Le Ministre de la Justice jette l’éponge

Tibor Draskovics

Tibor Draskovics a donné sa démission à Gordon Bajnai mardi dernier, estimant que sa mission législative était accomplie, et que l’agenda allait être désormais bien plus dominé par la politique des partis que par des questions d’ordre technique. Cet été, Draskovics avait subi une énorme déconvenue, dont l’opposition s’était allègrement emparée pour réclamer sa démission. C’est maintenant chose faite.

Bien qu’aucune date ne soit encore fixée, il reste moins de 5 mois à la Hongrie pour organiser ses élections législatives… sans ministre de la Justice?

La semaine dernière, le Premier ministre Bajnai a dû accepter la démission de son ministre, « avec regret » , a t-il précisé. Son communiqué à MTI mentionnait également qu’il «remercie Tibor Draskovics pour tout le travail qu’il a effectué afin de renforcer la sécurité publique du pays. « Draskovics, ancien ministre des Finances du gouvernement socialiste de Péter Medgessy, a obtenu le porte-feuille de la Justice en février dernier, deux mois avant que le Premier ministre de l’époque, Ferenc Gyurcsány, ne démissionne lui-même.

La boulette de la fausse video terroriste

De son côté, le parti de centre-droit d’opposition ne regrette rien, sinon le bilan du ministre. Dès sa nomination à la Justice, la FIDESz réclamait sa démission. La requête est allé crescendo, jusqu’à cet été, lorsque Draskovics s’est ouvertement fourvoyé en tombant dans un piège, qui, au départ, n’était qu’un canulard vidéo concocté par des étudiants en première année de chimie. Le ministre est très rapidement tombé dans le panneau qui mettait en scène des soit-disant « terroristes d’extrême-droite » faisant exploser une bombe dans un champ.

A l’époque, la Hongrie était déja en pleine crise communautaire, entre les crimes en séries à l’encontre des Roms et l’interdiction légale de l’association militaire d’extrême-droite « Magyar Garda ». En s’empressant de montrer cette vidéo aux journalistes, il s’était lui-même couvert de ridicule. Le ministère de la Justice a été contraint de présenter des excuses publiques, mais Draskovics est tout de même resté en poste grâce au soutien inconditionnel du MSzP. « Il était temps qu’il s’en aille, » a simplement réagi Tibor Navracsics, président du groupe FIDESz au Parlement.

Quant aux potaches « petits chimistes », ils n’ont écopé que d’un an de prison avec sursis pour avoir provoqué ce scandale d’Etat.

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