« Gordon Flash back »

Décrié dans son propre pays, mais salué, si ce n’est encensé à l’international, Gordon Bajnai (voir photo, à Columbia, NYC) s’apprête à quitter le poste de premier ministre qu’il a occupé depuis le mois d’avril 2009. Le moment est venu de tirer le bilan de ses 12 mois aux rênes du pays et d’évoquer l’ « héritage » qu’il laisse à ses successeurs de la FIDESz.

Si M. Bajnai a récemment dîné  avec le couple Obama en République tchèque, il a surtout été  salué récemment par des sénateurs américains, de passage en Hongrie, pour son travail et son courage dans la gestion de la crise économique mondiale, et cité en modèle pour les autres pays en difficulté de la région. Il faut dire qu’il est parti de loin en prenant la suite de Ferenc Gyurcsány, à un moment critique pour le pays.

Le 14 avril 2009, après la démission du premier ministre Gyurcsány, Gordon Bajnai, ministre de l’économie sortant, sans étiquette, succède au socialiste et prend en main un pays durement touché par la crise. Un an après, le bilan est plutôt positif pour Bajnai, mais les problèmes demeurent. Le peuple hongrois souffre de mesures économiques difficiles qu’il a mise en place, mais que les bailleurs de fonds internationaux et les investisseurs considéraient nécessaires.

Fier de son bilan

M. Bajnai est fier de son bilan, et de son plan d’austérité. Pour rappel, en contrepartie d’une aide de 20 milliards d’euros versés à l’automne 2008 par le FMI, la Banque mondiale et l’Union européenne, le pays a lancé un programme de réformes financières et de rigueur budgétaire permettant de ramener le déficit budgétaire à 4,0% en 2009, contre plus de 9% en 2006. La Hongrie a désormais le 5ème plus faible taux de déficit budgétaire des 27 pays de l’UE (17ème place en 2008 avec un taux similaire), une performance. Le forint est aussi plus stable, en passant de plus de 317 HUF pour 1 euro, il y a un an, à 265 HUF aujourd’hui.

Si certaines de ces réformes sont très difficilement vécues par une partie de la population paupérisée – comme la suppression du 13e mois pour les salariés et les retraités – M. Bajnai est fier de citer les experts en économie, les journaux spécialisés, les banques d’investissement ou les agences de notation, qui félicitent sa bonne gestion de la crise, comme un exemple dans la région et même en Europe.

La crise n’est pas terminée

« Le pays a survécu à la période la plus difficile de la crise, mais la crise n’a pas encore pris fin« , a prévenu le Premier ministre, qui recommande fortement à son successeur de maintenir le cap des réformes, sous peine de retomber dans une crise profonde. Selon lui, si le prochain gouvernement voulait bien poursuivre le travail accompli, les Hongrois pourraient payer en euro dès 2014.

Pourtant, la tâche du prochain gouvernement sera très difficile. La Hongrie connaît le taux de chômage le plus élevé de son histoire (autour de 11,4% en février) et le PIB a reculé de 6,2% l’année précédente. Les marchés financiers, inquiets d’une possible détérioration du climat des affaires, vont guetter les premiers signaux qu’il enverra, notamment en matière de déficit budgétaire. Le gouvernement devra aussi composer avec l’Union Européenne, dont elle prendra la présidence en 2011.

En homme d’affaires et gérant d’entreprise reconnu (il a dirigé plusieurs grandes entreprises et notamment Budapest Airport), Gordon Bajnai devrait naturellement retourner aux affaires, nous n’en doutons pas.

Crédit photo : Mirjam Donath, Thenewsyork

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