Jouer au foot à Paris, un rêve pour Gyula, sans-abri en Hongrie (2/2)

Quelques jours avant le coup d’envoi de la 9ème Homeless World Cup à Paris, Gyula un sans-abri de 35 ans, nous a livré quelques clés d’un parcours chaotique qui le conduira aux pieds de la tour Eiffel ce week-end.

Arrivé en short rouge et en t-shirt noir, Gyula, participe à tous les entraînements depuis qu’il est à Budapest. « J’ai vu le panneau « foot à Paris », et j’ai décidé d’y participer. Je n’ai jamais été à l’étranger et Paris est la plus belle ville du monde », s’enthousiasme-t-il.

Gyula, membre de l’équipe de football des sans-abris hongrois (Crédit photo : Bődey János/HVG.hu)

Le 9 avril, il a quitté sa ville d’origine de Debrecen (dans l’est de la Hongrie), pour conquérir les terrains de Budapest puis Paris. Passionné de foot depuis l’âge de 8 ans, il connaît les règles par cœur. « A Paris, la différence c’est que nous ne sommes que 4 dans l’équipe : un gardien de but, deux défenseurs et un attaquant. Notre équipe est faible, les joueurs s’alternent. L’endurance et le courage sont des atouts importants. Beaucoup n’ont pas ces qualités et en plus, il faut participer à tous les entraînements et la régularité n’est pas faite pour un sans-abri. »

A la rue depuis la mort de sa mère, Gyula vit depuis 6 ans avec sa compagne Aranka qui l’accompagne aux entraînements. Assise sur le banc à regarder son homme sur le terrain, elle reste silencieuse. « Nous partageons tout ensemble, nous vivons ensemble et nous avons décidé de quitter notre logement à Debrecen et de venir à Budapest », continue Gyula. « En effet, j’ai vécu dans une location pendant peu de temps, et j’ai travaillé pendant 6 ans comme maçon du matin au soir pour seulement 35.000 forint par mois [environ 130 euros, ndlr], je n’en pouvais plus. Plutôt la rue ».

Jouer avec 64 équipes est une grande occasion de sortir un peu du quotidien, pour Gyula et ses camarades. Selon les informations qui circulent, les Brésiliens et les Polonais seraient les plus forts. Gyula avant de retourner taper dans le ballon, explique pourquoi le sport est si important dans sa vie. « Ça m’aide à me détendre, ici j’ai des amis. Si je pouvais recommencer ma vie je passerais mon bac et je deviendrai professeur de sport ».

Nous remercions chaleureusement János Bődey pour avoir mis à notre disposition cette photographie. Nous invitons nos lecteurs à regarder son reportage photo sur le même sujet, sur l’édition en ligne de l’hebdomadaire HVG.hu.

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