J-1 : Les enjeux du scrutin

Le vainqueur des élections législatives est déjà connu. Ce sera la Fédération des jeunes démocrates, la FIDESz de Viktor Orban. Deux autre partis sont quasi-certains d’obtenir des sièges au Parlement : le parti socialiste MSzP au pouvoir et, pour la première fois, l’extrême-droite Jobbik. Les vraies inconnues sont ailleurs : la FIDESz va-t-elle atteindre la majorité des deux-tiers ? Combien de partis vont entrer au Parlement ?Quel score va réaliser l’extrême-droite ?

Au vu des intentions de votes révélées par les sondages, si ceux-ci s’avèrent représentatifs, deux partis peuvent encore espérer dépasser le seuil fixé à 5% des suffrages pour envoyer des députés au Parlement hongrois : le parti de centre-droit Magyar Demokrata Fórum (MDF) et surtout Lehet Más a Politika (LMP), un parti écologiste dont la position sur l’échiquier politique reste floue. Le premier est crédité de 1% à 3% d’intentions de votes parmi les électeurs décidés et le second de 1% à 4%, selon les sondages.

Les pleins pouvoirs pour Orbán ?

En Hongrie, la majorité des deux-tiers est un seuil crucial. Contrôler les deux-tiers du Parlement, soit les 258 de ses 386 sièges, laisserait les mains libres à la FIDESz pour accomplir toutes les réformes qu’elle entend mener. Un parti détenant une telle majorité peut modifier quasiment toute législation et même la Constitution ! Il y a cependant peut de chance pour la FIDESz de remporter une telle majorité, bien que les tous derniers sondages du mois d’avril laissent paraître une augmentation des intentions de votes en faveur de la FIDESz, aux dépens de Jobbik. C’est principalement une percée du Jobbik, pressenti autour de 15% des électeurs décidés, mais aussi la possible entrée au Parlement du LMP qui pourraient contrecarrer les plans de la FIDESz.

L’ampleur de la percée nationale de l’extrême-droite

Si le Mouvement pour une meilleure Hongrie (Jobbik) parvient à réaliser un score supérieur à 15%, il s’imposera comme une force politique majeure, peut être même la deuxième, devant les socialistes. Dès lors, il serait difficile pour une FIDESz, privée de la majorité des deux-tiers, de ne pas collaborer avec. Jobbik pourrait alors peser de tout son poids dans les affaires du pays.

Enfin, l’enjeu de cette élection pour la Hongrie se situe aussi au niveau de son image internationale. L’entrée probable de Jobbik au Parlement hongrois est déjà largement commentée par la presse internationale. Un score important de l’extrême-droite, qui plus est si elle devient la deuxième force politique du pays, nuirait durablement à l’image de la Hongrie à l’étranger, déjà ternie par le score de Jobbik aux européennes, par les parades de la Magyar Garda ainsi que par les meurtres à caractère racistes perpétrés au cours de l’année 2009 contre la communauté rom. [Ici un article du très influent quotidien britannique The Telegraph]

Le système électoral hongrois est complexe et réputé pour favoriser le vainqueur aux dépens de la stricte représentativité proportionnelle. On ne connaîtra la composition exacte du Parlement qu’à l’issue du second tour, le 25 avril.

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Un commentaire

  1. c est moi ou le lien [Ici un article du très influent quotidien britannique The Telegraph] ne marche pas ?

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