La nouvelle donne fiscale 2010

Cette nouvelle année s’accompagne d’un nouveau calcul fiscal en Hongrie, qui renforce la réputation du pays et de son système d’imposition souvent surprenant. En juin et novembre derniers, le Parlement a adopté deux nouveaux paquets fiscaux, dont la plupart sont entrés en vigueur au 1er janvier. Désireux de garder le cap du déficit public à 3,8% du PIB, le gouvernement tente toutes les ruses pour renflouer les caisses de l’Etat sans que l’électeur ne s’en aperçoive trop avant cet été. Pari difficile à gagner, surtout sur un parcours semé d’embûches dans le paysage politique hongrois.

« Impôt sur le revenu super brut » (szuperbruttósítás) est le nouveau verbiage avec lequel employeurs et salariés doivent désormais se familiariser. Un nouveau calcul qui suppose logiquement que l’impôt est prélevé à la source. Ce tour de passe-passe consiste à alléger la fiscalité crescendo, du plus modeste au plus gros salaire, en donnant l’impression de satisfaire tout le monde. Seulement voilà, si tout le monde y gagne sur le papier, proportionellement à son revenu, le manque à gagner pour l’Etat est considérable.

Le salaire brut augmentera de 27%, ce qui équivaut aux cotisations à la sécurité sociale versées par l’employeur. C’est le montant correspondant à ces 27% qui sera prélevé sur le revenu. En parallèle, les deux tranches d’impôt de 18% et 36% ont été abaissées à 17% et 32%, avec une imposition maximum de 1,9 millions HUF (7070 euros) pour un salaire de 5 millions HUF (18600 euros). Par conséquent ceux qui gagnent 240000 forints brut par mois (890 euros) économiseront 17000 HUF (63 euros) au trésor public cette année, et chaque revenu mensuel inférieur ou égal à 1.5 million de forints (5580 euros) obtiendra proportionellement une plus grande grâce fiscale.

Dans l’espoir de compenser les pertes en recettes fiscales, le gouvernement a décidé – à peu d’exceptions près – de supprimer tous les nombreux avantages fiscaux. Reste à savoir s’il tiendra le coup sous la pression politique en cette année électorale. Le récent compromis salarial fait aux fonctionnaires en est un signe probant. Pour les indépendants, seul Internet, la compensation au soutien du développement informatique et le secteur du logement seront exonérés d’impôt. Tout ce qui relève des chèques vacances, des aides à la scolarité, des titres de transports et de la formation en entreprise est désormais comptabilisé dans le revenu personel et taxé à 25%. En somme, les mesures prises pour enrayer le travail au noir indépendant en Hongrie n’existent plus, pour nombre d’entre elles.

Des bonnes et des mauvaises nouvelles pour tout le monde

Pour les entreprises, la « taxe de solidarité » (4%) a été abandonnée, tout comme la contribution des soins de santé par salarié (1950 HUF ou 7 euros par mois). Indépendamment des salaires, les versements à la sécurité sociale seront uniformes à hauteur de 27%, au lieu de 32% du salaire comme c’était le cas auparavant. Dans le même temps, l’impôt sur les sociétés a été augmenté de 16% à 19%, et en un clin d’oeil, les députés ont supprimé presque tous les éléments qui auraient pu réduire l’assiette fiscale d’une entreprise.

Les consommateurs sont, eux, sérieusement incités à changer leur mode de vie. La réduction des impôts liés à l’emploi signifie bien sûr l’augmentation des taxes de consommation en contre-partie. La TVA reste inchangée en général, mais la taxe sur l’essence, les cigarettes et les boissons alcoolisées a augmenté considérablement. Economiser ou fumer, boire et conduire, il va falloir choisir.

Pour les conducteurs, faire le plein va coûter 7,6% plus cher, tandis que la taxe d’accise sur le litre de gasoil est passée de 90,5 à 97,35 HUF. Même ceux qui n’ont pas de véhicule motorisé vont devoir « casquer » plus : depuis le 1er février, les tarifs des transports publics ont augmenté de 4%, avec les transports ferroviaires et routiers nationaux qui ont augmenté les prix des billets de 10 à 15%. Si l’on souhaite noyer son désespoir financier, la modération sera elle aussi de mise (10% sur l’alcool), tandis que le prix du tabac est susceptible de prendre 9% dès que les fabricants seront à court de timbres fiscaux de l’année précédente.

Les élections d’avril ont cependant amené le Parlement à imposer utile, en dorlotant ses citoyens pendant cet hiver rigoureux, et en baissant la TVA sur le chauffage urbain de 18% à 5%.

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