La Hongrie se plaint de la Slovaquie à Washington

Ferenc Koszorus, co-président de la Fédération Americano-Hongroise, a annoncé à MTI samedi qu’il avait mis la loi slovaque anti-magyarophones sur la table de certains décideurs de la politique étrangère américaine. Depuis l’escalade des provocations entre la Hongrie et la Slovaquie cet été, la diplomatie magyare tente de tirer toutes les ficelles possibles pour avoir le beau rôle. Mais rien ne dit que le dossier arrivera entre les mains d’Obama.

L’Union Européenne s’avoue quelque peu incompétente pour régler ce contentieux éminemment politique entre deux de ses nouveaux membres, et souhaite logiquement que cette querelle soit gérée de façon bilatérale. Pourtant, l’adhésion des deux « ennemis » en 2004 ne s’est pas faite sans savoir que l’animosité entre les deux nations existe depuis bien longtemps. Selon une ancienne croyance européenne, tout devait aller mieux par le fonctionnement-même des institutions supra-nationales. Mais voilà, la mécanique économique de l’UE ne suffit manifestement pas à calmer certaines ardeurs identitaires, surtout en Europe Centrale, ou en Europe de l’Est.

La diplomatie hongroise et la tactique du fayotage

Suite aux plaintes d’Adam Kosa auprès du Parlement Européen quant à l’attitude du gouvernement slovaque, et après que Péter Balazs, ministre des affaires étrangères hongrois, ait sollicité ses homologues européens sur le sujet lors de l’affaire Solyom, rien n’y fait. Devant l’incapacité de l’Union, la Hongrie tente à nouveau d’utiliser son appareil diplomatique et de donner aux Slovaques des airs d’agresseurs, mais outre-Atlantique cette fois.

A Washington, Koszorus a fustigé la politique linguistique slovaque en la qualifiant d’”inacceptable” et de “discriminatoire”. Bien-pensant, il a également insisté sur le fait que la démocratie et le respect des droits de l’Homme et des minorités étaient essentiels pour la sécurité et la stabilité de la région d’Europe Centrale et de l’Est.

Le co-président de la Fédération Americano-Hongroise en a profité pour organiser un sommet de la Central East European Coalition (CEEC), réunissant 18 organisations dites “ethniques”, autour de conseillers en politique extérieure proches du Président Obama. Etaient notamment présents : Michael Mc Faul, conseiller spécial d’Obama sur les affaires russes et eurasiennes, ainsi que Anthony Blinken, conseiller du Vice-President Biden à la sécurité nationale.

Pour l’heure, on attend des avancées certainement plus concrètes sur l’avenir de la langue hongroise en Slovaquie lors de la rencontre entre les Premiers Ministres hongrois et slovaque, Bajnai et Fico. Ce face à face devrait avoir lieu très prochainement à Budapest.

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