La renationalisation de Malév agace Wizzair

Il y a une semaine, les négociations avec les propriétaires russes de Malév et l’obtention de leur garantie de prêt ont abouti, sans surprise, à la « renationalisation » de la compagnie aérienne par décret du gouvernement hongrois. L’Etat, désormais propriétaire à 95%, s’est cependant attiré les foudres de Wizzair, l’autre flotte magyare, mais privée. Celle-ci a annoncé lundi qu’elle allait en référer à Bruxelles pour dénoncer une manipulation allant à l’encontre du devoir communautaire de respect de la concurrence. Le sauvetage de Malév s’élève à 25 milliards de forints (94 millions d’euros).

On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre… à crédit. L’Etat hongrois ayant finalement opté pour éviter la faillite à tout prix, il semble ne pas avoir eu le choix dans les négociations avec les Russes. Pour obtenir sa garantie bancaire de 32 millions d’euros de la part de la banque publique de développement russe Vnyeshekonombank, et ne pas se désaisir de sa compagnie, l’Etat doit injecter les 70 millions d’euros autorisés par le Parlement. Pas étonnant, donc, que Wizzair crie au non respect de la concurrence, et prévienne que les contribuables hongrois devront payer encore plus pour combler les 94 millions d’euros de déficit.

Au ministère des Finances de Péter Oszko, on a précisé depuis longtemps que la Vnyeshekonombank reprendra bientôt part à 25% dans le capital de Malév, et que cette renationalisation n’était donc que temporaire. A Moscou pendant une bonne semaine, on va maintenant réfléchir à comment participer au sauvetage de Malév sans prendre trop de risques, ni perdre les dizaines de millions d’euros qu’on y a déja investi. On comprend aussi que la stratégie hongroise se veut sage et s’inscrit dans le très long terme, permettant la restructuration totale nécessaire à la « BKV aérienne ». Ce dernier, aussi « sage » sit-il désormais accuse tout de même le coup en la renationalisant pour 25 milliards HUF alors que la privatisation ne lui a rapporté que 200 millions, selon la FIDESz.

L’arrangement entre Hongrois et Russes semble donc équitable, à condition que l’Union européenne ferme les yeux. Hier, dans les bureaux du commissaire à la Concurrence à Bruxelles, on n’avait pas encore reçu de plaintes concernant l’affaire Malév.

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