La FIDESz à la rescousse de Budapest

István Tarlós, maire de Budapest depuis le début du mois, a déclaré mercredi dernier que la ville ne pourrait combler son déficit que si le gouvernement hongrois acceptait de lui venir en aide. En attendant l’audit qu’il a commandé à l’Etat sur les finances de la capitale, il doit rencontrer le premier ministre Viktor Orbán cette semaine pour discuter de la situation. Mais il ne faut pas rêver : une aide du gouvernement ne se fera pas sans une contre-partie politique.

Depuis que Budapest et la Hongrie sont de nouveau gérées par des hommes politiques appartenant au même parti, les aides de l’Etat devraient débloquer bon nombre de situations budgétaires difficiles dans la capitale. Ainsi, Istvan Tarlós, le nouveau maire FIDESz de Budapest compte bien sur sa famille politique pour pouvoir gérer son budget cette année et en 2011. Il y a quelques mois, il était encore impossible pour l’ancien maire SzDSz Gabor Demszky d’imaginer pouvoir obtenir des fonds de l’Etat pour résoudre ses problèmes avec la BKV, pour ne citer que ceux-là.

Les difficultés budgétaires « en détails » :

Vendredi, à l’inauguration du nouveau conseil municipal, Janos Aktari, adjoint au maire chargé des finances, a annoncé que le déficit budgétaire de la ville serait d’au moins 55 à 60 milliards de forints cette année.

A la question de savoir comment Budapest comptait réduire son déficit, il a confirmé les déclarations du maire selon lesquelles l’aide de l’Etat serait nécessaire, mais il a également ajouté que certaines économies seraient inévitables, par exemple l’abandon de certains projets municipaux. Il n’a cependant pas précisé de quels projets il pourrait s’agir, rappelant que ces décisions ne sont pas de son ressort. Quant aux projets déjà en cours, Aktari a répondu que seuls très peu de grands projets municipaux devraient être interrompus. La plupart des autres projets, comme la première section de la ligne 4 du métro, ne pourront pas être arrêtés pour des raisons légales et financières, en effet leur abandon coûterait plus cher que leur poursuite (notamment au regard des subventions européennes que la ville pourrait perdre).

La main mise de « l’Etat FIDESz » sur Budapest la libérale

« La situation est extrêmement préoccupante. Les projets entrepris à Budapest ne sont pas en danger sur le court terme, mais pourraient l’être avec le danger que court le budget 2011 » a déclaré Tarlós mercredi dernier. Le maire a également tenu à préciser que l’aide demandée ne concernerait pas exclusivement des questions de financement, mais aussi certaines responsabilités municipales offertes au gouvernement. Décryptage : si Orbán accepte de sécher les larmes de crocodile de son ami Tarlós, ce dernier le laissera volontiers mettre le nez dans certaines affaires de la ville.

Si beaucoup de Budapestois de la jeune génération libérale ne sont pas vraiment « fans » de la FIDESz conservatrice d’Orbán, notamment sur le plan des libertés individuelles, ils pourront au moins espérer jouir bientôt d’une circulation plus fluide qu’aujourd’hui. Bien que nombre d’entre eux se soient convertis à la bicyclette depuis quelques années, les travaux publics et les transports restent les talons d’Achille de la gestion municipale depuis trop longtemps pour tout le monde.

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