La Hongrie se prépare pour la 9ème Homeless World Cup à Paris (1/2)

Pour cette 9è édition de la Coupe du Monde de football des sans-abri, des joueurs du monde entier s’affronteront sur le Champ de Mars pendant une semaine, à partir de ce dimanche 21 août. Après des problèmes financiers résolus à la dernière minute, l’équipe hongroise s’entraîne sans relâche pour le grand défi.

Nóra, la coach de l’équipe, mène l’entraînement d’une main de fer. « Vas plus vite ! Attrape le ballon ! Gyula, on n’est pas là pour regarder le paysage ! ». La tête entre les mains elle n’est pas très confiante : « Oh la ce geste là, j’aurais préféré ne pas le voir ». Si l’objectif final de cette compétition est de promouvoir la réinsertion des sans-abris dans le monde, pour Gyula et ses co-équipiers, il s’agit pour l’heure de faire bonne figure parmi les 64 délégations issues de 53 pays différents.

Les sept joueurs - la plupart en tenue usée – s’entraînent dur sur un petit terrain de Margitsziget (l’île Marguerite), à coté des jeux pour enfants. « Nous n’avons pas d’argent pour louer une grande salle, ou un terrain plus grand », explique András Rákos, le directeur de l’association sportive Oltalom.  »La règle du Homeless World Cup, est très stricte : une personne ne peut participer qu’une seule fois. C’est une occasion pour les personnes en situation difficile de voir qu’ils peuvent réussir à s’en sortir, qu’il y a une issue », précise-t-il.

« Ce genre de foot n’intéresse pas notre 1er ministre »

L’équipe hongroise à l’entraînement sur Margitsziget

Au début du mois de mai, la fréquence des entraînements a augmenté de 4 à 5 : trois entraînements techniques et deux de musculation/cardio. Le directeur et la coach veulent rester confiants, même si cette année est plus difficile dans plusieurs aspects : « L’équipe est faible, nous avons dû virer des personnes qui jouaient bien, mais qui n’étaient jamais présentes aux entraînements », explique András Rákos. Pour la première fois, l’association a envoyé des prospectus aux maisons d’accueils du pays pour recruter. « Ceux qui ont décidé de rejoindre l’équipe, nous leur avons proposé un logement, un plat chaud et nous avons signé un contrat, mais à une condition : être présent à chaque entraînement ».

Tous les ans, l’association peine à lever des fonds publics nécessaires à la participation de l’équipe, mais cette année, pour la première, fois elle n’a gagné aucun concours. « Heureusement, des entrepreneurs nous ont apporté leur aide. Sans cela, nous n’aurions pas pu partir. D’autres équipes ont des logos comme Mercedes, Vodafone, nous, on a Hungary. Cette année, nous n’avons reçu aucune aide publique, j’imagine que cela a des raisons politiques. Je croyais que le foot intéresserait notre Premier Ministre [Viktor Orban, ndlr], mais apparemment pas ce genre de foot », conclut le directeur de l’association.

Pour en savoir plus ou assister à cet évènement : Homeless World Cup 2011

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