La Garde hongroise est morte, vive la Gárda

ArpadLa Cour d’Appel de Budapest a confirmé aujourd’hui la dissolution de la Garde hongroise. La Gárda avait fait appel d’une décision de justice en décembre 2007 qui avait jugé l’organisation liberticide. C’est bel et bien terminé pour la Garde en tant qu’association officielle.

Le Jobbik avait créé la « Magyar Gárda » en juin 2007 pour « préparer spirituellement et physiquement la jeunesse hongroise aux situations extraordinaires qui demanderaient la mobilisation du peuple ». Concrètement et officiellement, la Garde dont les membres étaient habillés en uniformes ressemblants à ceux des Croix-Fléchées, organisait des parades aux allures martiales, ouvertement anti-roms, lors de rassemblements politiques du Jobbik ou dans des villages à forte communauté tziganes après que ceux-ci aient été touchés par de violents meurtres xénophobes. La Garde qui refusait de reconnaitre aux Roms les mêmes droits qu’aux hongrois avait lancé une campagne contre les « criminels tziganes » et n’hésitait pas à faire des amalgames plus que douteux.

Lors de la décision de justice initiale en décembre 2007, un membre du tribunal avait expliqué que « les membres de l’Association culturelle et traditionnelle de la Garde hongroise ont créé une atmosphère de crainte, alors que ses activités — comme les défilés de ses membres et les discours de ses dirigeants au sein des villes ou villages habités par les Tziganes — violent la dignité de la minorité tzigane ». La Cour d’Appel a confirmé aujourd’hui que loin de résoudre des conflits, la Gárda a « fait naître de nouvelles tensions ».

La Cour a statué que les activités de la Garde hongroise outrepassaient ses droits en tant qu’association et étaient liberticides envers la communauté rom. Deux raisons selon la justice, pour confirmer la dissolution de la Magyar Gárda.

Nul doute que le millier de membres de la maintenant défunte Garde ne vont pas se convertir au libéralisme, mais continuer leurs activités de façon officieuse, comme ce fut déjà le cas pour certaines de leurs « actions » non revendiquées officiellement. La Garde hongroise est morte, vive la Garde hongroise.

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