu leurs salaires réduits, la TVA est passée de 20 à 25%, de nouveaux impôts immobiliers ont été introduits… Une politique de « gauche » qui n’a pour l’instant pas séduit les électeurs au vu des dernières élections européennes largement remportées par la Fidesz. Comme l’a si bien dit Charles Pasqua un jour, « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent… »

Un agenda suicidaire

Les prochains mois s’avèrent donc décisifs pour la suite de la carrière politique de Gordon Bajnai. La grande question est de savoir si Bajnai reviendra sur ses paroles et relèvera le défi qui vient de lui être proposé par le MSzP. Si tel est le cas, le premier ministre disposera de peu de temps pour convaincre les Hongrois qu’il est réellement l’homme de la situation. Car le climat économique en Hongrie n’est pour l’instant guère réjouissant. Certes, Bajnai a réussi à stabiliser le cours du forint, comme l’ont rappelé récemment les socialistes, mais les prévisions du KSH, Bureau Central des Statistiques, demeurent très inquiétantes. Ces chiffres prévisionnels annonçant l’introduction de l’Euro en Hongrie bien au-delà de 2010, ne feraient pas, s’ils s’avéraient exacts, les affaires électorales de Gordon Bajnai au printemps prochain, à l’heure de son bilan.

Articles liés :

La Hongrie en pleine récession

Européennes: l’abstention remporte les élections

Le point Bajnai

Laissez une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*


+ 7 = 9

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>