Ianoukovitch officiellement vainqueur, Timochenko s’entête

Cette fois-ci, c’est fait. Dimanche soir, Viktor Ianoukovitch a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle ukrainienne par la commission électorale centrale et il sera officiellement investi à la présidence le 25 février. Ioulia Timochenko n’a toujours pas reconnu sa défaite et s’apprête à contester ce résultat devant la justice.

« Nous préparons un recours devant la Cour administrative suprême », a précisé Olexandre Tourtchinov, vice-Premier ministre de Timochenko, selon lequel des fraudes massives ont eu lieu le jour de l’élection. Selon lui, le clan Timochenko a en sa possession des preuves accablantes sous forme de vidéos et de déclarations de témoins. Mme Timochenko avait déclaré plus tôt que des observateurs de la mission OSCE étaient prêts à témoigner de ces fraudes, mais ces initiatives ont été démenties par leur hiérarchie.

Le combat de Ioulia Timochenko paraît sans espoir. Le peuple ukrainien qui a largement déchanté depuis la fameuse révolution orange qui avait porté au pouvoir Iouchtchenko et Timochenko aux dépens de Ianoukovitch aux élections présidentielles de 2004 n’était pas prêt pour un nouveau bras de fer et l’avait fait savoir aux candidats. Du côté de l’Union Européenne, la priorité était d’obtenir un résultat clair pour assurer un semblant de stabilité politique à ce pays qui se trouve à son contact direct et par lequel transitent 80% de ses importations en gaz russe. L’OSCE – l’organisme en charge de la surveillance des processus électoraux – était allé dans ce sens en déclarant que l’élection s’était déroulée de façon «honnête » et « transparente ».

Une élection qui ne règle rien

Ce n’était certes pas le favori des Européens, mais c’est le choix du peuple ukrainien, tel que validé par les institutions du pays. La très glamour et très pro-européenne Ioulia Timochenko, oligarque repentie, a bel et bien perdu. Son adversaire beaucoup moins télégénique, passe pour être l’homme des Russes. Pourtant ses liens avec Kremlin se sont distendus ces dernières années et Ianoukovitch affirme, bien qu’avec moins de zèle que sa rivale, vouloir faire intégrer l’Ukraine dans l’Union Européenne. Peu après sa victoire, il a fait part de sa volonté de rassembler tout le peuple ukrainien, y compris l’électorat de l’Ouest farouchement anti-russe. Mais gouverner un pays si divisé va se révéler délicat. Cette situation post-électorale n’est en tout cas pas de nature à consolider l’orientation du pays et tous les observateurs s’accordent à dire que l’instabilité politique va perdurer pour les mois, voire les années à venir chez le grand voisin de l’Est de l’Union.

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