La prison pour les sans-abris ?

L’association de défense des sans-abris « A Város Mindenkié » (La ville pour tous) a rassemblé plusieurs centaines de personnes lundi dernier pour protester contre les nouvelles propositions du gouvernement d’imposer aux individus « résidant dans les lieux publics » une amende de 500 euros…ou une peine d’emprisonnement.

La manifestation a rassemblé entre 500 et 1000 personnes. Elle a débuté par la lecture d’une pièce inspirée des mesures « anti-pauvres » prises au cours de ces derniers mois, lue par un jeune poète, puis a continué avec une impressionnante performance simulant les conséquences de ces nouvelles propositions. Des centaines de participants se sont ainsi allongés tandis que d’autres, habillés en représentants de forces de l’ordre tentaient de les arrêter. « C’est la première fois depuis la chute du communisme que l’on peut être puni pour ce que l’on est et non pour ce que l’on fait« , déplore l’un des activistes et performeurs du collectif A Varos Mindenkié, Attila « Steve » Kopiàs, sur le site de l’association.

Avec la forte augmentation de la pauvreté extrême et visible, ces dernières années dans la capitale hongroise, ce type de mesures anti-pauvres foisonnent. Ce projet de loi qui vise à emprisonner les sans-abris (à moins qu’ils ne soient en mesure de payer l’amende…) serait sur le point d’être adopté par le Parlement, tandis que dans plusieurs arrondissements, de nouvelles mesures sont prises à l’encontre des sans-domicile fixe. Ainsi, Ferenc Papcsakl, le maire de la municipalité du 14e arrondissement a annoncé son intention de détruire un campement se trouvant à l’intersection des rues Francia et Egressy, à Zuglo. Il a cependant ajouté qu’une solution « honnête et humanitaire» devait être trouvée, expliquant que les SDF vivant dans le 14e arrondissement seraient envoyés dans des centres ou dans des maisons de retraite.

Au cours de l’année précédente, les mesures à l’encontre des SDF et criminalisant la pauvreté ont été nombreuses. L’an passé au cours du mois de décembre le ministère de l’intérieur a introduit des amendements permettant aux maires de punir le fait « d’habiter dans les espaces publics ». Le maire de Budapest a ainsi introduit une amende de 180 euros tandis que le maire du 8e arrondissement, Maté Kocsis, a également de son côté décidé de renforcer cette mesure et fait arrêter de nombreux SDF au cours de ce mois d’octobre.

Articles liés :

60 jours de prison pour les petits délits

Petit à petit, le nettoyage social des rues de Budapest se poursuit

Le maire de Budapest s’adresse aux sans-abris « hors-la-loi »

Le cauchemar des clochards continue

La loi d’urbanisme qui rend les sans-abris insomniaques

4 Commentaire

  1. 180 euros, 500 euros, même en France, on crierait au scandale.

    Je me demande ce que les smicards hongrois à 78500 forints brut mensuel, en pensent…

  2. Roman defrance a dit :

    Prochaine etape = faire un grand feux et bruler les clochards sur la place publique, de tte facon ils servent a rien!

    Je trouve reellement dommage qu a la chute du communisme, les etats se soient rues vers ce capitalisme FAR WEST .. certaines doctrines du communisme avaient du bon .. l etat par et pour l homme …

  3. « C’est la première fois depuis la chute du communisme que l’on peut être puni pour ce que l’on est et non pour ce que l’on fait« ….plus qu`inquietant…c`est vraie que les cocos s`on prenaient pas aux etres..comme le faisaient en revanche des allemands tristement celebres….

  4. La Hongrie ne bafoue-t-elle pas des conventions internationales en se comportant de la sorte ?
    Cela mériterait d’être étudié !

Laissez une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*


+ 6 = 12

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>