La guerre de Budapest n’a pas eu lieu

Le bruit des bottes de la jeunesse européenne néo-nazie n’a finalement pas résonné sur les pavés de la place des Héros de Budapest, samedi dernier. Ce sont au contraire des associations antifascistes qui ont investi ce haut-lieu de la capitale hongroise pour manifester leur opposition aux « discriminations, à la violence et à l’extrémisme » et pour honorer les victimes du nazisme, juives et tsiganes.

Les néo-nazis hongrois, en étroite collaboration avec leurs homologues allemands, planifiaient un vaste rassemblement, l’un des plus grands d’Europe. Face à eux, des associations antifascistes promettaient une contre-manifestation pour leur faire barrage. Pour une raison qui reste inconnue, il semble que ce sont les organisateurs hongrois du rassemblement qui aient annulé l’évènement alors que, chose rare, ils étaient parvenus à obtenir l’accord des autorités hongroises. Comment ? En enregistrant leur groupuscule comme parti politique et en maquillant leur parade en un rassemblement de campagne électorale.

C’est donc face à un adversaire physiquement absent que se sont rassemblés sur la place des Héros, les militants antifascistes de Budapest. Selon les organisateurs, 5000 personnes ont assisté à l’évènement, sur toute la journée. Le chiffre est peut-être légèrement exagéré, mais il indique tout de même un relatif succès pour ce mouvement qui peine toujours à mobiliser, et dont, tout dans la communication contraste avec celle toujours bien huilée des différents mouvements non néo-nazis de l’extrême-droite hongroise, du Jobbik au HVIM, en passant par l’incontournable Magyar Garda. A force de mobilisations, ces derniers ont appris à maitriser l’art de susciter l’intérêt de la presse hongroise, en assurant chaque fois un spectacle haut en couleurs, à base de drapeaux, de chants et aussi parfois de dérapages violents. La « contre-manifestation » a été à peine perturbée lorsque deux individus affichant ostensiblement des symboles de l’extrême-droite hongroise se sont approchés de descendants de victimes du nazisme, en train de se recueillir. Après un bref échange avec l’un des organisateurs, ils se sont pliés aux ordres des quelques agents de police en faction, qui les ont prié de s’en aller sans plus de provocations (Voir photo).

Au lieu d’un haut lieu…

Quelques dizaines de néo-nazis ont fait le voyage ce weekend depuis leur terre germanique, malgré l’annulation de l’évènement, pour « profiter de la ville », selon l’un d’eux. C’est ainsi que la petite troupe s’est rassemblée en fin d’après-midi, mais bien loin du centre de la ville, par-delà le Nagy körut (le Grand boulevard). Sans doute avaient-ils espéré une ambiance plus solennelle et plus grandiloquente que celle du kocsma (bar) miteux où ils s’étaient terrés, surveillés à la culotte par deux camions de police, pour honorer la mémoire des combattants  nazis de la bataille de Budapest. Celle qui a effectivement eu lieu.

Articles liés :

Les néo-nazis se défilent à Budapest ?

Le nazi n°1 vit libre à Budapest

Le retour en Hongrie d’un ancien nazi

Laissez une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*


1 + 7 =

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>