La sage-femme Agnes Geréb a été libérée

Après 10 semaines de détention préventive, l’obstétricienne et sage-femme Agnes Geréb a été libérée mardi et placée en résidence surveillée, après une décision de la Cour de Budapest.

Enfin une bonne nouvelle à se mettre sous la dent en cette fin d’année 2010 en Hongrie ! Après 10 semaines passées derrière les barreaux en détention préventive, Mme Geréb pourra passer Noël entourée de sa famille… mais sous résidence surveillée. Cette femme, bien connue en Hongrie pour défier le pouvoir en continuant à assister des naissances à domicile, malgré l’interdiction de telles pratiques par les autorités, n’est pas sortie d’affaire pour autant. Elle encourt une peine de cinq années d’emprisonnement pour « pratiques négligentes » et « mise en danger de la vie de femmes et de leurs enfants ». Elle avait été arrêtée le 5 octobre après qu’une naissance qu’elle assistait nécessite une intervention des secours.

3500 naissances à son actif

En plus de deux décennies, cette « championne du mouvement pour la naissance naturelle » a aidé à mettre au monde quelques 3.500 bébés à domicile. Cinq de ces mises au monde ont nécessité l’intervention d’une équipe médicale et l’hospitalisation de l’enfant ou de sa mère, et seule une famille a porté plainte contre elle. La sage-femme bénéficie du soutien presqu’inconditionnel des femmes qu’elle a aidé à accoucher, et de leurs enfants. Plusieurs centaines de personnes lui ont manifesté leur soutien en organisant une descente aux flambeaux, dans la capitale hongroise, lundi soir. Et le mouvement de soutien commence même à dépasser les frontières de la Hongrie. Au même moment, lundi, une manifestation était organisée à Dublin en Irlande.

La Cour européenne des droits de l’homme au secours de Mme Geréb

Ces pratiques d’accouchements à domicile évoluent dans une zone grise de la législation hongroise. Car s’il s’agit bien d’un droit protégé par la Constitution, dans les faits, l’autorité sanitaire ANTSZ ne délivre pas d’autorisations aux sages-femmes à domicile qui sont donc condamnées à pratiquer dans l’illégalité. La Cour européenne a jugé la semaine précédente que l’Etat hongrois violait, dans ce domaine,  les libertés individuelles protégées par l’article 8 de la Convention européenne des Droits de l’homme. C’est sans doute en grande partie à son intervention que l’obstétricienne doit aujourd’hui sa semi-liberté.

Site de soutien à Agnes Geréb

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2 Commentaire

  1. Comparons avec les statistiques des hopitaux avant de faire l’apologie du risque zero possible ^_^
    quelque soit le lieu, le risque zero n’existe pas en medecine comme dans bien d’autres domaines…

  2. Il est certain qu’il est plus facile de mettre en prison une sage-femme, plutôt que les mafieux, gangsters et autres traficants.
    Il est toujours plus facile de s’en prendre aux citoyens, plutôt qu’aux « terroristes » de la démocratie.

    Dans un sens, c’est « marrant ». En France on a plutôt tendance à rechercher, ces derniers temps, l’hospitalisation à domicile qui, certes, comporte aussi des inconvénients, mais des avantages chaque jour plus nombreux et plus évidents.

    Autre avantage de l’U.E., Agnès Geréb peut venir s’installer en France, où elle serait accueilli à bras ouverts. Ce n’est pas tous les jours que l’on trouve des citoyens autonomes. Reste le barrière de la langue, pour la pratique professionnelle.

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