Le budget « Fidesz » 2011 anéantit le Conseil Fiscal

Le budget 2011 était à l’ordre du jour du Conseil des ministres ce mercredi. Parmi les mesures budgétaires courantes, la réduction du budget du Conseil Fiscal (Költségvetési Tanács) fait figure de nouvelle confusion des genres entre stratégie économique de l’Etat et manipulation politique de la part du gouvernement. Cette institution indépendante, néanmoins organe du gouvernement, recevra seulement 10 millions de forints (36250 euros) au lieu des 835 millions qu’elle recevait annuellement.

Hier, le groupe parlementaire de la Fidesz a tenu une réunion pour discuter des projets budgétaires du gouvernement. Ce qui a été décidé au Conseil des ministres aujourd’hui sera « discuté » demain au Parlement, qui, rappelons-le, est occupé à plus des deux-tiers par des députés Fidesz. Au Parlement, pas moins de 389 propositions budgétaires ont été émises par les 4 partis qui y sont représentés. Parmi celles qui viennent de l’opposition, Janos Lazar, président du groupe Fidesz au Parlement, pense que « certaines méritent réflexion« . Autant dire alors que les députés de l’opposition se sont fatigués pour rien, car avec la majorité des deux tiers au Parlement, cela sera vite vu.

Tous les pouvoirs sur les finances de l’Etat

En tous cas, en ce qui concerne l’anéantissement des moyens financiers du Conseil Fiscal (ou Conseil budgétaire), la messe de la Fidesz est déja dite. Après le Conseil des ministres aujourd’hui, la Commission économique du Parlement s’est prononcée avec 18 voix pour et seulement 8 voix contre. Officiellement, cette décision s’inscrit dans la volonté du gouvernement de réduire les dépenses du fonctionnement de l’Etat. Mais c’est aussi un moyen d’avoir les mains libres en matière budgétaire.

Originellement institution pseudo-indépendante, le Conseil Fiscal devient, par sa nouvelle composition, une institution presque totalement à la botte de la Fidesz : elle est désormais uniquement composée du président de la Cour des comptes (László Domokos est député Fidesz depuis 1998 ; en principe, la législation hongroise interdit de nommer à la tête de la Cour des comptes des personnalités politiques ayant rempli de hautes fonctions au sein d’un parti), du président de la Banque centrale et d’un délégué désigné par le président de la République. Selon Navracsics Tibor, vice-premier ministre et ministre de la Justice, cela permettrait d’économiser l’ensemble des frais de fonctionnement du Conseil étant donné qu’au moins deux membres bénéficient du support administratif de leur propre institution.

« L’hôpital qui se fout de la charité« 

La différence de 825 millions de forints (3 millions d’euros) sera reversée à la Fondation publique pour les Roms Hongrois (Magyarországi Cigányokért Közalapítványhoz). Initiative intéressante, surtout lorsque l’on sait que Florian Farkas, commissaire ministériel Fidesz délégué à la question Rom (et lui-même membre de la communauté Rom), a déclaré il y a quelques jours que la Fondation devait fermer. Selon le portail Origo.hu, il a dû réviser son jugement suite à la colère que ses déclarations ont provoqué du côté de deux autres représentants tziganes de la Fidesz au Parlement.

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