La Hongrie encore plus corrompue en 2010

Par Virginia Van Wassenhove

Il y a un mois, l’organisation non gouvernementale internationale de lutte contre la corruption Transparency International publiait son Indice de Perception de la Corruption (IPC) pour l’année 2010. D’après les résultats de l’étude de TI, la Hongrie se classe seulement 50ème parmi les pays les plus intègres, en perdant quatre places par rapport à l’an passé. Pour la première fois, la corruption en Hongrie serait pire qu’en Lituanie et en Pologne.

Le classement évalue 178 pays en fonction de la perception du niveau de corruption affectant les administrations publiques et les classes politiques. Dans cette édition 2010, près de trois quarts des pays évalués ont un score inférieur à 5, sur une échelle allant de 0 (haut niveau de corruption perçu) à 10 (haut niveau d’intégrité perçu). “Ces résultats montrent que des efforts beaucoup plus importants doivent être accomplis pour renforcer la gouvernance dans le monde. Lorsque la survie d’un si grand nombre de personnes est en jeu, les engagements des gouvernements en faveur de la lutte contre la corruption, pour la transparence et l’intégrité doivent se traduire par des actes concrets. La bonne gouvernance est en effet un élément essentiel face aux défis mondiaux auxquels sont confrontés les gouvernements”, a déclaré Huguette Labelle, présidente de Transparency International (TI).

Tolérance zéro diagnostiquée

Un des messages clés accompagnant la publication de l’Indice de Perception de la Corruption 2010 affirme que “les crises mondiales ne pourront être résolues sans une tolérance zéro contre la corruption”. Selon Transparency International, pour relever les défis mondiaux de la lutte contre la corruption, il faut que les gouvernements prennent des mesures anti-corruption dans tous les domaines ou ils opèrent, qu’il s’agisse des réponses apportées à la crise financiere et aux questions climatiques, ou des actions entreprises par la communauté internationale pour éradiquer la pauvreté.

Par ailleurs, TI plaide pour une mise en oeuvre plus stricte de la Convention des Nations Unies contre la corruption qui offre le cadre légal le plus complet pour combattre la corruption. “Tolérer la corruption est inacceptable: trop de personnes pauvres et vulnérables continuent de souffrir de ses conséquences a travers le monde. Il faut davantage de respect des lois et des réglementations existantes. Aucun refuge pour les corrompus ou leur argent ne doit exister”, a ajouté Mme Labelle.

Le classement de Transparency International

Dans l’ Indice de Perception de la Corruption 2010, le Danemark, la Nouvelle-Zélande et Singapour se retrouvent en haut du classement avec un score de 9,3. Les gouvernements instables, souffrant encore souvent des conséquences de conflits passés ou présents, continuent a dominer le bas du tableau. L’Afghanistan et le Myanmar se partagent l’avant-derniere place avec un score de 1,4. La Somalie arrive derniere avec 1,1. De réels changements de perception peuvent etre constatés pour certains pays. Une amélioration des scores est observées entre les éditions 2009 et 2010 pour le Bhoutan, le Chili, L’Equateur, la Macédoine (ARYM), la Gambie, la Jamaique, le Koweit et le Qatar. Parallelement, un déclin des scores est observé sur la meme période pour la République Tcheque, la Grece, la Hongrie, L’Italie, Madagascar, le Niger et les Etats-Unis (une carte est disponible en bas de l’article).

Le cas hongrois

L’enquête de Transparency International place la Hongrie au 50eme rang du classement avec un Indice de Perception de la Corruption de 4,7. Avec pareil résultat, la Hongrie se positionne en dessous de la moyenne régionale. De plus, parmi les pays voisins, c’est également la Hongrie qui affiche le plus important déclin: 0,4 points par rapports a son IPC 2009.

Dans le cas de la Hongrie, ce sont les indicateurs du milieu des affaires qui ont décliné de manière significative. Le marché se montre impatient et demande des réponses rapides et efficaces de la part du gouvernement. La section hongroise de Transparency International a annoncé que les mesures anti-corruption sont essentielles pour passer outre la crise économique et augmenter la compétitivité du pays. La volonté politique devrait être déterminante, mais comme en France, les politiques doivent mener leurs campagnes électorales.

Le recul de la France

La France, avec une note de 6,8 recule encore d’une place et passe au 25ème rang du classement. Bien qu’elle se positionne devant l’Espagne (30ème), le Portugal (32ème), l’Italie (69ème) et la Grece (78ème), la France ne peut se consoler car elle se place derrière de nombreux Etats européens tels que la Suède (4ème), les Pays-Bas (7ème), l’Allemagne (15ème), le Royaume-Uni (20ème) et la Belgique (22ème). Transparency International – France déclare que plusieurs raisons expliquent que les entreprises françaises et experts internationaux interrogés continuent à avoir une image relativement dégradée de la classe politique française.

Entre janvier 2009 et septembre 2010, la France a été marquée par plusieurs affaires dont l’audience a largement dépassé ses frontieres. Qu’il s’agisse de l’enquête sur l’attentat Karachi, le projet de suppression du juge d’instruction ou encore la nomination contestée d’un certain nombre de procureurs, TI France juge que les pratiques de la classe politique française doivent évoluer vers plus de transparence et mieux garantir la primauté de l’intérêt général sur les intérêts particuliers. C’est, pour l’organisation de lutte contre la corruption, une condition indispensable pour que la classe politique française retrouve la confiance des observateurs internationaux et surtout celle de ses concitoyens.

Méthodologie et sources

L’Indice de Perception de la Corruption (IPC) est calculé chaque année au siège de Transparency International à Berlin. Les analyses et calculs sont effectués à partir d’une collecte d’informations et de données provenant de différentes sources. L’IPC apparaît comme une “enquête d’enquêtes” mesurant les perceptions de la corruption sur les pays analysés auprès d’experts, d’hommes d’affaires, d’hommes d’Etats ou d’universitaires. Il y a un minimum requis de trois sources par pays et les résultats restent basés sur des perceptions et non des données concrètes. La question des sources de Transparency International pourrait être sujet de contreverse, bien sûr, mais ne serait-ce pas moindre par rapport a l’impact de l’organisation dans la lutte mondiale contre la corruption ?

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