La Journée écolo au Parc Millénaris

Par Péter Praczki

Samedi 10 septembre, la Journée écologique organisée par National Geographic – Hongrie au Parc Millenáris de Budapest a rassemblé professeurs et professionnels pour tenter de répondre à une question centrale pour la protection de l’environnement : comment réduire les déchets de la planète ?

Les programmes éducatifs proposés ont certes eu beaucoup de succès auprès du public, mais la conférence professionnelle a elle aussi attiré de nombreux participants. Une trentaine d’interessés ont assisté à l’introduction du rédacteur en chef du Magazine National Geographic Hongrie, Tamás Schlosser. La conférence s’est conclue en une table ronde entre représentants de grandes compagnies et d‘associations : Dr. Panni Szűcs (BKV Holding), Zsuzsanna Lévai (Budapest Adduction d’eau), Mariann Bátori (Assainissement de Budapest), Bea Gönci (Association Recomplex).

Le Vert n’est pas tout noir ou tout blanc

La directrice du programme, Orsolya Nevelő (Adapt com by roder), a ensuite attiré l’attention sur le fait que prendre des décisions avec des répercussions positives sur l’environnement est une affaire complexe, qui demande beaucoup de compromis et donc de savoir nuancer ses idées. Elle a d’ailleurs très bien résumé cela en une formule : « le Vert n’est pas Noir et Blanc ».

Outre les participants hongrois, tels que Pr. János Mika, chercheur sur le climat des Services Métérologiques Hongrois,  Dr. Árpád Juhász, géologue, Eszter Sárosi, directrice de l’Association Nationale de Recyclage, András Péntek, directeur stratégique de MOL (Compagnie Pétroliere Hongroise), Dr. Gábor Bartus, membre du Conseil de Développement Durable,  Gábor Figeczky directeur de WWF Hongrie, la Suisse romande était aussi représentée par le professeur Guy Turchany.

L’imbécilité et l’avidité sont aussi des notions « durables »

Guy Turchany, spécialisé en aménagement du territoire, gestion de l’environnement et développement durable, a présenté un exposé sur les empreintes écologiques et l’urbanisme.  Pour introduire son propos, il a pris l’image d’un grand navire voguant sur un océan dénommé World Company. Dans le bateau, les passagers de la classe Economique s’inquètent de leur sort en cas d’accident climatique. En Première classe, on leur répond qu’on y travaille, tout en clamant : « plein gaz sur Copenhague ! »

Le professeur a ensuite analysé la notion de « durabilité », qui devrait être elle-même réconsidérée, surtout à partir du moment où « l’imbécilité et l’avidité peuvent (elles) aussi s‘imposer de maniére durable ». Il a alors repris dans l‘ordre les trois piliers du développement durable : la société, (la protection de) l‘environnement et l’économie, en partant du principe selon lequel ce systeme est basé sur la culture. C’est cette dernière qui intègre la solution à nos problèmes. Ainsi, pour confronter ensemble nos principaux problèmes, nous devrions adapter des normes communes !

La Décroissance également au rendez-vous

Guy Turchany a aussi repris le grand thème du mouvement politico-économique de la décroissance : « les gens doivent également renoncer à nombre de choses de leur vie, car nous vivons au-dessus des tolérences de la planète. Cette croissance économique n’est pas soutenable ! »

La poursuite indéfinie de la croissance est incompatible avec une planète finie. La diminution des réserves pétrolières va changer très rapidement les attitudes énergétiques de l’humanité, et les croyances technologiques n’apporteront pas de solutions véritables sans changements des valeurs marchandes de notre société. A juste titre, le professeur a donc évoqué le séisme géothermique qui a eu lieu à Bâle en 2006,  lorsque les recherches géothermiques ont déclenché un séisme d’une magnitude de 3,4.

Selon lui, au lieu de faire face à ces changements, notre société de consommation promeut l’individualisme, l’égoisme et le matérialisme. « Ce que tu as » prime sur « ce que tu es ».  Le professeur Turchany a dénoncé le fait que grand nombre de gens pensent dans notre société, « que le bonheur se trouve dans la capacité de consommer de plus en plus ».

La responsabilité de tous

Il a alors enchaîné sur des questions touchant la civilisation, la théorie des systèmes et les empreintes écologiques : « la ville d’Angkor s’est éffondrée parce qu’elle n’était pas en mesure de maintenir une relation saine et durable avec son environnement. Elle n’a pas su garder une empreinte écologique soutenable ».

En fin, selon le professeur, les changements de comportements à l’égard de la nature doivent passer d‘abord par l’éducation et la communication, car le futur n‘appartient finalement pas aux hommes politiques, mais à tout le monde.

2 Commentaire

  1. Excellente journée !

  2. Mais il faudrait s’y mettre vite, avant qu’on ne connaisse la même quadrature du cercle, qu’avec le problème Rom ou l’endettement des gouvernements.

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